samedi 12 janvier 2008
Questions : Pourquoi le taux de la CSG prélevé sur ma retraite est-il passé pour cette année de 3,8% à 6,6% ?
Réponse : Sources : http://www.finances.gouv.fr/pensions/ret...
Parce que vous ne devez plus bénéficier de l'exonération partielle..
"Vous pouvez être exonéré de la C.S.G. et de la C.R.D.S. dans les situations suivantes :
* vous n'êtes pas domicilié fiscalement en France pour l'application de l'impôt sur le revenu au moment de la perception de la pension. Dans ce cas, en revanche, une cotisation d'assurance maladie est prélevée sur votre pension ;
* vous bénéficiez d'un avantage de vieillesse ou d'invalidité attribué sous condition de ressources auquel vous n »avez plus droit ;
* votre revenu fiscal de référence est inférieur à un certain seuil, fixé annuellement. S'il est supérieur, vous bénéficiez d'un taux réduit de C.S.G. de 3,8 % si votre cotisation d'impôt due au titre de l'année précédente est inférieure à 61 €."
ça veut dire que vous avez du payer des impôts plus élevés de 61 euros cette année ou l'année dernière. Mais il parait que les impôts baissent c'est donc que vous avez eu plus de revenus !!!
La mécanique fiscale est imparable : l'abattement de 20% sur les revenus brut ayant été supprimé, y a t il des contribuables salariés ou retraités dont les impôts n’ont pas augmenté cette année de 61 euros à revenu constant ???
Werdna 12/01/08
Expulsions : Tout n'est pas permis contre les sans-papiers
LE MONDE | 10.01.08
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La politique actuelle de rendement en matière d’expulsions est intolérable par Axel Kahn, généticien ; Charles Berling, acteur ; Laurent Cantet, cinéaste
Pour certains, la nuit du 31 décembre 2007, le compte à rebours des douze coups de l'horloge a eu un goût amer. A minuit, le ministère de l'intérieur a-t-il atteint l'objectif de 25 000 étrangers expulsés de France ? Ils sont des centaines de milliers, la peur chevillée au corps, à être visés par cette politique stupide et inhumaine du chiffre. Ces temps-ci, il ne fait pas bon être "noir", "basané" et pauvre.
Souvenez-vous, en juin 2006, une circulaire émanant du ministère de l'intérieur dirigé alors par Nicolas Sarkozy proposait aux parents étrangers dont les enfants, pour la plupart nés sur le territoire et scolarisés en France, de s'inscrire dans les préfectures pour, enfin, accéder à leurs pleins droits de citoyens, c'est-à-dire de résidents légaux. Mis en confiance, 33 000 personnes déposèrent leur dossier. Leurs noms et adresses sont désormais connus. Le gouvernement décida alors de ne régulariser que 6 924 personnes. Nul n'ose imaginer que ces fiches de renseignements vont faire l'objet d'une funeste instrumentalisation ... Pourtant, la chasse à l'homme commence. Le processus consistant à ficher pour repérer puis piéger ne peut manquer d'évoquer des heures sombres de notre histoire.
La machine se met en place pour atteindre l'objectif : 25 000 expulsions avant la fin 2007. Policiers, juges, compagnies aériennes, tous sont mobilisés. Le ministère de l'identité nationale et de l'immigration peut ainsi fièrement afficher, chaque semaine, ses résultats chiffrés. Qu'importe si, derrière ces "chiffres", ce sont des êtres humains ! Et déjà les objectifs sont planifiés pour l'avenir : 26 000 expulsions en 2008, plus encore par la suite.
Derrière cette cynique politique du chiffre, se cache une réalité humaine tragique. Des arrestations à l'aube au domicile, le père souvent tutoyé, puis menotté, humilié devant ses enfants qui à leur tour sont parfois aussi menottés et placés en centre de rétention, sans médecin, dans des conditions précaires, des semaines durant, puis jetés dans un avion encadrés de policiers, en route vers un pays auquel plus grand-chose ne les rattache. Des arrestations dans la rue d'hommes qui rentrent du travail et qu'on sépare de leur famille. Nous pensons à tous ces enfants qui demandent : "Où est papa ? Qu'est ce qu'il lui arrive ? Qu'a t-il fait de mal ?" Oui, qu'ont-ils fait de mal pour être traités de façon aussi dégradante ? Des arrestations de personnes convoquées dans les préfectures pour "réexaminer" leur dossier, prises au piège.
