samedi 9 février 2008
A Kourou, le Président sur la rampe de lancement
Le Canard Enchaîné mercredi 06/02/08
Le Président honorera de sa présence, le 11 Février, le centre spatial de Kourou. Il n’y passera que quelques heures, dans l’après-midi, mais rien n’est trop beau pour sa venue. Envoyés en reconnaissance, les émissaires de l’Elysée ont dressé un état des lieux, comme c’est la tradition avant tout déplacement présidentiel. Conclusion de ses experts : l’endroit n’est absolument pas à la hauteur de l’événement.
D’abord, il n’est pas question que le gros Transall qui transporte l’intendance et l’escorte chargée de la sécurité du grand homme aille se poser à Rochambeau, l’aéroport de Cayenne, distant de 80 kms ! Il a donc fallu dégager les alentours de l’aéroclub de Kourou, en bordure de la forêt tropicale, abattre des arbres, réaménager le secteur. Montant de ces 15 jours de jardinage : 30.000 euros.
Sarko, lui, atterrira en hélico sur la zone technique dite « Orchidée ». On a donc procédé à la réfection des parkings et construit des abris antipluie. Cela lui évitera de mouiller ses mocassins au moment de poser pour la photo, devant le lanceur qui sera sorti exprès du hangar où il est en cours de montage. Puis, comme le cortège présidentiel devra emprunter une partie de la route qui relie le centre de lancement au Centre technique ( 25 km ), on a refait le marquage au sol et le revêtement sur une partie du trajet. Le bâtiment météo a été entièrement repeint tout comme le PC Jupiter II, passé – délicate attention sans doute – au … karcher. Et au cas où le président aurait un coup de chaud dû au climat, on a cassé des toilettes pour lui installer une belle douche.
Quand à l’équipe Télécom, elle est sur les dents. Il faut s’assurer que Sarko pourra, à l’heure dite, devant les télés, s’entretenir au téléphone avec l’astronaute français Léopold Eyharts, présent à bord de la station spatiale internationale.
Mais une conversation avec le ciel, ça vaut bien de l’or, non ?
Autoroutes privatisées : une politique tarifaire "opaque" selon la Cour des Comptes
LE MONDE | 07.02.08
Le rapport de la Cour consacre un chapitre aux sociétés d'exploitation d'autoroutes, privatisées depuis début 2006, et à leur politique tarifaire, qualifiée de "complexe", "opaque" et "incohérente". "Les autoroutes sont des services publics. Leurs concessions bénéficient d'un quasi-monopole naturel (...) ce qui exige des prix raisonnables et équitables", écrivent les magistrats.
La gestion des concessionnaires est théoriquement encadrée par un contrat d'entreprise négocié avec l'Etat pour cinq ans et, chaque année, la Direction générale des routes et celle de la concurrence homologuent les grilles tarifaires.
Mais, remarque la Cour des comptes, le système tarifaire ne s'attache plus qu'aux hausses annuelles et non à leur valeur absolue et elle observe "des distorsions de prix perçus pour parcourir un même tronçon, les écarts pouvant aller de 1 à plus de 10 sur un même réseau". Ainsi, un conducteur empruntant le trajet Boulogne-Amiens par l'A16 paye plus cher s'il sort à Amiens Nord (9,90 euros) que cinq kilomètres plus loin, à Amiens Ouest (9,50 euros) ! Aucune société n'affiche, en outre, de prix au kilomètre.
Autre critique : "Les sociétés, à des degrés divers, font porter les principales hausses sur les trajets les plus fréquentés." La Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France (Sanef) a, par exemple, augmenté de 4 % par an, entre 2003 et 2006, le prix du parcours Roissy-Lille, alors que la hausse sur l'ensemble du réseau devait être contenue à 1,9 %. Autoroutes du Sud de la France (ASF) a, elle, relevé ses tarifs sur la portion Orange-Montpellier de 3,9 % par an, au lieu de 2 %.
La Direction des routes a bien, à l'été 2007, sur l'insistance de la Cour des comptes, examiné en détail les grilles tarifaires des trois grandes sociétés concessionnaires, Sanef (groupe espagnol Abertis), ASF (groupe Vinci), et Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR, groupe Eiffage) et a, pour la première fois, revu leurs prétentions à la baisse.
Le chapitre du rapport se conclut par des propositions, comme imposer la publicité des tarifs au kilomètre au moins sur Internet, publier un rapport annuel des services de l'Etat sur les tarifs autoroutiers et clarifier l'indexation des péages.
