samedi 2 février 2008
Education Écoles : sur le qui-vive en zone de montagne
Sud-Ouest Béarn 01/02/08
Mobilisation après l'annonce, par l'académie, de la suppression possible de trois classes dans la vallée
Le respect des statistiques et quotas (élève par enseignant) sera la raison déterminante du maintien ou non des classes à la rentrée prochaine : trois postes pourraient être concernés en Aspe.
L'inspecteur d'académie est venu donner l'information à Bedous, en octobre 2007. Depuis, parents et élus se mobilisent. Chaque réunion de Conseil municipal devra donner lieu à une délibération sur une motion déjà approuvée à l'unanimité (25 conseillers), lors du dernier conseil de Communauté de communes de janvier.
S'appuyant sur des textes de loi (Loi n° 85-30 du 9 janvier 1985, modifiée le 23 février 2005 ; développement et protection de la montagne), ainsi que sur le texte du Sénat (« Journal officiel » du 23 octobre 2007), insistant sur la place prépondérante de l'école de la République dans le développement du territoire et l'accueil des familles sur les zones de montagne menacées de désertification, les élus en appellent « à l'inspecteur d'académie pour tenir compte des textes législatifs cités et renoncer catégoriquement à la suppression des postes au regard de la spécificité du territoire ».
Ils en appellent également au préfet des Pyrénées-Atlantiques « pour veiller à l'application des textes législatifs ayant trait à l'organisation de l'enseignement en zone de montagne ».
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La région Charente fait bloc ! extraits
Sud-Ouest 01/02/08
LYCÉE JEAN-MONNET. -- Élus, profs et parents d'élèves refusent unanimement la suppression d'un BTS et de la filière secrétariat. Une délégation ira au rectorat
Tous d'accord. Hier, plus d'une centaine d'enseignants, d'élèves, de parents et d'élus ont montré leur volonté de préserver au lycée Jean-Monnet un BTS et une filière professionnelle en secrétariat que le rectorat veut rayer de la carte (notre édition d'hier). En jeu, une centaine de places pour les élèves, une dizaine de postes d'enseignants, sans compter les répercussions sur le personnel administratif ou l'internat, vidé d'une moitié de ses résidents.
Jacques Aufray, qui quittera son poste de proviseur dans un an, se bat en coulisses. Il a démissionné d'une responsabilité nationale dans le sport scolaire et annulé le suivi de formations. Mais hier, devoir de réserve oblige, il s'est éclipsé. Après l'exposition de la situation par les enseignants, les élus se passent la parole. « J'ai eu le secrétaire général du recteur. J'ai senti un flottement, tout n'est pas arrêté », lance le conseiller régional Michel Gourinchas, non sans charger la politique gouvernementale et ses 10 000 suppressions de poste dans l'Éducation nationale. « Je vais essayer de ne pas faire de politique », embraye Jérôme Mouhot. Le maire de Cognac se dit « optimiste » suite à un courrier du recteur, Frédéric Tadet.
« Noyau dur ». José Dupuis, secrétaire départemental du Snes, est plus inquiet. « C'est le fruit de ce qui est fait au niveau national depuis 2003. 22 000 fonctionnaires en France, 10 000 dans l'Éducation nationale, 160 postes dans l'Académie. Quand on voit les chiffres à la télé, on n'a pas l'impression que cela va nous arriver. Mais on a tellement retiré de postes depuis 2003 qu'on ne peut plus rien enlever sans toucher au noyau dur, la formation », analyse-t-il.
L'affaire du privé. Secrétaire départemental du Sneta, Romuald Carry voit dans ces choix un soutien implicite au privé. « Regardez à Cognac, vous avez une offre privée qui se développe dans le commerce et le secrétariat (NDLR, à l'ICF). La réponse, elle est là ! »
D'autres craignent que la réforme réduisant le bac pro à trois ans ne soit préjudiciable aux plus faibles. Qui vont gonfler des effectifs déjà saturés en seconde générale, s'y perdre tout en compliquant la vie des autres élèves?
« Quand le niveau des résultats baisse, on nous juge. A terme, c'est la désorganisation du service public », tranche une enseignante. Françoise Mandeau, du comité de défense des services publics, y retrouve le schéma de l'hôpital : on fragilise, on prouve que ça coûte trop, et on ferme. Au final, le lycée et la région dans son ensemble perdent en attractivité. Cette issue, tous la refusent, et ils iront le dire en délégation au recteur, à l'invitation de celui-ci, dans les quinze jours qui viennent.
