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-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

samedi 29 décembre 2007

HÔPITAL DE PAU. - L'état d'urgence

SUD-OUEST- Béarn 28/12/07

Les urgentistes palois s'associent au mouvement de grève national, tout en assurant leur service. Il leur manque cinq postes à temps plein

Drôles de grévistes que les médecins urgentistes du CHG de Pau ! Ils travaillent largement autant que d'habitude, sous le régime des assignations, c'est-à-dire requis par le directeur de l'hôpital, au point qu'ils n'ont même pas eu le temps, depuis lundi, de confectionner la moindre banderole? Il n'empêche : l'ensemble des 28 praticiens des urgences et du Samu de Pau est solidaire du mouvement national de grève illimitée, lancé par l'Association des médecins urgentistes de France du célèbre docteur Patrick Pelloux, et soutenu par Samu de France.

À quelques nuances près, les urgentistes palois dénoncent la même situation de surcharge de travail et de sous-effectif chronique que partout en France : « En fait, constate le docteur Hervé Mangon, 42 ans, chef du service des urgences et du Samu-Smur, « les établissements où les effectifs sont conformes à la charge de travail sont des exceptions ».
1 Vers un durcissement de la grève ? - Suite à un préavis déposé le 18 décembre, la grève, sans aucun effet sur l'accueil des patients et le fonctionnement de l'hôpital, a été déclenchée depuis le 24 décembre. Actuellement, les instances nationales réfléchissent à un durcissement du mouvement : « Ce pourrait être une grève effective, qui aurait pour conséquence les réquisitions du préfet», envisage le docteur Mangon, sachant tout de même qu'il n'est pas question de fermer les urgences et le Samu.
2 Ce que réclament les urgentistes - Nationalement, la revendication phare est l'application des 35 heures, une « utopie » derrière laquelle on ne court pas trop à Pau, où les « temps partiel » travaillent à temps plein, et les « temps plein » largement au-delà du maximum théorique de 48 heures/semaine?
Les médecins réclament aussi la reconnaissance de la pénibilité de leur tâche, induite par le grand nombre de patients, le travail de nuit, etc.
Ils revendiquent une revalorisation des indemnités de sujétion et le paiement des fameuses RTT, que dans les faits ils ne peuvent prendre et qui s'accumulent donc sur le compte épargne temps. Le docteur Mangon ajoute que « la carrière médicale dans les hôpitaux, particulièrement à Pau, est peu attrayante. Un jeune médecin qui débute comme assistant (48 heures hebdomadaires) touche 14 000 ?/an.
3 Un déficit de cinq postes à temps plein - Entre leur tâche aux urgences adultes (deux médecins 24 heures sur 24), la régulation du Samu (appels sur le 15), les équipes d'intervention Samu-Smur et l'unité d'hospitalisation de courte durée (huit lits), ils devraient être vingt-sept urgentistes à temps complet au CHG : de Pau. Avec vingt-deux Eq. TP, on est loin du compte. « C'est la nuit et les week-ends qu'on devrait être renforcés et qu'on est le moins nombreux ». Conséquence, pas question pour un médecin de partir en vacances plus de huit jours, plus de quinze en été.
4 Trois fois plus d'urgences qu'il y a vingt ans ! - Les urgences de Pau accueillent 30 000 personnes par an. C'est trois fois plus qu'à l'ouverture de l'hôpital général, en 1988 !
La croissance de l'activité des urgences s'est emballée en 2001, année où nombre de médecins de ville ont cessé d'assurer les gardes.
Même si, depuis décembre 2004, un accord avec les médecins libéraux a débouché sur une régulation des flux, « on vient aux urgences pour tout : pour un bouton, un mal à la gorge, des maux de dents ».
Selon le docteur Mangon, 50 % des «urgences» n'en sont pas. Mais un quart des consultations (7 500) donne lieu à hospitalisation. Les urgences « graves » représentent 8 %.

