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samedi 26 janvier 2008

Nouvelles franchises médicales, un krach "rampant" dans le budget santé des ménages français

Werdna – Inventerre - samedi 26/01/08

Les nouvelles franchises médicales venues s’ajouter au dispositif déjà existant en matière de non remboursement provoquent déja quelques étonnements. Certains patients prennent conscience de l’ampleur de la supercherie et du coût pour le moment invisible des nouvelles taxes forfaitaires appliquées à la pharmacie et aux soins : 2 euros sur chaque acte médical, 4 euros sur une prise de sang (le double si 2 analyses sont nécessaires .... )  bref, en 3 mois, et pour beaucoup, les 50 euros seront vite atteints ! Et après ?

Premier constat immédiat : un remède bon marché, donc qui pèse peu sur le budget sécu est proportionnellement énormément taxé. Pour tous les traitements homéopathiques , par exemple, il sera en effet retenu 0,50c d'euro sur un tube valant 1 euro ! (la moitié du prix non- remboursé !).

Effets garantis à moyen terme

Un patient, muni d’une ordonnance standard prescrivant un traitement homéopathique avec une analyse de sang va en débourser entre 10 et 20 euros de sa poche…. Pour le moment, il ne s’apercevra encore de rien, mais c’est en cours d’année, sans doute bien après les municipales...., que les assurés découvriront la ponction effectuée sur leurs remboursements.

La Cnam (caisse nationale d'assurance maladie) avait précisé à l’origine que dans la pratique, cette somme serait "déduite" directement par les caisses d'assurance maladie ". Elles vont mettre en place un compteur qui retiendra 50 euros par an et par patient" au fur et à mesure des remboursements". Etant donné que plus de 90% des gens qui achètent des médicaments sur ordonnance bénéficient du tiers payant, --dispositif qui permet au patient de ne pas avancer l'argent des médicaments à la pharmacie--, la franchise sur un médicament sera déduite d'un "remboursement ultérieur", notamment sur celui d'une consultation.

Le système tel qu'il est mis en place "va faire croire, qu'au final, ce sont les actes des médecins qui sont moins remboursés".

Pendant ce temps, les labos…

Concurrence, publicité et promotion des médicaments conduisent les laboratoires à faire acheter aux français aux français les produits les plus récents et les plus chers. Ces derniers dépensent ensemble, chaque année, 3 milliards d'euros pour promouvoir leurs produits.

A quoi les sommes déremboursées vont-elles servir ??? mystère

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui affirmait que « tout le monde pouvait facilement donner 50 centimes sur une boîte », n’a jamais pu préciser si les sommes dégagées grâce à cette franchise  plafonnée à 50 euros par individu pour la seule année  2008, devaient servir à réduire le déficit de la Sécurité sociale, comme l'avait annoncé le candidat Nicolas Sarkozy, ou si elles permettraient de financer des besoins nouveaux, notamment en matière de lutte contre la maladie d'Alzheimer. Mais enfin, depuis combien d'années, nous demande-t-on de faire toujours de nouveaux efforts pour sauver la sécurité sociale ?

Et ce n’est que le début, d’autres réformes sont annoncées pour « équilibrer » le budget de l’assurance maladie. Sauver la Sécu, en éliminant les patients… Car pour les familles modestes, l’accès à la santé est déjà devenu un luxe… 

Posté par werdna à 14:12 - Santé - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Animaux abandonnés – Les conséquences de la crise immobilière aux Etats-Unis

NOUVELOBS 25.01.2008

ETATS-UNIS  Les Américains, expulsés de leurs logements dont ils ne peuvent plus rembourser l'emprunt, sont contraints d'abandonner leurs animaux de compagnie. De plus en plus de chiens et de chats sont abandonnés dans des refuges ou meurent enfermés dans des maisons désertes saisies par la justice, conséquence de la crise de l'immobilier aux Etats-Unis, apprend-on vendredi 25 janvier.

