vendredi 28 décembre 2007
Le ministre du budget qui fustige la Fraude sociale ne parle jamais des paradis fiscaux !
Non aux comités locaux
L’évidente nécessité de lutter contre les fraudeurs en matière de protection sociale ne doit pas jusqu’à installer des «comités locaux» de surveillance, comme semble le souhaiter le ministre du Budget. La justice doit conserver ses prérogatives, sinon il y a risque de porter «atteinte au respect fondamental des libertés individuelles».
Lettre CFE-CGC du 21 décembre 2007
La désinformation sur le coût des fraudes sociales se porte bien. Le journal l’Express en a fait encore des tonnes il y a quelques mois sur le sujet avec un article intitulé « ARNAQUES La grande fraude sociale ». Haro sur les Rmistes fraudeurs, parasites des guichets de l’Anpe, etc…. !!!
Mais dénoncer la fraude sociale comme le principal problème des finances publiques, c’est un peu gros !
PARADIS FISCAL, ENFER SOCIAL
Cette année 2007, la date du samedi 9 octobre avait été retenue pour organiser une journée européenne de mobilisation contre les paradis fiscaux. Cette initiative fait suite aux opérations « Étonnants paradis » de juin 2001, « Cash cache partie dans les paradis » d’octobre 2002 et octobre 2003 et s’inscrit dans notre campagne permanente pour exiger la suppression des paradis fiscaux.
Ce jour là, de Jersey-Saint-Malo à Monaco, en passant par Andorre, Genève et Luxembourg, mais aussi dans de nombreuses villes de France, les comités Attac organisaient des mobilisations citoyennes pour dénoncer la prolifération des paradis fiscaux et la délinquance financière. Actions en direction des banques, dénonciation dans les villes portuaires des pavillons de complaisance !. rencontres avec les élus, démarche auprès des gouvernements et de la Commission européenne.
Et pourtant depuis, quelles sont les mesures qui ont été prises afin de lutter efficacement contre les paradis fiscaux ?
L’idéologie néolibérale, qui fustige constamment les Etats et les services publics, qui prône partout la compétitivité et la performance financière, qui estime qu’il y a toujours trop d’impôts, est entièrement responsable du développement des paradis fiscaux. Le souci de justice fiscale n’est plus à l’ordre du jour et la concurrence fiscale est déclarée être un élément dynamique dans le fonctionnement et le développement des marchés financiers.
Dans ce contexte idéologique, la fraude fiscale est encouragée et les paradis fiscaux présentés comme étant des modèles à atteindre pour tous les Etats. Chaque année ce sont plus de 500 milliards d’euros de recettes fiscales qui échappent ainsi au fisc au niveau mondial, entre 38 et 50 milliards pour notre seul pays. Dans le même temps, les budgets des Etats aggravent leurs déficits et les caisses de protections sociales se vident. Les Etats s’endettent auprès des plus riches, ceux qui profitent des paradis fiscaux pour échapper à l’impôt, leurs assurant ainsi une rente garantie, remboursée par les classes moyennes et les plus pauvres.
L’égalité devant la loi est un principe fondamental dans toute démocratie. Les lois fiscales n’échappent pas à ce principe. La fiscalité n’est ni une question « technique », ni un problème « complexe ». C’est un sujet totalement politique qui doit être pris en charge par les citoyens. Sans justice fiscale, il ne peut y avoir de justice sociale.
La lutte contre la criminalité financière et les paradis fiscaux s’inscrit dans la perspective de récupérer les espaces perdus par la démocratie au profit de la sphère financière et de permettre l’établissement d’une justice économique et sociale internationale. Le problème de l’existence et du développement des paradis fiscaux est donc évidemment politique, et il y a urgence à réagir, si nous ne voulons pas laisser le monde de la finance imposer sa « loi » sur toute la planète. « Le désarmement du pouvoir financier doit devenir un chantier civique majeur si l’on veut éviter que le monde du siècle à venir ne se transforme en une jungle où les prédateurs feront la loi. » (Ignacio Ramonet, « Désarmer les marchés », Le Monde Diplomatique, décembre 1997).
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