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mardi 26 février 2008

Le mea culpa de Sarkozy ajouté par l'Elysée - Difficile de sortir de la video qui tue

26.02.2008 | 14:41 Nouvel Obs

" CASSE-TOI, PAUVRE CON " : le mea culpa de Sarkozy ajouté par l'Elysée

"J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre", reconnaît Nicolas Sarkozy au sujet de son comportement au salon de l'Agriculture, samedi, face à un visiteur qui l'avait gratifié d'un "touche-moi pas, tu me salis". Des regrets qui ont été insérés par l'Elysée dans l'entretien amendé avant sa publication.

Des regrets du chef de l'Etat qui ont en fait été insérés par l'Elysée, a déclaré Dominique de Montvalon, directeur de la rédaction du quotidien, interrogé sur Canal+.
"J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre", explique Nicolas Sarkozy dans cet interview, qui a été "amendée et corrigée" et transmise au journal lundi en fin de soirée par l'Elysée.

"Cette phrase n'a pas été prononcée" devant le panel de lecteurs du Parisien qui a interrogé le chef de l'Etat, a expliqué Dominique de Montvalon. "Ils retrouvent dans le journal quelque chose que le président n'a pas dit, qu'ils n'ont pas entendu."

Version non amendée -- Le directeur de la rédaction a précisé que Le Parisien publierait mercredi la version non amendée de l'entretien, qui s'est déroulé lundi matin à l'Elysée.
Dominique de Montvalon a précisé que le rendez-vous à l'Elysée avait été pris la semaine dernière, bien avant la visite au Salon de l'agriculture, où Nicolas Sarkozy a insulté un visiteur qui refusait de lui serrer la main.
"Il est difficile, même quand on est président de ne pas répondre à une insulte. J'ai sans doute mes qualités et mes défauts", a-t-il répondu lundi concernant cet épisode, capturé par une vidéo mise en ligne sur le site du quotidien, qui avait suscité moult commentaires de toute la classe politique pendant le week-end.
"Ce n'est pas parce qu'on est président qu'on devient quelqu'un sur lequel on peut s'essuyer les pieds", formait le reste de la réponse initiale. La phrase "Cela étant, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre" a été ajoutée, selon Dominique de Montvalon.

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Syndicat de la Magistrature - Appel à une manifestation le 20 Mars à Paris pour une nuit de défenses des libertés

LEMONDE avec AFP et Reuters | 23.02.08 Extraits

Levée de boucliers contre l'initiative de Nicolas Sarkozy sur la rétention de sûreté :

Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois tenté de justifier, samedi 23 février, son souhait de voir la loi sur la rétention de sûreté appliquée immédiatement, y compris aux détenus déjà incarcérés. En marge du Salon de l'agriculture, le chef de l'Etat s'est placé du côté des "victimes", estimant qu'on ne peut pas "laisser des monstres en liberté après qu'ils aient effectué leur peine".

Alors que le Conseil constitutionnel a en partie censuré le texte, jeudi, M. Sarkozy a appelé la Cour de cassation à la rescousse, demandant à son Premier président, Vincent Lamanda, de lui faire des propositions visant à rendre la loi immédiatement applicable. Cette solution "n'est pas un contournement" du Conseil constitutionnel, a assuré le président, sans toutefois convaincre syndicats de magistrats, constitutionnalistes et opposition.

Pour les syndicats de magistrats, Nicolas Sarkozy tente bel et bien un contournement du Conseil constitutionnel. Dans un communiqué, le Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche, s'élève contre "un coup de force inacceptable", demande à Vincent Lamanda de refuser de donner suite à la demande présidentielle et appelle à manifester le 20 mars à Paris pour une "nuit de défense des libertés".

Même indignation du côté de de l'Union syndicale des magistrats (USM), majoritaire au sein de la profession : "C'est une décision ahurissante, unique dans l'histoire de la Ve République", a estimé son secrétaire général, Laurent Bedouet.

………………… sarko_juges

En marge de cette agitation, les services du Premier président de la Cour de cassation se sont réunis vendredi soir, se contentant de confirmer avoir reçu la proposition de mission de l'Elysée.