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Laïcité : l'approche sarkozyenne, par Yvon Quiniou

Point de vue

LE MONDE | 27.12.07

C'est une véritable régression dans la manière de concevoir la laïcité que Nicolas Sarkozy vient de nous proposer dans son discours de Rome, sous prétexte de nous en offrir une version positive et moderne. Cela tient à ce que sa réflexion implique à la fois un contresens théorique, une ignorance historique et un parti pris idéologique difficilement acceptables. Le contresens, d'abord. La laïcité, telle que la France la revendique depuis la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ne se définit pas positivement par une ouverture de principe aux croyances religieuses. Elle consiste bien plutôt dans un retrait ou une abstention qui fait devoir à la République de ne pas porter atteinte à la liberté de conscience et de culte et, par conséquent, de n'en reconnaître ou de n'en soutenir aucun en particulier. Elle garantit ainsi, à l'encontre du prosélytisme religieux, la liberté absolue d'être sans religion.

Si la laïcité a un sens positif, ce n'est pas celui que lui prête le président. Elle a pour fonction non de libérer les croyances, c'est-à-dire de les favoriser, mais de libérer des croyances instituées que les différentes églises ont toujours, peu ou prou, voulu imposer. Appuyée sur la raison, elle doit former l'esprit critique et le libre jugement de chacun, de façon à ce qu'il prenne ses distances avec tous les contenus de pensée religieux qui prétendent se soustraire au débat rationnel et fonder leur légitimité sur une source transcendante échappant à l'intelligence profane. Cette démarche n'interdit en rien que l'on retrouve et donc que l'on accepte les croyances religieuses, mais contrôlées par la raison humaine : des croyances qui ne s'opposent pas à ses acquis scientifiques et moraux, et débarrassées alors des emportements irrationnels qui les ont trop souvent caractérisées.

C'est ici que la prise de position de M. Sarkozy révèle une ignorance étonnante, si elle n'est pas feinte. L'identité progressiste de la France républicaine ne s'est pas construite avec l'héritage chrétien officiel mais, pour l'essentiel, contre lui. Laissons de côté le grave passif de l'Eglise catholique dans son rapport aux sciences : au nom d'une Révélation dogmatisée, elle s'est régulièrement opposée aux grandes théories scientifiques, comme celles de Galilée ou de Darwin, pour autant qu'elles mettaient en cause sa vision du monde et de l'homme.

Ne parlons que des grands bouleversements sociopolitiques qui font désormais consensus : la République elle-même, les droits de l'homme, l'égalité de l'homme et de la femme, les conquêtes sociales, la conception civile du mariage, la libération sexuelle et l'acceptation du droit à la différence dans ce domaine (comme l'homosexualité). Tout cela a été refusé et combattu par l'institution religieuse, avec virulence.

Une conception exigeante de la laïcité se doit de rappeler ces faits, et appeler à une vigilance constante, dans la tradition de la philosophie des Lumières, face aux menaces dont est porteuse toute foi quand elle n'est pas soumise à l'examen critique.

A la racine de l'approche sarkozyenne de la laïcité, qui rompt avec la tradition républicaine française, il y a un parti pris idéologique : l'idée que l'homme ne saurait se passer de la religion et du fondement qu'elle est censée apporter à ses choix moraux. Il rejoint ici clairement Benoît XVI qui, dans sa dernière encyclique, défend un scepticisme radical quant à la possibilité pour l'humanité d'améliorer sa condition historique sans le secours de la foi.

Toute l'histoire de l'humanité nous prouve que l'homme a su progresser sans l'aide des religions (même si elles ont pu aussi aider à ce processus) et qu'il n'a pas besoin de la référence à une transcendance pour savoir ce qu'il en est du Bien et du Mal : la raison humaine, compétence naturelle qui s'améliore au fil du temps, y suffit, et elle a même dû souvent se débarrasser des préjugés religieux pour exercer sa liberté. Vouloir enraciner la morale dans la religion, c'est faire dépendre les valeurs qui doivent réunir toute l'humanité de croyances particulières, souvent opposées entre elles et dont la pérennité est rien moins qu'assurée ; c'est s'exposer soi-même au relativisme et au nihilisme à l'instant même où on croit les combattre.

Une société réellement laïque ne trouvera donc dans les doctrines éthiques des différentes religions qu'un élément parmi d'autres de sa discussion sur les normes qui doivent régir notre vie collective et individuelle, sans leur conférer le moindre statut privilégié. Elle fera, par conséquent, du pouvoir humain de juger, partagé par tous, le fondement exclusif de ses prises de position morales : seul ce qui est universel peut décider de ce qui vaut universellement, par-delà les croyances ou les incroyances des uns et des autres.

