jeudi 24 janvier 2008
La Bourse ou l'envie
Tous les économistes, les experts les analystes vous le diront : même si vous ne détenez pas le plus petit portefeuille, pas la moindre action, il est idiot de se réjouir de la dégringolade des bourses !
L'ombre terrifiante de la récession ne tardera pas à rattraper ces rieurs, qui verront fondre leurs économies, dépérir leur pouvoir d'achat et disparaître, peut être, leur emploi. Qu'on se le dise, il n'y a pas de quoi vraiment rigoler !
Oui, mais alors pourquoi ces sourires en coin, cette secrète jubilation qui saisit, comme malgré eux, ces millions d'inconscients qui n'investissent pas directement en Bourse ? C'est que tous les soirs, toute l'année, ils ont été exclus du bonheur d'un CAC40 en forme, d'un Nasdaq musculeux ou d'un Nikkei survitaminé. Un chroniqueur boursier leur a asséné avec une mine réjouie ces bonnes nouvelles qui ne leur font aucun plaisir. Comme si, chaque jour, un plat appétissant, au fumet délicieux, leur passait sous le nez. Eh bien, cette fois, il est infect le plat ! Il pue, et ceux qui s'en sont gavés vont devoir l'avaler. Petite revanche mesquine, mais tellement humaine...
Après le journal télévisé, quand a disparu le visage ravagé par la douleur du journaliste entouré d'ordinateurs aux écrans blafards, le mauvais citoyen sans portefeuille songe aux angoisses des nantis, qui ne vont pas dormir. Et il sombre, béat, dans un sommeil réparateur.
Le lendemain, au réveil, la douce litanie des lamentations boursières le fait songer au sort de quelques milliardaires dont il a vu, sur son maudit écran, le yacht, l'avion, les invités avec leurs compagnes tout de Dior vêtues. Combien a-t-il perdu dans la nuit ? Qu'est-ce qu'il va déguster aujourd'hui ? Ce sont d'ignobles questions qui mettent de bonne humeur le non-boursicoteur.
Il paraît que la lutte des classes est une vielle lune, une chimère disparue corps et biens. N'empêche : elle donne encore quelques moments de bonheur.
L.-M. H. Le Canard Enchaîné du mercredi 23 janvier 2008
Projet éclusier : Maisons à louer
SUD-OUEST 23/01/08
VOIE VERTE. Le Conseil général et Voies Navigables de France lancent un appel à projets sur les maisons éclusières
L'appel à projets est lancé depuis hier.
Les « lanceurs » ? Le Conseil général et Voies Navigables de France (VNF).
De quel type de projet s'agit-il ?
D'animer les 87 kilomètres de Voie verte aménagés en deux ans sur le département, le long du canal latéral à la Garonne. L'idée ici est de faire appel aux bonnes idées et surtout à celles de particuliers, associations ou collectivités, afin d'offrir un second souffle à cette fameuse Voie verte, via un développement économique.
Ici, il n'est pas question de construire des choses monumentales, mais au contraire d'utiliser le patrimoine existant, à savoir les maisons éclusières dont VNF n'a plus l'utilité.
Des pistes pour les porteurs de projets, que le Conseil général et VNF ne veulent en rien exhaustives. La foire aux idées est ouverte. Seule contrainte imposée : le projet devra impérativement proposer un lieu d'accueil et d'information touristique.
Fin juin, un jury sélectionnera les projets et dès juillet, on entrera dans la phase de finalisation et de conclusion des conventions d'occupation temporaire. « Nous avons déjà engagé ce type d'appel à projets sur d'autres tronçons du canal latéral, dans d'autres départements et ça a bien fonctionné », a rappelé hier, Roland Bonnet, directeur inter-régional du Sud-Ouest à VNF.
Au total, ce sont sept maisons éclusières et un site avec hangars qui sont proposés aux porteurs de projet : maison éclusière de Saint-Christophe à Saint-Jean-de-Thurac, maison de Larderet à Vianne, maison de descente en Baïse à Buzet-sur-Baïse, maison de Berry à Puch-d'Agenais, maison de la Gaule à Villeton, maison des Bernes à Marcellus, maison des Gravières à Meilhan-sur-Garonne et les hangars de l'ancien centre d'exploitation au Passage.
