lundi 11 février 2008
Le traité de Lisbonne ou la ratification honteuse
par Jack Dion – Marianne 09/02/08
Il faut être clair et précis : la ratification du traité de Lisbonne par voie parlementaire restera un jour sombre pour la démocratie, pour les élites, et surtout pour l’Europe.
Pour la démocratie, d’abord. En soi, la ratification d’un traité par le Parlement est une option recevable. Met ce n’est pas le problème. En l’occurrence, le passage par la voie parlementaire n’a servi qu’à contourner l’expression du peuple. La France avait dit non au référendum sur le projet de Constitution européenne, en Mai 2005. Or, quoiqu’on pense du Traité de Lisbonne, qu’on le trouve bon ou mauvais, adapté ou dangereux, que l’on soit partisan du oui ou du non, force est de constater qu’il s’agit d’un copier coller de feu la constitution européenne. Le père de cette dernière, Valery Giscard-d’Estaing, a été le premier à le reconnaître, pour s’en féliciter, et pour approuver la démarche consistant à ne pas consulter le peuple.
Car tel est le résultat du coup de force institutionnel réussi par Nicolas Sarkozy,avce le soutien de l’UMP, et l’appui de la majorité du PS. Pour sa défense, le président argue qu’il en avait averti les français lors de la campagne présidentielle. C’est exact. Mais cela ne valide en rien son initiative, qui demeure une manipulation dont on a pas fini de mesurer les effets.
Puisque les partisans du Traité de Lisbonne sont sûrs de leur bon droit, pourquoi ont-ils eu peur de la vox populi ? Comment les parlementaires peuvent-ils défaire ce que le peuple a décidé, de manière éclatante ? Comment peut-on prétendre vivre en démocratie et recourir à un tour de passe-passe destiné a violer le suffrage universel ? Pour moins que ça, la presse française à considéré que Chavez était un apprenti dictateur.
Cette fois, ceux qui protestent sont inaudibles. Dans les médias, rares sont les éditorialistes qui s’émeuvent de ce déni de démocratie. Et pour cause : l’élite tient sa revanche sur le référendum de 2005. A l’époque, elle militait activement du oui, et n’a pas supporté la victoire du non. Certains de ses représentants les plus célèbres avaient alors même expliqué que la victoire du non était celle des nationalistes, des xénophobes et fascistes, étalant ainsi une finesse d’analyse qui marquera ainsi l’histoire de la pensée. Le peuple étant incapable de faire le bon choix, à quoi bon lui redonner la parole …
Voilà pourquoi, dans la bulle médiatique, les opposants à la ratification par voir parlementaire ont brillé par leur absence. Et l’on s’étonne de la perte d’audience des médias dans l’opinion ….
Quand à l’Europe, on ne pouvait lui rendre plus mauvais service. Chacun sait que le rêve européen est au point mort. Jamais l’Europe n’a paru plus éloigné des citoyens ordinaires, qui y voit, au mieux, une bureaucratie aveugle et méprisante, au pire une machinerie hostile. Pour redonner un nouveau souffle à l’Europe, il faudrait de toute urgence retisser les liens avec les citoyens afin de leur redonner une place. Or, la ratification à la sauvette du traité de Lisbonne apparaîtra comme une manoeuvre, une de plus, permettant de contourner le suffrage universel.
On voudrait tuer l’Europe que l’on ne s’y prendrait pas autrement !!!
François Bayrou prône une alliance des "reconstructeurs" contre Nicolas Sarkozy
LEMONDE avec AFP | 10.02.08 EXTRAITS
François Bayrou ne baisse pas le ton contre Nicolas Sarkozy. Le président du Mouvement démocrate a saisi l'occasion de la convention municipale de son parti, dimanche 10 février, pour lancer une nouvelle charge contre le président de la République.
"De tout cela, de cet immense dérapage, notre pays risque de sortir traumatisé", a-t-il dit, évoquant "tant d'espoirs déraisonnables, tant de fascination et au bout du compte, tant de désillusions".
M. Bayrou a donné rendez-vous à ses partisans pour "la reconstruction d'un projet national". "Quand viendra le temps et l'urgence d'une telle reconstruction, il faudra que se rapprochent et se rassemblent les grandes familles qui ont fait la République", a-t-il dit, évoquant une alliance entre "les forces de gauche, des forces du centre démocratique et la partie la plus consciente de la droite républicaine".
