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-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

mardi 11 décembre 2007

Vous avez dit privilégiés ?

Par Jacques Gaillard, écrivain.

Ou la nécessité de distinguer les privilèges bateaux des bateaux des privilégiés.

Vous avez dit privilégiés ?

Soyons clairs : les cheminots et consorts, en faisant grève, emmerdent l'immense majorité des Français. Mais ils rendent surtout un sacré service au pouvoir en place. Grâce à eux, il est devenu absolument indécent de poser une question cruciale : qui est privilégié en France ?

Les grèves actuelles semblent accréditer l'idée que le privilège, c'est un contrat de travail spécifique, un statut procurant une protection particulière, une garantie d'emploi, de bonnes conditions d'accès à la retraite. Certes, les « cheminots » (comme si ce mot n'avait pas, en soi, terriblement vieilli...Il pue le charbon !) n'exercent certainement pas le pire des boulots, et ils sont carrément odieux lorsqu'ils évoquent des conditions de travail pathétiques : des millions de Français ne dorment pas tous les jours chez eux, passent des week-ends au poste, assurent des gardes et assument des responsabilités, et tout cheminot peut s'en rendre compte lorsque, frappé d'une crise lors de son shopping un dimanche matin dans la zone économique de son patelin, il trouve des infirmières en ordre de marche, de l'essence pour son auto, des renseignements sur son téléphone et mille autres damnés de la terre à son service (public). La pénibilité du travail des contrôleurs de trains, laissez-nous rire : c'est sur des blagues pareilles que les démolisseurs sociaux de la droite ont beau jeu de moudre leur grain. Mais revenons à la question : qui est privilégié ? Au niveau de salaire de ces travailleurs du train, il est absolument impossible de parler de privilège. Mais il faudrait en dire autant de dix ou douze autres millions de travailleurs.

Je sais, le terme fait vieille gauche rouge, mais il a un sens.

Petite définition
Car un privilégié, si l'on cherche une définition, c'est justement celui dont les revenus et le rang social sont sans commune mesure avec son travail, ses compétences ou son utilité sociale. C'est quelqu'un qui a le bonheur de gagner dix mille euros en déplaçant une épingle, alors que d'autres, pour déplacer une tonne, en gagneraient cinquante.

C'est le dentiste qui, travaillant trois jours par semaine, revend impunément une prothèse douze fois le prix qu'il l'a payée au prothésiste (il « a des frais »), en aggravant au passage la note pour une mutuelle, et se demande ensuite s'il rachète une deuxième grosse BMW ou s'il prend l'option « cris de bêtes d'Afrique » dans son 4x4. Allez donc, après ça, chicaner à un cheminot une prime pour travail la nuit de Noël...

C'est le cadre très supérieur qui, comme plus d'un tiers des zozos de ce calibre, n'est à la tête de revenus annuels proches du demi-million d'euros, que par héritage (l'héritage de situation, disent toutes les études, est un facteur de recrutement supérieur à tous les MBA en France : regardez les noms des intéressés, feuilletez l'annuaire du MEDEF, on se croirait au Bal des Débutantes ou entre deux pages du Who's who). Allez donc reprocher aux enfants de cheminots d'avoir pu, pendant des années, bénéficier de conditions facilités de recrutement.

Le privilégié, c'est celui dont l'argent a si peu d'odeur qu'il peut l'entasser sans craindre le fisc, en accumulant les SCI à but lucratif, les studios en cours de paiement, les investissements sous les tropiques, les sociétés bidons aux soldes d'exercices perpétuellement négatifs. Allez donc froncer le sourcil sur les fiches de paie des conducteurs de train.

Nous marchons sur la tête. Quand on voit le niveau du marché immobilier à Paris ou sur la Côte d'Azur et le nombre de transactions supérieures à 1 million d'euros que réalisent des particuliers chaque jour, peut-on envisager qu'en travaillant deux ans de moins, les « régimes sociaux » vont ruiner la France ? Mieux : on stigmatise les artistes et les footballeurs grassement payés, mais que dire de tous ceux qui ne se sont donnés que la peine de naître, avec un patrimoine copieux et des rentes de situations qui les conduisent à la tête de sociétés qu'ils n'ont pas bâties et qu'ils ne dirigent pas vraiment, dans des conseils d'administration où ils traînent leur bleu-croisé comme ces vicomtes de jadis aéraient leurs dentelles, grands dépendeurs d'andouilles soucieux d'avoir leur photo dans Voici après avoir licencié deux mille personnes, ou d'ouvrir un musée d'art contemporain dont chaque pièce, chaque carreau, chaque centimètre carré, si l'on y réfléchit, a été payé par tous ceux qui, depuis trois générations, ont bossé pour la famille. Qui oserait dire, pourtant, à la télé, à une heure de grande écoute, dans un de ces débats assommants où Jacques Marseille ricane et où l'UMP de service parle d'équité, que les dirigeants et les clients de LVMH sont plus privilégiés que les cheminots du dépôt d'Ivry ?

