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-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

vendredi 4 janvier 2008

Nicolas Sarkozy s’offre un week-end privé en Jordanie à la résidence du roi Abdallah II

Répondant à une invitation du roi Abdallah II lancée entre Noël et le Nouvel an, le président français séjournera dans la résidence du roi à Aqaba.

Le communiqué de l’Elysée ne spécifie pas s’il sera accompagné du mannequin Carla Bruni.

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Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/

Les vacances du pouvoir

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Pierre Larrouturou, le poil à gratter du PS

Ouest-France - Michel URVOY – 02/01/08

L'économiste Pierre Larrouturou invite tous les socialistes à se mettre au travail.

Il en a assez des instincts suicidaires du PS, des mensonges économiques, des idées reçues sur le temps de travail ou la mondialisation. Et il le crie.

La semaine des quatre jours, vous vous souvenez ? C'est lui, Pierre Larrouturou, l'économiste chauve à la parole mitraillette. Même si ses ambitions se sont terminées sur le strapontin de « délégué national Europe » au PS, ce rocardien de 43 ans n'est pas du genre à renoncer. Il secoue le cocotier socialiste. Avec un livre et une pétition.

Le livre (1) : pas facile de résumer ces 380 pages préfacées par Michel Rocard. En gros : si le pouvoir d'achat baisse, ce n'est pas à cause des 35 heures ni de la mondialisation qui rapporte plus qu'elle ne coûte. Le phénomène est antérieur et observable dans tous les pays. La part de la rémunération dans la richesse produite baisse partout, beaucoup et depuis longtemps, au profit des dividendes distribués aux actionnaires. On assiste donc à un enrichissement d'une infime minorité et à une paupérisation générale des salariés, des précaires et des chômeurs. Et quand on fait la moyenne du temps travaillé, sans compter les chômeurs, on s'aperçoit, calcule Larrouturou, qu'on est en dessous des 35 heures, surtout aux États-Unis. D'où son idée de la semaine des quatre jours pour offrir des emplois, à masse salariale constante pour l'entreprise, à ceux qui n'en ont pas ou qui travaillent quinze heures. Et ça décoiffe ainsi sur les déséquilibres internationaux, la croissance qui n'est nourrie que par la dette, les retraites...

Des solutions, Larrouturou en a plein. Nationales, sur le temps de travail, la précarité, la recherche... Européennes, à travers un impôt sur les bénéfices du niveau de l'impôt américain, un traité social... Il n'est sans doute pas facile de « modéliser » ce foisonnement passionné d'analyses et de propositions. Pour le faire, encore faut-il que les socialistes les lisent. « Quelques-uns l'ont fait... »

La pétition : « L'appel pour que le PS se mette au travail » (www.nouvellegauche.fr) a été signé par une quinzaine de parlementaires, dont Michel Rocard, Patricia Adam (Finistère), Claude Saunier (Côtes-d'Armor), des élus locaux, dont Claudy Lebreton (président des Côtes-d'Armor) et des milliers de militants. Le but : bosser pour reconstruire. Selon les statuts du PS, il faut 5 000 signatures pour déclencher une convention extraordinaire.

« Après 25 ans de crise et trois défaites aux présidentielles, si on se met au travail, en quelques mois, on peut construire une alternative globale ».

(1) Le Livre noir du libéralisme, aux éditions du Rocher. 18 €.

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Julien Dray veut que Sarkozy soit noté comme les ministres

NOUVELOBS | 04.01.2008 | 12:06

Le porte-parole du Parti socialiste estime, après l'annonce de l'évaluation de l'action des ministres, que "le seul qui échappe à la notation est Nicolas Sarkozy".

Le porte-parole du Parti socialiste, Julien Dray, a estimé jeudi 3 janvier, après l'annonce de l'évaluation de l'action des ministres par Laurent Wauquiez, le porte-parole du gouvernement, que "le seul qui échappe à la notation est Nicolas Sarkozy". "Dans ce monde sans pitié, tout le monde l'a bien compris, le seul qui échappe à la notation est Nicolas Sarkozy", écrit le député de l'Essonne, dans un communiqué.

