mardi 5 février 2008
ENQUêTE - La victoire de l' « Afrique de Papa » sur le droit / Avenue Foch j’achète !
LE MONDE | 31.01.08
Hôtels particuliers, villas, piscines, Bugatti et Mercédès … La police a enquêté sur le patrimoine de cinq chefs d’Etat africains en France. Cette démarche avait été interprétée à la mi-2007 comme une rupture avec la « Françafrique ».
Depuis l’affaire a été classée sans suite
Enquête pour recel de détournement d’argent-public sur les biens acquis par cinq chefs d’Etat africains en France
À l'origine de l'enquête de police inédite sur les biens acquis par cinq chefs d'Etat africains en France, se trouve une plainte pour "recel de détournement d'argent public".
Celle-ci a été déposée en mars 2007 à Paris par trois associations : Survie, spécialisée dans la dénonciation des turpitudes de la "Françafrique", Sherpa, groupement de juristes spécialisés dans la défense des droits de l'homme, et la Fédération des Congolais de la diaspora, qui dénonce l'opacité financière du régime de Brazzaville.
Leur objectif commun consiste à dénoncer la dilapidation des ressources de pays africains par des régimes soutenus ouvertement – pour trois d'entre eux – par la France depuis des décennies.
Les trois plaignants ont puisé l'essentiel de leurs arguments dans un rapport intitulé "Biens mal acquis… profitent trop souvent", réalisé voici un an par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Ce document plaidait en faveur d'une "mobilisation des sociétés civiles en faveur de la restitution des biens mal acquis". Il synthétisait une multitude de rapports officiels, de travaux d'ONG et d'enquêtes journalistiques décrivant la fortune accumulée en France par les familles de dirigeants africains et tendant à démontrer les origines douteuses de ces fonds.
En écho, la plainte déposée à Paris estimait qu'un tel financement "n'[avait] pu intervenir du seul fait des rémunérations versées aux dirigeants des pays concernés" et avait pour conséquence "la réduction des ressources publiques en Afrique". Les associations réclamaient l'application de la convention des Nations unies de 2003 contre la corruption. Signé par la France, ce texte érige la restitution des biens détournés en principe du droit international.
La plainte visant les "biens mal acquis", conçue comme un outil de propagande, a connu une destinée dépassant les espérances de ses promoteurs. A la mi-juin 2007, le parquet de Paris, au lieu de la classer discrètement, a ouvert une enquête préliminaire, confiée à l'Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).
Cette décision, intervenue quelques jours après l'élection de Nicolas Sarkozy, a été analysée par nombre d'observateurs africains comme le premier signe de la "rupture" avec la "Françafrique" promise par le candidat de l'UMP.
L'éditorialiste du journal burkinabé Le Pays croit alors voir poindre "une nouvelle ère (…) pour la France, qui veut manifestement que soit tournée la page des rapines pratiquées sur le continent par ses propres dirigeants". "La dialectique du pilleur-réparateur pourrait s'enclencher", s'enthousiasme un quotidien de Kinshasa, tandis que le Times de Londres insiste sur le caractère "sans précédent" de l'enquête.
La douche froide viendra cinq mois plus tard, avec le classement sans suite notifié le 15 novembre 2007 pour "infraction insuffisamment caractérisée".
Entre-temps, les chefs d'Etat visés ont signifié leur colère à Nicolas Sarkozy. Omar Bongo a protesté, a affirmé avoir empêché des manifestations antifrançaises "spontanées" à Libreville. Le 5 juillet, sur le perron de l'Elysée, après une visite au président français, Denis Sassou Nguesso a fustigé les "relents de néocolonialisme et de racisme" qu'évoque pour lui la plainte. "Tous les dirigeants du monde ont des châteaux ou des palais, qu'ils soient du Golfe, d'Europe ou d'Afrique", se défendait-il.
Comme pour appuyer ces protestations, M. Sarkozy a multiplié les gestes montrant la continuité des bonnes relations entre la France et les pays concernés. Lors de son premier voyage officiel en Afrique, en juillet, il a choisi de faire étape au Gabon, dirigé depuis quarante ans par Omar Bongo, et s'est montré plus généreux que le Trésor ne le proposait pour annuler la dette de ce pays. Reçu à l'Elysée, M. Sassou Nguesso a bénéficié, lui aussi, d'une aide française accrue pour le Congo.
