jeudi 31 janvier 2008
Sarkozy juge prioritaire un pacte sur l'immigration en Europe
Reuters – 30/01/08
L'élaboration d'un pacte européen de l'immigration sera l'une des priorités de la présidence française de l'Union européenne, a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a invité l'Allemagne à travailler main dans la main avec la France durant cette période.
"Il faut élaborer un pacte européen de l'immigration", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une convention de l'UMP sur l'Europe, dont la chancelière allemande Angela Merkel était l'invitée d'honneur.
Ce pacte impliquera "que chaque pays s'interdit des régularisations massives sans avoir l'autorisation des autres", a-t-il souligné devant plusieurs centaines de responsables du parti réunis à la salle de la Mutualité.
"Je demande que lorsqu'un pays européen accepte un réfugié politique, cette acceptation vaille dans tous les autres pays mais que lorsqu'un pays européen refuse un réfugié politique, ce refus vaille pour tous les autres pays", a-t-il expliqué, estimant en outre que l'Europe n'avait "pas d'autre choix que d'aider l'Afrique à se développer".
"L'attente est forte, l'attente est réelle et j'ai vraiment l'espoir que le président de la République puisse faire adopter ce pacte", avait déclaré plus tôt à la tribune le ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux.
A cinq mois du début de la présidence française de l'Union européenne, le 1er juillet, Nicolas Sarkozy a prôné une coopération étroite avec Berlin pour en assurer le succès.
"Je proposerai à Angela Merkel de travailler avec la présidence française main dans la main", a-t-il dit. "L'Europe a besoin de la coopération entre nos deux pays".
Quelques minutes plus tôt, la chancelière avait elle-même proposé son appui. "Nous sommes prêts à vous aider comme vous nous avez aidés à réussir la présidence allemande", a-t-elle dit.

Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/
Andrea Ypsilanti, la pasionaria qui fait trembler le parti d’ Angela Merkel
24 heures/ Suisse - MICHEL VERRIER | 26 Janvier 2008 |
Allemagne. Candidate du SPD au poste de ministre président du Land de Hesse, ce week-end, Andrea Ypsilanti est devenue la femme politique dont on parle le plus en Allemagne, après la chancelière.

Sur la vaste allée commerçante de Francfort, que surplombent les tours des grandes banques, les militants du SPD se frottent les mains: «Je n’avais pas connu un tel accueil depuis des années», se réjouit Clara, 55 ans, qui fait signer la pétition lancée par Andrea Ypsilanti pour un salaire minimum garanti en Hesse. Il y a quelques mois, personne n’aurait parié un centime sur elle face au sortant, le chrétien-démocrate Roland Koch. Aujourd’hui, elle fait jeu égal avec lui dans les sondages.
La vague de sympathie qui la porte vient de loin. A 50 ans, cette fille d’un ouvrier d’ Opel a creusé son trou au fil des années de militance au SPD. Elle s’était attiré les foudres du chancelier Schröder en 2004 en critiquant sa politique de «modernisation» du marché du travail et de réduction des indemnités chômage, qui lui a coûté les élections de 2005.
Aujourd’hui, après le tournant à gauche du SPD conduit par Kurt Beck, président du parti et ministre président de la Rhénanie- Palatinat voisine, elle semble avoir eu raison avant les autres.
Une campagne antijeunes pour nuire à Ypsilanti
Ypsilanti a centré sa campagne sur les thèmes qui travaillent les électeurs depuis des mois, l’école au premier plan. La réforme scolaire a réduit la préparation de l’ Abitur (Maturité) à huit ans et renforcé encore la sélection d’un système déjà hypersélectif. Elle propose d’en revenir à la préparation en neuf ans et de multiplier les «collèges uniques», dans lesquels les élèves seront «sélectionnés » en 10e classe et non plus dès la 5e, entre huit et dix ans. Sa proposition fait un tabac.