Yvon Quiniou, agrégé de philosophie, membre du comité de rédaction de la revue "Actuel Marx"

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Réforme Carte judiciaire - Presque 4 h de trajet et 150 km plus loin, le tribunal

LE MONDE | 27.12.07 ANNONAY (Ardèche) Sophie Landrin

A Annonay, en Ardèche, élus et professionnels s'insurgent contre le transfert du tribunal de commerce et des prud'hommes à Aubenas.

’’Dépouillement", "mépris", "incohérence" : penchés sur leur dossier, leur toque sur la table, Roger Descours, Robert Chirol et Francis Dugand fulminent. Ces trois chefs d'entreprise ardéchois, magistrats consulaires "bénévoles" au tribunal de commerce d'Annonay, en Ardèche, n'ont pas de mots assez durs contre le gouvernement. D'ici à quelques jours, leur juridiction, instaurée il y a plus de deux cents ans, devrait être supprimée. Comme le tribunal des prud'hommes qui siège dans les mêmes locaux.

Le ministère de la justice, dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire, a décidé de transférer les deux tribunaux d'Annonay dans la commune d'Aubenas. Distance ? 150 km ! "Sur l'échelle de la carte judiciaire de Mme Dati, nous allons détenir le record de la plus longue distance entre les citoyens et leur justice", tempête Henri Picot, le président du tribunal de commerce. Relief accidenté, routes tortueuses, absence de chemin de fer, la chambre de commerce et d'industrie (CCI) a fait ses calculs : il faudra en voiture 3 h 50 aller-retour pour rallier Aubenas, et 7 heures en transports en commun.

Pour les magistrats consulaires, décision est prise : dès le décret publié, les dix juges du tribunal de commerce démissionneront. "Chaque magistrat devrait parcourir 4 700 km par an, explique M. Picot. Il y a des limites à notre bénévolat ! Notre justice ne peut s'exercer que dans un cadre de proximité. Au tribunal de commerce d'Annonay, neuf décisions sur dix sont confirmées en appel. Si nous obtenons ces résultats, c'est parce que nous connaissons nos entreprises, leurs besoins, le profil, le passé des dirigeants."

De son côté, le tribunal des prud'hommes a suspendu toutes ses audiences. "Ce sont les justiciables qui seront victimes de cette réforme. Comment voulez-vous qu'un salarié fasse 300 km pour réclamer un retard de paiement de salaires de 1 000 euros ?" s'interroge le président des prud'hommes, Alain Gebelin.

Le monde économique s'est aussi associé à la mobilisation. "Cette décision va à l'encontre de toutes les données économiques et démographiques de notre département", affirme César Gallo, le président de la CCI. "Annonay est la commune la plus importante de l'Ardèche avec 17 517 habitants, alors qu'Aubenas n'en compte que 11 000, défend-il. Notre bassin d'emploi concentre 51,3 % de l'emploi salarié de tout le département et 57, 4 % des entreprises de plus de cinquante salariés, notamment des fleurons de l'industrie comme Irisbus ou Inoplast."

M. Gallo redoute que ce transfert n'entraîne le départ de sièges sociaux vers Saint-Etienne ou Vienne. Le nombre d'affaires jugées par les deux tribunaux d'Annonay n'est pas négligeable : 214 pour le tribunal des prud'hommes, 80 procédures collectives pour le tribunal de commerce, auxquelles il faut ajouter le contentieux. Et les délais de jugement sont inférieurs à six semaines.

Consultés par le ministère de la justice, les chefs de cour s'étaient prononcés contre la suppression des tribunaux d'Annonay, estimant que cette mesure serait "anachronique et insupportable pour les élus et les entreprises". "L'absence de voie rapide et la longueur des délais de route rendrait impossibles l'accomplissement des formalités élémentaires et le besoin d'une justice de proximité", écrivaient dans leur rapport le procureur général Jacques Fayen et le premier président de la cour d'appel de Nîmes, Jean-Pierre Goudon.

Les deux magistrats soulignaient la topologie très particulière du département, divisé géographiquement, économiquement et culturellement en deux zones, avec un nord regroupant de grosses entreprises industrielles et un sud rassemblant de petites entreprises à vocation touristique. Des différences qui, selon eux, justifient le maintien des juridictions dans les deux villes.

