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mercredi 26 décembre 2007

Refusons le dîner de Noël à 15 litres de pétrole !

Libération Belgique - mardi 25 décembre 2007

Pierre OZER chargé de recherche à université de Liège ET DOMINIQUE PERRIN chercheur à la faculté des sciences agronomiques de Gembloux.

En cette semaine de Noël, et alors que le réchauffement climatique et la concentration en dioxyde de carbone (CO2) occupent une place croissante dans le débat politique et la préoccupation des citoyens, nous avons décortiqué les publicités de notre hypermarché le plus proche pour préparer le repas familial tant attendu.

Et voici ce que nous avons pu concocter pour huit personnes avec, entre parenthèses, les kilomètres parcourus depuis le pays de production, ainsi que les kilogrammes de CO2 émis uniquement pour le transport aérien intercontinental de ces produits achetés. L’analyse se focalise sur le transport par voie aérienne puisque celui-ci émet, en moyenne, soixante fois plus de CO2 que le transport par voie maritime.

D’abord, pour faire joli, faisons trôner un magnifique bouquet de vingt roses, venues en cette saison du Kenya, au centre de la table des grands jours. (6 550 km, 5,2 kg de CO2).

Le décorum bien planté, commençons par un velouté d’asperges aux langoustines. Le légume vert nous vient directement du Pérou par avion (10 500 km, 12,5 kg de CO2) et les langoustines ont été acheminées, une fois décortiquées et congelées, par bateau depuis l’Indonésie (14 000 km). Remarquez que, du point de vue des émissions de CO2, il est encore préférable d’acheter des langoustines élevées en Asie du sud-est plutôt que ce même crustacé pêché en Ecosse - quel paradoxe ! En effet, ce dernier, une fois attrapé dans les eaux européennes, va faire un périple extraordinaire par bateau jusqu’en Thaïlande d’où, une fois décortiqué, il retournera sur le marché européen (33 000 km). Une délocalisation due au fait que nous préférons, en cette veille de Noël tout comme les 364 autres jours de l’année, acheter des crustacés décortiqués. Et comme 70 % des consommateurs européens ont opté pour ce gain de temps…

Après deux bonnes bouteilles de Sauvignon blanc chilien (11 900 km) à la robe jaune pâle, attaquons le plat de consistance.

Bien décidés à offrir un mets «exotique» à nos chers convives, nous avons longtemps hésité entre le springbok - cette belle antilope - de Namibie (8 300 km), le kangourou australien (16 700 km), l’autruche d’Afrique du Sud (8 900 km), la biche ou l’agneau de Nouvelle-Zélande (18 700 km), le bison canadien (5 600 km) ou le simple râble de lièvre d’Argentine (11 300 km).

Un peu perdus, nous nous sommes finalement engagés à faire un simple steak-frites-salade bien belge. Notre hypermarché nous offre, en effet, un steak de bœuf argentin venu par avion (11 300 km, 14,5 kg de CO2) à un prix 30 % inférieur à celui bien de chez nous, élevé dans nos prairies ardennaises… Comment résister ? Pour les frites faites maison, nous achetons des pommes de terre labellisées «bio» qui viennent du sud de la France par camion.

Quant à la salade, elle vient d’Espagne. Alors, l’espace d’un instant, je m’interroge… Pourquoi dit-on que c’est le plat traditionnel belge par excellence ? Mais ce questionnement futile se dissipe rapidement car je dois penser rapidement à ouvrir les bouteilles de cabernet sauvignon californien (8 900 km), une vraie merveille dont l’attaque en bouche est ronde et corsée.

En dessert, une salade de fruits réalisée exclusivement avec les fruits frais en promotion trouvés au magasin. Tenez-vous bien, il s’agit de poires nashi de Corée-du-Sud, de mangues, papayes, figues et melons charentais du Brésil, de fruits de la passion de Colombie, de grenades des Etats-Unis, de fraises d’Israël, d’ananas du Costa Rica, de cerises d’Argentine et de caramboles de Malaisie. Elle décide d’y ajouter deux kiwis de Nouvelle-Zélande, une orange d’Afrique du Sud et une pomme de chez nous pour que tous les continents soient représentés dans le même récipient. Un tel dessert a un coût : une distance cumulée de 126 000 kilomètres et une facture approximative de 9 kg de CO2 émis. Là-dessus, nous déboucherons une bouteille de mousseux blanc de Tasmanie, une île au sud de l’Australie (17 100 km).

