jeudi 14 février 2008
Les syndicats de l'audiovisuel public demandent une commission parlementaire
PARIS AFP - 14 février 2008 | 13H04
L'intersyndicale de l'audiovisuel public a demandé la création "immédiate" d'une commission parlementaire pour étudier les solutions de financement pérenne du secteur sans la publicité, "à commencer" par la hausse de la redevance, dans un communiqué publié jeudi.
Les syndicats (SNRT-CGT, CFDT, CFTC, FO, SNJ, Sud, CSA, SITR, SRCTA et SNJ-CGT) réitèrent également leur demande de rendez-vous au président Nicolas Sarkozy "pour obtenir la garantie du maintien du service public dans toutes ses missions et composantes actuelles", au lendemain d'une "mobilisation exemplaire" des salariés de l'audiovisuel public.
"L'intersyndicale demande la création immédiate d'une commission parlementaire pour étudier toutes les solutions de financement pérenne à commencer par l'augmentation de la redevance", ajoute-t-elle.
Elle se félicite que la grève de 24 heures mercredi à France Télévisions, Radio France, RFI et TV5Monde ait été "massivement suivie" avec "le quart des personnels" qui ont manifesté à Paris aux cris de "ni pub, ni soumise".
Les syndicats ont refusé mercredi une entrevue avec la ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel, exigeant d'être reçus part M. Sarkozy, qui a annoncé début janvier la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public.
Un écrivain tibétain participera à la ‘marche de retour au Tibet’, façon non-violente de protester contre les JO de Pékin.
Une lettre émouvante de Tenzin Tsundue, écrivain tibétain qui participera à la ‘marche de retour au Tibet’, façon pacifique de protester contre les JO de Pékin.
Dharamsala – Inde
Chers Amis,
Le temps est venu pour moi d’aller à nouveau au Tibet. La dernière fois, lorsque je suis allé au Tibet en 1997 – après ma remise de diplôme – je fus arrêté par les autorités chinoises, tabassé, interrogé, privé de nourriture et finalement jeté hors du Tibet après 3 mois de prison à Lhassa et Ngari. J’avais marché seul, à travers les montagnes de l’Himalaya depuis le Ladakh. Onze années plus tard, je marche à nouveau vers le Tibet, cette fois-ci encore sans permission. Je retourne chez moi sans m’inquiéter de papiers délivrés par le régime colonial chinois. Ce régime a non seulement occupé le Tibet mais y fait également appliquer une loi militaire faisant vivre à notre peuple une tyrannie et une répression brutale jour après jour depuis 50 ans.
L’année 2008 est une très grande opportunité de montrer les injustices dont les Tibétains ont été sujet, au moment où la Chine va attirer l’attention des médias internationaux. Je participe à la ‘marche du retour’ partant de Dharamsala au Tibet, est organisée en tant que partie du ‘Mouvement d’Insurrection du Peuple Tibétain’, un effort réunissant 5 ONG tibétaines majeures : Tibetan Youth Congress, Tibetan Women's Association, Gu-Chu-Sum Movement of Tibet (une association d’ancien prisonniers politiques), National Democratic Party of Tibet and Students for a Free Tibet, India.
La marche commencera le 10 mars 2008, au départ de Dharamsala, capitale des Tibétains exilés et passera par Delhi pour ensuite se diriger vers le Tibet. Marchant pendant 6 mois, nous devrions atteindre la frontière tibétaine au moment où la Chine ouvrira les Jeux Olympiques de Pékin 2008 (du 14 au 25 août). Pour l’instant, il est trop tôt pour indiquer approximativement à quel endroit nous passerons la frontière qui s’étend sur 4 075 km le long de l’Himalaya entre le Tibet et l’Inde. Nous pourrions choisir n’importe quel point, voire de multiples points. Nous verrons en fonction de la situation.
Je sais qu’il y a eu des tentatives similaires dans le passé, mais nous sommes en 2008 et j’ai vu les organisateurs travailler dur sur le planning stratégique, prenant soin de chaque détail et nous avons toutes les ONG réunies pour travailler à un but commun. Cette unité est notre force ! Je ne sais pas où nous nous arrêterons, c’est pour cela que je fais don de ma petite collection de livres (ma seule possession dans la vie) à une librairie située à McLeod Ganj, Dharamsala. Mes amis, Lobsang et Nyingje (qui ont servis dans le bataillon tibétain de l’armée indienne) laissent également leurs biens personnels, s’engageant eux-mêmes dans la marche.