Les différentes institutions d'Annonay se disent prêtes à proposer une solution alternative : l'instauration d'un pôle judiciaire à mi-chemin qui regrouperait les activités d'Annonay et Aubenas. En cas d'échec, le président des prud'hommes prédit "une guerre de sécession entre le sud et le nord de l'Ardèche".

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Alarmante banalisation des vigiles ! Ignorance des lois, abus d’autorité

Le Monde diplomatique 26/12/07

En quelques années, l’insécurité est devenue l’un des thèmes-phares du discours politique, tous partis confondus. Mobilisant police et gendarmerie, le plan Vigipirate a été lancé dès 1978 pour lutter contre toute menace de déstabilisation intérieure venue d’une puissance étrangère. Jamais abrogé, réactualisé après les attentats du 11-Septembre, cette fois pour lutter contre le terrorisme, il est devenu Vigipirate renforcé, auquel participe également l’armée. Portée par le climat d’inquiétude, la participation d’entreprises privées à des missions de sécurité publique va crescendo : gardiens de parking ou de supermarché, maîtres-chiens, intervenants sur alarme, vigiles… Grâce aux sociétés de surveillance, l’ordre règne sans que la police ait besoin de se montrer. Car, bien que les fonctions de ces agents de prévention et de sécurité (APS) soient avant tout d’ordre « économique », leur banalisation et les pouvoirs de contrôle qu’ils s’arrogent, aux frontières de la légalité, font peser un risque sur les libertés publiques. D’autant plus sérieux que les citoyens semblent s’en accommoder.

Par Martin Mongin

Professeur de philosophie.

Membre de l’Institut de démobilisation (Rennes).

Que ce soit dans notre environnement quotidien ou sur l’ensemble du territoire, le nombre de vigiles n’en finit plus de croître. Supermarchés, parkings, galeries commerciales, bureaux, gares, voies publiques, universités, musées, manifestations culturelles et sportives, et même bibliothèques municipales : plus un lieu qui ne mette en scène la silhouette de ces « professionnels de la sécurité » et leur regard suspicieux braqué sur les foules. On s’habitue à leur présence. On apprend à montrer patte blanche et à ouvrir les sacs. On se laisse docilement rappeler à l’ordre.

Cent cinquante mille salariés en 2007 en France ; croissance moyenne annuelle des effectifs depuis 1998 : + 8,5 % (+ 5,5 % en 2005-2006) ; perspectives d’ici à 2015 : soixante mille postes à pourvoir . L’application généralisée du plan Vigipirate et la lutte contre le terrorisme ont été les prétextes faciles permettant à tout un chacun d’équiper sa boutique, son établissement, ses locaux de ces agents de prévention et de sécurité (APS) .

Mais, qu’on ne s’y trompe pas, la fonction de ces agents est avant tout d’ordre « économique » : dissuader les voleurs, prévenir les dégradations, assurer une utilisation conforme des équipements et des espaces mis à la disposition du public, etc. Des dispositifs technologiques de pointe (télésurveillance, systèmes d’alarme et de détection), contrôlés par les vigiles eux-mêmes, contribuent à la réussite de cette mission. C’est donc bien la sécurité de l’établissement lui-même (marchandise, équipement, personnel, chiffre d’affaires) que les APS et leurs moyens de surveillance ont finalement la charge d’assurer – contrairement à ce qui est le plus souvent annoncé : « Pour votre confort et votre sécurité, une société de surveillance est présente dans notre magasin... »

Mais, du fait même de cette imposture, la présence redoublée de vigiles dans l’ensemble du champ social produit des effets invisibles sur le public. Effets qui trouvent précisément leur origine dans le flou qui entoure l’exercice de leur profession. Confusion quant (...)

Lire : Le Monde diplomatique

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Les colonnes de Buren bientôt démontées ? Si …

NOUVELOBS| 28.12.2007

Le sculpteur Daniel Buren dénonce le mauvais entretien de son œuvre par le ministère de la Culture et menace de démonter les colonnes qui ornent la cour d'honneur du Palais-Royal.

