lundi 24 décembre 2007
Logement: La chasse est ouverte
Logement: La chasse est ouverte
23/12/07
La polémique sur l'occupation de logements sociaux par des hommes politiques ou hauts fonctionnaires a encore enflé, ce week-end, lorsque l'adjoint au maire de Paris en charge du logement, Jean-Yves Mano, a demandé à Jean-Pierre Chevènement de quitter son appartement. Et d'autres révélations sont maintenant attendues.
Où l'on finit par se demander qui sera le prochain. Après le directeur de cabinet de Christine Boutin, Jean-Paul Bolufer contraint de démissionner, c'est Jean-Pierre Chevènement qui a été mis en cause ce week-end pour occupation d'un logement social. Jeudi matin, Jean-Paul Bolufer a mis fin à sa collaboration avec la ministre du Logement sous la pression du chef du gouvernement, en raison des révélations du Canard enchaîné sur les conditions d'occupation de son luxueux appartement du boulevard de Port-Royal, à Paris : 1200 euros de loyer pour 190 m2, quatre fois mois que le prix du marché. Bolufer a prévenu qu'il ne tomberait pas seul. "J'entends beaucoup de donneurs de leçon", relevait-il, appelant la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) à publier la liste des logements sociaux, avec les noms des locataires et les loyers.
Cette liste, la Ville ne semblait pas encline, ce week-end, à la diffuser. Dans un entretien au Parisien, l'adjoint au maire en charge du Logement, Jean-Yves Mano, expliquait samedi qu'il n'était "pas dans une logique de délation". Le quotidien révélait vendredi plusieurs noms de personnalités bénéficiant de largesses immobilières, dont le directeur de cabinet de Pascal Cherki, adjoint aux Sports de Bertrand Delanoë, ou Brigitte Kuster, la directrice de campagne de Françoise de Panafieu. Les Verts sont montés au créneau, à l'image de Denis Baupin, adjoint au maire de Paris et tête de liste du mouvement écologiste dans la capitale, qui a symboliquement planté une tente devant l'appartement de Jean-Paul Bolufer samedi.
Chevènement dénonce la "polémique de caniveau"
S'il ne tient donc pas à rendre publique la liste des logements et de leurs occupants, Jean-Yves Mano ne s'est pas privé, samedi, d'interpeller Jean-Pierre Chevènement. Précisant qu'il s'agit d'un "logement social déconventionné, à loyer libre", l'adjoint de Bertrand Delanoë regrette que l'ancien ministre de l'Intérieur n'ait pas quitté cet appartement. "Par principe, un parlementaire, un ministre n'a rien à faire dans un logement social", souligne-t-il, alors que cinq conseillers de Paris, dont il assure ne pas avoir les noms, seraient dans ce cas.
Egalement mis en cause par un candidat divers droite à la mairie de Belfort pour l'occupation d'un HLM depuis 1988 dans la Vieille ville, Jean-Pierre Chevènement se défend aussi en assurant qu'il consacre "25% de [ses] revenus au paiement de [ses] loyers", et s'acquitte d'un supplément de loyer.
Quelle que soit la situation de l'ancien ministre, elle illustre l'extrême tension provoquée par ces nouvelles révélations sur l'exploitation du parc locatif social. A l'heure où l'hiver commence à faire des victimes, comme l'a encore rappelé la mort d'un homme en fin de semaine place de la Concorde, et où le ministère du Logement fait preuve de fermeté face aux actions des Enfants de Don Quichotte, dont le camp a été rapidement démonté le week-end dernier, la question est d'autant plus sensible. Et de nouveaux noms, puisqu'il en circule, pourraient bien sortir.
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