Les jouisseurs de richesse
Cet été, je regardais le port de plaisance de La Ciotat. Je m'y connais un peu en bateaux, j'ai une barcasse de 4m70 pour aller pêcher les girelles. Dans cet entassement de coques ensommeillées (la plupart ne sortent qu'un jour ou deux par an, en moyenne, évidemment), j'ai compté soixante-quatre « unités » dont le prix dépassait à l'évidence, hors entretien, le niveau de l'ISF. Et le double, si l'on se place à 500 000 euros. Je suppose que les heureux possesseurs de ces beautés ne logent pas dans la rue, et j'aurais tendance à penser qu'ils ont une villa plutôt qu'un modeste deux-pièces. Le prix mensuel de l'« anneau » peut atteindre un SMIC, ce qui donne à penser que leurs revenus autorisent cette ponction. Comptez une cinquantaine de ports de ce calibre entre Marseille et Nice, plus Marseille, plus Nice ; même chose pour le Languedoc, la côte Atlantique, la Corse, les ports étrangers. Bref, rien qu'à scruter les ports de plaisance, on se demande comment il se fait que si peu de foyers paient l'ISF en France. Et qui possède ces splendeurs (qu'évidemment, je jalouse : il faut assumer ses désirs) ? Des profs ? des infirmiers ? des cheminots ? des fonctionnaires ? Ah non, ils ont d'autres privilèges, dit-on en Sarkoland. Ils ont la garantie de l'emploi, ces salauds.

Je repose la question : qui achète ces trucs ? Eh bien, je suis allé questionner un marchand. Figurez-vous que ce marché roule sur les professions libérales (pas mal d'avocats et de notaires, tous les radiologues, beaucoup de médecins : il était temps que l'on augmente leur consultation de 10%), sur les gros commerçants (on sait que ce sont des damnés de la terre, voués à des retraites pitoyables), des « entrepreneurs » (de construction) et sur des « gens de l'immobilier ». Plus une faune indéfinissable de gens qui « ont les moyens », que ce soit parce qu'ils vendent de l'andouille en gros, parce qu'ils exploitent un domaine viticole hérité, parce qu'ils ont des parts dans une société. Bref, moins ils travaillent, plus ils empochent. Je ne ris pas et je te mets au défi, toi qui me lis en me traitant de vieux bolchévik, de prouver le contraire. Mieux : budget de la santé, hausse des prix, gouffre des investissements publics, crise du logement, abus de biens sociaux et tyrannie des bénéfices financiers, mettez les maux dont nous souffrons en relation avec les sources de revenu de ces bienheureux. Ils se disent, pour certains, « créateurs de richesse ». C'est faux : ils jouissent de la richesse qu'on crée pour eux. Nous sommes au-delà de la rétribution, et même du profit légitime : sachez-le, notre pays a un cancer, c'est cette inégalité des destins, et il y a là une bombe.

Le bateau de la République coule à pic
Alors on comprend que cela vaut le coup, pour les défenseurs de la France-gling-gling, celle qui pète au Fouquet's et roucoule désormais à l'Elysée, de se payer les régimes spéciaux en grande urgence : ils ont l'opinion pour eux, le faubourg Saint-Germain peut compter sur le Kremlin-Bicêtre pour taper sur le privilégié du dépôt Saint-Lazare. Et pendant ce temps, travaillant plus pour gagner plus, le fils Machin des Tubes et Roulements Machin, grâce à une OPA amicale, gagne en huit secondes ce qu'un cheminot gagnerait en huit cents vies.

