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jeudi 10 janvier 2008

La FNSEA tente de sauver les OGM

Ouest-France – 10/01/08 - Hervé PLAGNOL

Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, est sur des charbons ardents depuis 48 heures. Et hier encore, il a fait le forcing auprès de Nicolas Sarkozy.

La cause des OGM est en péril, mais pas désespérée. Voilà le sentiment qui semblait prévaloir, hier, au sein du principal syndicat agricole après la volte-face gouvernementale de la veille. Alors que, les jours précédents, la France s'acheminait vers une acceptation des plantes OGM (notamment le maïs Mon 810 planté sur 22 000 hectares en 2007), moyennant l'absence d'une clause de sauvegarde et le vote d'une loi avant les municipales, Nicolas Sarkozy a tout chamboulé à l'occasion de sa conférence de presse de mardi. D'une part, la loi n'est plus si urgente et, d'autre part, en fonction de l'avis d'une haute autorité, le dépôt d'une clause de sauvegarde auprès de Bruxelles (interdisant le Mon 810) a été de nouveau évoqué. « C'est une reculade qui ne fait pas honneur au gouvernement », lançait en conférence de presse, mercredi, le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer. Pour les agriculteurs, et notamment les adhérents de la FNSEA, la position du président de la république, pour lequel ils avaient majoritairement voté en 2007 est une véritable claque.

Des semis menacés

La FNSEA ne désespère pas de faire évoluer le dossier dans son sens. Dès hier, Jean-Michel Lemétayer était reçu par Nicolas Sarkozy. Il a au moins eu la satisfaction d'avoir obtenu une date pour le début de l'examen parlementaire du projet de loi sur les OGM. « Nous sommes presque dans le calendrier souhaité », affirmait-il sur le perron de l'Élysée.

Concernant la clause de sauvegarde, Nicolas Sarkozy « prendra le temps de décider», a relaté le président de la FNSEA, en reprenant les propos que lui avait tenus le chef de l'État. Mais, hier soir, nouveau rebondissement, le ministre Jean-Louis Borloo annonçait une décision de l'Élysée «dans 24 heures à 48 heures au plus». De leur côté, les producteurs de maïs font actuellement travailler leurs juristes pour voir dans quelle mesure cette clause serait attaquable devant les tribunaux. Ils espèrent ainsi un sursis à exécution qui permettrait de planter des OGM, lors des semis d'avril.

Sinon, ils sont confiants dans le fait que Bruxelles devrait censurer une clause de sauvegarde qui ne serait pas appuyée par des faits nouveaux. Même si les délais juridiques impliquent qu'une saison sera gâchée pour le maïs concerné. Toutefois, certains, comme le Normand Pascal Ferey, seraient prêts à appeler à une désobéissance civile. Après tout, estime-t-il en substance, si José Bové peut arracher impunément les OGM, les agriculteurs pourraient bien les planter, même illégalement !

Posté par werdna à 00:03 - Agriculture - Pêche - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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