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mardi 12 février 2008

Présidence - L'effet boomerang

Edito du Monde | 11.02.08

C'est la règle du boomerang : plus on le lance loin et fort, plus il revient vite et violemment. Nicolas Sarkozy en fait aujourd'hui l'expérience à ses dépens. Elu brillamment en mai 2007, persuadé de ne devoir son succès qu'à son seul talent, convaincu de bénéficier dans l'opinion d'un crédit inoxydable, le président de la République a mené la charge pendant six mois. Bousculant les institutions, se portant en toute occasion en première ligne, engageant des réformes sur tous les fronts, imposant son agenda à un rythme effréné, il ne s'est guère soucié des dégâts qu'il provoquait sur son passage.

Le retour du boomerang est d'autant plus brutal, comme en témoigne sa dégringolade dans les sondages au cours des dernières semaines : en cinq mois, depuis septembre 2007, sa cote de confiance a chuté de 23 points (selon la Sofres). Comme si tout ce qui était porté à son crédit jusqu'à l'automne s'était brusquement retourné en son contraire.

boomerang

Le premier ministre relégué au rang de "collaborateur" ? Et voilà François Fillon qui apparaît, dans la tourmente, comme un pôle de sérieux et de stabilité. La majorité invitée à suivre son chef comme un seul homme ? La voilà qui renâcle, s'impatiente et conseille à l'"hyperprésident" de revenir à des règles plus classique de "gouvernance partagée", selon le mot de Jean-Pierre Raffarin. L'inépuisable énergie prêtée au président ? La voilà désormais perçue comme la cause d'une action brouillonne et confuse.

Quant aux Français, hier stupéfiés ou séduits, les voilà qui grognent et doutent, oubliant ce qui a été fait (le nouveau traité européen ratifié, les régimes spéciaux de retraite alignés, la réforme de l'université engagée, une présidence active et assumée...) pour mieux pointer ce qui ne l'a pas été : le "choc de confiance" propice à la croissance réduit à néant par la récession économique qui menace, et le "président du pouvoir d'achat" contraint à de cruels aveux : "Les caisses sont vides" et, en quelque sorte : "Circulez, il n'y à rien à attendre."

Sans parler des romances présidentielles, de nature à choquer profondément un électorat de droite bourgeois, provincial et âgé. Sans mentionner, non plus, un discours sur les religions de nature à heurter le socle républicain et laïque du pays.

La difficulté n'est pas mince pour Nicolas Sarkozy. Ayant poussé à l'extrême ce qui avait fait son succès (l'audace, l'énergie, la magie du verbe), tout mouvement dans l'autre sens risque fort, au moins dans un premier temps, d'apparaître comme une reculade ou un renoncement. Et de brouiller un peu plus son image. Pour reprendre la main, le président de la République va devoir mieux hiérarchiser et expliquer son action et ses contraintes. A ce stade, cela ressemble à un contre-emploi.

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Grenelle de l’environnement : Pourquoi l’Alliance pour la Planète claque momentanément la porte

GEO portail 11/02/08

La menace planait depuis le début. Si on est pas content, on s’en va, ont toujours affirmé les associations. Hier, l’Alliance pour la Planète, qui regroupe 80 associations écologistes, a annoncé qu’elle suspendait sa participation au Grenelle de l’environnement. “Jusqu’au rétablissement d’un processus de dialogue à cinq”, explique Anne Bringault, présidente des Amis de la Terre France, membre de l’Alliance.

Qu’est ce qui les y a poussé?

Il y a d’abord eu la décision d’appliquer l’éco-pastille, instituant un système de bonus-malus sur les automobiles propres ou polluantes, à l’achat du véhicule et pas de façon annuelle, la décision de commencer les travaux de l’aéroport du Grand Ouest, à proximité de la ville de Nantes, l’extension de projets d’autoroutes, en « exception » aux accords, etc….

Et surtout l’abandon de la clause de sauvegarde sur la culture du maïs OGM Monsanto 810. Elle se mue en une suspension de l’achat et des semis jusqu’à la publication d’une loi, qui a court au plus tard jusqu’au 9 février prochain.

” On nous avait dit que les conclusions des tables de travail n’allaient pas nécessairement déboucher sur des engagements du gouvernement. Mais sur les OGM, nous avions eu une promesse claire concernant la clause de sauvegarde”, souligne Anne Bringault.


Lutte entre les ministères, conservatisme des administrations
Pourquoi le gouvernement ne tient-il pas ses engagements ? “Il y a des luttes entre les ministères, notamment entre le Ministère de l’agriculture et celui de l’environnement. Et les administrations, à qui l’on demande de pondre des textes dans la foulée du Grenelle sont sur la défensive et plutôt conservatistes”, explique Arnaud Gossement, porte-parole de FNE. “Néanmoins, il faut rester dans un processus de dialogue, pour ne pas revenir à une situation de blocage et de non-communication entre écologistes et gouvernement, tout en soulignant ce qui ne va pas”.