Le malheur, c'est qu'on se vautre dans les rituels d'une grève poisseuse, avec ses « otages » et ses « galères », ; avec ses micro-trottoirs et ses micros-quais pleins de haine ou de résignation : pas un mot, dans le commentaire journalistique, pour situer la vie des privilégiés de la SNCF, de GDF et d'EDF (qui ne paient pas leurs factures d'énergie, les salauds !) en la comparant à celle de vrais privilégiés. La mauvais habitude est prise : on admire trop les riches, désormais, pour se demander si leur richesse est légitime. Nous sommes intoxiqués. Nous sommes complices. Nous sommes foutus. Le char de l'Etat roule dans la joncaille, et le bateau de la République, qui carburait au social, coule à pic dans les vagues du yacht de Bolloré. Plouf !

 

 

Posté par OhM_ à 21:11 - ===> Tribune ouverte - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Kadhafi à l'Assemblée nationale

NOUVELOBS 11.12.2007 | 12:02

Au deuxième jour de sa visite en France, le dirigeant libyen s'est rendu ce matin au palais Bourbon, pour une rencontre avec des parlementaires, boycottée par l'opposition.Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi est arrivé mardi 11 décembre à 11H45 à l'Assemblée nationale, dont il devait rencontrer le président Bernard Accoyer, avant une réception boycottée par la gauche mais aussi une partie de la majorité,.

Le colonel Kadhafi doit rester environ une heure dans l'enceinte du Palais-Bourbon mais il ne s'exprimera pas, malgré le souhait qu'il avait exprimé, dans l'hémicycle, comme cela est parfois le cas de certains chefs d'Etat (Bill Clinton, Abdelaziz Bouteflika, Juan Carlos d'Espagne).


Mouammar Kadhafi s'entretiendra également dans l'après-midi avec des personnalités intellectuelles dans les salons du Ritz, un palace parisien, avant de prononcer une allocution, à l'Unesco, devant des membres de la communauté africaine en France.

Nouvelle rencontre avec Sarkozy mercredi Mouammar Kadhafi est arrivé en France accompagné d'une forte délégation comprenant notamment des dizaines de membres de sa garde personnelle, dont quelques-unes de ses célèbres "amazones", des jeunes femmes assurant sa sécurité.
Le dirigeant libyen doit de nouveau être reçu mercredi par le président Sarkozy. Il reprendre le chemin de Tripoli samedi.

Il a été accueilli à son arrivée, sur le perron de l'Hôtel de Lassay, résidence officielle du président de l'Assemblée, par la garde républicaine à pied placée de part et d'autre d'un tapis rouge.

Après l'annonce lundi de la signature de plusieurs milliards d'euros de contrats, cette visite à l'Assemblée constituera le temps fort de la journée pour le "guide" libyen.

Posté par Kozett à 12:40 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Colombie - Les Farc, polies, «remercient» Sarkozy sans donner suite

Libération : mardi 11 décembre 2007 De notre correspondant à Bogotá MICHEL TAILLE

Dans une interview concédée à chaud à deux réalisateurs français, un important commandant guérillero des Farc écarte toute libération unilatérale d’Ingrid Betancourt, en réponse au message de Nicolas Sarkozy la semaine dernière. Il affirme aussi que la situation des otages a empiré ces derniers mois. Plusieurs seraient en mauvaise santé.

Pas de libération dans l’immédiat. Le président français en avait fait le «rêve», mercredi, dans un enregistrement adressé à Manuel Marulanda, le plus haut dirigeant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Deux documentaristes, Philippe Lobjois et Gilles Pérez, ont filmé la réaction d’un chef guérillero au moment même de la diffusion du message sur la télévision colombienne, dans une fermette de planches isolée dans les montagnes. «Camilo», un des commandants d’une unité «d’élite» des Farc, la colonne Teofilo Forero, s’y exprime avec l’aval de sa hiérarchie. Il remercie Nicolas Sarkozy de s’adresser «avec respect» à son «leader historique». Mais il écarte la possibilité de relâcher sans contrepartie la Franco-Colombienne, otage des Farc depuis février 2002. «Toute libération se fera dans le cadre d’un accord négocié» et global, explique-t-il. «Ce qu’il semble totalement exclure dans l’immédiat», ajoute Lobjois.

