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samedi 16 février 2008

EXPERIMENTATION ANIMALE : Un gang de lapins géants attaque le Ministère de la Recherche

NOUVELOBS.COM - Olivier Hertel - Sciences et Avenir.com – 15/02/08

Ce vendredi matin à 10 heures, un gang de quatre lapins géants a tenté de s’introduire au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, rue Descartes à Paris. Sous les déguisements, des militants de « Droits des Animaux », une association antivivisection qui réclame l’égalité des droits entre les hommes et les animaux.

lapins

En décembre, ces activistes partisans de l’action directe, avaient envoyé à Valérie Pécresse, ministre de la recherche, un courrier exigeant « l’abolition immédiate de l’expérimentation animale », en particulier dans les laboratoires de recherche publique (CNRS, INRA, Inserm, Universités etc…). Sans réponse à leur missive, ils ont décidé d’organiser l’opération Lapins géants de ce matin pour manifester leur colère.

C’est la première fois qu’une action de ce genre vise aussi directement la recherche publique. Depuis environ deux ans des manifestations très virulentes se multiplient devant les sièges des grands laboratoires pharmaceutiques installés en France (Sanofi Aventis, GSK, Novartis, Bristol Myers Squibb). « Mais nous allons maintenant nous attaquer aussi à la recherche publique. C’est même une cible prioritaire car elle pratique l’expérimentation animale avec l’argent des contribuables » assure David de Droits des Animaux.

Les autorités prennent la menace antivivisection très au sérieux, car ces derniers mois des actions violentes ont été menées par l’organisation clandestine ALF (Front de Libération des Animaux). Entre autres, l’incendie en avril 2007, des locaux de l’entreprise Techniplast à Limonest (Rhône) qui fabrique des cages pour animaux de laboratoire et en décembre dernier l’incendie du domicile d’un fourreur bordelais.

Côté chercheurs, ce renouveau de la cause animale laisse dubitatif. Ces militants réclament le remplacement de l’expérimentation animale par des méthodes substitutives, notamment in vitro. « Nous utilisons déjà largement ces méthodes, dès que c’est possible. Mais ces techniques ne peuvent pas complètement remplacer l’expérimentation animale. L’effet d’un médicament sur une tumeur en culture cellulaire n’a rien à voir avec ce qui pourrait se passer chez l’animal et surtout chez l’homme. » explique François Lachapelle, chercheur et directeur du Bureau de l'Expérimentation Animale de l’INSERM. Une position que partage complètement Georges Chapouthier, directeur de recherche au CNRS, mais aussi militant de la cause animale (il est l’un des auteurs de la « Déclaration universelle des droits des animaux »). « Dans le cadre de recherche sur la maladie d’Alzheimer par exemple, on ne peut pas tester in vitro, l’activité d’une molécule qui agit sur la mémoire, indique le chercheur. L’animal reste indispensable mais nous devons tout faire pour lui éviter des souffrances inutiles. »

Pour les militants antivivisections, ces arguments ne sont pas recevables. « Nous allons multiplier les actions contre la recherche publique et toutes les institutions qui participent à son financement. » prévient David. Des menaces à prendre au sérieux, car Droits des Animaux s’est fait connaître pour ses sabotages de chasse à courre (Hunt sabotage). La « bête » noire des chasseurs pourrait bien devenir aussi celle des chercheurs.

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«La création des commissions n'est qu'un massage de l'esprit public»

Libération – 15/02/08 - propos recueillis par imanol Corcostegui

Pour Dominique Reynié, politologue et professeur à Sciences Po Paris, la création frénétique de commissions par Nicolas Sarkozy ces derniers mois relève à 100% de la stratégie politique.

