vendredi 1 février 2008
Les ossements de France-Infos : un hoax radiophonique abrutissant
Werdna 01/02/08
France-Info tenait un scoop à Brie-compte-Robert ! Depuis deux jours, et en boucle, les supputations allaient bon train sur les « ossements » qui avaient été aperçus par des ouvriers au moment de la construction d’un « Restaurant asiatique », à la place d’un hangar, nous assénait-on.
Nous allions savoir si l’affaire très médiatisée de la petite Estelle, recherchée en vain depuis des années allait trouver un épilogue suite aux résultats des fouilles suivies heure par heure.
Aujourd’hui, ce même média,apparemment très déçu du résultat, annonce un "nouveau (?) rebondissement (?) et accuse : « les analyses ont prouvé que les ossements étaient des restes d’animaux ! Les enquêteurs vont repartir, mais il sera toujours temps de s’interroger ensuite sur cette macabre intox ! »
S’interroger sur une macabre intox ? c’est bien ce que France-Info aurait du faire, avant de vociférer sur les ondes pour créer l’audience avec du rien.
Et pour les malheureux propriétaires du fameux « restaurant asiatique » dont la réputation a été souillée par cette chroniques imbécile et récurrente, sera-t-il aussi temps de s’interroger à France-Infos sur l’indécence de leur complicité à peine suggérée!!
krach d'un gros porteur

Les mesures « pouvoir d'achat » votées.
Les mesures « pouvoir d'achat » votées
Ouest-France 01/02/08 - Hervé BABONNEAU
Le Parlement les a définitivement adoptées hier. La loi devrait être publiée dans la deuxième moitié de février. Le succès n'est pas garanti.

Rachat des RTT. Un salarié, quelle que soit la taille de l'entreprise peut, en accord avec l'employeur, renoncer à tout ou partie des RTT acquises avant le 31 décembre 2009 et se les faire payer (majoration d'au moins 10 %). RTT acquises au 31 décembre 2007, rémunérées au plus tard le 31 juillet 2008 : pas de cotisation ni de contribution hors CSG et CRDS. RTT acquises à partir du 1er janvier 2008 : pas d'impôt sur le revenu, cotisations salariales de Sécu réduites, cotisations patronales déduites.
Commentaire. Économiquement, la mesure est limitée : en 2006, seuls 35 % des salariés disposaient de RTT, en moyenne de quatorze jours. Politiquement, cela participe du détricotage des 35 heures. Mais nombre d'employeurs refusent d'alourdir leur masse salariale ou craignent de relancer le débat sur les avantages (souplesse, modération salariale) tirés de la réduction du temps de travail. Travailler plus implique que le carnet de commandes grossisse. Pas garanti en ces temps de croissance mollassonne.
Déblocage de la participation. Sur simple demande du salarié, dans une limite de 10 000 €, au plus tard le 30 juin 2008, pas d'imposition sur le revenu.
Commentaire. La mesure ne coûte rien à l'État. Elle est un peu contradictoire avec la volonté d'inciter les salariés à « s'investir » dans « leur » entreprise. Est-ce bien le moment de retirer une participation dont la valeur, souvent, souffre des déboires boursiers. De plus, les bas de laine ont déjà été entamés par les déblocages de 2004 (Sarkozy) et de 2005 (Raffarin).
Prime exceptionnelle des PME. En l'absence d'accord de participation, l'entreprise peut verser à chacun de ses salariés un bonus maximum de 1 000 € avant le 30 juin. Prime modulable, exonérée de toute contribution et cotisation, hors CSG et CRDS.
Commentaire. Tout dépend de la volonté de l'employeur, s'il accepte ou non d'augmenter sa masse salariale. Fin 2005 (Villepin), 30 000 entreprises avaient versé 600 millions d'euros à un million de salariés. Risque pointé par les syndicats : que la prime remplace des augmentations de salaire.
Augmentation des loyers. Indexée sur l'Indice de référence des loyers (IRL), elle le sera sur l'Indice des prix à la consommation (IPC), hors tabac et hors... loyers. Le dépôt de garantie du locataire passe de deux à un mois.
Commentaire. L'indexation sur les prix intervient au moment où l'inflation redémarre. Pas de chance.