Détruire des vies, séparer des parents, déraciner des enfants intégrés et scolarisés, pourchasser l'étranger comme un criminel, toutes les méthodes sont bonnes pour parvenir au score des 25 000. Comment ne pas déclarer iniques des lois et décisions administratives qui entraînent un comportement inhumain et discriminatoire ? Peut-on accepter ce traitement indigne qu'on fait subir à des personnes qui ne menacent en rien l'ordre public, qui depuis des années travaillent, paient leurs impôts, participent ainsi à la vie économique du pays, tentent d'obtenir des papiers et se retrouvent face à la logique comptable et déshumanisante de la République, pays des droits de l'homme ? Une maman chinoise qui se jette par la fenêtre terrorisée par la venue de la police ? Des suicides en centre de rétention ?
Cette politique d'expulsion n'est en rien justifiée par les nécessités économiques de notre pays. Personne ne peut, en conscience, admettre que la diversité des situations individuelles et familiales ne s'efface derrière des chiffres et des quotas dont la pratique renvoie à des temps dramatiques. Des vies sont broyées par des lois qui changent selon l'opportunisme des politiques.
Pour rendre un peu de dignité à ces vies, il y a en France toute une chaîne de solidarité dans les écoles, menée par Réseau éducation sans frontière, la Cimade, des avocats du Gisti qui se battent mais sont souvent démunis devant une cohorte de dispositifs juridiques. Il est difficile de se faire entendre par des préfets qui sont soumis à cette "obligation de résultat". Et, fait nouveau qui donne une nouvelle dimension au scandale, les Français solidaires qui cachent les enfants et leurs parents sont aussi traqués, perquisitionnés et poursuivis en justice. Ceux qui ne supportent plus la violence de cette politique doivent s'engager à protéger les familles qu'ils côtoient, soutenir ces familles qui manquent souvent de moyens pour rémunérer un avocat, et pour ce faire prendre contact avec les associations.
Nous ne contestons pas que la mise en place d'une politique restrictive d'entrée sur le territoire puisse être acceptable et qu'elle dispose sans doute, même si certains d'entre nous le regrettent, d'une légitimité démocratique. Cependant les critères d'application de cette politique méritent d'être discutés, tout n'est pas permis.
On veut nous persuader que nous n'aurions plus besoin de "ceux-là" et nous ouvrons dans le même temps nos frontières à "d'autres" au nom de cette politique d'"immigration choisie" ( plus blanche et jetable...). Pourtant, ils construisent tous notre identité commune, comme, avant eux, les parents d'origine étrangère de beaucoup de nos scientifiques, sportifs, musiciens, écrivains, cinéastes, ouvriers, maçons, artisans et commerçants, cadres et chefs d'entreprise, hommes politiques, parfois présidents, de l'Assemblée nationale, de région ou de la République, qui ont tous contribués à l'enrichissement de la France et, souvent, à écrire son histoire.
De ce pays où nous sommes nés, où nous n'avons pas eu à nous poser la question de "mériter" notre lieu de naissance et notre droit à notre nationalité. Notre France n'est pas celle de la suspicion, de la délation et de la xénophobie. Nous sommes persuadés que les pratiques actuelles sont indignes de notre pays et ne peuvent avoir été désirées par les électeurs. Le silence dans lequel tout s'accompli nous fait honte, il faut le rompre.
Les efforts de José Bové et de ses camarades récompensés

Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/
Clara Rojas a été relâchée par les Farc après vingt jours de marche en forêt.

Personne ne veut plus devenir médecin urgentiste. Trop dur . À Cherbourg, on les recrute par internet.
Ouest-France 12/01/08 Thierry DUBILLOT.
On parle d'une pénurie de 3 000 à 5 000 médecins urgentistes en France. On ne sait pas exactement. Mais pour les urgences de Cherbourg-Valognes, nous devrions être vingt-quatre équivalents temps-plein, et nous sommes que quinze. Ce n'est pas une situation qui peut durer. Si les choses ne s'améliorent pas d'ici deux à trois ans, il faudra se séparer de certaines activités. »
Jean-Christophe Mariotti, médecin chef des urgences de Cherbourg, n'est pas très optimiste pour son service, même si les choses peuvent évoluer. Il voit l'épuisement de ses collègues, les gardes de nuit, de week-end, qui s'accumulent, et les demandes qui ne cessent d'affluer. C'est pour cela qu'il soutient le mouvement de grève entamé au niveau national, et qu'il attend comme les autres, des mesures gouvernementales, afin que cette profession d'urgentiste soit plus attractive.
