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vendredi 28 décembre 2007

La restauration de l’Etat se met au bio avec quels produits ? s'interroge la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique

Agrisalon -  [ 21/12/2007]

Signée le 19 décembre par le Premier ministre, la circulaire interministérielle «incitant la restauration administrative de l’Etat à utiliser régulièrement des plats ou des denrées issus de l’agriculture biologique» peut être considérée comme la première décision post-Grenelle concernant la bio. Mais incitation vaudra-t-elle obligation, et la production française sera-t-elle capable de suivre ? Tel est la question que pose la FNAB dans un communiqué : 

Le marché de la restauration d’Etat, s’il inclut l’armée, est un gros marché. Aujourd’hui, la production biologique française ne suffit pas à la consommation en France. Les aides à la conversion ne sont pas vraiment incitatives dans un environnement de prix agricoles rémunérateurs. Ainsi, un céréalier atteint le plafond d’aide dès 38 ha ; la région parisienne, avec de grosses exploitations, « sinistrée » en matière de production biologique risque donc de le rester et de ne pas pouvoir participer de l’approvisionnement des restaurants parisiens de l’Etat. De plus, avec un marché tendu, des prix des produits bio à la hausse et un budget de l’Etat à la baisse, on peut s’attendre à des appels d’offre a minima qui favoriseront de la bio la moins chère et donc plutôt l’importation lointaine plutôt que des produits de proximité.

En ne relevant pas les plafonds d’aides à la conversion, en ne prévoyant pas une enveloppe pour ces conversions à la hauteur de ses ambitions (tripler la surface en bio d’ici 20012), en ne mettant pas plus de moyens sur l’accompagnement technique et économique des producteurs actuels et à venir, et en « incitant » à consommer plus, le gouvernement ne dépasse pas, une fois encore, l’effet d’annonce.

Pour la Fédération nationale d’agriculture biologique des régions de France, il en faudra plus pour lui faire penser que les engagements du Grenelle seront tenus.

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Un chemin ouvert à l'espérance

Editorial Ouest-France mercredi 26 décembre 2007 par François Régis Hutin

« je n'intéressais personne. Un jour, dans ma cellule, on m'a donné le journal. J'ai su alors que quelqu'un pensait à moi. Cela m'a réconcilié avec les autres. »

Voilà la lettre d'un prisonnier adressée au journal pour le remercier d'être offert gratuitement dans la prison. Toutes les prisons de l'Ouest, aujourd'hui, reçoivent Ouest-France, à raison d'un exemplaire par cellule. Il nous est, en effet, apparu que c'était un moyen de contribuer à l'humanisation des prisons.

L'enfermement, la séparation des êtres que l'on aime, la coupure d'avec la société sont difficiles à supporter. Mais, quand on ajoute à l'enfermement des murs, un repli sur soi qui se transforme en enfermement personnel, la situation devient plus dramatique encore.

Le journal est un moyen de garder un contact avec la vie, avec l'extérieur. Le journal permet de lire la réalité, de lire le monde. C'est essentiel pour chercher et trouver un sens à la vie. C'est essentiel pour sortir de soi quoi qu'ait pu être le passé, quels que soient les événements et les causes qui ont conduit à la prison. Pour s'en sortir, il faut accepter de sortir de soi, c'est ainsi qu'on peut avancer. Comme le dit le père Louis Delatour, « le temps ne tourne pas vers l'envers. Il n'y a pas d'accomplissement ou de rétablissement possible dans la haine ou le repli sur soi ».

La vie est aussi pleine de bonté - Dans ce temps de Noël, pour nous tous, que nous soyons prisonniers ou en liberté, l'important - et même l'urgence immédiate - est de savoir comment sortir du mal dans lequel nous sommes plongés. Le mal, le malheur existent réellement sur cette Terre où nous n'avons pas demandé à venir. Mais il n'y a pas que le mal et le malheur. La vie est aussi pleine de bonté, de beauté, d'amour et de bonheur que nous devons multiplier. D'abord, il faut les repérer, les saisir, les développer. Le journal évoque, chaque jour, des gestes pleins d'humanité. Ce jeune qui, l'autre jour, se jette à l'eau pour sauver un camarade. Ce pompier qui retourne dans le feu pour arracher une personne à la mort et y laisse sa vie. Ce médecin qui ne compte pas sa peine. Ce voisin qui met la paix dans le quartier. Ce prêtre, cet imam, qui écoutent et consolent. Ce groupe de simples citoyens qui se rendent solidaires actifs d'un village sous-développé. Ces Médecins sans frontières, ces Médecins du monde, ce Samu social qui se dévouent sans relâche.