Pour les associations plaignantes, le doute n'est pas permis : le classement de la plainte résulte d'une consigne donnée au parquet par le pouvoir politique. A lire leur réaction, la décision judiciaire traduirait la victoire de "l'Afrique de Papa sur le droit". "Par cette décision, estiment-elles, la France envoie un signal désastreux à la population africaine", privant celle-ci de "ce qu'elle ne peut pas obtenir sur son sol, c'est-à-dire l'identification de ceux qui, par les détournements massifs d'argent public opérés, contribuent à son appauvrissement".
Le patrimoine des chefs d'Etat africains en France
LE MONDE | 31.01.08 Philippe Bernard
C'est un monde enchanté où l'on vogue d'une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l'Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d'euros. Un microcosme constellé d'une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d'Hollywood ? Non : chefs d'Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète.
Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l'immobilier en France, qu'ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n'est pas une révélation. Mais, cette fois, l'inventaire de ce patrimoine vertigineux n'est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la "Françafrique". Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).
Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour "recel de détournement d'argent public" déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs d'Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l'Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang.
Au fil des centaines de pages du dossier se dessine une singulière carte du Paris africain, sorte de Monopoly où les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères les plus huppées. Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est surtout localisé "dans des quartiers à forte valeur marchande, soulignent les policiers. Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar Bongo et son épouse, Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo [un des fils d'Omar Bongo], Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso, Courbevoie pour Wilfrid Nguesso [neveu du président du Congo] ou Paris 16e pour Chantal Compaoré [épouse du président burkinabé]".
La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8e arrondissement de la capitale. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d'euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.
Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires.
Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété "est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d'une piscine", précise le procès-verbal. "Un chef d'Etat, en fonctions depuis quarante ans dans un pays pétrolier et qui a des revenus officiels importants, peut économiser suffisamment d'argent pour acheter plusieurs appartements à Paris, explique Me François Meyer, avocat d'Omar Bongo et de sa famille. Surtout avec les prix très bas de l'immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans."
En comparaison de ce petit empire immobilier, les autres chefs d'Etat visés apparaissent comme de petits propriétaires.
Lire la suite ... Monde 31/0108 / http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/01/31/le-patrimoine-des-chefs-d-etat-africains-en-france_1005944_3224_1.html
.... Des investigations plus approfondies auraient dépassé le cadre de l'enquête préliminaire de police. Elles supposeraient l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer une nouvelle plainte, assortie cette fois d'une constitution de partie civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit automatiquement à la désignation d'un juge d'instruction, à condition que les plaignants prouvent leur "intérêt à agir".
Même si un juge d'instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient immédiatement sur sa route. Outre l'immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d'Etat en exercice – mais pas leurs familles –, la difficulté résiderait dans la mise au jour des opérations à l'origine d'éventuels détournements.
Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. "La preuve que l'argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le pays que contrôle précisément… le bénéficiaire"
résume un spécialiste du dossier.
Trois des cinq régimes concernés bénéficient du soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, contre le "gaspillage des fonds publics" par certains Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur d'éventuels "biens mal acquis" déborde rapidement les normes policières ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation franco-africaine.
Où l'on apprend que, en Grande Bretagne, l'endettement des ménages est plus grave que celui de l'Etat
Mardi 05 Février 2008 - France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain.
Les Français, ne cesse-t-on de dire, sont trop endettés : mais il s’agit d’une dette publique qui représente (quand même) 64% du PIB. Au Royaume Uni, en revanche, comme aux Etats-Unis, comme en Espagne, ce sont les ménages qui sont endettés : la dette moyenne des ménages représentait en 2007, tout compris, y compris le crédit hypothécaire, 108% du revenu de ces mêmes ménages, contre 85% il y a cinq ans. La Grande Bretagne vit à crédit. L'endettement personnel des ménages britanniques représente les deux-tiers de la dette des ménages de l'Union Européenne.
On peut parler de «drogués du crédit » dans la mesure où la carte de crédit est reine, où tous les commerçants vous poussent à acheter à crédit, où même les banques, jusqu'à récemment, poussaient à s'endetter. Mais depuis la crise des « subprimes » américains, et la quasi faillite de la banque «Nothernrock» - dont la dette représentait tout de même quatre fois la dette du Crédit Lyonnais - sauvée par les pouvoirs publics, les banques britanniques commencent à serrer la vis aux clients les plus risqués, c'est à dire les plus pauvres.