Des biens qui seront visibles sur les sites web du Conseil général de Lot-et-Garonne et de Voies Navigables de France et ce, avec toutes les informations concernant la procédure à suivre et les conditions à remplir. Un numéro de téléphone à contacter : 05 66 36 24 11.

Huit sites. Le Conseil général et VNF donnent trois mois (soit fin avril) aux candidats pour proposer leurs projets, étant entendu que ceux-ci peuvent à tout moment solliciter les deux instances pour des conseils sur le montage du dossier. Et du côté des avantages ? L'avantage majeur pour le porteur tient en la convention d'occupation temporaire signée avec VNF. Une convention qui s'apparente à un contrat locatif : l'occupant devra payer un loyer ou plutôt une redevance annuelle, sauf à dire que sera déduit de cette redevance le montant des travaux à engager par le porteur pour réhabiliter la maison éclusière et l'adapter à son projet. A cela pourront s'ajouter les aides classiques liées à la création d'entreprise. Des maisons éclusières qui pourraient répondre à certains besoins des cyclistes, piétons et promeneurs qui empruntent la voie sur berge : services de location et de réparation de vélos, hébergements touristiques, services de restauration, services d'alimentation de première nécessité ou encore vente et valorisation de produits régionaux.
Les bondieuseries de Sarkozy préparent bien une révision de la, loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’état !
Le Canard Enchaîné du mercredi 23 janvier 2008 – Didier Hassoux
Les récentes bondieuseries de Sarkozy au Vatican et en Arabie Saoudite cachent une arrière-pensée politique. Officiellement, il n’est pas question de remettre en cause les « grands équilibres » de la loi de 1905 qui grave dans le marbre les principes de séparation de l’église et de l’Etat. Mais, comme il l’assurait déjà en 2004, le Président ne désespère pas de la « toiletter ». Au karcher ?
« Cela sera fait durant le quinquennat » pronostique Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet de l Elysée. A condition toutefois que l’opposition ne soit pas trop forte… Cette ancienne »scoute unitaire » (une frange bigote du mouvement) est la principale inspiratrice du discours d’intronisation de Sarko comme chanoine honoraire de Saint-Jean-de-Latran à Rome. Interrogée par le Canard, elle reconnaît que « le président a la volonté d’avancer sur les conditions d’application de la loi de 1905. Et notamment en élargissant la notion d’association culturelle » . Traduction : ce statut permet aux organisations qui en bénéficient de toucher des subventions de l’Etat. Et de recevoir des dons partiellement défiscalisés de personnes morales et physiques. En accordant ce label à de nouvelles chapelles ou à leurs filiales, il s’agit bien de rétablir le financement public des cultes. Donc, raturer un ou deux articles de sacro-sainte loi de 1905, inscrits sous la rubrique « Principes » : « La république ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte. ». même celui de la personnalité ?
Directement concernés, comme Sarko l’a confessé au Vatican : les congrégations catholiques et leurs instituts de formation. Mais également, selon Emmanuelle Mignon, « toutes les organisations caritatives et entreprises de communication ». Par exemple, les chaînes télés et les radio communautaires. Celles ou Dieu et les saints interviennent en direct…
Les sectes à la fête.
Les congrégations religieuses (cathos, protestantes, musulmanes, juives, tec.) ne seraient pas les seules concernées par ce « toilettage ». Les sectes aussi. A commencer par les Témoins de Jéhovah. Déjà considérés comme association cultuelle dans plusieurs départements, ils n’ont besoin que de l’onction de l’Etat pour obtenir ce statut au niveau national et ainsi devenir une « vraie » religion. Ce sera automatique, dès qu’une de leurs structures affiliées recevra un subside public.
Idem pour l’Eglise de Scientologie, qui utilise de nombreux faux nez associatifs. Comme « Les ministres volontaires français », une association prétendument caritative qui envoie ses adeptes de par le monde épauler la veuve et l’orphelin. Le « toilettage » de la loi 1905 voulu par Sarko permettrait de les arroser au titre d’ « associations cultuelles », et non pas, évidemment, de sectes. Et de leur offrir ainsi la bénédiction de l’Etat.