Le journal rend compte de ce qui ne va pas, hélas ! Mais il rend compte aussi de ces efforts de générosité, de solidarité qui témoignent que la vie a un sens. Le journal, pour les prisonniers, mais aussi pour tous, peut être un chemin ouvert à l'espérance.

Lire aussi les articles précédents sélectionnés par Inventerre : Derrière les barreaux et

Ouest-France distribué gratuitement

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L'opposition russe lance un site internet

NOUVELOBS.COM | 26.12.2007 |

Lancé à l'initiative du mouvement L'Autre Russie, de Garry Kasparov, le site  a pour objectif de "recueillir des informations sur les actes de répression dont sont victimes les militants politiques, les journalistes et les défenseurs des droits de l'Homme"

Le mouvement d'opposition L'Autre Russie, dirigé par l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, a lancé mercredi 26 décembre un site internet recensant les persécutions contre les opposants, journalistes et défenseurs des droits de l'Homme en Russie.
Le site, intitulé "Chroniques des persécutions" (http://hroniki.info), entend "recueillir des informations sur les actes de répression dont sont victimes les militants politiques russes, les journalistes et les défenseurs des droits de l'Homme", selon ses auteurs.

Meurtre, emprisonnement, passage à tabac…
"Cette année, beaucoup d'entre-eux sont réprimés pour leurs opinions politiques et leurs activités : il y a des meurtres, des passages à tabac, des emprisonnements pour des prétextes inventés, des placements dans des asiles psychiatriques, des interpellations et des perquisitions illégales", détaillent-ils.
Les derniers épisodes publiés par le site relatent les histoires d'un militant de L'Autre Russie placé dans un asile psychiatrique, du leader d'un mouvement de jeunesse d'opposition appelé de force dans l'armée, ou encore d'un leader des nationaux-bolcheviques battu à mort par des policiers.
Le site est un projet conjoint de L'Autre Russie et de la Fondation pour la tolérance basée à Nijni Novgorod (Volga).

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OFFICE NATIONAL DES FORÊTS. -- Les agents sortent du bois

SUD-OUEST- Béarn 27/12/07

Ils ont manifesté ce week-end leur ras-le-bol face aux problèmes de la baisse des effectifs et d'un poste toujours vacant à Lagos

Tout a démarré samedi matin par un solide casse-croûte à la mairie de Lagos. Charcutaille, fromage, vin et café avant d'aller sur le terrain l'estomac bien rempli. Une vingtaine d'agents de l'ONF (Office national des forêts) des Pyrénées-Atlantiques s'étaient donné rendez-vous pour exprimer leur ras-le-bol face à la baisse régulière des effectifs et au problème spécifique d'un poste laissé vacant depuis le début de l'année. Auprès d'eux : quelques élus du coin, eux aussi mécontents de la situation.
Le problème porte sur le poste de garde-forestier dit « de Morlàas », non remplacé depuis janvier dernier, et le départ à la retraite de l'agent titulaire. Un poste attaché aux communes d'Angaïs, Beuste, Boeil, Bezing, Barzing, Ger, Pontacq et Lagos. En juin, à l'issue d'une commission administrative paritaire, la direction territoriale Sud-Ouest avait annoncé qu'il serait pourvu. Il ne l'a toujours pas été, au grand dam des agents et des élus concernés.

« Le régime forestier de la forêt communale, les aménagements, l'entretien, la coupe de bois, les plantations, la surveillance des pousses? toutes ces missions ne sont plus assurées dans de bonnes conditions, déplore Christian Petchot-Bacqué, maire et conseiller général de Lagos. Nous avons besoin des agents ONF, de leur savoir-faire, et nous ne souhaitons pas nous tourner vers le privé ».

Malaise. Barbe grise, physique de bûcheron canadien, André Vinas, agent ONF syndiqué, évoque « le malaise » ressenti selon lui par une grande partie des forestiers « de terrain ». « On nous demande de remplir de nouvelles missions, liées notamment à la protection de l'environnement. Mais nos effectifs sur le terrain ne cessent de diminuer. Rien que sur le département, nous avons dû perdre une dizaine de postes ces quinze dernières années. Vis-à-vis des élus, nous sommes en porte-à-faux car certains engagements ne sont pas respectés. Aujourd'hui, plusieurs collègues sont en souffrance ».

