vendredi 4 janvier 2008
Fusion ANPE-Unedic : le Medef attend qu'on lui passe le volant !
Alternative Libertaire - janvier 2008 - Matthias Piquet
Dès demain, sur le "marché du travail", les chômeurs et les chômeuses auront encore moins le choix ! La fusion ANPE-Unedic prévue par Fillon pour janvier 2008, va accentuer le contrôle du Medef sur le placement des demandeurs d'emploi. Une réforme qui concerne, au final, l'ensemble du monde du travail.
Cela faisait plusieurs années que le Medef appelait de ses veoux une telle fusion pour "améliorer le fonctionnement du marché du travail", comme le disait Laurence Parisot lors d'un point de presse le 13 novembre, où elle se réjouissait des progrès sur ce dossier. Quel est l'intérêt d'une telle fusion ?
L'ANPE est un service public, dont la fonction est de répertorier puis de mettre en relation les offres et les demandeurs d'emploi. L'Unedic est elle un organisme paritaire qui, qui gère l'assurance chômage. Chapeautant nationalement les Assedic régionaux, l'Unedic récolte les cotisations sociales et patronales, et verse les indemnités de chômage aux personnes privés d'emploi. En tant qu'organisme paritaire, l'Unedic est cogérée par les "partenaires sociaux" : syndicats patronaux et de salarié(e)s. Dans les faits, c'est une alliance Medef-CFDT qui dirige l'Unedic depuis 1992.
Vous l'aurez deviné, la "fusion" risuqe en fait d'être une absorption de l'ANPE par l'Unedic qui va permettre au patronat de contrôler le placement des demandeurs d'emploi. Ceux-ci n'auront plus affaire qu'à un seul interlocuteur qui, à la fois juge et partie, tiendra dans une main la carotte des indemnités chômage et dans l'autre la bâton de la radiation.
Le but ? Orienter les chômeuses et les chômeurs vers les secteurs "sous tension", enclair : le bâtiment et l'hôtellerie-restauration. Ces secteurs qui ont notoirement du mal à recruter étant pénibles et mal payés. Pour résoudre ce problème, il n'y a que trois possibilités : a) améliorer les conditions de travail et augmenter les salaires; b) faire bosser des travailleurs migrants, plus malléables; c) obliger les chômeurs à s'embaucher dans ce secteur.
C'est à cette troisième possibilité que la fusion ANPE-Unedic va servir. Le 13 novembre, Laurence Parisot a réclamé des précisions sur "la question de la sanction" car "il est établi que la nouvelle institution va avoir un rôle à jouer sur la question". Obliger les gens à accepter des emplois précaires et mal payés au lieu de revaloriser ces emplois, c'est un nouveau levier pour faire pression à la baisse des salaires et des conditions de travail. C'est donc en fait tout le monde du travail qui subira la pression accrue d'une "armée de réserve" encore plus soumise au patronat.
Et pour ceux qui seraient tentés de penser qu'un meilleur suivi des chômeurs permettra de "faire baisser le taux de chômage", il faut rappeler cette vérité : le chômage est structurel ! C'est donc une composante nécessaire au bon fonctionnement du capitalisme, au même titre que le "marché".
ll ne baissera pas sans une réduction massive du temps de travail et une nouvelle répartition des emplois disponibles. Pour le moment, la seule "baisse du chômage" est due à la radiation des chômeurs des listes de l'ANPE....
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