samedi 12 janvier 2008
Nico ne kiffe plus trop Fadela...
Marianne –Vendredi 11 Janvier 2008 - Sylvain Lapoix
Un rapport indigent, une image ambiguë… Fadela Amara a perdu de son attrait aux yeux du chef de l'Etat qui a fait réécrire son plan banlieue par l'une de ses conseillères.
Pour déranger, elle dérange. Autrefois chouchoute du gouvernement, Fadela Amara accumule depuis quelque temps les mises en garde des membres de l'équipe Fillon ou de la majorité. Mais quand le Président lui-même, à l'occasion de son « one man show » de rentrée, fait savoir que le « plan banlieue » dont elle est responsable ne sera pas présenté le 22 janvier, comme elle l'avait prévu, mais « début février », la critique devient bronca. Surtout quand elle est suivie d'une demande, qui a fait le tour de toutes les agences de presse le 10 janvier, de « booster » les volets emploi et discrimination du fameux plan.
A deux semaines de sa présentation publique, la consigne présidentielle risque de donner du grain à moudre à Fadela Amara. Encore faudrait-il qu'elle soit vraiment l'auteur final du texte.
« Le taux de création d'entreprise est faible dans les quartiers défavorisés »
Seule actualité du site officiel de son ministère, le rapport rendu par la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville le 17 décembre dernier a inquiété par son indigence, nous assurent des sources proches du Premier ministre. Ecrit par Fadela Amara et son principal conseiller Mohammed Abdi (cofondateur avec elle de Ni putes ni soumises), ce texte était censé venir en conclusion des consultations populaires en banlieue et de réunion « dans les cages d'escaliers » (dixit le site du ministère du Logement) menées entre août et novembre.
Le résumé est une compilation de lieux communs des dysfonctionnements de la politique de la ville, dont la plupart datent d'une petite vingtaine d'année : « les quartiers difficiles souffrent d'une mauvaise image relayée par les médias », « l'offre de transport en commun est inadaptée », les dispositifs d'insertions ne seraient pas toujours « une passerelle vers l'emploi durable » et, comble de la surprise, « le taux de création d'entreprises est faible dans les quartiers défavorisés. » Manquaient seulement le petit nombre de cotisants à l'impôt de solidarité sur la fortune et le faible dynamisme du secteur touristique dans les Zones urbaines sensibles.
Consternés par ce texte, les services du Président auraient préféré confier la rédaction du « plan banlieue » à la conseillère de l'Elysée, Emmanuelle Mignon. Un passage de relais qui explique sans doute le report de la date de présentation du plan de la fin de l'année 2007 à la fin janvier, puis à février 2008. Une information gênante… que Franck Louvrier, responsable de la communication présidentielle, a bien entendu démenti formellement !
Cela fait quelque temps que la popularité de Fadela Amara a amorcé une sorte de descente aux enfers. Contrairement à « l'insolente » Rachida Dati ou à la « magnifique » Rama Yade, Fadela Amara n'a jusqu'ici été remarquée que par un franc-parler peu vendeur médiatiquement. Ce « parler jeune » caricatural, qui pollue son Skyblog jusqu'à la nausée, gêne ses collaborateurs autant que les habitants des banlieues qu'elle est censée représenter.
Tancer la secrétaire d'Etat, ça ne mange pas de pain et ça devient presque tendance dans la Sarkozie. De toute manière, pour ce que le Président a à faire des banlieues aux municipales…
CHINE : Pékin traque les opposants avant les Jeux olympiques
LE MONDE | 12.01.08 | PÉKIN CORRESPONDANT
Le gouvernement chinois accentue la répression contre les opposants au régime, à quelques mois des Jeux olympiques de Pékin, au mois d'août. Les dirigeants de la République populaire paraissent soucieux d'éviter que les Jeux ne soient l'occasion, pour tous les dissidents chinois, de rappeler au monde entier que les libertés restent bafouées dans ce pays.
L'arrestation, le 27 décembre, de Hu Jia, l'un des défenseurs des droits de l'homme les plus en vue en Chine, illustre le choix de Pékin. En incarcérant cet activiste de 34 ans devenu le relais d'un réseau de dissidence et d'"avocats aux pieds nus" dans tout le pays, les autorités ont choisi d'envoyer un message fort à tous ceux qui seraient tentés de suivre son exemple. "C'est un signal. Le gouvernement est en train d'instaurer un climat de peur pour s'assurer que les Jeux olympiques ne deviennent pas une plate-forme utilisée par des dissidents", estime un observateur étranger à Pékin. "Le pouvoir estime qu'il a plus de raisons de durcir son attitude que d'assouplir sa politique", ajoute-t-il.
