vendredi 14 décembre 2007
"Ca chauffe à Bali"
par Kira Mitrofanoff, rédacteur en chef adjoint à Challenges, jeudi 13 décembre
le temps s’est brusquement accéléré à la conférence des Nations unies sur le climat à Bali. Et le ton monte. A un jour de la clôture des débats, la rédaction d’une déclaration commune sur la lutte contre le réchauffement de la planète est au point mort.
Désormais, c’est avec des accents menaçants que l’Union européenne s’adresse "aux éléphants", en particulier les Etats-Unis, le Canada, le Japon, et la Russie, qui refusent de s’engager sur l’après-Kyoto. Et d’annoncer un boycott du sommet des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre en janvier si l’on devait en rester là.
Malheureusement, ce ne sont pas les frasques de Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Environnement, plongeant en caleçon dans la mer pour planter un morceau de corail en marge des réunions, qui vont détendre l’atmosphère.
Le constat est tragique. Sans engagements chiffrés et datés, on voit mal comment les émissions de CO2 pourront diminuer à l’avenir. Et la détermination d’Al Gore, le nouveau prix Nobel de la paix qui appelle à conclure un accord sans les Etats-Unis, n’y changera rien.
En l’absence d’un sursaut des plus gros pollueurs, les bonnes volontés des uns et des autres n’auront guère d’impact sur le réchauffement de la planète. Et des millions de réfugiés climatiques pourraient bientôt errer à la recherche d’eau et de terre, comme le prédit l’Onu. Seuls les électeurs, comme récemment en Australie, peuvent dire non à ce futur là.
Visite de Kadhafi : Kouchner vivement critiqué par son homologue libyen
PARIS (AFP) – 14/12/07
Le chef de la diplomatie libyenne, Abdelrahman Chalgham, s'en est vivement pris vendredi à Paris à son homologue français Bernard Kouchner et a assuré que les Libyens ne voulaient "pas le voir".
"J'ai rencontré M. Kouchner, j'ai signé avec lui des accords, nous avons discuté de plusieurs sujets. Nous nous étonnons aujourd'hui de ses dernières déclarations", a dit le ministre libyen, qui s'exprimait en arabe.
M. Kouchner, qui n'avait pas participé au dîner de bienvenue lundi soir au palais de l'Elysée, avait dénoncé mercredi les propos "assez pitoyables" de M. Kadhafi sur les droits de l'Homme en France.
"Comment un homme qui nous rend visite, qui mange avec nous, peut-il changer d'avis en arrivant à Paris?", s'est aussi interrogé M. Chalgham en rappelant la visite de M. Kouchner en juillet à Tripoli, où il avait accompagné le président français Nicolas Sarkozy après la libération des soignants bulgares
"C'est un homme gentil, mais je l'ai entendu à plusieurs reprises faire des déclarations le matin et se rétracter l'après-midi", a encore dit le ministre libyen.
Non il n’a pas démissionné, seulement il est dans son cabinet à vomir les chapeaux
Le Sénat autorise l'ouverture des magasins d'ameublement le dimanche
AP 14/12/07
Le Sénat a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi un amendement à la loi sur la consommation, autorisant l'ouverture des magasins d'ameublement le dimanche. Luc Chatel a précisé vendredi que le gouvernement y était favorable.
En pleine bataille juridique sur l'ouverture de certains magasins le dimanche, l'amendement présenté par la sénatrice UMP des Hauts-de-Seine Isabelle Debré autorise désormais les magasins d'ameublement à ouvrir le dimanche, aménageant le Code du Travail sur le repos dominical.
Le secrétaire d'Etat à la Consommation Luc Chatel s'est félicité de cette mesure sur RMC-Info/BFM-TV. "C'est un très bon exemple de conjugaison de la volonté des consommateurs (...), la volonté des entreprises de faire des affaires -le dimanche, l'ameublement réalise environ un quart de son chiffre d'affaires-, et la volonté de salariés qui veulent gagner davantage en travaillant le dimanche", a-t-il jugé.