C’est justement l’absence de communication du gouvernement qui inquiète l’Alliance pour la Planète. “Nous recevons très peu d’informations, nous et les autres acteurs du Grenelle de l’environnement, sur l’avancée des travaux. Le gouvernement n’a pas justifié sa décision d’abandonner la clause de sauvegarde et l’on revient au système de décision opaque de l’avant-Grenelle”, estime Anne Bringault.

Réunion d’urgence

Les comités opérationnels, composés d’experts et de fonctionnaires des administrations concernées, seront tous en place, normalement, le 18 décembre. Certains ont déjà commencés à travailler, sur la forêt, les pesticides, les OGM ou encore la publicité.

Les points de frictions ne manquent pas. Sur la publicité, ou encore les projets d’infrastructures autoroutières, qui laissent penser que l’argument du contournement et de la réduction des points noirs autoroutiers, seule justification désormais à la construction de nouvelles autoroutes, risque d’être souvent invoqué.

L’Alliance pour la Planète demande une réunion d’urgence avec les cinq collèges acteurs du Grenelle de l’environnement… où elle exigera du gouvernement l’application de la clause de sauvegarde, confirme Anne Bringault.

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POLITIQUE ECONOMIQUE - Un Etat capturé par les lobbys


Les échos
07/02/08 – Jacques Delpla

La capture du régulateur par les régulés : l'école d'économie de Chicago l'avait théorisée, la France l'applique. En 1971, Georges Stigler expliquait dans son fameux article « The Theory of Economic Regulation » que, « en règle générale, la régulation économique est capturée par le secteur et est élaborée et mise en oeuvre à son seul profit ». Avec l'Ecole de Chicago, ce professeur, qui obtint le prix Nobel d'économie, avait remis en cause l'idée d'un Etat impartial régulant impartialement l'économie au profit du bien commun. Or, au travers des cinq mois de travail au sein de la commission Attali (CLCF), nous avons pu entendre nombre de lobbys et de services ministériels qui les régulent.

J'ai été frappé par la proximité et l'identification entre l'Etat régulateur de secteurs économiques, d'une part, et ces mêmes secteurs, d'autre part. Ne soyons pas naïfs, dans tous les pays développés, les associations professionnelles promeuvent leurs intérêts auprès des pouvoirs publics. Tant que c'est fait de manière publique et contradictoire, tant que l'Etat se borne à écouter les points de vue et ne s'identifie à aucun intérêt particulier, c'est acceptable et positif.

Mais, en France, nous dépassons les limites de l'acceptable.

Trop de régulateurs, en l'occurrence les ministères sectoriels, sont en empathie avec le discours et les intérêts des secteurs qu'ils régulent. Je ne parle pas seulement de proximité, mais d'identification totale des points de vue. L'exemple caricatural en fut fourni par un représentant du ministère de la Santé qui nous a indiqué, avec bonne conscience, que, pour le secteur des pharmaciens qu'il régule, les positions du gouvernement de la France à Bruxelles sont écrites par le lobby des pharmaciens (évidemment en faveur du maintien du numerus clausus actuel face aux volontés d'ouverture de la Commission).

De même, nous apprîmes que les décrets concernant les pharmaciens sont écrits par le lobby et que le gouvernement ne fait que les entériner. Le point de vue des consommateurs et des nouveaux entrants potentiels est indûment confondu avec celui des professionnels déjà installés. Notre proposition de réforme (il suffirait d'avoir le diplôme de pharmacien pour être pharmacien ; plus aucun numerus clausus ; et prévoir une aide à l'installation de pharmaciens en milieu rural au moyen de subventions mises aux enchères pour l'aménagement du territoire) fut traitée d'« ultralibérale », alors qu'elle correspond aux prescriptions classiques de l'analyse économique. Hélas, la plupart des ministères en France se bornent à n'être que les porte-parole des secteurs qu'ils sont censés réguler.

Comment y remédier ? 

La réforme des ministères sectoriels en tant que régulateurs (Agriculture, Intérieur pour les taxis, Economie et Finances pour le secteur banques-assurances, pour le commerce-distribution et pour nombre de professions réglementées, Justice pour les notaires, Affaires sociales et Santé, Culture et Communication, Environnement, Energie, Recherche) devrait obéir à quelques principes.