Mais, jusque dans les rangs de la secte sarkozyste de l’UMP, certains contestent au chef le droit de toucher au « monument » de la loi de 1905. Fillon, Borloo, Raffarin, Alliot-Marie, Paillé et quelques autres lui ont signifié leur hostilité au moindre « toilettage ». Si même les propres amis de Sarkozy en ont marre de ses histoires de culte…
Ces mécréants devraient savoir que Sarko a toujours aimé les factions et leurs gourous. Le 30 Août 2004, alors qu’il était ministre de l’Economie et des Finances, il accueillait, avec son épouse Cécilia en grande pompe, Tom Cruise, vitrine de la Sciento. Un an plus tard, l’acteur reconnaîtra avoir « parlé de tout » à Bercy, « de cinéma, de famille et de Scientologie ». Quand Sarko était ministre de l’Intérieur, les RG avaient d’ailleurs reçu comme consigne de se concentrer sur l’islamisme radical. « Du coup, c’est vrai qu’on a mis la pédale douce sur les sectes, confie une éminence de la maison poulaga. On ne peut pas tout faire ».
Le parlement sur les rotules..
Le canard Enchaîné du mercredi 23 janvier 2008
Même les députés et les sénateurs les plus sarkophiles avouent leur ras-le-bol la « vie de dingue » que leur fait mener l’Elysée !
« Ca n’est pas du boulot sérieux », s’énerve un ponte de l’UMP. « C’est un rythme insensé » renchérit un ministre. Et un des conseillers de Sarko finit par avouer : « Une majorité de députés ne comprennent même plus ce qu’on leur fait voter… »
Bernard Accoyer, le président UMP de l’assemblée, se plaint lui-même de voir l’Elysée traiter le Parlement comme une simple chambre d’enregistrement. Mais il n’a encore rien vu !
Le gouvernement a déjà programmé l’examen de 57 projets de loi – et ce n’est qu’un début ! – pour seulement quatre mois de débats entre le 25 mars (date de reprise des travaux après les municipales) et la fin juillet (plus quatre semaines de session extraordinaire).
Par comparaison l’automne dernier, l’Assemblée et le Sénat n’avaient « réussi » à voter que 22 textes en trois mois de séance…
Sarkoze obsessionnelle
Serge Hefez psychiatre. Libération jeudi 24 janvier 2008
«C’est devenu une véritable obsession, je lis tout ce qui le concerne, j’achète tous les ouvrages qui parlent de lui, et même les biographies de Cécilia», me révèle une patiente. Et un autre de me confier : «Cet homme envahit mes pensées, dès qu’on parle d’autre chose entre amis, je ramène toujours la conversation sur lui.» Sans parler des rêves innombrables où notre Président, triomphant ou démoniaque, pénètre les recoins les plus profonds de l’âme de mes patients.
Face à ce déferlement fantasmatique, je m’étonne que le DSM, classification internationale des troubles mentaux, n’ait pas encore ajouté à ses innombrables taxinomies, ces nouvelles maladies de l’âme que sont la sarkomanie, la sarkophobie, la sarkonoïa ou la sarkophrénie. Comment opère ce diable d’homme pour encombrer ainsi l’imaginaire au point de générer, chez la plupart de nos concitoyens, une sarkose obsessionnelle aux effets délétères ? Certes, il est omniprésent. Certes, il fait tout pour capter notre attention et saturer nos sens. Il fait surgir un lapin pour dissimuler une colombe, subtilise au pouvoir d’achat une politique de civilisation, escamote une Cécilia pour son double rajeuni de vingt ans. Certes il exhibe son bon plaisir et nous rappelle que le pouvoir ça fait jouir, sur tous les plans et dans toutes les positions. Qu’un mâle exultant sur le trône de ses conquêtes fasse fantasmer les foules n’a rien de surprenant. Mais qu’un homme utilise à ce point son mandat pour le convertir en jubilé ininterrompu, en ivresse de lui-même, en stimulant pour mieux désirer et être désiré commence à susciter un réel malaise.
Car ce narcissisme qu’il exhibe à son paroxysme nous est très familier. Dans cette révolution des valeurs, notre référent ultime est devenu la figure de l’Individu tout-puissant, incarnation de l’autonomie absolue. Et qui s’associe à des traits caractéristiques de la société contemporaine comme la peur intense de vieillir, la perception différente du temps, la fascination de la célébrité, la crainte et l’exaltation de la compétition. Bien sûr, les hommes ont toujours été égocentriques, et il ne sert à rien d’affubler cela du masque de la psychiatrie. Disons que la logique individualiste fait le lit d’une propension narcissique propre à chacun.