La peste soit des pesticides et des nitrates
Sud-Ouest - 01/02/08
ENVIRONNEMENT. --La France vient d'être condamnée par l'Europe pour pollution de l'eau du robinet, à cause de la Charente-Maritime. La direction des affaires sanitaires promet d'améliorer la situation
En clair, il y a du mieux, mais tout n'est pas encore parfait. Si en Bretagne, ce sont surtout les élevages de porcs et de poulets qui sont en cause dans la concentration de nitrates, en Charente-Maritime, ce sont les cultures céréalières intensives qui sont suspectées pour l'excès de pesticides dans l'eau.
« Le processus est assez compliqué mais nous devrions pouvoir rendre avant fin 2008 un second mémoire justifiant nos progrès et qui devrait permettre à la France d'éviter de payer l'amende. Du moins en ce qui concerne la Charente-Maritime », poursuit Bernard Rostagno.
Du mieux, mais? La période retenue par la cour européenne court sur dix ans, de 1998 à nos jours. La cour a constaté que « malgré les améliorations relevées, les dispositions de la directive n'étaient toujours pas pleinement respectées en 2003, ni même à la date de l'introduction du recours ». Dans leurs attendus, les juges ont reconnu que la situation s'était nettement améliorée depuis 2003, année à partir de laquelle les directives européennes devaient être appliquées. Directives qui imposaient des seuils maximums de polluants dans l'eau : 0,5 milligramme par litre pour les nitrates et 0,5 microgramme par litre pour les pesticides. Il s'agit essentiellement de l'atrazine, herbicide longtemps utilisé dans la culture du maïs et sur le bord des routes. La cour de justice de l'Union européenne a condamné hier la France pour violation des règles de qualité de l'eau potable considérée comme polluée par les nitrates et les pesticides dans trois départements de l'ouest, la Vendée, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime. A noter que le dossier breton est disjoint car il a déjà fait l'objet d'une amende de 28 millions d'euros.
Desin de Pancho : Image ...

Les Indégivrables : Le Roi et Carla

CULTURE - L'"obligation de résultat" détournée
LE MONDE | 31.01.08
Vous n'avez pas aimé la "lettre de mission" de Nicolas Sarkozy à Christine Albanel ?
Ouvrez votre ordinateur et réécrivez-la... Jean-Gabriel Carasso, auteur d'un essai intitulé Nos enfants ont-ils droit à l'art et à la culture ? (éd. de L'Attribut, 2005), a eu cette idée en découvrant, il y a quelques mois, la feuille de route de l'Elysée qui pose le principe des "obligations de résultat" pour les scènes subventionnées, et demande à la ministre de la culture d'empêcher la "reconduction automatique des aides" de l'Etat.
"J'ai imaginé Malraux lisant ce texte et démissionnant dans le quart d'heure", raconte ce militant de l'éducation artistique et directeur de l'association L'Oizeau rare. Il a commencé par corriger en rouge la missive du chef de l'Etat. Puis il a ouvert un blog (http://lacontrelettre.over-blog.com), où les internautes peuvent aussi apporter leur contribution (intégrée en bleu).
Ce qui donne un texte assez éloigné de l'original. Exemple : "La démocratisation culturelle, écrivait M. Sarkozy, c'est enfin veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public." .
Revue par les blogueurs, la phrase devient : "La démocratisation artistique et culturelle, c'est enfin veiller à ce que les aides publiques à la création, tout en tenant compte des attentes des publics, permettent un soutien clairement affirmé à la recherche, à l'innovation et aux formes de création les moins inféodées aux canons académiques ou aux productions strictement commerciales."
Au 31 janvier, huit cent vingt-trois personnes avaient signé la contre-lettre, parmi lesquelles le comédien Robin Renucci, le compositeur Nicolas Frize, le directeur de Livre au centre, Alain Liévaux, le professeur Philippe Meirieu, le président de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne (PS), etc. Cette "contribution au débat" devrait intéresser le ministère de la culture.
Son conseiller théâtre, Thierry Pariente, déclarait récemment, lors des Biennales internationales du spectacle à Nantes : "La lettre de M. Sarkozy, on peut l'interpréter, c'est un peu comme des didascalies", ces indications scéniques sur le jeu des acteurs fournies par l'auteur d'une pièce
Les mangroves disparaissent à un rythme "alarmant"
LE MONDE | 01.02.08

Les mangroves sont menacées. Depuis un quart de siècle, 20 % de ces écosystèmes tropicaux ont été détruits, selon l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), qui juge cette perte "alarmante".
