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lundi 25 février 2008

Un Président trop souvent à cran

ANTOINE GUIRAL - Libération - lundi 25 février 2008

Impulsif, Sarkozy semble se contenir en permanence. Et intimide jusqu’à son entourage.

Depuis le mois de janvier et l’amorce de sa chute dans les sondages, le chef de l’Etat offre le visage inquiétant d’un homme ayant toutes les peines à gérer ses sautes d’humeur et à réprimer ses pulsions. Ses coups de gueule permanents dans le huis clos de l’Elysée, ses décisions à l’emporte-pièce qui bafouent les institutions dont il est constitutionnellement le garant ou ses envies d’en découdre avec le premier provocateur venu, traité de «pauvre con» samedi au Salon de l’agriculture, en disent long sur sa fébrilité lorsqu’il est contrarié. Quitte à prendre le pas sur les grands équilibres républicains - voire sur le respect des institutions, qu’il est censé incarner.

Depuis cinq ans, il surfe avec succès sur le créneau du «droit des victimes», prêt à tout pour coller aux pulsions de l’opinion publique bouleversée par de sinistres affaires de violeurs ou de tueurs récidivistes. A deux semaines des municipales, il juge utile de rallumer cette flamme en montrant que la sécurité au sens large reste sa priorité.

Que personne dans son cabinet à l’Elysée vendredi n’ait pu empêcher le Président de faire fausse route en s’attaquant aux décisions du Conseil constitutionnel montre à quel point la peur de contrer la toute-puissance du chef est réelle.

Nicolas Sarkozy ou la présidence borderline.

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Placide - http://www.leplacide.com/

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Penser le citoyen, par Aude Lapôtre

LE MONDE DES LIVRES | 21.02.08

Rousseau rappelle souvent qu'on ne peut juger des choses par le fait, mais seulement par le droit. Ainsi il nous dicte de ne pas succomber à la fatalité. Attentif aux maux dont souffre la société de son temps, il les combat non à la manière d'un Voltaire, en s'attaquant aux diverses manifestations de l'injustice, mais en adoptant une attitude plus systématique. Il remonte à une cause générale de l'injustice. Cette cause, c'est l'inégalité, dans la mesure où elle prive les hommes de leur liberté : "L'homme est né libre et partout il est dans les fers."

C'est donc comme un penseur de la liberté que Rousseau demeure un auteur décisif. Mais, de quelle liberté s'agit-il ? On ne peut s'arrêter à l'analyse de l'homme à l'état de nature, un être solitaire et bon, capable de satisfaire tous ses besoins puisqu'ils sont strictement délimités par la nature elle-même. Rousseau n'est pas nostalgique car il est impossible de retrouver cette harmonie originelle de l'homme avec la nature. Si cette hypothèse a pour fonction de nous alerter sur tous les risques d'aliénation, vivre en société ne relève pas du choix. La seule liberté dont dispose cet animal dénaturé qu'est l'homme est celle du citoyen, donc d'une liberté encadrée par la loi. L'Etat apparaît alors comme un artifice susceptible d'instaurer une forme plus haute de liberté, désormais pensée à l'intérieur d'une communauté politique. Rendre compatibles la loi et la liberté, telle est la fonction du concept de volonté générale.

Toutefois, tout cela n'est-il pas utopique ? L'unanimité a cédé la place au régime des partis, il n'est de démocratie possible que dans un régime représentatif. Faut-il désespérer d'une pensée du politique toujours trop éloignée de la situation réelle ?

Rousseau nous enseigne une force d'indignation devant l'éternelle contradiction entre les Etats réels et la sagesse de l'homme libre, entre la loi positive et la loi du coeur. En ce sens, toutes ses oeuvres disposent d'une portée critique.

Voilà pourquoi il faut juger les choses non par ce qu'elles sont, mais par ce qu'elles devraient être. Il s'agit de se donner les moyens de penser un idéal, non pour ignorer la complexité du réel, mais pour poser les fondements de toute légitimité. Enfin, ce sentiment de révolte peut à son tour être dépassé si on relit le Contrat social à la lumière de l'Emile. Un homme n'est rien en dehors d'une communauté, parce que c'est parmi d'autres hommes et sous les lois de son pays qu'il doit vivre. Ainsi, la théorie ne peut avoir de sens qu'à l'épreuve d'un engagement effectif en tant que citoyen.