Roland Koch, persuadé qu’il ne ferait qu’une bouchée de Ypsilanti, a réalisé son erreur en décembre. Saisissant l’occasion de l’agression filmée d’un retraité dans le métro de Munich par un jeune Turc et un jeune Grec, il a tenté de rattraper son retard en lançant une campagne virulente contre la délinquance des jeunes immigrés. S’il a réussi à en faire le premier thème de débat d’ Allemagne, en Hesse, la question passe toujours après l’école et le chômage. «Il mène une campagne d’opposition alors qu’il est au gouvernement depuis 1999, relève Daniel Cohn Bendit», député Vert européen, pilier du camp écologiste de Francfort. Angela Merkel, venue soutenir Koch bec et ongles jeudi, a été accueillie par les huées de centaines de jeunes radicaux. Koch assure qu’il peut encore sauver la mise dimanche.
Sinon, le boulet Ypsilanti pourrait toucher Angela Merkel.
Les eurodéputés vont rendre obligatoire l’étiquetage des aliments mais renoncent à l’étiquetage sur les risques de l’alcool.
BRUXELLES (AFP) - 30/01/2008 - INFOSAFF - Morgane Legall
Désireux de mieux informer les consommateurs et de lutter contre l'obésité croissante des Européens, Bruxelles veut rendre obligatoire l'étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires mais épargne en revanche largement les boissons alcoolisées.
L'objectif affiché mercredi par le commissaire européen à la Santé Markos Kyprianou est de "donner au consommateur européen les moyens de faire le choix d'une alimentation équilibrée", en précisant les informations essentielles "de façon claire et lisible" sur les étiquettes.
« Les eurodéputés ont renoncé à demander des règles communes d’étiquetage sur les risques de l’alcool, préférant exiger de la Commission européenne qu’une étude sur l’efficacité de ces méthodes soit publiée d’ici fin 2009.
Le texte original du rapport exigeait de Bruxelles la préparation d’ici au 1er janvier 2010 d’une directive prescrivant l’apposition de mises en garde pour la santé sur les boissons alcoolisées, ou à défaut d’expliquer pourquoi la Commission ne la jugeait pas nécessaire, contrairement au tabac.
Mais le paragraphe litigieux a été remplacé par un amendement demandant que Bruxelles publie d’ici fin 2009 une "étude comparative de l’impact et de l’efficacité des différents moyens d’information et de communication, notamment l’étiquetage et la publicité".
Une alliance entre conservateurs et socialistes a permis l’adoption de cet amendement à une écrasante majorité (534 voix contre 136 et 21 abstentions). Les eurodéputés relèvent au passage que "les différences entre les règles nationales d’étiquetage ont de sensibles répercussions sur le marché intérieur de l’Union Européenne", car certains pays, comme la France, ont introduit de tels avertissements sur les étiquettes de boissons alcoolisées.
"Le Parlement a cédé au lobby de l’alcool et envoie un mauvais signal en matière de lutte contre les méfaits de l’alcool dans toute l’Europe", s’est emportée l’écologiste allemande Hiltrud Breyer. La conservatrice allemande Renate Sommer s’est au contraire réjouie du vote. "Ces avertissements sont de toutes façons sans aucun effet, et ils sont très controversés", a-t-elle estimé.
Les eurodéputés estiment cependant que les femmes comme les hommes devraient être mieux informés sur les risques liés à la consommation d’alcool pendant une grossesse, de même que les hommes devraient l’être "sur les liens qui existent entre l’alcool et l’impuissance".
En matière de sécurité routière — l’alcool serait à l’origine de 17.000 morts par an sur les routes de l’Union Européenne —, les députés se prononcent en faveur de "l’adoption sur le plan européen d’un taux d’alcoolémie aussi proche que possible de 0 g/l" pour les conducteurs, en particulier pour les jeunes et les professionnels. Ce domaine n’est cependant pas de la compétence de l’Union Européenne, mais des États membres. »
Panzani condamnée pour "licenciements abusifs" dans l'usine Lustucru d'Arles
LEMONDE.avec AFP
Panzani a été condamnée mardi 29 janvier, par les prud'hommes, à payer plus de deux millions d'euros de dommages et intérêts à une soixantaine de salariés licenciés abusivement de son usine de riz Lustucru d'Arles, après les inondations de 2003. "Les motifs économiques invoqués par la SA Lustucru Riz [filiale du groupe Panzani] pour justifier la fermeture du site d'Arles ne reposent sur aucune cause réelle et sérieuse", a estimé Christophe Noël, le président de la commission des prud'hommes d'Arles, chargée de statuer dans cette affaire. Lustucru a été condamnée à verser des dommages et intérêts allant de 12 175 euros à 52 226 euros à la soixantaine de salariés plaignants.