Quel est l'intérêt pour Nicolas Sarkozy de mettre en place un si grand nombre de commissions?
Selon moi, il y a trois raisons à cette stratégie politique.
D'abord, c'est un excellent moyen pour Nicolas Sarkozy d'affaiblir l'opposition et de recentrer son positionnement politique après une campagne présidentielle conduite très à droite. Les commissions permettent d'ouvrir le spectre idéologique. Le meilleur exemple reste quand même Jacques Attali, supporter n°1 de Ségoléne Royal et qui six mois plus tard, écrit littéralement le programme du quinquennat du Président.
Créer des commissions permet également de juguler la contestation politique. Tous les intellectuels qui intègrent ces commissions pourraient potentiellement, en tant qu'experts, critiquer la politique de Nicolas Sarkozy. En les intégrant, ils s'abstiennent de parler, faisant valoir leur devoir de réserve car ils se retrouvent dans une position très inconfortable. A partir du moment où Jack Lang est rentré dans la commission Balladur, il n'a plus fait preuve de sa verve habituelle.
Enfin, il y a un dernier effet : Sarkozy contrôle ainsi le climat idéologique, choisit les thèmes qui font l'actualité. C'est un massage de l'esprit public destiné à l'assouplir.

Au milieu de ces commissions, quel rôle pour les parlementaires et les ministres ?
Dans le cadre de ce régime hyper présidentiel, les commissions empêchent le Parlement d'accomplir
ans le cadre de ce régime hyper présidentiel, les commissions empêchent le Parlement d'accomplir ses dernières missions. Beaucoup d'acteurs politiques institutionnels, comme le Conseil économique et social, se retrouvent affaiblis.
Pourtant, les parlementaires ont souvent écrit tout au long de la Ve République des rapports remarquables, qui ont donné naissance à de grands projets de loi. Des rapports tout à fait légitimes puisque les parlementaires sont des élus du peuple.
La différence, et on le voit bien avec le rapport Attali, c'est que ces commissions savent pratiquer la communication d'entreprise et rentrent dans le cadre de la politique spectacle du Président. Et ça, l'Assemblée ne sait pas le faire, elle publie un rapport et voilà! Ces commissions deviennent des épées de Damoclès au-dessus des parlementaires : s'ils ne sont pas bons, Sarkozy créera une commission.

A quoi bon composer tant de commissions et ne pas appliquer leurs conclusions?
C'est la preuve que la création des commissions relève purement et simplement de la stratégie politique. Le but n'est absolument pas d'en utiliser les conclusions. La commission n'est qu'un outil politique. On le voit bien : au moment de la composition de la commission Balladur, Nicolas Sarkozy a assuré qu'on ne toucherait pas au préambule de la Constitution. Finalement, il charge lui-même Simone Veil de s'en occuper.
D'ailleurs, je constate que ces commissions ne trouvent jamais de solution originale aux problèmes posés.

N'y a-t-il pas un risque à agir de la sorte?
Si. D'une part, c'est très périlleux pour un gouvernement de ne pas réfléchir par soi-même et de créer une commission au premier souci venu. Surtout que Nicolas Sarkozy a bâti sa victoire aux présidentielles sur ses idées, et qu'à peine arrivé au pouvoir, il demande, qui plus est à des membres de l'opposition, de trouver des solutions aux problèmes de ce pays.
D'autre part, c'est problématique de ne pas utiliser les conclusions de ces commissions. Dans l'affaire des taxis, le gouvernement a reculé à la première petite difficulté. De toute façon, ce n'est jamais bon de faire du bruit pour rien.

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La révolte des cuisiniers sans papiers

LE MONDE | 15.02.08 |

L'argent s'étale sur l'avenue de la Grande-Armée. Ferrari et Maserati sont garées devant le restaurant qui porte le nom de cette artère parisienne, propriété du groupe de restauration Costes.

A l'intérieur, dans un décorum feutré, neufs Africains vêtus d'une blouse de "cuistot". Ils sont en grève depuis le 13 février. Sans-papiers, embauchés avec de fausses cartes de séjours, ils réclament leur régularisation. Tous syndiqués à la CGT, ces hommes sont soutenus par une trentaine de camarades. A côté, des clients, le nez dans l'assiette, font mine de ne rien voir...

Nos patrons connaissaient notre situation", assure Mamadou Traoré, 32 ans. Ces Africains racontent leurs 47 heures de travail hebdomadaire, leurs journées sans pause... Des accusations que la direction réfute.