"Nous travaillons de façon générale à un assouplissement du travail le dimanche", a précisé Luc Chatel, indiquant que le dimanche pourrait concerner d'"autres secteurs" avec plusieurs "pistes de travail". Il s'agit d'"une augmentation du nombre de dérogations du nombre de dimanches (actuellement cinq dimanches par an), de la question des zones touristiques qui sont absurdes aujourd'hui" et "des agglomérations" qui sont les plus concernées par cette demande.
Dans un discours début décembre à Lyon, le président français Nicolas Sarkozy avait défendu la levée de l'interdiction de travailler le dimanche: "je veux que personne ne soit obligé, mais qu'on laisse le choix aux gens!", avait-il dit.
Pour Me Vincent Lecourt, avocat de Force Ouvrière, à l'origine d'actions contre l'ouverture dominicale des magasins dans le Val-d'Oise, "le gouvernement joue sur du velours avec ce type de dérogation alors qu'en réalité les salariés n'ont pas le choix".
"La situation actuelle les a déjà placés dans une logique où pour survivre, pour payer leurs charges, ils sont obligés d'avoir la majoration du dimanche qui, jusqu'à présent était illégale, et qui leur permet de boucler leurs fins de mois", a souligné l'avocat sur France Info. "Tant qu'on en est là, les salariés n'ont pas véritablement le choix, un choix économique, je ne vois pas comment demain ils pourront refuser et dire à leur patron: 'on ne le fait pas'".
Et d'affirmer: "on a des échos de propositions d'emploi qui sont subordonnées à l'acceptation du volontariat" le dimanche.
Ca commence par les meubles …
Pouvoir d'achat : adoption en conseil des ministres d'un projet controversé
Par Claudine RENAUD AFP - Mercredi 12 décembre
PARIS (AFP) - Le gouvernement a bouleversé son calendrier en adoptant mercredi, à moins de trois mois des municipales, un projet de loi en faveur du pouvoir d'achat à effet quasi-immédiat, dont certains salariés sont cependant, selon l'opposition et les syndicats, "les grands oubliés".
A l'Assemblée, une partie de l'opposition a d'ailleurs dénoncé une "mascarade". La députée de Paris Martine Billard (Verts) a d'ailleurs quitté la commission des Affaires sociales en présence du ministre du Travail pour protester contre ce calendrier serré.
D'ici au 30 juin, les salariés seront incités à puiser par anticipation jusqu'à 10.000 euros dans leur épargne salariale, et les chefs d'entreprises encouragés à racheter des jours de RTT non pris, et à octroyer une prime de 1.000 euros dans les PME. Le projet de loi, qui sera examiné au Sénat en janvier, doit permettre aussi une indexation des loyers sur l'inflation, plus favorable aux locataires, et "très critiquée" mercredi soir par la Fnaim (Fédération nationale de l'immobilier).
"Les mesures entreront en vigueur, de façon rétroactive en tout état de cause, au 1er janvier 2008", a précisé le gouvernement. Comparé à la mesure votée cet été en faveur des heures supplémentaires ("paquet fiscal"), le dispositif sur les RTT devrait être plus avantageux pour les employeurs, car ils ne paieront aucune cotisation patronale sur les dix premiers jours rachetés. Le dispositif heure sup' n'ouvre droit qu'à une réduction de 0,5 centime à 1,50 euro.
De plus, les chefs d'entreprise ne seront pas obligés de payer les jours de repos rachetés 25% plus cher qu'un jour normal, mais seulement 10% de plus minimum.
"L'organisation du travail reste dans les mains du chef d'entreprise", a souligné M. Bertrand dans Le Monde mercredi, mais il a certifié qu'"en cas de refus de sa direction, le salarié sera en droit d'invoquer la loi".