"Vraies attentes" - "On vient d'apprendre que l'action (des ministres) va être évaluée selon des critères aussi fantaisistes ou douteux que le nombre de sans-papiers expulsés, pour Brice Hortefeux, ou le nombre de ministres français présents aux conseils des ministres européens pour Bernard Kouchner", poursuit-il. "Cette confusion soigneusement entretenue entre efficacité et poursuite aveugle d'objectifs comptables ne suffit pas à cacher l'embarras du président et de ses ministres quant à ses nombreuses promesses non tenues", selon Julien Dray. "Nous conseillons donc au président de la République de faire évaluer l'action gouvernementale en fonction" de ces promesses et "des vraies attentes des Français, en matière notamment de pouvoir d'achat, d'emploi et de croissance", conclut le porte-parole du Parti socialiste.

"Un coup de communication" - Un peu plus tôt, le groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a également réagi dans un communiqué, estimant que l'évaluation de l'action des ministres était une initiative "tout aussi grotesque que dangereuse". Selon Aurélie Filippetti, députée de Moselle et porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale, le gouvernement veut "réaliser un coup de communication en faisant miroiter aux Français l'image d'un gouvernement actif, seulement mobilisé sur les résultats". Elle considère également cette initiative "dangereuse parce que la politique n'est pas affaire de chiffre, de quotas et de rendement".

Envoyer à Sarkozy le DVD des "Temps modernes" La députée "trouve intolérable que le ministre de l'identité nationale soit bien noté parce qu'il aura renvoyé assez d'immigrés clandestins" et "tout aussi ridicule" d'évaluer la ministre de la culture sur la fréquentation des musées alors que la politique culturelle "doit avant tout favoriser la création".
"Le Ministre de l'Education n'ira pas au piquet si les enseignants ont fait assez d'heures supplémentaires!", ironise Aurélie Filippetti. "Sous couvert de création, Nicolas Sarkozy et François Fillon transforment Matignon en un cabinet d'audit. Le chiffre donc, toujours le chiffre!", lance la députée. "On ne gère pas la France comme une entreprise de boulons", affirme-t-elle, avant de demander qu'on envoie au chef de l'Etat le DVD des "Temps modernes" de Chaplin.

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Le SNJ veut une loi en 2008 sur la protection des sources

PARIS (AFP) - 03/01/2008 TV5-infos

Le Syndicat national des journalistes (SNJ, majoritaire) a demandé jeudi que les pouvoirs publics légifèrent "en 2008 et le plus tôt possible" sur la protection des sources, estimant que "les pressions se font de plus en plus graves" sur les journalistes.

"Après la garde à vue inadmissible subie" par le journaliste Guillaume Dasquié début décembre, "c'est Hervé Chambonnière, journaliste au Télégramme de Brest, qui a été victime d'une atteinte insupportable à cette nécessité déontologique et citoyenne", rappelle le syndicat, dans un communiqué.

La direction du Télégramme a dénoncé récemment une décision du parquet de Quimper, qui a obligé l'opérateur de télécoms Orange à fournir à la police l'identité de sources avec lesquelles l'un de ses journalistes avait été en contact téléphonique pour traiter un fait divers.

Le SNJ réclame depuis plusieurs années la mise en conformité de la loi française avec la jurisprudence européenne sur la protection des sources.

Il rappelle qu'avant son élection, Nicolas Sarkozy avait déclaré qu'il souhaitait "inscrire (ce) droit" dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

"C'est en 2008 et le plus tôt possible que la France doit légiférer en ce domaine", estime le SNJ.

Le syndicat "attend aujourd'hui des réponses concrètes de la Chancellerie", dont il a rencontré des représentants à ce sujet début décembre avec l'ensemble des syndicats de la profession, ajoute-t-il.

