Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

samedi 5 janvier 2008

La police verbalise un fumeur dans un café lyonnais

REUTERS : samedi 5 janvier 2008 - - Alexis de La Fontaine

LYON (Reuters) - La police a verbalisé vendredi soir le client d'un café lyonnais, dont le gérant avait annoncé qu'il résisterait à la nouvelle loi anti-tabac entrée en vigueur mardi, a-t-on appris auprès du patron de l'établissement, Christophe Cedat.

En fin d'après-midi, une vingtaine de policiers se sont présentés devant le '203'. "La plupart des clients fumaient, mais un seul a été verbalisé" a rapporté Cedat. Les forces de l'ordre ont dressé un procès verbal de 68 euros au client pris en faute. Les autres clients ont été rappelés à la loi et ont dû éteindre leur cigarette. Selon le patron du café, un officier de police aurait déclaré à l'un des serveurs qu'il s'agissait d'une "opération médiatique".

Quelques heures après l'opération de police, la plupart des clients du café continuaient à fumer à l'intérieur de l'établissement, a constaté Reuters. Cedat a précisé que les clients pourront "continuer à remplir des cendriers s'ils le veulent" dans son établissement en indiquant qu'il s'agissait d'une expérience "artistique et sociale".

"Depuis mercredi ce café est devenu un lieu de pèlerinage pour les fumeurs" a ajouté Cedat, qui a orné les cendriers du café de photos de mégots écrasés pour en faire des objets d'art, dont la revente sur internet doit permettre, selon lui, de financer le coût des contraventions.

Posté par Kozett à 12:10 - Sécurité - Police - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Opération vérité promise dès lundi, sur les "HLM" de standing de Paris !

REUTERS : samedi 5 janvier 2008 - - Gérard Bon

PARIS (Reuters) - La Régie immobilière de la ville de Paris procèdera dès lundi à une opération vérité sur les logements de standing à loyer modéré après l'affaire Bolufer, annonce son président, Pierre Castagnou.

Dans une interview samedi au Parisien, il précise que les locataires qui auront procédé à des sous-locations seront poursuivis et, le cas échéant, radiés.

Dans un second temps, les loyers seront augmentés lors de l'augmentation des baux, une hausse qui sera étalée dans le temps.

L'examen systématique de la situation des occupants des 315 appartements de standing à loyer modéré de la capitale débutera la semaine prochaine.

"On lance l'opération vérité (...) Dès lundi prochain nous allons examiner de très près la situation des 315 occupants de standing à loyer libre que possède la RIVP", explique Pierre Castagnou.

"Nous sommes décidés à porter certaines affaires devant les tribunaux s'il le faut", ajoute-t-il.

Le directeur de cabinet de Christine Boutin, Jean-Paul Bolufer, a démissionné après que le Canard Enchaîné a révélé qu'il bénéficiait d'un logement de la RIVP pour un loyer très inférieur au prix du marché.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a demandé pour sa part à la chambre régionale des comptes de contribuer à la vérification des logements attribués.

Selon le Parisien, l'immeuble du boulevard du Port-Royal où demeure Jean-Paul Bolufer abrite un véritable bottin mondain, un préfet de région, un ancien préfet et un secrétaire général de préfecture figurant parmi les occupants.

Les loyers des 40 appartements vont de 4,60 à 12,20 euros le mètre carré contre 20 à 30 euros pour des logements du même ordre dans ce quartier aisé.

Rien que la vraie vérité ? Promis, juré ?

Posté par Kozett à 12:07 - Logement - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Ken Loach : l’exploitation des travailleurs immigrés est au cœur de notre économie.

Télé Obs 5 janvier 2008 – Propos recueillis par Olivier Bonnard –

Avec la sortie de son dernier film « It’s a Free World … », Ken Loach, 71 ans, est plus remonté que jamais contre les inégalités. Il signe un drame social féroce sur l’exploitation de travailleurs immigrés dans l’Angleterre contemporaine et règle son compte au « miracle économique britannique ».

Vous dénoncez l’exploitation des travailleurs immigrés dans l’Angleterre d’aujourd’hui. Comment vous est venus l’idée de ce film ?