D'abord, pour réguler des activités privées avec un monopole historique ou avec des activités spécifiques (Santé), il vaut mieux avoir un régulateur indépendant et transparent. Ensuite, il faut y adjoindre une approche horizontale, avec le contrôle de l'Autorité de concurrence. Pour éviter la capture, il est également souhaitable que les agents régulateurs viennent d'horizons divers et ne restent pas trop longtemps dans le même secteur (ce qui, en France, nécessite la fin des corps de fonctionnaires spécialisés ainsi que des grands corps du type Mines, Ponts, inspection des Finances...). Il faut également développer une méthodologie commune, notamment avec une approche économique faite d'analyse coût/bénéfice et d'évaluation ex post. Enfin, il faut développer au maximum la transparence de la régulation pour le public, car « le meilleur désinfectant est le soleil » pour lutter contre les rentes et les conflits d'intérêts. A quand la mise en place d'un Etat régulateur plus impartial et plus attentif au bien commun ?

JACQUES DELPLA est membre du Conseil d'analyse économique et membre de la Commission pour la libération de la croissance en France, présidée par Jacques Attali.

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Régimes complémentaires de retraite : le rendement va de nouveau chuter

Les Echos - 11/02/08 -  Etienne Lefebvre

Le pouvoir d'achat des retraités va continuer de faire l'actualité.

Les retraites complémentaires des salariés du privé augmenteront faiblement au 1er avril. L'accord de 2003 indexant la valeur du point sur l'inflation aura fait baisser de 6 % le rendement des régimes.

La prime de 200 euros accordée aux 634.000 bénéficiaires du minimum vieillesse n'a pas suffi à apaiser les revendications des autres retraités, qui réclament une hausse des pensions du régime général pour tenir compte de l'accélération de l'inflation. A cela va s'ajouter un débat aussi heurté s'agissant des retraites complémentaires des salariés du privé. A une différence près : l'Etat n'intervient pas dans la gestion de l'Arrco (commun à tous les salariés) et de l'Agirc (cadres), qui sont pilotés par les partenaires sociaux. C'est donc entre le patronat et les syndicats de salariés que le conflit est engagé pour fixer la hausse devant intervenir comme chaque année au 1er avril.

Conformément à l'accord de 2003, la valeur du point (l'unité de référence des pensions versées) suit l'évolution de l'inflation. Celle-ci est estimée à 1,6 % en 2008. Mais les pensions avaient « trop » augmenté l'an dernier : la prévision d'inflation était de 1,8 %, alors que la hausse moyenne des prix observée aura été de 1,47 %. Il faut donc retrancher 0,33 point à l'inflation prévisionnelle, et encore raboter le taux pour corriger le fait que les pensions versées au premier trimestre 2008 auront été trop élevées. Les services techniques de l'Arrco et de l'Agirc en concluent que la valeur du point ne devrait dès lors progresser que de 1,13 % au 1er avril.

Négociation musclée

Dans le même temps, le prix d'achat du point, indexé sur l'évolution du salaire moyen, devrait augmenter de 3,4 % (après une hausse record de 3,7 % l'an dernier). Résultat, le rendement annuel de l'Agirc tomberait à 6,74 %, et celui de l'Arrco à 6,63 %. Soit, sur cinq ans, une baisse de 6 % de la prestation perçue pour un même montant de cotisations versées. Cela n'handicape guère les salariés partant en retraite aujourd'hui (ils auront cotisé pour l'essentiel avant la baisse de rendement du point), mais cela signifie que les rendements offerts aux jeunes actifs seront bien moindres.

Les syndicats n'ont pas dit leur dernier mot. Les revalorisations doivent être décidées lors des conseils d'administration de l'Arrco et de l'Agirc, dans un mois. « La prévision d'inflation pour 2008 apparaît clairement sous-évaluée. Je vais demander qu'un geste soit fait sur la valeur du point », déclare Bernard Devy (FO), président de l'Arrco. La plupart des instituts ont en effet révisé leur prévision d'inflation au-delà de 2 %. La négociation, qui avait déjà été difficile ces dernières années, s'annonce musclée.

D'autant que derrière cette décision ponctuelle se profile la renégociation de l'accord de 2003, qui arrive à échéance à la fin de l'année. Pour les syndicats, il est impossible de maintenir les règles d'indexation actuelles, au risque de réduire drastiquement le rendement des régimes à moyen terme.

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FISCALITE - Avec six taxes et impôts nouveaux depuis sept mois, la créativité fiscale s'accélère

Les Echos - 11/02/08 - JEAN-FRANCIS PÉCRESSE

Eco-pastille, contribution sur les stock-options, franchises médiacales, projets de taxe carbone et de taxe sur la publicité : la créativité fiscale « s'accélère », atteste la commission des Finances de l'Assemblée nationale. La dépense publique pousse toujours plus à imaginer de nouvelles ressources.