Du côté de la direction départementale, le problème n'est pas nié. Directeur adjoint de l'agence des Pyrénées-Atlantiques, Renaud Canteyrel dit comprendre « l'émotion des collectivités privées de leur agent de proximité ». Il confirme aussi que les effectifs baissent : « Le non-renouvellement de certains départs à la retraite est une réalité que l'établissement subit. On ne s'en réjouit pas ». Soulignant au passage que le poste « de Morlaàs » sera bien pourvu, sans pouvoir toutefois avancer de date.
Au-delà de ce problème spécifique, c'est bien l'évolution du métier de garde-forestier et de ses missions qui est au coeur du débat. En quête de ressources nouvelles, l'ONF facture de plus en plus certaines de ses actions d'étude ou d'aménagement. Une mutation que de nombreux agents, très attachés au service public, ont du mal à accepter.

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OGM: l'UE suspend les tests systématiques sur le riz américain

Agrisalon - [ 20/12/2007 ]

Les 27 ont accepté jeudi de suspendre les tests systématiques sur le riz long grain américain, après l'introduction par Washington de contrôles avant exportation pour garantir que des lots contaminés aux OGM n'entrent à nouveau dans l'UE, a annoncé la Commission européenne.

Faute d'entente sur une procédure commune avec Washington, l'UE avait mis
en place en octobre 2006 ces contre-tests systématiques sur les cargaisons en
provenance des Etats-Unis en raison de l'arrivée dans l'UE de plusieurs lots
de riz contaminés par l'OGM LL 601 interdite dans l'UE.


Mais la Commission estime désormais que "les contre-tests des inspecteurs
européens ne sont plus nécessaires", en raison des mesures "prises par les
producteurs de riz américain et de l'implication officielle des autorités
américaines dans l'échantillonnage et les tests des chargements avant
l'exportations vers l'UE".


Les experts des 27 Etats membres réunis jeudi à Bruxelles ont approuvé
cette position, et ont donc accepté de suspendre les tests.


"C'est un pas en avant important dans les efforts pour que les autorités
des pays tiers reconnaissent qu'elles ont un rôle à jouer pour assurer que
leurs exportations respectent la législation européenne sur les OGM", s'est
réjouie la Commission dans un communiqué.

La confiance règne, les experts règnent aussi…..de quoi être rassurés !

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L'Arche de Zoé : Les non-dits du procès

Courrier International 26/12/07 

Les six Français de l'ONG 'L'Arche de Zoé' ont été condamnés mercredi 26 décembre à huit ans de travaux forcés par la justice tchadienne. La Cour criminelle de N'Djamena les a jugés coupables de 'tentative d'enlèvement d'enfants'. Ils avaient tenté jeudi 25 octobre de conduire en France 103 enfants présentés comme des 'orphelins du Darfour'.

Le Soir (Belgique) - "Confronté à l'affaire de l'Arche de Zoé, Bernard Kouchner, aujourd'hui en charge des Affaires étrangères françaises, s'est tu", dénonce Colette Braeckman. "Pourtant, Eric Breteau et ses acolytes, inconscients, arrogants ou dévoyés, sont bien ses héritiers spirituels. Au début de l'année, ils avaient entendu Kouchner réclamer à grands cris une intervention dans le Darfour, où cependant des ONG sérieuses, des agences de l'ONU, étaient déjà à pied d'oeuvre depuis quatre ans. Il s'agit là d'un dévoiement extrême de ce 'devoir d'ingérence humanitaire', c'est-à-dire du 'devoir d'assistance à peuple en danger' prôné par Kouchner. (...) Au Tchad, le désir de faire quelque chose l'ayant emporté sur la connaissance du terrain et le respect des personnes, une bande de cow-boys a poussé l'ingérence jusqu'à l'absurde. Leur démonstration insensée et la condamnation qui a suivi inciteront sans doute leurs émules à plus de discernement."

24 heures (Suisse) - Jean-Noël Cuénod souligne à l'issue du procès que "force est de constater que les liens coloniaux ont décidément bien du mal à se dénouer. On a pu le remarquer dans la démarche de l'Arche de Zoé qui, avec de bonnes intentions, a méprisé les règles en vigueur au Tchad, alors qu'elle n'aurait jamais songé à les enfreindre dans un pays sans passé colonial. Mais le mauvais exemple vient de haut. Au début de l'affaire, le président français Nicolas Sarkozy avait déclaré qu'il irait chercher ses compatriotes inculpés 'quoi qu'ils aient fait'. S'il avait tenu semblables propos en Suisse ou dans d'autres contrées européennes, on imagine l'ampleur du scandale ! Mais dans le contexte tchadien, cette déclaration qui foule au pied la souveraineté d'une justice étrangère n'a ému que les Africains. Si l'on veut que les pays anciennement colonisés instaurent l'Etat de droit, la moindre des choses serait de respecter leurs lois et de les considérer en nations adultes."