Il semble que ce soit cette dimension concrète de la liberté dont témoigne l'oeuvre de Rousseau, liberté qui prend sa source dans l'apprentissage d'une pensée autonome et qui s'accomplit dans l'exercice de la citoyenneté.

Aude Lapôtre est professeur au lycée Vauban d'Aire-sur-la-Lys (62). 

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Obama, une révolution américaine

Marocvoice – Courrier international - par ZYAD LIMAM(www.jeuneafrique.com)

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Avec cette incroyable jeunesse, cette formidable confiance en lui, ce sourire, le magnétisme, la voix aussi. Et cet air tout à la fois de beau gosse, de gendre idéal et de rock star, qui masque à peine le phénoménal animal politique, un killer, qui a mis le power couple Clinton et l’establishment du pays dos au mur.


Je ne sais pas si Barack Obama gagnera les primaires de son parti. Et encore moins s’il sera élu président, the next commander in chief de la plus grande puissance de la planète. Mais ce que nous voyons est déjà est énorme. Révolutionnaire.
Il se passe quelque chose aux États-Unis, le pays de George W. Bush, des néoconservateurs, de Guantánamo, d’Abou Ghraib… Ce pays traumatisé par les attentats du 11 Septembre, par la guerre en Irak, par ses relations avec les Arabes, l’Orient, les musulmans. Ce pays-là est face à une formidable envie de changement de politique, de génération, de visage. Qui s’incarne dans un homme venu d’ailleurs, mais qui a eu la chance de naître à Hawaii (pour pouvoir être candidat)…


Il se passe quelque chose aux États-Unis, ce pays des « élites blanches », de la droite religieuse, des puissantes amitiés pro-?israéliennes. Ce pays où un homme de moins de 50 ans, à peine sénateur (il a été élu pour la première fois au Sénat des États-Unis en 2004), noir de peau, africain et musulman d’origine, dont le second prénom est Hussein, et dont la grand-mère vit quelque part dans un petit village du Kenya, peut briguer la Maison Blanche…


L’Amérique, immense, puissante et fragile, comme agitée par un mouvement perpétuel, est toujours en avance de quelque chose sur le reste du monde. La société la plus mélangée, la plus multiconfessionnelle, la plus multiraciale mais aussi la plus inégalitaire, la plus marquée par les préjugés et les bigoteries est en train de produire un homme d’État à son image. Un métis politique, culturel, religieux.


Cela suppose un certain courage collectif. Je ne suis pas sûr qu’un Barack Obama soit possible aujourd’hui en Europe (imaginez un homme venu d’Afrique, d’origine musulmane). Je ne suis pas sûr qu’un Barack Obama « inversé » (blanc ou même métis) soit possible en Afrique subsaharienne. Sans parler de l’Orient et du monde arabe (avec une personnalité d’origine chrétienne par exemple…).
Il se passe quelque chose aux États-Unis, cette étrange démocratie, rongée par les lobbies, par l’argent, parfois capable de sortir un être à part, imprévu, pour la présider. Un acteur vieillissant, un planteur de cacahuètes, un gouverneur saxophoniste…


Je ne sais pas si Barack Obama sera le prochain président des États-Unis. Ou s’il le sera un jour. Mais je l’espère. Je veux voir cette autre Amérique, jeune, décomplexée, ouverte sur le monde, inexpérimentée, celle que l’on voit dans les meetings du sénateur candidat, je veux voir cette Amérique-là prendre le pouvoir. Je veux voir ce qu’un homme différent, américain venu d’ailleurs, avec dans son cœur des traces d’Afrique, je veux voir ce que cet homme-là apportera à son pays et au reste du monde.