Les impôts baissent... pour certains ! Pour d’autres non, l’abattement de 20% ayant été supprimé sur les salaires, pensions et rentes viagères des revenus 2006. De plus, une quinzaine d'impôts et taxes ont été créés depuis 2002, dont une douzaine depuis trois ans. Et surtout, la créativité fiscale s'amplifie. « La vitesse de création de nouvelles taxes s'est accélérée au cours de la douzième législature » (2002-2007) et « plus encore » au début de la législature actuelle, entamée voici un peu plus de sept mois, relève une note de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Votées fin 2007, les trois dernières lois de Finances (loi de Finances 2008, loi de financement de la Sécurité sociale 2008, loi de Finances rectificative 2007) ont institué six prélèvements nouveaux. La plus lourde est l'éco-pastille, un malus de 200 à 1.600 euros sur l'achat de véhicules polluants, qu'ils soient tout-terrain ou familiaux. Elle doit rapporter 470 millions d'euros cette année. Le gouvernement a également fait passer les franchises médicales , une petite contribution sociale de 10 % sur les stock-options, dont il attend 250 millions d'euros au profit de l'assurance-maladie. Et, pour financer l'aide à la cuve versée aux ménages modestes, il a ponctionné, un peu, les profits des compagnies pétrolières (150 millions d'euros). Agacés par cette inflation fiscale, les parlementaires de la majorité ont voté, fin décembre, avec une mauvaise volonté affichée, la taxe de 2 % sur le poisson promise par le chef de l'Etat pour financer un plan d'aide aux marins pêcheurs.

D'où l'émoi suscité, maintenant, par le projet de taxer les chaînes de télévision privées, les opérateurs de télécommunication, les fabricants d'électronique, voire la publicité Internet pour compenser à France Télévisons le manque à gagner attendu de la suppression de la publicité sur l'audiovisuel public. Nicolas Sarkozy, c'est « Monsieur Taxe », résume la socialiste Ségolène Royal dans « Le Monde » du vendredi 8 février. Pour faire bonne mesure, l'ex-candidate à l'Elysée ajoute dans sa liste « un impôt sur les séjours hôteliers », dont l'idée a été évoquée par la ministre de la Culture, Christine Albanel.

Objectif populaire et consensuel

Le nombre de ces nouveaux prélèvements reste « limité », insiste la commission des Finances de l'Assemblée. D'ailleurs, en même temps que des impôts sont créés, d'autres disparaissent. Depuis 2002, six ont été supprimés, dont l'impôt de Bourse (2008), un reliquat de vignette automobile (2006) ou la « surtaxe Juppé » à l'impôt sur les sociétés (2006). Mais ces impôts disparus marquent moins l'opinion que ceux qui apparaissent.

La tolérance fiscale des Français est devenue d'autant plus faible que le poids des prélèvements obligatoires s'est accru, à 44 % du PIB en 2007. Pour cette raison, « il n'apparaît plus possible de créer de nouvelles impositions dans l'unique objectif d'augmenter les ressources de l'Etat. Il semble désormais nécessaire, afin de les rendre acceptables par le citoyen, de leur assigner un objectif populaire et consensuel », observe la commission. Ainsi, la plupart des innovations fiscales récentes concernent-elles l'environnement. Même la « taxe poissons » a été présentée comme un moyen de préserver « la ressource halieutique »...

Cette tendance se confirme avec la création, annoncée, d'une « taxe carbone », à laquelle Bercy réfléchit activement dans le cadre de la « revue générale des prélèvements obligatoires ». Trois scénarios ont été transmis au ministère de l'Ecologie et du Développement durable. La taxe sur les billets d'avion est affectée à la lutte contre les maladies infectieuses dans le tiers monde.

Propositions incessantes

« Il ne se passe pas une semaine sans qu'une proposition de taxation nouvelle arrive sur mon bureau », soupire un conseiller de la ministre de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde. La volonté de l'exécutif de cantonner le rythme d'évolution de la dépense publique à 1,1 % l'an jusqu'à 2012 incite fortement à imaginer des ressources fiscales nouvelles pour financer les plans du quinquennat. Heureusement pour le contribuable, certains impôts ne voient jamais le jour, car trop complexes ou contraires au droit communautaire. Ce fut le cas de la taxe sur les « mobil home », repoussée sine die, ou de celle sur les bières fortes, jamais entrées en vigueur.

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Le Brésil va signer avec la France pour une flotte de sous-marins nucléaires

Libération mardi 12 février 2008 - Jean-Marie Collin chercheur à l’Observatoire des armements. 

Le Brésil veut devenir, avec l’aide de la France, le premier pays d’Amérique du sud à posséder une flotte de sous-marins nucléaires d’attaque (SNA).