In fine, fleurs et vins compris, la distance totale parcourue par tous ces produits est de 209 000 kilomètres, plus de cinq tours du monde, avec les émissions de 41,3 kg de CO2. Cela équivaut aux émissions de dioxyde de carbone d’un véhicule ordinaire parcourant la distance de 258 kilomètres, soit approximativement 15 litres d’essence pour moins de six kilogrammes de nourriture !

Pourtant, avec un joli bouquet de houx au centre de la table, une délicieuse soupe au potiron en entrée, suivie du même steak-frites-salade à base de produits locaux, une salade de fruits - sans fraises, cerises… venues par avion - et des vins français nous permettraient de diminuer de plus de 80 % les émissions de CO2 dues au transport. Veiller à ce que nous mettons dans notre assiette fait partie des multiples petits actes citoyens que nous pouvons poser pour diminuer notre empreinte écologique.

Le transport de marchandises par voie aérienne était de deux milliards de tonnes kilomètres transportées en 1960. En 2006, ce chiffre est passé à 150 milliards. Et la part des émissions de CO2 due aux transports aériens s’accroît chaque année.

«Et tout devient possible». Nous en sommes intimement convaincus. Et si nous, consommateurs, n’achetons plus de cerises d’Argentine, de fraises d’Israël ou de myrtilles du Chili en hiver, ils n’en proposeront plus. Ensemble, nous pouvons forcer le changement. Et tout cela sans réellement perdre de notre confortable qualité de vie. Mais pour que le consommateur s’y retrouve, il faut l’aider à faire son choix en connaissance de cause.

Avant que le laborieux étiquetage CO2 promis par tant de supermarchés soit opérationnel, nous en appelons aux autorités européennes pour qu’elles légifèrent en la matière et imposent aux distributeurs l’application de logos (rouge pour l’avion et bleu pour le bateau, par exemple) indiquant, en plus du pays de provenance, systématiquement et clairement le mode de transport utilisé pour le transport intercontinental de ces marchandises. Le logo «maison verte» pouvant, par exemple, indiquer une provenance «locale» d’un aliment.

Posté par werdna à 12:26 - Ecologie et Environnement - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La grogne des retraités s'amplifie

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Philippe Tastet - http://www.philippetastet.com/

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La presse surveillée

Edito du Monde LE MONDE | 25.12.07 | 15h04

L'année 2007 n'aura pas été un bon millésime pour la liberté de la presse en France. Aux difficultés économiques auxquelles nombre de journaux sont confrontés, vient s'ajouter une pression accrue de la justice pour contraindre les journalistes à révéler leurs sources.

Deux affaires en cours en témoignent. La plus récente concerne Le Télégramme. Ce quotidien breton a révélé, vendredi 21 décembre, qu'un de ses journalistes qui avait refusé - comme le code de procédure pénale lui en donne le droit - de révéler à la justice la source d'un article portant sur un meurtre lié au milieu nantais venait d'être victime d'une redoutable première. Sur réquisition du parquet, l'opérateur téléphonique Orange a fourni à la police judiciaire le relevé des appels passés par ce journaliste à partir de son portable. Cette communication s'est effectuée sans que ni l'intéressé ni sa hiérarchie n'en soient tenus informés.

Orange met en avant le code des postes et communications électroniques pour justifier sa collaboration avec la justice et son silence à l'égard de son abonné.

Cette affaire est inquiétante. Alors que la sécurité de l'Etat n'est manifestement pas en danger, la justice utilise des méthodes qui ne sont pas sans rappeler les pressions exercées par le régime de Pékin à l'égard des fournisseurs d'accès à Internet.

L'autre affaire est aussi grave. Un journaliste a été mis en examen en décembre pour avoir publié en avril 2007 dans Le Monde un article sur un document d'analyse des services secrets français expliquant les filières du réseau Al-Qaida avant les attentats du 11 septembre 2001. Là aussi, police et justice voulaient absolument connaître les sources du journaliste.