Découragement
Ce n'est même pas un problème de budget, mais bien de charge de travail. « Nos RTT, on ne les compte même plus, puisqu'on ne peut pas les prendre. Et nous sommes payés de nos gardes parce qu'on les fait. On a tous encore un certain sens du service public. » Pour autant, cette impression d'être en permanence sur la corde raide en fait craquer certains : « Deux urgentistes ont démissionné en 2007. Ils se sont inscrits dans des agences d'intérim. »
Pour l'heure, le service tente de faire face. « Dans cette spécialité, la pénurie est telle que nous n'avons pas le choix : nous venons de recruter deux confrères par Internet. L'un est Camerounais, et a fait ses études en Union Soviétique. Il est en période d'essai. Pour l'autre, c'est encore plus risqué : c'est un jeune médecin roumain, qui vient de terminer ses études. Il ne parle pas français. Il prend des cours. Nous avons trouvé un moyen légal de le faire venir à Cherbourg. J'espère que ça ira. Il est dynamique, plein de volonté... »
Jean Christophe Mariotti voit poindre la déconfiture, le découragement. « Pour améliorer les choses, il faudrait une volonté nationale, et nous en sommes loin. Pour l'instant, notre direction accepte de payer des intérimaires à prix d'or, pour nous laisser souffler. Mais ça ne peut pas durer. »
Le mouvement est aussi suivi par les anesthésistes. « Par solidarité. À Cherbourg, ils ont connu le même problème. Ce sont aussi des médecins qui travaillent à H 24. Ils n'étaient plus que sept il y a quelques années. Ils sont quatorze aujourd'hui. »
En Basse-Normandie les urgences ont suivi le mouvement national.
Edgar Morin, piraté par l'Elysée - Portrait par Raphaëlle Bacqué
LE MONDE | 11.01.08
Lundi, Edgar Morin est parti tranquillement pour l'Elysée. Nicolas Sarkozy et sa "plume" Henri Guaino l'attendaient dans le bureau présidentiel. Quelques jours auparavant, le 31 décembre, le chef de l'Etat avait affirmé, dans ses voeux aux Français, sa volonté de mettre en oeuvre "une politique de civilisation". Et pour tout dire, l'auteur de ce concept, de gauche "depuis toujours", n'était pas certain que le président connaissait le contenu de la formule qu'il avait piratée.
Edgar Morin est un homme affable. Le président avait décidé d'être charmant. Guaino voulait montrer sa culture. On conversa donc pendant quarante minutes. A la fin, Morin résuma l'âme présidentielle : "Vous êtes sans doute sincère sur les trois quarts de vos discours, ce qui vous permet de ne plus l'être dans le dernier quart sans que l'on remette en cause une sincérité qui paraissait acquise..." Le lendemain, devant la presse, le chef de l'Etat synthétisa à sa façon : "Edgar Morin m'a dit qu'il était aux trois quarts en accord avec ce que je disais."
Et commença la longue série d'appels des amis goguenards : "Alors, tu as rallié Sarkozy ?"
Finalement, Edgar Morin préfère en sourire. Il rejette farouchement plusieurs aspects de la politique de Nicolas Sarkozy, et surtout le sort réservé aux immigrés, mais après tout, son livre, Pour une politique de civilisation, coécrit avec Sami Naïr en 1997, avait été publié dans une relative indifférence.
"Dans quinze jours, il sera réédité, se félicite-t-il. Alors si Sarkozy a servi à ce que des gens réfléchissent à une nouvelle politique, enfin attachée au mieux-être et non plus seulement à la consommation, c'est toujours ça." Tout de même, lorsqu'on lui a proposé de faire un livre d'entretien avec le président, il a ri : "Franchement, à mon âge (87 ans), c'est prématuré..." Mais lui qui a opté depuis longtemps pour les Verts, et surtout Daniel Cohn-Bendit, s'enchante d'avoir vu Ségolène Royal brandir son livre, le 3 janvier au matin sur France 2. Et conserve sur son portable l'invitation à dîner, lundi 14, que la candidate socialiste à la présidentielle y a laissée. "Jusque-là, regrette-t-il, les socialistes ne m'ont jamais utilisé..."
