dimanche 24 février 2008
La gesticulation médiatique tourne à la farce

La France va déposer auprès de l'UNESCO une demande de classement au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité de sa gastronomie, "la meilleure du monde". Déclaration faite samedi au salon de l'agriculture par le président Sarkozy pour qui le prestige de la nation et ses valeurs tiennent décidément beaucoup à coeur.
L'exception culturelle française incluera désormais la bouffe ! La grande idée du jour, jetée en pâture aux médias afin de faire oublier la bourde du jour précédent. Et pour demain ? Surprise ...surprise
Municipales : Les candidats font les marchés

Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/
Une insurrection des consciences
Nouvelles clés – 18/02/08 -
Aller vers une « insurrection des consciences », je m’approprie cette belle expression de Pierre Rabhi, amplifiée par Nicolas Hulot qui nous invitait dans son dernier livre à « rassembler les énergies dispersées, les bonnes volontés éparses, changer notre regard sur le monde, le vivant, l’avenir, faire naître une nouvelle espérance, transformer la fatalité qui nous attend en décision mûrement réfléchie, tourner le dos aux sécurité trompeuses comme aux espérances vaines, admettre que chacun porte en soi un fraction de vérité et une fraction de solution » .
Dans de nombreux endroits du monde et de notre pays, il y a des gens qui se rassemblent, se rapprochent, qui créent des liens, qui innovent, qui re-inventent leur vie, qui dynamisent différemment leur relation au travail. Des femmes et des hommes qui se relient à une culture plus proche de leurs aspirations profondes. Des êtres qui trouvent des moyens au ras des pâquerettes (je veux dire par là avec simplicité) pour lutter contre l’exclusion, pour oser se confronter à la misère (plutôt que de l’ignorer ou de la nier), pour introduire plus de vivance dans leur vie, pour donner à leur existence un autre goût. Des hommes et des femmes qui entrent en résistance face au pouvoir de l’argent, contre l’indifférence et le silence, face à l’individualisme et au consumérisme.
Des hommes et des femmes qui donnent vie à des utopies, à des pratiques de vie qui ne font l’objet d’aucune publicité, d’aucune information, mais qui marquent une autre façon d’être au monde, un besoin (et non seulement un désir) de se réapproprier un pouvoir de vie. Je crois ceux qui nous disent que la solidarité doit s’inventer tous les jours, rayonner, résonner à partir de comportements même minimes, ancrés dans une façon nouvelle c’est à dire avec moins de dépendances à l’argent, de nous confronter au monde. Je crois à des actions régulières, suivies pour nourrir une croissance personnelle et collaborer à une décroissance matérielle pour protéger notre environnement proche. Je suis de ceux qui pensent qu’une révolution interne est en cours. Je ne sais si cette révolution sera pacifique, car le mot insurrection contient en lui même une violence potentielle, mais je sens qu’elle sera inévitable et douloureuse pour tous ceux qui sont en recherche pour participer à la prise en charge d’un monde meilleur.
L’expression « prise en charge de notre monde » indique bien le niveau de notre responsabilité. Nous sommes des êtres planétaires, concernés à chaque instant par tout ce qui se passe sur notre planète. Nous ne pouvons plus nous débarrasser de cette responsabilité sur nos enfants et descendants. Nous avons à l’assumer et cela supposera d’indispensables privations, des nécessaires contraintes et surtout des mutations. Mutations de nos modèles, de nos structures mentales, de notre vision de l’avenir, de notre perception de la vie, de la relation à notre corps, de la communication qui devra devenir plus relationnelle, moins fonctionnelle, plus ouverte à l’écoute de nos besoins relationnels.
Une insurrection des consciences supposera d’accepter de changer et de développer une autre façon de nous relier aux autres.
Jacques Salomé est l’auteur de :
Et si nous inventions notre vie. Ed du Relié
Le courage d’être soi. Pocket
Une vie à se dire. Pocket
Site : www.j-salome.com
Résister au système en mangeant des légumes
Marianne et France Inter – 24/0002/0008 - Bernard Maris, journaliste et écrivain.
Dans un monde de grande distribution, quelques associations résistent pour offrir aux consommateurs la possibilité de trouver des aliments bio, frais et... locaux.
Est-il possible d'avoir une consommation responsable dans un monde de gaspillage ? Est-il possible d'avoir une consommation responsable dans un monde où l'on vous pousse sans cesse à consommer, surconsommer et gaspiller ? L'une des grandes réussites de l'industrie agroalimentaire, accompagnée de sa publicité, est d'avoir fabriqué une population d'obèses. Comment être frugal dans monde qui vous incite à baffrer ? Est-ce seulement possible ? Oui. Il y a de nombreuses initiatives en la matière. Par exemple les Amap, Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne. Ce sont des systèmes de production et de distribution originaux qui mettent en relation directe agriculteurs et consommateurs.