On leur retire leur carte de crédit. La banque britannique en ligne Egg a décidé d'annuler dans les semaines qui viennent 160 000 cartes de crédit, soit de couper le crédit à 7% de ses clients. Ces 7% sont évidemment les moins aisés. Ainsi la crise est arrivée par les pauvres (les pauvres gens à qui on a fait miroiter des appartements qu'ils pouvaient acheter sans rien parce que la valeur de ces appartements allait augmenter) mais elle leur retombe dessus.
La différence entre dette privée et dette publique est énorme. L'Etat (la dette publique) n'a pas le même horizon de vie qu'un ménage ou qu'un individu. Les gouvernements passent, les ménages passent, mais l'administration reste, et avec elle, le fisc, qui rembourse la dette. C'est pourquoi la dette publique apparaît, à montant égal, moins dangereuse que la dette privée.
La phrase du jour : « Je ne suis pas encore riche, mais je dois déjà quelques milliards de marks » , phrase d'un financier allemand pendant la Grande inflation. 1919-1923
Autrement dit : Qui paye ses dettes s'appauvrit !
Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.
L'incessante dictature des sondages

Une bévue de Claude Guéant.
AA et CF 20Minutes.fr, éditions du 04/02/2008 -
«Quelqu'un qui épouse une personne française devient automatiquement français», a déclaré sur Europe 1 Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, en évoquant le cas de Carla Bruni, d’origine italienne, qui, mariée avec Nicolas Sarkozy depuis samedi, devient ainsi «française» selon lui.
Or, d’après la loi, il n’en est rien. Depuis le 26 juillet 2006 (loi modifiée par Nicolas Sarkozy), un étranger (de l’Union européenne ou pas) qui se marie avec un Français peut demander la nationalité française «après un délai de 4 ans à compter de la date du mariage à condition que la communauté de vie tant affective que matérielle n’ait pas cessé entre les époux depuis le mariage.» «Le mariage n’exerce aucun effet sur la nationalité», rappelle Amnesty International.
Malentendu? Phrase lancée à la va-vite? Joint par 20minutes.fr, Franck Louvrier, responsable de la communication à l’Elysée, confirme les propos tenus par Claude Guéant: «Si si, Carla Bruni devient française par le seul fait de son mariage avec Nicolas Sarkozy».
Une déclaration «juridiquement aberrante» et «contradictoire», fustige sur son site Maître Eolas. «Elle viole directement une règle essentielle du droit français qu'un ancien préfet comme M. Guéant ne peut ignorer, car le préfet traite toutes les demandes liées à la nationalité et aux étrangers dans son département.»
Naturalisation
En dehors de son mariage, «Carla Bruni pourrait acquérir la nationalité française après cinq années de résidence sur le territoire français de façon régulière, souligne Violaine Lacroix, avocate spécialisée dans le droit des étrangers. Un délai qui peut être raccourci pour une "personnalité "qui a rendu ou qui peut rendre, par ses capacités et ses talents, des services importants à la France.» (Article 21-18 du code civil)
En effet, la loi prévoit deux cas qui permettent de raccourcir des démarches de naturalisation. Le délai peut être réduit à deux ans pour «celui qui a rendu ou qui peut rendre par ses capacités et ses talents des services importants à la France.» En outre, la naturalisation peut encore être obtenue immédiatement si «l'étranger qui a rendu des services exceptionnels à la France ou celui dont la naturalisation présente pour la France un intérêt exceptionnel. Dans ce cas, le décret de naturalisation ne peut être accordé qu'après avis du Conseil d'Etat sur rapport motivé du ministre compétent.»
Mariage présidentiel: un blogueur orléanais exige par écrit au Maire la publication officielle des bans selon la règle
Libéorléans 04/02/08 - M.Gd
INSTITUTIONS. Sans doute fâché par la non publication des bans dans les délais imposés par la loi, Fansolo, un blogueur orléanais demande à ses visiteurs d’exiger par écrit « un extrait de l’acte de mariage de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ». Son but : prouver et dénoncer les nombreuses irrégularités qui, selon lui, entacheraient cette très médiatique union.
