jeudi 28 février 2008
Prix : les producteurs de salades bloquent l'expédition de leur production
jeudi 28 février 2008 – Europe 1
Quelque 400 producteurs de salades ont bloqué jeudi matin, pour la deuxième journée consécutive, le marché d'intérêt national de Châteaurenard (Bouches-du-Rhône). Ils bloquent ainsi l'expédition depuis la région pour protester contre le faible prix d'achat de leur production imposé par les négociants et les distributeurs.
Depuis trois semaines, on vend nos laitues et nos batavias entre 15 et 20 centimes d'euros alors que le prix de revient se situe aux alentours de 30 centimes" : Rémy Roux, président du syndicat des "belles salades de Provence" et ses confrères producteurs de salade protestent depuis deux jours contre cette situation, dans un contexte de polémique générale sur la hausse des prix de l'alimentaire. Jeudi matin, quelque 400 d'entre eux ont bloqué le marché d'intérêt national (MIN) de Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) rendant ainsi impossible l'expédition de salades.
Les exploitants ont aussi mis en place un barrage filtrant à l'entrée de l'autoroute A7 pour stopper les camions pouvant transporter des salades malgré le mot d'ordre adopté. Ils ont également décidé de ne pas couper de salades, jeudi et sans doute jusqu'à lundi, dans l'attente de négociations pour obtenir un nouveau prix pour leurs salades.
Une première réunion regroupant les acteurs du secteur, notamment les centrales d'achat de la grande distribution, doit avoir lieu jeudi en fin d'après-midi à l'intérieur du MIN pour essayer de trouver une solution à la crise. "Il faut que les marges faites sur nos produits (par la grande distribution) fassent l'objet d'une répartition équitable entre les différents opérateurs de la filière salade", a expliqué Rémy Roux. C'est dans ce marché d'intérêt national de Châteaurenard que les négociants fixent le prix de 80% des salades françaises pour les distributeurs.
ALLEMAGNE-FRANCE Paris irrite sérieusement Berlin
Courrier International 28/02/08 17 h 30
"Tensions entre Paris et Berlin", titre en première page le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le quotidien économique Handelsblatt renchérit : "Le gouvernement français n'a plus de temps à consacrer à son partenaire allemand", et indique que c'est la deuxième fois en une semaine qu'une rencontre franco-allemande est annulée sur décision de Nicolas Sarkozy.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, devait recevoir, aujourd'hui à Paris, son homologue allemand et les directeurs des banques centrales allemande et française. Elle a dû annuler hier la rencontre, Nicolas Sarkozy l'ayant priée de l'accompagner dans l'Allier.
Signe, selon la presse allemande, que ce dernier a besoin de soutien pour reconquérir le cœur des Français avant les élections municipales, et que la relation franco-allemande est pour lui tout à fait secondaire. Nicolas Sarkozy a de plus annulé la traditionnelle rencontre franco-allemande de Blaesheim, repoussée de trois mois pour des questions de calendrier.
Et les deux quotidiens de dresser la liste des différends entre le président français et la chancelière allemande : l'idée d'"union méditerranéenne", mais aussi la politique agricole, la protection du climat et la diplomatie française "de la centrale nucléaire".
Décadence ... Peyrat, maire de Nice, insulte un de ses administrés
NOUVELOBS. | 28.02.2008 | 13:10
Dans une vidéo mise en ligne par un Niçois, on peut entendre Jacques Peyrat, maire de Nice et candidat à sa réélection, interpeller une passante : "Ta gueule, va te faire foutre…", lui dit-il avant de la traiter "pétasse".
Ta gueule, va te faire foutre…" Ce sont dans ces termes que Jacques Peyrat, actuel maire de Nice et candidat à sa réélection, s'est adressé à une de ses administrés. Des propos qui ont été diffusés à travers le web grâce à une vidéo pirate tournée et mise en ligne par un Niçois. Les images ont fait le tour des sites de partage en ligne. On y entend Jacques Peyrat interpeller une passante lors d'une visite de chantier du tramway le 25 février.