Ces affaires ne sont malheureusement pas des exceptions. Ces dernières années, des journalistes du Point, du Parisien, de L'Equipe, de France 3 et de Midi libre ont eu affaire à la justice, qui ne contestait pas la validité de leurs informations, mais voulait en connaître l'origine. Des perquisitions ont été effectuées, tant dans les rédactions qu'au domicile des journalistes.

Ce faisant, la justice ne fait pas progresser la démocratie. Au contraire. Comme le rappelle Le Télégramme, la Cour européenne des droits de l'homme estime que la protection des sources est la pierre angulaire de la liberté de la presse. Régulièrement, des ministres - de la justice ou de la communication - prétendent s'émouvoir des atteintes au droit de la presse. Malheureusement, malgré les bonnes intentions affichées, aucune décision ne vient arrêter cette évolution. Au contraire.

Au nom de la sécurité, les atteintes à la liberté de la presse se multiplient. Mais l'enjeu dépasse ce secteur. L'histoire montre que liberté de la presse et liberté des citoyens sont intimement liées.

Le Monde

Lire aussi un article précédent sélectionné par Inventerre : "Tous sur portables d'écoute"

En effet c'est inquiétant !

Posté par Kozett à 00:04 - Médias - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Derrière les barreaux, le journal fait le lien : une initiative exemplaire du quotidien Ouest-France.

LE MONDE | 25.12.07 | 15h33 Pascale Santi

Le quotidien "Ouest France" est distribué gratuitement, chaque jour, à 4 500 détenus pour leur permettre "de rester en contact avec l'extérieur". Une opération que son PDG cherche à étendre.

Chaque matin, les détenus des établissements pénitentiaires de Brest, Rennes, Caen, Le Mans, Vannes, Laval, Angers, Saint-Malo... reçoivent gratuitement le quotidien Ouest France, posé sur le chariot du petit déjeuner. Un journal est remis dans chaque cellule par le surveillant ! En janvier 2008, l'opération sera finalisée dans la prison de Nantes. C'est la totalité des quelque 4 500 détenus des 18 établissements pénitentiaires des douze départements de l'ouest de la France (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Basse-Normandie) qui recevront le quotidien gratuitement, y compris le dimanche !

Cette opération a démarré à Rennes le 3 avril 2006. "Vous êtes actuellement détenu à la prison Jacques-Cartier de Rennes. Cette période que vous accomplissez vous isole de la société où vous reprendrez votre activité. (...) Il existe à notre portée un moyen simple et concret pour vous aider, ne serait-ce qu'un peu, à mieux supporter cette période difficile : lire chaque jour le journal, c'est permettre de rester en contact avec le monde extérieur et de comprendre son actualité." C'est ainsi que François-Régis Hutin, PDG du groupe Ouest France, a présenté cette opération dans une lettre adressée ce jour-là à chaque détenu.

Cette initiative est née de la rencontre de deux hommes, M. Hutin, patron du premier quotidien français, et Pascal Vion, qui était à l'époque directeur de la maison d'arrêt de Rennes (500 détenus), aujourd'hui directeur de la maison d'arrêt de Nanterre. Le journal Ouest France a décidé, fin 2005, d'inviter le personnel de la maison d'arrêt de Rennes. Vingt-cinq personnes, sur un effectif de 140 salariés, sont venues à ce dîner, le 29 novembre 2005. Valorisés par cette rencontre, les surveillantes et surveillants de la maison d'arrêt ont expliqué leur travail, sans fard.

Très sensible à ces problèmes, M. Hutin a "cherché comment contribuer personnellement à l'amélioration des conditions de vie dans les prisons, au-delà de ce qui s'écrit dans nos colonnes". Il a donc suggéré l'idée de proposer le journal gratuitement dans les prisons. Sur les 500 détenus de la maison d'arrêt de Rennes, une dizaine seulement achetaient un journal de façon régulière, par le biais de la "boutique" de l'établissement pénitentiaire. "Nous avons ensuite modélisé la distribution de journaux avec la direction des ventes d'Ouest France et l'association des détenus", explique M. Vion. "Cela peut créer un moment d'échange entre le surveillant et le détenu", ajoute Alain Jégo, directeur interrégional.