Leur mouvement rappelle celui mené, à l'été 2007, par 68 ex-salariés sans papiers de Buffalo Grill. Comme pour "Buffalo", c'est le cégétiste Raymond Chauveau qui est à l'origine de cette l'opération.

Et cette fois, l'Urssaf a réagi plus vite. Quatre fonctionnaires ont débarqué quelques heures seulement après l'arrivée des grévistes dans le restaurant, menés par Lucien Contou, chef de la cellule de lutte contre le travail dissimulé en Ile-de-France.

Devant les caméras et les journalistes, il interpelle les responsables du restaurant, écoute attentivement les Africains... "Regardez cette lettre de 2003 de la Sécurité sociale qui avertit mon patron que je suis en situation irrégulière", lance un gréviste à M. Contou. "Hum ! Je vais aller poser la question à vos patrons."

Après quelques minutes, ce dernier déclare que tout est en règle, que personne ne travaille au "black". Avant de partir, il s'exclame toutefois : "Ah ! Si je comprends bien, vos patrons ont plusieurs restaurants sur Paris et ils vous faisaient tourner." Les cégétistes n'en reviennent pas. "Quelle com'", s'écrie Jean-Claude Amara, un militant.

Jeudi 14 février, l'actrice Josiane Balasko est venue apporter son soutien aux grévistes. "J'ai cru que c'était à nouveau l'inspecteur du travail", lâche M. Chauveau.

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Aux législatives, l'étiquette politique et la notoriété ont fait oublier les casseroles des candidats… 8 mois ont passé....

Marianne - Sylvain Lapoix 14 juin 2007

Mis en examen, privé de droit civique ou même incarcéré, nombreux sont les candidats qui traînent derrière eux un passé judiciaire. Ce critère ne semble cependant pas avoir été retenu par les électeurs dans leur choix aux dernières législatives, ces derniers ayant préféré se fier à un "état de grâce" ou au bilan local, quand ce n'est pas la banalisation des affaires politico-financières qui les a fait renoncer à sanctionner les contrevenants par les urnes.

Malgré l'affaire des HLM de la ville de Paris, malgré celle des faux électeurs de 5è arrondissement, Jean Tibéri avait, encore une fois, mené la course en tête au premier tour des législatives avec 43% des suffrages exprimés dans sa circonscription. « La corruption, les électeurs n'en ont rien à faire », s'indigne Férial Furon, candidate face à Patrick Balkany (UMP, ami personnel de Sarkozy) à Levallois. « Ce que les électeurs veulent, c'est un homme connu et un parti connu », résume-t-elle.

« Les électeurs ont voté Sarkozy aux législatives »
Face aux 46,73% de Manuel Aeschlimann (UMP) dans sa circonscription d'Asnières, Josianne Fischer, candidate indépendante, plaide aussi pour « l'effet d'étiquette »: « Les gens n'ont pas voté Aeschlimann, ils ont voté Sarkozy. » Le principal intéressé, mis en examen à sa demande pour favoritisme dans l'attribution de marchés publics, dément.  Convaincu du « ras-le-bol » de ses administrés suite à la médiatisation de l'affaire, il pense que les Asniérois ne lui tiennent pas rigueur.

Sur la circonscription de Neuilly-Puteaux, Christophe Grébert, blogueur et candidat PS aux municipales, compare les 52,69% de Joëlle Ceccaldi-Raynaud (UMP) aux 68,78% de Nicolas Sarkozy en 2002. Ayant gagné récemment un procès contre la mairie pour diffamation, il pense que l'affaire a déteint sur le scrutin : « Les Ceccaldi-Raynaud sont au bout de ce qu'ils peuvent rassembler par le système clientéliste local. A un an des municipales, je pense que ça prouve que le clan n'est pas si solide. »

« Rien à voir avec les démêlés judiciaires »
Du côté de Grenoble, on attendait au second tour plutôt Richard Cazenave (19,62%), député sortant et dissident UMP, qu'Alain Carignon, UMP (21,45%), condamné pour abus de bien sociaux et recel. « Les gens se moquent de ces vieilles histoires ! » s'exclame le responsable de campagne de l'ancien maire de Grenoble. Certains Grenoblois croient simplement que Carignon peut encore être leur maire, par nostalgie. Ceux qui voteront pour lui au second tour, eux seront prêts à effacer l'ardoise. »