Selon «Camilo», les conditions de détention des quelque 45 otages politiques et militaires comme Ingrid Betancourt ont empiré depuis six mois, des suites d’une «offensive d’extermination» de l’armée. Il reconnaît que les guérilleros sont obligés de se déplacer «tous les deux ou trois jours», et qu’ils doivent parfois enchaîner leurs otages. «Nous faisons tout pour protéger leur vie, assure-t-il. C’est dans notre intérêt.» Mais il confirme que les ravisseurs ont l’ordre d’exécuter leurs prisonniers plutôt que de laisser l’armée les libérer.

Pas de réponse à Uribe. Le président colombien, Alvaro Uribe, a proposé vendredi de négocier avec les Farc dans une «zone de rencontre» neutre de 150 km². Sur ce sujet, «Camilo» reste évasif et annonce un prochain communiqué officiel de la direction des Farc. Pour Uribe, la zone en question devrait être délimitée dans une région avec «pas ou très peu de population» et aucune garnison existante, et les négociateurs y entreraient sans armes. Jusqu’ici, la guérilla exige une zone cinq fois plus grande et refuse de se déplacer sans escorte. Uribe a demandé à l’Eglise colombienne d’être la médiatrice «exclusive» pour faire avancer cette proposition. Il écarte ainsi toute intervention étrangère : celle de son voisin vénézuélien Hugo Chávez, à qui il a brusquement retiré sa mission le mois dernier, tout comme celle de Sarkozy, invité la semaine dernière à être un simple «accompagnateur» et «allié».

Plusieurs otages seraient malades. Selon des informations qui ont filtré lors la médiation avortée de Hugo Chávez, confirmées par le procureur général colombien, cinq à dix prisonniers des Farc seraient en mauvaise santé. Uribe a demandé dimanche que le Comité international de la Croix-Rouge puisse apporter des soins à ces otages. Yves Heller, porte-parole de l’organisme en Colombie, a confirmé qu’un contact était établi avec la guérilla dans ce but. «Mais, pour l’instant, nous n’avons pas reçu le feu vert.» 

Posté par Kozett à 11:09 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les classes moyennes ont peur du déclassement

Challenges.fr | 10.12.2007 |

Selon une enquête du Credoc, la situation des classes moyenne se rapproche davantage de celle des bas revenus que de celle des hauts revenus.

Le Credoc publie, lundi 10 décembre, dans le cadre de ses recherches sur l’évolution des conditions de vie en France depuis 25 ans, les résultats d'une enquête comparant la situation des hauts revenus (les 20% de la population touchant le plus), des bas revenus (les 20% de la population touchant le moins) et des classes moyennes.


Une enquête qui fait notamment apparaître une forte peur du "déclassement" chez les classes moyennes: 76% des personnes interrogées déclarant y appartenir expriment cette crainte concernant leurs enfants, contre 70% des bas revenus et 71% des hauts revenus.

Le taux de chômage fait exception
Globalement, un seul indicateur essentiel rapproche la situation des classes moyennes de celle des hauts revenus: le taux de chômage déclaré par les participants à l'enquête, qui est de 12%, contre 6% pour les hauts revenus et 34% pour les bas revenus. Les classes moyennes connaissent une baisse du chômage déclaré dès 1998, alors que cette baisse n'intervient qu'au début des années 2000 pour les hauts et bas revenus.


Pour le reste, la situation des classes moyennes se rapproche davantage de celle des bas revenus. C'est notamment le cas en ce qui concerne les restrictions budgétaires (69% déclarent en opérer, contre 76% pour les bas revenus et 37% pour les hauts revenus), la perception de l'évolution du revenu depuis 2001, le fait d'être possesseur de son logement ou de valeurs mobilières, d'un micro-ordinateur ou d'une connexion internet.


On retrouve aussi le clivage entre les hauts revenus d'un côté, les classes moyennes et les bas revenus de l'autre, dans les pratiques culturelles (cinéma, théâtre, spectacles, musées…) ainsi que dans l'état de santé: 16% des personnes interrogées appartenant aux classes moyennes estiment leur état de santé insatisfaisant par rapport aux gens de leur âge, contre 21% pour les bas revenus et 7% pour les hauts revenus.

Posté par werdna à 00:26 - Solidarités - Social - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le Conseil d'Etat annule un arrêté gelant les tarifs du gaz

Challenges.fr | 10.12.2007

Décision prise sur requête du fournisseur indépendant d'énergie Poweo, la juridiction considérant que le tarif avait été fixé à un niveau trop bas.