Evidemment la police indienne fera bien son travail, l’armée chinoise à la frontière tibétaine sera ouvertement enthousiaste. Comme nous menons une marche pacifique, avec un engagement absolu de non-violence, je ne pense pas que quiconque – des autorités indiennes ou chinoises – ne s’imposera à nous. Inspirés par la marche du sel de Gandhi, même s’ils essaient de nous arrêter, nous ne nous arrêterons pas. Combien de jours peuvent-ils nous enfermer en prison pour avoir simplement marché pacifiquement ? Et pourquoi est-ce que le gouvernement indien arrêterait des réfugiés tibétains qui retournent volontairement chez eux à pied ?
Dans le passé, j’ai escaladé des bâtiments pour crier pour la liberté, je me suis jeté contre les portes de l’ambassade chinoise de New Delhi, j’ai passé plusieurs mois en prison, je me suis fait tabasser par la police, je me suis défendu devant la Cour, mais je n’ai jamais perdu la dignité de la lutte : ma croyance en la non-violence. La Marche vers le Tibet sera non-violente, c’est un sadhana, un hommage spirituel à la vérité et à la justice pour lesquelles nous luttons. C’est notre Longue Marche pour la liberté.
Et sur notre chemin, nous cuisinerons et camperons sous tente le long de la route. Il y aura les marcheurs tibétains, les marcheurs de soutien, l’équipe de cuisiniers, de la logistique, des médias et l’équipe médicale. Il y aura aussi des danses, des chants, des films et des pièces de théâtre seront jouées pendant notre voyage de retour.
Chers amis, c’est l’opportunité de rejoindre une lutte historique non violente pour la liberté, un effort populaire pour aider à libérer un pays qui, même en 2008, reste soumis. Je vous demande de nous rejoindre, de nous soutenir de quelque manière que ce soit. Nous avons besoin que les gens soit informés, donc diffusez l’information comme vous le pouvez. Vous pouvez venir marcher avec nous. et, comme nous marcherons six mois, vous pouvez nous rejoindre pour une journée le long de notre route, même une heure ou une semaine, un mois comme soutien. Les écoles, les collèges et même des villes entières peuvent marcher avec nous. Nous avons besoin d’infirmières, de cuisiniers, de techniciens et de vos prières.
Depuis que la marche a été annoncée le 4 janvier 2008, les Tibétains en ont parlé, c’est une des principales discussions dans les camps de réfugiés. Récemment les organisateurs ont diffusé la fiche d’inscription. Et j’ai entendu que les gens petit à petit s’inscrivent. Vous pouvez vous inscrire en ligne. Pour plus d’information, visitez le site www.TibetanUprising.org Pour toute question, contactez les coordinateurs : Lobsang yeshi lobsangyeshi2006@hotmail.com or sherab woser sherabwoeser@yahoo.com
Rejoignez-nous.
Tenzin Tsundue
Et pour en savoir plus sur Tenzin Tsundue, le poète révolté : http://www.friendsoftibet.org/tenzin/
Traduction : Drôme Ardèche - Tibet
BP 420 - 26402 Crest Cedex
Tél : (00-33)04 75 22 28 58
Tibet26-07@wanadoo.fr
www.dromeardeche-tibet.org
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"Ne doutez jamais qu'un petit nombre de citoyens volontaires et réfléchis peut changer le monde ; en fait, cela se passe toujours ainsi."
[ Margaret Mead ]
Une sénatrice tutoie la pauvreté chez Emmaüs
Ouest-France – 14/02/08 - Vincent COQUEREAU
Gisèle Gautier, sénatrice UMP de la Loire-Atlantique, vient de passer deux jours chez les compagnons de l'Abbé Pierre, à Angers. Confrontée à la réalité du terrain, elle en revient changée.