Redevance télé. L'exonération totale des 116 € est reconduite en 2008 pour les ménages de plus de 65 ans non imposables.
Les conseillers de l'Elysée tentent par tous les moyens de redresser la cote de popularité du président

Placide - http://www.leplacide.com/
Francis Joyon: le Président l'a eu amer...
Blog Ouest-france - Par Jean Lallouet, mercredi 30 janvier 2008
Francis Joyon, le nouveau recordman du tour en monde en solitaire à la voile, a la réputation d’être un vrai solitaire. Au caractère bien trempé, bougon et entêté. En mer comme à terre. Nicolas Sarkozy s’est cassé les dents sur ce bloc de granit.
Le marin et le président :
Dimanche 20 janvier, vers 13 heures, à Brest. Francis Joyon, tout juste débarqué du matin, déjeune en compagnie de sa famille et de quelques amis. Le portable de l’un d’entre eux sonne. L’ami prend la communication et se tourne, légèrement tendu, vers le marin. « C’est l’Élysée. Le Président de la République, il veut te parler… »
Réponse de Francis Joyon : « Je n’ai rien à dire et je suis en train de déjeuner… »
Embarrassé son compagnon explique à son interlocuteur que le héros n’est pas disponible pour le moment.
Quelques minutes plus tard, nouvel appel. C’est encore l’Élysée. Cette fois, l’ami insiste. « Tu dois le prendre, c’est le Président… »
Francis Joyon cède et reçoit en direct les félicitations de Nicolas Sarkozy. Le président de la République est particulièrement intéressé par l’aspect écologique de l’aventure de Francis Joyon, qui a réalisé son tour en utilisant uniquement des énergies renouvelables. Pas une goutte de gas-oil. Et le Président d’expliquer qu’il serait très heureux de recevoir le navigateur à l’Élysée pour discuter de cet aspect de sa performance.
« Merci, lui répond en gros Francis Joyon, mais là, je n’ai pas le temps. J’ai du boulot sur mon bateau et je ne peux pas abandonner mon équipe. » Et il raccroche.
Le lendemain, troisième appel de l’Élysée. C’est un membre du cabinet qui est au bout du fil. Il insiste. « Le Président tient absolument à vous recevoir à Paris et souhaite pouvoir échanger sur l’environnement. C’est un sujet qui lui tient à cœur. »
« Je suis désolé, mais je n’ai pas le temps. Et je n’aime pas prendre le train, ni les taxis ; je n’aime pas les villes, c’est sale et bruyant… Et puis s’il veut parler d’écologie, il n’a qu’à inviter mon ami Nicolas Hulot. Il est beaucoup plus calé que moi sur le sujet. »
Et Francis Joyon s’en est allé vers Locmariaquer…
Ce n’est pas un hasard si l’on dit de Francis Joyon qu’il est le fils spirituel du grand Tabarly.
Car cette même déconvenue était arrivée au général De Gaulle avec Éric Tabarly.
Au lendemain de sa victoire dans la Transat anglaise, le jeune officier de marine avait décliné une invitation présidentielle parce qu’au moment choisi pour le rendez-vous, il avait prévu de repeindre la coque de son bateau. On raconte que quelques mois plus tard, il avait été convié par le général de Gaulle, peu rancunier, à une réception élyséenne. « Je compte sur votre présence, avait écrit le Président sur le bristol, si, bien entendu, la marée le permet… »
Dans cette époque « bling-bling », un tel détachement des convoitises et des vanités ordinaires de la vie est comme une grande bouffée d’air du large.
Celui que respirent les hommes libres.
La commission Pochard, un véritable chiffon rouge pour les syndicats de profs qui s’insurgent contre certaines mesures évoquées.
La commission Pochard, un véritable chiffon rouge pour les syndicats de profs qui s’insurgent contre certaines mesures évoquées.
V.S. Libération vendredi 1 février 2008
La commission Pochard, créée en septembre pour remédier au malaise enseignant, a réussi à semer une belle zizanie. Outre le départ de Michel Rocard, les syndicats d’enseignants sont montés au créneau pour dénoncer le prérapport qui a filtré dans la presse.
