Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

mercredi 2 janvier 2008

2008 tout ce qui a changé

NOUVELOBS | 01.01.2008 |

Le début de l'année 2008 amène l'interdiction de fumer dans les cafés mais aussi la création de nouvelles franchises médicales ou le passage à la semaine de quatre jours au primaire.

Voici les principaux changements qui interviennent début 2008.

- Santé
: Interdiction de fumer dans les cafés, bars, tabacs et restaurants avec jusqu'à 750 euros d'amende pour les contrevenants.

- Assurance maladie :
Les assurés (sauf enfants, femmes enceintes et bénéficiaires de la CMU) devront acquitter des franchises sur les médicaments (50 centimes par boîte), les actes paramédicaux (50 centimes) et les transports sanitaires (2 euros) dans une limite de 50 euros par an.

- Environnement :
"Malus" pour l'achat des voitures les plus polluantes. Les acquéreurs d'une voiture polluante (au dessus de 160 g CO2/km, 25% des ventes) acquitteront un malus de 200 à 2.600 euros en fonction de la quantité de CO2 rejetée. Un "bonus" pour les voitures neuves émettant au maximum 130 grammes de CO2/km est déjà en vigueur.

- Energie :
Les tarifs régulés du gaz pour les particuliers augmentent de 4%.

- Minima sociaux :
RMI et revenu de solidarité pour les DOM et Saint-Pierre et Miquelon, ASS (allocation de solidarité spécifique), AER (allocation équivalent retraite) et ATA (allocation temporaire d'attente) revalorisés de 1,6%.
RMI : 447,91 euros par mois pour une personne seule
Revenu de solidarité : 464, 05 euros par mois
ASS : 14,74 euros par jour (+6,42 euros de majoration)
Taux journalier de l'Allocation équivalent retraite : 31,82 euros


- Poste-télécoms :
Le timbre passera le 1er mars de 54 à 55 centimes d'euros.
L'abonnement à France Télécom ne bouge pas après trois années de hausse.
Le 17 janvier, le tarif des communications d'une ligne fixe France Télécom vers un mobile en métropole ou dans les DOM baissera de 5% et celui des communications d'une ligne France Télécom vers un fixe en métropole ou dans les DOM baissera de 9%.

- Assurances : automobile : tarifs stables, après trois années de baisse, en raison d'une reprise des sinistres routiers. Les bons conducteurs bénéficieront de mesures commerciales avec des rabais allant jusqu'à 4%.
Hausses en assurance multirisques habitation de 2,4% à 5,3% suivant les mutuelles. Pour les complémentaires santé, les hausses peuvent atteindre 5%.


- Bouclier fiscal
: Les impositions directes (impôt sur le revenu 2006, ISF 2007, taxe d'habitation et taxe foncière sur la résidence principale 2007, prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine 2006) payées à compter du 1er janvier 2007 et certaines impositions payées en 2006 (prélèvement libératoire, plus-value immobilières, prélèvements sociaux sur les revenus d'activité ou les produits de placement de l'année 2006) ne peuvent excéder plus de la moitié des revenus que le contribuable aura réalisés en 2006.

- Contrôle fiscal :
Création d'un dispositif de contrôle permettant un "flagrant délit de fraude" fiscale, incluant la possibilité de "saisies conservatoires" et une amende de 5.000 à 20.000 euros.
Prorogation au-delà de trois mois de la durée de contrôle des PME en cas de comptabilité fausse ou non probante.
L'administration doit répondre dans les trois mois aux observations du contribuable en cas de vérification de comptabilité des PME.

- Fiscalité du logement :
Allègement de la fiscalité locale et de la redevance audiovisuelle pour l'ancienne résidence principale des personnes vivant désormais en maison de retraite.
Avantages fiscaux aux maisons individuelles construites dans le cadre d'un dispositif d'accession à la propriété avec acquisition différée du terrain ("Pass Foncier").
Augmentation de l'abattement d'ISF pour la résidence principale, qui passe de 20% à 30%.


- Mécénat et patrimoine
: Extension du mécénat d'entreprise et des particuliers aux organismes présentant des spectacles vivants.