Dans un rapport rendu public jeudi 31 janvier, la FAO indique que leur superficie totale est passée de 18,8 millions d'hectares en 1980 à 15,2 millions en 2005. "Plus récemment, le taux de perte nette semble avoir ralenti, mais son niveau reste hautement préoccupant", note-t-elle.
Les causes de la régression des mangroves sont multiples : pression démographique accrue, conversion des terres pour l'aquaculture, extension de l'agriculture, développement des infrastructures touristiques, mais aussi pollution et catastrophes naturelles.
"Si le déboisement des mangroves se poursuit, il peut provoquer des pertes considérables de biodiversité et de moyens d'existence pour les populations locales, en plus de l'intrusion du sel dans les zones côtières et de l'envasement des récifs coralliens, des ports et des couloirs de navigation", estime Wulf Killmann, expert forestier de la FAO. "Le tourisme souffrirait également", estime-t-il.
Certains pays ont pris conscience de l'importance de ces écosystèmes. "La plupart ont maintenant interdit la conversion des mangroves pour l'aquaculture et évaluent l'impact sur l'environnement avant d'utiliser ces zones de mangroves à d'autres fins", souligne M. Killmann. En 2006, un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) estimait entre 135 000 et 600 000 euros annuels par kilomètre carré les services économiques rendus par ces écosystèmes.

Superficie totale 18,8 millions d'hectares en 1980 - 15,2 millions en 2005.
Les Pays-Bas se protègent contre une montée des eaux
Harro ten Wolde et Niclas Mika, Nicole Dupont- REUTERS vendredi 1 février 2008
AMSTERDAM (Reuters) - Le gouvernement néerlandais a annoncé vendredi qu'il explorait de nouvelles méthodes pour protéger les côtes contre une possible montée des eaux liée au réchauffement climatique.
Les Pays-Bas, dont un quart du territoire se trouve sous le niveau de la mer, vont consacrer 22 millions d'euros à des projets anti-inondations. Des entreprises et des institutions de recherche consacreront 23 millions d'euros supplémentaires à cet effort.
L'un des projets vise à équiper tous les dispositifs anti-inondations de capteurs et d'éléments électroniques permettant de déceler les brusques changements de niveau de l'eau.
La compagnie IBM, partie prenante au projet, a annoncé vendredi qu'elle avait l'intention de créer un centre de gestion de l'eau faisant appel à une modélisation des données.
Djeevan Schiferli, chargé du climat et de l'énergie chez IBM, a expliqué que différents fournisseurs développaient des réseaux de capteurs afin, par exemple, de mesurer la stabilité des digues, mais qu'il n'existait aucune norme d'échange des données.
"Il vous faut combiner toutes ces connaissances et informations si vous voulez être en mesure de savoir quand une situation deviendra potentiellement dangereuse. Toutes les différents composantes sont là, mais elles sont dans certains cas trop simplifiées et elles ne sont pas reliées entre elles", a-t-il dit.
Les Néerlandais ont une longue histoire de lutte pour reprendre des terres à la mer et combattre les inondations. Ils n'ont cessé d'améliorer leurs techniques depuis la grande tempête de 1953 qui, en rompant les digues, a provoqué la mort de 1.800 personnes.
Le gouvernement a annoncé qu'il allait aussi investir dans un projet destiné à étudier les moyens d'utiliser l'écosystème pour mieux se protéger des inondations.
RECHAUFFEMENT : Des déserts océaniques qui s'agrandissent...
Les plus grand déserts ne sont pas sur Terre mais sous l’eau. Les espaces océaniques où la faune et la flore sont presque absentes s’agrandissent encore plus vite que prévu par les modèles les plus pessimistes.
Sahara, Gobi, Vallée de la mort…tous sont de grands déserts secs, arides et très peu peuplés. Mais sur le globe, il existe des zones bien plus vastes où la vie est quasiment absente : ce sont les déserts biologiques océaniques. Ils se situent dans les régions subtropicales de l’océan Pacifique et Atlantique et au sud de l’océan Indien au niveau des gyres (zone où les courants décrivent de grands mouvements tournants). Ils sont maintenant repérables par des satellites comme Seastar qui réalise des cartes colorimétriques des océans : plus les eaux sont vertes et plus elles sont riches en organismes photosynthétiques, ce qui permet une mesure de la flore à la base de la chaîne alimentaire. Les déserts y apparaissent en bleu foncé.