Mauvais sondages - "Va te faire foutre. Pétasse, va. Si je te disais pétasse, qu'est-ce que tu me dirais ?" Il poursuit : "Et ce sont des Niçois, je te signale. Des Niçois qui viennent emmerder tout le monde". Jacques Peyrat, 76 ans, se présente pour un troisième mandat de maire.
Mais sa réélection s'annonce compromise. Une véritable bataille s'est en effet engagée à droite pour rafler la mairie de la cité azuréenne. Peyrat, suspendu de l'UMP, doit désormais faire face à la candidature de Christian Estrosi, secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer et investi par l'UMP. Les sondages montrent un avantage certain à Christian Estrosi.
Shoah : Veil estime que Sarkozy s'est "un peu fourvoyé"
NOUVELOBS. | 28.02.2008 |
MEMOIRE Simone Veil a expliqué que lors de la réunion mercredi sur la mémoire de la Shoah à l'école, les participants ont estimé que le chef de l'Etat "avait été mal informé". "Je ne pouvais pas imaginer que l'on donne la charge à un enfant de CM2 d'avoir à incarner un enfant mort", dit-elle.
Simone Veil, qui a participé mercredi 27 février à la réunion au ministère de l'Education sur la mémoire de la Shoah à l'école, a estimé dans la soirée, que Nicolas Sarkozy s'était "un peu fourvoyé" avec son idée de faire parrainer les enfants victimes de la Shoah par des écoliers de CM2, a-t-on appris jeudi 28 février.
"Ca a été ce matin un moment assez crucial, assez difficile, assez bouleversant, dans lequel nous avons eu à nous prononcer sur une décision du président de la République", a raconté la présidente d'honneur de la fondation pour la mémoire de la Shoah, lors d'une réunion publique au gymnase Japy, organisée à l'occasion du 60ème anniversaire de la création de l'Etat d'Israël, et qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes.
"Pas une bonne solution" - "Nous avons tous, sauf peut-être un d'entre nous, mais tous les autres, estimé qu'il avait été mal informé, qu'il s'était un peu fourvoyé", a déclaré Simone Veil, se déclarant "très heureuse de savoir qu'on est revenu sur cette situation".
"Je ne pouvais pas imaginer que l'on donne la charge à un enfant de 10 ans, un enfant de CM2, d'avoir à incarner un enfant mort", a expliqué l'ancienne déportée, avant d'ajouter, "ce n'était pas une bonne solution, et je crois que nous avons ce matin oeuvré pour que l'on puisse comprendre qu'il y avait beaucoup d'autres façons".
"En France on fait un effort considérable, que ce soit les professeurs, mais aussi les anciens déportés (...) pour que dans les écoles on en parle", a-t-elle souligné, précisant qu'elle-même était souvent invitée à s'adresser aux écoliers.
"Ne pas les traumatiser" - "Nous le disons parfois de façon un peu dure, mais nous essayons de ne pas épouvanter les enfants, de tenir compte de l'âge de ces enfants", a estimée l'ancienne ministre, rentrée de déportation à 17 ans, citant son expérience personnelle: "mes enfants j'ai voulu leur en parler, mais j'ai voulu aussi les protéger, j'ai voulu ne pas les traumatiser".
Mme Veil a enfin exprimé ses craintes suscitées par cette idée, "compte tenu de la situation dans notre pays et de ce qui s'est passé pendant la guerre".
Elle a cité le "massacre d'enfants qui a eu lieu à Oradour", village de Haute-Vienne où 642 personnes avaient été assassinées par des SS en juin 1944. "Ils ont été aussi les victimes du nazisme, donc il fallait faire très attention à ça", a-t-elle rappelé
LE MONDE | 28.02.08 | 15h03
Shoah : l'idée de M. Sarkozy permettra "d'améliorer" ce qui est déjà fait, selon Mme Veil
Un groupe de travail réunissant seize personnalités et membres d'associations s'est réuni, mercredi 27 février, au ministère de l'éducation nationale à l'initiative de Xavier Darcos. Avant cette réunion, le ministre a salué la "bonne idée de Nicolas Sarkozy", et souhaité qu'elle soit "transformée en bonne démarche pédagogique".
