mercredi 9 janvier 2008
Les Indégivrables : Recherches ...

Des regrets sur le Dakar

Nicolas Sarkozy a été brièvement hospitalisé le 21 octobre, selon un livre
La Tribune 9 janvier 2008
Nicolas Sarkozy aurait effectué un bref séjour à l'hôpital du Val-de-Grâce le 21 octobre dernier dans le plus grand secret, pour y subir une intervention visant à traiter un abcès à la gorge, révèlent deux journalistes dans un livre sur Cécilia Sarkozy, dont "Le Parisien/Aujourd'hui en France" publie mercredi des extraits.
La santé du chef de l'Etat est traditionnellement un sujet tabou en France. Jacques Chirac n'a jamais communiqué sur le sujet, jusqu'à son hospitalisation en septembre 2005 après un accident vasculaire, ce que lui a reproché son ministre de l’intérieur de l’époque. François Mitterrand, atteint d'un cancer de la prostate dès novembre 1981, avait ordonné pendant onze ans à son médecin personnel de falsifier ces bulletins.
Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy s'était engagé à la plus grande transparence sur le sujet en publiant tous les mois son bulletin de santé, pour rompre avec la pratique de ses prédécesseurs. "Je ferai de mon médecin une vedette", plaisantait-il le 2 mars 2007.
TF1 : « Madame, Monsieur, bonsoir » : un livre sur les coulisses de la chaîne
RAPHAËL GARRIGOS et ISABELLE ROBERTS - Libération mercredi 9 janvier 2008
Cinq journalistes maison racontent anonymement les dessous de la Une.
Le titre - Madame, monsieur, bonsoir - est bateau; le pseudo - Patrick Le Bel - balourd; la déclaration d’intention - «Il ne s’agit pas de mettre le feu à la maison, juste de provoquer un bon électrochoc» - un peu maladroite. Ce livre sur les coulisses de la rédaction de TF1 écrit anonymement par cinq de ses journalistes (1) est brutal. De la brutalité du monde du travail, même quand le travail est surpayé. L’observateur des médias n’y trouvera pas de scoops, mais le quotidien des journalistes de la chaîne en béton : bassesses, hypocrisie, terreur sourde.
Hier, à TF1, pas de commentaire. Mais en interne, on s’agite, même si quasiment personne n’a lu le livre. La blague du jour dans la rédaction : lancer à son collègue «Tu ne m’as pas dédicacé ton bouquin». La direction est bien décidée à retrouver les coupables. Pour protéger les auteurs qui refusent même de s’exprimer par téléphone, l’éditeur a réécrit, gommé les tics de langage. Mais le témoignage, dont le Parisien a publié hier des extraits et que Libération s’est procuré, est précieux : «C’est nous qui faisons la soupe, tous les jours, à 13 heures et à 20 heures», écrivent les journalistes.
Travailler pour TF1
L’info à la chaîne, les sujets montés à la six-quatre-deux, les reportages orientés… C’est le quotidien des journalistes de TF1. Après une manif étudiante, il faut aller vite : «Monte-moi 25 minutes de bordel, commande un journaliste à son monteur, on mettra ensuite deux témoins.» Et la manie du micro-trottoir : «Trois pour, trois contre, ça suffira merci.» En 2002, après la présidentielle où TF1 a été accusée d’avoir emmené Jean-Marie Le Pen au second tour, Robert Namias, directeur de l’information, organise un séminaire de la rédaction. Un cahier de doléances a été ouvert : «Souffrance, colère, lassitude : "infantilisation, caporalisme, cadences infernales, pertes de sens", tout y passe… Peu à peu, les journalistes se lèvent […], donnent chair aux accusations.» Les témoignages fusent : «On passe d’un reportage en banlieue à un autre sur la sécheresse dans les Deux-Sèvres», «Je ne reconnais plus la rédaction. Lorsque j’entre dans le parking, j’ai mal au ventre», «J’ai un peu honte en ce moment de dire que je travaille à TF1». Seule conséquence du séminaire: l’adjoint de Namias est remplacé.