Rétention de sûreté : le président de la Cour de cassation n'entend pas contredire les Sages

LEMONDE avec AFP | 25.02.08 Extrait

Avant même de recevoir les instructions précises de l'Elysée, qui voudrait charger la Cour de cassation d'une mission de réflexion sur la rétention de sûreté, son premier président, Vincent Lamanda, a fait savoir qu'il refuserait de remettre en cause la décision de censure prise par le Conseil constitutionnel la semaine passée, refusant la rétroactivité de la rétention de sûreté.

"Il accepte le principe d'une mission sur la récidive, mais il est hors de question de remettre en cause la décision du Conseil constitutionnel qui, comme le dit la Constitution, s'impose à toutes les juridictions, y compris la Cour de cassation", a indiqué un collaborateur du plus haut magistrat français.

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Cécilia choquée par les propos de Sarkozy

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Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/

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La vidéo qui tue

Lundi 25/02/08 - Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.

« Il ne manquait plus que ça ! » Même les conseillers élyséens étaient effondrés hier, en prenant connaissance de cette « vidéo qui tue », selon le terme d'un sarkozyste. Cette vidéo qui fait le tour le monde a déjà été visionnée par plus d'un million de personnes Le moins que l'on puisse dire, et ainsi s'en plaignent les élus UMP, c'est que le nouvel élu présidentiel ne faisait pas honneur à la fonction. « C'est indéfendable », s'exclamaient-ils, rageurs.

Les plus anciens se rappelaient que, confrontés à des situations aussi difficiles, d'anciens présidents avaient observé un comportement plus majestueux. Tel Jacques Chirac, qui avait été traité « de connard » par un individu à la sortie de la messe à Bormes-les-Mimosas. « Enchanté, lui avait répondu l'ex-chef de l'Etat. Moi, c'est Jacques Chirac… » La réplique très Cyrano de Bergerac peut être comparée à celle du Général de Gaulle qui, à un vibrant « mort aux cons », avait opposé cette réponse très inspirée : « Vaste programme… ».

Mais Nicolas Sarkozy, lui, au salon de l'agriculture comme au Guilvinec est demeuré au niveau de son interlocuteur, plus bas encore ce qui exprimait bien son exaspération, sa non maîtrise du moment, sa volonté d'en découdre y compris physiquement avec l'adversité. Nicolas Sarkozy, super macho, a toujours été comme cela. Pourquoi se rabaisser ainsi ?

Certes, les sondages sont catastrophiques, et tout tourne mal et à l'aigre aujourd'hui, tout est devenu inaudible même ses interventions. Certes toujours, au salon de l'agriculture, Nicolas Sarkozy, l'homme de la banlieue chic n'a pas la main ni le contact avec les paysans qui lui ont toujours préféré Chirac.

Ces « ploucs » ne l'aiment pas et Nicolas Sarkozy n'aime pas qu'on ne l'aime pas. Il déteste même ! L'élection présidentielle ne l'a pas guéri de cette incapacité à supporter les manifestations de désamour, personnelles ou publiques. Enfin, assure un de ses proches, « Nicolas Sarkozy craint les attentats quand il est plongé dans une foule comme celle-là. Il est à cran, réagit au quart de tour, surréagit même ». Mais quand on est l'élu du peuple, le monarque républicain, oint du suffrage universel qui vous met hors d'atteinte de la bave du crapaud comme de l'hostilité du commun des mortels, ou même de sa familiarité.

De Gaulle l'avait théorisé : « l'autorité ne va pas sans distance ni éloignement ». Les présidents d'avant n'étaient pas tutoyés. Ils étaient davantage protégés de semblables vulgarités par une aura invisible plus encore que par les barrières de sécurité. C'est cette rupture dans l'exercice de la fonction présidentielle que paie Nicolas Sarkozy. En voulant la vulgariser, il s'est exposé à la vulgarité et a provoqué un cycle infernal qui l'entraîne toujours plus bas. « On va perdre encore 10 points dans les sondages », prophétise, amer, un conseiller de l'Elysée. « Si seulement il pouvait se calmer, ajoute-t-il, se taire un peu, parler à bon escient ». Ca serait une bonne idée en effet s'il était vraiment président…

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il faut arrêter de croire que le nucléaire va nous sauver !