- Enseignement (rentrée 2008):
Semaine de quatre jours pour les élèves de maternelle et du primaire.
Instauration d'un service minimum dans les écoles primaires.
Suppression de la carte scolaire
 

Posté par Kozett à 20:03 - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

MEDIAS & POUVOIRS - Levée de boucliers contre un édito du Figaro

NOUVELOBS.| 02.01.2008 | 12:10

A la Une de son journal, Serge Dassault encourage le président de la République, qu'il juge "dynamique et courageux", à "réformer un pays dont les habitudes ont besoin d'être changées"

Le PS fustige mardi 1er janvier un éditorial de Serge Dassault, président du Figaro, qui "défend sur quatre colonnes à la une" du quotidien "la politique de Nicolas Sarkozy" dans le journal daté de mardi.
Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l'égalité, à la diversité et à la promotion sociale, estime dans un communiqué, que l'avionneur qui "cumule les casquettes de député-maire UMP, de patron de presse et de marchand d'armes, défend sur quatre colonnes à la une du Figaro
la politique de Nicolas Sarkozy". 

"Une collusion malsaine", selon le PS -
Pour le PS, ce "nouvel épisode" après "les voyages répétés de Nicolas Sarkozy à bord du jet de Vincent Bolloré, autre milliardaire patron de presse, illustre la collusion malsaine des grands groupes de médias avec le pouvoir Sarkozy". "Les amis milliardaires patrons de presse de Nicolas Sarkozy ont transformé leurs médias en nouvelles Pravdas du pouvoir", juge Faouzi Lamdaoui.
Serge Dassault adresse mardi ses vœux aux lecteurs à la Une du Figaro et "à la France qui a choisi un président dynamique et courageux". "Nos encouragements et notre appui l'accompagnent pour réformer un pays dont les habitudes ont besoin d'être changées", écrit-il, soulignant que Nicolas Sarkozy "a déjà fait beaucoup en quelques mois".

Posté par Kozett à 12:42 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Voeux du président : des non dits...

rkozy

Placide - http://www.leplacide.com/

Posté par werdna à 12:02 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les indégivrables : Voeux

Voeux_08

Posté par Kozett à 12:00 - Humour - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Une présidence cinétique

Edito d'Alain Duhamel journaliste politique et essayiste - mercredi 2 janvier 2008 - Extraits

Tout au long de sa campagne présidentielle et depuis qu’il a été élu chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy n’a cessé d’agiter les drapeaux du changement. L’originalité de sa démarche tient pourtant moins à ses idées ou à ses réformes qu’à son style et à son tempo.

Le talent particulier de Sarkozy n’a pas été d’inventer une stratégie, mais de le faire croire aux Français.

Trois petits pas vers l’autonomie des universités (facultative de surcroît) et l’annonce de budgets plus généreux, cela ne s’appelle pourtant pas une révolution. La réforme très partielle des régimes spéciaux de retraite qui préservent une spécificité enviable a surplombé l’actualité sociale durant des semaines. Les mesures arrêtées pour améliorer le pouvoir d’achat ne risquent pas de hisser brusquement le niveau de vie des Français. La réforme annoncée de l’Etat n’émeut que les avocats spécialisés en droit du divorce. Quant au budget 2008, il arbore une charmante modestie de rosière.

Les réformes engagées ont en commun de scintiller plus que de bouleverser. Il y a là beaucoup de mise en scène ou de trompe-l’œil. Et cependant, depuis le 6 mai 2007, l’impression générale est celle d’un mouvement perpétuel. La présidence de Nicolas Sarkozy ne ralentit pas un instant, ne reprend jamais son souffle. Elle organise le spectacle d’une accélération permanente, le théâtre d’un changement radical.

Il y a là tout un art de la prestidigitation. Il tient d’abord à la présence constante, obsédante, savamment programmée, habilement mise en scène de la personne présidentielle sur le terrain : cette méthode-là constitue assurément une nouveauté.

Si l’on y ajoute que Sarkozy transforme ostensiblement le champ de la décision en domaine réservé au chef de l’Etat, c’est une présidence vorace, ultrapersonnalisée et hyperactive qui se dessine. Le Président pourrait choisir comme devise «le pouvoir, c’est moi».

Comme il engage méthodiquement ses réformes sur tous les fronts à la fois, à un rythme sans précédent, leur nombre et leur promptitude masquent leur prudence et leur relativité. L’impression de mouvement donne le tournis, mais en réalité Nicolas Sarkozy ratisse plus large qu’il ne pêche profond.