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Les Indégivrables : Savoir-vivre

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Villliers-le-Bel : Les dénonciations en question

Le JDD du Dimanche 24 Février 2008 - Jean-Pierre VERGES

Une semaine après le vaste coup de filet, à grand renfort de caméras, à Villiers-le-Bel, suite aux émeutes qui avaient secoué la cité francilienne en novembre dernier, l'heure est à l'interrogation. Le cas de certains accusés, dénoncés pour, à en croire les témoignages, s'en être directement pris aux forces de l'ordre, pose en effet problème. Leurs soutiens crient à la délation.


Le 7 février, Adama, 27 ans, serrait la main de Christine Boutin au ministère du Logement et de la Ville. Avec un éducateur sportif et deux autres "grands frères" de Villiers-le-Bel, ce Français d'origine sénégalaise était venu plaider la cause de cette cité du Val-d'Oise, où la mort de deux jeunes percutés par un véhicule de police avait entraîné deux soirées d'émeutes. "Un rendez-vous très constructif, indique aujourd'hui Ephra Kazadi, l'un des participants. La ministre veut nous aider à promouvoir l'emploi des jeunes issus des quartiers défavorisés."

Vendredi, Adama a pourtant été mis en examen pour "tentative d'homicide volontaire sur agent de la force publique". Le débat sur la mise en détention de cet homme marié, père de trois enfants, a été différé à mercredi. La justice le soupçonne d'avoir tiré des plombs et de la grenaille sur des CRS, dont certains avaient été sérieusement blessés.

Juge de paix ou caïd ?
A Villiers, la mise en cause de cet ancien médiateur, qui dirige avec sa femme une entreprise de sécurité, a surpris. "Ici, on connaît plus Adama que le maire de la ville", assure Dida, un natif de la cité devenu champion du monde de boxe thaïe. "C'était une grande gueule qui se mêlait de tout. Il avait tendance à vouloir régler les problèmes. Beaucoup le jalousaient." Si certains le voient comme un juge de paix, les policiers eux parlent d'un caïd de cité ayant eu maille à partir avec la justice. "De nombreux témoignages concordent pour dire qu'il était le meneur des affrontements", confie un enquêteur.

Placé en détention provisoire, Adama clame pourtant son innocence. "Il a tout fait pour calmer les jeunes, plaide son défenseur, Me Sylvie Noachovitch. Son passé le rattrape." L'avocate, qui a longtemps fréquenté le plateau de l'émission Sans aucun doute sur TF1, connaît bien son client qui soutenait sa candidature UMP à l'élection municipale de Villiers-le-Bel... "Je souhaite que sa mise en cause n'ait rien à voir avec ce combat politique", espère Dida. Certains se demandent pourtant si la proximité d'Adama avec le parti de la majorité ne lui aurait pas valu d'être "balancé".

Son frère Abou et trois autres personnes ont aussi été mises en examen dans ce volet de l'enquête. Hier après-midi, un nouveau suspect a été présenté au juge d'instruction. Désigné par un indic'et présenté comme un habitué de la mosquée de Villiers-le-Bel, Maka est soupçonné d'avoir tiré au fusil de chasse sur les policiers. Comme pour les treize autres personnes mises en examen - pour l'agression d'un commissaire de police après l'accident, le caillassage des policiers, les incendies de la bibliothèque et de l'école maternelle -, les témoignages constituent le socle des investigations en l'absence d'ADN ou de preuves photographiques. Après l'appel à témoins lancé par la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Versailles et la promesse d'une rétribution, certains ont voulu dénoncer les responsables de façon anonyme.

"Ils voulaient me faire avouer des choses que je n'avais pas faites"
"Certaines dénonciations ne sont pas assez précises, il y en avait quatre ou cinq vraiment exploitables", reconnaît un enquêteur. "C'est un procédé contestable. Comment se défendre quand il ne peut pas y avoir de confrontations? On sait que les tireurs étaient cagoulés, comment ont-ils pu être reconnus?" s'interroge Sylvie Noachovitch. Me Joseph Cohen-Sabban, qui défend Saïd, un chauffeur de taxi accusé d'avoir transporté de l'essence pour les incendiaires, envisage de contester le témoignage sous X qui accuse son client. "Mais c'est une telle usine à gaz!", avoue-t-il.