Libération (France) - "Fiasco humanitaire, fiasco diplomatique, fiasco judiciaire", commente Fabrice Rousselot après le verdict. "L'affaire de l'Arche de Zoé se termine comme elle avait commencé : en laissant à tous les observateurs un profond sentiment de malaise teinté de colère et d'incompréhension. Bouclé en quelques jours - bâclé, serait-on tenté de dire -, le procès de N'Djamena n'aura pas permis d'apprendre grand-chose, plutôt de mesurer l'étendue du désastre. (...) A suivre les audiences menées tambour battant depuis la semaine dernière, on se dit tout simplement que personne n'avait intérêt, peut-être, à ce que toute la vérité soit faite sur cette triste farce. Pas Eric Breteau, coupable pour le moins d'amateurisme forcené et de dissimulation. Pas le Tchad, qui a quand même autorisé le décollage et l'atterrissage de l'avion affrété par l'ONG. Pas le gouvernement français, au courant de l'imposture à des degrés divers et qui a réagi trop tard."

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jeudi 27 décembre 2007

Bayrou attaque Sarkozy sur la laïcité

Ouest-France – 27/12/07

Le discours du président de la République à Rome est une « remise en cause de la laïcité républicaine », affirme le leader du MoDem.

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La critique la plus vive des propos appelant à une « laïcité positive », prononcés par Nicolas Sarkozy, il y a une semaine, à Rome, est venue, au lendemain de Noël, de François Bayrou. Dans une interview au Figaro, le président du MoDem, le nouveau parti centriste, critique cette expression. Il y voit « un retour que l'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. » Cette critique, François Bayrou l'affirme « comme citoyen » et aussi, ajoute-t-il, « comme chrétien de conviction ».

En déclarant que « les racines de la France sont essentiellement chrétiennes », le président de la République oublie « le grand mouvement d'émancipation » du siècle des Lumières, déclare François Bayrou. Il conteste aussi « une conception sociologique de la religion ». Nicolas Sarkozy a déclaré que « la France a besoin de catholiques pleinement chrétiens et de chrétiens pleinement actifs », s'engageant à les soutenir « dans les banlieues, les institutions, auprès des jeunes... » François Bayrou y voit « l'opium du peuple que dénonçait Marx. » « L'espérance religieuse et l'espérance civique ne sont pas de même nature », affirme le centriste. « L'homme n'est libre que si on empêche toute interférence entre le pouvoir, la religion et la science, les trois ordres que définissait Pascal. »

Dernière flèche, plus politique : « C'est un paradoxe troublant que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l'espace public. »

Vendredi, dans un communiqué, Jean Glavany, secrétaire national du Parti socialiste chargé de la laïcité, s'était interrogé : « Que l'histoire de France soit imprégnée de christianisme, qui peut le nier ? Mais y insister, n'est-ce pas nier le reste de l'identité française ? » L'archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois, président des évêques de France, a vu, dans le discours de Rome, « une manière neuve » d'envisager la laïcité.

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Pas de papiers, pas de santé ?

Médecins du Monde – journal des donateurs – Décembre 2007-

L’Europe peut-elle continuer à tolérer de laisser survivre , ou sous-vivre des centaines de milliers de personnes dans des conditions de santé précaires ?

Il est naturel de vouloir bénéficier des meilleures conditions pour être soigné. A cette fin, Mme X.., qui vit en Angleterre, s’est fait poser une prothèse de hanches en Espagne : compétence du chirurgien, coûts nettement inférieurs… Elle en est satisfaite. Ce n’est qu’un exemple du tourisme médical intra européen qui se développe depuis plusieurs années.

Rien a voir, à priori avec la santé des personnes qui rejoignent l’Europe pour fuir conflits, oppression et pauvreté. Et pourtant, dès lors que nous demandons une couverture maladie effectivement universelle, qui permettrait aux migrants les plus pauvres un accès aux soins de qualité, se dresse le spectre d’un « tourisme médical mondial, payé par le contribuable européen ».