Affaire Martinon : "tout ça, c'est piteux pour la France"
Le président du Mouvement démocrate a évoqué le coup de de théâtre autour de la candidature à la mairie de Neuilly-sur-Seine de David Martinon, porte-parole de l'Elysée, mis en difficulté par ses colistiers, dont Jean Sarkozy.
Le leader centriste a dénoncé "la cour, dans l'acception la plus monarchique et ancien régime de ce terme", "le perpétuel concours de servilité", "les grâces et les disgrâces des favoris, il paraît qu'il y en a une qui est en cours".
Devant la presse, M. Bayrou a été encore plus explicite. "Tout ça, c'est piteux pour la France, ça donne envie de pleurer", s'est-il exclamé. Il a dénoncé "le fait que ces histoires politiques se transforment perpétuellement en histoires de famille". "On ne transmet pas le pouvoir en démocratie par primogéniture mâle", a-t-il protesté. (AFP)
Les Indégivrables et papier de verre
Le Monde Check-list lundi 11/02/08

papier de verre
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Le Bling Bling Circus à Neuilly ! Dave Martinos et son saut en parachute ! John Sarkozo et son lancer de poignard sur scooter ! Pat Devedjiano et son numéro d'équilibriste ! Dès le 10 février ! |
«Mai 68 caricaturé, détourné, occulté»
Le Contre-journal – 11/02/08
«J'accuse les médias, les intellectuels, les historiens de ne pas avoir voulu montrer les acquis fugitifs mais immenses de 68» estime Bernard Collot, enseignant et blogueur, dans un texte envoyé à Libération, réaction au numéro spécial consacré à mai 68, le 1er février. Il est l'auteur sur son blog d'un dossier consacré « au bouillonnement des années 60 -70 ».
« C’est avec une colère de plus en plus grandissante que je lis, j’entends, je vois l’image que l’on fabrique de mai 68.
J’accuse les Cohn Bendit, Sauvageot, Glucksmann et autres de l’avoir transformé en une pièce de théâtre parisienne dont ils ont été ou veulent pour certains rester les vedettes.
J’accuse les intellectuels d’aujourd’hui d’ignorer ou de feindre ignorer que d’autres intellectuels, bien avant 68, avaient jeté les bases de ce qui a failli être une révolution.
J’accuse les partis politiques, les organisations syndicales, d’avoir mis tout leur poids pour enrayer ce qui leur échappait et risquait de les remettre en cause, ce qu’ils paient encore aujourd’hui.
J’accuse les médias de se cantonner dans la reproduction d’une image sans avoir jamais cherché à savoir et informer sur ce qui se passait sous la partie visible de l’iceberg complaisamment étalée. Je les accuse avec les intellectuels, les historiens de ne pas avoir voulu montrer comment les acquis fugitifs mais immenses de 68 ont été patiemment détricotés dès le lendemain pendant 40 ans. Je les accuse d’escroquerie intellectuelle, d’aveuglement historien, de déni d’information.
J’accuse Libé (et July), qui avait été l’avènement d’une nouvelle conception de la presse détachée du conformisme et du politiquement correct, d’avoir bradé ce qui faisait son essence et son sens jusqu’à oublier dans son analyse de 68 sa propre origine et sa propre histoire.
Mais je n’accuse pas Sarkozy d’en avoir encore peur et de vouloir définitivement éradiquer tout ce qui pourrait encore en rester ! C’est à dire terminer le boulot de tous ses prédécesseurs entamé dès le lendemain du mois de mai.
Mai 68, c’est ailleurs qu’à Paris, ailleurs que sous les barricades ou dans les scènes de la Sorbonne qu’il a vraiment eu lieu. Même si les manifs, heurts avec les CRS, slogans étudiants, en ont été l’étincelle et une pseudo-vitrine.
C’est partout ailleurs qu’il a eu lieu, là où les micros et caméras ne vont pas. Cela a été une formidable prise de conscience pacifique de la citoyenneté. Une étonnante découverte des autres et du pouvoir collectif qui pouvait en découler, une étonnante pratique de l’écoute, une rupture des clivages sociaux culturels.
Dans ma campagne, nous nous retrouvions quotidiennement, enseignants novateurs, enseignants traditionnels, parents, paysans, artisans, anciens de 36... Entre pétanques, saucissons et beaujolpif nous nous penchions sur notre école, nos relations socio-économiques, le travail, nos institutions et nous trouvions des consensus dont on était sûrs qu’ils pouvaient être concrétisés dès le lendemain, au moins à notre niveau local. Nous étions prêts à les mettre en œuvre nous-mêmes. Nous n’inventions pas une utopie, nous vivions déjà dans l’autogestion sans avoir à la théoriser.