Cette opération ne s'est pas faite sans réticences. L'UFAP, un syndicat de surveillants, s'y est opposé dans un tract diffusé fin mars 2006 : "Nous ne sommes ni des commerciaux ni des salariés d'Ouest France. Demain, nous serons encore moins des larbins, les garçons d'étage de la zonzon." "Cette distribution gratuite constitue un acte très positif vis-à-vis de la population pénale. La lecture du journal aura des vertus apaisantes", avait répondu M. Vion. Pour calmer les tensions, Ouest France a décidé d'accorder un tarif préférentiel aux salariés de la maison d'arrêt en proposant une réduction de 40 % sur le tarif de l'abonnement.

Les surveillants de Rennes ont très vite accepté cette tâche, et nombreux s'en réjouissent aujourd'hui. Les autres établissements pénitentiaires de la région et Ouest France, avec les associations de détenus, ont généralisé cette distribution. "Aujourd'hui, nous distribuons 2 068 exemplaires dans 2 211 cellules, pour 4 400 détenus", explique Fabienne Gavard, directrice des ventes et de la promotion d'Ouest France. L'opération a un coût : 150 000 euros par an.

Les effets sont positifs. De nombreuses lettres de détenus parviennent à M. Hutin. "Vous m'avez permis de lire le journal. J'étais sur le chemin de la guérison, votre initiative m'a persuadé d'être guéri par le fait de ne pas me sentir abandonné par l'entourage social. Quel bien vous avez répandu dans les cellules", écrivait le 15 novembre 2006 un ancien détenu de Saint-Malo. "Votre idée prouve que nous ne sommes pas des sous-hommes", écrivait de son côté un détenu de La Roche-sur-Yon.

Certaines lettres sont collectives : "L'information permet aux détenus de rester au courant de la vie extérieure et de préparer une réinsertion", écrivent des détenus de Saint-Malo. Au fil des nombreux témoignages reviennent les mêmes mots : démarche humaniste, redonner courage et confiance, gratitude, reconnaissance...

"La distribution du journal a changé miraculeusement l'atmosphère de la prison", déclarait M. Vion lors de son pot de départ de la maison d'arrêt de Rennes, en septembre. Pour la plupart, les détenus regardent les offres d'emploi, les pages sports, les programmes télé, les chroniques judiciaires...

Certes, "aucune de nos cellules n'est dépourvue de télévision, mais, avec son pouvoir hypnotique, elle entraîne de néfastes dépendances, alors que, avec le journal, nous ne risquons qu'une heureuse dépendance à la lecture", affirme un collectif des détenus de Saint-Malo.

"Notre initiative souligne le rôle social de la presse", ajoute M. Hutin. "C'est aussi un outil éducatif dans l'apprentissage de la lecture, de la citoyenneté, sachant que nous avons affaire à une population en grande difficulté", explique de son côté M. Jego.

"Tout ce qui peut permettre de créer un lien entre l'extérieur et l'intérieur nous ravit", renchérit Jocelyne Randé, directrice de la communication de l'administration pénitentiaire. Pour Jean-Yves Kerboeuf, juge d'application des peines de Rennes, "cette initiative brise la spirale de l'enfermement. Je souhaiterais généraliser ce mouvement. C'est une opération que la presse devrait faire. On dit que nous sommes indispensables à la société, faisons des choses", lance M. Hutin. Le quotidien gratuit Metro distribue depuis six mois 500 exemplaires par jour à la maison d'arrêt de Fresnes. Espérant renouveler l'opération à Nanterre, M. Vion envisage de contacter Metro, 20 minutes et Le Parisien. "Cette idée m'intéresse beaucoup. Je vais suggérer aux équipes de La Croix d'y réfléchir", déclare Bruno Frappat, président du directoire de Bayard. Même si cela pourrait être plus compliqué pour un journal à étiquette chrétienne. Ce que n'est pas Ouest France, même si ce grand titre breton a été depuis l'origine pétri de catholicisme social, Encore faudra-t-il beaucoup d'acharnement pour réussir.

La distribution d'Ouest France aux prisonniers ne se serait pas faite sans la rencontre de deux hommes, MM. Hutin et Vion, et de deux volontés.

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Année 2007 : Quel sens ?