Suite à une requête de Poweo, le Conseil d'Etat a annulé, lundi 10 décembre, un arrêté du 29 décembre 2005 par lequel le gouvernement avait décidé de geler les hausses de tarifs du gaz, et ce malgré un arrêté du 16 juin de la même année qui prévoyait une hausse d'au moins 2,5% au 1er janvier.
Il a jugé cet arrêté "illégal", les modifications tarifaires incluses ne permettant pas d'ajuster les tarifs du gaz aux coûts d'approvisionnement de GDF: "le tarif du gaz ayant été fixé à un niveau manifestement trop bas, l'arrêté est rétroactivement annulé".

"Prendre en compte les coûts d'approvisionnement"

Poweo avait saisi en référé le Conseil d'Etat pour demander la suspension de cet arrêté, faisant notamment valoir que "le gel des tarifs, combiné avec l'augmentation des coûts d'approvisionnement en gaz, avait pour effet de rendre sa marge négative".
En février 2006, le Conseil d'Etat avait rejeté, sans se prononcer sur le fond, cette demande en référé.
Aujourd'hui, le fournisseur d'énergie se félicite de la décision prise en estimant que "désormais les arrêtés qui fixent les tarifs du gaz doivent prendre en compte les coûts d'approvisionnement de GDF".

Posté par werdna à 00:19 - Energies - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L’utopie d’un média fait par le peuple est devenue réalisable

Par Patrice van Eersel –  site de Nouvelles Clés - extraits

Un média fait par le peuple, dans le peuple et pour le peuple ?

Une vieille utopie, qui a multiplié les plantages... avant de devenir soudain accessible.

L’avènement du web et son incalculable influence sur l’univers des médias - donc sur nos vies à tous, est de moins en moins séparable de la médiatisation générale du monde et, pour une fois, pas forcément dans le sens de la chosification aliénante et de la société du spectacle. L’idée d’échapper à la machination générale du formatage télé et de la normose du spectacle manipulé n’a jamais cessé de hanter les esprits assoiffés de vie.

Un canard qui a nourri l’utopie d’une information conçue et réalisée par le peuple et pour le peuple fut Charlie hebdo. Dans L’An 01 de Gébé, l’une des grandes utopies était que les gens faisaient leurs médias eux-mêmes. Comment ? À cette époque, il n’existait pas encore de micro-ordinateurs et encore moins d’internet. Alors, Gébé rêvait qu’avaient fleuri, un peu partout, des radios libres (idée vivement défendue, en ces temps de monopole de la radio d’État ORTF. Et Gébé imaginait que tout le monde pourrait alors se pointer librement dans n’importe quel studio radio, pour y raconter à l’antenne, en direct, ses désirs, ses visions, ses histoires drôles, ses suggestions.

Un quart de siècle plus tard, les fous furieux qui dirigent les États, les armées, les gros labos, etc. sont certes toujours bien aux gouvernes, c’est dans l’ordre des choses. Mais un étrange réseau planétaire est apparu, qu’ils ne parviennent pas vraiment à contrôler, même si certains d’entre eux y gagnent des milliards et s’ils ont demandé aux pros de leurs départements de Recherche & Développement de trouver de moyens de contrôler au maximum l’esprit libertaire qui hante Internet. Car cet esprit, qui fut à l’origine du net, à l’air de vouloir tenir bon.

D’habitude, l’idéalisme des fondateurs est vite submergé et corrompu par le conservatisme des « réalistes » qui prennent les choses en main. Prenez les Radios libres... La bande FM a été littéralement sucée par le fric et les majors. Vingt-cinq ans plus tard, très rares sont les radios restées associatives (comme, à Paris, Aligre FM ou Radio Enghien). La marchandise spectaculaire n’a eu qu’à étendre ses longs doigts et tout s’est retrouvé formaté dans une caricature de ce que, jadis, on appelait les « radios périphériques » (Europe, RTL, RMC émettaient depuis l’étranger). Pas forcément antipathiques, mais truffées de pubs et obéissant au conformisme de l’establishment politico-médiatique - essayez donc d’y balancer une véritable critique de la médecine, des gros labos, ou de l’idéologie qui règne sur l’université et la science, toute la nomenklatura vous tombera dessus ! Mais voilà : une sorte de « miracle » semble se produire, ailleurs. Sur le web. La toile. Le net.