LA RÉHABILITATION AURAIT COÛTÉ TROP CHER, SELON PANZANI
Le directeur des opérations de Panzani pour la région Sud-Est, Michel Peudevin, a indiqué, mardi, que le groupe ferait appel du jugement, qu'il a qualifié "d'inacceptable et incompréhensible". "Nous avons consacré à ce dossier des sommes déjà conséquentes, 12 millions d'euros au titre du plan sauvegarde de l'emploi, 3,8 millions au titre de la revalorisation du bassin d'emploi. Nous avons satisfait à nos obligations", a estimé M. Peudevin, en indiquant que Panzani demandera aussi la suspension du versement des dommages et intérêts jusqu'au jugement en appel.
Panzani avait décidé de fermer son usine de riz d'Arles en février 2004, alors que ses 146 salariés étaient au chômage technique depuis les inondations du 2 décembre 2003. Le groupe avait touché 15 millions d'euros de ses assureurs pour les dommages directs causés par les inondations. Il avait jugé que la réhabilitation de l'usine, qu'il estimait insuffisamement productive, lui coûterait trop cher.
Mardi, les salariés licenciés se sont réjouis du jugement rendu par les prud'hommes, mais, comme l'a rappelé l'un d'entre eux, les condamnations "n'effacent pas le préjudice subi car la plupart des anciens employés sont dans la précarité".
Des souvenirs oubliés peuvent renaître sous l'effet de stimulations électriques du cerveau
LE MONDE | 30.01.08
Il est possible, en stimulant une région spécifique du cerveau, de réveiller certains souvenirs disparus et d'améliorer les capacités mnésiques. Telle est la spectaculaire conclusion à laquelle sont parvenus les membres d'une équipe médicale canadienne dirigée par le professeur Andres M. Lozano, chef de la division de neurochirurgie au Toronto Western Hospital. Publiée, mercredi 30 janvier, par le journal en ligne de l'Association américaine de neurologie, cette observation a été faite, par hasard, chez un homme âgé de 50 ans pesant 190 kg, chez lequel on expérimentait la technique de stimulation électrique intracérébrale profonde pour obtenir une modification du comportement alimentaire.
Développée avec succès en France par le professeur Alim-Louis Benabid (CHU de Grenoble) dans le traitement de certaines formes de maladie de Parkinson, cette technique est aujourd'hui expérimentée pour soigner un nombre croissant de maladies telles que les obésités morbides ainsi que des affections neurologiques ou psychiatriques.
Les neurochirurgiens canadiens expliquent que durant la période où ils pratiquaient, au moyen d'électrodes intracérébrales, la stimulation d'une région très précise de l'hypothalamus, leur patient a subitement eu la perception d'une scène familière, vécue trente ans auparavant. "Il a retrouvé, en couleurs, le souvenir d'un épisode où il était dans un parc avec des amis, rapportent les auteurs de la publication. Il a reconnu sa petite amie de l'époque parmi les gens présents qu'il voyait marcher et entendait parler sans comprendre précisément ce qu'ils disaient. Lui-même observait la scène sans se voir."
Les auteurs rapportent, en outre, que la précision de cette impression de "déjà-vu" augmentait parallèlement à l'intensité de la stimulation. Différentes précautions méthodologiques ont été prises qui permettent, selon eux, d'affirmer que c'est bien cette forme de stimulation qui est directement à l'origine du phénomène. Ils ajoutent que la répétition de ces stimulations a conduit à une amélioration générale des capacités mnésiques : après trois semaines d'impulsions électriques, le patient montrait des performances accrues dans des tests d'apprentissage.