En ce sens, prônant l’ordre et affichant le mouvement, concentrant les pouvoirs mais les employant prudemment, se déployant vite et large mais sans s’avancer imprudemment, il est bien le descendant authentique d’un bonapartisme modéré, d’un consulat en frac plutôt qu’en uniforme.

Posté par werdna à 11:54 - Réflexions - Citations - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Au moins 170 voitures incendiées pour la seule Ile-de-France à la Saint-Sylvestre

01/01/2008 – AFP – France infos

PARIS, 1 jan 2008 (AFP) - Le nombre de véhicules incendiés en Ile-de-France au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre s’élève à au moins 170, selon un bilan partiel établi par l’AFP de sources préfectorales et policières, soit davantage que les 144 annoncés par la Direction générale de la police nationale (DGPN).

Selon un bilan dressé à 6h00 mardi, la DGPN a fait état de 102 véhicules brûlés "volontairement" et 42 par propagation pour l’ensemble de l’Ile-de-France. Selon les données recueillies par l’AFP auprès des préfectures et sources policières d’Ile-de-France, ce bilan s’établit à au moins 170 véhicules incendiés pour l’ensemble des départements de la région, hormis les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis où aucun bilan n’a été communiqué. Dans les Yvelines, 49 véhicules ont ainsi été incendiés, contre 44 l’an passé, essentiellement sur les communes de Mantes-la-Jolie, Trappes et des Mureaux. Dans le-Val-de-Marne, la préfecture a recensé 46 feux de voitures, dont 16 détruits par propagation, contre 66 pour le Nouvel an 2007. Les incendies ont principalement touché les villes d’Orly, d’Ivry-sur-Seine et de Vitry-sur-Seine. En Essonne, 37 véhicules ont brûlé , dont 10 par propagation, sur une quinzaine de communes dont Evry, Grigny, Corbeil-Essonnes et Athis-Mons. Dans le Val-d’Oise, une vingtaine de voitures ont été incendiées et 18 en Seine-et-Marne, soit deux de plus que l’an passé.

STRASBOURG, 1 jan 2008 (AFP) - A Strasbourg, survolé depuis 22 h par un drone, cinquante et un véhicules ont été incendiés sur l’agglomération a annoncé mardi la préfecture du Bas-Rhin dans un bilan sur la nuit de la Saint-Sylvestre communiqué en fin d’après-midi.

D'une manière générale, la nuit de la Saint-Sylvestre a été relativement calme, ont affirmé les autorités.

Ah bon ! Tout est normal ?

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France : le Parti New People à la conquête de la planète

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Dupuy & Berberian

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Après l'empire américain ? Nous y sommes déja !

Marianne 01/01/08

Suite de l'article de l'historien Edouard Husson sur le déclin de l'empire américain.

Le système impérial américain est en train de s'effondrer définitivement, victime de ses propres excès. Depuis que George W. Bush est au pouvoir, la masse monétaire américaine a augmenté de 20% par an. La hausse du prix du pétrole et l'expansion de l'Asie, en particulier de la Chine, ont favorisé une telle tendance. Mais une augmentation historique de 150% de la masse monétaire américaine équivaut à une destruction potentielle du dollar. Les détenteurs de dollars dans le monde essaient, sans provoquer trop d'à-coups, de conserver une valeur à leurs réserves.

Et c'est ainsi que nous voyons de plus en plus de « fonds souverains » acheter banques ou entreprises américaines. George W. Bush, l'homme qui a proclamé avec le plus d'arrogance la supériorité américaine, préside désormais à la déroute militaire et financière de son pays. Son successeur, démocrate ou républicain, devra s'efforcer d'empêcher la débâcle et d'organiser la participation américaine à un nouvel ordre international.

On a frôlé la guerre contre l'Iran

Nous sommes passés, en 2007, près d'une catastrophe, celle qui n'avait pas eu lieu lors de la chute de l'URSS. Bush, Cheney et leur équipe étaient prêts à déclencher un conflit contre l'Iran – la fuite en avant pour échapper provisoirement au déclin inévitable de l'Empire. Le danger n'est pas totalement écarté mais nous avons pu voir des contre-forces à l'œuvre, pour l'instauration d'un nouvel équilibre mondial et le maintien de la paix.