"Les retraités, les chômeurs et les salariés qui subissent la précarité (temps partiel, contrats précaires) sont une nouvelle fois les grands oubliés de ce projet de loi, aucune de ses dispositions ne les concernant", a attaqué le parti socialiste.
"Nous pensons à tous mais nous pensons à valoriser le travail", a répondu M. Bertrand devant les députés. Le projet n'a pas tenu compte des remarques des professionnels de l'épargne salariale, qui jugent anti-pédagogique le déblocage anticipé de la participation, alors qu'il faudrait selon eux inciter les Français à conserver leur placement pour se constituer une retraite complémentaire.
La gauche craint en outre que dans les PME de moins de 50 salariés, la prime ne vienne se substituer à des augmentations de salaires. Pour la CGT, le projet "vendu comme une mesure permettant aux salariés une augmentation de leur pouvoir d'achat, consiste juste à les inciter à +puiser+ dans leurs propres réserves".
L'inspecteur du travail socialiste Gérard Filoche s'est pour sa part demandé, sur LCP, "pourquoi tant d'usines à gaz au lieu d'augmenter les salaires?".
Les agendas du Parlement et du ministre du Travail, Xavier Bertrand, ont été bousculés pour permettre l'examen en urgence dès mardi à l'Assemblée nationale de ce texte, alors que le choc de croissance annoncé se fait attendre.
Indignation des journalistes après les propos de Sarkozy sur la presse
Audrey Bastide LIBERATION jeudi 13 décembre 2007
Les représentants de journalistes dénoncent les propos «inacceptable et dangereux» sur la presse du président.
Dans une interview au Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy fait part de sa vision très personnelle, et très partiale, de la presse française. A en croire le Président de la République, la presse est «globalement de gauche» et a «globalement été opposée à (sa) candidature».
«Quant à TF1, que dirige Martin Bouygues, qui est l'un de mes meilleurs amis, qui peut dire que cette chaîne a fait mon élection?» demande-t-il sans sourciller.
«Dassault, Lagardère, Bouygues, Arnault, Pinault, Pédriel possèdent des journaux, ajoute-t-il. Réjouissez-vous que des industriels investissent dans la presse plutôt qu'elle appartienne à des fonds de pension anglo-saxons!»
Des déclarations pour le moins surprenantes, qui ont suscité des réactions indignées de la part des organisations et syndicats de journalistes.
Jean-Michel Dumay, président du Forum des sociétés de journalistes (SDJ), juge «inacceptables et dangereux» les propos «partisans et étriqués» de Nicolas Sarkozy
«Que le président se satisfasse de la montée en puissance des industriels dans les médias témoigne d'une totale désinvolture sur le sujet» ajoute t-il. «Qu'il accepte donc de rencontrer les journalistes pour parler de la crise de la presse plutôt que de jeter stérilement des anathèmes».
Le secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ), Alain Girard, n'apprécie pas non plus les propos du président, dans lesquels il voit un «raccourci un peu gênant». «Cela voudrait dire que, dès l'instant où on analyse une politique et où on a un avis réservé, pas forcément élogieux, voire même un peu critique, on est systématiquement de gauche».
Dominique Candille, secrétaire générale du SNJ-CGT, qualifie quant à elle ces propos de «déclarations péremptoires». Nicolas Sarkozy «évacue le problème de l'indépendance des journalistes quelques mois après Christine Albanel, ministre de la Culture, qui indiquait déjà qu'il n'y avait pas besoin de loi pour protéger les rédactions, puisqu'il n'existe aucun problème d'indépendance de la presse».
Elle souligne qu'elle ne se réjouit pas de la montée en puissance des industriels dans ce secteur, jugeant «grave que la presse devienne un lieu d'investissement fructueux, un marché comme un autre (...) la presse n'est pas une industrie, c'est un pilier de la démocratie».