Freud nous a depuis longtemps appris à distinguer les aspects positifs du narcissisme (que nous nommons aujourd’hui «estime de soi») de l’obsession de soi qui porte en elle les germes de sa propre destruction. Que Carla succède à Cécilia, qu’elle soit elle-même une bête de spectacle, une croqueuse de stars, qu’ils se redorent réciproquement leurs blasons n’y change rien : c’est l’homme Sarkozy qui occupe la scène, c’est l’individu président qui nous envahit sur un tempo obsédant. Au nom d’une modernité, d’une efficacité et d’une authenticité affranchies des codes et des rituels désuets du pouvoir, c’est la fonction de représentation du pays qui se réduit à l’incarnation d’un destin personnel, c’est le bien commun et collectif qui se dissout dans un individualisme démonstratif et conquérant. Mais il est avant tout une dimension du narcissisme qui fascine car elle est tapie au plus profond de nous.
Les narcissiques sont des sujets blessés, précisément carencés du point de vue de l’estime d’eux-mêmes du fait de déceptions précoces. Qui leur reste-t-il à aimer sinon eux-mêmes ? Ils ont alors le souci d’être non seulement un, mais unique, sans plus d’ancêtre que de successeur. Le narcissisme pathologique est celui d’un individu soucieux de contrôler les impressions qu’il donne à autrui, avide d’admiration mais méprisant ceux qu’il parvient à manipuler, insatiable d’aventures affectives pouvant combler son vide intérieur, obsédé par son propre vieillissement. En dépit de sa souffrance, il évolue avec succès dans les institutions bureaucratiques qui encouragent la manipulation des relations interpersonnelles et découragent la formation de liens profonds. Le narcissisme est bien plus qu’un terme métaphorique pour désigner une obsession de soi ; c’est une formation psychique dans laquelle l’amour rejeté se retourne contre le moi sous forme de haine.
Chacun semble aujourd’hui prendre conscience que la machine s’emballe ; chacun guette l’accélération des tics de «Cheval fougueux», soupèse l’éventualité d’une explosion en plein vol. L’activisme forcené de notre Président, en virant à une gesticulation de plus en plus vidée de sa substance et de sa vérité, semble à présent mettre en scène, sous nos yeux ébahis, le spectacle de son autodestruction.
Anxiolytiques, somnifères... la dérive continue
Ouest-France 24/01/08 - Philippe RICHARD.
Trop souvent, la souffrance mentale se traite exclusivement à coups de médicaments psychotropes. La France reste championne d'Europe de leur consommation.
« Plusieurs analyses de grande ampleur concluent que 50 % des patients connaissent une amélioration mesurable en prenant des antidépresseurs. Un résultat assez médiocre, si on le compare aux 40 % d'amélioration sous placebo », assurait Monique Debauche, psychiatre à la Free-Clinic de Bruxelles, lors d'une conférence organisée la semaine dernière par la revue médicale indépendante Prescrire.
Effectivement, selon une étude d'experts de l'Agence américaine du médicament, publiée cette semaine dans la revue New England Journal of Medicine, l'efficacité d'une douzaine d'antidépresseurs parmi les plus « populaires » a été exagérée par l'industrie du médicament. Elle n'a publié que partiellement les résultats d'études cliniques, de préférence les résultats les plus positifs. Selon le Dr Erick Turner (université de l'Oregon), qui a mené cette recherche, « les médecins qui n'ont pas connaissance des essais non publiés peuvent faire des prescriptions inappropriées au meilleur intérêt de leurs patients. »
En dix ans, en France, le volume de consommation des antidépresseurs a quasiment doublé. Les femmes en consomment davantage que les hommes, les personnes âgées plus que les jeunes, mais toutes les tranches d'âge sont concernées. 80 % de ces médicaments sont prescrits par des médecins généralistes, après un entretien court. En 2004, la Sécurité sociale a remboursé pour un milliard d'euros de médicaments psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères...)
