jeudi 31 janvier 2008
Les eurodéputés vont rendre obligatoire l’étiquetage des aliments mais renoncent à l’étiquetage sur les risques de l’alcool.
BRUXELLES (AFP) - 30/01/2008 - INFOSAFF - Morgane Legall
Désireux de mieux informer les consommateurs et de lutter contre l'obésité croissante des Européens, Bruxelles veut rendre obligatoire l'étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires mais épargne en revanche largement les boissons alcoolisées.
L'objectif affiché mercredi par le commissaire européen à la Santé Markos Kyprianou est de "donner au consommateur européen les moyens de faire le choix d'une alimentation équilibrée", en précisant les informations essentielles "de façon claire et lisible" sur les étiquettes.
« Les eurodéputés ont renoncé à demander des règles communes d’étiquetage sur les risques de l’alcool, préférant exiger de la Commission européenne qu’une étude sur l’efficacité de ces méthodes soit publiée d’ici fin 2009.
Le texte original du rapport exigeait de Bruxelles la préparation d’ici au 1er janvier 2010 d’une directive prescrivant l’apposition de mises en garde pour la santé sur les boissons alcoolisées, ou à défaut d’expliquer pourquoi la Commission ne la jugeait pas nécessaire, contrairement au tabac.
Mais le paragraphe litigieux a été remplacé par un amendement demandant que Bruxelles publie d’ici fin 2009 une "étude comparative de l’impact et de l’efficacité des différents moyens d’information et de communication, notamment l’étiquetage et la publicité".
Une alliance entre conservateurs et socialistes a permis l’adoption de cet amendement à une écrasante majorité (534 voix contre 136 et 21 abstentions). Les eurodéputés relèvent au passage que "les différences entre les règles nationales d’étiquetage ont de sensibles répercussions sur le marché intérieur de l’Union Européenne", car certains pays, comme la France, ont introduit de tels avertissements sur les étiquettes de boissons alcoolisées.
"Le Parlement a cédé au lobby de l’alcool et envoie un mauvais signal en matière de lutte contre les méfaits de l’alcool dans toute l’Europe", s’est emportée l’écologiste allemande Hiltrud Breyer. La conservatrice allemande Renate Sommer s’est au contraire réjouie du vote. "Ces avertissements sont de toutes façons sans aucun effet, et ils sont très controversés", a-t-elle estimé.
Les eurodéputés estiment cependant que les femmes comme les hommes devraient être mieux informés sur les risques liés à la consommation d’alcool pendant une grossesse, de même que les hommes devraient l’être "sur les liens qui existent entre l’alcool et l’impuissance".
En matière de sécurité routière — l’alcool serait à l’origine de 17.000 morts par an sur les routes de l’Union Européenne —, les députés se prononcent en faveur de "l’adoption sur le plan européen d’un taux d’alcoolémie aussi proche que possible de 0 g/l" pour les conducteurs, en particulier pour les jeunes et les professionnels. Ce domaine n’est cependant pas de la compétence de l’Union Européenne, mais des États membres. »
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