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jeudi 31 janvier 2008

«Astérix aux Jeux olympiques», potion tragique

Reuters et Libération jeudi 31 janvier 2008 – Didier Péron

Cinéma. Marketing et lancement sans précédent, maximum de dividendes escomptés… Le film oublie simplement d’être drôle.

Si l’on procède à une rapide revue de presse sur le cas Asterix aux Jeux olympiques, ça sent la curée : «La vacuité de cette gigantesque marmite finit pas susciter un sentiment de malaise» (le Monde), «Un scénario inconsistant» (Ouest-France), «Consternant d’indigence» (les Inrocks), «Une marmelade tiédasse et sans idées» (le Parisien), «Gags et dialogue primaires, acteurs absents» (VSD). Au risque de ne pas surprendre, on est bien obligé de penser la même chose.

Le film pulvérise des records chiffrables : budget de 78 millions d’euros, plan marketing à 20 millions

d’euros, lancement instantané sur 5 000 salles en Europe… Le péplum est profilé pour engranger des dividendes considérables sur l’ensemble de l’Union européenne et au delà (Russie) en essayant de faire mieux que le précédent opus, Mission : Cléopâtre signé Alain Chabat.

L’esprit de calcul semble donc seul avoir traversé indemne l’aventure, dont les errements alimentent les conversations malveillantes des profesionnels depuis plus d’un an. Mais l’humour, le sens du burlesque, le timing d’un gag, la finesse d’une blague ne s’achètent pas. Tous ceux qui ont essayé d’être drôle une fois dans leur vie en savent quelque chose !

Adapté de l’album d’Uderzo et Goscinny datant de 1968, le film est cosigné par Langmann et Frédéric Forrestier. Le casting est chargé à bloc d’apparitions qui ressemblent à un listing de soirée privée au Tropicana Dancing de Saint-Trop’ (Dany Brillant, Adriana Karembeu, Zinedine Zidane, Francis Lalanne, on s’attend à tout moment à voir surgir Nicolas Sarkozy et Van Damme).

Les anachronismes nazebroques (l’épée-laser de Star Wars, le char en plastique rouge piloté par Michael Schumacher…) tapissent les tunnels d’ennui générés par le cabotinage d’un Benoît Poelvoorde qui a bien du mal à cacher son envie de quitter chaque scène en hurlant de détresse. Trônant au-dessus de la mêlée des bouffons de tout poil (Depardieu, Cornillac, Dubosc), le vieux mérou Delon, se livre à un étrange jeu d’autoparodie narcissique («Ave Moi»).

Le vide sidérant que laissent ces deux heures de bruit confirme au moins que le pouvoir économique (producteurs et acteurs sont tous des multimillionnaires) œuvre d’arrache-pied à l’abêtissement des foules.

Posté par werdna à 11:06 - Culture - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Colère à Fresnes, après l’agonie d’une détenue

ONDINE MILLOT - Libération jeudi 31 janvier 2008

Les codétenues de Lucilia, 28 ans, dénoncent un manque de soins fatal.

«La prison tue !.» C’est le «cri de colère, de douleur et d’alerte», qu’ont signé la semaine dernière quarante-six détenues de la maison d’arrêt des femmes de Fresnes (Val-de-Marne). Une démarche rarissime, ne serait-ce qu’en raison des difficultés pratiques pour pouvoir s’organiser collectivement et faire passer un tel message à l’extérieur.

A l’origine de cette mobilisation, la mort de Lucilia, 28 ans, le 18 janvier. Depuis plusieurs mois, «Lu se plaignait de maux de tête, de nausées, de vertiges», dit la lettre. «Elle en faisait part au service médical en recevant comme seule réponse du Doliprane.» «Ses douleurs étaient tellement fortes qu’elle ne pouvait plus bouger», témoigne Stéphanie, une ancienne détenue qui a partagé la cellule de Lucilia, avant d’être libérée en septembre. «A de nombreuses reprises, je l’ai aidée à écrire des mots pour demander un rendez-vous avec un médecin et un scanner. Mais à chaque fois, l’infirmière lui disait : "Arrête ton cinéma."»

Lu, pourtant, n’était «pas du genre à se plaindre», raconte Carole, elle aussi ancienne détenue libérée au mois de novembre. «C’était une jeune femme dynamique, positive, toujours souriante. Quand j’ai appris son décès, je me suis souvenu de toutes les fois où on avait essayé d’alerter le service médical. Ils l’ont laissée mourir.»