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Des moines franciscains s'engagent au côté des sans-papiers de Toulouse

Des moines franciscains s'engagent au côté des sans-papiers de Toulouse

LE MONDE | 03.01.08 |  TOULOUSE CORRESPONDANT

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Le "cercle de silence" sur la place du Capitole, le 25 décembre 2007. L'action des franciscains est saluée par les organisations humanitaires qui dénoncent l'éloignement et l'isolement du centre de rétention. AFP/ERIC CABANIS

Curieuse scène, place du Capitole à Toulouse. A l'écart de l'animation des chalets en bois du village de Noël qui ont envahi la place centrale de la ville, une vingtaine de personnes se sont réunies en cercle, mardi 25 décembre. Une heure durant, de 18 h 30 à 19 h 30. Sans un mot. "Pour dénoncer l'enfermement dans des centres de rétention des personnes étrangères en situation irrégulière", peut-on lire sur deux panneaux couverts de photos. Ce tract, signé des Frères franciscains de Toulouse, se termine par une invitation à "toutes les personnes de bonne volonté à nous rejoindre dans le silence". Les trois derniers mots sont soulignés.

"Notre assistance était un peu maigrelette", reconnaît le Frère Alain Richard, 83 ans, doyen des franciscains toulousains, qui ne paraît toutefois pas découragé. "C'était émouvant. Nous avons vu des gens s'arrêter, déposer leurs paquets et demander s'ils pouvaient faire quelque chose", raconte l'initiateur de ces "cercles de silence", portant la barbe et des habits civils.

Depuis le mois d'octobre, les quatorze moines franciscains, qui ne vivent pas cloîtrés mais partagent un bâtiment moderne du quartier Saint-Cyprien, ont décidé de se retrouver mensuellement sur la place du Capitole, le dernier mardi de chaque mois, pour protester à leur manière contre les conditions de détention au centre de rétention de Cornebarrieu. "Beaucoup de gens ignorent l'existence même de ce centre", constate le Frère Alain, qui mise sur les photos exposées pour faire prendre conscience de l'univers carcéral de ce bâtiment neuf, inauguré en juillet 2006 aux bords des pistes de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. "Quand les gens voient ces photos, ils demandent souvent dans quel pays elles ont été prises. On leur dit que cela se passe à seulement une dizaine de kilomètres d'ici." Le vieux moine est allé lui-même faire de nouveaux clichés sur place, le 30 janvier dernier, pour les publier quelques heures plus tard sur le site Internet de la communauté (www.franciscainstoulouse.fr).

Par la grâce des nouvelles technologies, le cercle de silence s'élargit et l'action mensuelle des Frères toulousains, qui comptent six jeunes étudiants dans leurs rangs, devient permanente.

N'ayant pas pu visiter lui-même l'intérieur du centre, le doyen des franciscains toulousains a dû se contenter de photos prises de l'extérieur, dans le prolongement de zone industrielle de Colomiers. Frère Alain en a conservé un sentiment de relégation et n'en revient toujours pas. "Il faut avoir tué père et mère pour être envoyé dans un endroit pareil, loin de tout, sans autre possibilité d'accès qu'en voiture", s'émeut le moine octogénaire.

L'éloignement du centre est dénoncé par les organisations humanitaires comme la Cimade, mais aussi les syndicats de magistrats et d'avocats, qui ont déposé un recours contre l'aménagement d'une salle d'audience pour juger les étrangers à l'intérieur même de l'enceinte, et non dans un tribunal.

A quelques centaines de mètres seulement du centre de rétention se dresse le "delivery center" d'Airbus, la nouvelle aérogare privée du constructeur européen, construite pour accueillir les riches clients venus pendre livraison de leurs avions flambant neufs. Deux univers aux antipodes, séparés par des barbelés.

Lionel Clauss, permanent de la Cimade, est l'une des rares personnes extérieures autorisées à pénétrer dans l'enceinte du centre. "A l'intérieur, les personnes ont encore davantage le sentiment d'être oubliées en cette période de fêtes. Ils n'ont que la télévision pour savoir ce qui se passe à l'extérieur et vivent difficilement les images de fêtes et de libations." Le jeune homme se réjouit de l'initiative des moines franciscains de Toulouse, qu'il compare aux rondes des "Folles de Mai" à Buenos Aires, ces mères de disparus qui manifestaient en silence contre la dictature en Argentine.