« Bonjour, Gisèle, comment tu vas ? » Ici, pas de chichi. À Angers comme ailleurs, le tutoiement est de rigueur dans les communautés d'Emmaüs. Qu'on soit ouvrier ou parlementaire, pas de différence. Alors Gisèle Gautier s'est pliée à la règle. « J'ai eu un peu de mal au début », reconnaît la sénatrice de la Loire-Atlantique, mais elle s'y est fait. Rapidement même, à en juger par ses échanges amicaux avec les compagnons et bénévoles de l'association. Conviée par le président du Sénat à réaliser un « stage d'immersion » sur le terrain afin de « nouer un dialogue constructif et permanent entre le monde de la politique et celui de l'entreprise », Gisèle Gautier a opté pour une entreprise d'économie solidaire. « À un moment où l'on parle beaucoup de la grande pauvreté et des sans-abri. » La communauté d'Emmaüs, située dans l'agglomération angevine, l'a accueillie lundi matin, pour le petit-déjeuner.
« Ils leur rendent leur dignité »
En moins de deux jours, la « stagiaire » est presque devenue un visage familier, au fil des repas pris en commun et des confidences de certains compagnons. « Le hangar, là-bas, c'est pour les bibelots. Là, c'est l'atelier de réparation des vélos », fait-elle en rejoignant le local à chiffons. Gisèle Gautier observe et met la main à la pâte.
Là, c'est l'heure de trier les vêtements qui arrivent par camions entiers, entassés dans des sacs poubelles. « Il y a de belles choses parfois. En revanche, il y en a d'autres dans un état... C'est honteux. Ce n'est pas une poubelle, ici ! » Les yeux larmoyants, la pimpante sénatrice sort un mouchoir pour s'essuyer : « Je dois faire une allergie avec tous ces chiffons, dit-elle, presque gênée. Je ne veux pas leur dire. »
Gisèle Gautier ne cache pas que « l'image que j'avais d'Emmaüs était complètement fausse. J'avais occulté le fait qu'ils proposent aussi de l'accueil d'urgence et, surtout, qu'ils rendent leur dignité aux compagnons. » Marquée par certains témoignages, elle a pu ainsi « toucher du doigt une très grande souffrance des gens ».
La parlementaire l'admet, « on a une méconnaissance totale de la grande misère, même si on ne l'ignore pas ». Elle assure qu'elle sera désormais « plus attentive quand il s'agira de se prononcer sur des dossiers concernant le logement social, la couverture maladie universelle, les sans-abri... »
Gisèle Gautier pensera peut-être à cet ancien SDF qui est venu lui parler pendant une heure. « Il a vécu un an d'enfer à Paris. Si je racontais ça à mes collègues, ils ne me croiraient pas. »
L'Australie demande "pardon" pour les souffrances infligées aux Aborigènes
LE MONDE | 13.02.08 | Sydney, correspondance
Redfern, quartier pauvre du sud de Sydney, est un bastion aborigène célèbre. Lieu phare de l'activisme autochtone dans les années 1970, la mixité raciale entre Blancs et Noirs y est – pour une fois à Sydney – apparente. Chaque vendredi, l'association indigène Babana se réunit dans une église du quartier. Dans ces locaux simples qu'on veut bien lui prêter, Mark Spinks, le fondateur de l'association, écoute les hommes de sa communauté, touchés, plus que d'autres, par le chômage ou l'alcoolisme. Parfois, Babana affrète un bus pour emmener ses membres à des enterrements loin de la ville. Mercredi 13 février, le bus est parti pour Canberra, où le premier ministre, Kevin Rudd, a ouvert la session parlementaire en présentant les excuses officielles de l'Australie aux Aborigènes et particulièrement à la "génération volée", ces enfants arrachés à leurs parents et confiés à des institutions ou des familles blanches.
"Nous présentons nos excuses pour les lois et les politiques des parlements et gouvernements successifs qui ont infligé une peine, une douleur et une perte profondes à nos compatriotes australiens, a déclaré M. Rudd. Aux mères et pères, aux frères et sœurs, pour avoir séparé des familles et des communautés, nous demandons pardon. Et pour l'atteinte à la dignité et l'humiliation infligées à un peuple fier de lui-même et de sa culture, nous demandons pardon."