LEMONDE.FR : Article publié le 27.03.07

Extraits du débat avec Stéphane Lhomme, du réseau Sortir du nucléaire, qui revient sur un sujet qui divise Français et candidats : l'énergie nucléaire.

L'énergie nucléaire représente 16 % de l'énergie consommée en France. Il ne faut surtout pas confondre la part de l'électricité, qui est à 75 %, et celle de l'énergie qui n'est pas si importante que ça malgré 58 réacteurs nucléaires. Ce qui fait qu'il est beaucoup plus facile de se passer du nucléaire qu'on ne le croit en général.
Au niveau mondial, le nucléaire ne couvre que 2 % de la consommation d'énergie, c'est donc une énergie en fin de compte marginale, même si son danger est, lui, maximal.

Au niveau de l'emploi, le projet de nouveau réacteur, l'EPR, prévu à Flamanville dans la Manche, officiellement doit créer 300 emplois pérennes, alors qu'il coûte 3,3 milliards d'euros. Ce qui donne un seul emploi pour 11 millions d'euros, soit un nombre absolument 
ridicule. Le nucléaire donne l'impression d'être favorable à l'emploi, parce qu'il y a effectivement beaucoup de gens qui travaillent dans une centrale nucléaire, mais autour, c'est le désert. Donc finalement, le nucléaire est très peu créateur d'emplois, contrairement à une idée reçue.

On a bien tous les risques du nucléaire, mais cela ne permet absolument pas de réduire la consommation mondiale de charbon : le nucléaire, c'est 2 % de la consommation mondiale d'énergie, une part marginale qui n'a aucune perspective de croissance. La tâche principale 
de l'industrie nucléaire dans les années à venir sera d'essayer de remplacer les centrales qui auront atteint leur fin de vie. Cela signifie qu'on aura besoin de nombreuses nouvelles centrales sans pour autant augmenter la part du nucléaire dans la production d'électricité." Ce qui veut dire que le nucléaire va rester une énergie marginale sur la planète, incapable d’empêcher le  réchauffement climatique, même partiellement.

Le nucléaire est principalement concentré dans quelques pays : France, Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, par exemple. Mais la plupart des réacteurs sont vieux et 
vont fermer dans les 15 à 20 ans qui viennent. Il y a hélas des projets de nouveaux réacteurs nucléaires, mais ils ne feront que freiner le déclin irrémédiable de cette industrie, et d'ailleurs le 1er janvier 2007, 7 réacteurs nucléaires ont définitivement cessé de fonctionner : 4 en Angleterre, 2 en Bulgarie, 1 en Slovaquie, et ce n'est qu'un début. Et là, on a des chiffres 
pour le démantèlement des installations : 103 milliards d'euros. Or,  en France, on a à peu près cinq fois plus d'installations nucléaires.  Donc on peut logiquement évaluer à 500 milliards d'euros le prix du démantèlement des installations nucléaires françaises.

Pour ce qui est du prix, il est quasiment impossible d'évaluer le coût réel de l'électricité nucléaire. Il faudrait une étude indépendante qui prendrait en compte les centaines de milliards d'argent public investi dans le nucléaire depuis 50 ans, et le coût  du démantèlement des installations et de la gestion des déchets radioactifs pendant des millénaires. De toute évidence, l'électricité nucléaire est la plus coûteuse, financièrement et pour l'environnement. Pour nous et pour les générations futures, qui vont assumer nos déchets.

Pour "justifier" le nucléaire, EDF a installé en France des millions de chauffages électriques et maintenant, avec le réchauffement  climatique, il y a de plus en plus de climatiseurs. Donc dès qu'il fait froid ou chaud, on a des consommations extraordinaires d'électricité, dont on pourrait se passer avec des bâtiments bien conçus.

Donc la chose la plus importante est de réduire notre consommation d'énergie. Il ne faut surtout pas essayer de produire (et de gaspiller) avec les énergies renouvelables autant qu'avec les centrales nucléaires, ce serait absurde. Les énergies renouvelables doivent venir en complément d'une politique ambitieuse d'économies d'énergie. L'énergie nucléaire "sûre" ou "propre" n'existe pas. Le nucléaire est par nature injustifiable (risques, déchets, prolifération vers l'arme atomique). Il faut donc s'en passer totalement. Et ne pas se contenter d'en réduire la part.