Editorial libération 23/12/07 – Didier Pourquery

Le sens de l’histoire ? Laissez-nous rire. Pour certains d’entre nous, l’année 2007 n’en a eu aucun :

pour les SDF installés sur le bord du canal Saint-Martin à Paris en décembre 2006 qui étaient ces derniers jours au bord de la Seine,

pour les sans-papiers expulsés sur quotas, chassés depuis des mois qui ont compris que le sens unique est la sortir,

pour les migrants clandestins qui se sont échoués sur les plages du monde non plus. Dans l’actualité depuis deux, leur désespoir n’est pas calendaire.

Et puis, il y a ceux pour lesquels l’année est celle de la victoire d’un ministre de l’intérieur propulsé à l’Elysée. Un joggeur spidé a déboulé dans nos vies – et sur nos écrans – avec son style populiste et ses phrases à l’emporte-pièce. Son programme est touffu; on peine à suivre le rythme de ses annonces ; on en voit d’ailleurs pas toujours les effets ; ses projets de lois s’entassent en vrac au parlement ; ses alliances internationales sont (pour le moins) étranges. Bref, on a du mal a trouver un sens à son action. Libéral certes, mais tendance bonapartiste. De droite, oui, mais ascendant bling-bling. Thatchérien et blairiste, berlusconien et bushiste. Celui qui, pour beaucoup, est l’homme de l’année, illustre bien cette année où la rhétorique instantanée a pris le pas sur l’action politique construite.

Heureusement, 2007 a aussi été l’année des résistances :

- des bonzes birmans aux militants qui aident les sans-papiers,

- des décroissants aux bloggeurs,

on assiste ici et là à des tentatives de redonner du sens à ce début de siècle.

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Refonte du code du travail : le PS dépose un recours devant le Conseil constitutionnel

LEMONDE.FR avec AFP | 24.12.07

Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a annoncé, lundi 24 décembre, avoir déposé un recours devant le Conseil constitutionnel contre la loi de refonte du code du travail. Ce texte, adopté le 19 décembre, est vivement contesté par la gauche et bon nombre de syndicats.

Il autorise la ratification de l'ordonnance du 12 mars 2007, qui réécrit de fond en comble le code du travail. Selon le gouvernement, il doit permettre de rendre "plus lisible" et "plus facilement utilisable" ce code, qui régit la vie professionnelle de près de 18 millions de salariés.

LA RÉFORME "NE SE FAIT PAS À DROIT CONSTANT"

Le Parti socialiste, qui avait annoncé avant le vote du texte qu'il déposerait un recours, dénonce notamment le fait que la réforme "ne se fait pas à droit constant", comme le gouvernement s'y était pourtant engagé, et porte atteinte, selon les socialistes, aux droits des salariés.

La saisine relève notamment "le déclassement de normes législatives en normes réglementaires", "l'introduction dans le code des éléments de jurisprudence", "la transformation de la portée des règles législatives", et accuse "le gouvernement d'avoir manifestement procédé à l'abrogation pure et simple de nombreuses dispositions" du code du travail.

Les députés PS estiment également que le texte ne respecte pas "l'exigence constitutionnelle de lisibilité et d'accessibilité de la loi", notamment en favorisant "l'éclatement du code du travail". Ils soulignent ainsi que l'ordonnance "transfère de nombreuses dispositions de l'ancien code du travail vers d'autres codes législatifs".

Plusieurs syndicats avaient déjà critiqué la recodification, dont la CGT, le Syndicat de la magistrature, la CFTC, le syndicat des inspecteurs du travail Snutef, affilié à la FSU.

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La tentation de Louxor

Le président est arrivé hier à Louxor, à bord du Falcon de son riche ami Bolloré. Chemise ouverte et lunettes noires, il a gagné son hôtel, un des palaces les plus célèbres d'Egypte, propriété du groupe français Accor, encadré par un imposant cortège de 16 voitures.

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Il a salué la foule au côté de sa nouvelle conquête et s'est engouffré dans l'hôtel, entouré de ses nombreux gardes du corps français et égyptiens.

Selon la presse égyptienne, c'est le ministre de la culture egyptienne, Farouk Hosni qui a supervisé le voyage de Sarkozy et de ses proches. En lice pour la direction de l'Unesco aux Nations-Unies, il espère bénéficier du plein soutien de la France.