La politique d'assimilation forcée, menée du début du XXe siècle jusqu'à la fin des années 1960, a concerné plusieurs dizaines de milliers d'enfants autochtones, en particulier ceux d'entre eux qui étaient métissés. Mais ce n'est qu'en 1997, avec la publication du rapport "Bringing Them Home", que l'Australie a découvert l'ampleur du phénomène.
Depuis, les demandes d'excuses officielles étaient un point de désaccord majeur entre le gouvernement conservateur de John Howard, le précédent premier ministre, et la communauté autochtone. Il aura fallu attendre l'arrivée au pouvoir des travaillistes – en novembre 2007 – pour que les Aborigènes obtiennent enfin cette reconnaissance officielle.
C'est un pas symbolique vers la "réconciliation", un terme utilisé en Australie pour évoquer l'apaisement des relations entre les Aborigènes et la population blanche. Les enfants volés ont vu leur vie dévastée. Souvent maltraités dans des institutions qui leur interdisaient de parler leur langue, ils pouvaient parfois être utilisés comme main-d'œuvre gratuite.
ESPÉRANCE DE VIE INFÉRIEURE -"Ma grand-mère a été prise de force à ses parents, placée dans une ferme, où elle devait laver les couches sales des enfants des propriétaires", raconte Mark Spinks. "La douleur se transmet aux générations suivantes, c'est l'une des raisons pour lesquelles notre situation est si mauvaise", soutient le quadragénaire.
Avec une espérance de vie inférieure de dix-sept ans à la moyenne nationale et un taux d'incarcération treize fois supérieur à celui des non-indigènes, la communauté aborigène (quelque 450 000 personnes) est la plus défavorisée du pays.
Evelyn Walley fait, elle, figure de réussite. A 42 ans, elle a commencé à développer une agence de mannequins aborigènes. En bas âge, Mme Walley fut pourtant retirée à ses parents et confiée à une famille blanche. "Je croyais que j'étais blanche, je ne savais pas que j'étais aborigène, ni où étaient mes parents", raconte-t-elle.
Mme Walley reconnaît avoir eu la chance d'être élevée par une famille adoptive attentionnée. "J'ai grandi avec des chances que je n'aurais pas eues auprès de ma famille, mais j'ai perdu ma culture."
A 18 ans, elle a eu le droit de revoir les siens. "Ce fut très difficile, j'ai retrouvé mes traditions comme je pouvais, à partir de rien." Pour elle aussi, "ces excuses sont importantes, même si cela aurait dû arriver plus tôt".
Les termes officiels ont été préparés avec soin. Tout ne sera pas réglé pour autant. "Il faudrait réparer également en permettant, par exemple, aux autochtones de retrouver leur terre, leur langue", proclame Gary Highland, de l'Antar, une organisation de défense des autochtones.
En outre, la question des réparations financières est épineuse. Il y a quelques mois, la justice a reconnu à un "enfant volé" le droit d'être indemnisé par l'Etat d'Australie-Méridionale. Récemment, l'Etat de Tasmanie a créé un fonds de 4 millions de dollars pour une centaine de membres de la génération volée. A l'échelle fédérale cependant, rien de tel n'est prévu, a d'ores et déjà prévenu le premier ministre, Kevin Rudd.
Les sociétés de l’audiovisuel privées pas d’accord pour financer la suppression de la pub dans l’audiovisuel public
Le Canard Enchaîné du 13 février – Jean-Michel Thénard
Qui est prêt à verser à l’audiovisuel public les centaines de millions d’euros qui lui manqueront à la fin 2008, après l’annonce de la suppression de la pub, décrétée unilatéralement par Sarko ? Personne !
Cette riante perspective a fini par inquiéter les syndicats de France-Télévisions et de Radio France : ils ont donc appelé à la grève du 13 février pour réclamer « la pérennité du financement de l’audiovisuel public ». Un mouvement pour une fois encouragé par leurs chefs. Patrons et syndicats unis dans un même combat. Sarko réussit des prodiges…
Sur le papier, la décision de libérer le service public de la pression du commercial était séduisante. Mais pour produire de la qualité, encore faut-il en avoir les moyens. C’est là que le bât blesse.*
Lobbies au boulot
Histoire de ne pas froisser l’électeur en mal de pouvoir d’achat, Sarko n’entend pas augmenter la redevance. Invitées à compenser le manque à gagner, les chaînes privées, les opérateurs de Télécom et les fabricants d’électroménager refusent, eux, d’écorner leurs profits.