"Moi, on m'a d'abord dit que j'avais été dénoncé puis que j'avais été filmé", affirme un jeune de Villiers qui a passé 24 heures en garde à vue et qui veut garder l'anonymat. "En fait, ils voulaient me faire avouer des choses que je n'avais pas faites." "Grizzly", qui lui est ressorti libre après 40 heures de garde à vue, se demande qui sont les deux personnes qui l'auraient vu frapper un policier alors qu'il était n'était pas à Villiers-le-Bel. Quant aux 7 400 euros retrouvés dans sa poche, dont la prise avait été annoncée par la procureure de Pontoise, ils proviennent selon lui de la vente d'un véhicule...

Vendredi, la magistrate a annoncé que sur la quarantaine de personnes interpellées, dix-huit avaient été mises en examen et onze écrouées. Elle s'est félicitée de la "réussite" de l'enquête, avant d'aller sabler le champagne avec ses collaborateurs. Hier, une cinquantaine de jeunes se sont réunis en silence à Villiers-le-Bel pour dénoncer cette opération médiatico-policière. Sur l'une des affichettes placardées sur les murs, on pouvait lire cette interrogation: "La délation est-elle devenue une preuve?"

Lire : Villiers: A qui profite la fuite?; Coup de force à Villiers-le-Bel

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Guerre des conseillers à l'Elysée

Le JDD du Dimanche 24 Février 2008 - Florence MURACCIOLE


Claude Guéant, Henri Guaino, Emmanuelle Mignon, pour beaucoup, les soucis de Nicolas Sarkozy proviennent d'abord de ses trois éminences grises aux profils antagonistes. Les récentes sorties de la dernière citée ont encore jeté de l'huile sur le feu. Du coup, les conseillers de l'ombre sont aujourd'hui ouvertement décriés à l'UMP. Et une ambiance pesante plane à l'Elysée. 


"Pas besoin d'un remaniement ministériel, ce qu'il faut c'est remanier le cabinet du Président. Et ça urge!" A l'UMP, les voix se font de plus en plus fortes pour dire le désarroi de la majorité face à ce qu'il convient d'appeler un cafouillage au sommet de l'Etat. Certains parlent même de guerre ouverte entre conseillers. Il est vrai que la période récente n'a pas été avare en couacs au sein même de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy.

En dehors du vaudeville de Neuilly qui a vu s'exprimer la rancoeur des sarko-boys à l'égard de David Martinon dont le Président avait fait son héritier - uniquement pour plaire à Cécilia - les deux dernières polémiques provoquées par Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet du chef de l'Etat, l'une sur la mémoire des enfants victimes de la Shoah confiée à des écoliers de 10 ans, l'autre sur la scientologie, n'ont fait que relancer le débat. "C'est au Président de gérer ses conseillers", a lancé, un brin agacé de la cacophonie ambiante, le Premier ministre sur France 2.

Ambiance exécrable
Et d'aucuns d'en appeler à l'exemple de Bill Clinton qui, à peine un an après sa conquête du pouvoir et moult maladresses et fautes politiques, s'était débarrassé de tous les proches avec lesquels il était arrivé à la Maison-Blanche: "Porte-parole, secrétaire général, conseillers spéciaux, il les a tous virés et a mis des pros à la place. A partir de là, si l'on oublie l'affaire Monica Lewinsky, il est devenu un grand président", se rappelle le conseiller d'un ministre qui souhaiterait que Nicolas Sarkozy fasse de même. Mais s'il est conscient qu'il y a quelque chose qui cloche en son palais, le Président, dit-on, n'en est pas encore là.

Pourtant, chaque matin, lors de la réunion de 8h30 à l'Elysée, Nicolas Sarkozy ne décolère pas contre la mauvaise marche de la maison tandis que les conseillers se regardent en chiens de faïence. "Ils s'épient, ils s'espionnent. Comme à l'école, chacun prie le bon Dieu pour que Sarkozy ne jette pas sa hargne sur lui et, une fois le danger passé, se délecte d'en voir un autre se faire massacrer", raconte un observateur. Une ambiance exécrable qui inquiète dans les allées du pouvoir.