PPDA
C’est le principal accusé : dilettante, paresseux comme une couleuvre, autoritaire, jaloux du bel Harry Roselmack, le voilà habillé pour quelques hivers. «Irascible. Chacun dans la rédaction s’attache à prévenir ses colères ; on les craint. Destructrices, blessantes.» A un jeune journaliste qui estime que son sujet mérite mieux que quelques images commentées en voix off, PPDA assène: «Considère qu’un off dans mon journal est déjà un immense privilège.» Un PPDA doté d’un baobab dans la main : «Il n’écrit que très peu son journal et se contente souvent de corriger ceux qui l’ont fait pour lui.»
Jean-Pierre Pernaut
A côté, le présentateur du 13 heures s’en tire bien : «Un beauf de droite décomplexé.» Qui «essaiera toujours d’arranger nos affaires avec la direction». Du moment qu’on ne lui enlève pas ses dadas : «Les fonctionnaires sont payés à ne rien foutre.» Parfois, ça se voit. Comme lors des grèves de novembre 2007, où il est déchaîné. Au point que le nouveau patron de TF1, Nonce Paolini, le convoque pour un remontage de bretelles. Le lendemain, Pernaut reproche à ses journalistes de ne pas l’avoir soutenu: «Personne ne me défend. Je vous pisse tous à la raie.»
Claire Chazal
Cruel, le portrait de Claire Chazal : «Une Marie-Antoinette : la vraie simplicité des gens bien nés, qui, malgré eux, vous renvoie à votre piètre condition.» Et passionnée par son métier avec ça : «Tandis que les chefs d’info lui transmettent le menu de son journal, Claire est ailleurs, dans la contemplation de ses mains, dont le soin est une obsession.»
Robert Namias
C’est l’architecte de l’info sur la Une. Lui qui, dans l’émission 7 à 8, coupe une interview du frère de Rachida Dati : «Vous n’allez pas me gâcher ma rentrée», explique Namias. «Sacré Bob.» Et sa sacrée maxime: «Ce qui ne passe pas sur TF1 n’existe pas.» Commentaire des auteurs : «Il fait ce qu’on lui demande de faire, comme nous, c’est le secret de sa longévité.»
Télé Sarko
Au soir du 6 mai 2007, l’ambiance au siège de TF1 est à l’euphorie. Si Namias a donné le mot d’ordre («Aucune mine réjouie ou défaite avant 20 heures»), «dans les salons réservés aux VIP, le champagne coule à flots […] On fête bien l’élection de Nicolas. Sans ambiguïté ni gêne aucune.» Seul couac, une coupe apparaît fugacement à l’antenne. Au côté d’Etienne Mougeotte, trottine un jeune stagiaire : le fils de Bernard Arnault. Ce soir-là, Sarkozy n’est pas là; mais à TF1, il est chez lui. Les auteurs rectifient: «Chez son meilleur ami. Martin [Bouygues, ndlr], rarement là, lui laisse les clés en toute confiance.» Ainsi, en août 2006, Sarkozy passe un savon au journaliste qui a laissé passer un reportage sur les sans-papiers de Cachan peu à son goût: «C’est une honte d’avoir laissé passer ce sujet, s’emporte le futur Président. Vous ne savez pas faire votre boulot.» Plus tard, reçu à la fin d’un JT de 20 heures, Nicolas Sarkozy se verra gratifier d’un mot gentil par l’épouse de Patrick Le Lay: «On est tous avec vous!»
(1) Editions du Panama, 15 euros. En vente jeudi.
La conférence de presse 2008 : Cousu de fil rose
Edito de laurent Joffrin - Libération mercredi 9 janvier 2008
Vivons-nous sous un régime de monarchie élective ? Y a-t-il aujourd’hui, pour ainsi dire, un seul homme dans l’Etat ? Au cours d’une conférence de presse fort réussie, Nicolas Sarkozy s’en est défendu de telle manière qu’il a… entièrement confirmé l’hypothèse.
Alors qu'on l'attendait sur le pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy a préféré disserter sur la "politique de civilisation" et annoncer la fin de la pub sur France Télévisions.