La Russie, les pays pétroliers, l'Asie sont désormais en mesure d'ignorer les diktats de Washington. C'est ce qu'ont senti ceux des responsables américains qui, au sein de l'appareil d'Etat, ont contraint le président et le vice-président à renoncer à leurs plans d'attaque contre Téhéran. Comme dans les années 1980 à Moscou, il semble que les partisans de la raison et de la concertation l'emportent dans la capitale de l'Empire.

Nous savons bien cependant combien la Russie a perdu, dans un premier temps, à renoncer à son empire. Comment réagiront les Américains lorsqu'ils devront constater le déclin relatif de leur niveau de vie – sans qu'il y ait rien de comparable, bien entendu avec les anciens Soviétiques dans les années 1990 ? Les Américains devront pourtant s'accommoder de voir leur économie achetée par d'autres et de devoir la racheter par un retour à l'épargne et à la production industrielle – loin de l'optimisme trompeur qu'on leur a inculqué depuis trente ans.

Vers un nouvel équilibre ?
Il est cependant une raison d'être optimiste. Non seulement plusieurs Etats font actuellement équilibre intelligemment à la politique américaine ; non seulement des stratégies économiques conformes à la loi d'un marché authentique (fondé sur le respect des grands équilibres) se développent grâce à la prudence des investisseurs qui ne veulent pas que leurs avoirs en dollar soient instantanément réduits à néant ; mais tous les Etats du monde sont soumis à l'exigence croissante des individus et des sociétés en matière de droits et de démocratie – dans la continuité de la vague libératrice qui a commencé dans les années 1960.

Face aux exigences des peuples, Poutine, Amadinejad ou Hu Jintao sont aussi vulnérables, sinon plus, qu'un président américain ! Ce qui a valu pour l'Union Soviétique - l'impossibilité de continuer à recourir à la violence dès que la lumière fut faite sur l'état réel du régime et de la société – vaut a fortiori pour les Etats-Unis, vieille démocratie, terre par excellence, même, de la démocratie occidentale.


Sans nous cacher les difficultés du monde qui vient, réjouissons-nous, en ce début d'année 2008, de ce que la communauté internationale a commencé à tourner pacifiquement la page de l'empire américain.

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Sarkozy attendu au tournant par les Français en 2008, selon la presse

20 Minutes _ 01/01/08

Nicolas Sarkozy, «l'homme pressé» qui a mené «au pas de course» ses premiers mois à la présidence de la République, sera attendu au tournant par les Français en 2008, estime ce mardi la presse française.

«En huit mois de présidence au pas de course, le président «jogger» a, par son style et son programme de réformes, plutôt creusé l'écart entre les 53% de Français qui l'ont élu et les 47% qui auraient préféré recevoir hier soir les voeux télévisés de Ségolène Royal», juge Hervé Favre dans La Voix du Nord.

Pour Xavier Panon, dans La Montagne, «les vapeurs du réveillon vont vite s'estomper». Et il faudra au président «sa détermination sans faille, pour répondre aux attentes, aux craintes, à l'angoisse et même à l'exaspération des Français qu'il constate lui-même».

Même son de cloche dans La Provence, où Gilles Dauxerre avertit que pour les Français, 2008 «devra surtout être l'année des premiers résultats des réformes engagées, notamment en matière de vie quotidienne, d'emploi ou de pouvoir d'achat».

C'est même sur ce dernier thème «et pas un autre» que se jouera l'année 2008, assure François Sergent dans Libération. «Les cadeaux fiscaux, les réformes du temps de travail n'ont pas trompé (les) "chers compatriotes» (de Nicolas Sarkozy). Les Français savent faire la différence entre voeux pieux et têtues réalités de la vie quotidienne», ajoute-t-il.

Pour 2008, Roger Antech, dans le Midi Libre, pense à d'autres bonnes résolutions pour le président: «On se met à rêver d'un chef de l'Etat qui laisserait le gouvernement gouverner et qui, redevenu économe en paroles et moins porté sur le coup médiatique, délaisserait enfin les urgences pour donner à la Francela direction et les perspectives qui lui font défaut.»

Mais Yves Thréard, dans Le Figaro, est confiant. Voyant davantage dans la démarche de «l'homme pressé» Nicolas Sarkozy «celle d'un marathonien que celle d'un sprinter», il voit dans les voeux du président la preuve que sa «rupture s'inscrit bel et bien dans la tradition d'une "certaine idée de la France"». Le propriétaire du quotidien de droite, Serge Dassault, consacre, quant à lui, quatre colonnes à la une à encourager le Président.