De plus en plus de chiens et de chats sont abandonnés dans des refuges ou meurent enfermés dans des maisons désertes saisies par la justice, conséquence de la crise de l'immobilier aux Etats-Unis, apprend-on vendredi 25 janvier.
Les Américains, expulsés de leurs logements dont ils ne peuvent plus rembourser l'emprunt, sont contraints d'abandonner leurs animaux de compagnie.

Stephanie Shain, une responsable de l'organisation Human Society of the United States explique que certains maîtres confient leurs compagnons à des refuges, et d'autres s'en débarrassent dans la rue ou les enferment dans une maison ou même un placard. "Nous retrouvons beaucoup trop d'animaux morts affamés", déplore-t-elle.

60 chats retrouvés dans une maison - Certains mettent des semaines à succomber de faim et des traces de griffes ou de morsures sont retrouvées sur les portes et les fenêtres des maisons saisies. "Ils mangent n'importe quoi - des meubles, un tapis, un tableau - pour tenter d'ingérer quelque chose", ajoute-t-elle.
Plus de 60 chats ont ainsi été retrouvés dans une maison abandonnée à Cincinatti.
Depuis quelques mois, de plus en plus de familles se présentent dans les refuges pour animaux et disent ne pas avoir "d'autre choix" que d'abandonner leurs compagnons. "Ils nous disent qu'ils ont perdu leur maison et qu'ils doivent déménager", déclare Terri Sparks, porte-parole du plus grand refuge de Chicago, Animal Welfare League.

2 millions de familles sans logement -
Entre 15 et 20 familles par semaine se présentent au refuge et la police lui confie deux à trois animaux par semaine retrouvés dans les maisons désertées.

Près de deux millions de familles ont perdu leurs logements à la suite de saisies, au cours des 11 premiers mois de 2007. Cela représente une augmentation de 73% par rapport à 2006, soit un foyer sur 63 au niveau national, selon la société RealtyTrac qui rassemble des données sur l'immobilier.

on reste perplexe : Faut-il que de pauvres gens soient a ce point désorientés, ce que l’on peut comprendre, mais  perdent tout sens des responsabilité de laisser seul un animal qui va mourir dans d’atroces souffrances …

Posté par Kozett à 12:48 - Défense des animaux - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Allo DSK ? Il faut mettre en place la taxe Tobin, vite !

Samedi 26 Janvier 2008 - Hervé Nathan, rédacteur en chef à Marianne.

Où l'on comprend que l'arnaque de la Société Générale n'est pas un fait divers et que les grands maux, tels, la crise des subprimes, appellent les grand moyens.

Depuis les révélations sur la présumée « fraude » d'un trader de la Société générale, les médias ne savent plus quels mots employer : « casse du siècle (France-Soir), « irresponsabilité générale » (Libération), « l'homme qui a fait sauter la banque » (Le Parisien) « qui a fait perdre 5 milliards à la Société générale » (Le Figaro). Si l'on y ajoute les commentateurs économiques qui se désolent à la radio et ceux qui s'interrogent à la télévision, on en arrive à trois conclusions :

1-Rien n'est plus urgent désormais que de traiter un fait divers, centré sur un personnage à la fois mystérieux et fascinant : le jeune trader Jérôme Kerviel. Rien n'est plus urgent que d'interroger ses parents. Le père a déjà été entendu sur une radio. La maman le sera bientôt. On sait déjà que le jeune homme aurait eu une déception amoureuse, on apprendra bientôt quelle note a obtenu le rejeton en calcul de probabilités de la classe de seconde, etc.…. Dans quelques jours, son bulletin scolaire sera en ligne !

2- A défaut, et plus sérieusement, on recherchera les responsabilités des dirigeants de la Société générale. La version présentée par Daniel Bouton, PDG de la Société générale, amène davantage d'interrogations que de réponses. On sait déjà qu'ils devront répondre de la perte de la majeure partie des 4,5 milliards d'euros envolé. Mais c'est, selon le gouverneur général de la Banque de France, Christian Noyer, « la décision de la banque de vendre lundi et mardi dans les pires conditions de marché qui a conduit à ce niveau de perte ! ».