Les clivages qui paraissaient insurmontables s’écroulaient tout seuls. Des curés (pas tous bien sûr) défendaient les grévistes en pleine chaire. Nous allions casser la croûte et discuter avec les grévistes des usines de St-Etienne, des ouvriers grévistes venaient casser la croûte avec des instits grévistes. L’école, la bouffe, le boulot à la chaîne… devenant l’affaire de tous.
Les solidarités pour pallier aux effets de la grève s’établissaient toutes seules. Covoiturage, accueil des enfants, confection des repas… C’est à cette époque que sont nées les crèches parentales, «Libération» servant de relais informatique. La fabuleuse aventure des Lip dont on se garde bien de parler aujourd’hui mais qui faisait qu’on était tous fiers d’arborer une « lip » !
Ce qu’on se garde bien de dire aussi c’est que c’est bien avant 68 cela bougeait. Dans mon domaine, l’école, dès les années 60 les mouvements pédagogiques avaient retrouvé le dynamisme, l’invention qui avaient été les leurs dans les années précédent 1936 !
Et personne ne rend compte du détricotage entrepris, dès les années 70, pour éliminer ou rendre stériles les acquis, qu’ils soient au niveau du monde du travail ou de l’éducation. Ce qui permet de dire sans rire que 68 n’a servi à rien ! Comme on pourrait d’ailleurs dire aujourd’hui que 1936 n’a servi à rien, que 1789 n’a servi à rien puisqu’on se retrouve sous un régime monarchique avec un droit du travail réduit à pas grand chose.
Au niveau de l’éducation le détricotage a duré 40 ans, et c’est encore l’éducation au premier chef qui est visé par les déclarations présidentielles hystériques. Les 3 derniers ministres n’ont fait que mettre un point d’orgue à l’élimination de ce qui avait été injecté par les ministères des années 70, injecté il est vrai sans modifier un système qui date lui du XIXème siècle. Dans cette démolition patiente, des ministres de gauche se sont d’ailleurs illustrés comme Jean-Pierre Chevènement !
Ce qui a fait peur, en 68, ce qui fait toujours peur à Sarkozy et je le comprends, c’est qu’en dehors du théâtre parisien, des milliers de personnes ne se sont pas révoltées mais sont devenues citoyennes, ont osé penser, proposer, échanger, concevoir, critiquer et même se critiquer, réaliser, assumer… par elles-mêmes, collectivement, librement, de façon adulte et consciente. C’est terrifiant pour toute la nomenclature politique, syndicale, économique, possédante. Bien plus qu’une révolte qu’on peut mâter, détourner, gruger. Le spectacle des pavés arrachés ou des graffitis estudiantins qu’on expose encore aujourd’hui ne sont que des leurres bien utiles. »
Mon voisin « Big Brother » ? Première ville en France où la police nationale pourra prendre la main sur les caméras !
Sud-Ouest-Gers Dimanche 10 Février 2008
VIDÉOSURVEILLANCE (47). --Dans dix jours, les habitants de Villeneuve-sur-Lot serons filmés en ville. Les caméras sont installées, toutes les conventions sont signées, le personnel est formé? Moteur !
1/La vidéosurveillance, comment ça marche ? - Les caméras installées à Villeneuve enverront les images via un réseau hertzien sécurisé, jusqu'alors utilisé par les gendarmes, vers le Centre de supervision urbaine installé à l'intérieur de la mairie, où seuls les agents habilités pourront rentrer.
Villeneuve sera la première ville en France où la police nationale pourra prendre la main sur les caméras, via le central installé à l'intérieur du commissariat. Ils pourront effectuer des mouvements et des zooms sur les neuf caméras mobiles (deux resteront fixes).Les policiers pourront conserver les images cinq jours avant destruction, où plus longtemps, sur réquisition du procureur. Les parties privatives des immeubles seront masquées par un logiciel. Un comité d'éthique a été mis en place pour évaluer et surveiller l'utilisation des images.