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L'inquiétant pacte de Sarkozy au Vatican

Propos recueillis par Karl Laske Contre-journal – 01/01/08 – Extraits…

Dans une analyse du discours et de « l’adoubement » du président français au Vatican, Christian Terras, directeur de la revue Golias, estime que « Sarkozy réimplante quelque chose qu’on croyait d’un autre âge ». « Même s’il affirme ne pas vouloir remettre en cause 1905, le projet de Sarkozy violera 1905 », explique-t-il. Décryptant les emprunts idéologiques à Le Pen et Maurras, il estime que Sarkozy est porteur d'une  «vision fondamentaliste et intransigeante du catholicisme dans son rapport au monde».

Christian Terras est l’auteur de Benoit XVI ; le pape intransigeant (2005), L’opus Dei, une église dans l’église (2006), Le retour des intégristes (2007) aux éditions Golias. Il dirige le site golias.fr. et l’hebdomadaire Golias, dont un numéro consacré au discours de Sarkozy au Vatican doit paraitre jeudi 3 janvier.

Dans le prochain numéro de Golias, vous analysez la visite de Nicolas Sarkozy au Vatican. Christian Terras. La marque, proprement ahurissante, du discours de Nicolas Sarkozy, c’est de ne pas parler au nom de tous les français, mais à partir d’une vision catholique très traditionnelle qu’il assume comme la sienne et celle de l’Etat français. Dans ce discours à l’église, il ne tient aucun compte des apports spirituels, humanistes, culturels non seulement de toutes les religions non catholiques, mais des religions chrétiennes – comme la réforme -, sans parler des agnostiques et des athées. Il estime du reste que l’aspiration spirituelle qui est en tout homme ne trouve sa réalisation que dans la religion. C’est donc d’entrée de jeu un parti pris, sur la base d’une sensibilité, d’une vision catholique que l’on peut qualifier de traditionaliste qu’il présente comme celle de la France. Il met aussi gravement en cause l’exercice laïc de la fonction présidentielle puisqu’il identifie son engagement politique à une vocation sacerdotale. Pour parfaire son identification personnelle aux ministres de droit divin, il est allé jusqu’à dire «sachez que nous avons au moins une chose en commun, c’est la vocation. On n’est pas prêtre à moitié on l’est dans toutes les dimensions de sa vie, croyez bien qu’on n’est pas Président de la République à moitié, je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi même, je sais ce que j’ai fait pour réaliser à la mienne». C’est à mes yeux incroyable. La réalisation de sa mission politique, les sacrifices personnels qu’il évoquait durant la campagne électorale, sont inscrits dans le droit fil d’une vocation sacerdotale.

On a beaucoup remarqué les signes donnés au Vatican – le baise main au pape, l’allusion au baptême de Clovis… 

Il donne des signes de ce qu’on appelait autrefois la chrétienté. Il s’est mis au passage à l’égal du Pape. Quand il dit «comme Benoît XVI je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique religieux spirituel de son histoire commet un crime», ou encore «je partage l’avis du pape quand il considère que l’espérance est une des questions les plus importantes de notre temps»… Non content d’être le premier personnage de la France, il se met à égalité avec le premier personnage de l’église catholique romaine. Ca va très loin puisqu’il se permet de souffrir avec ceux qui ont souffert ou qui souffrent encore des lois de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, dont il est théoriquement le gardien! Il dit «je sais les souffrances que sa mise en œuvre a provoqué en France chez les catholiques, les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905»… Dans une espèce d’exhortation urbi et orbi, il va aller jusqu’à pâtir avec les séminaristes du séminaire français comme jamais il ne l’a fait avec aucun sans papier ou autre insignifiant du pays. Il dit aux séminaristes «Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement ou la solitude. Je sais aussi que la qualité de votre formation, la fidélité au sacrement, la lecture de la bible et de la prière vous permettent de surmonter ces épreuves»...

C’est le premier chef d’Etat français qui prend cette position… 

Absolument. Dans la tradition radicale socialiste, Chirac qui était un président de droite restait frappé du bon sens de la culture traditionnelle laïque française. Même de Gaulle qui était un catholique très pratiquant ne s’était jamais risqué avec les autorités pontificales romaines ou autres autorités hexagonales à un tel mélange de genre. Jamais. De Gaulle refusait de communier par exemple parce qu’il incarnait la France dans toutes ses composantes et qu’il ne pouvait pas donner un signe ostentatoire d’adhésion à une philosophie à un credo, fusse-t-il catholique, à la nation. Il le faisait en privé. Alors que Sarkozy s’exhibe.

