samedi 29 décembre 2007
Mise en cause de la durée légale du travail : tollé syndical
Ouest-France – 29/12/07
Comment obliger les salariés à travailler plus sans être payés plus et sans que l'État ne débourse un sou ? Matignon planche sur l'équation.
Le 1er janvier, le contrat de travail sera obligatoire en Chine. Tout comme l'embauche en CDI, au bout d'un an, des intérimaires. Enfin un grand bond en avant social, qui intervient au moment où, en France, les syndicats redoutent un grand pas en arrière !
C'est le Premier ministre qui a allumé la mèche, envoyant aux partenaires sociaux un « document d'orientation » dans lequel il leur demande de se prononcer sur ce qui, en matière de durée du travail, doit être fixé par la loi, par accord collectif ou par accord individuel.
« C'est inacceptable », s'étrangle Jean-Claude Mailly (FO). « C'est la reprise quasi in extenso de la revendication du Medef », constate la CGT. « Une régression sociale majeure », s'indigne Sud.
Des économies à la clé !
Pourquoi cette levée de boucliers ? Parce que le gouvernement tente une nouvelle fois, à leurs yeux, d'en finir « hypocritement » avec les 35 heures. Ce que propose François Fillon, finalement, c'est de supprimer la durée légale du travail, c'est-à-dire le seuil à partir duquel se déclenchent les heures supplémentaires et leur majoration de 25 %. Chaque entreprise fixerait à l'avenir sa durée du travail.
Et non plus la loi.
Pourquoi ne pas, ensuite, « déroger par accord d'entreprise, au salaire minimum », demande la CGT ? Son secrétaire confédéral, Jean-Christophe Le Duigou, campe le décor : « Dans une même localité, vous verrez la direction d'un supermarché qui négociera une durée légale pour ses salariés et telle autre qui négociera autre chose. Forcément, le patronat mettra les salariés en concurrence pour obtenir le maximum de concessions ».
D'autres centrales notent aussi que relever la durée du travail serait un excellent moyen, pour le gouvernement, de réaliser des économies sur les lois qu'il a lui-même fait voter en août 2007... Si les heures travaillées au-delà de la 35e heure ne sont plus considérées comme des heures supplémentaires, elles ne bénéficieront plus de la loi, dite « Tepa », sur le pouvoir d'achat et des avantages qui vont avec : défiscalisation et exonérations de cotisations.
« Au moment où le pouvoir d'achat des Français baisse, la nouvelle promesse qu'adresse Nicolas Sarkozy aux Français est : travaillez plus, il n'en restera rien », ironise, pour sa part, le PS. Ce qui n'est pas exact. Un salarié qui, à la suite d'un accord d'entreprise, effectuerait à l'avenir 39 heures « normales », au lieu de 35 heures + 4 heures supplémentaires actuellement, travaillerait autant... pour gagner moins !
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=295434&pid=7377531
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