"Pour brève qu'elle soit, la publication de l'équipe canadienne est, à mon sens, très importante et soulève de très intéressants problèmes, souligne le professeur Benabid. L'effet secondaire mis en évidence est très probablement dû à la diffusion du courant électrique à des faisceaux voisins qui se projettent sur la zone voisine de l'hippocampe, ce qui peut interférer avec la mémoire et son évocation. C'est, selon moi, la première fois que l'on met en évidence la possibilité d'augmenter une fonction cérébrale qui n'était pas auparavant altérée."
Il faut toutefois, selon lui, bien se garder d'en déduire que l'on pourra traiter de la sorte les troubles de mémoire, à commencer par ceux dont souffrent les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Pour le professeur Benabid, il ne faut pas non plus interpréter cette observation neurophysiologique comme la démonstration que l'on pourra bientôt améliorer artificiellement certaines fonctions intellectuelles humaines.
Aung San Suu Kyi "pas satisfaite" de ses entretiens avec la junte birmane
RANGOUN (AFP) - 30/01/2008 – TV5 infos
La dirigeante de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi a déclaré mercredi qu'elle n'était "pas satisfaite" de ses discussions avec le régime militaire, qui ont produit peu de résultats depuis plus de trois mois, a indiqué un porte-parole de son parti après une rencontre avec elle.
"Mme Aung San Suu Kyi n'est pas satisfaite de ses rencontres avec le ministre (de la junte chargé de nouer des relations avec elle), principalement parce qu'il n'y a pas de calendrier" dans ce processus, a dit à la presse Nyan Win, porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND).
Mme Suu Kyi, 62 ans, lauréate du Prix Nobel de la Paix, a été assignée à résidence pendant la majeure partie des 18 dernières années. Mercredi, elle a été autorisée à quitter sa maison pour rencontrer pendant environ 90 minutes dans un bâtiment gouvernemental huit cadres de son parti: les sept membres du Comité central exécutif de la LND et le porte-parole Nyan Win.
Elle a eu également ce même jour un nouvel entretien de 45 minutes avec le ministre du Travail Aung Kyi, chargé depuis octobre de nouer des relations avec elle après la répression par le régime d'un mouvement de protestation populaire conduit par des moines bouddhistes. Au total, l'opposante a rencontré Aung Kyi à cinq reprises depuis la fin octobre mais aucun résultat n'a été annoncé. De même, la date de leur prochain entretien n'a pas été fixée, selon le porte-parole de la LND.
La dirigeante de la LND a également cité son père, le héros de l'indépendance Aung San, déclarant aux Birmans: "Espérez le meilleur et préparez vous au pire". "Nous devons être patients, alors que nous avons fait des sacrifices pendant de nombreuses années", a-t-elle rappelé. "Je ne veux pas donner de faux espoirs à la population. J'en dirai plus au moment approprié", a dit Mme Suu Kyi, ajoutant: "Jusqu'ici, nous n'avons reçu aucun message clair du gouvernement".
La Birmanie a été gouvernée par des généraux depuis 1962.
Aung San Suu Kyi a renouvelé son appel à des discussions tripartites entre l'armée au pouvoir, la LND et les multiples groupes ethniques composant la Birmanie. "Les minorités ethniques devraient participer", a-t-elle dit.
Pour la première fois depuis le début de ses entretiens avec un ministre il y a plus de trois mois, Mme Suu Kyi a évoqué la "feuille de route" défendue par le régime pour parvenir à la démocratie, "feuille de route" qualifiée de "trompe-l'oeil" en Occident. La junte affirme que la "feuille de route" aboutira à des élections, après l'approbation de la Constitution par voie de référendum. Aucun calendrier n'a cependant été fixé.