La priorité, pour Pékin, semble ainsi d'empêcher que puissent s'exprimer tous les gêneurs susceptibles de gâcher la fête du mois d'août, qui est pour la Chine un motif de fierté nationale. En 2001, pourtant, le pouvoir chinois avait promis "d'énormes avancées" en matière de droits de l'homme si l'on attribuait les Olympiades 2008 à Pékin, une promesse réitérée en octobre par le vice-maire de la capitale, Liu Jingmin. C'est exactement le contraire qui est train de se passer.
Hu Jia était, depuis des mois, en résidence surveillée quasi permanente. Il est désormais emprisonné dans un centre de détention de Pékin et sa femme, Zeng Jinyan, qui a accouché d'une petite fille il y a deux mois, ne peut plus sortir de son appartement. Son téléphone est coupé et ses ordinateurs ont été confisqués. L'arrestation a apparemment eu lieu de manière très violente, si l'on en juge par une photographie circulant sur des sites de blogueurs : on y voit Hu Jia allongé, maintenu par deux policiers en civil dont l'un lui écrase la tête avec son pied. Derrière, une foule impassible observe l'événement.
Les journalistes ne peuvent pas se rendre au domicile de Hu Jia et de Zeng Jinyan, même si des correspondants allemands ont pu s'entretenir brièvement avec elle par une fenêtre de son appartement, le 8 janvier. Elle leur a indiqué être "inquiète" pour son mari et a affirmé que la police empêchait tous ses proches de la voir.
L'un des avocats de Hu Jia, Li Jinsong, confie au téléphone ne pas pouvoir entrer en contact avec son client et ami, et ne pas avoir été autorisé à consulter son dossier. Auparavant, l'un de ses confrères, Li Fangping, s'était également vu interdire par les policiers d'approcher Hu Jia au motif que son dossier est lié à des "secrets d'Etat".
RÉSIDENCE SURVEILLÉE - L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a par ailleurs diffusé un communiqué, samedi, pour révéler que Li Jinsong a brièvement été placé en résidence surveillée, le 10 janvier, pour avoir rencontré des correspondants étrangers. Hu Jia est accusé d'"incitation à la subversion du pouvoir d'Etat", une charge qui pourrait lui valoir plusieurs années de prison. Avant son arrestation, il avait participé sur Internet à une conférence sur les droits de l'homme organisée par l'Union européenne, à Bruxelles. Il en avait profité pour dénoncer la répression renouvelée du régime à l'approche des Jeux.
Fin 2007, plusieurs avocats et activistes ont été incarcérés et écartés de la vie publique sans autre forme de procès. Parmi eux, Guo Feixiong a été emprisonné pour cinq ans, en novembre, après avoir révélé des cas de corruption de cadres du Parti communiste en Chine du Sud. Au mois de décembre, le blogueur Wang Dejia a été arrêté pour avoir écrit des articles critiquant le non-respect des droits de l'homme par le régime chinois. "Durant les deux dernières semaines, la police a commencé à arrêter et à placer en résidence surveillée des douzaines d'activistes, d'intellectuels et d'avocats des droits de l'homme", soutient, de son côté, l'organisation China Human Rights Defenders (CHRD). "Le harcèlement et les incarcérations d'activistes vont probablement s'intensifier au fur et à mesure que l'on se rapproche de la date des Jeux olympiques", ajoute le communiqué de cette association de militants des droits de l'homme basée à l'étranger.
Réagissant à l'aggravation de la situation, 57 activistes connus en Chine ont écrit, le 7 janvier, une pétition demandant "aux pays libres et aux organisations internationales des droits de l'homme de faire pression sur le gouvernement chinois pour que la loi soit respectée et les promesses tenues."
OGM. -- La veillée d'armes
OGM. -- La veillée d'armes
SUD-OUEST 11/01/08
Attendant la décision, la mobilisation est à son comble dans chaque camp
Nicolas Sarkozy fait durer le plaisir. Mercredi, le ministre de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, annonçait une décision « dans les 48 heures ». Hier, le président de la République indiquait qu'il se prononcera « dans les tout prochains jours », sans autre précision.