Clonage humain reproductif : entre mythes et réalités

Scandaleux ! 354 conservateurs des hypothèques au statut royal
LE MONDE | 07.02.08
En réaffirmant l'"urgence accrue" d'une réforme du statut de conservateur des hypothèques, qui date d'un édit de Louis XV de 1771, la Cour des Comptes s'attaque à l'un des "fromages" de la République, l'un des postes de fonctionnaires les mieux payés avec ceux de trésorier-payeur général (TPG) ou de directeur d'administration centrale.
Et pour cause : l'évolution des rémunérations des conservateurs des hypothèques n'est pas liée à la grille indiciaire de la fonction publique, mais au volume et à la valeur des biens immeubles enregistrés par les 354 conservations existant sur le territoire national.
Grâce au boom de l'immobilier, le montant moyen de leur augmentation a été de 13,1 % en 2006 !
Dix-neuf conservations ont offert, cette année-là, des rémunérations supérieures à 180 000 euros annuels net, dont trois de plus de 240 000 euros.
A l'autre bout de l'échelle, 107 conservateurs ont perçu entre 56 000 et 100 000 euros. Et ces écarts, précisent les magistrats financiers, ne reflètent pas des différences de charge de travail.
Selon la Cour, le système, opaque et anachronique, permet à la direction générale des impôts d'offrir, chaque année, à certains de ses cadres une centaine d'emplois particulièrement attractifs pour leurs rémunérations élevées et pour leurs retraites bonifiées.
Le Nouvel Obs: «Nous maintenons notre information sur le SMS de Sarkozy»
Recueilli par Philippe Brochen - LIBERATION vendredi 8 février 2008
Guillaume Malaurie, directeur de la rédaction du «Nouvel Observateur», répond aux questions de Libération.fr sur le dépôt de plainte de Sarkozy contre le site Internet de l’hebdomadaire.
C’est une procédure inédite et sans précédent. Nicolas Sarkozy porte un coup de feu nucléaire contre un titre qui a fait des reportages sur son électorat, dans lequels des propos sévères sont tenus à son encontre. On a affaire à une stratégie politique d’attaque davantage qu’à une volonté de défense.
Que pensez-vous du dépôt de plainte de Nicolas Sarkozy au pénal et non au civil? Et quelles conséquences craignez-vous que cela puisse avoir?
Sur le plan juridique, le fait que le parquet soit saisi est une chose. Il faut maintenant connaître la qualification de la plainte. Actuellement, il est difficile de nous prononcer. Mais ce qui nous frappe beaucoup, c’est que les deux parties (Sarkozy et le "Nouvel Observateur", ndlr) sont dans deux situations de force inégales, notamment à cause du statut d'impunité présidentielle. Cela pose un gros problème en terme d’équité.
Craignez-vous de devoir divulguer vos sources?
Il ne faut pas anticiper sur la procédure et la manière dont les choses se passeront. C’est très compliqué. Nous sommes dans des appréciations formidablement complexes. Mais il reste sidérant que le Président perde ainsi son sang froid. En réalité, il mène une entreprise d’intimidation forte contre un titre.
Auriez-vous publié cette information dans votre hebdomadaire?
Si cela avait été dans le papier, cela aurait été présenté autrement...
Et également rédigé autrement? Certainement.
Avez-vous des regrets? (Silence) Les regrets éternels sont réservés à d’autres circonstances.
Confirmez-vous votre information et donc l’existence du SMS de Nicolas Sarkozy à Cécilia publiée sur votre site web ?
Je maintiens mon soutien et ma confiance à notre journaliste Airy Routier et à son information. C’est une information qu’il avait de bonne source.
Loi sur la destruction de parcelles OGM : le Sénat adopte le projet de loi en première lecture
Challenges.fr | 08.02.2008 |
Le Sénat a adopté en première lecture, vendredi 8 février, le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), dans une rédaction remaniée.
Les sénateurs ont décidé de créer, au lieu d'une "Haute autorité sur les organismes génétiquement modifiés", un "Haut conseil des biotechnologies", qui sera présidé par un scientifique. Or, ce Haut conseil sera composé d'un "comité scientifique" et d'un "comité de la société civile", le premier formulant des "avis" et le second des "recommandations": une formulation qui consacre la primauté des scientifiques, le plus souvent favorables aux biotechnologies.
Les Verts ont donc fortement critiqué ce changement, l'accusant d'"enterrer l'esprit de Grenelle".
Le projet a été adopté par 186 voix contre 128, celles de la gauche. Il vise à clarifier les conditions de mise en culture de plantes transgéniques et de leur coexistence avec les productions conventionnelles, dans le respect d'une directive européenne de 2001, que la France aura longtemps tardé à transcrire en droit national. Il soumet "la mise en culture, la récolte, le stockage et le transport" d'OGM "au respect de conditions techniques notamment relatives aux distances entre cultures ou à leur isolement, visant à prévenir la présence accidentelle d'OGM dans d'autres productions".