3- Du coup, le débat politique sur la crise du capitalisme financier, illustré par la déconfiture des marchés immobilier, des matières premières, la montée de l'inflation et des faillites bancaires dans le monde entier est passé au second plan des préoccupations.
C'est exactement ce que souhaitent les leaders économiques : que l'on s'intéresse au fait divers, pas aux vraies affaires.


Pourtant, la SoGé a « aussi » perdu près de 2 milliards d'euros dans l'affaire des subprimes et d'autres engagements du même genre (comme les « monolines »). Et il y a bien quelque chose de commun entre l'immobilier américain et Jérôme Kerviel : la recherche du profit le plus élevé dans le temps le plus court possible, permise et encouragée par la financiarisation de l'économie. De la même manière que Kerviel cherchait des gains en vendant et revendant très vite des promesses d'achat (ou de vente) d'actions à terme, les banques prêtaient à des Américains de quoi acquérir leurs logements, revendaient aussitôt ces créances sur les marchés (découpées en petits morceaux), puis prêtaient à nouveau à d'autres Américains (voire aux mêmes). Plus d'argent plus vite, le plus souvent par emprunt, voilà une très bonne synthèse du capitalisme contemporain !

À tel point que les marchés de produits strictement financiers (transactions sur produits dérivés, changes, finance) sont devenus 200 fois plus importants que les transactions de l'économie réelle (sur les biens et les services, soit le PIB mondial).


Cette masse de transactions, environ 1200 milliards de milliards de milliards de dollars par an, permet de prélever un profit à chaque opération. Les banques sont les premières à profiter de ce phénomène : la Société générale, par exemple, affichait un bénéfice net de plus de 5 milliards d'euros, pour un chiffre d'affaires (produit net bancaire) de 22 milliards. 25% de rentabilité nette, qui dit mieux !

DSK et les alters sont bien assoupis
Qu'y peut-on ? se demande le citoyen, sidéré par les masses en jeu. Et bien, on y peut quelque chose. Il existe un instrument dont doivent s'emparer les sociétés pour calmer ce jeu planétaire délétère : la taxe Tobin, du nom de l'économiste libéral James Tobin (1918-2002) qui l'inventa.

Elle consiste à prélever une taxe sur chaque transaction financière pour augmenter le coût de la spéculation (pas la supprimer), et mieux encore de taxer davantage les transactions courtes (de l'heure, de la journée, de la semaine) pour favoriser les investissements longs (six mois, une ou plusieurs années). Tobin voulait faire de sa taxe un instrument pour éviter la spéculation sur les monnaies. On peut l'adapter à toutes les spéculations : sur les monnaies, les produits dérivés, les matières premières, le pétrole... La taxe Tobin, en frappant les transactions les plus spéculatives, diminuerait leur profitabilité, donc leur attrait pour les banques, les traders, etc. Le produit de la taxe pourrait aller dans des fonds de stabilisation, ou subventionner la lutte contre la pauvreté, contre l'effet de serre, etc. Elle peut être mise en œuvre.


Il existe des institutions internationales pour porter un tel projet, à commencer par le FMI, auxquels les Etats ont confié la mission de veiller sur la stabilité monétaire et financière mondiale. Si son directeur, un socialiste français, paraît-il, sortait de sa léthargie, il aurait là un beau combat à la mesure de son intelligence que l'on dit sans pareille.


Dominique Strauss-Kahn n'est pas le seul assoupi. Les altermondialistes eux-mêmes semblent comme au congélateur. Pour la première fois depuis 2000, il n'y aura pas de forum social mondial (FSM), ni à Porto Alegre au Brésil, ni en Afrique ou en Inde. On n'entendra cette année que l'hymne à la « globalisation », poussé par les puissants réunis à Davos. Il faut éviter cela. C'est en ce moment l'anniversaire de la mort de l'Abbé Pierre. Comme lui, disons « Mes amis, il faut la taxe Tobin, vite ». Tous ensemble, évidemment.

Posté par werdna à 12:12 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Dépassé par son image !

Libération 26/01/08 – Antoine Guiral

Hier, il intriguait les dirigeants de la planète, aujourd’hui il les agace de plus en plus.