En un quart de siècle, s’est mis en place un réseau mondial rigoureusement imprévisible : les futurologues des années 50 et 60 n’avaient carrément pas imaginé que puisse exister un jour quelque chose comme le micro-ordinateur ! Je reprends les chiffres de Sylvain Michelet dans notre Grand Livre de l’Essentiel, sur l’irrésistible croissance de la Toile :

  1971 : création d’Arpanet, 23 ordinateurs reliés, transmission 50 Kbits/s.
  1973 : invention du Protocole TCP/IP pour relier des réseaux (internetting).
  1979 : fondation du premier groupe de discussion (Unix User Network : USENET).
  1983 : 213 ordinateurs connectés dans le monde.
  1990 : 1,4 millions ordinateurs connectés.
  1992 : invention du web (www).
  2000 : 500 millions d’internautes dans le monde.
  2005 : 890 millions d’internautes (25 en France), 45 millions de serveurs (dont 2500 piratés chaque jour), 45 millions de sites, 3 milliards de pages...
  2006 : plus d’un milliard d’ordinateurs et d’internautes...

Or donc, ce réseau, désormais fondamental dans la vie de milliards de Terriens, même s’il s’est très naturellement chargé de marchandises, semble vouloir continuer à garder ouverte la possibilité que s’y déploie la libre expression et créativité de chacun. Le phénomène blog (dix millions de journaux intimes en ligne rien qu’en France) traduit-il autre chose ? Certes, la « blogosphère » est traversée par des tropismes de masse qui font penser à la société du spectacle ordinaire, avec des blogs de stars qui attirent des centaines de milliers, voire des millions de visiteurs, quand d’autres restent aussi isolés qu’en rase campagne.

Mais l’observation quotidienne des jeunes générations qui m’entourent me donne une formidable envie d’y croire. Qui a dit que les machines à communiquer signifiait en réalité le règne de la non-communication ? Ne voyez-vous pas les nouvelles générations se parler d’un bout à l’autre de la planète, bien davantage que les humains ne le firent jamais ? Ne les voyez-vous échanger en ligne des confidences inimaginables jadis ? Et leurs blogs ? J’ai vu ceux de l’expérience Taovillage, dont le site diffuse depuis près de dix ans l’approche du Jeu du Tao (s’entraider à accomplir ses désirs) littéralement exploser (au sens vivant du mot !) et, chose stupéfiante, totalement échapper au contrôle de ses promoteur initiaux... L’’utopie du Libé d’il y a trente-trois ans (un média par le peuple, dans le peuple, pour le peuple) est-elle devenue réalisable ? On dirait bien que oui.

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PC : tenter de durer ou se dissoudre ?

Ouest-France 10/11/07 - J.-Y. B.

Le Parti communiste a tenu, ce week-end, une assemblée extraordinaire qui laisse ouvertes toutes les options quant à son avenir.

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« Il faut écrire une nouvelle page du communisme », a déclaré, hier, Marie-George Buffet, en clôturant deux jours de débats, en présence de quelque 1 200 délégués réunis à l'Arche de la Défense. Écrire une nouvelle page ou tourner la page de l'histoire du Parti communiste français ? Certains dirigeants penchent pour la deuxième option. Après la débâcle présidentielle de 2007, qui a vu la candidate secrétaire nationale plafonner à moins de 2 %, le PC peut-il continuer à « persévérer dans l'être » ?

Identité très floue

Pour le porte-parole du Parti, Olivier Dartigolles, le communisme est un « déterminant essentiel », mais il « renvoie massivement, dans la société, à des expériences historiques qui se sont effondrées et des expériences actuelles qui suscitent débats et critiques ». Certes, le PC détient encore quelques bastions municipaux, d'ailleurs menacés, dans l'ancienne « ceinture rouge » de Paris mais, au-delà de l'interrogation sur une identité devenue très floue, c'est la question même de son maintien comme parti autonome qui est posée et qui le sera lors de son congrès, à la fin de l'année 2008.

« Deux cohérences s'opposent, estime Dominique Grador, proche de l'ancien ministre Jean-Claude Gayssot. Ceux qui veulent continuer le PCF en revoyant son projet et ceux qui veulent la création d'une nouvelle force politique en s'émancipant de la matrice communiste ».