Depuis la répression de septembre en Birmanie, le régime des généraux a soufflé le chaud et le froid, autorisant la venue à deux reprises d'un médiateur de l'ONU pour favoriser un dialogue avec l'opposition, tout en poursuivant les arrestations de dissidents et en resserrant les contrôles sur la population. Le médiateur de l'ONU, Ibrahim Gambari, cherche depuis décembre à retourner dans le pays mais les autorités lui ont fait savoir qu'elles ne pourraient pas le recevoir avant la deuxième moitié d'avril.
mercredi 30 janvier 2008
Les VIP d'Air-Sarko voyagent en classe affaires

Le Canard enchaôné du 30 janvier 2008
Kokopelli: biodiversité pour tous, la fin des illusions
SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée – 30/01/08
Les verdicts sont tombés, l'Association Kokopelli est lourdement
condamnée :
- 12.000 ? pour le grainetier Baumaux
- 23.000 ? pour l'état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).
Il faut être réaliste : les semences que défend l'association Kokopelli, étant maintenues dans l'illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.
Malgré les directives européennes, les avis de l'ONU, du Sénat, de scientifiques, d'agronomes affirmant l'urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l'état français refuse de libérer l'accès aux semences anciennes pour tout un chacun.
C'est ce qui permet aujourd'hui aux magistrats d'infliger ces lourdes peines à l'association Kokopelli.
Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000 ? augmenté de 10.000 ? et recevra 2.000 ? pour ses frais.
L'état français recevra 17.500 ? au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000 ? seront consacrés aux frais et à l'information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l'association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd'hui par le jeu des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.
Nous avons eu droit au grenelle de l'environnement : il faut sauver la biodiversité ! Alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu'elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l'augmentation de la
population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu'elles sont vendues par KOKOPELLI ou d'autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).
Les condamnations infligées à KOKOPELLI ne sont donc pas à chercher dans la nature des semences que protège l'association, mais dans ses actions. L'association propose aux jardiniers, aux paysans, d'être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c'est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d'être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l'agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l'heure où l'on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile,
sont les seules possibilités d'assurer notre alimentation, propager l'autonomie semencière par l'exemple est devenu répréhensible. Ce qu'il faut retenir de ces condamnations, c'est la volonté affichée d'éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.
Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L'ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER.
Aujourd'hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l'uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d'une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.
Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l'ortie, les défenseurs de l'herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l'Environnement et les condamnations qu'il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l'état français mettra un point d'honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.
L'association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d'une extrême urgence. Si l'agriculture productiviste que protége le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus
ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?
La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas. N'obscurcissez pas l'avenir, il l'est déjà suffisamment.
Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !
Ce communiqué est consultable sur notre site
http://www.kokopelli.asso.fr/index.html
Ces monopoles qui ne gênent pas Attali
Marianne - Mercredi 30 Janvier 2008 - Anna Borrel et Pauline Delassus
Le libéralisme proposé par Attali a ses limites : il ne remet en cause ni les grands corps d'état, ni la grande distribution, ni les oligopoles de l'eau ou des télécommunications.
« Les Français doivent passer d'une culture de la rente à une culture du risque », tempêtait déjà Jacques Attali avant même de rendre son rapport. D'ailleurs, dès le début du rapport, on retrouve son leitmotiv : « Supprimer les rentes, réduire les privilèges », credo qu'il ne cesse de décliner par la suite. Mais curieusement, tandis que les économistes de gauche fustigent ce libéralisme à tous crins, les fondus de la logique libérale ne semblent pas non plus satisfaits pour autant. Michel Godet, par exemple, ne cache pas son désaveu des 300 décisions pour changer la France. « C'est plein d'idées neuves et intéressantes, malheureusement, les idées intéressantes ne sont pas neuves et les idées neuves sont loin d'être intéressantes. » Car si Attali s'attaque courageusement aux riches rentiers que sont les coiffeurs, les taxis, les pharmaciens et même les notaires en proposant de dérèglementer leurs professions, l'ambitieux rénovateur a, semble-t-il, oublié de s'occuper de quelques unes des plus grosses rentes qui structurent l'économie française.