Il n'y a aucune façon de régler le problème des  déchets radioactifs. Les plus dangereux vont durer des centaines de milliers d'années et l'industrie nucléaire prévoit de les enfouir sous terre à Bure, dans la Meuse. C'est un véritable crime contre les générations futures, parce que dans 500, ou 1 000 ou 5 000 ou 10 000 ans, la radioactivité sera libérée, contaminera les nappes 
phréatiques et reviendra à la surface. Mais ce n'est pas le seul problème. En plus de ces déchets ultimes, l'industrie nucléaire produit en permanence des quantités astronomiques de résidus et autres ferrailles plus ou moins contaminés qui s'accumulent un peu partout en France dans des centaines de sites nucléaires. Récemment, Areva a essayé d'intégrer dans la production d'une fonderie ordinaire des ferrailles radioactives pour s'en débarrasser. Heureusement, la population locale (à Feurs, près de Saint-Etienne) s'est mobilisée et a empêché ce scandale. Mais malheureusement, il y a de plus en plus d'éléments contaminés que l'on retrouve dans les objets de la vie courante.

Au lieu d'investir encore une fois des milliards d'euros dans le nucléaire, l'Etat devrait subventionner l'isolation des bâtiments et l'installation d'énergies renouvelables : par exemple des panneaux solaires sur toutes les habitations. De cette manière, les énergies renouvelables seraient disponibles pour tout le monde et pas seulement pour ceux qui en ont les moyens. On peut  d'ailleurs signaler que le chauffage électrique a poussé à la ruine et au surendettement des milliers de familles modestes. Tout ça à cause du nucléaire.

Concernant le réchauffement climatique, je le redis, le nucléaire est tellement marginal qu'il n'influe pas sur le cours des événements. Si l'on veut sauver la planète, il faut une véritable réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais il faut arrêter de croire que le nucléaire va nous sauver.

question : Pourquoi la France mise-t-elle sur cette énergie depuis un 
demi-siècle?
En France, le nucléaire est une idéologie avant même d'être une industrie. Au départ, c'est même une double idéologie, portée à la fois par le gaullisme et le communisme (il faut rappeler que le PCF a pesé jusqu'à 25 % des voix en France). Pour les gaullistes, c'était la grandeur de la France, y compris avec l'arme nucléaire. Pour les communistes, c'est l'idée que la science triomphante allait sortir l'humanité des ténèbres. Du coup, on se retrouve en France avec 58 réacteurs nucléaires !

La construction de l'EPR est supposée commencer en  décembre. Pour la fin du chantier, personne ne sait, puisque le seul  EPR qui est en construction actuellement, en Finlande, a plus de trois ans de retard (et plus d'un milliard d'euros de pertes). C'est  une raison de plus pour ne pas tenter cette expérience insensée en France. Mais si le futur président et le futur gouvernement décident  de continuer, il faudra très certainement des manifestations géantes. 
Le 17 mars dernier, il y avait 60 000 manifestants en France contre l'EPR. C'est de très loin la plus grosse mobilisation de la campagne présidentielle. Mais il semble qu'il faille faire encore plus pour contraindre les "élites" à tenir compte de l'avis de la population. D'ailleurs, il faut préciser que tous les sondages montrent que 80 % de la population ne veut pas de nouveau réacteur nucléaire : même les gens qui s'accommodent des réacteurs actuels disent qu'il ne faut pas en fabriquer de nouveaux.
Par ailleurs, il est faux de dire que la France vend des centrales nucléaires à l'étranger. A part un EPR en Finlande, dont le chantier rencontre des difficultés insurmontables, et peut-être deux réacteurs en Chine. Mais pour le moment, c'est purement virtuel. Le nucléaire français est en échec. Tant mieux ! Il est temps de changer de  "logiciel".

Le slogan qui dit que le nucléaire c'est l'indépendance énergétique est faux. On l'a bien vu pour la France. Malgré 58 réacteurs nucléaires, l'atome ne couvre que 16 % de notre consommation d'énergie, et notre facture énergétique a explosé, comme pour les autres pays. De plus, tout l'uranium (le combustible des  réacteurs nucléaires) est importé, principalement du Canada ou du  Niger, où la France maintient une politique coloniale tout en contaminant les populations et l'environnement pour "nourrir" nos réacteurs nucléaires. Donc il n'y a pas d'indépendance énergétique avec le nucléaire.