Le courant rénovateur est favorable à cette deuxième solution qui intégrerait une sensibilité communiste dans une nouvelle organisation plus large. Les orthodoxes refusent toute idée de dissolution du PC ou de dilution dans une autre formation. Un texte de compromis a été adopté, hier, par 72 % des voix contre 20 %, laissant toutes les options ouvertes, du simple dépoussiérage à la création d'une nouvelle force. « Je pense que le communisme, c'est l'avenir », a déclaré le porte-parole des députés communistes, Alain Bocquet. Ils ne sont plus nombreux à partager un tel optimisme...

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Chez Acome, les salariés élisent leur patron

Ouest-France – 10/12/07 - Thierry HAMEAU

Première coopérative ouvrière de France, leader européen du câble, Acome fête ses 75 ans. La vieille dame du Sud-Manche reste jeune. En s'implantant dans les années quarante, Acome a donné un coup de fouet économique au Sud-Manche.

Heureux salariés d'Acome à Mortain. Tous les ans, ils élisent des dirigeants qui, eux-mêmes, votent pour le PDG. Autre singularité, ils bénéficient de salaires élevés pour la région et travaillent, au milieu des champs, dans une usine high-tech qui fabrique les fibres optiques indispensables à Internet. « L'histoire remonte au 4 août 1932, raconte son ancien directeur, Louis Kerguiduff, 80 ans. L'entreprise parisienne Électro câble fait faillite, ce qui lui interdit de postuler au marché d'État. » Ses dirigeants biaisent alors en créant l'Association coopérative d'ouvriers en matériel électrique (Acome).

En 1941, l'usine d'Argenteuil est bombardée et déménage à Mortain, dans une ancienne filature, acquise par précaution. Le début d'une grande histoire entre Acome et la ville. « Acome injecte chaque année 33 millions d'euros dans l'économie locale », rappelle l'actuel patron Régis Paumier. Leader dans le domaine des réseaux télécom, la coopérative est aussi très présente dans les câbles auto et TGV. « Notre chiffre d'affaires 2007 atteint 350 millions d'euros. Plus de la moitié est réalisée à l'exportation. » Le groupe possède deux usines en Chine, une au Brésil et emploie 1 400 personnes (dont 1 200 à Mortain).

Un brevet suisse

En 1950 pourtant, Acome vivote toujours avec 100 salariés. « Je situe le vrai décollage en 1952, avec l'arrivée des matières plastiques, reprend Louis Kerguiduff. Nous avons pris le risque d'acheter un brevet suisse sur l'isolation des fils bicolores. » La société coopérative investit dans le créneau tandis que les isolants plastiques se généralisent en France. Les bonnes relations entre Acome et les PTT font le reste. Elle passe de 1 000 m2 à 6 000 m2. Il faut recruter... Et déménager sur la commune voisine de Romagny.

« Les cultivateurs vendaient leur terrain mais nous imposaient d'embaucher le neveu ou le fiston. » Acome, c'est le poumon économique du Sud-Manche. « Après 1960, le PDG, Charles Lacroix, donne son vrai sens à la coopération. Catholique social, il insuffle une éthique d'entreprise. » Les ouvriers découvrent l'intéressement, la participation aux bénéfices (parfois 6 mois de salaires) et l'épargne salariale... « À cette époque, les salariés deviennent sociétaires de l'Acome... Ou sont licenciés ! »

Un autre pari est lancé en 2000 avec la création, coûteuse, d'une unité de fabrication de fibre optique. Pas de chance, la bulle Internet explose et Acome s'enrhume. Sept ans après, ce coup de froid est oublié. Acome recrute de nouveau. Et Internet à très haut débit est promis chez les particuliers manchois dès 2009.

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Les ministres élus pourront rester au gouvernement

NOUVELOBS.COM | 10.12.2007

François Fillon indique qu'"il n'y a pas d'interdit à priori" pour que les ministres qui seraient élus lors des élections municipales de mars puissent rester.

Alors que Nicolas Sarkozy s'est plusieurs fois positionné contre le cumul des mandats, François Fillon indique qu'"il n'y a pas d'interdit a priori" pour que les ministres qui seraient élus lors des élections municipales de mars puissent rester au gouvernement, dans un entretien lundi 10 décembre au journal Les Echos.