2 /Qui va regarder les images ? - À partir de la mise en place des caméras, les images prises dans les rues de Villeneuve seront regardées en permanence, à « H 24 » et sept jours sur sept. La journée, quatre agents municipaux seront affectés à leur visionnage. Ils sont en cours de formation, apprennent le maniement de ces caméras mobiles, mais aussi la déontologie et le cadre légal, qui les astreint à la confidentialité. Lorsqu'ils verront une éventuelle infraction, ils devront la signaler au commissariat. La nuit, c'est la police nationale qui prendra le relais. « Nous avons des adjoints de sécurité qui viendront renforcer les chefs de poste », précisait le commissaire Yannick Blouin hier, qui reconnaît que cette installation représente une charge supplémentaire pour les policiers villeneuvois.
3 Combien ça coûte ?- Le dispositif a coûté 238 000 euros, dont 130 000 euros pris en charge par l'État. Le fait que les agents municipaux affectés au visionnage aient été redéployés sur d'autres postes ne devrait pas engendrer de coûts supplémentaires. « J'ai reçu l'assurance ferme de l'Etat que le commissariat de Villeneuve serait doté des moyens nécessaires pour la mise en oeuvre du dispositif », affirme le député-maire Jérôme Cahuzac.
Cela n'a rien à voir avec Big Brother », a répété deux fois le sous-préfet du Lot-et-Garonne, Guy Mascres avant-hier, au moment de signer la convention de partenariat entre la ville et l'État pour la très prochaine mise en place de caméras de surveillance dans la ville. Peut-être pour conjurer les commentaires piquants, surtout pour insister sur l'encadrement légal de la vidéosurveillance. Car il va falloir s'y habituer, le 17 février prochain, 11 caméras vont filmer en permanence les rues de la bastide.
Une caméra d'or, décernée à Jérôme Cahuzac, Vice-Président du groupe socialiste à l'assemblée nationale chargé des finances.
Après Grenelle, n'oublions pas l'eau, par Maurice Ouzoulias
LE MONDE | 08.02.08
Maurice Ouzoulias est président du Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP).
Les remontrances de Bruxelles contre la France témoignent qu’il s’agit d’un enjeu majeur
La confiance se gagne en gouttes et se perd en litres" : la citation résume assez bien l'enjeu de la dernière ligne droite du Grenelle de l'environnement. Nous le savons, en effet : le texte législatif qui viendra conclure ces mois de dialogue devra être à la hauteur des attentes créées, au risque d'entamer le crédit accordé sur ces questions aux acteurs politiques, institutionnels, économiques et associatifs.
Cela est d'autant plus vrai concernant les enjeux de l'eau. Non seulement ils n'ont toujours pas été placés au coeur de ces débats d'avenir, mais en outre la Commission de Bruxelles commence à montrer quelques sérieux signes d'impatience concernant le non-respect par la France de directives importantes. Certes, deux des six groupes de travail du Grenelle ont eu à se pencher sur les questions de protection de la ressource, et un chantier spécifique sur l'eau devrait voir le jour dans les prochains mois.
Pourtant, les raisons de se pencher sur l'eau en général et sur l'assainissement en particulier ne manquent pas. Elles sont écologiques, car dépolluer encore et toujours mieux, c'est garantir une protection accrue du milieu naturel. Elles sont économiques, car l'assainissement coûte cher, pour peu que l'on veuille bien payer le prix de l'exigence et de la performance. Elles sont sociales, car cette activité, malgré le progrès technique et l'automatisation des process, reste créatrice d'emplois, comme tous les autres secteurs de l'environnement.
Elles sont sociétales, car il en va d'une réflexion sur le devenir de nos sites industriels, sur l'aménagement du territoire et sur la meilleure cohabitation possible avec les riverains de nos stations. Enfin, et l'actualité vient donc de nous le rappeler, elles sont réglementaires, car les textes européens qui constituent le cadre de notre activité et fixent nos objectifs de résultats sont aujourd'hui de plus en plus exigeants et contraignants.
Il nous faut donc maintenant aller plus loin que la simple dénonciation des stations d'épuration qui ne seraient pas encore aux normes européennes. L'impératif de mise en conformité, bien compréhensible, conduit en effet à poser d'autres questions, à commencer par celle de la prise en charge et du traitement des eaux pluviales, un de nos principaux enjeux réglementaires. Dans nos grandes zones urbaines, à l'image de l'agglomération parisienne, qui est la plus étendue d'Europe, ces eaux représentent des volumes exceptionnels, et leur traitement est aussi complexe que coûteux.