L’immigration massive de travailleurs d’Europe de l’Est a profondément changé la physionomie des pays d’Europe Occidentale, notamment celle de l’Angleterre. Cette main d’œuvre bon marché est devenue une partie essentielle de l’économie britannique car c’est elle qui permet de maintenir des prix bas pour les consommateurs ! Quand vous achetez au supermarché trois paquets de yaourts  pour le prix de deux, c’est grâce à ces travailleurs immigrés. Si on les expulsait, comme le réclame la droite, ou si on les payait correctement, le prix des aliments, des vêtements grimperaient.

Je voulais aussi montrer, à travers ce film, la réalité humaine qui e cache derrière cette fameuse « flexibilité » dont on nous rebat les oreilles : des hommes et des femmes employés par des agences de recrutement sur la base de contrats à court terme, sans aucune sécurité ni stabilité. La flexibilité, c’est bon pour les profits, pas pour les gens !

Ceci est pourtant pratiqué en toute illégalité !

Oui, mai aussi en toute impunité ! Officiellement, nous avons une loi sur le salaire minimum. Officiellement, le gouvernement nous dit qu’il ne faut pas employer de travailleurs clandestins. Mais en réalité, il n’y a personne pour faire respecter ces lois car l’inflation s’envolerait et cela compromettrait toute la stratégie économique du pouvoir en place. L’exploitation des travailleurs immigrés est au cœur de notre économie. Il y a une énorme hypocrisie de la part de nos hommes politiques. Ce film nous renvoie aussi à notre propre responsabilité, car au bout de la longue chaîne dont les immigrés sont un maillon, il y a le consommateur… Oui, nous sommes aussi complices de ce système mais, nous n’avons pas le choix, du moins individuellement. Collectivement, en revanche, on peut changer les choses. En votant, en militant.

Le « miracle économique britannique » n’est donc qu’un mythe ?

C’est une invention des politiques, un outil de marketing. Si vous utilisez les chemins de fer britanniques, par exemple, vous découvrirez que c’est un cauchemar et non un miracle. La santé, c’est pareil. Le téléphone aussi. Les privatisations ont détruit les services publics. Il suffit de vivre en Angleterre pour savoir que le « miracle économique britannique » est un mensonge.

Quelle est la solution selon vous ? C’est de changer de modèle économique !

Sauf que ce modèle fait l’objet d’un consensus : l’artisan de ce soi disant miracle économique britannique, c’est Tony Blair, un travailliste…

En effet, nous vivons une grave crise de la représentation politique et cela fait plusieurs années que cela dure. Nos principaux partis en Angleterre – et je vois que c’est à peu près la même chose en France – sont tous pour le libre marché, sont tous plus ou moins libéraux, il n’y a plus personne pour défendre les intérêts des ouvriers. Comment parler de démocratie, dès lors que les intérêts d’une large partie de la population ne sont pas défendus ?

Que pensez-vous de notre président Sarkozy ?

J’ai bien peur pour vous qu’il soit votre Margaret Thatcher : son projet consiste à réformer la France plus ou moins sur le modèle de ce qui a été fait en Angleterre et je pense que cela va être un désastre.

Nous sommes passés par là : la privatisation des services publics, l’attaque des libertés individuelles… Cela ne marche pas ! Notre taux de chômage est bas car il ne prend pas en compte les gens qui travaillent à temps partiel alors qu’il souhaiteraient être à temps plein. La qualité de vie s’est gravement détériorée… Je ne vous souhaite pas de prendre le même chemin…

Posté par Kozett à 11:43 - Solidarités - Social - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L’obscur calcul des emplois non pourvus

Sonya Faure - Libération samedi 5 janvier 2008

Il l’a encore rappelé jeudi : il y aurait en France 500 000 emplois non pourvus. Ce n’est pas la première fois que Nicolas Sarkozy relaie ce chiffre, régulièrement utilisé pour appuyer une politique de sévérité envers les chômeurs. Arithmétique, ou idéologique ?

D'où viennent ces chiffres ?

« Cinq cent mille emplois non pourvus ? Ça monte encore plus vite que le cours du pétrole !» ironise Marc Moreau, d’AC ! (Agir contre le chômage !). En 2004, François Fillon, alors ministre du Travail, avait lancé le chiffre de 300 000 offres d’emplois non satisfaites. Pour arriver à cette évaluation, l’ANPE avait mixé le nombre d’annonces d’emploi déposées à l’agence qui n’avaient pas trouvé preneur et les résultats d’une étude qualitative sur les difficultés de recrutement des employeurs. «Nous avions fait le tri entre les annonces non pourvues parce qu’elles avaient été retirées par l’employeur lui-même et celles qui n’avaient pas trouvé de candidats adéquats», explique-t-on aujourd’hui à l’Agence. Le ministère en a fait une extrapolation : puisque seules 30 à 40 % des offres d’emploi du pays passent par l’Agence, une simple règle de trois partant du résultat obtenu et on obtient le chiffre de 300 000. Un calcul pour le moins approximatif.