"Il n'y a pas d'interdit à priori", précise le Premier ministre. "Ce qui compte d'abord c'est leur nécessaire engagement dans l'équipe gouvernementale".
Près des deux tiers du gouvernement ont déjà annoncé leur intention d'être candidats pour les élections municipales de mars, alors même que Nicolas Sarkozy se dit défavorable au cumul des mandats dans le cadre d'une réforme des institutions.


Feu vert pour les cumulards à la bonne retraite. Rien ne leur interdit non plus de venir siéger le dimanche …. et même les autres jours sur le bancs de l’assemblée…

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Chez Conforama, on voudrait bien travailler plus

Marianne 10/12/07

Les salariés des magasins Conforama du groupe Pinault-Printemps-la Redoute sont en grève pour réclamer une augmentation immédiate des salaires, qui dépassent rarement le Smic.

Depuis une semaine, le magasin Conforama du Pont Neuf à Paris n'est plus chauffé. « Je travaille ici depuis 15 ans, les conditions de travail n'ont fait que se dégrader » nous explique une vendeuse. Depuis début octobre les employés - vendeurs, caissiers, décorateurs et chargés du dépôt - réclament une augmentation des salaires de 120 euros, une amélioration des conditions de travail, la possibilité de travailler les dimanches et surtout de la reconnaissance : « On se sent délaissés et méprisés, voire même discriminés pour certains ». Une journée de grève comme celle de samedi leur coûte entre 50 et 100 euros chacun, une somme importante quand le salaire le plus haut est de 2000 euros net par mois.

Responsable du rayon ménager, F. a 55 ans et travaille chez Conforama depuis 25 ans. En arrivant elle gagnait 3000 euros, mais ne gagne plus que 2000 euros : « aujourd'hui, s'exclame-t-elle, le slogan ici c'est travailler plus pour gagner moins. » Il y a encore dix ans, l'ambiance était très bonne, « c'était comme une famille » regrette une jeune vendeuse mobilier. Grâce à une aide patronale, elle vit dans le centre de Paris, mais avec un loyer de 600 euros et un salaire de 1200 elle ne peut même pas imaginer fonder une famille avec son fiancé, vendeur également : « J'aime mon métier, mais ces conditions me font tout remettre en question. » Diplômée d'une licence de langue, elle a arrêté les études en rencontrant son fiancé. En quinze ans, elle n'a jamais été augmentée.

Travailleurs précaires « On gagne peu et la pression est énorme, beaucoup dépriment, il y a même eu un suicide au centre de Bondy », poursuit F., l'une des plus anciennes. Elle aimerait pouvoir travailler les dimanches mais on le leur refuse. « Il n'y a aucune confiance entre les cadres et les employés, ils ne nous adressent pas la parole, nous manipulent et créent des conflits entre les vendeurs ». Les caissiers eux n'osent pas faire grève, avec les chargés de dépôts ils sont ceux qui gagnent le moins : à peine 1000 euros net par mois. Une misère pour J., au dépôt depuis cinq ans et pourtant titulaire d'un BTS en Communication des entreprises : « Conforama a été mon premier employeur et ma première déception. Je gagne entre 800 et 950 euros par mois, je travaille 35 heures et je suis seule à faire le boulot de trois personnes dans un hangar non chauffé». La CGT, l'unique syndicat représentée ici, exige l'ouverture de négociations et considère indécents l'ensemble des salaires : « Les réunions sont houleuses, en 35 ans je n'ai jamais vu une ambiance pareille, moralement c'est vraiment dur » explique M.Guez, délégué syndical et lui-même vendeur.

Depuis l'intérieur du magasin les cadres, qui remplacent les vendeurs pendant qu'ils manifestent, sont impassibles : « Ils ne nous soutiennent absolument pas et nous menacent de sanctions si on bloque les portes du magasin » continue-t-elle dépitée. F. renchérit et précise : « Ce sont les 35 heures qui ont fait baisser nos salaires, cette réforme nous a tué ».

Si le « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy serait ici le bienvenu, les employés de Conforama n'en voient toujours pas la couleur. Alors que le Président cherche à concilier et promet une augmentation rapide du pouvoir d'achat, le groupe Pinault paraît plus occupé à fabriquer des salariés pauvres et ,de surcroit, très en colère.

Posté par Kozett à 00:03 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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