Les lobbies tournent à plein. TF1 et M6 qui s’inquiètent de leur perte d’audience (et de pub) au profit des chaînes de la TNT, sont les plus actives. Elles inondent d’argumentaires, l’Elysée, Matignon, le ministère de la Culture et les parlementaires. Leur but : démonter que les 1,2 milliard d’euros réclamés en compensation par Patrick de Carolis sont largement surévalués. Elles plaident donc pour que les chaînes publiques fassent de très importantes économies et pour que leurs grilles de programmes, demain, coûtent bien moins cher qu’aujourd’hui. « Ce qui doit être réellement compensé s’élève à 557 millions d’euros », écrit ainsi M6 dans une note qui conclut ainsi : « Financer un concurrent qui ensuite utilise ces ressources pour enchérir sur les programmes pose problème ! »
La Une, elle, assène que les chaînes publiques ne doivent donc plus avoir accès aux marchés des droits sportifs – en clair, plus de Tour de France, de Tournoi des 6 Nations ou de Roland Garros – et d’être pénalisées si elles diffusent des jeux ou des séries américaines. Devant la commission des Affaires Culturelles du Sénat, le 5 février, Nonce Paolini, le patron de TF1, a expliqué qu’il se faisait fort de « produire des programmes de remplacement pour beaucoup moins cher que ça sur TF1, surtout la nuit. » Carolis n’a pas laissé passer l’occasion : « Paolini, a-t-il ironisé, imagine les programmes du service public fiancés comme il finance ses programmes de nuit »… » C'est-à-dire en achetant des rogatons américains au rabais.
Le ministère de la Culture verrait bien, lui, les fournisseurs d’accès Internet payer la plus grosse part de la compensation, ce qui est aussi le point de vue d’Alain Minc, à l’origine de la décision présidentielle. Mais les opérateurs de Télécoms n’entendent pas se laisser tondre. Eux aussi viennent d’écrire à l’Elysée pour se plaindre d’une «taxe inopportune et particulièrement contre-productive ».
Chère redevance
Tous ces radins se retrouvent pour demander une augmentation de la redevance, qui les épargnerait. C’est au contribuable de payer plutôt qu’au consommateur. Une idée que relaient aussi les sénateurs UMP. « C’est le moment de réhabiliter la redevance, le Sénat ne sera pas godillot sur ce sujet », prévient le sénateur UMP Louis de Broissia, bravant l’oukase sarkozien.
La Cour des comptes, enfin, arrive en prompt renfort : dans son rapport annuel, elle met en cause le choix gouvernemental de ne pas réévaluer la redevance (depuis 2002) et de la laisser à « un niveau à peine supérieur à la moitié de ce qu’il est dans plusieurs pays européens, dont l’Allemagne et la Grande-Bretagne ».
Selon plusieurs spécialistes, la sagesse consisterait à augmenter progressivement la redevance sur cinq ans, tout en réduisant la pub au même rythme. Mais Sarko, toujours pressé, veut tout, tout de suite. Devra t-il, une nouvelle fois, se déjuger ?
Sarkozy s’invite au sommet de l’OTAN : jamais encore sous la Vème, un président ne s’était comporté en allié aussi docile.
Le Canard Enchaîné du mercredi 13 février – Claude Angelli
Le prochain sommet de l’OTAN à Bucarest, en Avril, permettra à Sarko de jouer au bon allié et au bon soldat. Il sera en effet le premier président de la Vème république à fréquenter ce genre de conclave. Il compte y annoncer l’envoi de renforts français en Afghanistan. Et cela ne devrait étonner personne, au moment où l’organisation atlantique, sous direction américaine, « prétend conduire la lutte antiterroriste sur l’ensemble de la planète », comme le constate un membre de l’état-major français qui, lui, n’a pas enterré le gaullisme.
Une guerre déjà perdue ?