Le texte final devrait être présenté lundi au ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos.
Présidée par Marcel Pochard, un haut fonctionnaire déjà auteur d’un rapport sur la fonction publique, la commission sur la revalorisation du métier enseignant a auditionné des dizaines d’experts, syndicalistes, parents d’élèves. Ses propositions rassemblées dans un livre vert serviront de base à l’élaboration, fin mars, d’un livre blanc contenant les mesures retenues par le ministère.
Le prérapport propose, entre autres, une «annualisation» du temps de travail des enseignants et la reconnaissance d’«activités jusque-là assurées parfois sur la bonne volonté». En matière de rémunération, il propose une «prime» pour les activités complémentaires et une «dotation» pour les jeunes enseignants. Il prône plus d’autonomie pour les chefs d’établissement et rejette l’évaluation de la «performance» des enseignants en fonction des résultats de leurs élèves, souhaitée par Nicolas Sarkozy. Il suggère enfin d’encourager les professeurs à enseigner deux matières et de réformer les concours de recrutement.
Le Snes, principal syndicat, a estimé que ce texte était «une vraie provocation : tous les éléments sont réunis pour un conflit majeur avec notre profession». Le secrétaire général du SE-Unsa, Luc Berille, l’a qualifié d’« hémiplégique» car oubliant «la moitié des enseignants de France», ceux du primaire. Il a également regretté sa «forte orientation budgétaire pour ne pas dire managériale».
Vous avez dit « civilisation » ?
Politis PAR Hélène Franco, (L’Observatoire du 6 mai ) Jeudi 24 janvier 2008
Il n’y a pas de hasard à ce que Robert Badinter, combattant infatigable et victorieux contre la peine de mort, soit également l’une des voix les plus fortes contre le projet de loi Dati instaurant une « rétention de sûreté », actuellement débattu au Parlement.
Ce texte permettra d’enfermer, par périodes d’un an renouvelables indéfiniment, des personnes condamnées à quinze ans ou plus de réclusion criminelle, en fonction d’un pronostic de dangerosité qui serait posé au terme de l’exécution de leur peine.
La frontière entre partisans et adversaires de ce projet de loi est, toutes proportions gardées, la même que celle, irréductible, qui séparait les pro et les anti-peine de mort. Le système judiciaire a mis des siècles à se libérer d’une conception essentialiste du crime, reposant sur une idée très simple : il existe des criminels irrécupérables, qu’il convient d’éliminer pour toujours de la société des hommes libres.
La peine de mort était la traduction la plus radicale de cette volonté. Le désir de vengeance du corps social à l’égard des criminels, et l’idée selon laquelle « qui a tué tuera » ont été remplacés très progressivement, à partir de la fin du XIXe siècle, et singulièrement depuis 1945, par une conception humaniste du droit pénal qui fait de l’objectif de réinsertion de tout condamné le but à atteindre.
Cependant, la concurrence entre ces deux conceptions n’a jamais vraiment cessé, et une régression majeure se fait jour depuis plusieurs années : l’avalanche de lois de plus en plus répressives et l’état moyenâgeux de la condition pénitentiaire témoignent de la tentation toujours présente de faire de la punition et de la mise à l’écart de plus en plus longue une fin en soi
Victor Hugo, en 1871, rappelait les combats de sa vie, parmi lesquels « l’abolition de la peine de mort, l’abolition des peines infamantes et afflictives [1] ».
Cent dix ans après, Robert Badinter a accompli la première. Le second volet garde en revanche toute son actualité. Victor Hugo visait sans doute le bagne, qui concernait alors notamment des milliers de communards.
La « rétention de sûreté » est bien l’une de ces sanctions infamantes qui nient les possibilités d’évolution de tout être humain.
Son caractère infamant réside aussi dans le dévoiement de l’oeuvre de justice que cette mesure comporte. Une sanction pénale répond à une infraction, la « rétention de sûreté », au contraire, privera de liberté une personne en se fondant sur sa dangerosité supposée, hors la commission d’une nouvelle infraction.
C’est en quelque sorte une sanction de précaution qui rappelle les fictions cinématographiques les plus angoissantes. Il s’agit, comme dans Minority Report (Steven Spielberg), de répondre à un fait qui n’a pas encore eu lieu.