Une agriculture alternative
Concrètement, un producteur propose chaque semaine à des consommateurs un panier de produits frais, en général des légumes, mais ce peut aussi être de la viande. Ce panier est commandé par les consommateurs, qui s'engagent à le pré-payer, durant la saison. En échange, ils ont des produits frais, bios, sans pesticides, sans OGM, bref, des produits sains. Les produits sont distribués en général toutes les semaines, et ce sont les acheteurs qui organisent le lieu d'achat.
Les Amap appartiennent à l'agriculture alternative et à la consommation responsable, c'est-à-dire qu'ils refusent le couple agriculture intensive et grande distribution. La grande distribution, l'explosion des transports, ont favorisé une agriculture intensive de grandes surfaces. En France, il y avait 2.3 millions d'exploitations agricoles en 1950, il en reste un peu plus de 500 000 aujourd'hui, des exploitations d'une surface moyenne beaucoup plus importante. Les Amap rapprochent les consommateurs des producteurs. Elles court-circuitent ce système effrayant de transports qui veut que l'on fasse venir les légumes de l'autre bout de la terre.
Où les trouver ?
Il y en a 500 à 700 en France, concentrées surtout en PACA, mais également en Ile-de-France. Il est intéressant de voir que le motif sanitaire, et le motif du goût tout simplement, motive les membres des Amap, mais aussi l'engagement citoyen. C'est en ce sens que la consommation devient responsable. La question que vous allez me poser c'est...
Les « amapiens » sont-il des bobos ?
Il est vrai que les ouvriers sont sous-représentés dans les Amap, mais guère. Et il faut dire, hélas, a contrario que les ouvriers et les prolétaires sont surreprésentés chez les obèses...
Un livre : Les Amap, un nouveau pacte entre producteurs et consommateurs, de Claire Lamine aux Editions Yves Michel
Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.
Les Français rêvent de « villes vertes » !
21/02/2008 – Notre-Planète-Info
Les Français font rimer « verdure » et « cadre de vie »

L’enquête UNEP-IPSOS révèle qu’un quart des Français n’ont pas accès à un jardin privé, qu’il soit individuel ou collectif. Dans les grandes villes, ils sont 1 sur 3 dans ce cas, et jusqu’à 1 sur 2 en région parisienne. Leur seule opportunité de satisfaire leur désir de nature est donc de se réfugier dans les parcs et jardins publics. Rien d’étonnant, dans cette configuration, qu’ils soient 72 % à considérer la présence d’espaces verts à proximité de leur lieu d’habitation comme un critère "important", voire "prioritaire" lorsqu’ils emménagent. Visiblement jamais rassasiés de verdure, ceux qui disposent d’un jardin privé sont également les plus attentifs à l’existence d’espaces verts publics près de chez eux (82 %).
La prise en compte du végétal au sein de l’aménagement urbain : peut mieux faire !
Un peu plus d’un élu sur deux a déjà créé des espaces verts respectant la biodiversité, et 28 % prévoient de le faire. Mais ces efforts, s’ils sont réels, sont visiblement insuffisants aux yeux des Français : près d’1 sur 3 estime que les budgets consacrés par les collectivités aux parcs et jardins ne sont pas assez élevés. Sans doute faut-il lire dans cette demande l’expression d’un besoin plus profond, celui du développement des espaces verts urbains sur le long terme, pour une rénovation durable de leur cadre de vie.
Dans la même veine, plus d’1 Français sur 2 souhaiterait que, dans tout projet immobilier ou commercial, un pourcentage minimum d’espaces verts soit imposé.
Fait rassurant : les élus semblent bien sensibilisés aux attentes de leurs administrés en matière de développement durable et d’environnement. 44 % des maires estiment que, lors des élections municipales à venir, l’environnement et le cadre de vie compteront davantage qu’en 2001, et 99 % pensent que les problématiques liées au développement durable auront une place importante dans la façon dont ils géreront leur commune dans les années à venir (enquête TNS-Observatoire de la Ville).
1, 2, 3, nous irons au parc… !
Le constat le plus dur de l’enquête est sans doute celui-ci : 4 Français sur 10 iraient au parc s’ils en avaient un près de chez eux. Loin d’être réfractaires à l’idée de s’y rendre, bien au contraire, ces « orphelins de la verdure » n’ont tout simplement pas la possibilité de le faire. Les jeunes sont les premières victimes de ce phénomène.