Dans la presse étrangère, Nicolas Sarkozy, présenté à ses débuts comme un Président «réformateur», «moderne», décidé à rompre avec les postures gaullistes de la France, reste plus que jamais à la Une, mais pour d’autres raisons. Après l’épisode «Cécilia, le divorce», c’est désormais son style, ses goûts de luxe et les frasques de sa vie privée qui sont disséqués par les médias du monde entier. Comme ceux d’une star abonnée aux revues people.

«Speedy» et «sexy». L’Inde, où le président français effectue une visite d’Etat depuis vendredi, en est l’illustration. Depuis des jours, «speedy Sarko» et «sexy Carla» occupent des pages entières dans les quotidiens du pays. Des portraits sauce Bollywood leur sont consacrés. Rien, en revanche, sur la diplomatie française ou les réformes menées à Paris. Invité d’honneur de la fête nationale, Sarkozy a par ailleurs heurté les dirigeants indiens par l’extrême rapidité de sa visite. Pas plus qu’ils n’ont apprécié de lanterner pour savoir s’il venait ou pas avec sa nouvelle compagne. Même si la visite était présentée comme «essentiellement politique» par l’Elysée, la faiblesse des accords de coopération et la quasi-absence de contrats signés entre les deux pays sont édifiantes.

Dessiné en joggeur pendu à son portable ou caricaturé en Napoléon par la presse internationale, Sarkozy a réussi en quelques mois à dilapider l’énorme a priori positif dont il jouissait auprès des opinions publiques étrangères. Son énergie, sa volonté réformiste et sa campagne électorale ont eu un écho retentissant. Au lendemain de son élection, son livre Témoignage a été traduit en chinois, en américain, en hongrois… Des milliers de reportages positifs et plusieurs biographies lui ont été consacrés de par le monde. Aux Etats-Unis, les républicains, fâchés avec Chirac et la France, l’ont un temps présenté en modèle.

Arrogant. Voyageur compulsif qui n’aime cependant pas rester plus de quarante-huit heures loin de Paris, le président de «la nouvelle France» a honoré des dizaines d’invitations de chefs d’Etat pressés de faire sa connaissance. Il a déjà effectué l’équivalent de près de dix fois le tour de la terre dans son avion. En Chine, sa diplomatie de VRP tournant le dos - comme ses prédécesseurs - à la «diplomatie des droits de l’homme» affichée après son élection a été appréciée. En Afrique, son discours de Dakar a fait grincer bien des dents. Aux Etats-Unis, sa difficulté à tourner la page Bush par ses quasi-silences sur l’Irak ou le réchauffement climatique a surpris. En Europe, il irrite Angela Merkel, insupporte Gordon Brown et n’amuse pas du tout les dirigeants des petits Etats, qui le jugent arrogant.

Sarkozy, qui jubile ouvertement de son costume de «grand de ce monde» et raffole des tribunes internationales, n’a pas fini de faire parler de lui. Dans les mois à venir, il est attendu en Angleterre, en Roumanie, au Brésil, en Angola, en Afrique du Sud, au Tchad… En attendant le Japon, le Pérou… De bien belles images en perspective…

Posté par werdna à 11:30 - Train de vie de l'Etat - Rétroliens [0] - Permalien [#]

BAYROU : Sarkozy à Pau, une gabegie

Ouest-France  jeudi 24/01/08

Candidat à la mairie de Pau, François Bayrou ne décolère pas après la visite de Nicolas Sarkozy à l’hôtel de police de la ville mardi dernier.

« Trois avions, un pour les journalistes et deux Falcon 900, des forces de police dans toute la ville, douze motards devant la voiture présidentielle, plein de voitures officielles, tout cela pour soutenir le maire de la ville, un socialiste soutenu par l’UMP.

Quelle gabegie d’argent public », a déclaré le leader du Modem.

Ce qui n’a pas empêché le Président d’affirmer qu’il ne s’occupait pas des Municipales

No comment !