Jean-Michel Dumay, président du Forum des sociétés de journalistes (SDJ) et président de la société des rédacteurs du Monde (SRM), juge indispensable, dans le contexte actuel, de développer la notion de «droit à l'information».
Les déclarations de Nicolas Sarkozy révèlent une étrange conception de l'indépendance de la presse. Qu'en pensez-vous ?
Je trouve inacceptable et dangereux que le Président de la République, censé être le garant constitutionnel du pluralisme de l'information, ait une vision partisane et étriquée de cette profession. Le travail d'un journaliste est de rapporter des faits, et les faits ne sont ni de gauche ni de droite. Ces propos sont très malvenus dans cette crise financière, économique et stratégique grave que traverse la presse française.
A cela s'ajoute un problème de crédit et de confiance de la population envers les journalistes. Ils sont aujourd'hui violentés quand ils font leur travail en banlieue, bousculés et pris à parti pendant certaines manifestations, parfois exclus des conférences syndicales. C'est extrêmement tendancieux de la part du président de donner cette vision si erronée, étriquée et partisane de cette profession.
Qu'il vienne plutôt discuter avec nous. Cela fait six mois que le Forum des SDJ envoie des invitations à Nicolas Sarkozy pour parler avec lui de cette crise de la presse et qu'il ne répond pas.
Quel est votre point de vue sur les relations entre Nicolas Sarkozy et les industriels qui dirigent la presse aujourd'hui, et qu'il cite lui-même dans l'interview?
La France est aujourd'hui l'un des rares pays à traverser une crise grave et à ne pas avoir de groupe de presse suffisamment important pour la supporter. Elle est principalement financée par des industriels. Et le fait que ces industriels soient des amis du Président rend la situation encore plus problématique. Ils exercent forcement une pression sur les journalistes, qui doivent faire du chiffre, du rendement et plus seulement se contenter d'informer.
Cela n'a rien avoir avec le fantasme classique du coup de fil au rédacteur en chef, mais il existe des formes de pression insidieuses. C'est pourquoi je trouve indispensable, aujourd'hui, de développer la notion de droit à l'information.
Peine de mort Etats-Unis : Le New Jersey vote l'abolition
NOUVELOBS| 14.12.2007 | 09:36
Cet Etat de l'est des Etats-Unis est le premier à abolir la peine capitale dans le pays depuis 1965, et le 14e sur la liste des Etats où la peine de mort n'est plus en vigueur.
L'Assemblée (chambre basse) du New Jersey a adopté, jeudi 13 décembre, un projet de loi abolissant la peine de mort, faisant de cet Etat le premier des Etats-Unis à se prononcer en ce sens par un vote depuis plus de 40 ans.
Les représentants ont approuvé par 44 voix contre 36 le texte qui remplace la peine de mort par la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Le Sénat de l'Etat l'avait voté lundi, et le gouverneur démocrate Jon Corzine a d'ores et déjà annoncé qu'il signerait la loi d'ici une semaine.
La loi a été votée notamment sur la base du rapport d'une commission spéciale du New Jersey, rendu public en janvier, selon lequel la peine de mort coûte plus cher que la perpétuité, n'empêche pas les meurtres, et risque de coûter la vie à des innocents.
"La société sera mieux servie en ayant une issue claire et certaine pour les individus qui commettent ces crimes haineux", a estimé le gouverneur Jon Corzine jeudi. "C'est ce que nous faisons, je pense, en faisant en sorte que des individus seront emprisonnés sans possibilité de libération conditionnelle".
L'Iowa et la Virginie occidentale - Les derniers Etats à avoir aboli la peine de mort sont l'Iowa et la Virginie occidentale, en 1965, selon la Coalition nationale pour l'abolition de la peine de mort.