A l'étranger, c'est tout le contraire.
La carte d'adhérent du Parti démocrate italien (né de la refondation du Parti communiste) a longtemps comporté une phrase de Morin : "Renoncer au meilleur des mondes, n'est pas renoncer à un monde meilleur." Le président du conseil, le socialiste Romano Prodi, intéressé par sa volonté de lutter contre la parcellisation des savoirs, l'a consulté avant de lancer sa réforme de l'éducation.
En Espagne, le premier ministre socialiste, José Luis Zapatero, a voulu lui donner la nationalité espagnole.
Au Mexique, une université porte son nom. Dans toute l'Amérique latine, on cite avec enthousiasme sa théorie de la complexité, qu'en France on juge parfois fumeuse sans l'avoir lue. Il en a parfois conçu le sentiment trompeur qu'il n'était pas reconnu et excuse lui-même cette exagération d'un mot : "Je suis un orphelin..."
Car Morin n'est pas seulement un intellectuel. C'est une histoire. Et, en adepte de la sociologie, de la psychanalyse, de la littérature et de l'interaction entre les disciplines, il la raconte sans omettre aucun des déterminants du destin. Enfant unique de Vidal et Luna Nahoum, juifs séfarades originaires de Salonique émigrés à Ménilmontant, il adore sa mère. Son père est bonnetier dans le quartier des marchands du Sentier et espère bien voir son fils lui succéder. Mais la tragédie va installer durablement le malaise entre eux. Le 28 juin 1931, Luna meurt d'une crise cardiaque alors qu'Edgar n'a pas encore fêté ses 10 ans. L'enfant est envoyé chez sa tante, à trois pas du Père-Lachaise où on l'assure que sa mère est partie en voyage. Trois jours plus tard, dans un petit square qui jouxte le cimetière, il aperçoit Vidal, entièrement vêtu de noir. "J'ai tout de suite compris, bien sûr. Je lui en ai voulu toute ma vie de m'avoir empêché de lui dire adieu."
Blessé, surprotégé par son père, il va d'abord chercher à échapper au destin qui lui a été programmé. La guerre sera sa "libération". Vidal a été mobilisé. Il peut donc décider de sa vie. Il entre au Parti communiste et dans la Résistance. Le même réseau que François Mitterrand, Marguerite Duras, Robert Antelme et Dionys Mascolo, dont il deviendra l'ami. Son premier pseudonyme, Edmond, est en passe d'être découvert ? Il va en changer. Le jeune homme a aimé L'espoir, d'André Malraux, et l'un de ses personnages, Manin. Ce sera son nouveau nom de résistant. Mais à Toulouse, où doit se tenir une réunion du réseau, la camarade qui l'accueille a mal compris et le présente à tous : "Voilà Morin." Morin et Nahum deviendront, à la Libération, ses deux noms, séparés par un tiret : "Comme cela, je suis le fils de mon père, mais aussi le fils de mon oeuvre."
Est-il encore communiste dans ces temps où le monde va se partager en deux blocs ? En fait, il doute depuis longtemps. Dès 1948, il ne renouvelle pas sa carte, mais parce qu'il a trouvé dans le PCF une famille, il laisse croire à la cellule de son quartier qu'il milite à celle de son bureau, et réciproquement. Bientôt, en 1951, une militante communiste du genre procureur, Annie Besse, qui deviendra plus tard Annie Kriegel, l'interroge brutalement : "Pourquoi as-tu écrit dans le journal de (l'intellectuel socialiste> Claude Bourdet alors qu'il est un agent de l'Intelligence Service !" En quelques jours, le voilà réellement exclu du Parti. Le soir même, il sanglote sur cette rupture, mais pour s'en féliciter dès le lendemain : il a retrouvé sa liberté de penser.
Il est marxiste, pourtant. Mais ce qui lui plaît peut-être dans Marx, c'est qu'il ait été à la fois économiste, historien, philosophe : bref, qu'il ait cultivé l'interdisciplinarité. Dans ces années 1970 qui voient l'explosion des sciences humaines, il est à la fois seul dans son genre et déjà admiré. Au tout début des années 1980, le voilà à l'université de Stanford (Californie) au milieu d'une petite bande d'adeptes de la pensée systémique, parmi lesquels Michel Serres, Henri Atlan, René Girard, Jean-Pierre Dupuy.