A l'issue de la rencontre, M. Darcos a publié un communiqué rappelant que celle-ci "avait pour objectif de définir les modalités de mise en oeuvre de la proposition du président de la République". Prenant le contre-pied des reproches adressés à M. Sarkozy, ce texte évoque "la grande confusion des critiques, souvent excessives, qui ont suivi la proposition".
Au sein du groupe de travail, les interprétations divergent. Le parrainage individuel, a déclaré le cinéaste Claude Lanzmann, "était enterré avant même qu'on se réunisse. Ce n'était pas praticable car il y a 11 400 enfants juifs de France victimes et 600 000 élèves en CM2". Il a néanmoins estimé que l'idée "était partie d'une émotion sincère du président".
Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, avait porté les critiques les plus dures contre l'idée de M. Sarkozy. A l'issue de la réunion, elle a rapporté la volonté des personnalités présentes "d'améliorer ce qui est déjà très bien fait par les professeurs". Elle a aussi plaidé pour des travaux en petits groupes d'élèves, "non pas vers un enfant en particulier mais vers telle situation, dans telle ville".
Pour Serge Klarsfeld, président de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France, "l'important, c'est l'initiative du président parce que, sans cela, il n'y aurait pas eu d'adaptation pédagogique".
Chargée de coordonner le groupe de travail, qui doit rendre ses conclusions dans deux mois, Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'association de la maison d'Izieu, s'est réjouie de la "bonne volonté commune" des personnalités présentes. Précisant qu'elle comptait favoriser le travail sur des "groupes d'enfants" victimes, elle a rappelé que l'enseignement de la Shoah existait depuis 2002 en classe de CM2.
MAI 1968 - Appel à témoins
NOUVELOBS | 28.02.2008 | 11:26
A l'occasion des 40 ans des événements de Mai 1968, nouvelobs.com fait appel à vous : votre mémoire, vos témoignages et, si vous étiez trop jeunes ou pas encore nés, votre regard.
Pour ce faire, nous avons créé deux adresses mails, auxquelles vous pouvez envoyer textes, sons, photos, vidéos. Les meilleurs d'entre eux, les plus significatifs, les plus insolites, les plus symptomatiques seront mis en ligne sur le site, à l'occasion d'une Edition spéciale que nous lancerons d'ici peu. PF
Pour envoyer vos contributions, cliquer ici
Ressemer son blé peut être de la contrefaçon
Ouest-France 28/02/08 - Recueilli par François LEMARCHAND
Entretien. Michel Géray, agriculteur en Eure-et-Loir, porte-parole de la Confédération nationale des semences fermières, craint de devenir un délinquant.
Pourquoi, selon vous, le droit pour un agriculteur de ressemer est-il à nouveau en danger ?
On n'a pas vu le coup venir, en octobre dernier. Lors du vote de la loi sur les contrefaçons votée logiquement pratiquement à l'unanimité, deux alinéas sont passés inaperçus. Ils assimilent les semences de ferme à de la contrefaçon. Nous avons obtenu du ministère de l'Agriculture que le projet de loi sur les obtentions végétales à venir devant le Parlement garantira le droit inaliénable du paysan à ressemer sa récolte. Nous ne savons pas à quelles conditions.
Beaucoup d'agriculteurs trient-ils encore leurs semences à partir de leur récolte ?
Le triage à façon représente, en France, quelque 500 entreprises, y compris les Cuma, sans compter tous les agriculteurs équipés de leur propre matériel. Dans mon département, l'Eure-et-Loir, les trois quarts des moissons de blé tendre sont ressemées. En France, la moitié des blés sont ressemés, 70 % des blés de printemps, et 35 % des colzas.
Quels avantages ?
Pour les agriculteurs c'est moins cher. C'est tout bon pour la planète. Les semences fermières nécessitent moins de traitements et réduisent à zéro les coûts de transport. Elles garantissent l'indépendance du paysan, préviennent les risques de pénurie de semences. Le triage à façon, défend la biodiversité.
Quel est l'enjeu des prochaines discussions ?