Ce n'est sans doute pas une coïncidence. Le Frère Alain Richard explique avoir longtemps oeuvré en Amérique du Sud depuis les Etats-Unis, où il a vécu pendant vingt-six ans avant de revenir s'établir à Toulouse. Proche du MIR (Mouvement international de la réconciliation), un mouvement évangélique créé à la Faculté de théologie protestante de Paris, il ne cache pas son admiration pour Gandhi et les techniques de la non-violence, dont il a suivi les préceptes pour la mise en oeuvre de son cercle de silence. Le moine préfère parler "d'action" plutôt que de "manifestation". "Eveiller ou plutôt réveiller l'humanité de tout un chacun, par la prière ou le silence, c'est déjà une action", insiste-t-il.

Pour ceux qui voudraient s'engager plus loin, le site des franciscains renvoie en lien vers des associations comme la Cimade ou le Réseau éducation sans frontières (RESF), créé pour s'opposer aux expulsions d'enfants scolarisés avec leurs familles. "Leur travail est indispensable", estime Frère Alain. Jean-François Mignard, le président de RESF à Toulouse, se déclare "agréablement surpris" par l'initiative. "Bienvenue au club", s'exclame ce très laïc militant de la Ligue des droits de l'homme, qui veut voir dans ces prières mensuelles un "bon indicateur" de la mobilisation en faveur des sans-papiers.

Même le préfet, montré du doigt par les associations d'aide aux immigrés, se félicite officiellement de l'entrée en lice des moines franciscains de Toulouse. "L'Eglise est dans son rôle quand elle tente de nous faire réfléchir. J'accepte volontiers de réfléchir à mon action, en mon âme et conscience", réagit Jean-François Carenco, en apprenant que Frère Alain inclut aussi les fonctionnaires dans ses prières. "Il est fréquent dans nos communautés de prier pour les torturés et leurs tortionnaires", indique simplement le moine franciscain.

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Nicolas Sarkozy / Edgar Morin

La République des Lettres, mercredi 2 janvier 2008

Politique de civilisation : Nicolas Sarkozy, Henri Guaino et Edgar Morin.

C'est "l'intellectuel" Henri Guaino, principal conseiller et plume des discours officiels, qui livre au Président de la République les références utilisées dans ses opérations de brouillage historique et rhétorique. C'est à lui que l'on doit notamment l'instrumentalisation de la lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet ou encore la récupération des noms de Victor Hugo, Charles de Gaulle, Léon Blum et Jean Jaurès.

On reconnaît facilement la patte d'Henri Guaino dans les archaïques discours présidentiels, à la fois par les relents maurassiens, voire pétainistes, de nature patriotique, nationaliste et raciste (Discours de Dakar du 26 juillet 2007) qui s'en dégagent, et par la façon dont il s'approprie sans vergogne et à l'évidence sans les comprendre des concepts élaborés eux par d'authentiques intellectuels humanistes.

Le discours des voeux télévisés du chef de l'Etat pour l'année 2008 n'échappe pas à la règle. Nicolas Sarkozy, ne quittant pas des yeux le texte de son prompteur, a annoncé aux français "une politique qui touche davantage encore à l'essentiel, à notre façon d'être dans la société et dans le monde, à notre culture, à notre identité, à nos valeurs, à notre rapport aux autres, c'est-à-dire au fond à tout ce qui fait une civilisation". Il a évoqué en vrac le "retard de la France", les "Droits de l'Homme", "le goût de l'aventure et du risque", "l'environnement", etc, pour appeler de ses voeux rien moins qu'une "nouvelle Renaissance", "une politique de civilisation" pour la France du XXIe siècle qu'il prétend incarner.