Lettre collective. Dans les semaines précédant sa mort, Lucilia s’est évanouie plusieurs fois : en cours de français, en poussant les chariots de la distribution des repas. «Elle se sentait de plus en plus malade, explique la lettre collective des détenues. Tout le monde le voyait, le personnel pénitentiaire, l’infirmière, les médecins.»

Dans la nuit du 17 au 18 janvier, à 4 heures du matin, la détenue qui partage sa cellule avec Lucilia appelle une surveillante. La jeune femme pleure et se tord de douleur. La surveillante répond qu’il faut attendre le matin. A 7 heures, Lucilia ne peut plus se lever. Elle demande à être transportée à l’hôpital pénitentiaire, qui se trouve juste à côté de la maison d’arrêt des femmes. Sa codétenue réclame l’intervention de l’infirmière. Les surveillantes répondent que l’infirmière est prévenue.

A 11 heures, Lucilia ne peut plus bouger la main. L’infirmière n’est toujours pas passée. Sa codétenue appelle encore une fois. A midi, Lucilia perd conscience, ne répond plus. Sa codétenue hurle et l’infirmière intervient enfin. Les secours arrivent à 13 heures. Lucilia est admise en réanimation à l’hôpital Saint-Louis à 15 heures.

«Les médecins m’ont expliqué qu’elle avait fait un arrêt cardiaque, raconte sa sœur, Vania. Et que cet arrêt a duré trop longtemps avant qu’on la réanime. Ils m’ont dit que c’était perdu, que son cerveau était trop endommagé.» Une autopsie a été réalisée, dont les résultats n’ont toujours pas été transmis à la famille. «Elle a passé une nuit entière à appeler à l’aide, dit Vania. Si elle est morte, ce n’est pas la fatalité, c’est simplement parce qu’ils s’en fichent.»

Plusieurs témoignages recueillis auprès de familles et proches de détenues font état de «graves défaillances» du système de soins à la maison d’arrêt pour femmes. Des pathologies «qui ne sont pas soignées», un secret médical qui n’est «pas respecté». Interrogé hier par téléphone, Didier Cazejust, le directeur du CHU du Kremlin-Bicêtre, auquel est rattaché le personnel de santé de Fresnes, promet qu’il va tout faire pour «en savoir plus» et «comprendre ce qui s’est passé». A la direction de l’administration pénitentiaire, on explique que l’on «suit avec attention» la situation, mais «sans s’alarmer» : «L’émotion suite à un décès en détention est compréhensible et habituelle.»

Casseroles. Après avoir appris la mort de Lucilia, qui leur a été annoncée quatre jours après, le 22 janvier, les détenues de Fresnes ont manifesté leur révolte «avec un concert de casseroles tapées sur les barreaux et les portes», raconte leur lettre. Elles ont également refusé collectivement de s’alimenter, dimanche dernier. D’après plusieurs sources, des sanctions (privation de travail, fouille de cellule, commission de discipline) seraient tombées sur les détenues soupçonnées d’avoir transmis des informations à l’extérieur.

Lucilia était en détention préventive depuis mai, en attente de son jugement pour avoir servi de «mule» dans un transport de drogue. «Il y a beaucoup de filles dans ce cas-là, à Fresnes, dit Yasmine. En général, elles prennent deux à trois ans. Lucilia était une détenue modèle, elle aurait pu sortir assez vite en conditionnelle, et retrouver son fils.»

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Libération samedi 2 février - Les sanctions continuent de tomber contre les détenues de Fresnes qui avaient dénoncé dans une pétition collective, les graves défaillances du système de santé de la maison d'arrêt des femmes, après la mort de l'une d'entre elles. Deux détenues ont été transférées à Fleury et à Versailles.

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TRAITE DE LISBONNE - UE : 59% des Français pour un référendum, selon CSA

NOUVELOBS 31/01/08

Selon un sondage CSA paraissant dans L'Humanité Dimanche, 59% des Français souhaitent un référendum sur le nouveau traité européen, apprend-on ce jeudi 31 janvier. 33% préfèrent au contraire, qu'il soit ratifié par le Parlement et 8% des personnes interrogées ne se prononcent pas.