En attendant, l'exaspération est à son comble dans les rangs des pro-OGM qui voient dans la similitude de l'expression « doutes sérieux » (sur le Mon810), employée à une journée d'intervalle par Nicolas Sarkozy puis par le sénateur (UMP) Le Grand, président du Comité de préfiguration de la Haute Autorité, le signe d'une « instrumentalisation ». De fait, hier soir, quatorze scientifiques, membres de ce Comité, ont indiqué que le projet d'avis ne comportait pas ces termes mais faisait mention « d'interrogations ».
Orama, le syndicat des grandes cultures (blé, maïs, oléopro téagineux), lié à la FNSEA, a qualifié l'avis rendu mercredi soir de « mensonges et de politique politicienne ». Il s'agit, selon le syndicat, d'une « présentation biaisée » en ce sens qu'au « regard des exigences juridiques communautaires, il ne fait apparaître aucun élément scientifique nouveau de nature à fonder la mise en oeuvre de la clause de sauvegarde ». Chez Orama, où l'on a très mal digéré la bise de Nathalie Kosiuscko-Moriset à José Bové, on commence à s'interroger sur les éventuelles actions judiciaires selon la décision qui sera prise.
Monsanto au créneau. « Ce qui se passe peut aussi nous conduire à repenser notre stratégie professionnelle et syndicale », disait l'un de ses membres. Dans un sens plus « musclé », s'entend. Orama a reçu un soutien politique de poids en la personne du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer : « Nous ne pouvons nous satisfaire de tels verdicts d'un comité nommé avec peut-être un peu de précipitation, j'attends que la France prenne des décisions qui soient fondées sur de véritables conclusions scientifiques, pas sur des préjugés ». Le président PS du Conseil général du Gers, Philippe Martin, représentant des départements au sein du Comité, a trouvé la charge « déplacée ».
Le groupe Monsanto, habituellement discret, s'est également exprimé hier par voie de communiqué émettant, sur le mode ironique, des « doutes sérieux »? sur le travail de la Haute Autorité : « Elle n'ajoute rien de nouveau au corpus considérable de preuves scientifiques et de revues multiples déjà menées sur le Mon810. »
Satisfaction prudente. À l'opposé, les mouvements et associations écologistes affichaient leur satisfaction, sans toutefois baisser la garde. José Bové continue sa grève de la faim et, hier matin à Auch (32), un groupe de militants a engagé un jeûne de soutien. De son coté, le landais Christian Berdot, porte-parole de la campagne OGM des « Amis de la terre », par exemple, se réjouissait de ce que « les nombreuses études menées depuis dix ans sont enfin prises en compte par un comité officiel ».
Au plan politique, François Hollande a invité Nicolas Sarkozy à activer la clause de sauvegarde « maintenant ». Il l'a fait au côté de José Bové qui a également reçu hier la visite de Nicolas Hulot.
«Rien ne justifie l'actuelle flambée du pétrole»
Magazine Challenges | 10.01.2008 par Paul Loubière
Analyse d'un fin connaisseur du marché, persuadé que seule la baisse des stocks alimente les inquiétudes et que le manque de brut n'est que pure spéculation.
Pierre Terzian, directeur de Pétrostratégies-Europ 'Energies
Challenges. Un baril de pétrole à 100 dollars, est-ce trop cher ?
Pierre Terzian. Oui. Ce prix ne reflète pas les fondamentaux. A 60 dollars le baril, on couvre largement les coûts de production des pétroles les plus chers, la rémunération des différents acteurs et la prime de risque. Au-delà de 60 dollars, c'est de la spéculation. Le baril a augmenté de 35 dollars en quelques semaines et a doublé en un an. Mais que s'est-il passé de significatif qui le justifie ? Rien ! Est-ce qu'un pays producteur est en révolution ? Y a-t-il eu des bouleversements dans la production ?
Pensez-vous que le prix va baisser rapidement ?
Pour crever la bulle spéculative, il faut la conjonction de trois facteurs. D'abord, il faut savoir si l'activité économique continue de croître. Ensuite, il faut voir si la demande de pétrole dans les pays où il n'est pas subventionné baisse. Enfin, il faut que l'Opep indique clairement sa volonté de faire baisser les prix. Pour le moment, ces facteurs ne sont pas réunis.
Pourquoi le prix du pétrole est-il monté si haut ?