D’autres médisants, au Quai d’Orsay, se veulent plus pessimistes encore. Ils prévoient que l’intention présidentielle de rejoindre les « instances militaires intégrées » de l’OTAN, et l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan ne provoqueront aucun débat au gouvernement ni à l’Assemblée, sauf si certains députés se réveillent… Une remarque en passant : la présence des forces allemandes en Afghanistan dépend d’un « mandat » voté au Bundestag qui doit être renouvelé chaque année.
A Washington, en revanche, on se montre plus bavard. Dans un récent rapport, le conseil Atlantique des Etats-Unis estime que « l’OTAN pas en train de remporter la partie en Afghanistan ». Et pourtant, depuis 2003, les effectifs engagés dans la chasse aux talibans ont quadruplé. Soit, aujourd’hui, 43 000 hommes venus de 37 pays et toujours incapables d’empêcher les insurgés de contrôler la moitié du pays.
Faute de pouvoir gagner la guerre, on veut la faire durer. Depuis près de deux ans, la Maison-Blanche et le Pentagone réclament en vain à leurs alliés européens un engagement plus ferme en combattants et en matériels.
Voilà deux semaines, Robert Gates, le patron du Pentagone qui évalue à 7 500 hommes les renforts nécessaires, leur a adressé une lettre comminatoire. Nouveau cri d’alarme du même, le 7 février à Vilnius (Lituanie), lors de la réunion des ministres de la Défense des 26 pays de l’OTAN. Mais la plupart des pays présents, Allemands en tête, n’ont pas réagi favorablement.
Un « merdier » innommable
Le lendemain à Munich, lors de la conférence internationale sur la sécurité, l’obstiné Robert Gates a encore haussé le ton. Un échec de l’OTAN en Afghanistan constituerait, a-t-il dit « une menace directe pour la sécurité des européens ! »
Sarkozy, lui, a annoncé qu’il renforcerait le contingent français – 1 900 militaires – en avril prochain. Dès cette semaine, le 14 février, il réunira un Conseil restreint de défense auquel participera, notamment, le général Georgelin ; patron des armées.
Ce « cinq-étoiles » a déjà fait connaître son opinion à ses collègues généraux : « L’Afghanistan, en voie d’irakisation, risque de se transformer en merdier innommable, et il n’est pas judicieux de s’y enfoncer plus profondément. » D’autant que l’armée française manque de bras et que ses équipements sont parfois à bout de souffle.
Mais pas tous. Avec l’intention de démontrer le savoir-faire tricolore, comme Le Canard l’avait annoncé en novembre dernier, Sarkozy a expédié sur place trois chasseurs-bombardiers Rafale. Ils se sont posés à Kandahar le 8 février. Mieux, le président a demandé que l’on tienne prêts à partir au front une quinzaine de chars Leclerc, mais l’on s’interroge encore sur l’efficacité de ces mastodontes pour affronter une guérilla.
Plus modestement, c’est à Bucarest, en avril, que Sarkozy répondra aux revendications américaines. Il pourrait annoncer l’envoi de 700 hommes supplémentaires, un bataillon de paras tenus en « réserve » pour l’OTAN. Et aussi le départ, en mai, d’une cinquième équipe d’une centaine d’officiers et de sous-officiers, chargés d’accompagner au combat les unités de l’armée afghane.
C’est peu, mais, comme l’avouent les généraux US, ils sont là pour longtemps !
Martinon, gnons, gnons…
Le Canard Enchaîné du mercredi 13 février
La guillotine de l’Elysée
L’opération exécution Martinon a été menée en deux temps trois mouvements par Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée. Le dimanche à l’Elysée, le président recevait son porte-parole pour l’oraison funèbre. Depuis deux jours, en réalité, le sort de Martinon était scellé mais il l’ignorait encore. Le piège a parfaitement fonctionné !
Enterrement programmé
Le samedi, après avoir pris connaissance du sondage paru dans le Figaro, David Martinon décide de convoquer une conférence de presse à 14h30. Il espère encore pouvoir sauver sa candidature. Coup de fil de immédiat de l’Elysée qui lui demande d’annuler car le président veut le voir à la même heure. Martinon s’exécute et annule sa conférence presse. Peu avant le rendez-vous, à 14h re-coup de fil de l’Elysée pour expliquer que, finalement, le rendez-vous est reporté au dimanche.