Daniel Buren, créateur des célèbres colonnes qui ornent la cour d'honneur du Palais-Royal, menace de les démonter si l'Etat n'assure pas mieux l'entretien des lieux, selon Le Parisien/ Aujourd'hui en France, vendredi 28 décembre.
Couleurs passées, rivière d'eau sous les grilles asséchée, spots de lumière colorée hors d'usage : le sculpteur se déclare "honteux" de présenter aux Parisiens et aux touristes une "œuvre laissée en désarroi"."Il est paradoxal qu'une œuvre plébiscitée par le public soit à ce point négligée", dénonce-t-il.
Furieux, l'artiste se déclare "prêt à démonter" ses colonnes. "J'irai jusqu'au bout, même si le bout, c'est la destruction", s'indigne Buren, dénonçant la déliquescence des ampoules et des pompes à eau, "abandonnées depuis huit ans". "La moitié de mon œuvre est saccagée, c'est comme si on coupait un tableau en deux", déplore-il. "Alors qu'elle est, en plus, située sous les fenêtres du ministre."

Calendrier de rénovation globale - C'est le ministère de la Culture, propriétaire de l'œuvre, qui est en charge de l'entretien de l'œuvre. Le sculpteur assure avoir envoyé plusieurs lettres pour prévenir de la dégradation des 260 colonnes, installées en 1986. Le ministère de la Culture rappelle de son côté que les colonnes en marbre ont été "démontées une à une" et "repolissées" l'année dernière, et qu'un "calendrier de rénovation globale" sera décidé en janvier prochain.

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La ROCHELLE - Sans cabanes fixes - Résistance

SUD-OUEST 28/12/07

LA ROCHELLE. --Une dizaine de SDF ont investi des cabanes de chantier dans l'enceinte de l'hôpital. Le directeur, qui souhaite leur expulsion, a déposé plainte

Ils appellent ça des bungalows. Certes, la superficie y est à peu près identique à celle d'une location de vacances ; pour le confort en revanche, on est loin des étoiles. C'est pourtant ces trois cabanes de chantier installées dans l'enceinte de l'hôpital Saint-Louis, à La Rochelle, qu'une dizaine de SDF refusent de quitter, menaçant même d'une grève de la faim le directeur de l'établissement venu leur demander hier de quitter les lieux.
Une résistance organisée depuis par Serge Claire, le frère de Marie-Ange, cette marginale devenue l'icône des sans-abri après sa mort dans les rues de La Rochelle au début du mois de novembre dernier.
« Ca fait trois mois que nous sommes ici, et ce matin le directeur de l'hôpital a voulu nous couper l'eau et l'électricité comme si, soudainement, nous étions devenus infréquentables. Mais, heureusement pour nous, le technicien a refusé d'obtempérer. Il a aussi appelé le Samu social et les flics pour nous virer. »

« Leurs chiens font peur. » Assurant à l'inverse que le squat ne date que de « trois ou quatre jours pas plus », le directeur adjoint du centre hospitalier dénonçait hier soir une occupation aussi illégale que dangereuse. « Je n'ai rien contre ces gens-là, mais leur présence pose de sérieux problèmes », assure Dominique Rey.
« D'abord parce que les cabanes de chantier doivent être rendues aux entreprises qui en sont propriétaires, et puis surtout en raison des risques d'incendies, lorsqu'ils brûlent des palettes de bois à proximité de l'hôpital. Plusieurs fois déjà, les alarmes se sont déclenchées. Certains de nos employés, enfin, ont très peur de leurs chiens. C'est vrai que j'ai déposé une main courante puis une plainte au commissariat, mais j'ai aussi demandé l'aide de la Ddass (Direction départementale de l'action sanitaire et sociale) pour que l'on trouve des hébergements d'urgence. C'est ce que le Samu social a fait, mais les SDF ont refusé notre offre. »
« On ne bougera pas. » Une fin de non recevoir justifiée, selon les squatters, par l'impossibilité d'emmener leurs animaux avec eux. « On nous propose l'accueil de nuit. Mais on ne bougera pas d'ici si l'on doit être séparés de nos femmes et de nos chiens », répète Serge Claire.

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Fonte de l'Arctique, phénomène météo de l'année 2007

jeudi 27 décembre 2007, 21h58 | leparisien

La surface de glace qui a fondu correspond en gros à la taille de la province canadienne de l'Ontario ou d'un pays comme l'Afrique du Sud.