Au rayon des bonnes nouvelles, notons tout de même que la moitié des Français fréquentent les parcs, squares ou jardins publics plus d’une fois par mois. Cette pratique est plutôt masculine (82 % des hommes vs 69 % des femmes). Les moins de 50 ans sont en général plus adeptes de parcs que leurs aînés (81 % vs 69 %). Quant aux usages régionaux, les Franciliens détiennent le record de la fréquentation d’espaces verts publics (9 sur 10 s’y rendent au moins de temps en temps).
Des espaces verts aux vertus apaisantes
La majorité des Français qui fréquentent les espaces verts régulièrement le font pour se détendre. En effet, ces "bulles de nature" sont associées à une meilleure qualité de vie et au bien-être.
Ce sont également des lieux privilégiés pour faire jouer les enfants (27 %), pratiquer un sport (10 %) ou encore promener son chien (10 %). Ceci explique sans doute que, parmi les réalisations végétales les plus demandées par les Français, on retrouve les aires de jeux en première place (31 %), suivies par les parcours de santé (28 %). Les murs et toitures végétalisés, réalisations esthétiques par excellence, sont également plébiscités : 15 % des personnes interrogées souhaiteraient en voir davantage.
La ville rêvée des Français : quand le végétal donne vie au bâti
2 Français sur 3 voient leur ville idéale comme un équilibre harmonieux entre architecture et espaces verts. Les hommes sont 70 % à penser ainsi. Les femmes vont encore plus loin : au-delà de celles qui aspirent à une harmonie entre végétal et bâti (63 %), plus d’un quart rêvent d’une ville où le végétal prendrait totalement le pas sur les constructions.
Une inclination qui trouve un écho favorable, semble-t-il, dans les représentations des élus locaux : d’après l’enquête TNS-SOFRES pour l’Observatoire de la Ville, 46 % d’entre eux considèrent que l’environnement fait partie des principaux enjeux pour les villes de France dans les 10 prochaines années.
Du travail en perspective pour les entreprises du paysage, qui ambitionnent de « remettre le végétal au cœur de la ville » !

Pédale douce
La Montagne – Edito du 23/02/08
La sanction prime toujours en matière de sécurité routière. C’est un peu la faute de notre indiscipline, il faut le reconnaître, et de notre propension à enfreindre les règles en nous en vantant. Même si les dernières statistiques sont meilleures, ce qui sortira du Conseil interministériel sur la sécurité routière de ce matin viendra confirmer que la peur du gendarme fait encore office de politique de la route.
La promesse de Nicolas Sarkozy était d’avoir quatre mille radars fixes installés en France à la fin du quinquennat. Elle sera tenue et 95 % des Français croiseront alors un contrôle automatique dans leurs trajets quotidiens. C’est une façon de réguler les comportements des conducteurs dont on ne peut pas nier l’efficacité.
Les détracteurs soutiennent, avec raison, que certains dispositifs très piégeux ne sont que de très rentables « pompes à fric ». On peut de la même manière leur objecter que cela ne rapporte à l’État que si nous sommes en infraction. La sévérité gravira un nouvel échelon sur l’alcool au volant avec cette idée pas neuve d’obliger les récidivistes à installer un éthylotest antidémarrage. L’alcolock existe aux États-Unis et, à titre expérimental, en Savoie. C’est cher et cela n’empêche pas de faire souffler un autre passager.

Notre code de la route contient l’arsenal de sanctions le plus complet du monde, pourquoi, au lieu de le charger encore, ne pas essayer une autre politique que celle du martinet ? Pourquoi ne parle-t-on pas d’une difficile mais vraie réforme du permis de conduire et du continuum de formation tout au long de la vie ? Au lieu de cela, on imagine de donner des points de bonus à ceux qui ont une conduite exemplaire. Et qui donc _ par définition _ n’en ont pas besoin, puisqu’ils sont exemplaires.
Dessin de Plantu : Positivisme ...

APPEL A LA REPENTANCE : j'ai péché contre la consommation !
Pardonnez-moi frères et sœurs : J'ai commis plus de 50 manquements à la règle … Lisez-moi, huez-moi, et après m'avoir écouté et puni, que chacun s'examine et se confesse à son tour !