Les rentiers du dividende numérique
Lorsqu'il évoque l'attribution des fréquences hertziennes par exemple, le rapport ne dit pas un mot sur celles allouées gracieusement à TF1 et M6, sans contrepartie. Pour occuper les fréquences que va libérer la révolution numérique, les nouveaux entrants de la TNT ou de la téléphonie vont sans doute se battre. Mais pour ceux qui sont déjà en place, la rente tombe chaque année, avec une régularité mécanique. L'attribution de la fréquence de TF1 ainsi été renouvelée en 2006 pour une concession qui court jusqu'à 2012. Et si la chaîne ne respecte pas son cahier des charges (dans lequel figure notamment l'exigence du « mieux disant culturel »), ça ne dérange personne. Bouygues d'ailleurs, qui est propriétaire de TF1, jouit d'une autre rente de situation qui ne dérange pas non plus les chantres libéraux de la commission.
Bouygues : le bon élève de la rente
Dans le passage consacré aux dividendes numériques, les auteurs soulignent bien la situation d'oligopole qui prévaut dans la téléphonie mobile, où « trois opérateurs se partagent 90% du marché et où les forfaits ont augmenté en moyenne de 40% entre 1999 et 2006 ». Pas très « pouvoir d'achat » tout ça. Mais si Attali et ses amis préconisent l'ouverture du marché à un quatrième acteur, ils oublient de revenir sur les conditions d'attribution de fréquences aux acteurs déjà en place. Là encore, Bouygues ne remplit pas le cahier des charges : « Tous les opérateurs devaient équiper 20% du territoire en norme téléphonique 3G pour permettre l'accès à Internet par le téléphone, rappelle Edouard Barreiro, chargé de mission télécoms et commerce à UFC-Que choisir. Bouygues n'a pas rempli son obligation, mais il n'y a eu aucune sanction… » Une fois les fréquences numériques attribuées, les rentes fonctionnent à plein. Mais il est peut-être plus difficile de s'y attaquer que de s'en prendre aux coiffeurs… D'ailleurs, UFC-Que choisir, qui porte plainte contre l'autorité de régulation de la téléphonie mobile devant le conseil d'Etat, ne manque pas de fustiger le poids des lobbies dans ce domaine. Tout juste l'UFC espère-t-elle que l'entrée d'un quatrième opérateur pourra permettre de faire jouer la concurrence et de faire baisser les prix…
Distribution peu partageuse
Mais de concurrence véritable, il n'y en a guère de possible sur le marché de la grande distribution. Autre marché, autre situation d'oligopole, où cinq géants pèsent de tout leur poids, non pas pour faire baisser les prix au consommateur comme le clament certains, mais bien plus pour faire baisser les prix des petits fournisseurs. En proposant de dérèglementer le marché, notamment par l'abrogation de la loi Galland, «le rapport Attali ne fait que reprendre les revendications d'Edouard Leclerc et de ses amis, sans aucune contrepartie pour les fournisseurs. Au nom du pouvoir d'achat, il accélère et codifie la concurrence déloyale. C'est un vrai renforcement des rentes de la grande distribution», se désole Christian Jacquiau, auteur du Livre noir de la grande distribution (Albin Michel). Le rapport constate que les législations en place n'ont pas permis de protéger les fournisseurs et le petit commerce des grosses enseignes, mais ne propose aucun garde-fou solide pour y remédier. En proposant d'étendre (si cela est encore possible) la part du territoire desservie par les hypers, les décisions du rapport changeraient peut-être la France, mais elles permettraient surtout d'engraisser un peu plus les rentes des acteurs surpuissants sur ce marché fermé à tout nouvel entrant.
Des Attali partout ?
Enfin, la société conçue par l'énarque Attali ressemble beaucoup, à certains égards, à celle qui l'a formée. Un petit chapitre s'attaque aux grands corps d'Etat (décision 247). Mais il n'aborde pas l'une des rigidités critiquée par les plus fervents partisans d'une société libérale mondialisée. «C'est assez superficiel, relève Ghislaine Ottenheimer, journaliste et auteur d'un livre d'enquête sur les inspecteurs des finances, Les Intouchables (Albin Michel).