186 voix contre 128
La destruction d'un champ d'OGM est rendue passible de deux ans de prison et 75.000 euros d'amende
!!!
La laïcité, une querelle qui ne dort que d'un oeil, par Patrick Jarreau
Chronique LE MONDE | 08.02.08
S'il y a un sujet de conflit politique dont il faut se méfier, en France, c'est bien la laïcité. Certes, dans le flot des reproches adressés aujourd'hui à Nicolas Sarkozy, ceux qui concernent ses déclarations sur les religions - à Rome le 20 décembre 2007 et à Riyad il y a trois semaines - ne sont pas les plus sonores. On peut être tenté de voir, dans l'obstination du président de la République à parler de la foi, une espèce de marotte personnelle dont il n'y aurait pas à se préoccuper, sauf à entrer dans son jeu, ce que personne ne souhaite. En ce moment moins que jamais. Et surtout pas sur une question de ce genre.
Car quelle peut être la traduction pratique de ses propos ? Réviser la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat ? Dans son discours, au palais du Latran, à Rome, Nicolas Sarkozy a assuré vouloir en respecter "les grands équilibres". Quand on promet de ne pas modifier les grands équilibres, on a souvent en tête de s'attaquer aux petits. En l'occurrence, il s'agirait de permettre aux collectivités locales de financer la construction de lieux de culte.
Or, un tel financement est possible sans remettre en question la loi et en se conformant aux règles qu'elle impose. Des municipalités, comme celle de Marseille, ont trouvé le moyen d'aider l'islam à sortir des caves et des hangars, où ses fidèles sont souvent confinés, sans contrevenir, pour autant, au principe de laïcité de la puissance publique. De toute façon, une modification de la loi ne serait pas possible sans un consensus qui, aujourd'hui, n'existe pas.
Les défenseurs de la laïcité sont néanmoins vigilants. Il n'y a pas de fumée sans feu. Les positions du président sur les religions ne sont pas une nouveauté, puisqu'il les avait déjà exposées en 2004 dans un livre, La République, les religions, l'espérance (Cerf, 2004, 176 p., 17 €). L'insistance avec laquelle il y revient donne à penser que des actes suivront, un jour, ses professions de foi.
Pour le moment, on peut aussi soupçonner une manoeuvre de diversion. Quand il présidait la convention pour une Constitution européenne, Valéry Giscard d'Estaing avait provoqué une querelle sur les "racines chrétiennes" de l'Europe afin de détourner les esprits de questions plus lourdes de conséquences. Avec d'ailleurs, au bout du compte, le succès que l'on sait.
Les socialistes ont condamné les propos de Nicolas Sarkozy, dans lesquels ils voient une transgression de la frontière qui sépare, depuis un siècle, les institutions et la religion. François Bayrou s'est élevé, lui aussi, contre "le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'Etat et la religion". Une pétition (www.appel-laique.org) a déjà recueilli près de 15 000 signatures contre les déclarations du chef de l'Etat, pour la réaffirmation de la laïcité de la République et contre toute "modification du contenu de la loi de 1905".
Le corps du délit est constitué essentiellement de deux phrases. A Rome, le chef de l'Etat a affirmé que "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé".
A Riyad, il a parlé de "Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme". Dans les deux cas, il a violé un pacte républicain tacite, qui impose aux détenteurs de l'autorité politique, dans leurs propos et dans leurs actes, une neutralité philosophique absolue sur la question du fondement de la morale.
Chaque fois que la séparation du spirituel et du temporel, telle qu'elle est comprise en France, a paru menacée, dans les dernières décennies, il en est résulté un affrontement majeur, qui même, en 1984, a failli dégénérer en crise de régime. Un nouvel affrontement de ce type est bien la dernière chose que l'on puisse souhaiter aujourd'hui.
Dessin de Pancho : Le fusible ...

La Cour de cassation relance le débat sur le statut du fœtus. Le planning familial y voit une décision contre l’avortement légal
PARIS (AFP) - 07/02/2008
La décision de la Cour de cassation de reconnaître le droit d'inscrire tout foetus né sans vie à l'état civil, quel que soit son niveau de développement, a suscité jeudi nombre de réactions et relancé le débat autour du statut du foetus.
Le Planning familial, "scandalisé", a dénoncé une "usine à gaz". "On ouvre une brèche", "on monte quelque chose qui à la longue peut mettre en cause l'avortement", a déclaré Maïté Albagly, secrétaire générale du mouvement.