Posté par Kozett à 00:05 - Train de vie de l'Etat - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Une politique de régression, par Patrick Braouezec et Michel Onfray

Point de vue LE MONDE | 21.01.08

Patrick Braouezec est député (PCF) de Seine-Saint-Denis.

Michel Onfray est philosophe.

La politique de civilisation que "Sarkozy président" entend imposer nous renvoie à l'avant-1789. Avant les Lumières. Avant la Déclaration des droits de l'homme et l'émergence du citoyen moderne (l'homme sujet de son avenir, et non sujet-objet de Sa Majesté) défini par cette Déclaration universelle des droits (sans lesquels il n'est pas de devoirs ni de contrat social face à la loi des dominants).

Les actes de Sarkozy président tiennent lieu de pensée (puisqu'il faut toujours agir plus vite que son ombre) et de stratégie : retirer toutes les protections collectives, l'en-commun qui permet à chacun d'être concepteur et acteur d'un avenir humain partagé, pour livrer les individus, marchandises parmi d'autres, au service d'une économie mondialisée conçue comme source de profits financiarisés bien davantage que comme moteur de progrès.

Parmi ces protections en cours de démantèlement : la durée hebdomadaire légale de travail, les 40 annuités nécessaires pour une retraite pleine, le droit d'asile et de régularisation, les droits des chômeurs avec l'introduction de sanctions, les droits des plus fragiles et précaires, le décret de 1945 sur la justice des mineurs, les services publics livrés à la concurrence.

Ce projet d'"a-civilisation" est d'une extrême brutalité et d'une extrême régression. Pour le faire passer, il faut l'enrober. En l'occurrence dans son contraire. Le problème de ceux qui détiennent le pouvoir économique et politique sur ceux qui ne disposent que de leur force de travail pour vivre est de mesurer jusqu'où aller très loin sans que ne casse la corde. Comment maximiser le profit sans susciter la révolte, mais aussi sans assécher les capacités humaines dont on a besoin pour faire marcher l'économie ? On a pris l'habitude, en politique, des promesses non tenues et des mots creux. Il s'agit bien sûr de cela (Sarkozy président du pouvoir d'achat ?), mais de beaucoup plus grave aussi.

Les mots livrent tout leurs sens en... les prenant au pied de la lettre : "une véritable rupture avec les habitudes de pensée, les comportements, les idées du passé...", "... la morale, l'autorité, l'identité...", "la religion", "... reconstruire les repères, les normes, les règles, les critères...". Autrement dit, nous voilà dans un absolutisme : c'est du chef de l'Etat que part l'oeuvre de civilisation, et un totalitarisme : la vie dans ce qu'elle a de personnel est régimentée. Ce sont les mots de la Restauration.

La pensée sarkozyenne ne mériterait guère le détour tant elle est superficielle et mensongère. Mais elle nous mène au chaos. Qu'il lui ait fallu récupérer un concept d'un philosophe de gauche est le signe de la nécessité de trouver une enveloppe humaine à une politique de civilisation visant en vérité à la déshumanisation.

Cet artifice a cependant le mérite de la clarté. Il révèle à la conscience que la politique pas plus que l'économie ne sauraient se résumer à la course au profit, au mépris des hommes et de la civilisation ; et que tout système économique et politique, pour avoir un avenir, se doit de porter un mouvement de l'humanité vers le progrès.

Cela met en lumière que le principe de solidarité (qui s'oppose à celui de concurrence) est extrêmement moderne, comme ceux d'égalité (sans laquelle la notion de respect de l'autre et de soi n'a pas de sens) et de liberté (indispensable à l'expression de la créativité humaine). Le refus de la marchandisation générale, y compris de l'homme, est non seulement le fondement d'un humanisme contemporain, mais est aussi indispensable au mouvement de la société si on considère que ses évolutions ont pour but d'améliorer toujours la condition humaine.

Chaque fois que l'organisation sociale a nié l'homme, la civilisation a reculé. A l'inverse, les avancées de civilisation émancipatrices sont toujours le résultat de conquêtes gagnées dans les luttes et les révoltes populaires. La liste sarkozyenne des références de civilisation (la Déclaration des droits de l'homme, l'école publique obligatoire gratuite, la laïcité, la Sécurité sociale, le droit du travail, les congés payés, le service public) est révélatrice de son cynisme, puisque ce sont précisément ces conquêtes que Sarkozy président démantèle méthodiquement.

