mercredi 5 décembre 2007
Le jeune chimpanzé a meilleure mémoire que l'homme, selon une étude japonaise
TOKYO (AFP) - 04/12/2007
Les jeunes chimpanzés sont doués d'une mémoire extraordinaire, nettement meilleure que celle des humains, selon une étude de chercheurs japonais publiée mardi dans le journal américain Current Biology.
L'expérience, imaginée par des scientifiques de l'Université de Kyoto, a été réalisée plusieurs années durant sur neuf chimpanzés (trois femelles et leurs petits nés en 2000), et sur neuf humains étudiants à l'université. Les singes avaient préalablement appris à compter de un à neuf, et à remettre ces chiffres dans l'ordre lorsqu'ils apparaissaient de façon aléatoire.
Le test a consisté à montrer, pendant quelques fractions de seconde et dans le désordre, les chiffres 1 à 9 sur un écran d'ordinateur. Les chimpanzés et les humains devaient ensuite reconstituer l'ordre dans lequel ces chiffres étaient apparus.
Les performances jeunes chimpanzés, à la fois en termes d'exactitude et de vitesse, ont été nettement meilleures que celles des étudiants, même lorsque l'expérience était interrompue par des bruits stridents, affirme l'étude.
Selon l'équipe de scientifiques, dirigée par le professeur Tetsuro Matsuzawa de l'Institut de recherche sur les primates de l'Université de Kyoto, les résultats suggèrent que les humains avaient à l'origine les mêmes capacités de mémorisation que les chimpanzés, mais qu'ils ont perdu cette qualité au fil de l'évolution pour acquérir d'autres compétences.
"La capacité du cerveau est limitée. Peut-être que les humains ont renoncé à leurs anciennes compétences pour en acquérir de nouvelles, comme le langage", a expliqué le professeur Matsuzawa aux médias nippons.
"Cela se passera peut-être comme ça quand les petits deviendront adultes", a-t-il ajouté, indiquant que la mémoire des chimpanzés diminue avec l'âge.
la preuve : si notre mémoire etait meilleure nous n'aurions pas élu trois fois de suite un UMP à l'Elysée
Le Maroc veut voir l'Europe accroître la migration légale
RABAT (AFP) - 04/12/2007 12h37
Le Maroc veut voir l'Europe favoriser plus largement sa main-d'oeuvre légale afin de réduire la pression du chômage et d'accompagner économiquement les mesures drastiques prises par le royaume pour empêcher l'immigration clandestine.
L'immigration sera l'un des thèmes du sommet UE-Afrique les 8 et 9 décembre à Lisbonne.
"Pour (que l'on soit) sûr qu'elles rentreront au terme de leur contrat, les ouvrières doivent être mariées et mères de famille", explique à l'AFP le directeur général de l'Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences (Anapec). "Ces deux conditions de recrutement, imposées par l'employeur, sont pénibles mais, malgré tout, nous souhaitons élargir cette relation avec d'autres pays européens, outre l'Espagne", a ajouté Hafid Kamel.
L'Espagne a renforcé la migration légale en provenance du Maroc en recrutant en 2008 12.000 ouvrières, contre 9.905 en 2007 et 1.200 en 2005.
Elles travailleront trois mois à la collecte des fraises contre un salaire de 32,45 euros par jour, le logement étant assuré par l'employeur. Elles doivent ensuite revenir au Maroc. L'Italie a de son côté fixé mardi à 4.500 le nombre de postes réservés aux Marocains, selon un décret fixant le nombre des travailleurs saisonniers extra-communautaires que son pays est disposé à accueillir en 2008.
En 2007, 400 travailleurs saisonniers ont été envoyés en Corse (France) et des demandes de main-d'oeuvre marocaines ont été faites par le Canada, la Grèce et le Portugal. "Il reste encore à les concrétiser", a-t-il noté.