"Ces trois-là ne s'apprécient pas, c'est rien de le dire"
Plus que tout autre, le trio Guéant-Guaino-Mignon est montré du doigt. "Ces trois-là ne s'apprécient pas, c'est rien de le dire", remarque un proche. Plus grave, derrière ces trois-là, il y a des approches idéologiques fort différentes, entre lesquelles Nicolas Sarkozy ne tranche pas. Des querelles de chapelle qui empoisonnent l'atmosphère. "Entre l'Européen (Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée), l'Etatiste (Henri Guaino, conseiller spécial du Président) et l'ultralibérale catho, 'très scout toujours' (Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet), c'est la ligne politique de l'Etat qui est en jeu." Ces trois piliers de la sarkozie sont devenus des électrons libres. Chacun étant soucieux de conserver son pré carré et sa proximité avec le Président, personne ne rend compte à l'autre.

Dans une note, Emmanuelle Mignon a, en décembre, interdit aux conseillers du Président de s'exprimer, "sauf autorisation exceptionnelle", Claude Guéant et Henri Guaino qui ne cessent d'occuper les médias, au grand dam du Premier ministre et de ses ministres, ont passé outre cette interdiction avec une réelle gourmandise. C'est sans doute ce qui a fait sortir de l'ombre Emmanuelle Mignon qui, dès 2005, s'était fait voler par Henri Guaino la préparation des discours de Sarkozy, à part ceux sur la religion, puis, en mai dernier, le bureau jusque-là réservé aux directeurs de cabinet attenant à celui du chef de l'Etat. "S'exprimer, c'est un métier!" a raillé Jean-Pierre Raffarin. Guéant qui voulait cantonner Mignon "aux gommes et aux crayons" et Guaino ont dû bien rire sous cape.

Lire : Guaino, l'homme qui en fait trop ; Les sectes posent problème

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L'oeil de Willem

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Nicolas Sarkozy accusé d'affaiblir la fonction présidentielle, déchaîne passions et critiques

Gérard Bon - REUTERS : dimanche 24 février 2008

PARIS (Reuters) - L'opposition a accusé Nicolas Sarkozy d'affaiblir la fonction présidentielle après son bras de fer institutionnel sur la rétention de sûreté et l'insulte lancée à un visiteur du Salon de l'agriculture.

Plus de 700.000 personnes ont regardé la vidéo diffusée dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du Parisien.fr et qui montre le chef de l'État en train de qualifier de "pauvre con" un homme qui refuse de lui serrer la main.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a jugé "insupportable" que "le président ne soit pas exemplaire", soulignant qu'il n'est pas "un citoyen comme les autres." "C'est à force de manquer à tous ses devoirs que Nicolas Sarkozy connaît finalement la désaffection populaire", a-t-il dit sur Canal+, par allusion à la chute libre du chef de l'État dans les sondages. Auparavant, responsables de gauche et syndicats de magistrats avaient dénoncé d'une même voix un "coup de force" et une "dérive grave" de Nicolas Sarkozy sur l'application d'une loi controversée sur la rétention de sûreté.

Deux anciens gardes des Sceaux socialistes, Robert Badinter et Elisabeth Guigou, ont mis en garde contre un "tournant très grave" dans le droit français.

DÉCISIONS SANS APPEL

"Il ne saurait être question d'une remise en cause du fonctionnement de nos institutions, ni des décisions du Conseil constitutionnel, qui sont sans appel", a affirmé Bernard Accoyer (UMP), président de l'Assemblée nationale dans un communiqué. Le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, a défendu la langage de Nicolas Sarkozy, jugeant, sur BFM, que "les hommes politiques ne sont pas des carpettes sur lesquelles on doit s'essuyer les pieds".

"On ne peut laisser le président seul au front", a déclaré de son côté Jean-Pierre Raffarin. Invité sur Europe 1, l'ancien premier ministre a estimé que l'UMP et le gouvernement se devaient de "protéger" le chef de l'État, cible de toutes les attaques.