Qu'on se le dise, le sarkozysme est un nouvel humanisme et la France sarkozyste de 2008 déploiera sa grandeur dans toutes ses dimensions éthique, esthétique et morale, comme elle a d'ailleurs commencé à le faire en 2007 avec le Fouquet's, Kadhafi, Vincent Bolloré, Rolex, Gala et Carla Bruni à Eurodisney.

La formule, bien soulignée, de "politique de civilisation" -- titre d'un livre du sociologue Edgar Morin -- a immédiatement fait florès. Reprise par le premier ministre François Fillon, dont le gouvernement est évidemment "prêt à des réformes de civilisation", elle suscite toutefois quelques interrogations auxquelles ont tenté de répondre sans grand succès de vieux rhétoriciens de la droite extrême comme Roger Karoutchi et Patrick Devedjian, qui ne peuvent toutefois que montrer la limite de leurs talents sur ce coup là. Préférant ne pas trop s'attarder sur l'idée d'une France qui, comme au bon temps de sa période coloniale, exprimerait sans complexe sa supériorité et son "rôle civilisationnel" pour le reste du monde, la "politique de civilisation" sarkozyste est ainsi pour le premier "un souffle nouveau, une Renaissance au sens italien", et pour le second "une grande ambition pour la France".

L'opposition est un tantinet plus ironique et ne se prive pas de railler cet historique message présidentiel qui se voulait en outre "de foi et d'espérance", histoire sans doute de faire oublier les précédents discours va-t-en guerre et les contrats commerciaux bassement matériels. Le porte-parole du Parti Socialiste, Julien Dray, n'y voit qu'un "concept fumeux" en cette première journée sans tabac, et le député socialiste européen Vincent Peillon, philosophe de formation, reste "perplexe". Plus sérieusement, Arnaud Montebourg dénonce pour sa part un "concept nouveau qui ne veut absolument rien dire" hormis "une sorte d'intégration au bloc anglo-saxon" et "une espèce de croisade de l'affrontement des civilisations".

De fait, sous la plume d'un Henri Guaino -- ancien économiste commissaire général au Plan, ex-conseiller de Charles Pasqua -- et dans la bouche d'un Nicolas Sarkozy dont le but affiché est d'américaniser la société française, la notion même de "politique de civilisation" sonne assez bizzarement. Il y a comme un hiatus entre l'idée même de civilisation et la politique menée par ce "président" plus adepte de la culture du résultat que de la culture de la Renaissance.

Celui qui entend gouverner la France comme un PDG des années '80 dirige une entreprise, qui aligne intégralement sa politique étrangère sur celle des Etats-Unis -- dont les incessantes aventures guerrières dans le monde entier ne sont pas vraiment un exemple "civilisationnel" --, qui met en oeuvre un programme de réformes renvoyant les français modestes à une situation sociale digne du XIXe siècle, qui se comporte comme un monarque corrompu de République bananière entouré d'une Cour de financiers, de journalistes et de vedettes du show-bizz, et celui qui, entre autres régressions, "modernise" la vie politique française en installant le service de communication de l'Elysée à la rédaction de l'hebdomadaire du gotha et de l'actualité heureuse, n'est à l'évidence pas l'homme le mieux placé pour parler de Renaissance et de Civilisation.

Il l'est encore moins pour se référer au livre d'Edgar Morin, La politique de civilisation, publié en 1997. Écrit avec le politologue Sami Naïr à la suite du mouvement social de 1995 contre la réforme Juppé, cet ouvrage tente d'analyser la question de la réforme du service public français sans laisser désintégrer ce dernier par le "libéralisme économique européen généralisé". Pour Edgar Morin et Sami Naïr, "La politique de civilisation vise à remettre l'homme au centre de la politique, en tant que fin et moyen, et à promouvoir le bien-vivre au lieu du bien-être". Le livre développe plus globalement un concept d'écologie politique présent dès les années '60 dans l'oeuvre du sociologue, notamment dans Anthropolitique: Introduction à une politique de l'homme (1969).