Voici la liste honnie de mes actions coupables :
Malgré mes efforts, je n'arrive pas à absorber toute l'électricité nucléaire qu'on me propose à si bas prix - Je fais encore régulièrement pipi pendant les pubs sur TF 1. - J'ai chanté " Moulinex ! " en voyant sur l'écran une cafetière Philips. - Je ne me sens pas personnellement concerné par les envois de lettres en publipostage. - Je n'achète pas suffisamment, au risque de fragiliser la croissance du pays. - Je dépense souvent trop, au risque de relancer l'inflation. - J'ai exigé d'un pharmacien des médicaments génériques. - Chez mon dentiste, il m'est arrivé deux fois de regarder Que choisir ? - Je n'ai pas placé mes allocations chômage dans un fonds de pension. - Je doute parfois du Caca Rente. - Je ne prends pas l'ascenseur sous prétexte que j'habite au premier étage. - Je répare mes objets. Je recouds mon pantalon au lieu d'en changer .! - Je bois l'eau du robinet (filtrée !). - Je fais ma vaisselle à la main. - J'ai marché pendant deux ans avec la même paire de chaussures. - Circonstance aggravante, je n'utilise pas de déodorant... - J'ai pris mon vélo, et non ma voiture, pour aller au supermarché à côté de chez moi. - Samedi dernier, j'y suis même allé à pied. - Et hier, je n'y suis pas allé du tout ! - J'ai osé cultiver un potager, espérant bêtement être sûr de ce que je mange... - J'ai vacillé à trois reprises devant les cris d'alarme écologistes ! - J'ai été tenté par la pensée que la consommation pouvait être une forme de soumission, au lieu de la vivre comme l'exercice d'une rébellion. - Je jeûne une fois par mois ! - Par peur du torticolis, je n'essaie plus de voir les affiches dans la rue. - J'ai douté de la fraternité humaine, en ne voyant pas l'idéal qui unit les enfants qui fabriquent des tennis à ceux qui les chaussent. - J'ai omis de jeter certaines choses, au motif qu'elles semblaient pouvoir encore servir des objets usagés, de vieilles personnes, etc. - L'autre jour, j'ai été pris de mélancolie en entendant la mélodie de Dim. - Ce matin, avant d'acheter, j'ai failli... réfléchir. - Malgré l'évidence, je n'ai pas vu en quoi la mode du porno chic libérait la femme... - J'ai longtemps méconnu l'authenticité du dévouement patronal. - Je .. Je .. Je ne me sens pas américain ! - J'ai eu peine à croire que les ventes d'armes favorisaient la croissance et la paix. - Pendant deux semaines, j'ai refusé mon obole à la Française des jeux. - J'ai bêtement confondu "faire des économies" et "faire marcher l'économie", .alors que ce sont (m'a-t-on dit) deux notions opposées. - Quand le Ministre des Finances nous a demandé de voir la "lueur au bout du tunnel", j'ai cru percevoir stupidement des lueurs d'incendie... - Je n'ai pas médité la parole du Sage "S'aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est faire du lèche-vitrines ensemble dans un Centre Commercial". Ni la sixième Béatitude "Heureux les consommateurs purs, ils trouveront dieu dans leur assiette !" - Certains soirs, au fond du lit, les sirènes antipublicitaires... me troublent ! - Je contrôle mal mes pensées : j'ai rêvé l'autre nuit que la Bourse pouvait n'être pas désintéressée. - Je suis arrivé très en retard au cinéma,...c'est-à-dire juste à l'heure du film. - J'ai aspiré à la justice sociale, sans tenir compte des contraintes économiques ! - Au cours des matches télévisés, m'intéressant trop au jeu lui-même, je ne mémorise pas bien les incrustations publicitaires. - J'oublie parfois mon devoir d'exporter. - Ma confusion mentale m'a conduit à me poser la question: "La mondialisation est?elle une marchandise ?" - Faute de culture-pub, je manque d'idée shopping. - Il m'arrive, par individualisme et par facilité, de prendre les transports en commun. - Quelque chose de satanique en moi m'empêche d'adhérer à l'idée que les intérêts des patrons et ceux des chômeurs sont profondément les mêmes... - Je goûte les œuvres du passé. Je n'arrive pas à m'en désintoxiquer. Ne sachant pas combien je coûte, je ne sais pas comment me vendre. - J'ai arraché par mégarde le nom de la marque étiqueté sur mon pull. - Je perçois difficilement la parenté qui existe entre le commerce des sens et le sens du commerce. - J'ai beau faire tout mon possible, je ne parviens pas à penser en euro ...
Mes Frères et Soeurs, pardonnez-moi, parce que j'ai péché contre la consommation ! ( www.antipub.net )