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Low cost et prix impbattables : attention aux mauvaises surprises

Pierre PINSON – Ouest-France – 26/12/07

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Alors que le pouvoir d'achat fléchit, trouver le meilleur prix est devenu un sport national. Encore faut-il regarder de près ce que cachent certains prix serrés.

Low cost  : Cette expression anglo-saxonne désigne une politique de prix bas, rendue possible par une maîtrise très rigoureuse des coûts. Ce modèle économique permettrait de « développer de nouveaux marchés » et de créer des emplois, si l'on en croit le rapport remis récemment au secrétaire d'État à la consommation, Luc Chatel.

Gare aux mauvaises surprises !

Mais attention, le low cost est parfois source de (très) mauvaises surprises : un alléchant coup d'aile vers le soleil d'Espagne, proposé à 10 € sur un site Internet, peut finalement vous coûter près de 150 €, taxes d'aéroports et suppléments inclus.

Même constat concernant les coups de fils : pas facile d'être vraiment moins cher que les opérateurs historiques, n'en déplaise au marketing d'Auchan, Leclerc, Virgin Mobile et consorts. Chez les opérateurs Internet (Free, Alice, etc.), tous alignés comme sur 29,90 € l'abonnement mensuel, on trouve du bon et du moins bon derrière le prix d'appel (WiFi en option ou pas, nombre de chaînes TV reçues, hotline et décodeurs gratuits ou non...)

Descendre en gamme

Côté alimentaire ? Inutile de rêver. À qualité égale de produit, les enseignes de la distribution se tirent la bourre, à coups de « promotions » et « d'anniversaires » à répétition tout au long de l'année. Pour trouver moins cher, il faut presque toujours descendre en gamme, que ce soit dans les magasins 100 % « hard discount » ou dans les rayons « produits discount » des grandes enseignes.

Enfin, pour la pharmacie vendue « devant le comptoir », baisser les prix est presque infaisable. Certes, il existe des copies de médicaments ou des génériques, mais ils doivent répondre à un tel niveau de qualité et de sécurité d'approvisionnement que leurs coûts ne peuvent être rognés significativement. Bref, booster le développement du « low cost », c'est pas si simple.

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Bataille pour un toit : l'odyssée de Bernard S., par Katharina von Bülow

LE MONDE | 25.12.07 | 15h26 

Je suis allemande d'origine. De toutes les horreurs et crimes commis par les miens, j'ai retenu ceci : si chaque Allemand avait pris sous son aile ne serait-ce qu'un seul juif, Hitler n'aurait pas pu en assassiner des millions. Or, au mois d'août, je tombe sur un SDF, Bernard S., assis sur un banc devant le 206, boulevard Voltaire, à Paris. Nous discutons. Il est très malade. Une vie chaotique l'a jeté dans la rue. Des années de galère. Il a 47 ans et parle comme un homme d'une certaine culture.

Sur un coup de tête, je lui jure que je le sortirai de là. Il n'a plus rien, si ce n'est une carte Vitale. Je l'entraîne à l'antenne de police. Par chance, il lui reste un certificat de naissance. On établit un dossier. Trois semaines plus tard, il reçoit une convocation de la Préfecture de Paris. Sa carte d'identité l'y attend. Nous y allons. Il marche difficilement. Trois heures d'attente. Résultat ? Sa carte ne peut lui être délivrée qu'avec un certificat de domiciliation. Je téléphone à la mairie. On me donne cinq adresses d'associations qui délivrent ces certificats.

Il est de plus en plus malade. Je réussis à le faire hospitaliser. On le met dehors le lendemain. Nous nous rendons à quatre de ces adresses d'associations. Elles n'existent plus. Reste une seule, derrière la Bastille. Cinq heures d'attente. On lui dit qu'il faut une déclaration de perte de sa carte d'identité de moins de deux mois. Je téléphone à l'antenne de police. On ne peut pas déclarer deux fois la perte d'une carte d'identité. Nous retournons à l'association de la Bastille. Ils refusent de le prendre en charge.