L’anecdote, d’abord. Pour avoir eu le front de poser la question, l’éditorialiste de Libération s’est vu infliger une longue diatribe d’où il ressortait qu’on avait le droit de tout dire en France sauf ce que tout le monde sait : Nicolas Sarkozy a poussé à son paroxysme la personnalisation de la présidence et la concentration du pouvoir qui étaient en germe dans la constitution de la Ve République. Pour la presse étrangère, c’est une banalité. En France, on s’étonne que cela puisse être dit.
Avec un petit mensonge au passage : contrairement à ce qu’il a affirmé, le président a bien parlé de son Premier ministre comme d’un simple «collaborateur», détail qui révèle bien sa conception du gouvernement. Sans doute la virulence de la réponse traduit-elle une déception du monarque : il existe encore un journal d’opposition dans ce pays. Manifestement, pour le président, c’est un de trop…
Et sur le fond, comment était le «sarkoshow 2008» ? Fort bon, il faut le dire. Voilà un excellent discours de candidat à la présidence. Il mériterait de gagner l’élection… Cette «politique de civilisation» qui a fourni l’armature et le slogan de la prestation présidentielle est un bon gimmick. Selon une méthode éprouvée depuis maintenant six ans, Nicolas Sarkozy a soudain changé de terrain.
Depuis six mois nous étions dans un film intitulé «Réhabilitons le travail», mot d’ordre simple qui avait le double mérite de promettre un meilleur revenu aux Français et de stigmatiser ces 35 heures qui sont, comme le poumon chez Molière, la cause de tous nos maux. Las ! Après huit mois de traitement, la médication n’a rien donné. La courbe du pouvoir d’achat est aussi plate qu’un discours de François Fillon. Nous voici désormais projetés dans des hauteurs philosophiques, lancés vers l’avenir radieux d’une «nouvelle Renaissance» qu’un socialiste inspiré aurait pu évoquer.
La tactique est cousue de fil rose et la gauche qui se gausse a bien tort de le faire. Outre que la formule recouvre de véritables novations, comme celle qui concerne le financement de la télévision, elle a surtout pour fonction de marginaliser un peu plus une opposition déjà anémiée par ses propres divisions et asphyxiée par la politique d’ouverture. Amartya Sen et Joseph Stiglitz, les deux prix Nobel enrôlés par Nicolas Sarkozy, sont de beaux esprits qui fournissent habituellement leur nourriture intellectuelle aux sociaux-démocrates du monde entier. Quant à la réécriture du préambule de la Constitution confiée à Simone Veil, elle n’aurait pas déparé un projet de gauche.
Allergique à la contradiction, ce président boulimique veut englober droite et gauche, majorité et opposition. Ainsi l’intempestive et rebelle réalité lui sera d’un moindre embarras. Il organisera un débat national rigoureusement pluraliste entre lui et lui-même. Les résultats concrets ou leur absence ? Escamotés par le magicien du verbe narcissique.

OGM : Le gouvernement reporte l'examen du projet de loi
LEMONDE avec AFP
Ce texte, qui devait être examiné dans une semaine au Sénat et était décrié par les militants anti-OGM, a été reporté au-delà des municipales, ce qui laisse augurer d'une activation de la clause de sauvegarde.
Alors que le projet de loi sur les OGM devait être examiné à partir du 15 janvier au Sénat, le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, a annoncé, mardi 8 janvier, qu'il ne serait soumis aux parlementaires qu'après les municipales de mars. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'état à l'écologie, a précisé qu'il était souhaitable de prendre "un peu plus de temps" pour débattre des OGM : "on a essayé de faire tout cela dans des délais très courts alors même que ce sont des sujets extrêmement complexes. Cela ne semblait pas absurde d'avoir un peu plus de temps".
Le rapporteur de ce texte encadrant la culture des OGM, Jean Bizet (UMP), s'est dit "surpris et déçu" du report, le liant à l'avis, attendu mercredi ou jeudi, du comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM. Un avis qui, selon lui, devrait conduire le gouvernement à faire jouer la "clause de sauvegarde" sur le maïs MON 810, seul OGM cultivé en France. Comme elle permet à un pays européen d'interdire la culture d'un OGM autorisé sur le plan communautaire, le projet de loi n'apparaît plus urgent.