Rachida Dati, au soutien de son projet, déclarait récemment : « Les criminels, comme les prédateurs sexuels, ne présentent pas de pathologie psychiatrique et ils ne relèvent donc pas de la prise en charge psychiatrique. Il n’existe aujourd’hui aucun dispositif pour les maîtriser. Et il est déplorable d’attendre un nouveau passage à l’acte pour les enfermer et canaliser cette dangerosité [2]. »
Ces propos reflètent parfaitement l’illusion dont nous bercent nos actuels gouvernants : une société du risque zéro qui mériterait qu’on y sacrifie quelques libertés. Le résultat est déjà connu : la sûreté, qui est la « protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de ses propriétés [3] », en sera considérablement affaiblie, alors même qu’aucune peine d’élimination n’a jamais permis d’éradiquer le crime.
« Il y a oppression contre le corps social, lorsqu’un seul de ses membres est opprimé ; il y a oppression contre chaque membre, lorsque le corps social est opprimé [4]. » Souvenons-nous-en.
Hélène Franco est secrétaire générale du Syndicat de la magistrature.
Notes
[1] in Choses vues 1849-1885, Folio classique.
[2] Propos cités dans l’Humanité du 12 janvier 2008.
[3] Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793, article 8.
[4] Idem, article 34.
OGM: un "délit de destruction de champs" instauré en commission au Sénat

Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/
Des magasins allèchent les clients à coups de cadeaux pour écouler leurs marchandises. Des cadeaux qui peuvent être empoisonnés
Ouest-France – 31/01/08 - Céline MARTIN et Dominique MESGOUEZ.
« Certains magasins de meubles écument la région, explique-t-on à l'UFC-Que Choisir de Rennes. Ils s'installent souvent pendant six à huit mois et s'en vont dès que ça commence à sentir le roussi. »
Des couples se disent victimes de ces pratiques. Témoignages.
Ça commence toujours par un coup de fil : des cadeaux vous attendent dans un magasin, sans aucune obligation d'achat. Anodines, ces invitations causent pourtant bien des déconvenues. Pour un couple de Guingampais, la mésaventure a commencé en allant retirer des lots offerts dans un nouveau magasin de meubles des Côtes-d'Armor. « On venait juste pour les cadeaux. Sauf qu'avant de nous les remettre, le vendeur nous demande de jeter un oeil sur les meubles. » Un autre couple raconte : « Et l'air de rien, les vendeurs nous approchent pour questionner nos goûts en matière de salon. »
« On nous anesthésie le cerveau »
Sur fond de « jus de fruits et de verres de kir » offerts, commence alors une valse des étiquettes : des ristournes vertigineuses sont proposées aux clients potentiels. « Le vendeur claque même la bise à ma compagne », raconte un Guingampais. Insidieusement, « on nous anesthésie le cerveau à coups de bonne humeur, de réductions faramineuses et de questions sur nos familles. Finalement, on se laisse convaincre... », Jusque-là, rien de répréhensible : « C'est de bonne guerre, dans le milieu commercial » glisse la Répression des fraudes.
Les choses se corsent au moment de la vente. De retour à la maison, les bons de commande signés, ces couples racontent avoir retrouvé leurs esprits et « s'être sentis floués, abusés ». D'où leur souhait de faire valoir le délai de rétractation. Refusé tout net par le patron du magasin, arguant « qu'il n'est pas valable dans ce type de vente, réalisée dans le magasin ». À cette réponse, la Répression des fraudes décode tous les signes de l'infraction. « Dès lors que les gens sont contactés par téléphone, ce genre de vente est assimilé à du démarchage à domicile. Les clients ont sept jours pour renoncer à leur achat. »
Le commerce agressif se développe !
Pour arriver à ses fins, ces clients disent avoir dû « hausser la voix » pour les uns, « menacer de prendre un avocat » pour les autres. À Quimperlé, un autre couple raconte ne pas en avoir encore fini avec ses déboires qui virent au harcèlement. Lui aussi a signé un bon de commande, dans un magasin de la ville finistérienne, sans toutefois faire de chèque. « On demandait un délai de réflexion », raconte-t-il. Depuis, les appels téléphoniques de relance se succèdent. « On a eu beau dire non, les vendeurs nous ont rappelés, allant jusqu'à diviser le prix d'achat du canapé par deux. Avec, en prime, une télévision en cadeau ! » Le couple a donc renvoyé le bon de commande en recommandé. Il guette toujours l'accusé de réception pour pouvoir tourner la page.