61% en octobre -
Fin octobre, d'après un sondage similaire réalisé pour Le Parisien, 61% des Français souhaitaient que le traité soit ratifié par référendum, alors que 31% étaient partisans d'une ratification par le Parlement et que 8% ne se prononçaient pas.
Nicolas Sarkozy a convoqué le Congrès le 4 février pour modifier la constitution française, un préalable à la ratification du traité européen. Pour être approuvée, cette modification doit recueillir les voix d'au moins 3/5 des parlementaires présents. (avec AP)

Sondage réalisé par téléphone les 23 et 24 janvier auprès d'un échantillon national représentatif de 960 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas.

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Le chef de l’Etat a exalté à nouveau "les racines chrétiennes" de l'Europe, à la convention UMP, devant la chancelière allemande

NOUVELOBS.COM | 30.01.2008 |

Le chef de l'Etat a qualifié d'"erreur" le retrait de cette mention dans le projet de traité européen refusé en France lors du référendum de 2005. "Si on renie son histoire, on ne prépare pas son avenir", a-t-il ajouté.

Le chef de l’Etat a exalté mercredi 30 janvier les "racines chrétiennes de l'Europe" en qualifiant d'"erreur" le retrait de cette mention dans le projet de traité européen refusé en France lors du référendum de 2005, lors d'un discours devant la convention de l'UMP sur l'Europe.
"Ce fut une erreur de tourner le dos à notre passé et de renier d'une certaine façon des racines qui sont évidentes", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui intervenait après un discours de la chancelière allemande Angela Merkel.
"Et qu'on ne vienne pas me dire qu'on remet en cause la laïcité, il suffit de survoler la France pour voir ce long manteau d'églises. Et quand même, dire qu'en Europe il y a des racines chrétiennes, c'est tout simplement faire preuve de bon sens, renoncer à le dire c'est tourner le dos à une réalité historique", a ajouté le chef de l'Etat.
"Si on renie son histoire, on ne prépare pas son avenir", a-t-il conclu.

La polémique est relancée
Les positions du président de la République sur la religion et la laïcité ont suscité la polémique ces dernières semaines, d'abord en vantant en décembre les "racines chrétiennes de la France" à Rome, puis en exaltant à la mi-janvier en Arabie saoudite l'héritage "civilisateur" des religions, dans des termes inédits pour le chef d'un Etat laïque.
L'opposition de gauche a notamment accusé Nicolas Sarkozy de vouloir remettre en cause la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905, ce que le chef de l'Etat et son gouvernement ont fermement démenti. (AFP)

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Les sponsors présidentiels rivalisent de largesses

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Sarkozy veut moraliser le capitalisme financier et plaide pour plus de transparence financière…

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Représentativité syndicale : Avant les négociations, le patronat dresse un tableau très noir de l'état du syndicalisme français

L. DE C.  – Les Echos -[ 31/01/08  ]

Les organisations patronales ont transmis hier aux syndicats une note de problématique sur la représentativité syndicale qui sera discutée ce matin par les partenaires sociaux lors de la deuxième séance de négociation sur le sujet au Medef.

Après les tensions internes qui ont accompagné la négociation sur le marché du travail, le patronat s'est offert une petite pause hier. Le Medef, la CGPME et l'UPA sont rapidement tombés d'accord sur la « note de problématique » qu'ils s'étaient engagés à remettre aux organisations syndicales pour la deuxième séance de négociation sur la représentativité, aujourd'hui. Elle a donc pu être transmise dans l'après-midi aux cinq confédérations, plutôt que remise sur table, comme cela avait été envisagé au départ. Les organisations patronales n'ont eu aucun mal à s'accorder sur l'état des lieux du syndicalisme français. Au risque, cependant, que les organisations de salariés dénoncent une instruction à charge.

Pour les entreprises, il n'y a en effet guère de nuance : « Les effectifs des organisations syndicales n'ont cessé de s'effriter depuis les années 1950 et ces dernières comptent aujourd'hui peu d'adhérents. » Aucune référence n'est ainsi faite à l'embellie des adhésions constatée autour de 2000, au moment de la mise en place des 35 heures. Et pour évaluer les effectifs syndicaux, le patronat s'appuie sur une étude commandée par la Dares mais non publiée à ce jour que contestent fortement les syndicats, dont les estimations sont affichées en comparaison sur le document.

Aucune référence n'est en revanche faite à la question, par exemple, des pénalisations de carrière subies par les élus syndiqués, qui ont pourtant fait l'objet d'une importante jurisprudence et dont les organisations de salariés considèrent qu'elles freinent le développement du syndicalisme. Autant dire que la discussion devrait être animée sur ce premier chapitre, avec le risque d'ailleurs qu'elle s'y égare.