Il faudrait vraiment réformer le recrutement des élites françaises. Encore aujourd'hui, les énarques ou les inspecteurs des finances bénéficient d'une forme de rente au sens où ils sont sûrs d'être propulsés aux plus hautes fonctions. Mais ce qu'il y a de plus grave encore, c'est que la formation qu'ils ont reçue ne les prépare pas forcément aux postes qu'ils sont amenés à occuper. Le cas de Daniel Bouton en est un exemple récent… » Tandis que les entreprises du monde entier «castent» leurs dirigeants en fonction de leurs besoins, en France, il suffit encore d'être estampillé d'une grande école pour être considéré, à vie, comme efficace. Au mépris des talents qui n'ont pas toujours eu la chance d'accéder au concours d'entrée…
En plus des situations de rente abordées dans le rapport, soit timidement comme les grands corps d'Etat, soit carrément pour les renforcer comme la grande distribution, on ne compte pas celles qui en sont carrément exclues. Comment le duopole qui règne sur le marché de l'eau, par exemple, que se disputent Véolia et Suez. A-t-il pu échapper à l'œil du libéral, au moment même où des élus tentent de fronder contre cette rente indue que communes et administrés payent comptant ?
« Le problème, analyse l'économiste Liêm Hoang-Ngoc, c'est que la concurrence n'est pas forcément le remède aux situations de rente. Il est très difficile, dans des marchés où prime la concentration comme les télécommunications ou la grande distribution, de faire intervenir de nouveaux entrants. En réalité, ce rapport, qui est très fortement marqué par un dogmatisme idéologique, nie les phénomènes de concentration. » Peut-être la boîte à outils d'Attali ne lui permet-elle pas de se confronter à ces situations ? Peut-être, également, que la crainte d'affronter certains mastodontes de l'économie française a fait reculer Attila.
La grande illusion bancaire : les dirigeants de banques vivent avec l'espoir fou de contrôler le risque.
Marianne - Mercredi 30 Janvier 2008 - Bernard Maris, journaliste et écrivain.
Peut-on contrôler la finance internationale, et les agissements des banques ?
Donc à Londres se sont réunis quatre Grands l’, italien, Allemand, Anglais, et Français. Le Français a dit : «Il est temps de mettre de la transparence, des nouvelles règles prudentielles dans les systèmes financiers, et de préférer prêter de l'argent à celui qui entreprend et crée de la richesse plutôt qu'à celui qui veut acheter pour dépecer et spéculer.»
C'est une magnifique question posée par le président français, déjà posée en 1944 par le Général de Gaulle et en 1981 par François Mitterrand. Si l'on regarde l'exposé des motifs des lois qui nationalisèrent le système bancaire en France en 1944 et en 1981, on est frappé par la similarité des objectifs invoqués : mettre la Banque au service de l'entreprise. Faire de la banque un simple outil, un simple intermédiaire, sans plus, qui favorise les créateurs de richesse.
Ce qui pose la question de savoir ce qu'est une banque ?
Une société qui n'a pas un sou, qui emprunte de l'argent pour le re-prêter, et, au passage, prend sa petite commission. Elle transforme de l'argent que vous déposez à vue, au jour le jour, en des prêts à 20, 30 ans ou plus. Elle transforme l'instant en de la durée. Mais une banque doit-elle spéculer ?
On peut imaginer que son travail de spéculation soit marginal, et en tout cas totalement séparé de la gestion paisible en bonne mère de famille des économies des bons pères de familles. Et qu'elle n'utilise pas les économies des épargnants pour spéculer. Or aujourd'hui, la spéculation représente (je parle de la Société Générale) près de la moitié de ses profits ! Or, à la différence du joueur du Casino, qui sait au fond, qu'il ne gagnera pas, la Banque elle, croit qu'elle domine le risque, Voilà sa grande candeur, sa naïveté, et sa faute majeure, ses dirigeants croient qu'elle domine le risque par ses techniques de prévision, ses modèles mathématiques et ses nouveaux produits financiers. Elle construit donc une gigantesque industrie du risque, une industrie financière, elle fabrique du risque pour tuer le risque, elle chasse par la porte le risque qui revient par la fenêtre. A qui profite la spéculation ? Aux spéculateurs. D'abord et surtout aux spéculateurs.
Le dicton du jour : toujours un dicton de mon ami banquier : «si les petits prêteurs arrivent en Bourse, alors il est temps d'en partir.»
Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.