« Je suis passionné par l’état civil et la généalogie », confie ce fan de Star Wars, animateur d’un blog très populaire sur Orléans. « Dans ce mariage, des choses me paraissent irrégulières ». Et si Fansolo demande cet extrait, c’est pour y voir plus clair sur plusieurs points.
Tout d’abord, les témoins. « Ils sont obligés de publier leurs noms. Là, rien ». Puis la date du mariage en lui-même. « Où sont les bans ? Un mariage secret n’est pas censé être un mariage légal ». Le lieu de célébration, enfin. « Un mariage doit être prononcé en la maison commune. Pour déroger à cette règle, il faut soit un motif de santé grave, soit une mort imminente », assène le blogueur. Fansolo aimerait également voir les « 36600 maires de France, officiers d’état civil » s’élever « contre ces suites de dérogations qui bafouent le droit français dont le président se veut le garant ».
Pour montrer l’exemple, il s’est exécuté. Voici la copie de son courrier :
« M. le Maire,
Conformément aux dispositions de l'Instruction Générale relative à l'Etat Civil, je souhaiterais obtenir un extrait sans filiation avec toutes les mentions marginales de l'Acte de Mariage de M. Nicolas Sarkozy et de Mme Carla Bruni, célébré en votre arrondissement le samedi 2 février 2008. Vous trouverez ci-joint une enveloppe timbrée à mes noms et adresses pour la réponse.
Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l'expression de ma respectueuse considération.
Mairie de paris
Service Etat Civil
3, rue de Lisbonne
75008 PARIS »
Marre du harcèlement téléphonique

- Bonjour, j’aimerai parler à Monsieur …. (Jamais se présenter au début pour garder la personne le plus longtemps possible)
- Je me présente Nathalie Boulanger de l’Institut National d’Etude Français (un nom d’interlocuteur bidon et un nom d’institution pour éviter que l’appelé ait des doutes quand au caractère commercial de la démarche)
- Nous réalisons une enquête nationale sur les modes de vie des ménages pour mieux comprendre les envies et besoins des français (On croirait presque la démarche salutaire présentée comme cela)
- Notre enquête ne vous prendra que quelques minutes, puis-je vous posez quelques questions (Avec la logique « un peu de temps » pour beaucoup de gain, on vous pose déjà la première question sans que vous ayez pu émettre la moindre remarque à moins de couper la parole à votre interlocuteur)
- Je vais vous demander votre ville, age, profession (rien de bien inquiétant)
- Dans votre métier, dans quelle tranche de salaire vous situez-vous (ça devient de plus en plus personnel et le lien profession/salaire est habillement amené)
- Quelle est la proportion de votre revenu consacrée à l’épargne ? (là vous commencez à vous interroger sur la finalité de l’appel et le lien avec un Institut d’enquête sur les conditions de vie se dissipe)
- Savez-vous que nous pourrions vous faire économiser 30 % d’impôts, accepteriez-vous de recevoir un de nos conseillers ? (La vous tombez des nues, sous couvert d’une enquête de société, on vous tire des informations de votre quotidien et on essaie de vous vendre un produit d’assurance vie.) C’est à ce moment que vous répondez plus ou moins sèchement en mentionnant votre désagrément et la supercherie de la démarche. Agacé, vous pouvez même être agressif vis-à-vis d’un pauvre étudiant esclave d’une société de télémarketing qui monnaie ses services à des entreprises dont les démarches commerciales peuvent être discutées.
Entre 19h et 20h30, vous avez entre 1 et 3 appels de ce type pour essayer de vous vendre des abonnements de télé, des produits financiers, des placards, des fenêtres et autres cuisines.
Y en a marre de ces appels intempestifs dans notre sphère privée et ces démarches de tromperies devraient être réprimées comme une forme d’escroquerie.
Les Indégivrables et Papier de verre
papier de verre
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Ouf, ça y est. Le Non du peuple avait été un mauvais rêve, mais le Congrès, sagement, a révisé la Constitution. Le Non n'est plus qu'un souvenir. Seul le peuple reste un cauchemar. |

Dans la grande distribution et la restauration ou règne la précarité, le Smic est devenu un must !
