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mardi 5 février 2008

George Bush sollicite un budget record de plus de 600 milliards de dollars pour la défense en 2009 !

REUTERS : mardi 5 février 2008 par Jim Wolf

WASHINGTON - George Bush a demandé lundi au Congrès américain de consacrer au moins 606,4 milliards de dollars à l'armée au cours du prochain exercice budgétaire, dont près de 184 milliards qui renforceront d'importants fournisseurs tels que Lockheed Martin et Boeing.

Si ce budget est voté par le Congrès, il consacrera la 11e année consécutive d'augmentation des dépenses militaires aux Etats-Unis, et dépassera la somme totale dépensée pendant la Seconde guerre mondiale, en prenant en compte l'inflation.

Ce total comprend 515,4 milliards pour le budget de base du département de la Défense, 21 milliards pour le programme d'armements nucléaires du département de l'Energie et une première enveloppe de 70 milliards de dollars pour les conflits en Irak et en Afghanistan au début de l'année fiscale 2009, qui débutera le 1er octobre.

Le texte préconise l'augmentation des effectifs de l'armée de terre qui passeraient à 532.400 soldats d'active, soit 7.000 de plus qu'actuellement, dans le cadre d'un plan pluriannuel de renforcement des forces terrestres.

Le corps des Marines serait porté à 194.000 hommes l'an prochain, soit 5.000 de plus que les effectifs demandés pour cette année.

Ce budget permettrait de financer une "force de combat agile, bien entraînée et létale (.. ?) et de maintenir l'avantage technologique actuel des Etats-Unis par rapport à ses ennemis actuels et potentiels", explique le secrétaire à la Défense, Robert Gates, dans un communiqué.

10,5 MILLIARDS POUR LE BOUCLIER ANTIMISSILES

Le budget de base du Pentagone augmenterait donc de 35,9 milliards, par rapport aux montants approuvés par le Congrès pour l'exercice fiscal 2008.

Environ 104,2 milliards de dollars seraient consacrés à l'achat d'équipements tels que des avions de chasse Lockheed Martin et Boeing, de bateaux de guerre construits par Northrop Grumman Corp et General Dynamics, et de missiles fabriqués par Raytheon.

Pour poursuivre la mise au point d'un bouclier antimissile visant à déjouer d'éventuels tirs de missiles par des pays tels que l'Iran et la Corée du Nord, Bush a demandé un financement de 10,5 milliards de dollars, soit une augmentation de 600 millions.

A titre de comparaison, le budget militaire annoncé par la Chine équivalait à moins d'un dixième de ce projet de budget en 2007, à 46,7 milliards de dollars, tandis que celui de la Russie s'établissait à 33 milliards de dollars, selon des chiffres recueillis par l'Institut international des études stratégiques de Londres.

Insognifiant et ridicule, le petit jérôme avec ses 4,9 milliards d'euros. Georges w. Bush, ça c'est un vrai trader !

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Kofi Annan s’engage pour la paix au Kenya

Direct soir lundi 4 février 2008-02-04

À 70 ANS, KOFI ANNAN, ANCIEN SECRETAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU, A ÉTÉ MANDATÉ PAR L’UNION AFRICAINE POUR AIDER À LA RÉSOLUTION DU CONFLIT AU KENYA. ASSURANT LA  MÉDIATION ENTRE MWAI KIBAKI ET SON RIVAL, RAILA ODINGA, LE PRÉDÉCESSEUR DE BAN KI-MOON A LA LOURDE TÂCHE DE RAMENER LA PAIX DANS UN PAYS EN CRISE.

Près de 1000 morts, plus de 255000 déplacés. Le Kenya est devenu en quelques semaines le théâtre d’affrontements sanglants entre les deux ethnies majoritaires. Kofi Annan s’est rendu à Nairobi pour tenter de désamorcer cette crise. Alors que sa mission semble avoir porté ses fruits, un nouvel incendie s’est allumé au Tchad. Faire la paix dans cette région du continent africain est devenu une priorité de la communauté internationale. 

Pendant longtemps, le Kenya a fait figure de pôle de stabilité en Afrique, dans une région où tous ses voisins – Somalie, Tanzanie, Ouganda– ainsi que le Tchad (de nouveau au cœur d’une tragique actualité) ont été les théâtres de conflits violents. Cette stabilité du Kenya s’est appuyée sur un certain dynamisme économique. Tous les observateurs s’accordent à dire que le «pays des safaris» s’est offert une embellie économique sans précédent en Afrique. Pourtant, le Kenya ne possède pas de réelles richesses minières (ni pétrole ni diamants). Ce pays d’Afrique noire s’est construit sur ses exportations de fleurs, de thé et surtout sur son énorme potentiel touristique.