« Ces plaintes deviennent courantes : c'est un mode de commerce agressif et qui se développe, « pointe la Direction départementale de la concurrence, consommation et de la répression des fraudes des Côtes-d'Armor. » On s'intéresse à la question, mais encore faut-il des preuves. » À Quimper, l'association Consommation, Logement et Cadre de vie a saisi le procureur pour 25 plaintes de clients de deux enseignes implantées quelques mois en Finistère sud. Le motif de ces plaintes porte sur une infraction à la loi sur le démarchage à domicile (livraison immédiate et dépôt de RIB ou de chèque le jour de la livraison, ce qui ne peut être fait que huit jours après la commande).
Malaise à l'Office national des forêts.
Ouest-France – 31/01/08 - Philippe ATTARD
Les syndicats s'alarment : sept suicides, dont deux l'an dernier, chez les gardes forestiers, en France.
Rien ne va plus à l'Office national des forêts. L'Union syndicale des personnels de cet Epic (1), réunie le 22 janvier dans le nord de la France, en atteste. « Les problèmes de mépris, d'injustice, de perte de sens dans l'exercice de nos métiers, reviennent sans cesse », témoigne Marc Pasqualini, secrétaire de l'Intersyndicale Snuisep (2) de Bretagne-Pays de la Loire. Qui l'eût cru ? « Le stress arrive même en forêt... »
Les conséquences apparaissent désastreuses : sept suicides, depuis 2005, parmi les gardes forestiers, dont deux dernièrement en Aquitaine, (sur 10 200 salariés) ont conduit les syndicats à demander une enquête. Celle-ci a été rendue au Comité d'hygiène et de sécurité, la semaine dernière, mais son contenu reste confidentiel. Ce qui n'a pas été le cas d'une précédente enquête sur le climat social menée en 2005 par un cabinet indépendant : elle révélait que 85 % du personnel ressentait « un malaise social ».
Plus d'arbres abattus
« L'économie devient reine, poursuit Marc Pasqualini. On équilibre les comptes en vendant plus de bois. En 2006, on a coupé des arbres qu'on n'aurait pas dû abattre. » Pour 2008, « nous aurions dû, en principe, couper 100 000 m3 de bois en Bretagne. En fait, on nous fixe un objectif de 120 000 m3. »
Les syndicats se plaignent également d'effectifs en forte baisse : « En 20 ans, 5 600 emplois ont été détruits, soit plus de 35 % des effectifs. »
Le directeur territorial de l'Office en Bretagne, Philippe Durand, veille sur 32 000 hectares de forêts avec 75 personnes (le reste des 300 000 ha du massif forestier en Bretagne appartient au privé). Bien sûr, il ne partage pas ces vues : « Il n'y a pas eu de suicide en Bretagne, ni dans le Grand Ouest, tient-il à souligner. Mais nous devons produire des bois de qualité, suivant le Guide de la sylviculture et suivant ce que demande le marché. »
Exemple : le hêtre. « Aujourd'hui, les clients ne veulent pas du hêtre coloré. Or, celui-ci se colore s'il est planté trop dense et s'il passe 100 ans. Il faut donc éclaircir les forêts de hêtres et les couper plus tôt. »
Autre exemple : le pin. « Il n'y a aucune plus-value à garder des pins de plus de 45 cm de diamètre. » Selon Philippe Durand, il y a des schémas différents par espèce, mais aussi par parcelle. D'autant plus qu'il faut « s'adapter aux changements climatiques ». Les forts coups de vent, de plus en plus fréquents, « nous obligent à éclaircir les forêts. Plus celle-ci est dense, plus elle est fragile. »
Un raisonnement qui, de toute évidence, ne parvient pas à rassurer ceux qui veillent sur les forêts.
(1) Établissement public industriel et commercial.