Or il s’agit d’un pur fantasme. Ces personnes ne quittent pas leur pays, leur famille, leurs proches par plaisir ou pour se faire soigner ailleurs. Ils fuient la guerre, l’oppression, la misère. L’Europe n’est pas submergée par des vagues de sans-papiers malades. Les exilés que rencontrent les équipes de MdM ne vont se faire soigner qu’en toute dernière extrémité, parfois trop tard.

L’étude terrain sur l’accès aux soins des personnes en situation irrégulière que publie MdM est éloquente : si 78% de ces personnes interrogées devraient avoir accès à un minimum des soins garantis, ce ne sont que 24% d’entre elles qui bénéficient effectivement. Cette carence en soins est lourde de conséquences, car elle touche les personnes parmi les plus vulnérables et es plus discriminées. La moitié d’entre elles n’a pas de logement fixe, toutes vivent avec des revenus très faibles, voire sans. Ce sont dons elles qui courent le plus de risques d’être malades.

Enfin, non seulement nous soignons peu ou mal ceux qui vivent chez nous, mais quand ils souffrent de maladies graves, de nombreux pays n’hésitent pas à les renvoyer dans leur pays d’origine. Or tout le monde sait parfaitement que la plupart des systèmes de santé y sont défaillants et l’accès aux soins bien souvent impossible. Renvoyer des personnes atteintes de cancer, de sida ou de diabète, dans ces pays revient à les condamner à mort !

Il faut donc que les institutions européennes imposent aux états membres de ne pas expulser, de régulariser et de fournir les soins nécessaires aux étrangers gravement malades qui ne peuvent avoir un accès effectif aux traitements appropriés dans leur pays.

Ce geste de solidarité humanitaire démontrerait que l’Europe ne considère pas que certaines vies « ont moins de valeur que d’autres ».

Françoise Jeanson, ancienne présidente de MdM

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HLM de Paris : le syndrome de la patate chaude

Jeudi 27 Décembre 2007 – Marianne - A. Borrel

Bolufer, Amara, Chevènement : personne ne sort grandi des scandales qui éclatent sur l'attribution des HLM parisiens. Si bien que ni la droite ni la gauche ne semblent très pressés d'en savoir plus. Explications.

Les affaires de personnalités politiques prises la main dans le sac et la clef dans la serrure de leur HLM parisien pourraient être un thème très porteur en ce début de bataille municipale à Paris… mais non. Après l'affaire Bolufer, on apprend coup sur coup que Jean-Pierre Chevènement et Fadela Amara ainsi que sa chef de cabinet jouissent également de logements à loyers très avantageux dans le parc social.

Poussé à la roue par Jean-Paul Bolufer lui-même, Bertrand Delanoë, qui avait promis la transparence dans le ce domaine en arrivant à la mairie, annonce donc, à trois mois de la fin de son mandat, qu'il va saisir la Chambre régionale des comptes d'Ile-de-France pour qu'elle mette enfin son nez dans la gestion de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP). L'UMP profite-t-elle de ce boulevard pour crier au scandale ? Aux promesses non tenues ? Bien au contraire : les porte-parole de Françoise de Panafieu se sont fendus, ce 26 décembre, d'un étonnant communiqué pour clamer que le problème… « ne saurait trouver sa solution dans la publication de documents concernant des situations particulières ».

A croire que personne, pas plus à droite qu'à gauche, ne tient à ce qu'on vienne regarder de trop près à qui sont attribués, entre autres, les 300 logements de « très haut standing » de la RIVP. De fait, à chaque fois qu'une « révélation » met au jour ce type d'abus, l'affaire fleure plus le règlement de compte politicien que le souci éthique.

Le miracle Amara
A cet égard, les affaires Amara et Chevènement sont exemplaires. Dès qu'on les regarde d'un peu près, personne n'en sort grandi. Tandis que sa chef de cabinet, Marie-Christine Blanchard-Amelin, occupe une HLM de 80m2 pour un loyer battant toute concurrence (420 euros par mois) à Boulogne, la secrétaire d'Etat à la Ville du gouvernement Fillon bénéficie, elle, d'un modeste 54 mètres carrés dans le XIIIè arrondissement de Paris pour un peu plus de 500 euros par mois. « Un super bon plan », dirait sans doute l'auteur du « plan anti-glandouille », puisque, pour ce prix-là, dans le XIIIème, le marché n'offre guère que des studettes. Mais, problème, Fadela Amara a obtenu ce pied-à-terre en 2004, après un délai d'attente bien en dessous de la moyenne. Pour mémoire, cette année-là, la présidente de Ni putes ni soumises était au mieux avec la mairie, qui a même accordé à son association une subvention de 30 000 euros ainsi que des facilités pour ses locaux… Comment la militante associative a-t-elle donc pu accéder à un appartement que certains attendent depuis des années ?