D’ici vingt ans, cinq SNA devraient être lancés. Leurs missions seront de protéger «les grandes richesses nationales de l’océan Atlantique» comme le pétrole et de prévenir «l’invasion d’un autre pays ou les actes de terrorisme». La coopération française dans ce projet militaire sera «récompensée» par de gros contrats pour les industriels français: vente d’hélicoptères par Eurocopter, de sous-marins Marlin par DCNS (1), etc. Au risque de provoquer une nouvelle prolifération nucléaire…

Depuis plusieurs mois, la rumeur courait au sujet d’un accord de coopération nucléaire entre les deux pays. Les premiers échos sont apparus dans la presse étrangère en juin 2007 : une déclaration du directeur de Thales-Brésil, Laurent Mourre, proposait à «une équipe du Brésil d’accompagner la construction de la nouvelle classe du sous-marin nucléaire français Barracuda. Le Brésil gagnerait ainsi des années d’avance en connaissances, quand il se décidera à faire un sous-marin nucléaire» ! Un appel qui se traduisit rapidement et secrètement par la signature d’une lettre d’intention qui prévoit «la transmission progressive des technologies destinées à la construction d’un sous-marin nucléaire». Le ministère français de la Défense démentit cet accord. Pourtant, tout semble bien vrai au regard des derniers événements : visite d’un SNA par le ministre brésilien de la Défense, Nelson Jobim, à Toulon le 26 janvier, puis double rencontre avec son homologue français, Hervé Morin, et Nicolas Sarkozy, le 29 janvier. Enfin, la déclaration de Nelson Jobim dans le quotidien brésilien OGlobo est très claire : le Brésil veut «dessiner une alliance stratégique avec la France pour la construction de sous-marins nucléaires d’attaque».

Cette coopération sera certainement annoncée aujourd’hui lors de la rencontre des présidents Sarkozy et Lula en Guyane française (2). La France va participer à la construction des futurs SNA brésiliens en transférant une technologie et un savoir-faire ultrasensible. Cela concerne principalement du matériel informatique conçu par Thales et des procédés techniques fondamentaux comme l’acier soudable à haute limite d’élasticité, indispensable pour un SNA. Cet acier est quatre fois plus résistant qu’un acier ordinaire et assure une «glisse» et une absence de frottement de l’eau. Cette coopération ne semble pas inclure de technologie relative au système de propulsion nucléaire. Le fonctionnement des chaufferies nucléaires nécessite en effet de l’uranium hautement enrichi dit de qualité militaire. Ainsi, qui possède un système de propulsion nucléaire possède la matière fissile pour se constituer un arsenal nucléaire. Aligner une flotte de SNA augmente les capacités militaires d’un pays. Discret, le SNA est autonome (hormis sur le plan des vivres) et en plongée permanente, à la différence des autres sous-marins classiques. Ses capacités d’actions sont impressionnantes (destruction de navires, frappes contre terre, transport de commandos, renseignements). A lui seul, il peut déterminer le sort d’un conflit (Malouines, Kosovo).

Jusqu’à maintenant, un pacte tacite entre les puissances nucléaires (Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine) avait consenti à ne pas diffuser ce savoir-faire. La location d’un SNA par la Russie à l’Inde (en 2010) et désormais l’alliance stratégique, proposée par le Brésil et acceptée par la France, ouvre une première porte dans le marché export des SNA. D’ici quelque temps, l’offre et la demande pourraient bien se rencontrer, malgré le risque d’une dérive de la technologie de la propulsion nucléaire vers un programme d’arme nucléaire. Si le Traité de non-prolifération nucléaire n’interdit pas ce transfert, cette brèche pourrait avoir des conséquences dans la lutte contre la prolifération. Cela créerait une nouvelle caste au sein de ses membres : des puissances, comme le Brésil, seraient à l’extrême limite de la production de la bombe tout en produisant et en utilisant son composant principal, l’uranium enrichi ! De même, il est à craindre des dommages irréversibles pour l’environnement marin avec l’essor de marines nucléaires qui engendreraient une multiplication des accidents. Ils se comptent déjà par dizaines chaque année allant de la simple collision, à des fuites radioactives, voire à des drames comme celui du Koursk, en 2000.

D’anciennes velléités risquent de se réveiller et toute commande d’un SNA sera suivi d’une course aux armements dans cette même région De nombreuses nations (Inde, Corée du Sud, Argentine) souhaitent rentrer dans le club des marines atomiques. D’autres comme le Canada ou Taiwan s’interrogent. La menace d’une prolifération d’un nouveau genre semble s’amorcer, à moins que les grandes puissances nucléaires ne ratifient un traité d’interdiction de transfert de toutes technologies, nucléaires ou non, vers toutes les plateformes nucléaires.