Les prochaines décisions législatives risquent de restreindre le champ variétal du triage à la ferme. Les exigences de pureté variétale, compte tenu de l'évolution des pratiques agronomiques, sont incompatibles avec nos pratiques. Nous ne sommes pas opposés à l'application d'une taxe obligatoire volontaire. Mais pas dans n'importe quelles conditions et à une hauteur compatible avec la rentabilité de notre activité. Elle ne peut pas concerner les variétés tombées dans le domaine public.
Rama Yade justifie l'emploi de répulsifs contre les SDF à Argenteuil
NOUVELOBS | 28.02.2008 | 11:45
"Il faut essayer des choses. Un maire ne fait pas ce qu'il veut, il répond aux préoccupations des gens", a déclaré mardi la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, venue soutenir le maire UMP sortant, Georges Mothron.
Venue soutenir, mardi à Argenteuil, le maire UMP sortant Georges Mothron, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, a estimé qu'il fallait "essayer des choses" en réponse à une question sur l'usage, par la municipalité UMP, d'un répulsif pour chasser les sans-abris. C'est ce que révèle Le Parisien, jeudi 28 février."Les hommes ne se traitent pas comme des rats" - A veille du déplacement de Rama Yade à Argenteuil, Philippe Doucet, candidat PS à la mairie, avait annoncé, dans un communiqué, que son équipe et lui-même espèraient vivement « qu'en tant que Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères chargée des Droits de l'Homme, elle (Rama Yade) profitera de sa visite pour expliquer à Georges Mothron, Philippe Métezeau et à la droite locale que les hommes ne se traitent pas comme des rats, avec des produits toxiques. Les Droits de l'Homme, ce n'est pas qu'à l'étranger qu'il faut se battre pour, c'est aussi dans notre pays au quotidien qu'il faut dénoncer et traquer les actes et comportements d'un autre âge. » Avant de conclure, « Rama Yade (…) ne doit pas oublier les mauvais comportements de ses amis politiques. »
La vidéo de l'interview de Rama Yade, réalisée par VOtv (Vonews), la télévision du Val-d’Oise, à l’occasion du meeting du maire UMP d’Argenteuil
"Il faut tout tenter dans une ville", a déclaré Rama Yade. "Il faut essayer des choses. Un maire ne fait pas ce qu'il veut, il répond aux préoccupations des gens", a-t-elle poursuivi, selon le quotidien.
En août dernier, le maire d'Argenteuil, Georges Mothron, avait suscité une vive polémique pour avoir autoriser l'usage d'un répulsif nauséabond, le Malodore, afin de chasser les SDF du centre-ville. Il avait finalement fait machine arrière face au tollé provoqué par cette mesure, y compris au sein de la majorité.
Chirac pleinement amnistié au salon de l'agriculture

Jospin dément les propos de Sarkozy sur son salaire
NOUVELOBS.| 28.02.2008 | 12:47
L'ancien Premier ministre socialiste indique qu'il ne gagnait pas 20.000 euros et que sa rémunération de 9.000 euros en 1997 avait été fixée par Jacques Chirac.
Lionel Jospin a indiqué, dans le Parisien/Aujourd'hui en France du jeudi 27 février, qu'il n'a pas fixé son propre salaire à 20.000 euros, lorsqu'il était Premier ministre, démentant ainsi les propos de Nicolas Sarkozy.
"C'est faux", déclare Lionel Jospin dans une lettre adressée au quotidien au sujet des affirmations du chef de l'Etat, parues mardi dans un entretien avec les lecteurs du même quotidien. "Mon traitement était fixé, comme celui des ministres, par décret du président de la République".
Progression du salaire - L'ancien Premier ministre socialiste a également démenti le montant avancé par Nicolas Sarkozy, qui justifiait l'alignement de son propre traitement sur celui du Premier ministre.
"C'est encore faux. Celui-ci était, lorsque je suis arrivé à Matignon en 1997, de 59.000 francs net (indemnités comprises), soit 9.000 euros. Ensuite, et jusqu'à mon départ en 2002, ce traitement n'a progressé qu'au rythme des augmentations opérées dans la fonction publique", précise Lionel Jospin, chef du gouvernement de 1997 à 2002.