Selon la direction de l’ANPE elle-même, les offres d’emplois non pourvues tombent à 200 000 durant l’année 2005. Or en juin de cette même année, Villepin parle cette fois de 500 000 emplois non pourvus ! C’est le même chiffre que Sarkozy a repris jeudi. Le ministère de l’Economie affirme avoir multiplié par trois (toujours parce que l’ANPE ne voit passer qu’un tiers des offres) le nombre d’annonces d’emploi réitérées par les employeurs faute de candidat, à la fin 2002 (170 000, selon le ministère). Ça date.

A quelles fins sont-ils utilisés ? 

Le nombre d’offres d’emplois non pourvues est un instrument très utile pour l’ANPE : ventilé par région et par secteur (en 2006, le bâtiment, le gardiennage, le nettoyage ou l’informatique étaient les plus touchés), il permet par exemple d’orienter la formation des chômeurs. Son usage politique en revanche est délicat. 500 000 emplois, mais à quel salaire ? A quelles conditions ? Peut-on demander à un coiffeur toulousain d’accepter un poste à Charleville-Mézières ? Pris dans sa globalité, ce chiffre ne signifie donc pas grand-chose, mais permet aux gouvernements de faire passer l’idée que si vraiment les chômeurs voulaient travailler, ils le pourraient.

Posté par Kozett à 11:23 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

A 30 ans, la CNIL est déjà à bout de souffle !

Ecrans 04/01/08

Par David Forest, avocat et docteur en sciences politiques.

Certains anniversaires ont un goût de cendres. Tel est le cas des 30 ans de la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978, qui inaugura l’ère des autorités administratives voulues « indépendantes » du pouvoir en créant la Cnil (Commission nationale informatique et libertés).

Clé de voûte du dispositif de protection de la loi de 1978, la commission fut surtout pensée par le législateur comme un garde-fou contre les immixtions de la technique dans la vie privée des citoyens et les progrès du fichage à mesure que l’informatisation de la société française s’accélérait. Trente ans plus tard, nul ne prétend sérieusement que cette ambition a été satisfaite. Si bien qu’Alex Türk, l’actuel président de la Cnil, se risque aujourd’hui sans exagération à employer les termes de « société de surveillance », doux euphémisme désignant le triomphe légal d’une société de contrôle généralisé. Comment la commission a-t-elle accompagné cette régression de grande ampleur présentée comme irréversible ?

On oublie que ses débuts se sont d’emblée accompagnés de critiques tenant notamment à sa représentativité et une absence flagrante de moyens au détriment de son pouvoir d’intervention, la Cnil était bien peu représentative du tissu social, quelques syndicalistes tenant lieu d’alibi. Par la suite, le jeu des nominations, combinant placement de personnalités et personnel politique en fin de course, a conduit à s’interroger sur les compétences attendues de ses membres. Les défaillances originelles que traduisent des pouvoirs et moyens misérables n’ont jamais été compensées, quand la Cnil n’a pas été purement et simplement ignorée ou écartée par les gouvernements.

Ignorée car, alors même que sa création a été inspirée par les dangers résultant de l’interconnexion et de l’utilisation d’un identifiant unique, elle n’est pas consultée sur le projet consistant à permettre à la direction générale des impôts d’utiliser le numéro de sécurité sociale (NIR), finalement adopté en 1999 malgré les timides réserves de la commission. Ecartée, car depuis l’adoption de la loi Pasqua du 21 janvier 1995 légalisant la vidéosurveillance dans les lieux publics, la Cnil, considérée comme un gêneur, doit abandonner sa compétence au préfet, aux ordres du ministre de l’Intérieur. Les exemples abondent.

C’est ainsi qu’au fil des affaires, l’autorité de régulation a sombré dans une léthargie démentie en apparence de temps à autre par quelques avertissements médiatiques ou exceptionnellement par une dénonciation au Parquet — la Cnil ayant pris la singulière habitude de ne dénoncer qu’une infime fraction des plaintes dont elle est saisie. S’ajoute à cela l’attentisme, quand ce n’est le mépris, de nombreux chefs d’entreprises à l’endroit de la loi informatique et libertés, souvent considérée comme l’expression emblématique d’une bureaucratie paperassière hors d’âge.