(1) Nouveau nom de la Direction des constructions navales après son rapprochement avec Thales.

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L’aéroport de Nantes fait décoller le débat

GUILLAUME LAUNAY - Libération mardi 12 février 2008

«Sous réserve que cet aéroport soit de haute qualité environnementale… !!!» C’est ainsi que le ministère de l’Ecologie défend le projet de nouvel aéroport international Grand Ouest Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, dont le décret de déclaration d’utilité publique a été publié dimanche.

Quelques mois après un Grenelle de l’environnement qui prévoyait de réévaluer les projets en fonction de leur impact sur le climat et la biodiversité, le ministère tenait hier à relativiser : «Ce n’est pas un nouvel aéroport, c’est un transfert puisqu’il remplace l’actuel.» Fin janvier, le secrétaire d’Etat aux Transports précisait : «Ce sera vraisemblablement le dernier aéroport en France métropolitaine.»

Pour les régions concernées, Nantes et Rennes notamment, l’enjeu est d’importance. «Il faut que ce soit un projet exemplaire, assure le maire socialiste de Nantes, Jean-Marc Ayrault, qui y voit un hub (plate-forme aéroportuaire) nécessaire au développement de la région. Nous avons déjà mis en place des règles très précises pour éviter l’urbanisation anarchique. Et il faut impérativement que la desserte en tram-train vers Nantes soit réalisée en même temps que l’aéroport.» Autre intérêt selon lui : régler les problèmes de sécurité et de bruit liés au survol de la ville pour rallier l’actuel aéroport.

Patrick Rimbert, vice-président de la communauté d’agglomération, insiste lui sur l’aspect économique : «Le développement du Grand Ouest est une réalité, en terme de population comme d’activité. Il faut anticiper les évolutions de trafic, explique-t-il. D’où l’intérêt d’un aéroport à l’échelle européenne, lisible.» Ces arguments ne convainquent pas les Verts, alliés au PS à Nantes: «Les prévisions de saturation sont très discutables, assure l’élu nantais Jean-Philippe Magnen. Et la possibilité de modifier l’actuel aéroport, pour répondre aux problèmes liés au survol, n’a pas été expertisée sérieusement.» Quant à l’association Acipa, qui lutte contre l’aéroport, elle s’inquiète de l’impact sur les terres rurales et agricoles autour du site. «On ne se bat pas comme des riverains, précise Dominique Fresneau, président d’Acipa. On est contre un projet qui n’a pas d’utilité. C’est une question de choix de développement : le Grenelle devait favoriser le train par rapport à l’avion.»

Autre question : le financement. Le projet seul devrait coûter 581 millions d’euros, deux milliards en incluant les dessertes mais les modalités du financement restent à définir. «Il faudra que l’Etat prenne ses responsabilités», avertit Ayrault.

En attendant le premier décollage, prévu pour 2015, l’Acipa va continuer la «résistance» via des recours juridiques et des manifestations. «Contournement routier de Strasbourg, aéroport de Nantes…,énumère Arnaud Gossement, de France Nature Environnement, on a l’impression que le gouvernement accélère la finalisation de certaines infrastructures, avant la mise en place des nouvelles règles de gouvernance issues du Grenelle.»

Pour les défenseurs de l’environnement, l’utilité du projet n’est pas démontrée :

L’aéroport de Nantes Atlantique n’est pas saturé et ne le sera vraisemblablement jamais : la piste fonctionne au tiers de sa capacité, l’aérogare pourra s’agrandir, la saturation des parkings peut être résolue (étages, arrivée du tramway, ligne de train) ;

S’il s’agit de limiter ou d’éviter le survol de l’agglomération nantaise, des solutions alternatives sont proposées :

- répartition du trafic en un réseau aéroportuaire de l’Ouest ;

- réaménagement de Nantes Atlantique : remplacement de la piste actuelle orientée Nord-Sud par une - nouvelle piste unique orientée Est-Ouest ;

développement des lignes TGV.

Les solutions alternatives doivent être étudiées, la nocivité du projet est évidente :

Fragilisation de l’emploi au sud Loire, et notamment du site Airbus ;
Déplacements quotidiens de milliers personnes habitant sud Loire pour aller travailler nord Loire dans les entreprises délocalisées ;
Augmentation des impôts locaux des habitants du département, de la région sur plusieurs générations pour un tel investissement, pas du tout assuré d’être rentable ;
Gaspillage d’un budget de plusieurs centaines de millions d’€ (quelques milliards en incluant les voies ferrées) au détriment d’autres choix pour le département et la région ;
Ajout d’une nouvelle structure à N.D. des Landes qui sera coûteuse en fonctionnement alors que Nantes Atlantique continuera de fonctionner (pour EADS) et que de nombreux aéroports de l’Ouest sont actuellement sous-utilisés et coûtent très cher à la collectivité ;
Destruction de plus de 2000 hectares de terres agricoles et naturelles, une zone de biodiversité exceptionnelle comme il n’en existe plus dans le département ;
Destruction d’une agriculture prospère : suppression de 40 exploitations agricoles, amputation de 40 autres, démantèlement des réseaux d’entraide ;
Impact du transport aérien sur l’effet de serre

Pourquoi cette fuite en avant pour un projet dépassé ? A quoi aura servi les discussions au grenelle de l’environnement dans ce cas ?