Dans deux mois, les citoyens éliront leurs conseils municipaux. Ce qui se joue là est aussi une question de civilisation. La commune, c'est là où s'organise la vie quotidienne, dans ce qu'elle a de plus humain, de plus relationnel, de plus respectueux de la valeur de chacun(e). C'est là où les citoyens ont un accès direct possible au pouvoir politique ; où peut s'exercer une participation démocratique ; où des projets ambitieux peuvent s'imaginer. Dans les villes de banlieue populaires et jeunes, où se vivent les contradictions les plus dures de la société marchande mondialisée, des élus de gauche animent des projets qui constituent autant de résistances, si ce n'est de protection. La solidarité est au coeur de ces projets.

Le risque est grand d'une autre évolution pour la société de demain : celle qui s'appuie sur la peur de l'autre, qui jette chacun contre chacun, celle de la libre spéculation foncière qui chasse les couches populaires toujours plus loin des centralités urbaines, avec d'un côté des "ghettos de riches" et de l'autre des marges dans des précarités indignes d'une civilisation humaine du XXIe siècle.

Toute l'histoire de l'humanité met en lumière le rôle des villes dans le développement de la/des civilisation(s) : espaces de rencontres, de croisements, de mélange social et culturel ; carrefours d'échanges, de culture(s) et d'éducation, de foisonnement, d'ouverture et d'accueil ; espaces de liberté et de circulation des idées ; lieux de solidarités et de coopérations ; lieux de rassemblement pour l'émancipation ; lieux de fabrique d'idées neuves.

Cet enjeu de civilisation, cet humanisme sont, de la même manière que le devenir de la planète, au coeur du temps fort politique que sont les élections municipales. Il est de notre responsabilité de citoyens, citoyennes de gauche de l'assumer. C'est bien ici et maintenant que se joue notre avenir et notre quotidien de civilisation.

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Plouf-plouf pour le crac 40

Mathieu Lindon Libération samedi 26 janvier 2008

La crise boursière va en massacrer, des emplois et de la croissance. Quand on pense que les Américains ont été chercher aux quatre coins de l’Irak des armes de destruction massive qui étaient en fait cachées dans les banques. C’est bêta comme la lettre volée : ils étaient assis dessus.

Cela dit, on a l’air de se ficher des citoyens américains qui perdent leur maison dans la crise des subprimes (on n’est pas abreuvés de reportages sur ces malheureux), seules nous intéressent les conséquences pour nous - de même que des opposants à l’intervention en Irak pointaient les problèmes que ça poserait dans les Territoires palestiniens, qui pourraient rejaillir jusqu’à nous, sans se soucier le moins du monde du peuple irakien.

La situation boursière est délicate puisque plus ça va mal et plus on nous rassure, et, donc, plus on nous rassure et plus on a de raisons de s’inquiéter. Comme un cheveu sur la soupe pour Nicolas Sarkozy dont la cote aurait déjà baissé autant que celles des entreprises de ce qu’il faudra peut-être nommer le crac 40. De plongeon en plongeon, après le président bling-bling, aura-t-on le président plouf-plouf ?

Ne nous angoissons pas trop pour les banques, il est vraisemblable qu’elles ne seront pas les plus touchées. On ne serait pas surpris que, à côté des petits épargnants, on trouve de gros épargnés. On a l’impression qu’on a localisé les gains (chez quelques-uns) et mondialisé les pertes, et ça nous est présenté comme aussi inéluctable que le climat, un effet de serre financier, une fatalité. C’est le langage financier : on ne s’est pas fait niquer, on s’est fait faire une bulle dans le dos. Pas besoin d’être prix Nobel d’économie pour soupçonner que, l’embêtant avec toutes ces dettes, c’est que quelqu’un devra bien finir par les payer. Elles ne resteront pas éternellement abstraites. Il y avait le trou de la Sécurité sociale et celui dans la couche d’ozone, on a vu cette semaine celui des marchés financiers. Ça fuit de partout. Tel que c’est parti, travailler plus, ça risque de ne pas suffire à éviter de gagner moins. Les banques ont joué au poker, et on n’a pas fini de payer pour voir.