Comment, en seulement quelques semaines, ce pays pourtant si stable est-il devenu le théâtre d’affrontements sanglants entre ethnies ?

LES ÉLECTIONS :LE POINT DE DÉPART C’est un problème ethnique qui est devenu, en quelques semaines, le point névralgique d’une bataille sanguinaire. A l’origine des troubles, les élections présidentielles du 27 décembre dernier. Les premières émeutes éclatent le 29 décembre dans des quartiers défavorisés de la capitale, Nairobi. Protestant contre la lenteur du dépouillement des bulletins de vote, les pro-Raila Odinga, principal opposant, manifestent leur mécontentement. Le lendemain, Raila Odinga accuse le président sortant Mwai Kibaki de fraude sur 300000 voix. Le 1erjanvier, la Commission électorale proclame la réélection de Mwai Kibaki avec un peu plus de 270000 voix d’avance. C’est alors que les violences connaissent un degré d’intensification.

LE FACTEUR ETHNIQUE La complexité de ce pays s’explique avant tout par sa composition. Le Kenya compte 34 millions d’habitants (chiffre 2006), répartis en une quarantaine d’ethnies. En tête, les Kikuyus (22%), suivis par les Luhyas (14 %), les Luos (13 %), les Kalenjins (12%) et les Kambas (11%). Le multiculturalisme a toujours existé au Kenya. L’appartenance ethnique est un facteur clé dans ces élections. Un sondage publié en décembre dans le pays indiquait que 40 % de la population considérait comme importante l’origine ethnique dans le choix de son candidat. Mwai Kibaki appartient à l’ethnie la plus représentée au Kenya, les Kikuyus.

Son principal opposant, Raila Odinga, est Luo. Cette tribu est représentée essentiellement sur les rives du Lac Victoria. Les Kikuyus dominent la vie politique kenyane depuis plusieurs années, et les Luos les accusent de la monopoliser. Cela dit, il n’existe pas de fracture ethnique ancrée dans ce pays, même si en 1992 et en 1997, les élections avaient suscité des mouvements de populations importants sans faire jouer le facteur communautaire.

LES FACTEURS ÉCONOMIQUES Les conflits ethniques sous-jacents ne sont que la façade d’une crise plus ancienne. Les violences sont alimentées, voire aggravées par des inégalités sociales qui durent depuis des décennies. Le Kenya avait acquis sa stabilité politique grâce à son embellie économique des dernières années. En 2007, le pays est fort d’une croissance économique de 6,5 %. Dans la vallée du Rift, les bonnes conditions climatiques ont permis de développer des entreprises d’horticulture. C’est depuis la principale recette du pays, avec près de 49 millions d’euros en 2006. Mais ce développement économique, accentué par le tourisme, cache de très grandes inégalités sociales. Cité par le quotidien Le Monde du 30 janvier, un rapport de l’ONU publié en 2004 dévoile que «le Kenya fait partie du groupe des dix pays de la planète où les disparités sociales sont les plus graves. Le revenu des plus riches est égal à 56 fois le revenu des plus pauvres».

VERS LA FIN DU CONFLIT ? Le processus pour mettre un terme au conflit au Kenya sera long. La médiation de l’ancien secrétaire de l’ONU Kofi Annan, commencée le 24 janvier dernier, pourrait promouvoir un partage du pouvoir. Or, Raila Odinga et la majorité de la classe moyenne qu’il représente ont conscience qu’une telle répartition reviendrait finalement au statu quo sans lui conférer davantage de pouvoir. Evidemment, la communauté internationale n’a aucun intérêt à laisser le conflit persister. En revanche, une médiation africaine est tout à fait envisageable et pourrait se révéler très efficace. C’est d’ailleurs sur ce point que Vincent Hugeux, journaliste à L’Express, insiste. Pour lui, c’est «l’africanité» de Kofi Annan qui a été mise en avant pour résoudre la crise. Celui-ci a permis que les deux protagonistes de ces élections se serrent la main solennellement. Il a réussi a faire passer l’idée d’une négociation et plusieurs équipes, que ce soit du côté de Mwai Kibaki ou de celui de Raila Odinga, sont favorables au dialogue.

Mais pour trouver une solution pérenne au Kenya, il faudra du temps, beaucoup de temps. Le conflit kenyan a mobilisé les discussions du sommet de l’Union africaine, qui réunit tous les ministres des Affaires étrangères africains. Le président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré, a estimé que l’urgence au Kenya était «d’éteindre le feu» sous peine de voir le pays disparaître dans le sang.

Posté par werdna à 00:01 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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