On croit souvent que c'est la consommation chinoise qui est à l'origine de la flambée des prix. C'est réducteur. Les cours ont commencé à s'envoler avec la guerre en Irak. En outre, les Etats-Unis ont voté une loi qui permet l'opacité des transactions financières en ligne sur les marchés du pétrole. C'est la fameuse loi dite «Enron Loophole». Sur n'importe quelle Bourse, il y a un régulateur. Mais cette loi a suspendu les régulations sur les transactions électroniques du pétrole. Résultat : les hedge funds, qui représentaient à peine 0,2% des transactions avant 2003, réalisent aujourd'hui 35% d'entre elles !
N'y a-t-il pas un risque que la demande dépasse l'offre ?
Non, sauf en cas de crise très grave dans un grand pays exportateur. Mais il n'y a aucun manque de pétrole. Le marché est parfaitement approvisionné. L'Arabie Saoudite, par exemple, n'a pas refusé de livrer un seul acheteur. Il y a aujourd'hui une capacité de production excédentaire de 3 millions de barils par jour, contre 0,5 million en 2005. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), elle sera de 5 millions de barils par jour à la fin de 2008. La demande mondiale n'a pas baissé, mais elle a cessé d'augmenter aussi vite. Dans le même temps, la capacité de production a augmenté, essentiellement en Angola et en Arabie Saoudite.
Alors pourquoi les stocks de pétrole baissent-ils ?
Cela n'a rien à voir avec la capacité de production. Personne ne va stocker une matière première dont la courbe des prix est en baisse sur les marchés à terme. Et plus l'écart se creuse entre le court terme et les échéances, moins on fait de stocks. Mais la baisse des stocks alimente les inquiétudes, ce qui contribue à maintenir des prix élevés.
Pessin - La Presse : dernière nouvelle de Carla et Nico

Pays-Bas - Un livre sur la Shoah distribué gratuitement aux habitants de Rotterdam
LE MONDE | 11.01.08 | BRUXELLES CORRESPONDANT
Les quelque 250 000 familles, qui habitent Rotterdam, aux Pays-Bas, recevront prochainement le livre d'un historien juif, Isaac Lipschits. Onbestelbaar - que l'on peut traduire par "Inconnu à cette adresse" - est une longue lettre de souvenirs personnels que l'auteur a écrite à sa mère il y a une quinzaine d'années. Elle n'a jamais pu la lire car, comme 102 000 des 107 000 juifs néerlandais déportés pendant la seconde guerre mondiale, elle n'est jamais rentrée d'Auschwitz.
Un éditeur, Verbum, et le Comité Auschwitz néerlandais, appuyé par la mairie, ont pris l'initiative de remettre gratuitement l'ouvrage de 76 pages à tous les habitants à l'occasion de l'anniversaire de la libération du camp. Les auteurs du projet et la ville - où des milliers de juifs furent déportés - espèrent sensibiliser les jeunes aux dangers de la discrimination. "Inconnu à cette adresse"nu à pourra aussi être gratuitement téléchargé sur Internet.
L'initiative n'est pas anodine dans une ville qui a vu naître, il y a quelques années, un virulent populisme incarné par le tribun Pim Fortuyn. Assassiné en 2002, celui-ci avait manipulé les thèmes de l'immigration de masse et d'une prétendue islamisation du royaume. Les questions des rapports avec l'islam et de l'intégration des étrangers forment, aujourd'hui, le fonds de commerce de ses héritiers, comme l'ex-ministre Rita Verdonk et le député Geert Wilders.
COLLABORATION - L'autre intérêt du projet est d'obliger les Néerlandais à continuer de s'interroger sur leur attitude durant la guerre. Depuis quelques années, des débats sur la restitution des biens juifs - dont d'importantes collections d'art - ou la sortie du film Black Book, du cinéaste Paul Verhoeven, ont mis en lumière que la collaboration avec l'occupant nazi n'avait, contrairement à une opinion courante, pas été plus faible aux Pays-Bas qu'ailleurs en Europe. Quant aux juifs, ils n'ont pas bénéficié d'une protection particulière, puisque 80 % d'entre eux furent envoyés vers les camps.