Deux réflexions s'imposent alors. Pour réduire ces volumes, il faudrait tout d'abord stopper d'urgence l'urbanisation folle de nos métropoles qui, en plus de réduire nos espaces de nature en ville et à leur périphérie, est à l'origine de l'imperméabilisation des sols. Or plus les sols sont imperméabilisés, plus les eaux ruissellent, se chargent de lourdes pollutions et menacent techniquement nos stations, ou pire encore, fragilisent le milieu naturel en se déversant directement dans nos fleuves et nos rivières.
RÉCUPÉRATION EN AMONT - L'autre réflexion, qui en découle, est celle de la récupération en amont de ces eaux. Tant que la France n'aura pas pris, à grande échelle et à l'image de nombreux pays européens, les décisions qui s'imposent pour faciliter techniquement, économiquement et réglementairement la récupération et la réutilisation des eaux de pluie, cette problématique ne sera pas résolue.
Ainsi, parler d'assainissement permet de poser la question de la densification de nos centres urbains, d'interroger la pertinence de nos choix d'aménagement du territoire, de remettre en question la cohérence de nos politiques de la ville et de faire évoluer certaines règles sanitaires aujourd'hui dépassées.
Ces questions sont cruciales, autant que celle portant sur le financement des grands travaux pour un assainissement irréprochable - qui se chiffrent à plusieurs milliards -, ou encore celle sur le prix de l'eau pour les usagers que nous sommes tous, qui mérite un débat éclairé. Elles renvoient à des calendriers qui sont aussi ceux du développement durable : agir dès aujourd'hui pour préparer et préserver demain. Il faut donc les poser maintenant.
N'attendons pas en effet l'impact d'une mise en cause pécuniaire par la Commission européenne, plus si loin de nous imposer une amende record, pour que l'assainissement devienne un vrai sujet. Ne pas réagir maintenant, c'est refuser de voir que l'assainissement est un reflet de ce que nous sommes, et notamment de notre capacité à assumer l'évolution de nos sociétés urbaines, au même titre que notre usage des transports ou que nos réflexes de consommation d'énergie.

Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/
Plan banlieue annoncé par Sarkozy: les acteurs de terrain s'inquiètent du manque de moyens
Les Echos - 11/02/08 - CARINE FOUTEAU
S'engageant à « réinventer la ville », le chef de l'Etat a égrené une série de mesures centrées sur les jeunes sans emploi ou sans qualification, la sécurité et les transports : quelques nouveautés, des reprises et des redéploiements pour un plan dont le coût financier n'a, dans l'ensemble, pas été évoqué.
Pour « accompagner » 100.000 jeunes vers l'emploi en trois ans, un nouveau « contrat d'autonomie » a été présenté. Destiné aux moins de 26 ans au chômage, ce dispositif coûteux (entre 5.000 et 6.000 euros par personne, selon Bercy) se situe dans la lignée des programmes Trace et Civis, qui, depuis une dizaine d'années, ont tenté de rapprocher les jeunes les plus éloignés de l'emploi du marché du travail. A la différence du feu contrat première embauche, il ne s'agit pas d'un nouveau contrat de travail, le jeune ayant le statut (peu rémunérateur) de stagiaire de la formation professionnelle. Environ 10.000 personnes pourraient être concernées en 2008 selon l'entourage de Christine Lagarde.
Deuxième axe du plan : le « retour de la sécurité et de la tranquillité ». En la matière, Nicolas Sarkozy a rappelé l'engagement de la ministre de l'Intérieur de créer un police de proximité, évoquant l'envoi de 4.000 policiers « dans les départements les plus marqués par les violences urbaines ». Enfin, l'accent a été mis sur les transports, le chef de l'Etat reprenant ainsi la proposition de Fadela Amara, la secrétaire d'Etat à la Ville, de « désenclaver » les quartiers « difficiles ».
Objet d'une certaine cacophonie au sein du gouvernement, plusieurs fois reporté, ce plan annoncé comme un « plan Marshall » pendant la campagne présidentielle a déçu le monde associatif et de nombreux élus « restés sur leur faim », notamment devant l'absence de budget global.
Très attendue, la « nouvelle politique pour les banlieues » annoncée vendredi à l'Elysée par Nicolas Sarkozy, a été reçue fraîchement par le monde associatif, les syndicats d'enseignants et les élus, hormis ceux de la majorité.Donner du lait pour sauver 25 000 enfants
Ouest-France 11/02/08 - François VERCELLETTO
Médecins sans frontières, l'interprofession laitière de l'Ouest et Ouest-France Solidarité s'associent, aujourd'hui, dans un grand projet : lutter contre la malnutrition infantile.