La Cnil s’est ainsi installée dans le paysage sans véritablement déranger, alors que les libertés informatiques étaient peu à peu noyées dans l’eau tiède. Longtemps, seule la présentation en grande pompe de son rapport annuel à la presse lui a permis de donner de la voix. Et rien de très encourageant n’y figure, sinon l’augmentation systématique à deux chiffres du nombre de plaintes, demandes d’avis et réclamations.

La banque et le marketing direct, qui accompagnent l’essor du commerce électronique, sont ainsi constamment pointés du doigt. Tandis que la première segmente sa clientèle et établit des profils à risques, le second alimente de gigantesques bases de données à des fins de matraquage publicitaire. De leur côté, les salariés ont passé les multiples laisses électroniques d’une cybersurveillance omniprésente et protéiforme (courrier électronique, caméras, géolocalisation, biométrie

Enfin, l’insignifiance de son budget est une constante de son histoire qui traduit sa véritable fonction de chambre d’enregistrement de toutes les lois techno sécuritaires. Ce laisser-faire traduit le fossé grandissant entre bonnes intentions affichées et désintérêt croissant - toutes majorités confondues - à l’égard des libertés informatiques que rogne irréversiblement l’adoption de lois liberticides dont le spectre du terrorisme sert de puissant levier.

Pour expliquer cet abandon et l’absence de mobilisation politique, c’est encore le prétendu « consensus » autour du tout sécuritaire qui est cyniquement avancé. Masque tragique qui exprime le recul saisissant des libertés.

Posté par werdna à 00:04 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Nicolas Sarkozy / Edgar Morin ( suite )

LEMONDE | 03.01.08 par Constance Baudry

Edgar Morin : "La politique de civilisation ne doit pas être hypnotisée par la croissance"

LiondeParis : Qu'est-ce que vous entendez par "civilisation" ? 

Edgar Morin : Il faut distinguer culture et civilisation. La culture est l'ensemble des croyances, des valeurs propres à une communauté particulière. 

La civilisation, c'est ce qui peut être transmis d'une communauté à une autre : les techniques, les savoirs, la science, etc. Par exemple la civilisation occidentale dont je parle, qui s'est du reste mondialisée, est une civilisation qui se définit par l'ensemble des développements de la science, de la technique, de l'économie. 

Et c'est cette civilisation, qui aujourd'hui apporte beaucoup plus d'effets négatifs que d'effets positifs, qui nécessite une réforme, donc une politique de civilisation. 

mathieu : L'utilisation du mot "civilisation" ne risque-t-elle pas de nous faire jouer le jeu du néo-conservatisme? 

Edgar Morin : Je ne vois pas en quoi. Si je dis qu'il faut réformer la civilisation, cela fait plutôt le jeu de ceux qui voudraient changer les choses, et pas des conservateurs.

lb : M. Sarkozy veut-il nous préparer à un affrontement entre l'Occident et l'Islam en employant l'expression "politique de civilisation" ?  

Edgar Morin : Je ne suis pas dans l'esprit de M. Sarkozy. Je ne peux pas vous répondre. Moi, je ne l'entends pas ainsi. J'ai même développé dans des écrits l'idée d'une politique de l'humanité qui serait une politique de symbiose des civilisations, c'est-à-dire où entrerait le meilleur de chaque civilisation.

Vurca :  Vous dites que la civilisation apporte plus d'effets négatifs que d'effets positifs. Quels sont les effets négatifs ?  Edgar Morin : Je parle du fait que, par exemple, la science n'apporte pas seulement des bienfaits, mais a apporté des armes de destruction massive et des possibilités de manipulation biologique.

La technique et l'économie aujourd'hui concourent à la dégradation de la biosphère, et à tous les problèmes écologiques que nous rencontrons aujourd'hui. 

Je dis aussi que partout où les biens matériels ont été apportés à une partie de la population, ils n'ont pas apporté un véritable bien-être psychologique et moral, et qu'il y a malaise chez ceux qui connaissent le bien-être. 

L'individualisme, qui est une chose positive sur le plan de l'autonomie et de la responsabilité personnelle, s'est développé en provoquant le dépérissement des solidarités. 