Marianne - Mardi 05 Février 2008 - Anna Borrel
Plus d'un million et demi de salariés payés moins que le Smic, c'est possible, c'est légal et c'est même… courant ! C'est ce que révèle le rapport de la Direction générale du travail (DGT), selon Les Echos du 4 février.
Sur les 45 branches examinées par la DGT, 35 utilisent des niveaux de rémunérations inférieures au salaire minimum. En tête du classement des secteurs épinglés par le rapport : le commerce alimentaire (640 000 salariés), les hôtels-cafés-restaurants (422 000 salariés), l'habillement (55 300) salariés, les grands magasins (43 000 salariés), mais aussi la chaussure, la parfumerie, les parcs de loisir ou encore l'édition.
Motif ? Dans des branches comme le commerce alimentaire ou la restauration, le patronat entend ainsi protester pour obtenir certains allègements de cotisations. Contacté par Marianne, le Medef n'a pas souhaité s'exprimer. Le rapport de la DGT doit être soumis au partenaires sociaux vendredi prochain. Aline Levron, secrétaire nationale à la Fédération des services de la CFDT explique comment la condition des salariés a pu à ce point se dégrader.
Marianne2.fr : Comment est-il possible que des salariés soient employés à un salaire inférieur au Smic ?
Aline Levron : Le Smic est effectivement le salaire minimum, mais ces situations n'ont rien d'illégal. Elles adviennent dans des branches où les négociations sur la revalorisation des salaires n'ont pas abouti. Par exemple, chez les succursalistes de vêtements, il n'y a plus de possibilité d'augmentation des salaires depuis 2000. Dans la grande distribution, c'est la même chose depuis 2005. Ainsi, un salarié qui a été embauché au Smic en 2005 dans un hypermarché gagne 1243 euros alors que le Smic, en 2008, est de 1280,07. Comme il est interdit de payer les salariés moins que le salaire minimum, cette personne touche une « prime différencielle » de 37,07 euros qui comble la différence entre le Smic actuel et celui de 2005.
Donc, en réalité, ces salariés touchent bien le salaire minimum…
A.L. : Non, car cela signifie que leur ancienneté, entre autres, n'est pas prise en compte. Il n'y a plus de différence de salaire entre un gestionnaire de stocks qui peut revendiquer trois ans d'expérience, et une caissière nouvellement embauchée. Les salariés n'ont plus aucun intérêt à progresser dans l'entreprise. Ajoutez à cela qu'il s'agit de secteurs qui font énormément appel aux temps partiels. Chez les succursalistes de vêtements, dans la parfumerie ou la restauration, il faut gérer un flux de clientèle très variable. Dans la grande distribution, on recense 37% de temps partiels dans les hypers et plus de 70% dans le hard discount. Ces salariés touchent donc en réalité bien moins que le salaire minimum.
Il a fallu des années pour qu'on en arrive à cette situation. Ne faut-il pas y voir un échec du syndicalisme, incapable de faire valoir les revendications des salariés dans ces secteurs ?
A.L. : Non ! Nous avons poussé le dialogue jusqu'au bout. Ce rapport permet de mettre au grand jour des situations que nous avions déjà exposées. Mais jusque-là, les négociations s'étaient toujours faites en interne, secteur par secteur. Aujourd'hui, devant l'échec du dialogue, nous demandons à l'Etat d'intervenir. Avec les allègements de cotisations sociales, il dispose d'une manne énorme.
Nous demandons au ministère du Travail de prendre ses responsabilités. La situation est extrême. Notre syndicat est résolument pour le dialogue, mais si ces négociations n'aboutissent pas, il faudra se résoudre à d'autres mouvements sociaux.
En baisse dans les sondages, le Président fait la tournée des usines pour se rapprocher de « ceux qui travaillent dur »
ANTOINE GUIRAL - Libération mardi 5 février 2008
Le président des usines est de retour. En pleine dégringolade dans les sondages, Nicolas Sarkozy mise sur ses vieux tubes de la présidentielle pour montrer aux Français que la page people est refermée et qu’il s’occupe à nouveau d’eux.
Après les métallurgistes de Gandrange hier, il sera ce matin auprès des ouvriers d’Alstom, près de La Rochelle. En fin de journée, il recevra à l’Elysée le patron de Michelin pour évoquer avec lui la fermeture programmée en 2009 de Kleber à Toul (Meurthe-et-Moselle). Et il verra jeudi les syndicalistes de cette entreprise, toujours à l’Elysée.