On a pour le moment des guerres du pétrole, mais il est fort probable qu'on aille vers des guerres de l'uranium, parce que les réserves mondiales s'amenuisent, ce qui fait que de toute façon le nucléaire n'a pas plus d'avenir que le pétrole.

Par ailleurs, le 16 mai dernier, la Direction de surveillance du territoire (DST) a mené une perquisition au réseau Sortir du nucléaire, a confisqué du matériel et des documents et mis en garde à vue son porte-parole, qui a été questionné 15 heures d'affilée. Ce sont deux exemples qui montrent que le nucléaire est incompatible avec un projet démocratique.


Si les chercheurs français souhaitent réaliser des prodiges, qu'ils les fassent dans les énergies renouvelables : le Soleil nous envoie à chaque instant 4 000 fois plus d'énergie qu'on en consomme sur Terre. Il suffirait donc d'arriver à capter une toute petite partie de cette énergie pour régler la question. Malheureusement, les chercheurs du Commissariat à l'énergie atomique, qui prétendent depuis 50 ans réaliser des miracles qui n'arrivent jamais, se déclarent par contre incapables de faire progresser les énergies renouvelables. C'est curieux !

Pensez-vous que EDF et Areva développent vraiment les énergies renouvelables ?

Ces entreprises, de même que les pétroliers comme Total, investissent dans les énergies renouvelables,  tout simplement parce qu'il y a de l'argent à y gagner. Mais si l'on continue à surconsommer et à gaspiller l'énergie, on aura le pétrole, le gaz, le charbon, le nucléaire et les énergies renouvelables, et la planète sera tout aussi condamnée qu'actuellement.

C'est pour cela que nous répétons que le développement des énergies renouvelables n'a de sens que dans le cadre de la mise en place d'une société sobre qui permettrait à la fois de sortir du nucléaire et de réduire de façon importante notre consommation de pétrole, de gaz et de charbon. Cela peut sembler utopique, mais c'est ça ou la fin de la planète.

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Editorial - Extravagances

Edito du Monde | 25.02.08

Vendredi 22 février, Nicolas Sarkozy inaugurait l'Historial consacré au général de Gaulle, aux Invalides, à Paris. "Si le gaullisme est une histoire qui a encore pour nous une signification, c'est parce qu'il nous parle d'une idée de l'homme et de la politique qui a encore une valeur, et peut-être une valeur plus grande encore qu'elle n'en a jamais eu, tant la crise identitaire et morale que traverse aujourd'hui notre pays est profonde", a assuré, à cette occasion, le président de la République.

Qui lui donnerait tort ?

Hélas, trois fois hélas, le chef de l'Etat s'est immédiatement employé à démentir, par ses actes comme par ses paroles, cette "haute idée" de la politique qui habitait le fondateur de la Ve République. Et à fournir lui-même l'explication de la défaveur, voire du désaveu, que lui signifient les Français, sondage après sondage.

Le général de Gaulle croyait assez à la force du langage pour ne dédaigner ni les bons mots ni même une rudesse de vocabulaire toute militaire. Mais sans jamais verser dans la saillie incontrôlée ni la vulgarité. En insultant publiquement un visiteur qui refusait de lui serrer la main, samedi, au Salon de l'agriculture, le chef de l'Etat a confirmé ce sentiment qu'il préside trop mal à ses propres emportements pour incarner une présidence sereine et maîtrisée.

La veille, déjà, il en avait fait une autre démonstration, sur le terrain de la politique pénale. En demandant au président de la Cour de cassation de lui "faire des propositions" pour permettre "une application immédiate" de la loi sur la rétention de sûreté, il a tout bonnement invité la plus haute juridiction française à l'aider à contourner la censure (très) partielle de cette loi, décidée jeudi par le Conseil constitutionnel. Que le président veuille voir ses promesses de campagne sur la détention des délinquants les plus dangereux, en particulier les violeurs d'enfants, mises en oeuvre, on le comprend. Réhabiliter la politique commence, une fois élu, par l'application des programmes électoraux.