"DÉMAGOGIE"- Le document concluant le Grenelle de l'environnement, fin octobre, prévoyait "l'activation de la clause de sauvegarde jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi relative aux biotechnologies". Le gouvernement a rapidement décidé un gel des ventes de semences OGM, jusqu'en février. Plusieurs associations se sont depuis retirées du Grenelle, reprochant au gouvernement de ne pas activer la clause de sauvegarde. Le porte-parole des Faucheurs volontaires José Bové et d'autres militants anti-OGM, ont entamé, le 3 janvier, une grève de la faim pour obtenir l'activation de cette clause. Mardi matin, Nicolas Sarkozy s'est déclaré prêt à y recourir s'il y avait des "doutes sérieux" sur le seul OGM cultivé en France. Le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, a pour sa part indiqué à l'issue d'une rencontre avec José Bové que le gouvernement décidera ou non d'activer la clause de sauvegarde "dans les jours suivant" l'avis du comité, et que "la Commission européenne devra dire si cette clause de sauvegarde est valide ou pas".
M. Bizet a imputé le retrait du texte aux "pressions" exercées par José Bové. Ce qui n'empêchera pas de continuer à importer des OGM, a souligné le rapporteur, alors que l'Allemagne vient de renoncer à se prévaloir de la clause de sauvegarde. "La démagogie l'emporte sur la démocratie", a encore regretté le sénateur.
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La gauche salue un report "cacophonique", la FNSEA dénonce une "reculade"
LEMONDE avec AFP | 08.01.08
Le report, à une semaine de son examen au Sénat, du projet de loi sur les OGM, a été qualifié par les sénateurs PS de "cacophonie totale au sein du gouvernement, avec des textes de lois qu'on dépose et qu'on retire selon les annonces présidentielles". "Le mépris à l'égard des parlementaires" que manifeste cette façon de faire a également été critiqué.
Le groupe communiste s'est lui félicité de cette décision, tout en pointant "le niveau d'incohérence atteint par l'action gouvernementale", s'agissant d'un projet de loi qui devait être examiné en procédure d'urgence. Mais "cela ne règle en rien la question du traitement des OGM au-delà du 9 février, laissant penser que le report de l'examen du dossier est guidé par des considérations purement électoralistes", ajoutent les sénateurs communistes.
Le président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée nationale, François Sauvadet, a pour sa part estimé que le report était une "décision raisonnable". "La réflexion doit avoir lieu au plan européen, a-t-il déclaré. Laissons à l'expertise scientifique et européenne le soin de nous apporter les éclairages nécessaires avant tout arbitrage en la matière."
Au sixième jour de sa grève de la faim contre ce texte et pour l'activation par la France de la clause de sauvegarde lui permettant d'interdire la culture d'OGM, José Bové a "salué une décision sage", estimant avoir été "entendu" : "je reste prudent mais tout ceci va dans le bon sens", a jugé l'altermondialiste, qui poursuit cependant son mouvement.
"POLITIQUE SPECTACLE" - France Nature Environnement (FNE), qui menaçait de quitter le Grenelle de l'environnement sur ce sujet, a salué "une excellente nouvelle" : "l'urgence, c'est le royaume des lobbies", a noté Arnaud Gossement, porte-parole de l'association. Pour Arnaud Apoteker, responsable de la campagne anti-OGM de Greenpeace, "si la clause de sauvegarde est bien activée, c'est très bien d'avoir le temps de débattre et de permettre aux acteurs concernés d'apporter leur point de vue".
A l'inverse, la FNSEA, qui plaidait pour la culture du maïs MON 810, a déploré "une reculade du gouvernement". "C'est de la politique spectacle", s'est insurgé Jean-Michel Lemétayer, patron du principal syndicat agricole français. Philippe Gracien, directeur général du Groupement national interprofessionnel des semences et plants (GNIS), a lui évoqué une "mauvaise surprise". "Il y avait des engagements du président de la République et du gouvernement de voter cette loi avant la fin de la session parlementaire, le 9 février", a rappelé M. Gracien. Pour le GNIS, qui réunit l'ensemble des semenciers présents en France, "cette décision est une rupture des engagements pris lors du Grenelle de l'environnement".