Nicolas Sarkozy a demandé au premier président de la Cour de cassation de lui faire des propositions pour rendre applicable immédiatement la rétention de sûreté, censurée partiellement par le Conseil constitutionnel. Disant agir au nom des victimes, qu'il faut défendre contre les "monstres", le président de la République s'est défendu de chercher à contourner le Conseil constitutionnel, dont les décisions s'imposent à tous. La loi permettant la détention illimitée après la prison de criminels supposés dangereux a été validée dans son principe mais les Sages en ont fortement limité l'application.

Ils ont notamment censuré la rétroactivité de la rétention de sûreté, qui vise les criminels jugés dangereux, à l'issue de leur incarcération.

Pour l'UMP, les "cris d'orfraies" de l'opposition relèvent de la "caricature de la politique politicienne." Nadine Morano, porte-parole de l'UMP, a accusé le Parti socialiste de "se ranger du côté des assassins" et d'oublier les victimes.

"Trop, c'est trop. En déclarant que le Parti socialiste se met du côté des assassins, Nadine Morano, elle, se range clairement du côté de la bêtise", a répliqué Julien Dray, porte-parole du PS. Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a appelé Nicolas Sarkozy à se ressaisir. "Je ne soupçonne absolument pas Nicolas Sarkozy de pensée factieuse, je dis simplement: 'il exagère et il faut qu'il revienne à un état d'esprit qui doit être plus rassembleur'", a-t-il déclaré sur Radio J. Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, a, lui, déploré une "stupéfiante atteinte à l'État de droit, dont le président est censé être le gardien."

Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a durement critiqué la désinvolture de Nicolas Sarkozy, qui, selon lui, fait l'erreur de se croire toujours en campagne électorale. "Ca fait plus Tintin que de Gaulle", a-t-il lancé au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.

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Badinter: la présidence appelle "réserve, distance et modestie"

PARIS (AFP) - 24/02/2008 TV5 Infos

L'ancien garde des sceaux socialiste Robert Badinter a estimé dimanche sur France-Inter que "la présidence de la République est une fonction qui appelle de la part de celui qui l'exerce réserve, distance et modestie".

"Je rêve d'une présidence discrète", a ajouté le sénateur. "Il y a dans la fonction présidentielle une forme d'incarnation de la nation" et "on attend de celui qui a cette fonction qu'il l'assume avec toute la dignité, la réserve, la distance convenable". "M. Sarkozy a beaucoup de talent, cela n'est pas suffisant", a-t-il insisté.

Interrogé sur l'altercation entre M. Sarkozy et un visiteur au salon de l'agriculture, l'ancien président du Conseil constitutionnel a observé que "les provocateurs dans la vie politique sont légion". "Celui qui, président de la République, va ainsi vers une foule anonyme, s'exposera inévitablement à ces provocations, il le sait et il doit prévoir ce que sera son attitude".

"Vous n'empêcherez jamais ces provocations et ces insultes, vous devez vous préparer à avoir la réponse convenable tout de suite", a-t-il conseillé. "Je doute que le président Mitterrand se soit laissé aller à cet excès de langage, cela aurait été une réflexion sarcastique, mais certainement pas répondre au même niveau", a-t-il poursuivi.

Pour M. Badinter, "il y a un style présidentiel et on ne doit jamais s'en départir".

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Le silence des femmes victimes de violences

LE MONDE | 22.02.08

Selon l'enquête Cadre de vie et sécurité, publiée jeudi 21 février par l'Insee, les femmes sont autant exposées à la violence dans leur propre foyer qu'à l'extérieur de leur domicile : 3,3 % des femmes ont déclaré avoir subi en 2005 ou 2006 une agression physique ou sexuelle de la part d'une personne vivant chez elle, et 3,3 % l'ont vécue hors de chez elles.