En 1995, déjà, le rapport rédigé par le psychiatre caennais Edouard Zarifian pour le ministère de la Santé, dénonçait les associations automatiques entre certains types de souffrance mentale et certaines classes de médicaments, au détriment de la prise en charge vraiment individualisée du patient. Il déplorait également les stratégies marketing des industriels du médicament auprès des médecins.
Façonnage de maladies ?
Certains spécialistes, qui vont jusqu'à parler de « façonnage de maladies », remettent en cause le recours systématique des médecins au DSM américain. Ce « Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders », créé en 1994, recense désormais plus de 300 troubles mentaux. Pour chacun d'entre eux, l'industrie du médicament assure avoir des réponses.
Pourtant, pour le pharmacologue Gilles Mignot, aucune innovation significative n'a été faite dans le domaine des médicaments psychotropes depuis cinq ans : « Par contre, on constate une extension tous azimuts des indications, conduisant à la médicamentation de l'existence et à faire prendre des risques aux patients. »
Les enfants, eux aussi, sont de plus en plus souvent traités avec des psychotropes. Aux États-Unis, plusieurs centaines de milliers d'entre eux reçoivent des psychostimulants, pour un syndrome d'hyperactivité détecté cent fois plus souvent qu'en France... « Et c'est souvent l'instituteur qui suggère aux parents d'emmener l'enfant chez le médecin », assure Barbara Mintzes, chercheuse en santé publique à l'uni- versité de Colombie-Britannique (Canada). Même si peu de données probantes sont disponibles concernant l'efficacité du traitement à long terme. » En France, le phénomène n'est qu'émergent, même si les prescriptions de psychostimulants ont également augmenté ces dernières années.
Par contre, le recours aux antidépresseurs pour les enfants et adolescents, qui a également explosé dans les années 1990, semble se ralentir depuis que des études ont montré un risque d'augmentation des pensées suicidaires.
Radiozapping : Le rapport Attali, un "ramasse-poussière" ?
LEMONDE. • Mis à jour le 23.01.08
Les conclusions du rapport Attali sur la "libération de la croissance" sont contestées par des élus UMP et par l'opposition. Sur RMC, François Hollande considère ce rapport comme "un ramasse-poussière". Principales propositions commentées : la suppression des départements et la déréglementation des taxis parisiens.
A écouter
http://www.lemonde.fr/web/panorama/0,11-0@2-3236,32-1001741@51-969897,0.html
Sarkozy n'accepte pas de supprimer les départements
mercredi 23 janvier 2008, 12h51 | AFP
Nicolas Sarkozy s'est dit mercredi en désaccord avec la proposition de la commission Attali de supprimer les départements, qui ont «la légitimité historique».
«Vous voulez renforcer l'intercommunalité, vous avez raison», a déclaré le président de la République aux membres de la commission, à propos de la nouvelle organisation territoriale proposée dans le rapport sur les freins à la croissance.
«Supprimer l'échelon départemental, ne serait-ce qu'en dix ans, je veux dire mon désaccord», a poursuivi M.Sarkozy.
«Les départements, ils ont la légitimité historique», a-t-il fait valoir.
Quant aux communes, que la commission présidée par l'ex-sherpa de François Mitterrand propose de regrouper, M. Sarkozy a mis en avant l'attachement que lui portent les Français : «ça fait si longtemps qu'on moque la France parce qu'elle a trop de communes», a commenté le président. «Oui, vu technocratiquement, c'est vrai. Mais vu la qualité de la vie, l'enracinement de la démocratie, les réseaux de solidarité, c'est beaucoup moins exact».
«Je ne crois pas que les Français sont prêts à renoncer à la légitimité historique d'un département», a-t-il encore dit.
Entre l’Europe et ses députés, la nation et ses ministres, leurs conseillers et les deux nombreuses assemblées, les régions et leurs conseillers régionaux, les départements avec leurs préfets et encore d'autres conseillers, les communautés urbaines et leurs représentants, les communes et les mairies, ça en fait du monde, du matériel et des édifices à entretenir…
mais on continue à faire semblant, à dépenser en prestige pour des privilégiés du pouvoir au lieu de réfléchir aux vrais besoins des français.