Et encore bien d'autres, dont  :

André Santini fait l'objet d'une mise en examen pour pour «détournement de fonds publics, faux et prise illégale d'intérêt » dans l'affaire dite de la Fondation Hamon.[4] Cela n'a pas empêché sa nomination au gouvernement mettant fin à ce que les médias appelaient improprement "La jurisprudence Balladur" et qui voulait que depuis le gouvernement Balladur de 1993, une personne mise en examen ne pouvait être membre du gouvernement français.

André Santini faisait l'objet d'une mise en examen pour pour «détournement de fonds publics, faux et prise illégale d'intérêt » dans l'affaire dite de la Fondation Hamon.] Cela n'a pas empêché sa nomination au gouvernement mettant fin à ce que les médias appelaient improprement "La jurisprudence Balladur" et qui voulait que depuis le gouvernement Balladur de 1993, une personne mise en examen ne pouvait être membre du gouvernement français.

Christian Estrosi, ancien l'adjoint aux sports du tristement célèbre maire niçois Jacques Médecin, est sans tache. Soutenu par de fidèles amis dont Jean-Claude Gaudin et Nicolas Sarkozy , il a été investi candidat UMP à la mairie de Nice.

Voici venir les municipales, 9 mois après les législatives,  regardons aussi l'éthique de nos élus !

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David Martinon porte-parole en sursis à l’Elysée et au gouvernement

20 Minutes – 15/02/08

Libération croit savoir dans son édition de vendredi que ce n’est plus qu’«une question de jours». On imagine en effet mal David Martinon continuer de porter la parole sarkozyste face à une presse qui ne lui laissera plus rien passer.

Sur PR TV, la télé officielle du président de la République, les fans des conférences de presse de David Martinon n’ont plus rien à se mettre sous la dent. La dernière vidéo du porte-parole de l’Elysée date du 7 février…

Contrairement à ce qui était prévu en début de semaine, David Martinon n’a pas tenu jeudi son traditionnel point presse hebdomadaire. Ebranlé par la trahison de ses colistiers à Neuilly, le collaborateur de Nicolas Sarkozy a préféré s’éloigner quelques jours de Paris. Selon Libération, il est parti mercredi soir en Afrique du Nord. Il serait de retour en France dimanche.

Quel avenir pour Martinon ?
Après avoir subi une telle humiliation et avoir été lâché en coulisses par celui qui a fait toute sa carrière, Nicolas Sarkozy, l’avenir du porte-parole de l’Elysée s’assombrit. Même si le Président a refusé sa démission dimanche soir, sa crédibilité est réellement entamée et il aura du mal à garder son poste.

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« Les contrôles, ça ne doit pas se passer à 5 heures du matin. Casser les portes, ce n’est pas un contrôle, c’est de la violence

Christina Lionnet – 20 minutes 15/02/08

Les sans-papiers veulent l'appui de Martin Hirsch

«On a trop froid. Ca fait des heures qu’on est là. Mais on restera jusqu’au bout.» Le «bout», pour ce Malien sans-papiers qui attendait jeudi soir devant l’entrée du bâtiment officiel, c’était les résultats de l’entrevue entre Martin Hirsch et les délégués du 9ème collectif, une organisation de défense des sans-papiers. En milieu d’après-midi, une centaine de personnes selon le collectif, une trentaine selon le Haut commissariat, ont occupé les locaux de Martin Hirsch dans le 7e arrondissement.

L’organisation protestait notamment contre l’opération de police menée mardi dans un foyer du 13ème arrondissement, au cours de laquelle une centaine de personnes en situation irrégulière ont été interpellées et placées en centre de rétention.