Mais dès vendredi « quelqu’un » de l’Elysée avait communiqué au Figaro les résultats d’un sondage secret qui pronostique la défaite du candidat de l’Elysée, sondage transmis à Guéant et Sarko par le patron local de l’UMP et troisième sur la liste Martinon, Arnaud Teullé.
Car, depuis deux jours les principaux co-listiers de Martinon : la conseillère générale de l’UMP Marie-Cécile Ménard, et Jean Sarkozy sont parvenus à la même conclusion ; il faut éliminer Martinon pendant qu’il en est encore temps ! Surtout que Sarko commence à angoisser « Si Martinon devait être battu à Neuilly, ce serait considéré comme un désaveu pour moi et ce serait un tremblement de terre politique. Les journalistes ne retiendraient que cela des municipales. »
Les bourreaux à l’oeuvre
Depuis des semaines, plusieurs conseillers de Sarko passaient leur temps à savonner la planche au diplomate de carrière David Martinon. Ils ne supportaient pas ses manières de « petit marquis du Quai d’Orsay » qui, avec le départ de Cécilia, avait perdu sa protectrice.
Du coup, Sarko ne cessait de souligner devant ses visiteurs : Tout le monde me dit que mon fils est fait pour faire de la politique. Il me bluffe par son comportement dans les rues de Neuilly. Je n’avais jamais envisagé que mon fils puisse un jour faire de la politique. »
Le traître réhabilité
La bouffonnerie n’aurait pas été complète sans l’épisode final. C’est donc le dissident de droite Jean-Pierre Fromentin que le parti du président soutiendra. Ce même Fromentin qui, en se marrant, expliquait lundi soir, devant les caméras de LCI, ne vouloir ni de Teullé ni de Jean Sarkozy sur sa liste. Le même qui, malgré le retrait de David Martinon, assurait ne pas vouloir faire campagne sous la bannière UMP. A en croire les confidences, c’est Sarko lui-même, qui, au vu des résultats d’un autre sondage express, a décidé depuis la Guyane, pour sauver son « Neuilly », que le soutien à l’ex-dissident était la seule solution. Un solution que refuse pour le moment le patron local de l’UMP et ex-colistier de Martinon, Arnaud Teullé, décidé à son tour à jouer les dissidents !
Quand au mot de la fin provisoire, il revient au fils de l’autre, Jean, qui, aux dernières nouvelles ne se présenterait sur aucune liste et qui pourtant le 16 décembre, déclarait devant les militants UMP réunis : « David, on te soutiendra à mort dans cette campagne ! » A mort, effectivement…

Le collaborateur Fillon reprend de la graine de premier ministre

Le Canard Enchaîné du mercredi 13 février 2008
La tirade de Nicolas Sarkozy au conseil des ministres du 6 février a glacé son auditoire : « Je vois clair dans la stratégie de chacun. J’écoute, je lis et je sais tout ce qui se dit sur moi. Après les municipales, je prendrais avec sang-froid les décisions qui s’imposent. Mais sachez que je suis là pour cinq ans ! »
A l’origine de la colère sarkozienne, un patchwork : la hausse de François Fillon dans les sondages, les (petites) libertés que le Premier ministre s’est cru autorisé à prendre et la fronde du groupe UMP, la veille, contre Claude Guéant.
Trois jeunes députés avaient jugé « pas normal » que le secrétaire général de l’Elysée annonce lui-même une revalorisation du minimum vieillesse. Et ces impertinents avaient mis en garde contre « un glissement institutionnel ».
« Fillon me prend pour un con, avait expliqué Sarko le 5 février au soir devant son cabinet. Il était de mèche avec Copé. Il laisse attaquer Guéant par les députés UMP sans broncher. Il croit que je ne le voit pas. Mais il ne perd rien pour attendre ! Je vais très vite lui faire comprendre que je ne suis pas dupe. »
Le Premier ministre avait mis du sien, il est vrai, pour énerver Sarko. Non seulement, il n’avait pas contré l’offensive des députés UMP contre Guéant, mais il s’était laissé ovationner par les mêmes lors de la séance des questions d’actualité… Un crime de lèse-majesté.