Retrouvez ici notre dossier spécial
Chaque année, cinq millions d'enfants malnutris meurent avant leurs cinq ans. Pour beaucoup en Afrique. On peut pourtant lutter contre cette hécatombe silencieuse, grâce à un traitement simple et efficace. Une pâte nutritive prête à l'emploi, facile à administrer, sans contraintes de stockage et à longue durée de conservation. C'est un mélange de poudre de lait, d'arachide, de matières grasses, de sucre et d'un concentré de vitamines et de minéraux.
Ces pâtes renforcent le système immunitaire des tout-petits et les aident à lutter contre les maladies. Autre avantage, le traitement peut être pris à la maison. La maman n'a plus besoin d'abandonner le reste de la famille pour accompagner son enfant à l'hôpital. Elle est encouragée par la rapidité des résultats. Une vraie révolution !
110 litres de lait pour un enfant
Depuis cinq ans, les équipes de Médecins sans frontières utilisent ces pâtes nutritives avec succès. Rien qu'au Niger, plus de 60 000 enfants dénutris ont été soignés en 2005. Une première à cette échelle, avec un taux de guérison de 90 %. Cette année, au Niger, MSF agit dans la région de Maradi : la plus gravement touchée par la malnutrition infantile. MSF va concentrer ses efforts sur les 25 000 enfants de 6 à 36 mois, âge le plus sensible à la malnutrition.
Si le traitement existe, seuls 3 % des enfants sévèrement malnutris en bénéficient. Il y a donc urgence à rendre ces produits plus largement accessibles. C'est pourquoi MSF s'évertue à trouver des solutions pour en diminuer le coût de fabrication. Or, les matières premières constituent la part la plus importante du prix de vente : environ la moitié. Le lait, à lui seul, représente 20 % du total.
D'où l'idée de solliciter l'aide de l'Interprofession laitière de Bretagne et des Pays de la Loire (Cilouest). Informée, elle n'est pas restée insensible à cette situation. Elle a décidé de s'associer au combat de MSF contre la malnutrition, en concertation avec les associations caritatives habituellement partenaires (Banques alimentaires, Restos du Coeur...). Les différents acteurs de la filière (30 000 producteurs), se sont engagés à mettre à disposition de MSF une partie de leurs dons de lait et à s'assurer de sa transformation en poudre. 110 litres de lait permettent de traiter un enfant.
Cette opération vient nous rappeler à quel point le lait est un aliment vital. La générosité de la filière laitière témoigne aussi du sens profond du métier d'éleveur : nourrir les hommes.
Au côté du Cilouest (éleveurs laitiers et industriels) et de MSF, Ouest-France Solidarité a également souhaité s'engager dans ce projet humanitaire. L'association a versé un don de 140 000 € qui servira à installer une machine pour produire ces aliments au Niger, au plus près des besoins. En contrepartie, MSF recevra les traitements pour soigner 5 200 enfants. Le journal suivra cette opération avec attention et rendra compte de son déroulement. Fidèle à ses valeurs, il manifeste ainsi son appui à la campagne de MSF intitulée « Quand je serai grand, je serai vivant. »
Quand un rectorat propose aux enseignants à la retraite de faire du rab sous forme de vacations sous-payées.
Libéblog - dimanche 10 février 2008
Place aux vieux : Dans la rubrique «On vit une époque formidable, tout devient possible ensemble», voici un petit bijou : une lettre envoyée par le rectorat de Créteil aux profs récemment partis en retraite.
«Madame, Monsieur,
Vous avez été admis à faire valoir vos droits à la retraite après avoir exercé des fonctions de professeur dans l’Académie de Créteil.
Je vous informe que vous avez la possibilité, si vous le souhaitez, de reprendre une activité enseignante au sein des collèges et des lycées de l’Académie. Cette activité, qui peut être exercée pour quelques heures hebdomadaires sur des suppléances de courte ou de moyenne durée, est rémunérée sous formes de vacations. Elle est désormais compatible avec la condition de retraité de la fonction publique (…). »
Signalons qu’une heure de vacation est payée au plus bas tarif des heures d’enseignement : 28 euros. Moins, donc, qu’une heure supplémentaire d’un prof titulaire en activité. Et je ne vous parle même pas du niveau des «heures sup défiscalisées».