Mais on ne condamne pas les violeurs en violant les institutions. Or c'est bien le sens de l'extravagante démarche présidentielle. Quelle que soit son insatisfaction personnelle, le président de la République est le garant des institutions. Il donne ici la très dangereuse impression de vouloir passer outre le Conseil constitutionnel, dont les décisions "ne sont susceptibles d'aucun recours", selon l'article 62 de la Loi fondamentale française.

La haute politique est volontariste. Nicolas Sarkozy n'a pas tort de revendiquer cet héritage-là. Mais pas s'il s'agit d'agitation sans profondeur ni durée. Et pas au mépris des institutions de la République. Le président donne l'impression, avec la loi de sûreté, qu'il ne s'agit plus de haute politique mais d'électoralisme, à la veille d'élections locales très incertaines.

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Hausse des prix. LAGARDE : « Nous allons renforcer la compétition entre les distributeurs »

26/02/08  - Les Echos (extraits)

Une enquête de l'Institut national de la consommation met en évidence des hausses spectaculaires de prix des produits alimentaires depuis l'automne. François Fillon a clairement désigné comme responsables « les industries et les distributeurs », dont il a critiqué les « abus ». A qui la faute madame Lagarde?

C'est vrai que je suis étonnée du volume des hausses affichées. Je veux donc en savoir plus sur les prix et les marges de ce secteur tout en sachant que nous ne pourrons rien changer au contexte international, qui est celui d'une élévation du niveau de vie et de la poussée démographique dans les pays émergents, lesquelles augmentent la demande globale.

Nous avons créé un Observatoire des prix et des marges où les fournisseurs et les distributeurs expliqueront comment ils « construisent » leurs prix. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes doit de son côté en permanence vérifier que nous ne sommes pas en situation d'action concertée ou d'entente entre les différents acteurs, ni de concentration excessive.

Le gouvernement a décidé dans l'urgence hier soir quelques mesures. Que vont-elles changer ?

Dès aujourd'hui, nous allons lancer une enquête sur les comportements de marge des différents opérateurs économiques sur 20 produits phares, dont les résultats seront disponibles à la fin de la semaine. Mon objectif est aussi de comprendre pourquoi les prix sont plus élevés en France que chez nos voisins européens.

Comment expliquez-vous que les hausses de prix ressenties par l'opinion et recensées par « 60 Millions de consommateurs » soient si différentes de celles relevées par l'Insee ?

La pertinence des indices doit sans cesse être vérifiée. Sans modifier l'indice général des prix, la commission propose de le compléter par une mesure des dépenses « préengagées » (abonnements divers...) et de celles liées au logement. La diversité des familles, selon qu'elles sont monoparentales, nombreuses, âgées, devra également être prise en compte.

La politique économique suivie depuis l'été est-elle la bonne ?

Notre politique économique joue à la fois sur l'offre et la demande. La première injecte du pouvoir d'achat et abaisse le coût marginal du travail. Si certains ne le voient pas, les salariés, eux, voient la différence sur leurs bulletins de salaire. La seconde mesure créée le régime le plus attractif pour inciter des entreprises à investir dans l'innovation.

Mais les derniers résultats de la montée en charge du dispositif heures sup ne sont pas très convaincants...

Au contraire, cela marche ! D'abord les derniers chiffres publiés par l'Acoss montrent que 37 % des entreprises, toutes tailles confondues, ont déjà eu recours au dispositif, et 55 % pour les entreprises de plus de 10 salariés, cela moins de trois mois après le lancement. Bien sûr, on peut toujours espérer mieux mais, compte tenu du choc économique qui s'est produit cet automne avec la crise des « subprimes » et la forte hausse des prix des matières premières, c'est plutôt réconfortant.

Y aura-t-il de nouvelles baisses d'impôts en 2008 ?

La RGPO se fera à pression fiscale globale constante, mais cela n'exclut pas des évolutions à l'intérieur des prélèvements obligatoires, donc que certains impôts baissent.

Que pensez-vous de la volonté de Daniel Bouton de rester à la tête de la Société Générale ?