Les violences conjugales sont, le plus souvent, tues : un cinquième des victimes de violences physiques et le tiers des victimes de violences sexuelles n'ont ni porté plainte, ni enregistré de main courante, ni parlé à qui que ce soit. Quand elles évoquent l'agression, elles s'adressent en priorité à un proche (41,6 %), puis à une association ou à un professionnel (19,4 %), ensuite seulement à la police (11,1 %).

Cette enquête précise également le profil des auteurs de violences conjugales : ils ont souvent plus de 45 ans et sont faiblement diplômés. "Les agressions sexuelles et les violences domestiques envers les femmes se rencontrent dans tous les milieux sociaux, constatent les auteurs de l'étude, Lorraine Tournyol du Clos et Thomas Le Jeannic, mais elles sont plus fréquentes dans les milieux à faible niveau scolaire

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La loi n'a pas dopé les heures supplémentaires, même majorées de 25%.

Ouest-France 25/02/08

Depuis le 1er octobre, pour « doper la croissance et pouvoir d’achat des français », toutes les heures supplémentaires sont majorées d'au moins 25 % à partir de la 36e heure. Dans la limite de 220 heures par an, par salarié. Autre incitation : les salariés ne paient ni impôt ni charges sociales sur ces heures. Les employeurs, eux, bénéficient d'une déduction de charges de 0,50 € s'ils ont plus de 20 salariés et de 1,50 € s'ils en ont moins.

Un premier bilan des Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale) montre que le dispositif n'a pas suscité d'engouement.


Entre octobre et fin décembre, 37,1 %, soit plus d'un demi-million d'entreprises, ont utilisé le dispositif. 144 millions d'heures sup'ont été déclarées. Comme la déclaration est globale, il est impossible de savoir combien de salariés en ont bénéficié. La mesure a aussi permis de « blanchir » des heures effectuées au noir.

À qui profite les heures sup'? La loi profite surtout aux salariés de l'industrie (agroalimentaire, automobile...), au bâtiment, à l'hôtellerie-restauration, aux transports ou plus de 50 % des entreprises ont déclaré une exonération.

Sont-elles en augmentation ? Difficile de le savoir puisqu'elles n'étaient pas enregistrées par les Urssaf auparavant. Selon le patronat de l'artisanat (Upa), « la réforme n'a, à ce stade, pas modifié le comportement des chefs d'entreprise ». L'Upa reconnaît qu'elle était « nécessaire », mais qu'elle n'est pas « de nature à accélérer sensiblement la croissance ».

403 millions d'euros sont revenus aux salariés sous forme d'exonérations de cotisations sociales. Les entreprises de moins de vingt salariés ont économisé 105 millions d'euros de charges, celles de plus de vingt salariés, 37 millions. Autant de cotisations en moins dans les caisses des organismes de retraite et de santé !

Un dispositif difficile à utiliser. Le Premier ministre François Fillon l'a reconnu lui-même, jeudi, sur France 2, « car notre droit social est compliqué ». François Fillon espère qu'à partir de juin, « on va pouvoir négocier les heures supplémentaires, en s'écartant de toutes les réglementations nationales ».

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Beaucoup de candidats au mandat de maire ou de conseiller général récusent toute affiliation partisane.

Didier EUGÈNE Ouest-France – 25/02/08 (Extraits)

Les panneaux électoraux sont de retour pour trois semaines, mais on n'y trouve ni la photo de Nicolas Sarkozy ni celle de Ségolène Royal ou de François Bayrou...

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Moins d'un an après la présidentielle, les professions de foi sont locales.
Partie dans un esprit de conquête, la majorité présidentielle a été stoppée dans son élan par la crise de confiance entre Nicolas Sarkozy et les Français. Et les inconnues sont nombreuses :

Scrutin local ou national ?

Scrutin politique ou républicain ?

Scrutin de correction de la présidentielle ?

Référendum anti-Sarkozy ?
Et que deviendra l'électorat de François Bayrou, prêt à se reporter au second tour entre 60 % pour la droite et 70 % pour la gauche selon les villes sondées ?

De quoi donner un peu de passion politique à un scrutin avant tout local.

Posté par werdna à 00:03 - Démocratie - Institutions - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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