Edgar Morin, ex-membre de Socialisme ou Barbarie (avec entre autres Cornélius Castoriadis et Claude Lefort), fondateur de l'Association pour la pensée complexe (APC), actuellement directeur de recherche émérite au CNRS et président de l'Agence Européenne pour la Culture (Unesco), est en matière politique et économique très loin de prôner les thèses néoconservatrices et néolibérales aujourd'hui mises en pratique par Nicolas Sarkozy et ses amis milliardaires du grand patronat et de la finance réunis.

Edgar Morin est un "keynésien" libertaire, un des premiers penseurs d'une écologie radicale appliquée à tout l'écosystème de la société humaine, non seulement environnemental mais aussi social, économique et politique. À travers sa notion de "complexité systémique" et ses analyses sociétales formulées dans de nombreux livres -- de L'Homme et la mort (1951) à L'an I de l'ère écologique (avec Nicolas Hulot, 2007) en passant par La Méthode (6 volumes, 1977-2004), Terre-Patrie (1993), La Complexité humaine (1994) ou encore Le monde moderne et la question juive (2006) -- il aborde les problèmes fondamentaux de notre temps et s'efforce de concevoir la complexité anthropo-sociale en y incluant les dimensions biologiques et imaginaires.

Edgar Morin appelle à se saisir de la complexité du réel et s'attache, notamment dans La Méthode, à proposer aussi bien une éthique qu'un nouveau "filtre d'intelligibilité" qui n'a rien à voir avec l'approche plus que simpliste du monde et de l'homme proposée par Nicolas Sarkozy, si tant est qu'il en existe une.

La pensée d'Edgar Morin, inspirée par des auteurs comme entre autres Ivan Illich, est plus proche des idées de "décroissance" que des chiffres du CAC 40, plus proche des idées de '68, dont Nicolas Sarkozy veut faire table rase, que de celles d'Alain Minc. Elle est surtout d'un niveau intellectuel un petit peu plus élevé que celle d'Henri Guaino, ce pourfendeur de "pensée unique", dont le titre du dernier livre, La Sottise des modernes, s'applique parfaitement à cette fameuse "modernité" sarkozyste.

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Edgar Morin

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Changement de cap. : le banquier est devenu chineur sur le Net

Ouest-France - Christelle GUIBERT. 04/01/07

Patrice Bochereau a lâché la banque pour vendre des cartes postales anciennes sur Internet. Un bonheur trois fois moins rentable.

Avant. « C'était costume rayé-cravate. Je faisais partie des grands méchants », tique Patrice Bochereau. Directeur-adjoint d'un service de crédit-bail mobilier pour les entreprises, il pouvait balancer à un patron de société : « Non, votre projet, on ne le financera pas. J'avais un pouvoir d'un million d'euros comme on dit dans le jargon bancaire. » Pas stressé pour autant, le cadre bancaire. « J'aimais mon boulot. » 40 personnes sous ses ordres, la vie de bureau, « les analyses de résultats, les négociations », il adorait.

Ce qu'il supportait de moins en moins, c'était de bosser au Mans, loin de sa famille, nichée à Rennes. « Lever 6 h 15, direction le TGV, retour dans l'autre sens vers 21 h. » Ses deux filles, Pauline, 14 ans, et Clémence, 11 ans, étaient déjà couchées. « Je ne les voyais pas de la semaine. Avec le métier de ma femme, informaticienne, il nous arrivait de jongler entre trois nourrices... »

Le déclic. Novembre 2006. « Une énième restructuration dans mon groupe bancaire. » Il a 48 ans. La nouvelle direction lui laisse le choix : continuer au Mans dans un service restreint, booster sa carrière en montant à Paris ou prendre un chèque de remerciement. « Avec la bénédiction de ma famille, j'ai pris l'argent, les formations et transformé mon hobby en métier : j'ai créé une micro-entreprise de vente de cartes postales anciennes sur Internet. » Bien avant d'étudier les sciences commerciales à l'Essca d'Angers, ce Nantais chinait déjà dans les salles de vente. Sa collection d'objets publicitaires des grandes manufactures est exposée sous vitrine dans le salon : un seau à biscuits en bacca- rat de l'usine Lefèvre-Utile, des boîtes en trompe-l'oeil des gâteaux Saint-Michel... Une passion inexpliquée - « mon père était dans l'automobile et ma mère dans la couture » - mais assouvie par des achats réguliers depuis l'âge de 17 ans.

