mardi 15 janvier 2008
Le nouveau siège de l'Opac crée la polémique
lundi 14 janvier 2008 | Odile Plichon - Le Parisien
Le premier bailleur social de Paris doit faire face à de nombreuses critiques sur les travaux engagés dans son nouvel immeuble. Leur coût, jugé trop élevé, aurait largement entamé le budget promis pour 1 500 logements dans la capitale.
LOCAUX BAIGNÉS dans un puits de lumière naturelle, végétalisation de l'immeuble, salle de conférences surmontée d'une coupole en verre... C'est un siège résolument écolo et assurément haut de gamme que le premier bailleur social de Paris, l'Opac, devait inaugurer en février. Seulement voilà : le « coupé de cordon » n'aura lieu qu'au printemps .
Est-ce parce que le chantier a pris du retard, ou parce qu'à la veille des municipales, dévoiler un projet immobilier de 130 millions d'euros aurait pu être mal perçu (cette somme représente un quart des recettes locatives en 2006) ?
Ce report, en tout cas, ne fera pas taire la polémique : implantation du nouveau siège dans l'arrondissement le plus cher de Paris, coût très élevé des travaux... voici les principaux points en débat.
Un nouveau siège situé à côté de l'ancien... Les dirigeants de l'Opac souhaitaient regrouper 600 collaborateurs disséminés sur trois sites en un seul lieu. Mais où ? S'il a un moment été question de « partir » dans le XIIIe, certains ont estimé cet arrondissement trop « mal desservi ». « Les collaborateurs ne souhaitaient pas être excentrés », confirme le directeur général de l'Opac, Jean-François Gueullette. Le nouvel immeuble siégera au 21 bis, rue Claude-Bernard, dans le Vème arrondissement, entre le jardin des Plantes et celui du Luxembourg. Soit, surtout, à dix minutes à pied des anciens locaux (situés au 49, rue du Cardinal-Lemoine, dans le Ve). Un choix surprenant pour cet organisme « social » : le Vème reste l'un des quartiers les plus onéreux de Paris.
... et beaucoup plus cher. Si l'ancien siège social, un très bel hôtel particulier, classé monument historique, a été revendu pour 35,3 millions d'euros, les nouveaux locaux, achetés au journal « le Monde », ont pour leur part été acquis pour la coquette somme de 80 millions d'euros en 2004. Avant de subir une « restructuration complète », précise le site Internet de l'Opac : non seulement, il a fallu intégrer les équipements souhaités (amphithéâtre, etc.) mais le bâtiment comme le chantier devaient être « durables » (pas de clim, matériaux non polluants, etc.) Il a donc fallu démolir avant de reconstruire. Ajoutez à cela moult imprévus, un an de retard, du fait de problèmes de désamiantage, et vous obtenez une addition salée : le coût global de l'opération avoisine 130 millions, contre 123 millions prévus en octobre 2007.
« Horizon Claude-Bernard ». Les salariés de l'Opac n'ont eu ni la crèche ni la salle de sports mais, pour le reste, ils ont été choyés : depuis trois ans, les 2 000 collaborateurs ont régulièrement reçu la lettre d'information sur le futur siège, un spécial quatre pages tout en couleurs baptisé « Horizon Claude-Bernard » : point sur les travaux, implantation des services... Un groupe de travail « mobilier » de 15 personnes, un autre intitulé « restaurant d'entreprise » ont planché plusieurs mois durant. Et en mai 2007, la direction de l'Opac a loué des showrooms à Saint-Lazare, afin que les salariés puissent tester bureaux et sièges. Les « rois du pétrole », résume Alain Paviet, du Supap-FSU. « Des outils de communication interne normaux », rétorque Jean-François Gueullette.
Mais où sont les 1 500 logements promis ? En 2005 comme en 2006, le président du conseil d'administration de l'Opac de Paris, Jean-Yves Mano, avait annoncé que « le produit de la vente (NDLR : du siège) permettrait à l'Opac de disposer de fonds propres pour produire 1 500 logements dans le centre et l'Ouest parisiens » (lire ci-dessous). A aucun moment, il ne précisait qu'il faudrait loger les salariés de l'Opac ailleurs... et donc financer de nouveaux locaux.
Le gaspillage des fonds publics est évident ... que devient l'enquête de la mairie de Paris sur les loyers des hauts fonctionnaires ? Chirac, Juppé, Gaymard, etc... avaient bien déménagé ou remboursé, eux jadis...là rien ne se passe, c'est agaçant ces connivences des élus de gauche et de droite, tout comme leurs régimes spéciaux de retraites injustes qui sont maintenus !
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=295434&pid=7566829
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