"Ils ont été les premiers à prendre la mesure de l'exténuation des idéologies", constate Jean-Claude Guillebaud qui, à l'époque, suit leurs travaux comme directeur littéraire au Seuil. Ce sont des travailleurs, des penseurs originaux. Des sensuels aussi, qui aiment le plaisir, les femmes, le vin. Morin a belle allure, du succès, des amours.
Il a gardé ses goûts et ses fidélités. Dans son bureau envahi par les livres, il affiche aujourd'hui le sourire radieux de ceux qui aiment la vie, appelle sa femme Edwige "Bichette", et veille à ce qu'elle ne prenne pas froid. Et lorsqu'on s'amuse de le voir tant couver cette charmante petite femme aux yeux clairs, il rit : "C'est ma troisième épouse. L'amour est un privilège de l'âge..."
Parcours
1921 Naissance à Paris.
1931 Mort de sa mère.
1942 Adhère au Parti communiste et entre dans la Résistance.
1951 Exclusion du Parti communiste.
1958 Sortie d'"Autocritique" (Seuil).
1997 Publie, avec Sami Naïr, "Pour une politique de civilisation" (Seuil). |
Élève Sarkozy : peut mieux faire - Edito Financial Times
Edito Financial Times Courrier International 11/01/08
Le président de la République va remettre prochainement à ses ministres un bulletin de notes censé évaluer leur action. Le quotidien de la City fait de même avec lui.
Le président français Nicolas Sarkozy a demandé à un cabinet d'audit privé d'évaluer l'action de chacun des ministres du gouvernement. Voici le rapport confidentiel qu'ils ont élaboré sur le président lui-même.
Communication : 9 sur 10. NS dispose d'un incroyable talent pour faire passer ses idées auprès d'un public sceptique. C'est un communicateur né, à la hauteur d'un Bill Clinton ou d'un Tony Blair. Il a transformé les termes du débat politique.
Intelligence tactique : 8 sur 10. NS est parvenu à damer le pion à ses opposants. Il a rallié à lui les poids lourds du Parti socialiste et il fait preuve d'une grande habileté avec les syndicats. Il lui faut maintenant mettre cet avantage tactique au service d'une stratégie.
Vision stratégique : 7 sur 10. NS a identifié les principaux problèmes de la France et a exposé un projet de réforme particulièrement séduisant. Il a raison d'insister sur une réforme des marchés du travail et des biens et services. Mais il doit aussi s'attaquer aux excès de corporatisme et d'étatisme. Que recouvre sa "politique de civilisation" ?
Diplomatie : 6 sur 10. NS s'est raccommodé avec Washington, ce dont on ne peut que se féliciter. Il a également joué un rôle important dans la résolution de la crise institutionnelle européenne. Toutefois, sa position sur la question des droits de l'homme a été affaiblie par sa recherche constante d'avantages commerciaux.
Cohérence intellectuelle : 4 sur 10. La cohérence n'est pas le fort de NS. Par exemple, il accuse des fonds souverains étrangers d'investir dans un but autre qu'économique tout en demandant au fonds souverain français de faire la même chose. NS ferait bien de se replonger dans un manuel de théorie des échanges commerciaux.
Discipline budgétaire : 4 sur 10. La décision de baisse d'impôts de NS paraît plus avisée aujourd'hui que l'été dernier. Mais le président s'est privé de toute marge de manœuvre en cas de détérioration de la conjoncture.
Résultats : 3 sur 10. NS n'en est encore qu'au début de son quinquennat, mais ses efforts n'ont pas donné pour l'heure beaucoup de résultats. Le ralentissement de l'économie mondiale n'arrange rien. NS possède un goût immodéré pour les solutions gadget aux problèmes complexes. Il aurait tout intérêt à leur préférer plus souvent l'application de principes de bon sens.
Esprit d'équipe : 2 sur 10. NS a constitué une équipe talentueuse. Mais il veut jouer à tous les postes et marquer tous les points. Au niveau européen aussi, NS monopolise le ballon.
Retour sur investissement final : 6 sur 10. NS possède une énergie phénoménale et un très fort potentiel. Il a créé le climat le plus propice à une réforme de la France depuis une génération. Mais il est vite surexcité et se laisse trop facilement distraire par les feux des projecteurs. Il est temps pour NS de quitter ses habits de candidat pour endosser le costume de président et se préoccuper moins de la communication et plus de l'essentiel.