Le New Jersey avait réinstallé la peine capitale en 1982, six après la décision de la Cour suprême d'autoriser la reprise des exécutions après les avoir pourtant jugées anticonstitutionnelles en 1972. Aucun condamné à mort n'a toutefois été exécuté dans le "Garden State" depuis 1963, et les exécutions y étaient interdites depuis une décision de justice en 2004 obligeant les autorités à revoir les procédures de mise à mort. L'Etat ne l'a jamais fait.
Huit hommes épargnés - La loi votée jeudi va épargner la peine capitale à huit hommes attendant d'être exécutés.
Les républicains avaient tenté d'obtenir que la peine de mort soit conservée pour les meurtriers de représentants des forces de l'ordre et d'enfants, les terroristes et les violeurs. Mais l'idée a été rejetée par le Sénat, et l'Assemblée de l'Etat est contrôlée par les démocrates.
Pour le représentant républicain Richard Merkt, le vote de jeudi est "une victoire pour les meurtriers et les violeurs". "Ça ne sert pas les familles. Ça ne sert pas la société du New Jersey. Ça ne sert pas la justice", a-t-il estimé.
Aux Etats-Unis, 1.099 personnes ont été exécutées depuis la décision de la Cour suprême de réinstaller la peine de mort en 1976. D'autres Etats réfléchissent à une abolition, mais aucun n'est allé aussi loin que le New Jersey. Selon le Centre d'information sur la peine de mort, 37 Etats autorisent la peine capitale. (AP)
Climat Bali - le texte final proposé jugé "scandaleux" par l'UE et les pays en développement
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters 14 Décembre 2007
La conférence de Bali sur le climat a dépassé le délai du vendredi 14 décembre, midi, heure locale (5 heures, heure de Paris), que lui avait fixé l'ONU la veille, sans perspective d'accord, après un nouveau texte jugé "scandaleux" par les pays en développement et l'Union européenne notamment.
Cette heure limite de "midi" avait été arrêtée jeudi par le patron de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques (CNUCC), Yvo de Boer, pour tenter d'accélérer les discussions. La conférence doit théoriquement être conclue à 18 heures, heure locale (11 heures, heure de Paris).
Vendredi matin, M. de Boer misait malgré tout sur "un sentiment d'urgence croissant" pour convaincre les délégations de sortir de l'impasse et finaliser un accord pour lancer les négociations sur le futur régime de lutte contre le réchauffement, après expiration de la première phase du protocole de Kyoto en 2012. "Il y a une telle pression de l'opinion publique, je ne crois pas que les ministres [de l'environnement] vont quitter cette conférence sans lancer un processus et tout le monde travaille très dur : personne ne veut être le pays qui a tout fait rater", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
CONSENSUS DIFFICILE Mais le dernier texte soumis par la présidence indonésienne de la conférence est loin d'avoir calmé les esprits. Toute référence chiffrée et spécifique aux recommandations des experts du climat a disparu. Plus aucune référence n'est faite dans le préambule aux travaux du Groupe d'experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat (GIEC) ni à une réduction de 25 à 40 % des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés d'ici à 2020, qui n'étaient pourtant pas présentés comme un objectif mais une "ligne directrice", selon le texte.
A la place, il est seulement noté que les émissions doivent "culminer d'ici dix à quinze ans pour être ensuite réduites à des niveaux très bas, bien en dessous des niveaux de 2000", sans adosser cette recommandation au GIEC, comme l'exigeait spécifiquement l'Union européenne. Le ministre de l'environnement allemand, Sigmar Gabriel, a confirmé, avant le début des travaux, que "l'UE reste sur sa position qui est d'obtenir une référence aux travaux du GIEC". pour sa part, le ministre français, Jean-Louis Borloo, a explicitement souhaité que la mention des "25/40" figure dans l'accord "pour envoyer un signal ambitieux".