LA CONFERENCE DE PRESSE DE SARKOZY "Il nous a fait un grand show"
Nouvelobs 09/01/08 Interview de Carole Barjon par Simon Piel (le mardi 8 janvier 2008)
Vous faisiez partie des 600 journalistes présents à la conférence de presse de Nicolas Sarkozy, présentée comme une rupture dans l'exercice des vœux à la presse. Quelle a été votre impression générale ?
- On avait dit, effectivement, qu'il y aurait une rupture par rapport aux grandes messes précédentes. Tout le gouvernement était là, le Premier ministre y compris, même s'ils n'étaient pas en queue de pie comme du temps du général de Gaulle. C'était moins formel car Sarkozy, lui-même, est moins compassé. On connait son style, dont il a usé avec talent, il faut bien le reconnaître. Il nous a fait un grand show. Ce genre de conférence de presse est un exercice intéressant dans la mesure où tous les journaux peuvent s'exprimer, et non plus comme à l'habitude, deux ou trois journalistes qu'il aurait choisi au préalable. Mais c'est un exercice qu'il maîtrise, et donc plus glorifiant pour lui. D'autant plus que le jeu des questions-réponses avec autant de représentants de la presse ne permet pas ou peu de relances. Sur les 35 heures ou sur l'école primaire, par exemple, on aurait aimé en savoir plus. Par ailleurs, nous avons trouvé son propos liminaire bien trop long. Pour résumer, il m'a convaincu de son grand talent médiatique, que l'on connaissait déjà, mais aussi de son talent à esquiver les questions qui dérangent…
Justement que retenez-vous sur le fond ? - Tout le monde l'attendait sur le pouvoir d'achat, et il est resté très flou. Finalement, la seule annonce concrète, c'est la fin des 35 heures pour 2008. Mais qu'est-ce que ça signifie ? Qu'il n'y aura plus de durée légale du travail ? Là aussi, on est en droit de se le demander. Une des annonces qui m'a semblée importante, c'est l'audiovisuel public et la suppression de la publicité. Je trouve que ça ne manque pas de cohérence. En revanche, sur la politique étrangère il est resté habile mais sans convaincre. Sur la Russie par exemple, la réalité, c'est qu'il n'était pas obligé de solliciter Poutine pour la simple et bonne raison qu'il s'agissait d'élections législatives. Sur Kadhafi, il a joué la provoc', mais là encore assez habilement. Il est très fort dans la rhétorique, c'est une des raisons pour laquelle il faut arriver avec des questions très bien préparées. J'ai posé une question sur la notation des ministres par un cabinet privé. Je savais, qu'en privé, le président avait plutôt mal accueilli cette idée et finalement il ne m'a pas répondu clairement. Pourtant, à quoi servent les responsables politiques s'ils ne peuvent pas juger eux-mêmes de l'action de leurs ministres ? Enfin, sur sa vie privée, je crois qu'il a raison sur un point. Il n'oblige aucun journaliste à le suivre lors de ses déplacement privés. Si des journalistes le suivent, c'est pour en faire des profits commerciaux. Je lui en donne acte. Cependant, il est de mauvaise foi, parce qu'ils donnent toutes les indications nécessaires pour le trouver.
Un mot sur l'échange virulent entre Laurent Joffrin et Nicolas Sarkozy. L'attaque du président de la République sur la situation financière de Libération vous a-t-elle surprise ? - Ca ne m'a pas étonné car Nicolas Sarkozy est direct pour ne pas dire brutal avec les journalistes comme il peut l'être avec d'autres. Lui qui a beaucoup utilisé les médias et qui s'est beaucoup servi des journalistes, tout en les servant aussi. Avant d'être président, il était considéré par les journalistes comme un "bon client". Il répondait facilement aux questions, et cela a participé de son succès médiatique. Je crois par ailleurs qu'il a ancré en lui l'idée que comme homme politique, il doit s'adresser aux Français. Les journalistes sont des intermédiaires obligés. Il a par ailleurs compris que le discrédit qui frappait l'homme politique touchait ce qu'on appelle vulgairement le "microcosme", dont font partie les journalistes. Selon lui, être cassant et direct avec les journalistes ce n'est pas mal vu par l'opinion. Laurent Joffrin a attaqué le "monarque", il a rendu coup pour coup. C'est la philosophie sarkozyenne.