On nous parle de «correction», mais il y a de bonnes corrections qui se perdent. Les bénéfices, c’est grâce à la compétence des banquiers ; les déficits, c’est à cause du marché !

Tout est de la faute des Américains, naturellement. La seule erreur des banques françaises est de leur avoir fait confiance. Les subprimes, ça n’a pas été comme la guerre en Irak : on y est allés avec eux, la fleur au fusil.

Bon, tout ça se serait passé à l’insu du plein gré des établissements financiers. Curieux, ce soudain mépris de l’argent.

Maintenant qu’on fait des lois sur tout, on ne serait même pas fichus de poursuivre pour crimes contre l’humanité tous ces spéculateurs qui ont fait s’évaporer des milliards ? On en est là : il y a un bug dans le système financier, alors on appelle la hotline. Une voix électronique nous dit : «Vous avez un problème de crédit, tapez 1 ; de croissance, tapez 2 ; d’emploi, tapez 3.» Mais on a beau taper sur n’importe quel numéro, on n’arrive jamais à avoir quelqu’un au bout du fil.

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Rendez l'argent !

24/01/2008 Le Point - Franz-Olivier Giesbert

La cupidité est un affreux défaut. C'est la première morale que l'on a envie de tirer de la crise qui, ces jours-ci, secoue les marchés financiers.

Une morale à deux balles, direz-vous, et qui, en plus, ne nous avance à rien, mais bon, elle s'impose comme une évidence devant le désastre qui s'étale sous nos yeux. L'humanité n'a pas encore trouvé, ici-bas, de pire ennemi qu'elle-même.

Avec la combine des subprimes , les goinfres qui prétendent incarner la modernité ont mis un ver dans le fruit de l'économie mondiale. Ils voulaient gagner plus, et plus vite, en minimisant les risques financiers qu'ils ont mis, les petits malins, dans le pot commun.

Il y avait un fond de vieux communisme dans ce libéralisme à la sauce des subprimes . On peut résumer ainsi, et en caricaturant à peine, le système qu'ils ont échafaudé : individualisation des profits et collectivisation des risques, donc des pertes. Ils empochent et nous payons dès lors que nous ne sommes ni banquiers ni golden boys .

Pour preuve, les cinq plus grandes banques d'investissement de Wall Street ont versé l'an dernier 40 milliards de dollars de bonus à leurs salariés méritants.

Devant ce chiffre, il n'y a qu'une phrase qui peut venir à l'esprit, du moins quand on est sensé : « Rendez l'argent ! »

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La négociation sur la pénibilité au travail va à l'échec

La Tribune.fr - 25/01/08

Le député UMP Jean-Frédéric Poisson a été récemment chargé d'un rapport sur le sujet qu'il doit rendre "en avril", soit "avant le rendez-vous prévu par le gouvernement sur les retraites". La négociation sur la pénibilité au travail, démarrée en février 2005, s'est enlisée.

Tout aura été tenté pour que les partenaires sociaux parviennent à un accord interprofessionnel sur la pénibilité au travail. D'abord, les pouvoirs publics leur ont laissé le temps de négocier: patronat et syndicats ont commencé à leurs discussions il y a près de trois ans, en février 2005.

Ensuite, au vu des positions très éloignées des deux parties, le gouvernement a fourni aux partenaires sociaux un groupe d'experts de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) afin de les aider à parvenir à un compromis.

Pourtant, près de trois ans et quatorze réunions après le début de cette négociation, les discussions sont au point mort. La dernière rencontre paritaire mercredi 23 janvier a même constitué une reculade du point de vue des syndicats. Ceux-ci ont en effet été stupéfaits d'entendre la délégation patronale nier tout lien direct entre l'espérance de vie et les conditions de travail.