La fonte record des glaces dans l'Arctique en 2007 constitue l'événement météorologique le plus marquant de l'année au Canada, a annoncé jeudi le ministère canadien de l'Environnement.

Chaque année depuis 12 ans, le ministère publie un palmarès des dix phénomènes climatiques ou météorologiques les plus marquants au Canada. En 2007, la «disparition» des glaces dans l'océan Arctique «a été si frappante qu'elle a rapidement été classée comme l'événement météorologique le plus marquant». En septembre, les glaces ne recouvraient plus que 4 millions de km2 de l'océan Arctique, soit une diminution de 23% par rapport au précédent record de 5,3 millions km2 qui avait été enregistré en 2005, selon le ministère.

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Lutte contre le terrorisme : science sans conscience ?

Alain Hubler - La Suisse de Vaud - 27 Décembre 2007 |

Demain, en plus de votre passeport - biométrique, bien entendu - vous devrez prouver que vos intentions sont nettes et sans bavures pour monter à bord d’un avion à destination des Etats-Unis.

Selon le magazine en ligne Crash aérien, les étasuniens sont en train de mettre au point des capteurs capables de détecter les mauvaises intentions des passagers. Ces capteurs, non invasifs - on est soulagé - sont censés mesurer les anomalies du rythme cardiaque ou de la respiration, les sueurs intempestives et les changements des expressions du visage. Toutes ces mesures, qui ont lieu en temps réel, sont possibles sans que les personnes mesurées ne s’en rendent compte.

Le projet qui porte le doux nom de PHI pour Project Hostile Intent (prévision d’intentions hostiles) est développé par le Human Factors Division de l’U.S. Departement of homeland security (DHS). Au vu des résultats des premiers essais, Larry Willis, le directeur de ce projet, se déclare « prudemment optimiste» sur l’avenir de cette technologie. Pour lui, ce procédé «a le potentiel pour révolutionner le dépistage et les processus d’interrogatoire accompagnant les contrôles d’accès aux frontières et aux installations sensibles.»

Selon le calendrier fixé par les promoteurs du projet, des essais devraient être effectués sur certains points d'entrée des USA comme les aéroports et les frontières dès 2012.

Des scientifiques interviewés se montrent plus sceptiques sur un taux de succès raisonnable». Il n’empêche que le Département d’Etat étasunien continue ses recherches sur son système digne des fantasmatiques détecteurs de mensonge ou de la foutaise électrométrique du scientologue Ron Hubbard. Tout cela ne serait pas bien grave si les étasuiniens ne risquaient pas d’utiliser un jour cet outil.

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L'ONU a fait planter plus de 1,6 milliard d'arbres en 2007

LE MONDE | 27.12.07

Plus de 1,6 milliard d'arbres ont été plantés en 2007 grâce à la campagne "Plantons pour la planète" lancée par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) avec la Kényane Wangari Maathai, Prix Nobel de la paix 2004, dont le Mouvement de la ceinture verte soutient depuis longtemps des actions de reforestation en Afrique. L'objectif du milliard d'arbres que s'étaient fixé les initiateurs du projet est ainsi dépassé. Fort de ce succès, le PNUE a annoncé que la campagne serait reconduite en 2008 et en 2009.

Au palmarès des pays ayant répondu à l'appel, l'Ethiopie arrive en tête avec plus de 700 millions de plants, suivie par le Mexique (217 millions) et la Turquie (150 millions). Impressionnants, ces chiffres reflètent cependant mal la singularité de cette campagne, dont le succès tient plus à de petits gestes individuels qu'à de grands programmes nationaux. Sauf dans le cas de l'Ethiopie, dont l'effort exceptionnel coïncide avec la célébration de l'entrée dans le troisième millénaire, le pays étant resté fidèle au calendrier julien.

Sur le site Internet du PNUE (www.unep.org), où sont consignées les contributions de chaque participant, le directeur de l'école élémentaire de Chabrignac, dans le Limousin (10 arbres), côtoie un fonctionnaire indien à la retraite (5 arbres), un scout béninois (15 arbres), etc. Au total, plus de la moitié des dons proviennent de personnes anonymes et modestes.