Chevènement : le faux scoop
Quant à Jean-Pierre Chevènement, c'est en pleine guerre entre le MRC et le PS dans le cadre des municipales parisiennes que surgit l'affaire du 150 mètres carrés qu'il occupe pour moins de 1500 euros par mois dans le Vème arrondissement. Là encore, on peut s'étonner que le scandale éclate si soudainement concernant un appartement attribué au leader du MRC en 1971 !

Si le Che, assujetti à l'Impôt sur la fortune, a beau jeu d'évoquer des « polémiques de caniveau » alors que plus de 100 000 personnes attendent désespérément sur les listes d'attente des HLM, on eût pu souhaiter que les élus parisiens se penchent sur la question avant que cela ne serve les querelles internes de la gauche aux municipales…

Malheureusement, au vu des réactions anxieuses de l'équipe de Françoise de Panafieu, qui donne l'impression de craindre par dessus tout la montée de la polémique, il semble que personne ne soit prêt à emprunter ce boulevard électoral. Déjà, lorsque l'inspection générale avait examiné, en 2006, l'attribution des HLM à des élus, les mairies UMP avaient tout simplement refusé de collaborer.

La question pourra-t-elle encore être évitée jusqu'en mars ???

Posté par werdna à 13:06 - Logement - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Opinion : Le Président et ses cadeaux

Bernard Rullier délégué PS – dans Libération du jeudi 27 décembre 2007

En déplacement à l’étranger, le chef de l’Etat reçoit et donne, comme ses prédécesseurs, des cadeaux. Ces gestes participent de la tradition diplomatique, des bonnes relations entre gouvernants, et même de la courtoisie civile. Leur importance et leur origine douteuse ont valu au président Giscard d’Estaing des déboires en 1981. Ses successeurs en ont tiré la leçon. Certains d’entre eux sont désormais affectés dans les musées des septennats de Mitterrand, à Jarnac, et de Chirac, à Sarran.

Nul doute que le président Nicolas Sarkozy suivra ses prédécesseurs, même s’il n’a pas encore fait part de ses intentions. La faiblesse de cette pratique est qu’elle repose uniquement sur la bonne volonté du chef de l’Etat. Rien ne l’oblige à le faire, sinon la morale civique la plus élémentaire. Ne faut-il pas profiter de la réforme des institutions pour réglementer cette pratique ?

Puisque le chef de l’Etat admire les Etats-Unis, il peut, sur ce point particulier, s’en inspirer, même si l’on sait que les rapports entre la politique et l’argent ne sont pas toujours exemplaires outre-Atlantique, malgré de louables efforts de transparence.

Le paragraphe 7342 de l’United States Code fixe le régime des cadeaux reçus par tout titulaire d’une fonction publique, des contractuels, fonctionnaires fédéraux, parlementaires, membres du gouvernement, vice-président et président des Etats-Unis inclus, ainsi que leurs conjoints. Il leur est tout simplement interdit de conserver les cadeaux d’un montant supérieur à 305 dollars (211 euros)

Cette procédure américaine a inspiré les services de la Commission européenne, qui rendent public un registre, aisément consultable sur Internet, des cadeaux offerts au collège des commissaires européens. Ne faut-il pas suivre cet exemple, pour tous les membres du gouvernement et les fonctionnaires, mais également les membres du Parlement ? Des initiatives récentes, y compris de la majorité, proposent d’encadrer le lobbying et d’établir un code de bonne conduite. Ce dernier pourrait également comporter un encadrement juridique des cadeaux, parmi lesquels les voyages d’études, parfois financés par des entreprises publiques ou des groupes d’intérêts privés.

Enfin, compte tenu des spécificités françaises, ne faudrait-il pas l’étendre aux cadeaux en nature reçus de personnalités françaises ? Les séjours offerts à l’actuel chef de l’Etat par de riches amis, industriels ou hommes d’affaires pourraient en effet prêter à soupçon. La transparence totale de tout cadeau offert à tout détenteur de mandat ou fonction publique, en France comme à l’étranger, constitue aujourd’hui un impératif de démocratie.

Posté par werdna à 12:36 - Train de vie de l'Etat - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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