Landes - La Mongolie à portée de pins
SUD-OUEST Landes 11/01/08
MANO -

Se perdre volontairement dans le dédale d'une existence lourde et routinière. S'échouer en pleine forêt de Haute-Lande. Et, mirage asiatique, s'abriter pour la nuit dans une yourte. Toucher du doigt la liberté des cavaliers nomades de Mongolie?
L'invitation a tout d'un attrape-bobos. Posée au milieu de nulle part, une tente 100 % écolo, fabriquée artisanalement avec des matériaux naturels - bois, nerf de yack et coton - attend les voyageurs égarés dans ce désert de bruyères et de pins.
Ses propriétaires, Sylvie et Thierry, naufragés de la région parisienne, ont atterri dans les Landes l'an dernier. Las des visages éteints qui peuplent les transports urbains, ils ont des envies de grands espaces. Ils explorent le Sud-Ouest et craquent pour une métairie landaise, à Mano, à la limite de la Gironde. 3 hectares de terrain ceignent leur nouvelle résidence.
Tente traditionnelle. Les deux néoruraux ne s'arrêtent pas là et parfont le décor. Ils achètent plusieurs chèvres qui gambadent dans la propriété en toute liberté avec une légèreté communicative. Et plantent au milieu de leur terrain une yourte, objet de fascination de ces quadras depuis toujours. « Un premier pas vers notre rêve : un grand et beau voyage en Mongolie », avoue Thierry, les yeux pétillants. Commandée aux artisans mongols, la première yourte s'implante ainsi dans les Landes. D'où le nom de cette chambre d'hôte quelque peu atypique (1).
Sans fondations, facile à monter et à démonter - quoique l'installation soit un peu « prise de tête » selon Thierry -, cette tente traditionnelle est utilisée depuis des milliers d'années par les nomades d'Asie centrale. Le cocon est conçu pour affronter la rudesse des hivers et la violence des vents mongols : il est donc possible de s'y réfugier à toutes les saisons.
L'hiver, loin des cheminées fumantes et des foyers surchauffés, la rupture est totale. C'est avec une lampe torche vissée sur la tête, et emmitouflés dans d'épais manteaux que les visiteurs s'engouffrent dans la pénombre à la recherche de leur abri nocturne. La mousse givrée craque sous les pieds qui trébuchent sur des morceaux de bois. Une odeur fraîche de sous-bois, mêlée à celle du bouc, annonce une nuit pas comme les autres.
À la vue de la tente à peine éclairée, une euphorie enfantine, que l'on croyait endormie à jamais, se réveille soudainement. Elle est décuplée en pénétrant à l'intérieur. Les propriétaires allument deux bougeoirs de part et d'autre du lit et abandonnent leurs hôtes à leur rêve éveillé. Un chauffage à pétrole marche à plein mais mieux vaut l'éteindre, se fondre sous la couette et s'accommoder de la chaleur ouatée assurée par les deux toiles en feutre qui isolent la yourte.
Réveil naturel. Au petit matin, un vent frais, vivifiant caresse les joues. Le réveil n'a jamais été aussi facile, naturel. Un filet de lumière se projette sur les tentures. Et la porte d'entrée s'ouvre sur la forêt, baignée par la lumière du matin. Un moment ineffable.
Aux beaux jours, il est possible de retirer le couvre-chef de la coupole pour se planter le nez dans les étoiles. Selon la symbolique mongole, la coupole, véritable pont entre les mondes divin et humain, permet aux esprits de circuler.
L'été également, les chalands jouent la carte écolo en utilisant la douche solaire et les toilettes sèches, ces dernières recyclant les excréments en compost. Pour ceux qui n'adhèrent pas à cet « esprit nature », Sylvie et Thierry proposent aussi une nuitée plus traditionnelle dans une chambre, à l'intérieur de leur maison, avec jacuzzi privatif...
(1) À la Yourte des Landes. Tarif : 50 euros pour deux personnes, petit-déjeuner inclus, 10 euros par personne supplémentaire. Renseignements au 05 58 07 77 39.