Ce qui aurait pu tourner en une très grave crise financière, pour cette entreprise comme pour la place de Paris, a été évité par une coordination particulièrement exemplaire. J'observe par ailleurs que le rapport que j'ai rendu au Premier ministre, a été conforté par les conclusions de la Société Générale elle-même, à savoir qu'il y avait un défaut de contrôle interne. Pour le reste, c'est au conseil d'administration qu'il appartient de prendre des décisions en termes de management.

Ce maintien n'est-il pas ravageur pour l'image des élites dans l'opinion publique ?

J'entends dire qu'il faudrait faire comme les Américains et remplacer les dirigeants en cas de crise. Mais les règles de fonctionnement en France ne sont pas les mêmes qu'aux Etats-Unis !

Rassurant pour le consommateur : tout est sous contrôle et personne n'a démérité...

Posté par werdna à 00:03 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Daniel Bouton pointé du doigt par Nicolas Sarkozy

26/02/08  - Les Echos

L'affaire Société Générale n'est pas terminée. Le chef de l'Etat estime que le président d'une entreprise qui "connaît un sinistre de cette ampleur" doit en tirer les conclusions       

"Je ne comprends pas non plus l'affaire de la Société Générale : quand le président d'une entreprise connaît un sinistre de cette ampleur et qu'il n'en tire pas les conclusions, ce n'est pas normal. Que quelqu'un gagne 7 millions d'euros par an ne me choque pas. A une condition, c'est qu'il en assure la responsabilité. C'est tout le problème sur Daniel Bouton". Les propos de Nicolas Sarkozy, extraits d'un entretien avec les lecteurs du Parisien, tranchent avec les récentes déclarations du principal intéressé. Mais font aussi écho à ceux de Christine Lagarde, qui explique dans les colonnes des Echos de ce jour qu'il appartient (au conseil d'administration de la Société Générale) de "prendre des décisions en termes de management".

Interrogée, ce matin, sur les ondes, sur le sujet, Laurence Parisot, la présidente du Medef a, pour sa part, estimé que seuls les membres du conseil d'administration pouvaient avoir un avis sur une question qui ne relève "certainement pas des politiques". "Seuls les membres du conseil d'administration disposent de tous les paramètres pour évaluer la situation et de la compétence pour prendre la bonne décision" a commenté la patronne des patrons français.

Daniel Bouton est, lui, bien décidé à tourner la page de "l'affaire Kerviel". Dans une interview aux Echos parue le 25 février, le PDG de la Société Générale a fait part de sa détermination à poursuivre sa mission à la tête du groupe, un mois après la révélation de la fraude qui s'est traduite par une perte de 4,9 milliards d'euros dans les comptes 2007 de la banque. " Je reste, je pilote, je conduis ", affirme -t-il.

Proposée et refusée deux fois, sa démission n'est désormais plus à l'ordre du jour alors que le dirigeant affiche sa confiance dans l'augmentation de capital, après sa tournée des investisseurs en Amérique et en Europe et qu'en matière de contrôles antifraudes, "la suspicion doit devenir la règle".

Ce serait la moindre des choses, mais pas pour en faire un bouc émissaire comme Kerviel et de laisser perdurer les pratiques financières honteuses des grandes banques !

Posté par werdna à 00:03 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La Poste: les disparitions de colis, phénomène pénalisant avec le développement web

PARIS (AFP) - 25/02/2008 – TV5 Infos

De nombreux colis disparaissent à la Poste, un phénomène d'autant plus pénalisant que les Français commandent de plus en plus sur internet, relève une enquête intitulée "La main dans le sac" et publiée dans le magazine Que Choisir de mars.

L'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir reprend le chiffre annoncé en juillet par le mensuel Capital qui faisait état de la perte de 1,5 million d'objets par an, sur un total de 263 millions de paquets convoyés dans le circuit postal.

La Poste "dément formellement", auprès de l'AFP, ce chiffre "sans aucun fondement" mais ne veut pas donner le sien, tant que ses concurrents n'auront pas livré leurs propres statistiques.

Au total, "la Poste et les postiers transportent et livrent 30 milliards d'objets (enveloppes et colis) par an et si des accidents et malversations existent, cela reste une minorité de cas au regard des volumes acheminés", a fait valoir la Poste.