Carole Barjon, est rédactrice en chef adjointe au service politique du Nouvel Observateur
Alimentation : le boom de la vente directe
Ouest-France – 08/01/08 - Jean LE DOUAR.
Paniers, marchés, magasins de producteurs ou à la ferme : la vente directe de produits agricoles progresse et les consommateurs apprécient.
Sur Rennes-Métropole on ne compte pas moins de 35 marchés en plein air, dont 14 créés depuis 1990 ; trois magasins collectifs de producteurs (Brin d'Herbe et Douz'Arômes) ; et plus de 750 paniers hebdomadaires de vente directe. Dont environ 600 à l'initiative de producteurs, comme le GIE Giraumont ou le Jardin du Breil et, en peu de temps, plus de 150 à l'initiative de consommateurs comme à Saint-Gilles, à l'Agrocampus, le panier Hiroko ou le panier « Vivres ensemble. »
Panier militant et marché convivial
Et ça progresse chaque semaine. Il faudrait y ajouter l'association « manger Bio 35 en restauration collective » et plusieurs magasins à la ferme. « Cette activité économique pèse entre 10 et 12 millions d'euros de chiffre d'affaires et induit environ 230 emplois sur les 1500 emplois agricoles que l'on compte sur Rennes-Métropole », commente Gilles Maréchal, directeur de la Fr Civam (fédération régionale des centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural), qui vient de réaliser la première étude de ces systèmes alimentaires territorialisés, les Salt. « On n'est plus dans le bricolage, constate t-il. Ce sont de vrais métiers et les gens qui s'y engagent deviennent de vrais professionnels. » Si la vente directe fournit à quelques producteurs, 2 à 3 % de leur chiffre d'affaires, d'autres en tirent tout leur revenu. D'où aussi un grand besoin de formation.
Ce n'est là qu'un exemple parmi d'autres. Quelles sont les motivations de ces producteurs ? « La relation avec le consommateur, dit Gilles Maréchal, le souhait de valoriser un savoir-faire personnel, son métier de paysan et surtout la volonté de ne pas dépendre de décisions extérieures sur lesquelles ils n'auraient aucune prise. » Quant au consommateur, il recherche le produit frais, ayant du goût et aussi une certaine relation avec le producteur, qui le rassure sur la qualité et l'origine du produit.
Ce phénomène, on le retrouve aussi dans les Pays de la Loire, comme à Angers, où une vingtaine de producteurs viennent de créer un magasin Terre et Terroirs qui distribue leurs produits, mais aussi des articles du commerce équitable.
Chaque consommateur s'approvisionne auprès de plusieurs circuits : il va au marché, est abonné à un panier et fréquente un magasin. Le plus militant, qui veut soutenir une agriculture paysanne locale privilégie le système panier. Celui qui recherche la convivialité ira de préférence au marché. Et celui qui souhaite une relation étroite avec l'agriculteur se rendra volontiers à la ferme ou au magasin collectif de producteurs. La vente directe n'est plus une activité marginale. Il va falloir compter avec.
Immigration: Sarkozy insiste sur les quotas et veut mettre en place une juridiction spécialisée
PARIS (AFP) - 08/01/2008 – TV5 infos
Nicolas Sarkozy a réaffirmé mardi le bien-fondé du contrôle de l'immigration et des expulsions d'étrangers sans-papiers, demandant d'aller "jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas" et souhaitant la création d'une juridiction spécialisée dans le droit des étrangers.
Le président de la République a de nouveau évoqué les "quotas" d'immigrés, concept rejeté par les organisations de défense des droits de l'homme, qui nécessiterait une réforme de la Constitution.
En effet, remarque Serge Slama, professeur de droit public, cette notion de quotas a été jugée par deux fois par le Conseil constitutionnel contraire au principe d'égalité qui concerne aussi bien les Français que les étrangers vivant en France.