Aujourd'hui. Il fréquente régulièrement les salles de ventes de l'Ouest, ou Drouot à Paris, « avec mon cartable Tintin ». Il ne lit plus Les échos, feuillette encore La vie financière mais dévore le magazine Collectionneur et chineur. Il ne sait plus quoi faire de ses costumes impeccables. Ça se vend peut-être sur eBay. C'est sur ce site mondialement connu qu'il revend ce qu'il chine, « et sur Delcampe, une version belge plutôt réservée aux professionnels ». Les matins, il regarde ses mails et trie son courrier postal, encaisse ses chèques. La vente de cartes postales anciennes est un business modeste - le banquier a divisé son salaire par trois ou quatre - mais  rentable : « C'est la première collection française, devant les timbres. Et Internet permet de commercer avec des Américains, des Chinois... et de toucher un public qu'on ne voit pas sur les salons :  des jeunes, des femmes ».

L'essentiel, cependant, de ce « virage de l'âge » est ailleurs. Quand Pauline, l'aînée, est tombée malade au collège, le père inquiet est parti immédiatement la chercher à pied. « Le matin, au goûter, je suis là pour les filles. Un bonheur. » Pour Martine, sa femme, aussi. « On partage mieux les tâches ménagères, dit-elle, tout sourire. On se programme   à   nouveau   des concerts. »

Le Patrice Bochereau nouveau connaît enfin ses voisins : « Je discute, je deviens plus sociable. »

Son conseil. « Il faut l'assentiment de la famille et assurer ses arrières. J'ai vu trop de gens se lancer à l'aventure sans connaître le marché. C'est mon côté banquier, dit celui qui reste un gros bosseur, jusqu'à 60 heures par semaine. Travailler à la maison, c'est un peu comme à la fac, personne ne t'oblige à aller en cours mais, à la fin, il faut quand même des bons résultats. »

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Nicolas Sarkozy remodèle la défense

PARIS (AFP) - 03/01/2008 TV5-infos

Sans attendre les conclusions du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale, Nicolas Sarkozy a saisi jeudi l'occasion d'un "point d'étape" de la commission chargée de son élaboration pour dessiner le nouveau visage de la défense.

Celui-ci conjuguera, comme le laissait déjà présumer l'intitulé même du Livre blanc et de cette commission, les deux dimensions de la défense et de la sécurité nationale, idée chère au président de la République, ancien ministre de l'Intérieur. Cette approche avait été mise en évidence par les attentats du 11 septembre 2001 qui mêlaient enjeux nationaux et internationaux, civils et militaires.

Première décision et traduction concrète de cette convergence: la création d'un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale, deux fonctions assurée jusqu'ici par des institutions distinctes auprès du président. "Le périmètre du nouveau conseil, élargi à la sécurité par rapport aux actuels Conseils de défense actuels, est lié à la réforme constitutionnelle à venir", précise-t-on de source proche du dossier.

Ce nouveau conseil s'appuiera lui-même sur "un Conseil consultatif dont les membres seront nommés par le chef de l'Etat", a précisé l'Elysée. Il s'agira d'experts choisis en dehors du cercle habituel des décideurs de la défense.

Le candidat Sarkozy envisageait en mars 2007 un ambitieux Conseil national de sécurité à l'américaine. Avant d'annoncer ces nouvelles orientations, M. Sarkozy a reçu jeudi le président de la Commission du Livre blanc, Jean-Claude Mallet, pour un "point d'étape" de ses travaux.

La publication du Livre blanc lui-même, prévue dans un premier temps début mars, est désormais annoncée pour le "début du printemps 2008", après les élections municipales.