Pourtant, la quantité de colis "perdus" n'a "rien d'anecdotique", souligne l'enquête de Que Choisir qui cite par exemple un document intitulé "bilan des affaires élucidées - été 2007". Affiché dans les locaux du personnel de la Poste, il recense une douzaine de détournements internes, dont 47 colis découverts par la police chez un agent de Pantin (Seine-Saint-Denis).

L'enquête met aussi l'accent sur quelque 400 témoignages de lecteurs du magazine, en majorité d'Ile-de-France. Sur ce point la Poste concède "que quelques points chauds y ont été effectivement identifiés" et qu'ils "sont en cours de traitement".

Des colis livrés dont une partie de la marchandise a disparu, des paquets livrés mais jamais reçus: les témoignages abondent et permettent de "décrypter les circuits de détournement", approcher en quelque sorte le "triangle des Bermudes".

Les poids lourds des entreprises de vente à distance, comme La Redoute et la Camif, se disent "très contentes de la Poste", une appréciation que pourraient justifier des "arrangements" trouvés avec l'établissement public, selon l'enquête.

En revanche, pour des sociétés de taille plus modeste, qui dépendent largement d'internet, comme par exemple Locafilm, un site de location de DVD par correspondance, "les pertes dans le circuit postal représentent 5%" du chiffre d'affaires, avec la disparition de près de 10.000 disques sur un an, selon son PDG Edouard Ducray.

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Des avantages fiscaux en vue pour les entreprises versant un intéressement

PARIS (AFP) - 25/02/2008 TV5 Monde

Le gouvernement a confirmé lundi qu'il entendait consentir de nouveaux "avantages fiscaux" aux employeurs pour les inciter à verser des primes d'intéressement à leurs salariés, alors que les entreprises font face à des demandes pressantes sur les salaires.

"Le président l'a dit, nous sommes en train de le faire", a dit sur RMC le ministre du Travail, Xavier Bertrand, annonçant ce texte "avant l'été" avec pour objectif que "dans les petites entreprises également on puisse mettre en place l'intéressement en contrepartie d'avantages fiscaux".

Contrairement au chef de l'Etat, qui se proposait en janvier d'encourager aussi la participation, M. Bertrand n'a évoqué que l'intéressement, mécanisme moins contraignant pour les entreprises.

Le gouvernement travaille à déterminer à quelle taille d'entreprise la mesure s'appliquerait et selon quels critères, tandis que les organisations patronales, Medef et CGPME, avancent déjà leurs pions.

Le Medef, tout en écartant la participation, a dit vouloir "booster" l'intéressement dans les petites entreprises et proposé un crédit d'impôt pour y parvenir, qui serait compris entre 15% et 30% de l'intéressement versé.

De son côté, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) milite pour un taux réduit de l'impôt sur les sociétés (18% au lieu de 33,33%) "pour les entreprises choisissant d'affecter une partie de leurs résultats soit à la participation/intéressement, soit aux fonds propres".

Cette mesure annoncée en faveur de l'intéressement s'inscrit dans le cadre de la politique conduite par le gouvernement depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, écartelée entre la promesse d'agir contre les salaires "trop bas", et la volonté de "ne pas donner d'ordre aux entreprises".

Plusieurs scénarios sont ainsi à l'étude pour pratiquer le donnant-donnant avec les entreprises qui bénéficient d'un allègement de cotisations sociales, pour qu'elles revalorisent les grilles de salaires, mais les syndicats craignent que les sanctions envisagées ne soient au final pas très dissuasives.

L'intéressement existe depuis 1959, mais ce système de partage des fruits de la croissance entre une entreprise et ses salariés est strictement facultatif, aléatoire, renégociable tous les trois ans.

Selon le dernier rapport 2005/2006 du Conseil supérieur de la participation, dans les entreprises de moins de 50 salariés, moins de 10% des salariés étaient concernés par un accord d'intéressement.

Contrairement à la participation, obligatoire à partir de 50 salariés et immobilisée au moins 5 ans sur un produit de placement collectif, le salarié qui touche un intéressement peut le dépenser immédiatement.

"Que l'on puisse développer l'intéressement et la participation, je n'y suis pas hostile, mais cela ne remplace pas le salaire", a souligné lundi sur France Inter l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius.

Les augmentations de salaires vont finir par coûter aussi cher aux contribuables qu'aux patrons ...

Posté par werdna à 00:03 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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