La nouvelle version a été jugée "scandaleuse par la Chine et le G77" (qui regroupe les pays en développement), mais aussi par l'Union européenne et la Nouvelle-Zélande, dont le représentant a jugé qu'on "ne peut pas diluer à ce point nos ambitions", a rapporté à l'AFP un délégué européen. En revanche, la chef de la délégation américaine, "Paula Dobriansky, [dont le ministère est hostile à toute référence chiffrée], a vivement remercié la présidence indonésienne pour sa nouvelle proposition", a-t-il poursuivi.
Pour sortir de l'impasse, l'Indonésie a chargé les ministres australien et argentin, qui président un groupe informel "des amis du président" composé d'une vingtaine de ministres, de rechercher un consensus. Et compte tenu des divergences entre l'UE et les Etats-Unis, "essayer de trouver quelque chose au milieu qui les rendent tous heureux".
Les ONG accusent les Etats-Unis d'avoir torpillé la conférence de Bali par leur position intransigeante et d'avoir soumis "une proposition qui revient à ne pas agir du tout contre le changement climatique", selon James Leape, directeur général du WWF.
Lancement du projet MediaPart, pour la liberté et le pluralisme de l'information sur le net.
PARIS (AFP) - 14/12/07
Ils viennent d'une presse écrite mal en point et pensent qu'Internet peut redonner du tonus au journalisme indépendant et d'enquête.
Après le site Rue 89, tandis que le site Bakchich se dévoile, un autre projet prend tournure.
Ce projet, né de la rencontre entre des professionnels du journalisme et des spécialistes du Web, parmi lesquels Edwy Plenel, François Bonnet, Laurent Mauduit et Benoît Thieulin.
Présenté sur le site mediapart.fr , ce projet de site d'information participatif, financièrement indépendant et exigeant éditorialement, cherche à inventer une réponse ambitieuse "aux trois crises – démocratique, économique, morale – qui fragilisent l'information en France.
Pour voir le jour d'ici mars 2008 et avoir les moyens de rester indépendant, MediaPart fait appel aux pré-abonnements, pour un montant de 9 € par mois (de 5 € pour les moins de 25 ans et les chômeurs).
Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du quotidien Le Monde, organisait mercredi une soirée de présentation de son projet de site d'information payant MediaPart.fr. "Nous sommes au début de l'aventure. Le journal en ligne ne devrait pas être lancé avant mars 2008", a indiqué à l'AFP M. Plenel. "Nous préférons partir avec les reins solides", a-t-il déclaré."D'ici la fin de l'année, nous aurons réuni 3 millions d'euros", ajoute le journaliste qui s'est fixé un objectif de 4 millions d'euros pour mettre le projet sur de bons rails.
En attendant, un pré-site détaille la philosophie du projet et l'équipe en cours de constitution (25 journalistes pourraient être recrutés). Benoît Thieulin, qui a animé la campagne internet de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, apporte son savoir-faire en matière de web.
"Nous voulons revenir à un journalisme debout, où l'on n'est pas prisonnier de son écran. Nous voulons enquêter", a déclaré M. Plenel, qui a quitté Le Monde en 2005.
A l'encontre du "dogme de la gratuité" qui prévaut sur internet, Plenel a choisi de faire payer les internautes pour "l'information à forte plus-value" que se propose d'apporter le site. L'abonnement devrait être de 9 euros par mois (5 euros pour les moins de 25 ans et les chômeurs).
Le site Rue 89, lancé le 6 mai dernier par quatre anciens de Libération, a opté, lui, pour un accès gratuit. Démarré grâce aux indemnités de départ des fondateurs et le soutien d'amis, Rue89.com "commence à engranger des recettes publicitaires", a indiqué à l'AFP Pierre Haski, l'un des fondateurs. "Nous commençons à rentrer dans les écrans radar", estime M. Haski en ajoutant que le site enregistre 450.000 visites uniques par mois, selon l'institut Nielsen. Après sept mois d'existence, "nous sommes encore un petit Poucet mais nous sommes plutôt en avance sur nos objectifs", dit-il.