Pourtant, de nombreuses études scientifiques établissent une corrélation entre conditions de travail et santé physique et mentale. La dernière, publiée mardi par l'Institut national des études démographiques (INED), estime que l'espérance de vie des cadres supérieurs est de quatre ans supérieure à la moyenne et de six ans supérieure à celle des ouvriers.

Alors que les syndicats souhaitent la mise en place de dispositifs de départs en retraite anticipés financés par les entreprises pour les salariés qui ont subi des conditions de travail pénibles, en fonction de critères à arrêter, le patronat propose des cessations progressives d'activité à temps partiel, et encore après avis du médecin du travail et d'une commission qui devront décider s'"il faut alléger la charge de travail" de ces salariés.

Au Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines), ou trois salariés se sont suicidés en deux ans, dont deux ont été reconnus comme accidents du travail, 30% des salariés sont "sous tension", selon le rapport final d'expertise commandé par le CHSCT. Le document constate que "de nombreux salariés sont contraints d'effectuer une quantité excessive de travail pour répondre aux prescriptions".

Certains syndicats, dont la CGT, soupçonnent en fait le patronat de jouer la montre dans cette négociation afin de renvoyer la question de la réparation de la pénibilité au rendez-vous gouvernemental sur les retraites, prévu au printemps. Dans ce cas, le patronat ferait des concessions sur la pénibilité mais en échange d'un nouvel allongement de la durée du travail des salariés.

Le député UMP Jean-Frédéric Poisson a été récemment chargé d'un rapport justement sur la pénibilité au travail dont la date de rendu est en avril, soit "avant le rendez-vous prévu par le gouvernement sur les retraites", a indiqué son entourage à l'AFP. De quoi conforter les syndicats dans la concomitance du traitement des deux sujets.

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Les banques, aveugles, échappent à tout contrôle par leurs transactions hors frontières

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. 25/01/08

Faut-il avoir peur d'une contagion de de la crise financière à l'économie réelle ? Il serait un peu puéril de croire que la sphère financière est à coté, ou au dessus, et vivrait sa petite vie indépendamment de l'économie réelle, celle du travail, de la sueur, du bâtiment et des caissières de supermarchés.

Malheureusement l'économie du travail dépend hautement des décisions de ces messieurs de la sphère financière, de leurs errements et de leurs incompétences. De l'incompétence noire des agences de notations, qui n'avaient vu venir le krach d'Enron et n'ont pas vu venir la crise des subprimes


Certains diront, oui, mais l'Europe est relativement fermée, notamment à l'économie américaine. L'Europe commerce à 90% entre elle. Donc si le navire américain coule, ce n'est pas grave.


Au contraire c'est très grave, car c'est tout le système financier international qui plonge si l'économie américaine s'effondre. On n'en est pas encore là. Mais les banques françaises sont engagées sur les marchés internationaux, et les banques françaises coiffent l'activité France par le crédit. Le seul pays qui est relativement à l'écart est la Chine, car son système bancaire et financier est encore largement « national », autonome. Pendant la crise de 1929, un seul pays dans le monde n'avait pas souffert, la Russie, précisément parce que son système financier était totalement replié sur lui-même.


Autrefois, certaines lois permettaient d'éviter la contagion. D'abord les banques étaient nationalisées. Elles ne faisaient pas n'importe quoi (à une exception catastrophique près, le Crédit Lyonnais). On distinguait clairement les banques de dépôt, pour les classes moyennes et les petits épargnants, et les banques d'affaires, pour les prises de participations et la spéculation. Les banques avaient des obligations très sévères concernant leurs fonds propres par rapport aux crédits.

A présent, elles ne sont plus nationalement contrôlées, elles ont créé un immense marché offshore, un énorme marché monétaire international hors frontière, indépendant des Etats, sur lequel elles prêtent et empruntent, créent des structures financières dans lesquelles elles glissent leurs mauvaises créances pour faire apparaître uniquement les bonnes dans leurs bilans, afin de faire monter leurs action, jusqu'à ce que les mauvaises monnaies réapparaissent...

Posté par werdna à 00:03 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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