Dans l'édition de mardi du Parisien, Nicolas Sarkozy avait déclaré: "qui a fixé le salaire du Premier ministre? Lionel Jospin. Quand Lionel Jospin dit que le Premier ministre doit gagner 20.000 euros, il n'y a pas de polémique parce qu'il est de gauche". (avec AP)

Aux Pays-Bas, on abolit la signalisation routière
Ouest-France 28/02/08 - Ruddy GUILMIN
L'idée de carrefour sans signalisation est née dans les années 1980, par « accident ». Un jour, à Drachten, les feux d'un carrefour sensible sont tombés en panne pendant une semaine. Période durant laquelle il n'y avait pas eu un seul accident !
Plus belle la ville. Imaginez des carrefours sans feux tricolores, panneaux, ni même trottoirs. Les usagers de la route cohabitent à l'amiable. C'est déjà vrai à Drachten. À quand un essai en France ?
DRACHTEN. - Bienvenue à Drachten, 50 000 habitants, dans la Frise, province du nord des Pays-Bas. Depuis 2000, la commune réaménage ses carrefours sensibles et leurs abords, selon le principe du shared space (« la voie partagée »).
Théorisé dans les années 1980 par l'ingénieur Hans Monderman, décédé au début de l'année, l'idée vise à sécuriser les routes et l'espace public. Comment ? Entre autres en supprimant une grande partie de la signalisation routière.
À De Kaden-Torenstraat se croisent l'une des rues principales du centre-ville et la minirocade qui l'entoure. Près de 17 000 véhicules, des dizaines de bus et des milliers de cyclistes passent ici chaque jour. À proximité, une église, de nombreux commerces et des rues piétonnes. En 2000, les feux et les panneaux ont été enlevés, les trottoirs démolis. L'asphalte a été remplacé par une grande étendue de briques orange, sans aucun marquage au sol. Seule subsiste la règle de la priorité à droite. Et deux passages piétons, conservés « à cause des craintes des handicapés », précise Nieske Ketelaar, adjointe au maire.
Résultat : trafic fluidifié, sécurité accrue. Et une circulation basée sur le contact visuel. « Quand vous ne savez pas trop qui a la priorité, expliquait Hans Monderman, vous avez tendance à chercher le regard des autres usagers. » Ce qui n'est possible qu'en dessous de 30 km/h. La voie partagée pousse ainsi les automobilistes à ralentir et à faire davantage attention.
Moins d'accidents
Un autre croisement, le Laweiplein, a fait peau neuve en 2003. Fréquentation journalière : plus de 20 000 véhicules. Ici, l'ancien carrefour et ses feux tricolores ont été remplacés par un squareabout, mi-rond-point, mi-place publique (notre photo). Au niveau du giratoire, seul un marquage au sol rappelle la règle du céder le passage. Tout autour, une zone spéciale permet aux cyclistes et piétons de couper par les côtés. Y compris en traversant devant les voitures. Cerise sur le gâteau : 70 fontaines ont été installées dans le but de pacifier l'espace : « Leur puissance augmente en fonction de la densité du trafic afin de couvrir les nuisances sonores », précise Henri Frieswijk, chargé de communication de la ville.
Un tableau idyllique ? Une étude réalisée en 2006 souligne le bon fonctionnement du Laweiplein. Aux heures de pointe, le temps d'attente moyen des automobiles est passé de 50 secondes à 30. Le nombre d'accidents a chuté : environ deux chaque année contre une dizaine par le passé. Et de nouveaux comportements ont émergé : « Les cyclistes indiquent désormais leur direction avec la main, ce qui était très rare avant aux Pays-Bas. » Mais, comme l'indique l'étude, ce phénomène traduit en réalité « un sentiment de vulnérabilité ». L'association des cyclistes néerlandais a émis des réserves. Les handicapés, aveugles en tête, restent également sceptiques. Tout comme certains automobilistes qui s'estiment « privés d'informations vitales ».
Malgré cela, le concept gagne du terrain. Ici, à Drachten, où il ne reste aujourd'hui plus que trois feux tricolores, bientôt appelés à disparaître. Dans la province tout entière, où plus de cent communes l'ont déjà appliqué. Et même au-delà : l'Union européenne soutient depuis 2004 un programme visant à le tester dans cinq pays différents.