Dès à présent, ajoute l'Elysée, M. Sarkozy a également "validé" une nouvelle "organisation de la sécurité nationale". Celle-ci ajoute aux quatre grandes fonctions stratégiques communément admises  (dissuasion, protection, prévention, intervention), celle de la "connaissance et de l'anticipation, incluant le renseignement".

De nouveau aussi, l'Elysée confirme la volonté du président "de rechercher à renforcer les politiques de l'Union européenne (...) et en même temps à rénover le lien transatlantique", avec l'Otan, considérant "ces deux objectifs comme complémentaires d'une même politique de sécurité et de défense".

De plus, "une fois le texte arrêté, les orientations principales seront exposées aux assemblées par le Premier Ministre" (et non pas la Ministre de la défense).  "Il s'agit d'aller au bout de la logique du renforcement du rôle du Parlement", fait-on valoir.

Outre le Premier ministre François Fillon, quatre ministres assistaient à la présentation du "point d'étape" de la Commission: Hervé Morin (défense), Bernard Kouchner (affaires étrangères), Michèle Alliot-Marie (intérieur) et Eric Woerth (budget).

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Manifestation à Paris en soutien aux sans-papiers retenus, dont certains en grève de la faim

PARIS (AFP) - 03/01/2008 Tv5-infos

Quelque 200 personnes ont manifesté jeudi après-midi à Paris jusqu'au centre de rétention administrative (CRA) de Paris-Vincennes pour demander la régularisation de tous les sans-papiers et exprimer leur soutien à ceux retenus, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les manifestants s'étaient rassemblés à 16h00 à l'appel du 9ème collectif des sans-papiers de Paris, devant la Cité de l'immigration Porte Dorée. Ils ont ensuite marché jusqu'aux portes du CRA, gardé par un cordon de gendarmes, de l'autre côté du Bois de Vincennes, avant de se disperser vers 19h15.

"2007 est fini, mais la politique du chiffre continue", a dénoncé l'un des organisateurs de la manifestation, à laquelle s'étaient joints des membres du Réseau Education sans frontière (RESF), du MRAP ainsi que d'Act Up.

Le défilé était émaillé des traditionnels slogans "non aux expulsions" et "régularisation de tous les sans-papiers". Des pancartes comme "non à la politique des quotas", "non à la chasse aux étrangers" ou "arrêt immédiat de toutes les rafles" étaient brandies, tout comme une d'Act Up : "Malades expulsées, malades assassinées".

Devant le CRA, les manifestants ont réclamé la "fermeture des centres de rétention", tout en scandant "libérez nos camarades".

Selon un retenu, en liaison téléphonique avec l'un des organisateurs de la manifestation, 70 personnes observeraient une grève de la faim au centre. Mais un autre retenu, joint par l'AFP, a assuré que seuls "quelques-uns" faisaient une grève de la faim. "La tension reste forte dans le centre. Ca peut dégénérer à tout moment", a dit à l'AFP ce retenu, mais "il n'y a pas eu d'incident ces derniers jours", a-t-il affirmé.

Avec les manifestations, "on sent qu'on n'est pas oubliés, qu'il y a une solidarité dehors, ça nous fortifie", a-t-il ajouté. "La revendication, ce n'est pas d'améliorer les conditions de rétention, c'est de régulariser les sans-papiers", a déclaré Mme Bahija Benkouka, porte-parole du collectif.

Une membre de RESF et du collectif des sans-papiers de Montreuil, qui souhaite garder l'anonymat, a de son côté dénoncé les "conditions d'interpellation" des étrangers, dont certains ont été arrêtés "dans des préfectures ou des commissariats" où ils sont convoqués : "ce sont des pièges manifestes".

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Bachelot enfume les médias

La ministre de la santé Roselyne Bachelot s'est félicitée du "parfait" respect des nouvelles règles qui interdisent de fumer dans les cafés et restaurants, mercredi, dans une brasserie parisienne. "La législation est parfaitement observée, il n'y a pas du tout de retours d'endroits où ça se passe mal", a-t-elle assuré lors d'une visite dans une grande brasserie de la place Clichy à Paris.

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