C’est un discours qu’il n’a pas écrit. Pas plus qu'Henri Guaino. D’après notre enquête, c’est un dominicain qui s’appelle Philippe Verlin. Il pose une vision fondamentaliste et intransigeante du catholicisme dans son rapport au monde. Au final, Nicolas Sarkozy nous en fait une religion à l’américaine. Les communautés avant la citoyenneté, au risque de favoriser le communautarisme.»

L’incursion de la religion en politique évoque beaucoup l’utilisation du catholicisme par Le Pen dans ses meetings… 

Sans faire référence au décalogue, c’est la même chose. C’est Le Pen en plus soft. Mais cela rappelle historiquement Charles Maurras. Maurras ne croyait pas, mais il trouvait dans l’église catholique le système parachevé pour que les responsables politiques puissent vivre en bonne intelligence. De l’utilité du système ecclésiastique pour cimenter la cohésion sociale. La dangerosité de ce discours, c’est quelque chose qui est passé complètement sous silence pendant la campagne présidentielle. Nicolas Sarkozy ne pouvait engager un débat sur la laïcité au moment des élections: cela mettait le feu aux poudres. Il ne peut le faire qu’en le distillant. C’est sa conception de la laïcité. Même s’il affirme ne pas vouloir remettre en cause 1905, le projet de Sarkozy violera 1905. C’est la première fois sous la cinquième République qu’un Président de la République écrit au pape  - qui l’avait félicité pour son élection -, une lettre de quatre pages pour lui donner son programme politique à la lumière de l’éclairage de l’église et du sens spirituel. D’habitude les présidents font dix lignes.

Au sein du RPR ou de l’UMP, le discours religieux n’avait aucune place jusqu’à présent… 

Sarkozy réimplante quelque chose qu’on croyait d’un autre âge. C’est sa propre vision des choses mais c’est aussi l’aspiration d’un certain nombre de catholiques de droite. Même dans un journal comme La Croix, qui conserve un certain pluralisme, on n’a pas trouvé une critique, ni même l’écho d’une critique du discours de Sarkozy. Parce que dans l’église catholique, ce discours porte. Il scelle une espèce de pacte avec les catholiques français de droite. Sarkozy met le curseur sur la religion majoritaire. Il leur promet ses faveurs. Et bien sûr, il attend un retour d’ascenseur. Il leur parle de «participer à la pacification» de l’hexagone. Il leur dit «Je vous soutiendrais pour participer au débat et à la mise en œuvre des lois sur la bio éthique». Et il espère un soutien pour «son grand dessein de la Méditerranée» qui rencontre l’intérêt du Saint Siège par exemple. Rien n’est gratuit. Ce n’est pas uniquement convictionnel. C’est aussi pour obtenir des cathos une alliance et une mobilisation sur les sujets sensibles. Dans certains sites cathos, non pas intégristes mais traditionalistes, Nicolas Sarkozy est présenté comme le personnage providentiel dont la France chrétienne avait besoin.  A travers ce discours au Latran, il est perçu comme celui qui sur le plan sociétal et civilisationnel, va faire se rencontrer la République et l’Eglise. On n’est pas dans la théocratie, mais je crains qu’on ne s’oriente à terme à une remise en cause inquiétante de la laïcité française.

Quelle importance accordaient les autres présidents français au titre de chanoine de Latran? 

L’insignifiance totale pour les précédents. Par contre Nicolas Sarkozy s’est glissé dans le lit du corps ecclésiastique. Il prend possession de Saint-Jean-de-Latran, compte tenu de ce que ce rite désuet lui donne symboliquement comme fonction. Mais de ce rite désuet et symbolique, il en tire un argument politique. Par cette solennité, cette prise de possession des lieux, il en a fait un adoubement. Avec Sarkozy, on a un président qui est missionné presque mystiquement aujourd’hui. La réaction des cardinaux présents montraient qu’il était adoubé pour être pour le Vatican l’un des grands hommes d’Etat de la planète qui portera les valeurs du catholicisme. Cet adoubement là n’a jamais eu lieu avec les autres présidents de la République.

Posté par werdna à 00:04 - Démocratie - Institutions - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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