Rue89 tourne avec quinze personnes dont dix journalistes et des contributions extérieures. "Nous avons le sentiment que notre approche -mélanger journalisme professionnel et le côté participatif d'internet- est validée par un public", souligne M. Haski. Les journalistes relisent et vérifient les informations envoyées par les internautes. "C'est une garantie", ajoute-t-il.
Le site d'information satirique et polémique Bakchich est encore plus artisanal. Lancé il y a quinze mois notamment par Xavier Monnier, ancien du CFJ (Centre de formation des journalistes), Bakchich.info se veut un site d'information satirique et caustique. Le journaliste Nicolas Beau, qui vient de quitter Le Canard Enchaîné, a pris la direction de la (mini) rédaction.
Le site est gratuit mais il vient de rendre payant son hebdomadaire en pdf (1 euro par numéro), disponible le vendredi. "Nous avons 600 abonnés depuis novembre", déclare M. Beau.
Toutes les initiatives audacieuses qui tentent de changer la situation de la concentration de la presse méritent d’être soutenues, au nom de la liberté de l'information et du pluralisme.
Asnières L'audit accablant que l'élu veut enterrer
Par David Servenay (Rue89) 13/12/2007 13H24
Rue89 s'est procuré le rapport encore non-publié de la Chambre régionale des comptes sur la gestion d'Aeschlimann.
Voitures de fonction à gogo, frais d'avocats injustifiés, conflits d'intérêts autour de l'adjoint à l'urbanisme et délégations de service public illégales: les magistrats de la Chambre régionale des comptes (CRC) d'Ile-de-France dressent un rapport accablant de la gestion de la ville d'Asnières (Hauts-de-Seine).
Mais ce rapport, élus et habitants ne le verront pas avant de glisser leur bulletin dans l'urne en mars. Le député-maire UMP, proche de Nicolas Sarkozy, a tout fait pour que l'info ne filtre pas. Ce rapport, Rue89 l'a lu, en détails, et le publie intégralement.
Pour lire et télécharger le rapport :
http://rue89.com/2007/12/13/laudit-accablant-que-lelu-dasnieres-veut-enterrer
Manuel Aeschlimann refuse de faire le moindre commentaire, mais son directeur de cabinet avance le motif suivant:
"La date ordinaire (le 13 décembre 2007, ndlr) permettait de conserver au rapport son caractère technique et non politique et de ne pas être un élément de la campagne."
Au moins, les choses sont claires: le "rapport" ne doit pas entrer dans les débats de la campagne électorale. La lecture des quatorze pages des "observations définitives" de la Chambre régionale des comptes est pourtant fort instructive.
Jean-Louis Borloo mouille le caleçon pour planter du corail à Bali
BANGUNAN (AFP) - 13/12/2007
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, lors d'une visite jeudi d'un site de reconstitution de massifs coralliens à Bali, a quitté chemise et pantalon pour aller planter un morceau de corail sur le fond marin.
Ce plongeon n'avait pas été prévu, comme l'a fait remarquer M. Borloo qui n'avait pas emporté avec lui de maillot de bain. Il s'est jeté à l'eau en caleçon et avec un masque.
Le ministre participe à Bali aux négociations clé pour tenter de jeter les bases d'un régime climatique prolongeant après 2012 le protocole de Kyoto.
Les discussions semblaient jeudi proches de l'impasse et M. Borloo a eu des mots sévères pour la position des Américains.
Il a estimé que certains refus de transfert des technologies propres vers les pays émergents se fondaient sur des raisons "incompréhensibles".
"Comment le plus grand (pays industrialisé) du monde peut dire à sa jeunesse qu'il n'aurait pas les capacités technologiques pour faire un progrès propre alors que c'est un levier de croissance évident?", s'est interrogé le ministre.
"On est vraiment sur un sujet d'incompréhension extrêmement fort", a-t-il ajouté.
Il a du glisser ! Ou vouloir épater des journalistes en mal de copie...