Ce sont tous ces phénomènes de dégradation qui sont les aspects négatifs, liés au fait que ce qui domine, c'est la quantité, le "plus", au détriment du mieux. C'est pour cela qu'il faut une réforme de civilisation.

Cathy : Vous dites "La politique de civilisation (...) devrait reposer sur deux axes essentiels (...) : humaniser les villes, ce qui nécessiterait d'énormes investissements, et lutter contre la désertification des campagnes." Quelle compatibilité observez-vous entre les actions menées par le gouvernement et votre conception de la politique de civilisation ?    

Edgar Morin : Je pense que jusqu'à présent, ce qu'ont fait les divers gouvernements est très insuffisant par rapport à ces deux aspects. Par exemple, la revitalisation des campagnes suscite le fait de rendre vie d'abord au village, de faire régresser l'agriculture industrialisée et l'élevage industrialisé qui polluent les aliments et les nappes phréatiques au profit d'une agriculture fermière de petites et moyennes exploitations, de développer au maximum l'agriculture biologique. 

Sur le plan des villes, on est aussi très loin de les humaniser. Il y a le problème terrifiant de la vie dans les banlieues qui tendent à devenir des ghettos. C'est à la fois le problème de ceux qui vivent dans les villes géantes, hyper-encombrées, toxiques, dans un climat si malsain que les maladies psychosomatiques se multiplient, l'usage des drogues, des somnifères, se multiplie. 

Donc je pense que jusqu'à présent, ces deux problèmes n'ont pas été abordés avec la puissance suffisante.

Mickey : Quelle politique de civilisation avec un ministère de l'identité nationale et de l'immigration, l'officialisation des tests ADN ? N'est-ce pas là plutôt des signes de "décivilisation" ? 

Edgar Morin : Il est certain que ce que vous citez n'entre pas du tout dans ce que j'entends par politique de civilisation. Cela entre dans un cadre beaucoup plus large qui est celui de l'humanisation d'une politique à l'égard des immigrés. Cela fait partie de mes idées politiques qui sont très favorables à l'intégration des immigrés en France. 

Il faut un changement de voie, pas seulement de cap. Et c'est très difficile à faire. Mais si l'on est conscient qu'il faut faire un changement de voie, on est dans une perspective juste. 

Josepepe : Le journaliste espagnol d'El Mundo Arcadi Espada affirme que Nicolas Sarkozy perd de son verbe sans Henri Guaino, qui serait un des "grands écrivains politiques de France" et "un nègre présidentiel de légende". Qu'en pensez-vous ?    

Edgar Morin : Je ne connais pas bien les rapports entre les deux. Je n'ai jamais rencontré M. Guaino. Je sais par exemple que c'est lui qui a trouvé dans mes écrits la formule politique de "politique de civilisation". 

mathieu : N'est-ce pas une dangereuse tentative de plus de réintroduire la "vertu" et la "justice" au sein de nos objectifs politiques ? 

Edgar Morin : De toute façon, une politique de civilisation est une politique qui devrait restaurer les solidarités et les responsabilités, et qui par là-même aurait un aspect moral. On ne peut pas l'écarter. Ce qui est dangereux, c'est quand on pense à la vertu, et à la formule de Robespierre qui disait qu'il fallait unir la vertu à la terreur.

Lynce : Quels sont selon vous les aspects positifs de la politique de Nicolas Sarkozy ? 

Edgar Morin : Jusqu'à présent, c'est d'avoir mis des personnes issues de l'immigration dans des postes ministériels.

Jyp : Pensez-vous qu'on puisse mener une réelle politique de civilisation quand l'objectif prioritaire pour le pays fixé par la majorité présidentielle est la croissance à tout prix ?

Edgar Morin : Justement, je pense qu'une politique de civilisation ne doit pas être hypnotisée par la croissance. 

Il faut abandonner la recherche du toujours plus pour une recherche du toujours mieux. La croissance est un terme purement quantitatif. Il faut savoir quels sont les secteurs où il doit y avoir croissance, et ceux, au contraire, où il doit y avoir décroissance. 

mathieu : Comment pensez-vous que puisse s'opérer le rétablissement des solidarités que vous appelez de vos vœux dans votre ouvrage de 2002 ? 