Du grain à moudre

C'est pourtant dans le deuxième chapitre, celui de « l'identification des problèmes posés et pistes de solutions possibles », que sera le véritable enjeu de la négociation sur la représentativité. Le document affirme la nécessité de ne pas remettre en cause, si ce n'est à la marge, les critères actuels de représentativité et même, tout au contraire, d'amplifier celui du poids des adhérents et de leurs cotisations. Mais il décortique aussi les questions posées par l'introduction d'un critère d'audience : seuil de représentativité et mesure, au niveau de l'entreprise, de la branche, de l'interprofessionnel ; périodicité de la révision de la représentativité ; disparition de son caractère irréfragable ; obligation consécutive que les délégués syndicaux soient élus ; possibilité de phases transitoires.

Pendant ce temps…la police enquête sur les dessous de l'affaire UIMM,

et des 20 millions d’euros retirés en liquide par son ancien président délégué général Denis Gautier-Sauvagnac. Le cabinet de Nicolas Sarkozy aurait été informé en 2004, quand il était ministre des Finances, des retraits en liquide effectués par Denis Gautier-Sauvagnac dans les caisses de l'UIMM, affirmait l'hebdomadaire Marianne dans son édition du 23 novembre 2007.

L’enquête de la Brigade financière conduite sous l'autorité du parquet de Paris a depuis, fait un détour inattendu et très discret par les locaux du ministère de l’Economie et des finances. Tracfin, le service anti-blanchiment de Bercy a reçu la courtoise visite de la Brigade fin novembre. Surprise des fonctionnaires des Finances : quand ils voient la Brigade financière, c’est pour échanger des informations, mais pas pour subir une perquisition…

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Les Indégivrables : les trucs inutiles ...

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Traitement de choc pour tuer l’hôpital public

Le Monde diplomatique Février 2008

Par André Grimaldi, Thomas Papo et Jean-Paul Vernant

André Grimaldi  - Chef du service de diabétologie-métabolisme du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière (Paris).

Thomas Papo - Chef du service de médecine interne, coordinateur du pôle médecine de l’hôpital Bichat (Paris).

Jean-Paul Vernant -Chef de service d’hématologie, coordinateur du pôle d’onco-hématologie (Pitié-Salpêtrière).

Des malades chroniques, en France, ont entamé une grève des soins pour protester contre le paiement de sommes forfaitaires pour les médicaments, les transports en ambulance et les visites médicales. Périlleux, le mode d’action rappelle que la santé ne saurait être un marché « comme les autres ». Or les réformes du financement de la Sécurité sociale et des hôpitaux publics mettent en péril l’accès aux soins pour les malades, le travail des professionnels concernés et la qualité de la médecine.

La crise des hôpitaux et du système de santé français ne doit rien au hasard. Elle est d’abord due à la pénurie médicale qui résulte de la politique suivie pendant vingt ans, de façon continue, par tous les gouvernements. Pendant cette période, on est passé de la formation de huit mille cinq cents à trois mille cinq cents médecins par an . Cette politique malthusienne a été prônée à la fois par certains économistes spécialistes de la santé et par les syndicats de médecins libéraux.

Pour les économistes en question, c’est l’offre qui détermine la demande. En diminuant la première, on allait donc réduire la seconde. Cette position paraît d’autant plus étonnante qu’elle ne comprenait, en parallèle, aucune adaptation du système de soins. De façon moins naïve, les syndicats de médecins libéraux estimaient que la diminution du nombre de praticiens leur permettrait d’être en position de force sur le marché.

De fait, cette diminution favorise la pratique des dépassements d’honoraires, notamment des spécialistes, laquelle est en grande partie légalisée par la réforme de la Sécurité sociale mise en place par M. Philippe Douste-Blazy.

La philosophie de cette pratique est bien résumée par la déclaration du docteur Guy-Marie Cousin, président du Syndicat des gynécologues-obstétriciens de France ; si le dépassement d’honoraires en clinique « ne convient pas aux patients, estime-t-il, il faut qu’ils aillent à l’hôpital se faire soigner par des praticiens à diplôme étranger » !

Conséquence de cette logique, la désertification médicale ne touche pas seulement certains territoires ruraux, mais aussi certaines spécialités inaccessibles à ceux qui n’ont pas les moyens de payer les dépassements d’honoraires. 