DEPLACEMENTS PRESIDENTIELS : Bientôt cinq tours du monde
mercredi 23 janvier 2008 | Le Parisien - Frédéric Gerschel
Depuis son élection, le chef de l'Etat aura bientôt parcouru près de 200 000 km, l'équivalent de cinq fois la circonférence du globe. Au point de battre tous les records de ses prédécesseurs. Et ce n'est pas fini.
PENDANT la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait juré qu'il ne se laisserait pas happer par la politique étrangère. Et qu'il concentrerait ses efforts sur la scène nationale. Mais comme François Mitterrand et Jacques Chirac avant lui, le chef de l'Etat a pris goût aux voyages et aux grands enjeux diplomatiques.
Au point de battre tous les records de ses prédécesseurs en ce début de mandat. Chine, Russie, Etats-Unis (plusieurs fois), Algérie, Libye, Tchad, Arabie saoudite, Egypte, Afghanistan, Allemagne... : la liste est déjà longue. Selon les calculs de ses conseillers à l'Elysée, le président français - tous déplacements confondus - aura bientôt parcouru près de 200 000 km, soit environ cinq tours du monde.
Outre son déplacement en Inde, vendredi et samedi, le programme du chef de l'Etat promet d'être encore chargé dans les semaines et les mois qui viennent. Il a prévu de se rendre au Brésil et en Guyane en février, sur le continent noir avec une étape en Afrique du Sud, sans compter la tournée des capitales européennes pour préparer la présidence française de l'Union qui débute le 1 e r juillet. Egalement à l'étude, mais plus tard, un voyage en Israël, pays pour lequel Nicolas Sarkozy n'a jamais caché son admiration.
Davantage de déplacements en province
Le président de la République est-il trop souvent à l'étranger ? Est-ce une des raisons de sa baisse dans les sondages alors que les Français semblent réclamer toute son attention ? A l'Elysée, on justifie ce début de quinquennat placé sous le signe des voyages tout en annonçant un rééquilibrage de l'agenda : « Les sollicitations ont été très nombreuses depuis son élection. Mais il faut aussi mieux expliquer la politique que nous menons, les déplacements thématiques en province vont également se multiplier. »
François Bayrou contre la gabegie du chef de l'état
Pas moins de trois avions, une kyrielle de voitures officielles, une escorte de douze motards, la cohorte habituelle de gardes du corps et un déploiement exceptionnel des forces de police. Tout cela pour venir adouber le candidat à la mairie de Pau (Yves Urieta qui a reçu le soutien de l'UMP), à pesté mardi François Bayrou, qui lui-même se présente dans la ville natale d'Henri IV.
"La lucidité des français sur le personnage de Nicolas Sarkozyy va se transformer en lucidité sur le fonctionnement des institutions" espère le président du Modem, qui juge nécessaire une réforme de ces dernières afin d'éviter tout pouvoir personnel. C.P. Libération 24/01/08
Sarkozy défie Bayrou à Pau
NOUVELOBS | mercredi matin 23.01.2008 07:19
Sarkozy : "Je n'ai pas à me mêler des municipales"
Nicolas Sarkozy a affirmé mardi 22 janvier à Pau qu'il n'avait "pas à (se) mêler des élections municipales" et qu'il n'allait pas (s)'engager sur chacun des combats municipaux".
Le président de la République s'est entretenu avec le maire PS de Pau, Yves Urieta, soutenu aux élections municipales par l'UMP, dans les locaux du groupement de la gendarmerie plutôt qu'à la mairie de Pau où la rencontre avait initialement été prévue.
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Sarkozy défie Bayrou à Pau
SUD-OUEST Mercredi après-midi 23/01/08 Participez au débat sur le FORUM
MUNICIPALES. Sarkozy dans la mêlée paloise
Le président de la République a profité de sa visite hier pour évoquer le soutien de l'UMP au maire sortant et ex-socialiste Yves Urieta. Un coup porté à François Bayrou.
Aéroport de Pau-Pyrénées, hier, 12 h 25. Sous le crachin, Nicolas Sarkozy descend les marches du Falcon présidentiel. François Bayrou l'attend sur le tarmac en compagnie du préfet des Pyrénées-Atlantiques. Comme le veut le protocole, le député de Pau a été convié à accueillir le président de la République.