TRIBUNAL DE MARMANDE. – Le protocole a volé en éclats
SUD-OUEST 11 Janvier 2008
Des élus remontés, des avocats corde de pendu au cou ont bousculé le cérémonial de l'audience solennelle de rentrée. Ulcérés, les magistrats ont levé la séance avant son terme
Depuis que le TGI de Marmande a été inscrit sur la liste des tribunaux à rayer de la carte, évoquer une atmosphère sereine dans l'enceinte du palais de justice serait une grosse faute de goût. Néanmoins, après des mois de lutte quasi ininterrompue, l'audience de rentrée solennelle a débuté dans le calme hier matin. Il y a un mois, à l'occasion de leur dernière intervention dans la salle d'audience, les élus - le maire de Marmande, Gérard Gouzes, en tête - avaient pourtant menacé : « Si rien ne bouge d'ici là, nous n'hésiterons pas à mener une action violente. »
La diatribe du bâtonnier. Dans un premier temps, c'est tout le contraire qui s'est passé. Les élus, certes revendicatifs, ont accepté de ne pas prendre l'audience en otage. Leur mode d'action ? Utiliser, entre chaque interruption de séance, et avec l'accord des magistrats, la salle des pas perdus pour tribune. Sous l'effet de la tension accumulée depuis des semaines, ce gentleman's agreement n'a pas tardé à voler en éclats.
Premier incident: les élus applaudissent le discours, froidement révolté, du président du tribunal de commerce. Intervention du procureur de la République, Thierry Dran : « Ces applaudissements sont déplacés. Ce lieu n'est pas une tribune politique. »
Débute l'audience du TGI. À l'encontre du protocole habituel, le président Belmas donne la parole au bâtonnier, Franck Dupouy. Une corde de pendu autour du cou, l'avocat, qui se démène comme un beau diable depuis plusieurs mois, se lance, devant les caméras de télévision, dans une diatribe contre le ministère de la Justice : « Les maîtres du jeu, ce sont les jacobins. La dictature parisienne est en marche, c'est sûr ! Vu de la place Vendôme, il n'y a dans notre département que des vaches et des paysans, et tant que l'on n'aura pas ouvert une boutique Dior à Marmande, nous n'intéresserons pas Rachida Dati. »
Champagne au vinaigre. La tension monte encore d'un cran, sous le regard maussade de Sylvie Moisson, le nouveau procureur général de la cour d'appel d'Agen, tout juste nommée par la garde des Sceaux. C'est au tour du procureur de la République d'intervenir. Il dit comprendre la colère de tous. « Mais en tant que magistrat, je n'ai pas à commenter la loi : je dois la faire appliquer ! »
Murmure de Gérard Gouzes : « De quelle loi parle-t-il ? Le décret n'est pas paru. » Thierry Dran fulmine : « Monsieur le Maire, ne m'interrompez pas, sinon je m'en vais. » Gérard Gouzes ne peut réprimer un nouveau commentaire? Le procureur quitte la salle. Et le président suspend l'audience? qui, finalement, ne reprendra pas. C'est une première dans l'histoire du TGI marmandais. Le champagne, servi en suivant dans le hall des pas perdus, avait un goût de vinaigre.
Triplement de la participation : Trompe l'œil
Point de vue par Jean Conan de la CFE-CGC – Janvier 2008
Nous pouvions croire que nous en avions fini avec l’instabilité légale et réglementaire des dispositifs de l’épargne salariale. Que nenni ! Le président de la République n’a guère entendu l’argumentaire largement partagé par toutes les confédérations syndicales ainsi que par les professionnels de la gestion financière.
Il eut été préférable d’étendre à tous les salariés l’accès à l’épargne salariale, plutôt que de rendre possible le déblocage immédiat des sommes de la participation. Cela eut été un bien meilleur signal : L’État se préoccupe du sort de tous, et incite toutes les entreprises à consentir une aide à la constitution de l’épargne de leurs salariés, cette épargne servant principalement à l’acquisition d’une résidence principale.
Aujourd’hui, annoncer une perspective de triplement des réserves de participation est démagogique.
L’ajustement de la formule de participation au triple de la valeur actuelle assortie de la possibilité de déblocage immédiat, aura pour conséquence instantanée une intégrale substitution salariale.
C’est une catastrophe pour les régimes sociaux dont nous savons tous les déséquilibres croissants. Ce n’est pas un « plus » pour les salariés… ou alors seulement en trompe l’œil !