Des esprits chagrins et pour tout dire syndicalistes vont sans doute voir dans cette lettre la confirmation de leur analyse passéiste sur la nécessité de recruter pour faire face aux besoins dans l’Education nationale.
D’autres, tout aussi chagrins et syndiqués, en profiteraient pour pleurer sur le montant des pensions.
D’aucuns, pessimistes et crypto-trosko, dénonceraient la déréglementation, les attaques contre les statuts, le recours à la précarité…
Laissons passer le cortège des râleurs de la France d’Avant. La Rupture est en marche! Le recteur, lui, est à la mode.
Son offre aux retraités n’a qu’un but : le bonheur de ces pauvres enseignants «senior» qu’un système de retraite réactionnaire et rigide, hérité d’un honteux passé socialo-communiste, prive injustement de la compagnie de leurs élèves.
Le recteur termine son offre par un très gentleman «Je vous prie d’agréer l’expression de ma parfaite considération».
On n’ose pas imaginer la situation en cas de considération moins parfaite…
Guillaume
Interview exclusive de François Fillon : «les SDF, c'est aussi la France qui se lève tôt»
Marianne - Lundi 11 Février 2008 - Propos reccueillis par Anna Borrel
Attention ! L'autre François Fillon... est journaliste à Viva Magazine et co-fondateur de Macadam, le journal vendu par les sans domicile fixe dans les transports en commun à Lyon et à Paris. Fort de son expérience de terrain auprès des gens qui vivent dans la rue, il commente la politique du gouvernement en faveur des plus défavorisés.
Interviewé par Marianne, François Fillon explique sa défiance vis-à-vis du Revenu de solidarité active (RSA), actuellement testé par Martin Hirsch, et raconte son expérience de terrain auprès des SDF.
Que pensez-vous de l'action du gouvernement vis à vis des plus démunis ?
François Fillon : J'ai appris une chose au contact des gens que je côtoie via Macadam : il y a deux sortes de gens dans la rue, et on ne peut pas tous les aider. Certains, une mince partie d'entre eux, ne sont pas complètement désocialisés. On peut les aider. Pour eux, généralement, vendre Macadam n'est qu'un passage, cela les aide dans une mauvaise passe. Ils sont jeunes, au chômage, ont quitté leur famille pour des raisons diverses, mais nous les enjoignons à quitter le milieu de la rue. Malheureusement, la plus large part des personnes que nous aidons ne sont pas dans ce cas-là. Ce sont des gens qui ne peuvent plus, pour des raisons matérielles mais surtout psychologiques, retourner dans la vie active et s'insérer à nouveau dans la société. C'est pour cela que je ne crois pas tellement aux initiatives du type RSA (le Revenu de solidarité active, actuellement testé par Martin Hirsch, ndlr). Ce complément d'accompagnement destiné aux gens qui retrouvent un emploi n'est pas une réponse adaptée à la situation de ces plus démunis.
Que feriez-vous si vous étiez Premier ministre ?
F. F : En matière de logement, il y a un truc qui fonctionne mais qu'on ne développe pas assez je crois, ce sont les structures communautaires. Il faut comprendre qu'en raison de leur passé et de leurs blessures, beaucoup de SDF ne peuvent plus vivre seuls. Il est très fréquent de voir des gens à qui on trouve des logements individuels craquer complètement et revenir en foyer. Se retrouver seul, soudain, alors qu'on n'était plus habitués à être autonome et indépendant constitue une rupture trop violente.
Logement, travail, aides sociales… quelle est la priorité aujourd'hui pour les SDF ?
F.F : Je ne suis pas spécialiste de la question. L'aspect psychologique est essentiel pour aider la plupart des gens à la rue. Quant à ceux qui vendent Macadam, c'est vraiment la France qui se lève tôt. Ce sont eux qui sont venus nous chercher pour que l'on relance le journal il y a un an. Ils arrivent pour prendre les journaux entre 6h30 et 7h30. Leur objectif, c'est d'être actifs. D'avoir quelque chose à faire. Ce sont souvent des gens qui ont autour de cinquante ans, nombreux font face à des problèmes d'équilibre, ils ont d'énormes difficultés à retrouver un travail. Pour autant, ils ne veulent pas se sentir inutiles, ils recherchent un but pour se lever le matin. C'est en réfléchissant à cet interstice entre la désocialisation et la survie qu'on peut les aider.