Un examen des dossiers au cas par cas
En début de soirée, Martin Hirsch avait indiqué être prêt à recevoir une délégation vendredi. «S'ils veulent partir, je verrai une délégation demain matin sans aucune difficulté», avait-il déclaré sur Canal +. La réunion a finalement eu lieu le soir même et s'est achevée vers 23h. «Monsieur Hirsch a écouté nos doléances et s’est engagé à examiner les dossiers qu’on lui soumettra au cas par cas et à faire le point avec les différentes préfectures. Mais transmettre des dossiers, ça n’est pas régulariser. Nous sommes toujours en attente», expliquait Bahija Ben Kouka, l’une des coordinatrices du collectif à l’issue de la réunion.

«Monsieur Hirsch nous a dit qu’il n’était pas responsable des régularisations, ajoute Bahija Ben Kouka. Mais la raison pour laquelle nous sommes allés le voir, c’est que les sans-papiers sont de plus en plus précarisés. Quand tu es sans-papier et que lorsque tu sors de chez toi, on te met en garde à vue, comment veux-tu pouvoir travailler?» interroge l’un des membres du collectif. Tous attendent de connaître le sort des personnes emmenées pendant l’opération de mardi. Des personnes qui pour beaucoup «travaillent, paient des impôts et participent à l’économie», soulignent-ils. Le collectif a déjà appelé à se rassembler samedi pour une nouvelle manifestation.

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Billet d’humour : Adoption, par Robert Solé

LE MONDE | 15.02.08

Smaïn, est-ce que tu as des devoirs à faire pour demain ?

- Oui, papa, j'ai un devoir de mémoire.

- Ne dis pas de bêtises et montre-moi ton cahier de textes. Qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui en classe ?

- J'ai adopté un enfant juif, papa.

- Quoi !

- Mais oui, j'te jure.

Apporte ton cahier et arrête de dire n'importe quoi. On ne joue pas avec ces choses-là.

- Mais j'te jure, papa...

- Smaïn, tais-toi ou tu vas m'entendre !

- Mais j'te jure sur la tête de maman, papa, que j'ai adopté un enfant juif ! Même qu'il est mort et que je connais son nom.

- Fadila ! Fadila ! viens chercher ton fils. Ote-le de ma vue, fais-le disparaître...

- Quoi ? Tu pleures, Smaïn ? Allons, allons ! Tiens, prends mon mouchoir. Laisse les morts en paix, mon fils. Nous avons déjà tant de mal à adopter les vivants..."

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Dessin de Tignous : Nouvel an chinois à Neuilly

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Reflet de France sur une Présidence

LE MONDE | 15.02.08

Le pire ennemi de lui-même, par Dominique Dhombres

La popularité du président de la République est en chute libre. Comment expliquer un tel climat ? Les invités d'Arlette Chabot étaient priés de répondre à cette question, jeudi 14 février, sur France 2.

Deux membres du gouvernement faisaient face à deux socialistes et à François Bayrou. Il y avait du brouhaha et parfois un tohu-bohu absolu. Xavier Bertrand, ministre du travail, et Rachida Dati, ministre de la justice, avaient en effet décidé de nier l'évidence. Une crise de confiance ? Quelle crise de confiance ?, s'écriaient-ils.

A ces deux-là, on ne ferait pas admettre, même sous la torture, qu'il y avait désormais un malaise. Les Français sont impatients de voir les réformes aboutir, disaient-ils. Rachida Dati, élégante silhouette de biche, et Xavier Bertrand, plus rond, rivalisaient dans la langue de bois. Leur tâche n'était pas facile, et ils parvenaient seulement en fin d'émission à se faire un peu mieux entendre.

Le début avait été sauvage, en effet, la palme de la férocité revenant à François Bayrou. "L'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy porte atteinte à des principes qui sont des principes républicains fondamentaux", disait le Béarnais.

La laïcité, par exemple. Mais aussi l'indépendance par rapport au monde de l'argent. François Bayrou a été profondément choqué, et c'est une litote, que le président de la République, à peine élu, grimpe sur le yacht d'un milliardaire. L'exhibition de la vie privée, enfin, ou plutôt ce "mélange entre vie publique et vie privée" qui a été, depuis des années, "un choix stratégique de communication" de l'intéressé, et qui se retourne aujourd'hui contre lui.

Les deux socialistes n'étaient pas en reste. "Un président de la République qui tutoie, qui se fait traiter d'enculé quand il va voir les pêcheurs, et c'est la fonction même du chef de l'Etat" qui est atteinte, disait Manuel Valls. 