"Nous avons élaboré un message simple sur l'importance du reboisement pour lutter contre les effets du réchauffement climatique et l'effondrement de la biodiversité", raconte Meryem Amar, coordinatrice de la campagne au siège du PNUE, à Nairobi, qui a joué les chevilles ouvrières entre les donateurs et les projets locaux. "Nous voulions toucher le grand public. Au final, l'adhésion des populations a fait pression sur les gouvernements pour qu'ils s'engagent", ajoute-t-elle.

Les ONG ont profité du mouvement. Ainsi, en rejoignant la bannière des Nations unies, SOS Sahel, déjà engagée sur ce terrain, a pu récolter de nouveaux financements. "Nous ciblons nos interventions sur la protection des cuvettes maraîchères", explique Rémi Hemeryck, son délégué général. Au Sénégal, dans la région des Niayes, entre Dakar et Saint-Louis, le reboisement permet de fixer des dunes menaçant d'ensabler ces précieuses zones d'activité. Au Burkina Faso, la plantation d'arbres fruitiers et de bois d'oeuvre assure un complément de revenus aux villageois. Pour garantir la pérennité du projet, un contrat de prime a été passé avec la population. Au bout de deux ans, 0,30 euro est versé pour chaque arbre toujours debout. En Indonésie, Planète Urgence s'est engagée dans la reconstitution de la mangrove dévastée par le tsunami de 2004.

PUITS DE CARBONE - Tous ces efforts mis bout à bout sont cependant loin d'être à l'échelle de la déforestation observée dans le monde, puisqu'ils correspondent à une superficie replantée de 1,5 million d'hectares, soit l'équivalent de trois départements français moyens. Or il disparaît encore 7,3 millions d'hectares boisés par an, selon les chiffres des Nations unies. La contraction de ces puits de carbone que sont les forêts contribue ainsi davantage aux émissions mondiales de gaz à effet de serre que le secteur du transport.

Pour compenser les arbres perdus au cours de la décennie écoulée, il faudrait planter 130 millions d'hectares, soit l'équivalent de deux fois la superficie totale de la France, DOM-TOM compris, ou encore 14 milliards d'arbres pendant dix années consécutives. Si l'Europe et l'Asie voient leurs forêts gagner du terrain, l'Amérique latine et surtout l'Afrique suivent un mouvement inverse. L'extension des zones agricoles en est la principale raison, avec les coupes pour se procurer du bois d'oeuvre et du bois de chauffe.

En Ethiopie, le couvert forestier est passé de 40 % dans les années 1950 à moins de 3 %. Ce qui fait dire au professeur Tewolde, directeur de l'Autorité de protection de l'environnement à Addis-Abeba, que planter 700 millions d'arbres, représente "une cacahuète" sur un territoire cinq fois grand comme la France.

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Népal : le Parlement approuve l'abolition de la monarchie

LEMONDE avec AFP et Reuters | 28.12.07

Le Parlement provisoire du Népal a approuvé une résolution, vendredi 28 décembre, prévoyant l'abolition de la monarchie. Cette résolution s'inscrit dans le cadre d'un accord politique entre les ex-rebelles maoïstes et le gouvernement. La résolution, qui stipule que le Népal est appelé à devenir un "Etat républicain, fédéral et démocratique", a été adoptée avec 270 voix. Seuls trois parlementaires, sur les 329 qui siègent au Parlement, ont voté contre.

De sources officielles, on précise que le roi Gyanendra continuera de résider dans son palais, mais sans exercer le pouvoir jusqu'à l'élection d'une Assemblée constituante, qui devrait avoir lieu d'ici à la mi-avril. L'abolition de la monarchie n'entrera en vigueur qu'après ce scrutin.

ACCORD AVEC LES MAOÏSTES - Les maoïstes, qui avaient mis fin à dix ans de rébellion en 2006, avaient accepté d'entrer dans le gouvernement après des semaines de manifestations prodémocratiques, qui avaient obligé le roi Gyanendra à mettre fin à quatorze mois de pouvoir direct en avril 2006.

Mais ils avaient quitté le gouvernement avec fracas en septembre dernier, en se plaignant d'être trop peu représentés dans le processus de paix. Les principaux partis politiques népalais et les maoïstes s'étaient mis d'accord le 15 décembre sur l'élection d'ici à la mi-avril 2008 d'une Assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est félicité mercredi de la décision des maoïstes népalais d'entrer au gouvernement.

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