Dans une étude a paraître dans Geophysical Research Letters, des océanographes font état d’une inquiétante expansion de ces zones désertiques. Leurs mesures indiquent qu’entre 1997 et 2006 elles ont augmenté de 6,6 millions de Km², soit 15% environ. Cette tendance est générale et seul le sud de l’océan Indien y échappe. Selon eux, cet élargissement est corrélé au réchauffement des gyres et serait attribuable à la hausse généralisée des températures.
En effet les eaux des gyres sont déjà fortement stratifiées et seul le vent, en créant un peu d’agitation, arrive à ramener des nutriments des eaux profondes vers la surface pour alimenter plantes et animaux. Le réchauffement accroît encore plus cette stratification rendant quasiment impossible les échanges de nourriture, d’où l’appauvrissement biologique des gyres.
Le problème est que ces déserts s’agrandissent 10 à 25 fois plus vite que ce que prédisaient les modèles climatiques. D’autres scientifiques pensent qu’il s’agit là d’une variation naturelle amplifiée par un coup de chaud du globe et qui pourrait se renverser dans une décennie ou deux.

NOUVELOBS.COM -| Sciences et Avenir.com 29/01/2008
DROITS DE L'HOMME : Human Rights Watch épingle les Etats-Unis et l'Europe pour ses connivences avec les gouvernants autocrates
NOUVELOBS.COM | 31.01.2008 |
Les Etats-Unis et l'Europe tolèrent que "des autocrates se posent en démocrates" dans des pays comme le Pakistan, le Nigeria ou la Russie, où les droits humains sont violés, dénonce l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch dans son rapport annuel publié jeudi 31 janvier.
"De nos jours, il est très facile pour les autocrates de n'en faire qu'à leur tête en montant un simulacre de démocratie", souligne Kenneth Roth, directeur de l'organisation basée aux Etats-Unis, dans ce rapport.
Selon Kenneth Roth, "Washington et les gouvernements européens acceptent toujours les élections les plus douteuses lorsque le gagnant est un allié stratégique ou commercial".
D'autre part, les Etats-Unis et l'Europe ont plus de mal à exiger le respect des droits de l'Homme dans le monde parce qu'ils les violent eux-même dans leur lutte contre le terrorisme, et les gouvernements autocratiques en profitent, affirme l'organisation.
La torture justifiée par le gouvernement américain
Le rapport signale les abus des Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme", avec 275 détenus non inculpés à Guantanamo (Cuba), le recours à des prisons clandestines à l'extérieur du territoire américain et la justification de la torture par le gouvernement.
Au Pakistan, dénonce HRW, le président Pervez Musharraf, allié stratégique de Washington, a modifié le jeu électoral en réécrivant la Constitution et en détruisant le système judiciaire indépendant. Pourtant, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont renoncé à faire dépendre leur aide d'une amélioration des garanties électorales avant les élections prévues en février prochain dans ce pays.
Et si les Etats-Unis ont haussé le ton face à l'explosion de violence politique au Kenya, ils avaient accepté l'an dernier les résultats des élections au Nigeria, pays riche en pétrole, en dépit d'accusations crédibles de fraudes.
En Russie, à mesure qu'approche l'élection présidentielle de mars prochain, le régime de Vladimir Poutine "réprime la société civile et la liberté de réunion" et continue à violer les droits de l'Homme en Tchétchénie (Caucase, sud).
Le blocus d'Israël, un "châtiment collectif"
"Les critiques internationales de l'attitude de la Russie en matière de droits de l'Homme se sont tues, et l'Union européenne a manqué de façon consistante et soutenue à ses exigences en la matière", dénonce le HRW.
Le rapport critique en outre le blocus d'Israël à l'encontre des Palestiniens de Gaza, un "châtiment collectif" qui viole le droit international.
En Chine, les Jeux Olympiques qui se tiennent cette année "constituent une chance historique pour le gouvernement chinois de montrer qu'il peut faire des droits de l'Homme une réalité pour 1,4 milliard de citoyens", souligne Kenneth Roth.
En Birmanie, le rapport dénonce le recours à la violence de la part de la junte militaire pour réprimer les manifestations de moines bouddhistes et de militants pour la démocratie, ainsi que la détention arbitraire de centaines de personnes.
HRW mentionne également des violations des droits de l'Homme dans la gestion des crises humanitaires en Somalie et dans l'est de l'Ethiopie, "une tragédie oubliée" subie par des millions de personnes.