"Nicolas Sarkozy a su mettre la société en tension depuis qu'il a été nommé ministre de l'intérieur, en 2002. Il a concentré le débat autour de lui, de ses gestes, de ses mots, de ses attitudes. Et aujourd'hui, il le paye", ajoutait le député maire d'Evry. Bref, Nicolas Sarkozy est le pire ennemi de lui-même.

Dans la même veine, Pierre Moscovici citait le général de Gaulle, selon lequel "le prestige du chef est dans son mystère". Contrairement aux deux ministres présents, il ne constatait pas d'impatience dans l'opinion, mais une profonde déception. Nicolas Sarkozy a suscité un immense espoir en affirmant qu'il serait "le président du pouvoir d'achat". Or le pouvoir d'achat n'est pas là.

Plus tard dans la soirée, on entendait les voix de retraités, certains désespérés, qui disaient leur désarroi. Leurs propos avaient le mérite de calmer le jeu sur le plateau d'Arlette Chabot. 

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Interpellations dans un foyer parisien : associations et élus s'interrogent sur les raisons de l'opération policière

LEMONDE avec AFP 14/02/08

Aucune charge n'a finalement été retenue contre les neuf personnes soupçonnées d'avoir hébergé une centaine de travailleurs sans papiers, dans des conditions insalubres, dans un foyer associatif du 13e arrondissement de Paris, a-t-on appris, jeudi 14 février, de source judiciaire. Trois d'entre elles, de nationalité française, devraient toutefois faire l'objet d'une convocation ultérieure devant le juge d'instruction chargé du dossier, a précisé cette source.

Située rue des Terres-au-Curé, cette résidence a fait l'objet, mardi, d'une vaste opération policière, qui a abouti à l'interpellation de 116 personnes, essentiellement des sans-papiers. Les policiers agissaient sur commission rogatoire du juge d'instruction Alain Nguyen, qui enquête depuis plusieurs mois sur les conditions d'habitat dans plusieurs foyers parisiens. Le juge soupçonne certains résidents des Terres-au-Curé de sous-louer des lits à des travailleurs sans-papiers, essentiellement d'origines malienne et sénégalaise, dans des conditions indignes, pour un tarif avoisinant 400 à 500 euros par mois.

Cependant, certains élus et associations soupçonnent l'enquête judiciaire de n'avoir été qu'un prétexte pour procéder à un contrôle administratif des résidents. Leurs soupçons sont attisés par le fait que les neuf interpellés, supposés avoir organisé les filières d'hébergement, ont été relâchés sans qu'aucune charge soit retenue contre eux.

90 INTERPELLÉS EN RÉTENTION ADMINISTRATIVE - Parmi les 116 interpellés, au moins 90 sans-papiers ont été placés en rétention administrative dans des centres à Vincennes, Ivry et Rouen. Leur présentation à un juge des libertés et de la détention a commencé jeudi, au Palais de justice de Paris, dans une ambiance houleuse.

Le juge doit se prononcer sur le prolongement de leur rétention pour une durée de quinze jours, dans l'attente d'une décision de la préfecture sur leur éventuelle expulsion du territoire. Une quinzaine de sans-papiers ont été relâchés, principalement pour des raisons de santé.

Pour Serge Blisko, député de la 10e circonscription de Paris (qui comprend une partie du 13e arrondissement), "les raisons de cette intervention policière ne paraissent pas claires. Je souhaiterais avoir des explications de la justice et de la préfecture de police".

Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a demandé, jeudi, à Michelle Alliot-Marie et Brice Hortefeux, respectivement ministres de l'intérieur et de l'immigration, de "s'expliquer" sur cette opération. "Sur le principe, la poursuite des logeurs qui hébergent des êtres humains dans des conditions indignes n'est pas critiquable", estime le CRAN. Mais l'organisation s'inquiète "de l'ampleur du dispositif mis en place, du nombre disproportionné des interpellations ainsi que des conditions du déroulement de cette opération".

Posté par Kozett à 00:03 - Sécurité - Police - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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