L'auteur d'"Inconnu à cette adresse" a dénoncé dans d'autres ouvrages - dont l'un était intitulé La Petite Shoah - le sort réservé aux juifs néerlandais après la guerre, lorsque leurs demandes visant à récupérer leurs droits et leurs biens se heurtèrent à une froide bureaucratie. Isaac Lipschits a aussi élaboré sur Internet une sorte de "monument digital" dédié à la communauté juive des Pays-Bas. On y retrouve, jusque dans les moindres détails, de quoi tracer le portrait très précis de beaucoup de déportés : nom, adresse, profession, mobilier, livres, instruments de musique ou oeuvres d'art qu'ils pouvaient posséder. Une sorte d'hommage posthume auquel un homme aujourd'hui âgé de 77 ans, qui a perdu toute sa famille à Auschwitz, hormis un jeune frère, a consacré une bonne partie de sa vie.
Plantu : A 1 700 euros pièce, la Nano déboule dans les pays émergents

Menacée par les islamistes, l'écrivain Taslima Nasreen se dit "abandonnée"
PARIS, 11 jan 2008 (AFP) - 11/01/2008
L'écrivaine bangladaise Taslima Nasreen, menacée de mort par les islamistes, dénonce l'abandon dont elle est victime et le manque de soutien de l'Inde où elle a cherché refuge, dans une tribune publiée vendredi par le quotidien Le Monde.
"Je ne suis plus qu'une voix désincarnée. Ceux qui me soutenaient par le passé ont disparu dans les ténèbres", écrit notamment Mme Nasreen. "Je ne suis qu'un simple écrivain qui ne connaît ni ne comprend rien à la dynamique politique. La force du fondamentalisme, à laquelle je me suis opposée et que j'ai combattue pendant des années, n'a été que renforcée par ma défaite", ajoute-t-elle sur un ton désabusé.
Mme Nasreen a vécu en exil entre l'Europe, les Etats-Unis et l'Inde depuis qu'elle a été menacée de mort par des islamistes au Bangladesh en 1994. Elle vivait à Calcutta (est de l'Inde) depuis 2004, avant d'en être chassée en novembre dernier à la suite d'une violente manifestation islamiste contre sa présence.
Mme Nasreen exprime également son désarroi face à l'attitude de l'Inde, où elle peine à trouver une ville d'accueil en raison de la pression de groupes islamistes. Dans ce pays, "pas un seul parti politique de quelque obédience que ce soit n'a pris la parole en ma faveur" et en dehors de soutiens individuels dispersés "aucune ONG ni aucun groupe défendant les droits des femmes ou les droits de l'homme ne m'a soutenue, ni n'a condamné les attaques malveillantes lancées à mon encontre", affirme-t-elle.
"Pour être franche, cette facette de la nouvelle Inde me terrifie", ajoute l'écrivaine.
Aung San Suu Kyi s'entretient avec un ministre de la junte birmane
RANGOUN (AFP) - 11/01/2008
L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a quitté vendredi la résidence où elle est habituellement confinée à Rangoun pour une nouvelle rencontre avec un ministre nommé par la junte au pouvoir et chargé de nouer des relations avec elle, ont annoncé des responsables birmans.
Mme Suu Kyi, 62 ans, lauréate du Prix Nobel de la Paix qui a été privée de liberté pendant la majeure partie des 18 dernières années, a été emmenée vers une résidence gouvernementale où s'est déroulé l'entretien. Il s'agit de la quatrième rencontre de ce type entre la dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et le ministre des Relations Aung Kyi, nommé en octobre après la répression brutale par le régime militaire d'un mouvement de protestation populaire conduit par des moines bouddhistes.
L'entretien de vendredi a duré environ une heure, ont indiqué des responsables birmans, sans autre précision. La précédente rencontre remontait au 19 novembre.
"C'est un signe positif (...) ils doivent parler", a dit à l'AFP Nyan Win, porte-parole de la LND. Le 4 janvier, en marge du 60e anniversaire de l'indépendance de la Birmanie, ce même porte-parole s'était plaint de l'absence de progrès dans le timide processus de dialogue initié par la junte et qu'il avait qualifié de "faux semblant".
En dépit des pressions internationales et de nouvelles sanctions occidentales, le régime birman n'a fait aucune concession majeure en vue de réformes démocratiques depuis la violente répression des manifestations contre la vie chère en septembre.
"C'est bien au moins que le gouvernement militaire parle à Aung San Suu Kyi", a noté Aung Naing Oo, analyste birman basé en Thaïlande. "Mais reste à savoir combien de temps ça va continuer. Jusqu'à présent, nous n'avons vu aucun progrès et les militaires peuvent continuer à parler à Aung San Suu Kyi pendant deux ou trois ans sans prendre le moindre engagement", a-t-il estimé.