La Cour a cassé mercredi soir des arrêts rendus par la Cour d'appel de Nîmes qui refusait l'inscription à l'état civil d'enfants morts-nés de moins de 22 semaines d'aménorrhée (absence de règles) et pesant moins de 500g. Les juges nîmois s'appuyaient sur une circulaire qui définissait ce seuil à partir des critères de l'Organisation mondiale de la santé.
Pour la Cour de cassation, une simple circulaire n'a pas force de loi, et il convient de revenir à la lettre au Code civil, qui ne mentionne ni poids ni âge pour l'inscription à l'état civil.
"C'est une victoire que la justice comprenne notre démarche et accepte notre deuil", a réagi une des plaignantes, Florence Basset, présidente de l'association Clara, qui espère une décision conforme lors du renvoi devant la Cour d'appel de Nîmes.
Le Parlement doit "définir très clairement" la notion de viabilité, pour la fixer clairement à 22 semaines de grossesse, a affirmé jeudi à l'AFP le médiateur de la République Jean-Paul Delevoye.
"Aujourd'hui, la notion de viabilité dépend de l'appréciation du médecin. Il faut que le politique définisse très clairement, à partir des critères de l'OMS, ce qu'est la notion de viabilité", a expliqué le médiateur.
M. Delevoye a souligné qu'il existait "un travail en cours" sur ce dossier au sein du gouvernement.
En attendant, de nombreuses voix se sont élevées jeudi pour craindre que la décision de la Cour et l'absence de critères d'âge ne conduisent à des dérives.
Des chercheurs et des médecins se sont étonnés de l'extension de la notion d'"enfant sans vie" à des foetus, voire à des embryons.
Jacques Lansac, président du collège national des gynécologues et obstétriciens, a fait remarquer qu'il était impossible de donner un nom à des foetus de moins de 12 ou 14 semaines. "A ce moment-là, on ne sait pas si c'est un garçon ou une fille", a-t-il indiqué.
Pour Claude Sureau, président honoraire de l'Académie de médecine et membre du Comité consultatif national d'éthique, "c'est une décision légitime, qui peut apaiser la souffrance" des parents. "Mon problème, ajoute-t-il, c'est qu'elle ne soit pas limitée dans le temps": "est-ce que cela vise aussi les embryons de quelques cellules ? Est-ce que cela vaut pour les embryons de quelques millimètres des grossesses extra-utérines ?".
Mais "il ne faudrait surtout pas interpréter ce jugement comme une évolution juridique anti-avortement", souligne-t-il: l'enfant tant qu'il n'est pas né "n'a pas de personnalité juridique", et la loi de 1975 "doit être maintenue dans son intégralité". Le Dr Sureau milite pour "une réflexion législative, judiciaire et médicale sur le statut de l'être pré-natal".
Les associations se sont vigoureusement divisées sur cette décision.
L'Association nationale des centres d'IVG et de contraception (ANCIC) crie au "scandale", sa vice-présidente Chantal Birman y voyant "un argument" donné aux anti-avortement.
En revanche, l'Alliance pour les droits de la vie a salué une décision qui "suit l'évolution de la science qui reconnaît de plus en plus l'humanité du foetus". "Nous ne rêvons pas que cette décision vienne remettre en cause la loi sur l'avortement", a affirmé l'Alliance.
Le collectif syndical CGT du Figaro pour la nomination d'un expert-comptable
PRESSE (AFP) - 07/02/2008
Le collectif syndical du groupe Le Figaro (cadres, employés, journalistes) va proposer lors du prochain comité d'entreprise la nomination d'un expert-comptable après l'annonce d'un plan d'économie de 12 millions d'euros, annonce un communiqué publié jeudi.
Le syndicat met notamment en doute le chiffre de 10 millions d'euros de perte annoncé par le comité exécutif du groupe.
"En montrant du doigt la Société de gestion du Figaro, comme autrefois France-Soir ou les imprimeries, la direction cherche à opposer les salariés entre eux à l'intérieur du Groupe Figaro", écrit la CGT.
"Le sort du quotidien ne peut se résumer à une démarche purement comptable", ajoute encore le syndicat, soulignant que le rôle des syndicats "ne se limite pas à la concertation autour d'un plan social ou d'un plan de départs volontaires".
Selon la CGT, les discussions "ne pourront s'engager qu'après la mission de l'expert-comptable et devront également porter sur les développements stratégiques, éditoriaux et industriels du Figaro".
La direction du Figaro a présenté le 5 février un projet prévoyant 60 à 80 départs volontaires, afin de ramener les comptes du quotidien dans le vert dans le cadre d'un plan d'économies de 12 millions d'euros.