"J'ai demandé (au ministre de l'Immigration) Brice Hortefeux (...) d'aller jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas. Cela fait trop longtemps qu'on en parle. Tout le monde sait que c'est la seule solution", a déclaré M. Sarkozy.
Le Réseau Education Sans Frontières (RESF), qui organise tous les mois un rassemblement dans le quartier parisien de Belleville, a dénoncé le discours présidentiel en s'engageant à aller "jusqu'au bout" dans le soutien aux sans-papiers. M. Sarkozy avait souhaité en septembre arriver "à établir chaque année, après un débat au Parlement, un quota avec un chiffre plafond d'étrangers" accueillis sur le territoire". Il avait envisagé d'établir ce quota par profession et par zone géorgraphique.
"Le respect de nos engagements internationaux et notre Constitution nous empêchent légalement de pouvoir recourir aux quotas dans plus de 85% des cas", a estimé l'association France Terre d'Asile, rappelant que les quotas par professions "restent difficiles à atteindre dans tous les pays de l'OCDE".
M. Sarkozy a aussi défendu la politique d'expulsions. "Je ne permets pas que l'on dise de la France que nous traitons comme des criminels des gens qui n'ont pas de papiers", a-t-il dit. "Il ne s'agit pas d'inhumanité, il s'agit d'Etat de droit et, dans un Etat de droit, on a des papiers".
Enfin, M. Sarkozy s'est prononcé pour "une juridiction qui s'occupe du droit des étrangers" alors que ce domaine relève de tribunaux ordinaires, administratifs ou judiciaires.
Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Immigration n'a pas apporté de précisions à ce propos présidentiel.
L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a estimé qu'une éventuelle remise en cause de la double compétence des justices administrative et judiciaire impliquerait de "réformer la Constitution".
Des comités d’expulsion ! c’est plutôt révolutionnaire…
Le gouvernement n'exclut plus une loi sur la durée du travail
Challenges.fr | 08.01.2008 |
Roger Karoutchi réclame un "grand débat" sur les 35 heures, "grave erreur" selon François Fillon.
Le gouvernement passera-t-il par la loi pour réformer les 35 heures? Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, ne l'a pas exclu, mardi 8 janvier, en réclamant un "grand débat" sur la question. Interrogé sur le fait de savoir s'il fallait se contenter de ce "débat" ou aboutir à un projet de la loi, il a répondu: "les deux".
"On a vu les ravages des 35 heures dans le système hospitalier, on a vu bien des entreprises et des syndicats demander des assouplissements", a-t-il asséné alors que, quelques heures plus tôt, lors de sa conférence de presse de début d'année, Nicolas Sarkozy avait reconnu qu'il souhaitait pour 2008 la fin des 35 heures.
"Tourner la page des 35 heures imposées ! "
Entre temps, François Fillon avait affirmé devant l'Assemblée nationale que les 35 heures constituaient "l'une des erreurs économiques et sociales les plus graves qui aient été commises dans notre pays depuis 25 ans". Le 5 décembre, le chef du gouvernement avait expliqué préférer le développement des heures supplémentaires à une suppression de la durée légale du travail.
Xavier Bertrand, lui, a souligné que Xavier Bertrand voulait "tourner la page des 35 heures imposées". Il y a actuellement "un cadre juridique pour la durée du travail en France, et il y en aura un demain", a-t-il souligné, appelant l'opposition à ne pas être "archaïque".
FO et la CFDT attachées aux 35 heures
Ces propos n'ont pas manqué de susciter la polémique: FO a ainsi prévenu qu'il n'accepterait pas de remise en cause de la durée légale du travail. Avant même le discours du chef de l'Etat, François Chérèque prévenait lui, dans un entretien au Monde daté de mercredi, qu'il accepterait d'"aborder la discussion sur le temps de travail, mais dans le respect des 35 heures": "au-delà de cette durée, il s'agit d'heures supplémentaires".
Du côté du PS, François Hollande craint lui une suppression, non seulement des 35 heures, mais "de la durée légale du travail", qui constituerait "une véritable régression".