Besoins de santé en augmentation - C’est sur ce fond de pénurie, au moins relative, qu’a lieu le débat récurrent sur le « trou de la Sécu ».

Pour une part, il s’agit d’un faux débat car les comptes de la Sécurité sociale dépendent non seulement des sorties, mais aussi des rentrées financières. Or le déficit de la branche maladie – 6 milliards (...)

Urgences hospitalières saturées, cliniques florissantes, franchises médicales étendues...

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Controverse autour de la réforme de la recherche en France

PARIS (AFP) – 30/01/08 – TV5 infos

La réforme de la recherche en France, qui a suscité des espoirs dans la communauté scientifique, fait désormais l'objet de nombreuses critiques visant notamment le rôle du CNRS, appelé à perdre une partie de ses prérogatives.

"Ce n'est pas à un organisme si grand, si respecté et si puissant soit-il de définir la politique scientifique de notre pays", a déclaré cette semaine Nicolas Sarkozy, lors d'un discours en l'honneur du prix Nobel de physique 2007 Albert Fert !

Le chef de l'Etat, qui a répété qu'il voulait porter l'effort de recherche à 3% du PIB d'ici 2012 grâce à 15 milliards d'euros supplémentaires dont 4 milliards à la charge de l'Etat, a ajouté qu'il appartient au gouvernement et au parlement "d'attribuer l'argent public et de fixer les orientations stratégiques".

Interrogé par l'AFP, M. Fert s'est dit en désaccord sur ce point avec le président. "Il manque un maillon dans le raisonnement qui dit que le ministère définit des priorités et ensuite les universités opèrent la recherche", a-t-il jugé, ajoutant que "le CNRS a un rôle important, que c'est un outil qui fonctionne".

"Détruire l'outil qui marche en espérant que l'outil créé marche mieux est un peu dangereux", selon le physicien. Il rappelle qu'aux Etats-Unis, la National Science Foundation est plus qu'une agence de moyens puisqu'elle "coordonne la répartition des instruments chers dans les universités", et qu'en Allemagne, ce n'est pas tant dans les universités que dans les instituts (Max Planck) que sont menées les recherches du plus haut niveau.

Le prix Nobel s'est toutefois dit en accord avec les propositions du gouvernement pour faire évoluer le statut de chercheur. "La mise en place de postes de chercheurs communs aux universités et au CNRS me semble une bonne chose en permettant aux chercheurs lorsqu'ils sont jeunes de participer à l'enseignement à l'université", a encore dit M. Fert.

Chez d'autres scientifiques, les propositions de M. Sarkozy sur le statut des chercheurs ont soulevé un tollé. Pour le président du collectif Sauvons La Recherche, Bertrand Monthubert, le président de la République "annonce, de fait, "la disparition du statut de chercheur". Selon lui, "le nouveau statut est totalement flou" et "suscite consternation, perplexité et crainte".

Alors que M. Sarkozy affirme que "si peu de brillants esprits sont attirés par notre pays", M. Monthubert objecte que le CNRS "recrute de 20% à 25% de chercheurs étrangers tous les ans".

"Après le rapport Attali, le discours de Sarkozy confirme que nous sommes face à une déstabilisation effective de notre système de recherche", estime Sauvons La Recherche dans un communiqué appellant la communauté scientifique à se mobiliser.

Le Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS-FSU) dénonce pour sa part dans un communiqué un ministère de la Recherche et de l'enseignement supérieur "qui ne donne pas que des orientations, mais élabore (comment ?) une politique scientifique qu'il impose aux organismes, qui à leur tour l'imposent aux universités".

Ce syndicat craint "sous couvert d'élitisme, un retour de 50 ans en arrière", avec un "retour en force du mandarinat, des clans, de l'opacité".

Un élitisme défendu par le gouvernement et soutenu par un groupe de chercheurs de divers disciplines, dans une tribune au Monde mardi. Ces chercheurs insistent toutefois pour que les décisions en matière de recherche soient prises par des comités scientifiques indépendants du pouvoir politique.

Ils dénoncent ainsi le fait que l'Agence nationale de la recherche (ANR), qui a la haute main sur le financement sur projets, ait "un conseil d'administration nommé par le gouvernement, mais nul conseil scientifique".

Posté par werdna à 00:03 - Recherche - Science - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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