Sarkozy renoue là avec l’un des succès de sa campagne : la tournée des usines et la promesse de maintenir une industrie en France. L’obsession de ses communicants est de le montrer auprès des «vraies gens», de «ceux qui travaillent dur pour s’en sortir».
A chaque fois, il sert à ses interlocuteurs un même couplet sur la culture ouvrière, rappelle qu’il a sauvé Alstom du dépeçage quand il était à Bercy et prévient qu’avec lui ça ne se passera pas comme ça, puisqu’un «pays qui n’a plus d’usines est un pays qui n’a plus d’économie». Bref, Sarkozy fait du Sarkozy et tape en plus sur les «prédateurs», les «spéculateurs», en promettant de «moraliser le capitalisme».
Depuis deux semaines, il retourne sur le terrain auprès des pêcheurs à Boulogne, des ouvriers du bâtiment à Sens, sans que cela n’endigue en rien le plongeon de sa cote de popularité. Pire, l’improvisation de ses discours pour plaire aux pêcheurs ou aux ouvriers a déclenché des polémiques avec Bruxelles et donné le sentiment que les espoirs allaient être déçus. Le candidat pouvait s’affranchir des contraintes du réel, mais personne n’ose dire au Président qu’il ne le peut plus. Sur de telles bases, l’opération reconquête de l’opinion publique pourrait s’avérer contre-productive.
Les créatifs culturels, locomotive de la démocratie avancée ?
Patrice Van Eersel est un journaliste et écrivain français. Il est actuellement rédacteur en chef du magazine Nouvelles Clés.
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Est-ce possible : 38% de nos concitoyens seraient des créateurs et des innovateurs ? À leur tête, les Créatifs Culturels (17%) répondent simultanément à six critères qui font d’eux les esprits les plus éclairés de notre temps. On connaissait l’étude américaine sur le sujet. La française est parue début 2007. Vous y reconnaissez-vous ?
La crise politique est mondiale. Ce gigantisme politique, quelque peu effrayant, mais obligatoirement à l’ordre du jour des générations à venir, suppose, à l’autre bout de l’éventail, en contrepoids, des formes de pouvoirs locaux très vivants, très enracinés dans la chose publique et qui expérimente depuis quelques années différentes variantes. Ces formes locales, où la dimension politique retrouve ses origines et son sens, présupposent une société civile évoluée, tissée de liens multiples. Un humus humain riche et varié. Un niveau de conscience à la hauteur des nouveaux enjeux. Une humanité qui sache « penser globalement et agir localement. » Cette humanité existe. Elle est en plein jaillissement.
La découverte des Créatifs Culturels
Au début des années 90, quand Paul Ray et Sherry Anderson décidèrent de sonder la population américaine, pour savoir combien de « mutants » elle comprenait, porteurs d’une culture nouvelle, ils s’arrêtèrent à quatre critères :
1°) intégration des valeurs féminines,
2°) mise en pratique des impératifs écologiques (sur l’environnement et sur soi),
3°) ouverture à des comportements de coopération (sociale et internationale),
4°) reconnaissance de la nécessité d’un travail d’introspection (de la psychologie à la spiritualité).
Il s’avéra que les citoyens américains respectant ces quatre critères étaient 24%, chiffre étonnamment fort, qui constituait un scoop : un quart de la population US avait donc abandonné la culture officielle (individualisme + capitalisme + divertissement), pour vivre dans un nouveau monde - ce que ne révélait pas l’arrivée au pouvoir simultanée de la tribu Bush. Pourtant, très peu de médias parlèrent du phénomène.
Ray et Anderson avaient baptisé Cultural Creatives, ces mutants se démarquant des générations précédentes et qui - surprise - ne se rendaient absolument pas compte de leur importance, persuadés de n’être « que 5% ». Comme si la mutation se faisait inconsciemment, malgré eux. ..
D’où sortent-ils ?