Cette nouvel aéroport n’a d’autre but que de développer encore plus la croissance économique régionale au profit du tourisme de masse, des commerciaux et dirigeants d’entreprises.

Selon la Commission européenne, « une véritable politique des transports aériens doit harmoniser l’activité des aéroports et non pas en favoriser certains en réalisant des investissements coûteux »
Pourquoi cette course vers le « toujours plus » ? Cette logique nous a menés dans l’impasse où nous nous trouvons aujourd’hui. Elle doit être remplacée au plus vite par une autre logique marquée par le respect de l’homme, de tous les êtres, de la nature.

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Christine Lagarde invente la discrimination par l’épargne et fait un cadeau aux banques

TONINO SERAFINI - Libération mardi 12 février 2008

On n’arrête pas le progrès. Le gouvernement a l’intention de créer un Livret A spécial pour les pauvres, appelé «Livret d’accessibilité bancaire» distribué à l’avenir par la seule Banque postale.

Cette idée avant-gardiste a germé à Bercy. Christine Lagarde l’a annoncée mercredi dernier, lors de son audition devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale. La création d’un tel dispositif interviendrait dans le cadre d’une réforme de la distribution de l’actuel Livret A. Si cette idée devait prospérer, ce serait une véritable rupture avec le système d’épargne populaire actuel.

La Fondation Abbé-Pierre et ATD Quart Monde ont été auditionnés, il y a quelques mois, par Michel Camdessus, ancien président du FMI et auteur d’un rapport sur la «modernisation de la distribution» du Livret A. Lors de ces auditions, «il n’a jamais été question de créer un tel livret pour les pauvres. On nous a toujours dit, que le Livret A continuerait à être accessible à tous», témoignent aujourd’hui Patrick Doutreligne et Pierre Saglio. Alors, comment Bercy en est-il arrivé à envisager la création de ce qu’il est convenu d’appeler un «livret spécial» ?

Tout commence en mai dernier, lorsque la Commission européenne met en demeure la France d’élargir la distribution du Livret A à tous les établissements bancaires, au nom de la libre concurrence. Cette décision de Bruxelles fait suite à un recours des banques françaises qui contestaient le monopole en la matière des Caisses d’épargne et de la Banque postale. L’enjeu, c’est 45 millions de livrets, représentant un encours de 140 milliards d’euros. Cette jolie cagnotte leur échappait. Il leur fallait mettre la main dessus.

Petit problème : une partie des détenteurs du Livret A sont des personnes de condition très modeste, victimes de l’exclusion bancaire. On estime leur nombre à 400 000. Leur Livret A fait donc office de compte courant. Elles se rendent fréquemment aux guichets pour retirer au coup par coup des petites sommes indispensables à la vie quotidienne. Une tracasserie dont veulent s’affranchir les banques commerciales.

C’est là qu’entrent en scène les services de la ministre de l’Economie et des Finances. On aurait pu imaginer que l’Etat oblige les banques à assumer les conséquences de l’élargissement de la distribution du Livret A qu’elles ont réclamé en déployant un lobbying constant à Bruxelles. Mais ce n’est pas cette option qui semble avoir été retenue avec la création de ce «livret spécial» pour les pauvres confiné à la seule Banque postale.

A Bercy, on affirme pourtant que les choix opérés n’ont pas pour objectif de faire plaisir aux banques mais «de réduire le coût du financement du logement social». En effet, la collecte du Livret A est centralisée à la Caisse des dépôts. Cet argent est ensuite prêté aux organismes de HLM et sert à la construction de logements sociaux.

Milliard. Le raisonnement de Bercy est le suivant : si le Livret A cesse d’avoir sa mission d’accessibilité bancaire pour les personnes très modestes, il sera alors possible de rémunérer les banques à un taux très bas (0,4 %) au titre de leur collecte (contre 1,12 % actuellement en moyenne). Ce qui ferait gagner, 1 milliard d’euros a indiqué Christine Lagarde devant la Commission des finances de l’Assemblée. Autrement dit, si on élimine les pauvres du paysage du Livret A, on finance plus les HLM. Il fallait y penser !

