mercredi 13 février 2008
Audience de Jean-Baptiste Libouban devant le TGI de Montpellier 14 h 00
Le faucheur fauché et ses deux épis à 270 000 euros
Au mur tiquetaque le carillon du grand-père ; juste en dessous étincelle un plateau en cuivre façon souk arabe ; en face, une assiette de faïence bleue égaye le panneau blanc ; dans le tiroir il y a peut-être une demi-douzaine de petites cuillères en argent ; dans la cour une vénérable voiture somnole sur son matelas de kilomètres : 250 000 environ.
.. Voilà : Jean-Baptiste Libouban, 72 printemps, compagnon de l’Arche, a à peu près fini d’énumérer ses biens terrestres. Le reste, murs et meubles, appartient à la communauté dont il est membre depuis quarante ans.
Il est juste d’ajouter que Jean-Baptiste Libouban n’est pas qu’un suiviste altermondialiste, simple filament dans la comète José Bové. Non : il est l’homme qui a inventé le concept des faucheurs volontaires, celui qui, pour ôter à la Confédération paysanne le poids exclusif de la responsabilité pénale, a imaginé de faire faucher la société civile.
Venant d’un autre, on aurait pu voir là le caprice d’un vieux baba depuis longtemps enfumé aux herbes des causses et aux senteurs de pélardon. Mais avec Libouban, c’est plus compliqué : cet homme met, depuis quarante ans, sa vie en accord avec ses principes. Dans la communauté de l’Arche dont il fut longtemps le responsable, là-haut sur les contreforts héraultais du Larzac, il cultive bio, consomme le moins possible, s’éclaire à l’éolienne et prêche partout la non-violence héritée de Lanza del Vasto et, à travers lui, de Gandhi.
Cette constance vaut aux gens de l’Arche la considération des gendarmes du coin, l’estime des paysans du cru - ce qui est encore plus difficile - et, dit-on, la compréhension de bien des magistrats - procureurs compris - qui ont eu à les juger. Mais le parquet choisit ses neuf prévenus et Libouban fut de la charrette. Aujourd’ hui, il s’étonne bien un peu de ces tribunaux aux décisions si disparates : condamnations à Toulouse et à Riom, relaxes à Orléans et à Versailles où les magistrats ont admis la légitimité du principe de précaution appliqué par les faucheurs. Mais quoi... C’est la règle. Quant aux 270 000 euros qu’une lettre d’huissier l’a enjoint de payer avant même la décision de la Cour de Cassation, il finit par en sourire, lui le faucheur fauché, en regardant le carillon familial.
Là où il ne rit plus, c’est en pensant à la loi sur les OGM que le Sénat vient de voter : « Faucher à nouveau ? Ou semer du vrai maïs au milieu du transgénique ? Bien sûr. Et aller en prison aussi. J’y suis prêt. C’est trop grave ». On imagine mal la tête des gendarmes qui, ce jour-là, viendront le chercher...
VILACEQUE - Midi Libre
Jean-Baptiste au TGI de Montpellier le 12 février à 14 h
Mardi 12 Février tous au TGI de Montpellier !
Audience de Jean-Baptiste Libouban devant le TGI de Montpellier 14 h 00
en présence de François ROUX, son avocat, Marie Christine BLANDIN, sénateur, Noel MAMERE, député, José BOVE, faucheur volontaire, David de PAS, représentant du syndicat de la magistrature, cités comme témoins, en présence de la Présidente des syndicats des avocats.
Jean-Baptiste, doyen des faucheurs volontaires est poursuivi pour refus de prélèvement d’ADN. il est convoqué Mardi 12 Février à 14 h Tribunal de grande Instance Place Pierre Flotte, à Montpellier
Motif : Refus de donner son ADN
En effet, suite à sa condamnation par la cour de cassation pour fauchage à Rion en 2004, Jean-Baptiste a été convoqué en gendarmerie du Bousquet d’Orb le 28 Septembre 2007.
Il lui est reproché d’avoir refusé de se soumettre à un prélévement biologique destiné à permettre l’analyse et l’identification de son empreinte génétique.
MOBILISATION générale !

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