Le gouvernement du Soudan responsable
L'organisation accuse le gouvernement du Soudan d'être le "principal responsable" de cinq ans de crise au Darfour (sud-est), avec 2,4 millions de personnes déplacées et 4 millions d'individus qui survivent grâce à l'aide humanitaire.
Elle signale des "élections manipulées" à différents degrés au Tchad, en Jordanie, au Kazakhstan, en Ouzbékistan, en Azerbaïdjan, à Bahrein, en Malaisie, en Thaïlande, au Zimbabwe, au Bélarus, à Cuba, en Egypte, en Iran, en Israël, en Libye, au Turkménistan, en Ouganda, au Cambodge, en RDCongo, en Ethiopie, au Liban, en Russie, en Tunisie, en Chine et au Pakistan.
En Amérique latine, HRW souligne que la violence, l'impunité et les abus persistent mais reconnaît des progrès dans les procès contre les responsables des crimes perpétrés par les anciennes dictatures militaires. (AFP)
Les prix Initiatives solidaires du Journal Ouest-France remis aujourd'hui aux 16-25 ans
Ouest-France 02/02/08 – Delphine Lenormand
Des élèves électriciens de Quimper partiront aménager un futur centre de formation des apprentis au Burkina Faso. Pour y apporter la lumière.
Le projet est solidaire. Aucun doute là-dessus. C'est peut-être cela qui les a poussés à concourir et c'est certainement la raison pour laquelle ils reçoivent aujourd'hui un prix des mains du jury Initiatives solidaires. Cet été, du 22 juin au 14 juillet, huit élèves en terminale CAP Préparation et réalisation d'ouvrage électrique - Pro élec dans le jargon - au Likès de Quimper, partent au Burkina Faso, réaliser un chantier électrique pour le futur local d'hébergement d'un centre de formation des apprentis. Trois professeurs les accompagneront.
Cela fait deux ans que les jeunes travaillent sur le projet. Au départ, ils voulaient simplement faire un voyage à la fin de leurs deux ans d'études. Pour être ensemble. Ensuite, ils ont eu envie de travailler là-bas. « Pour se forger une expérience », glisse William.
« Être au plus près de la population »
Ce qui se trame ensuite est histoire de rencontres. Les élèves entendent parler de l'association Nouna, gérée par le Frère Loïc Mazé et Jean-Claude Hémery. Tout ce petit monde entre en contact et décide de voyager ensemble. Direction Nouna, pour aménager un CFA. Les électriciens en herbe y apporteront la lumière, les autres le mobilier.
Depuis ce moment-là, au Likès, on n'a pas arrêté de s'activer pour Burkin'Action - c'est le nom du projet. Le voyage coûte 1 300 € par personne. Les élèves n'en débourseront que 300 €. Il faut donc trouver le reste. Une opération bol de riz menée au lycée leur rapporte 700 € en avril 2006, ils mènent un petit chantier électrique sur le site du Likès qui ajoute 200 € aux deniers mis de côté.
En octobre dernier, les élèves ramassent des pommes pendant une journée sur un terrain appartenant à l'un de leur professeur. Deux tonnes de pommes plus tard et un passage dans une cidrerie, ce sont 1 033 bouteilles de jus de pommes qui sont mises en vente. Et 2 000 € de plus dans la cagnotte quand le stock sera épuisé.
Et puis, il y a bien évidemment le concours Initiatives solidaires... C'est Mickaël qui remarque l'annonce dans le journal. « Je me suis dit qu'il fallait se lancer. On cherchait toutes les actions possibles alors pourquoi pas ? » Actuellement, il manque encore plus de 2000€ à la joyeuse troupe avant de s'envoler pour Nouna.
Une fois là-bas, ils seront logés dans le Centre d'hébergement du CFA. Celui-là même qu'ils doivent équiper en prises électriques et en éclairage. Dix chambres au total. « Nous ne travaillerons que le matin car l'après-midi, il fait trop chaud », explique Pascal Bozec, professeur d'électricité qui les accompagnera. Un chantier qui pourra ensuite leur servir sur leur curriculum vitae.
Au-delà de l'expérience professionnelle, c'est aussi l'aventure humaine qui les attire. « On va découvrir l'Afrique et la vie là-bas, confie William. Nous allons nous rendre compte du niveau de vie, être au plus près de la population. Voir ce que la télé ne nous montre pas en somme. » Au retour, ils espèrent pouvoir éditer un petit livret ou un DVD retraçant leur expérience sur place. Et pourquoi pas, passer le relais à d'autres. Pour que leur engagement ne soit pas que ponctuel.