Sans être invité à la réception à la mairie prévue une heure plus tard. Nicolas Sarkozy s'avance vers le patron du Modem. Les sourires sont crispés, la tension palpable, la poignée de main timide. Michèle Alliot-Marie et Rachida Dati observent la scène avec attention. « Merci d'être venu, ça fait plaisir, déclare le président. Tu nous accompagnes ? »
Réponse de François Bayrou : « Non, je ne viendrai pas. Je respecte les usages républicains en t'accueillant, mais les parlementaires n'ont pas été invités à la mairie. »
« Mais tu es le bienvenu, rétorque Nicolas Sarkozy. Et il n'y a pas que la République, il y a l'amitié aussi. » « L'amitié revêt de multiples formes », réplique, sibyllin, François Bayrou.
Trompe-l'oeil ? Étrange dialogue, quasi surréaliste, qui symbolise à la fois les relations conflictuelles entre les deux hommes et les enjeux de cette escapade présidentielle dans la cité royale.
Visite en trompe-l'oeil ? François Bayrou, candidat à la mairie de Pau, en est convaincu : « Pour Nicolas Sarkozy, le vrai but de ce voyage est de participer directement aux municipales à Pau et de tenter de barrer la route à l'un de ses concurrents à l'élection présidentielle. Avec la crise financière mondiale que nous traversons ou encore le problème du pouvoir d'achat des Français, il me semble que le président de la République a autre chose à faire que de perdre du temps dans ces basses manoeuvres. »
Signal fort. À la lecture de ce soutien surprenant, comment ne pas voir dans le déplacement d'hier un signal fort lancé à celui qui apparaît aujourd'hui comme l'un des plus sévères commentateurs de la politique présidentielle ? Comment ne pas croire que Nicolas Sarkozy aimerait jouer un vilain tour à son ancien et peut-être futur adversaire à la présidentielle ? En le faisant trébucher dans sa quête du fauteuil de maire de Pau, et après avoir contribué à vider le Modem de ses élus, il l'affaiblirait encore plus. Et le condamnerait à une longue traversée du désert.
Favori. Hier, Nicolas Sarkozy a dans un premier temps tenu à préciser qu'il ne souhaitait pas se « mêler du détail des municipales dans chacune des villes de France », ajoutant que ce n'était « pas son travail ». Mais une phrase lâchée devant les journalistes à l'issue de sa prise de parole devant les gendarmes lève toute ambiguïté : « S'agissant de la ville de Pau, le parti que j'ai présidé pendant plusieurs années a décidé d'apporter son soutien à M. Urieta. C'est un choix parfaitement démocratique et un choix qui est sans doute excellent. »
FORUM. Que pensez-vous de la visite de Nicolas Sarkozy à Pau en pleine campagne électorale ?
Forum http://www.special.sudouest.com/article.php3?id_article=4512
Trois candidats majeurs se disputent la mairie de Pau : François Bayrou, la députée PS Martine Lignières-Cassou et le successeur d'André Labarrère, Yves Urieta. Ce dernier, ancien fabiusien, a été mis au ban du Parti socialiste après avoir rencontré Nicolas Sarkozy à l'Élysée. Un rendez-vous secret, pris la veille d'une réunion au siège parisien du PS et destiné à départager les deux prétendants à l'investiture socialiste.
Écarté illico-presto par le PS, Yves Urieta n'a pas abdiqué pour autant. En novembre dernier, il annonçait qu'il mènerait une liste « de rassemblement ». Liste soutenue officiellement depuis quelques jours par l'UMP. Et dont on sait qu'elle accueillera des membres locaux du parti présidentiel.
Le message est limpide. « Les gens qui soutiennent Nicolas Sarkozy et la politique du gouvernement comprendront s'il y en a un », commentait avec prudence Jean Gougy, le madré président départemental de l'UMP. Et probable futur colistier d'Yves Urieta.
Le patron du Modem demeure néanmoins le favori de l'élection paloise. Selon de récents sondages, Yves Urieta ne pointe qu'à la troisième place dans les intentions de vote au premier tour. Et le soutien officieux que vient de lui offrir, à domicile, Nicolas Sarkozy pourrait, in fine, davantage le desservir que l'avantager. Une triangulaire au second tour est donc envisageable. Avec à la clé de possibles nouveaux rebondissements. Décidément, les municipales paloises sont passionnantes.