Plus grave, il avait deux fois grillé la politesse à Sarkozy sur des annonces. Exaspéré par la tutelle et les Interventions publiques « de plus en plus insupportables » des conseillers élyséens, Fillon a d’abord pris sur lui d’enterrer les propositions d’Attali sur les taxis. Puis il, a annoncé à l’assemblée une hausse de 25% en cinq ans du minimum vieillesse, et le lendemain une augmentation de 5% dès cette année.
Une rallonge dont Sarkozy comptait réserver la primeur, le 6 février, aux partenaires sociaux qu’il recevait à l’Elysée. Furibard, il a dû se contenter d’annoncer une avance de 200 euros pour les bénéficiaires du minimum vieillesse.
Il ne manquerait plus que Sarkozy fasse subir à Fillon, en raison de sa trop bonne cote, le sort qu’il a réservé à David Martinon en raison de ses trop mauvais sondages.
Sarko a décerné la légion d'honneur à son amie Isabelle Balkany

Est-il fréquent de remettre la médaille de Chevalier de la Légion d'Honneur à un(e) repris de justice ? Isabelle Balkany et son mari Patrick, proches amis de Sarko, ont été condamnés pour les mêmes motifs - prise illégale d'intérêts. La femme de ménage qui a été employée chez elle aux frais de la municipalité a-t-elle aussi été décorée ?
Mon voisin « Big Brother » ? Première ville en France où la police nationale pourra prendre la main sur les caméras !
Sud-Ouest-Gers 10 Février 2008
VIDÉOSURVEILLANCE (47). --Dans quelques jours, les habitants de Villeneuve-sur-Lot serons filmés en ville. Les caméras sont installées, toutes les conventions sont signées, le personnel est formé? Moteur !
1/La vidéosurveillance, comment ça marche ? - Les caméras installées à Villeneuve enverront les images via un réseau hertzien sécurisé, jusqu'alors utilisé par les gendarmes, vers le Centre de supervision urbaine installé à l'intérieur de la mairie, où seuls les agents habilités pourront rentrer.
Villeneuve sera la première ville en France où la police nationale pourra prendre la main sur les caméras, via le central installé à l'intérieur du commissariat. Ils pourront effectuer des mouvements et des zooms sur les neuf caméras mobiles (deux resteront fixes).Les policiers pourront conserver les images cinq jours avant destruction, où plus longtemps, sur réquisition du procureur. Les parties privatives des immeubles seront masquées par un logiciel. Un comité d'éthique a été mis en place pour évaluer et surveiller l'utilisation des images.
2 /Qui va regarder les images ? - À partir de la mise en place des caméras, les images prises dans les rues de Villeneuve seront regardées en permanence, à « H 24 » et sept jours sur sept. La journée, quatre agents municipaux seront affectés à leur visionnage. Ils sont en cours de formation, apprennent le maniement de ces caméras mobiles, mais aussi la déontologie et le cadre légal, qui les astreint à la confidentialité. Lorsqu'ils verront une éventuelle infraction, ils devront la signaler au commissariat. La nuit, c'est la police nationale qui prendra le relais. « Nous avons des adjoints de sécurité qui viendront renforcer les chefs de poste », précisait le commissaire Yannick Blouin hier, qui reconnaît que cette installation représente une charge supplémentaire pour les policiers villeneuvois.
3 Combien ça coûte ?- Le dispositif a coûté 238 000 euros, dont 130 000 euros pris en charge par l'État. Le fait que les agents municipaux affectés au visionnage aient été redéployés sur d'autres postes ne devrait pas engendrer de coûts supplémentaires. « J'ai reçu l'assurance ferme de l'Etat que le commissariat de Villeneuve serait doté des moyens nécessaires pour la mise en oeuvre du dispositif », affirme le député-maire Jérôme Cahuzac.
Cela n'a rien à voir avec Big Brother », a répété deux fois le sous-préfet du Lot-et-Garonne, Guy Mascres, au moment de signer la convention de partenariat entre la ville et l'État pour la très prochaine mise en place de caméras de surveillance dans la ville. Peut-être pour conjurer les commentaires piquants, surtout pour insister sur l'encadrement légal de la vidéosurveillance. Car il va falloir s'y habituer, le 17 février prochain, 11 caméras vont filmer en permanence les rues de la bastide.