Dégoûté, il veut abandonner. Je m'accroche. Je le trouve couché par terre. J'appelle le 115. Pas de place. Les pompiers arrivent. Ils m'engueulent. J'insiste. Le chef prend sa température : 29 degrés. Il pleut. Les pompiers l'emmènent de force. Retour à Saint-Antoine, près de la Bastille. Puis à l'hôpital Esquirol, dans le Val-de-Marne. Toujours pas de certificat de domiciliation. Dans le 17e arrondissement. Il y connaît le directeur d'un centre d'hébergement. Il lui délivre ce précieux document. Il ne peut presque plus marcher. Mendicité. Le froid arrive.

Je l'oblige à retourner à l'association de la Bastille. Cinq heures d'attente. Miracle. On accepte d'ouvrir son droit au RMI. Il retourne à la Préfecture. Deuxième miracle. On lui délivre sa carte d'identité. Nous voulons fêter l'événement. Aucun café ne veut accepter sa présence ! Il sent mauvais. !

Il a perdu 15 kilos. Je le réhospitalise. L'hôpital Esquirol le met à la rue. Guéri, disent-ils. Je visite quatorze hôtels. Des taudis. Une femme me montre sa facture. La Mairie paie 2 700 euros par mois pour y loger sa famille ! L'hiver s'annonce. Je trouve un hôtel. Pas question qu'il retourne dans la rue. Je téléphone à l'adjoint au maire du 11e arrondissement. Je menace de faire une grève de la faim devant sa mairie. Il m'appelle et me dit qu'il a prévenu un centre d'hébergement et de réinsertion pour des prisonniers en liberté conditionnelle.

La directrice, une femme remarquable, l'écoute et décide de le prendre. Le bonheur est total. Il a un toit sur la tête et peut commencer à refaire sa vie. Ce sera difficile. Mais neuf mois de combat l'ont changé. Mon obstination lui a rendu la confiance. Il y croit, maintenant. Est-ce gagné ? Je l'espère de tout mon coeur. Et je remercie le bon Dieu de m'avoir donné un coup de main. J'ai peut-être sauvé un homme. Mais tous les autres ? Que faire ? Se battre.

Katharina von Bülow, journaliste et écrivain

Le Monde

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Noël électrique en Espagne

Madrid - FRANÇOIS MUSSEAU - Libération 25/12/07

Alors que les grandes villes espagnoles ont commencé, il y a déjà plusieurs semaines, à illuminer leurs rues pour les fêtes de Noël, des voix s’élèvent pour critiquer ce «gaspillage d’énergie». Selon une étude de l’Institut pour la diversification et l’économie d’énergie, les municipalités dépensent près de 30 millions de kilowatts par heure pour l’éblouissant éclairage des fêtes de fin d’année. Soit ce que consomme un quartier de 50 000 habitants pendant un mois, ou encore l’émission de 10 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

C’est évidemment peu au regard de la consommation énergétique à l’échelle du pays. Mais, sur le plan symbolique, cela fait désordre car l’Espagne est l’un des plus mauvais élèves de l’Union européenne en matière de respect des accords de Kyoto (+ 45 % d’émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990). Au grand dam du gouvernement Zapatero qui prévoit une forte réduction de ses émissions dans les années à venir, et qui compte faire de la lutte contre le changement climatique l’un des axes de sa campagne pour les législatives de mars.

«Une ville comme Madrid, par exemple, dépense d’énormes quantités d’électricité sur toutes ses grandes artères. Cela transmet un message totalement contradictoire aux citoyens. Tout le monde a bien compris que ce gaspillage de lumière, qui pousse à faire du shopping, profite tout d’abord aux commerçants», dénonce Pablo Cotarelo, d’Ecologistas en Accion. Il est vrai qu’à l’instar de Valence, la capitale espagnole a cette année spécialement soigné la décoration lumineuse, multicolore, confiée à des designers de renom.

Les municipalités se défendent en disant utiliser des ampoules qui consomment moins d’énergie (de 10 watts au lieu de 60). «Je peux comprendre l’attrait du lumineux pour les fêtes, dit Heiiki Willstedt, de l’organisation Adena. Mais ce déferlement de lumière ne devrait être autorisé qu’une semaine avant Noël, tout au plus.» Ces dénonciations ont reçu le soutien d’autres associations pour qui cette «contamination lumineuse», qui prend fin autour du 6 janvier, a un autre effet pervers : elle permet à peine de distinguer les étoiles dans le ciel…

Posté par werdna à 00:02 - Ecologie et Environnement - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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