Sauf que ce raisonnement ne tient pas la route. Car, si tous les pauvres sont aiguillés sur un «livret spécial» dont la Banque postale aura la gestion, il faudra bien rémunérer la Poste à hauteur des coûts de fonctionnement de ce dispositif. Et qui paiera ? Combien cela coûtera-t-il ? Dès lors, le milliard d’économies est-il réel? En Commission des finances, la ministre a passé sous silence cet élément décisif du débat.

Un cadeau royal pour les banques

Lorsque la Commission européenne a voulu l’élargissement de la distribution du Livret A à toutes les banques, elle n’a aucunement demandé une réforme en profondeur du Livret A. Celui-ci a permis la construction de 4 millions de logements sociaux. Le système est original : le produit de la collecte de l’épargne liquide (on peut retirer ou abonder son Livret comme on veut) est intégralement centralisé à la Caisse des dépôts. Cet argent (encours de 140 milliards d’euros) permet d’octroyer des prêts à taux réduit et à très long terme (de trente à cinquante ans) pour la construction de HLM. Les réformes, envisagées par Bercy sous couvert de Bruxelles, constituent des coups de canif au dispositif actuel : seuls 70 % de la collecte du Livret A iraient à la Caisse des dépôts, les banques gardant le reste. Cadeau royal pour les banques qui pourront par ailleurs s’affranchir de la clientèle modeste du Livret A.

Stigmatisant. Tel qu’il fonctionne aujourd’hui, le Livret A, détenu par 45 millions de personnes, n’opère aucune distinction : riches ou pauvres ont accès au même produit d’épargne. C’est dire que l’annonce d’un «livret spécial» très stigmatisant est considérée comme un recul dans les milieux associatifs engagés dans la lutte contre la pauvreté. «Le fondement de toute politique publique de lutte contre les exclusions commence par l’accès de tous les citoyens aux mêmes droits, pointe Pierre Saglio président d’ATD Quart Monde. Toute mesure consistant à créer un livret spécial pour les pauvres serait totalement inacceptable.» Même propos à la Fondation Abbé-Pierre. «Le cachet "pauvre", figurera-t-il au recto ou au verso de ce livret ?» ironise son délégué général Patrick Doutreligne.

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Sarkozy en lutte contre les orpailleurs clandestins : "une opération exceptionnelle de sécurisation du territoire de la Guyane"

Dès la semaine prochaine, mille hommes seront engagés pour traquer les orpailleurs clandestins dans la forêt amazonienne avec des "technologies très novatrices" a assuré le président Sarkozy. En fin de journée, il s'est rendu au centre spatial de Kourou pour évoquer notamment avec les chercheurs la conquête de Mars... 

guyane_sarkozy

Placide - http://www.leplacide.com/

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A Kourou, Sarkozy plaide pour un engagement européen d'exploration de la planète Mars

Challenges.fr | 11.02.2008 | Emmanuel Jarry

KOUROU - Nicolas Sarkozy a plaidé lundi pour un "programme mondial" d'exploration de la planète Mars lors d'une visite au centre spatial de Guyane Française !

"Parce que Mars est là et que Mars est accessible aux technologies dont dispose aujourd'hui l'humanité, nous ne pouvons refuser de tenter cette aventure", a déclaré le président, qui effectue son premier déplacement outre-mer ! J'ai la conviction qu'un programme d'exploration ne peut être que mondial, sans exclusivité ni appropriation par l'une ou l'autre des nations", a-t-il poursuivi. "Chacun pourra y prendra sa part avec ses capacités, ses atouts et ses moyens. »

Dans son argumentation, Nicolas Sarkozy a cependant fait montre d'une connaissance approximative de l'astrophysique et du système solaire.

"Sans être astronome, j'imagine que la Terre vue de Mars ne doit être guère plus grosse que Mars vue de la terre", a-t-il dit. Pour ceux qui verront la Terre de cette distance, les rivalités nationales et les concours de prestige apparaîtront dérisoires."

Cependant, Mars apparaît hors de prix pour une petite nation d’Europe. Face aux coûts pharamineux des programmes scientifiques d'exploration spatiale, même la NASA a déjà à plusieurs reprise été contrainte de redéfinir son programme d'exploration. Cela s’est notamment traduit par la confirmation de l'abandon de la sonde Mars Télécommunications Orbiter, annoncé en juillet 2005 et la réduction de son budget de R&T de 50% et son budget d'opérations de 20%.

Après l'Europe, l'insatiable veut maintenant conquérir l’espace, la dette française va ressembler à un gigantesque un trou noir…

Posté par werdna à 00:03 - Train de vie de l'Etat - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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