Edgar Morin : Quand j'ai fait un article en avril au moment de la campagne présidentielle, j'indiquais les mesures que je prendrais dans ce sens-là. J'instituerais des maisons de solidarité dans les grandes villes de France, j'instituerais un service civique de solidarité. Je proposais donc au moins deux mesures concrètes.

dipsrot2 : Ne pensez-vous pas que la référence à cette "politique de civilisation" va servir parallèlement, dans l'esprit de ses concepteurs, à rendre plus civil, plus acceptable ( à faire accepter par la cité ) le libéralisme ambiant ? 

Edgar Morin : Ce qui se passe dans l'esprit du président ou de ses proches, je l'ignore totalement jusqu'à présent. Ou bien, effectivement, il s'agit de paroles qui n'auront pas de suite, ou bien il s'agit d'une conversion profonde. S'il s'agit d'une conversion profonde, je pense évidemment que ce serait quelque chose d'important, et je serais prêt à le reconnaître.

Yacine :  Les termes "politique de civilisation" ont-ils un volet extérieur ? Est-ce aussi un concept géopolitique ? 

Edgar Morin : C'est un concept qui vaut à mon avis partout où il y a eu occidentalisation du monde. Par exemple dans des mégapoles comme Sao Paulo ou Shanghaï, on arrive à la même civilisation et à la même nécessité de réforme de civilisation. 

pmpl : Il y a au moins deux discours importants de M. Sarkozy qui peuvent permettre de comprendre ce qu'il entend par "civilisation" : celui de Dakar et celui récent de Saint-Jean-de-Latran. Que pensez-vous de ces deux discours ? 

Edgar Morin : Je ne suis pas du tout d'accord avec le discours de Dakar, parce qu'il a une vue tout à fait extérieure de la réalité africaine. Il n'a pas compris de l'intérieur les problèmes profonds de l'Afrique : ils sont liés à l'autonomie, à un progrès qui ne soit pas calqué sur le modèle de l'Occident, etc. 

Quant au discours de Saint-Jean-de-Latran, je n'insisterai pas. Je pense que l'Europe est métachrétienne. Elle était chrétienne au Moyen Age, et l'Europe moderne s'est fondée sur des idées laïques. Et bien entendu, le message évangélique s'est laïcisé sous la forme de l'humanisme européen. 

Et en ce qui concerne le problème de la foi, je crois qu'on peut être aussi moral quand on n'est pas croyant que quand on l'est.

Francisco : Quel est selon vous le "meilleur" de chaque civilisation pour effectuer cette symbiose que vous évoquez ? 

Edgar Morin : Je crois qu'en ce qui concerne la civilisation européenne, ce sont les idées de démocratie, de droits de l'homme et de la femme. En ce qui concerne la Chine, c'est une civilisation fondée sur le taoïsme, sur une conception de la vie et de la nature très riche et une idée de sagesse. 

Je crois que dans les petites civilisations d'Indiens d'Amérique du Nord ou d'Amazonie, il y a des arts de vivre, des savoirs, des connaissances qu'il ne faut pas mépriser, mais pouvoir adopter. 

Je dirais que toute culture a ses vertus, ses superstitions, ses erreurs, et je pense que ce sont surtout les vertus des différentes cultures qui devraient se rencontrer. 

On voit très bien ici, chez nous, qu'il y a l'aspiration à un art de vivre qui fait que l'on cherche aussi bien dans le bouddhisme zen, dans le bouddhisme tibétain du dalaï-lama, des réponses à son aspiration à vivre autrement. 

Je pense que l'Occident en général et l'Europe ont développé surtout le côté matériel et technique de la civilisation, et ont sous-développé tout ce qui concerne l'âme, l'esprit, la relation avec soi-même et avec autrui. Et je pense que là-dessus, on peut puiser dans ce qu'apportent beaucoup d'autres civilisations.

Gwaihir : L'image du monde actuelle ne penche-t-elle pas (hélas) plus pour la théorie du choc de civilisations de Samuel Huntington que pour une symbiose de celles-ci ?    

Edgar Morin : C'est le grand problème aujourd'hui : éviterons-nous une guerre de religions ou de civilisations ? Ce que je dis va dans le sens contraire à celui du choc des civilisations.

En savoir plus sur la controverse Morin/Sarkozy : lire les articles proposés dans Inventerre le 03 et le 04 janvier

Posté par Kozett à 00:04 - Réflexions - Citations - Rétroliens [1] - Permalien [#]

"SEJOUR PRIVE" Sarkozy est en Jordanie

NOUVELOBS| 05.01.2008 |

Le président français a été invité "dans la résidence du roi pour le week-end".