La genèse des Créatifs Culturels n’a rien de mystérieux. Leur émergence semble cependant avoir traversé une sorte de tunnel d’une vingtaine d’années - de la fin des années 70 à la fin des années 90 - au cours desquelles, notamment du fait de la chute de l’empire soviétique, le modernisme le plus arrogant s’est cru autorisé à caracoler dans le monde entier, comme s’il n’existait désormais plus que lui, face à quelques poches traditionalistes forcément en voie d’extinction. C’était oublier que les humains ne sont pas forcément des amnésiques et qu’un ensemble de mouvements apparus dans les années 50, 60 et 70 avaient laissé des germes extrêmement puissants dans la conscience collective.
L’Émergence des Créatifs Culturels montre en effet de façon impressionnante une convergence inexorable entre les “descendants” de 2ème ou 3ème générations des :
Pour les Français, le démarrage remonte au Quartier Latin de Paris, dans le mouvement existentialiste et le soutien aux mouvements de libération anticolonialiste... Pour les Américains, tout commencerait plutôt dans le Greenwich Village de New-York et dans le nord de San Fransisco, puis à Big Sur (avec son institut Esalen à partir de 1962), avant de s’étendre à tous les campus universitaires en révolte contre la guerre du Viêt-Nam...
L’aspect spirituel des Créatifs Culturels
Essentielle à ceux que l’enquête présente comme les plus dynamiques du mouvement, l’approche spirituelle est certainement la plus difficile à intégrer dans la grille moderniste des médias et des politiques. Pourtant, s’il a fallu vingt ans pour que les mouvements “contre la guerre” deviennent des mouvements “pour la paix”, ou les mouvements “anti-mecs” des mouvements “pour de nouvelles relations hommes/femmes”, c’est que le catalyseur de ces métamorphoses est très souvent venu de la spiritualité et de la psychologie humaniste, dont l’intégration ne peut se faire que lentement.
Et maintenant ?
La grande faiblesse des créatifs culturels, aux yeux de Paul Ray et Sherry Ruth Anderson : il leur manque la conscience d’eux-mêmes en tant que groupe global. Vu qu’il s’agit des personnes les plus dynamiques et les plus innovantes du pays... c’est qu’il y a un léger problème !
D’où le désir irrésistible des deux auteurs d’inviter les créatifs culturels à pérenniser leurs efforts en passant au stade institutionnel. Ils voient trois scénarios futurs possibles :
1°) soit le modernisme continue à “mondialiser” ses visions sans rencontrer de résistance réelle, c’est-à-dire d’alternative innovante forte, et le monde plongera à coup sûr dans le chaos et la barbarie ;
2°) soit les créatifs culturels parviennent à s’ériger, sinon en force politique, du moins en interlocuteur institutionnel de poids (à la manière de ce que firent jadis les syndicats) et tous les espoirs sont permis de voir émerger une civilisation nouvelle, aussi différente du modernisme que celui-ci le fut du Moyen-âge ;
3°) soit enfin les créatifs culturels demeurent dans l’ombre, mais réussissent à féconder suffisamment d’instances culturelles, économiques, politiques et sociales pour qu’une part de leurs valeurs et visions soient reconnue, et on entre alors dans une phase de transition plus lente, vers un type de société vraiment nouveau.
Le fait est que beaucoup de nouvelles valeurs et attitudes - notamment contre le racisme, pour le respect des femmes ou en faveur de l’environnement - ont peu à peu fini par atteindre les couches majoritaires de la société, et finalement en seulement une génération. Seulement voilà : institutionnaliser les créatifs culturels, n’est-ce pas contradictoire ? D’un côté, leur tendance à l’engagement social et politique les inciterait certes à transformer leurs revendications, visions et désirs à un niveau organisationnel permettant de les concrétiser collectivement. Mais d’un autre côté, leur sens de la responsabilité est vécu à un niveau si personnel (se défiant de toute obéissance infantile à des règles religieuses ou partisanes) qu’on ne peut strictement pas les imaginer, par exemple, élisant un président des Etats-Unis. Entre les deux s’étale l’immense éventail du tissu associatif, ONG et lobbies divers - encore que le caractère opaque du lobbying jure gravement avec l’authenticité des Créatifs Culturels. Internet s’avère par contre un outil créatifs culturels idéal... Ray et Anderson imaginent toutes sortes de concrétisations possibles de l’univers créatifs culturels, des écoles, des universités, des centres ouverts aux gamins des rues, des réseaux connectés à la planète entière...