Des voyageurs affirment avoir vu Carla Bruni hier, à laéroport d'Aqaba. Elle ferait partie de la suite de Nicolas Sarkozy.

Le président français est arrivé vendredi 4 janvier dans la station balnéaire d'Aqaba, dans le sud de la Jordanie, pour un séjour "privé".La presse a été tenue à l'écart du convoi officiel de voitures aux vitres teintées, qui a quitté l'aéroport d'Aqaba.Le chef de l'Etat français poursuivra son séjour en Jordanie jusqu'à dimanche et il visitera le site nabatéen de Pétra, avaient précisé auparavant des responsables jordaniens ainsi que le désert de Wadi Rum, où fut en partie tourné le film "Lawrence d'Arabie".

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Nicolas Sarkozy est "invité dans la résidence du roi pour le week-end", a-t-on confirmé à l'Elysée, précisant que cette invitation avait été faite par Abdallah II "entre Noël et le Nouvel An".
Le palais royal d'Aqaba, sur la mer Rouge, est situé dans une zone gardée par l'armée et constitué d'un ensemble de villas, dans l'une desquelles résidera Nicolas Sarkozy.

De Disneyland Paris au Caire -
Le président français s'était rendu fin décembre en Egypte où il avait passé déja cinq jours de vacances avec l'ex-mannequin Carla Bruni.
Aucun évènement n'est annoncé dans l'agenda du président disponible sur le site de l'Elysée jusqu'à sa conférence de presse le 8 janvier à 10h00.
Son séjour en Jordanie, risque de faire jaser, les esprits chagrins font remarquer le président à tendance à effectuer de plus en plus de voyages privés et de choisir des contrées plaisantes, surtout en fin de semaine ...

Posté par Kozett à 00:03 - Train de vie de l'Etat - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Notation des ministres.. par un cabinet privé

Encore plus fort en 2008 : une Elysée Académy

starac

Pour virer Fillon, tapez « 1 » ;

pour virer Hortefeux tapez « 2 » ;

pour virer Alliot Marie tapez « 3 » ;

Attention ! Appuyer sur la touche « étoile » aurait d'autres conséquences, celle-ci étant réservée au chef de l’état…

Posté par werdna à 00:03 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pessin : Ras le bol

Pessin_tabac_050108

Posté par Kozett à 00:03 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Cac40 : 20 ans et toujours en pleine croissance !

Les Echos – La Tribune – 04/01/08

Au final, le CAC 40 a tout de même augmenté de 534% en 20 ans. A titre de comparaison, la valeur du Dow Jones américain a gagné 482% . Quant au SMIC, il semble n’avoir augmenté que de 70% dans la même période !

Le bilan financier du CAC 40 est donc plus  qu'honorable : une personnne qui a acquis une sicav en 1987 l'a vu croître en moyenne de 9,75% par an. Le record absolu : depuis vingt et un ans, la société l'Oréal affiche une croissance à deux chiffres de son résultat net opérationnel par action. Elle cumule ainsi plus de 2500 % de croissance !

Aujourd’hui, le classement français est le suivant : Total (qui a lui seul concentre 17% de l’indice), BNP Paribas, Sanofi-Aventis, Axa et Société générale. Soit du pétrole, deux banques, des médicaments et un assureur.

Les grandes capitalisations françaises occupent 20 des 50 premières meilleures places sur les marchés Européens. Elles se hissent également aux premiers rangs mondiaux : trois entreprises sont premières (Arcelor, Vinci et L’Oréal), trois autres sont secondes (Suez, Saint-Gobain, LVMH).

Le CAC 40 est le miroir aux vanités entrepreneuriales ; avec 70% de la cotation totale pour 40 entreprises, il n’en est pas moins un curieux objet mathématique puisqu’il est le seul ensemble contenant une partie de lui-même : en effet, beaucoup de sociétés cotées possèdent dans leurs avoirs des actions du CAC 40, d’où un possible effet de levier.

De plus, c’est le seul ensemble capable de détruire certains de ses éléments (rachat d’actions) en conservant la même valeur ... vous avez dit bizarre ? Tout cela pour parvenir à une hausse de 400% en monnaie constante depuis 20 ans alors que le PIB n’aurait que doublé.

La France, un pays riche avec un patronat satisfait ?? et solidaire des travailleurs de la Santé et des retraités ?? Rêvons un peu...

Posté par werdna à 00:03 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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