L'Anapec offre aussi des emplois aux diplômés d'écoles de tourisme. En janvier un groupe hôtelier espagnol a décidé de recruter 2.000 jeunes Marocains sur cinq années en leur offrant des contrats à durée indéterminée. "Désormais, l'immigration légale est bien plus importante que l'immigration clandestine", assure M. Kamel qui a pour objectif de porter le nombre de travailleurs marocains en Europe à 20.000 par an.
Les autorités marocaines ont intercepté lors du premier semestre 2007 plus de 5.500 émigrés clandestins, notamment d'Afrique noire en partance pour l'Espagne, un chiffre en recul de plus de 50% par rapport à la même période 2006.
Les critères draconiens imposés pour l'immigration légale font grincer des dents. La presse marocaine critique l'Anapec pour avoir accepté que les candidates aient moins de quarante ans, soient mères de famille et obtiennent l'autorisation de leur époux.
Ce dernier point est en "contradiction totale avec le nouveau code de la famille qui permet à la femme de voyager et de circuler librement", selon une ONG marocaine. "Nous ne réclamons pas un accord écrit du mari, nous l'informons seulement verbalement que sa femme veut aller travailler en Espagne", assure un responsable de l'Anapec, Mohamed Chabatou.
"Pour atteindre un taux de retour presque entier au Maroc et pour encourager chaque année une demande croissante de main d'oeuvre, l'Anapec est obligée de poser ces conditions", a souligné M. Kamel. "Il y a des risques que la saisonnière plonge dans la clandestinité une fois arrivée dans le pays d'accueil. Or, si les conditions du retour au Maroc ne sont pas assurées, cela deviendra de la migration clandestine maquillée", selon le directeur général de l'Anapec.
Au bureau régional de l'Anapec à Fès, Bouchra Amiss, 27 ans, regrette de laisser ses enfants et son époux: "Je n'y peux rien, c'est pour eux que je vais travailler".
Karima Sibari, son amie, venue elle aussi déposer des documents, assure que l'ANAPEC a imposé ces conditions car dans le passé, dit-elle des "femmes se sont pas revenues et elles ont survécu en se prostituant".
Le monde mange plus qu'il ne produit, selon un rapport
REUTERS : mardi 4 décembre 2007 par Emma Graham-Harrison et Ben Blanchard
Le monde mange plus qu'il ne produit et le prix des aliments pourrait grimper pendant des années en raison de l'expansion des biocarburants et du changement climatique, avec à la clé des risques de conflits sociaux, soulignent des experts dans un rapport.
Selon l'institut de recherche international sur la politique alimentaire (International Food Policy Research Institute), la seule croissance des biocarburants pourrait provoquer une augmentation des deux tiers du prix du maïs d'ici 2020 et de près de la moitié du prix du colza.
Les stocks mondiaux de céréales, qui permettent de parer aux famines à travers le monde, sont tombés à leur plus bas niveau depuis les années 1980 en raison d'une diminution des semences et de conditions météo défavorables, a déclaré Joachim von Braun, directeur général de l'institut.
"Le monde mange actuellement plus qu'il ne produit, ce qui se reflète dans la baisse des réserves depuis les cinq ou six dernières années. Cela ne peut pas continuer, car on arrivera bientôt à l'épuisement des stocks", a-t-il averti lors d'une conférence de presse à Pékin.
Des pays comme le Mexique ont déjà connu des émeutes de la faim consécutives à une envolée des prix, rappelle von Braun dans le rapport dont il a supervisé la rédaction.
"La forte hausse de la demande en nourriture et en carburant a récemment provoqué de très fortes hausses de prix (...). le changement climatique aura aussi un impact négatif sur la production alimentaire", ajoute-t-il.
L'IMPACT DU RECHAUFFEMENT
L'appétit croissant des investisseurs financiers pour les marchés de matières premières alimente la volatilité des prix alors que les prix mondiaux des céréales et de l'énergie sont de plus en plus étroitement liés.
Avec des prix du brut qui tournent autour de 90 dollars le baril, c'est une mauvaise nouvelle pour les populations pauvres, qui ont déjà dû encaisser depuis 2000 un triplement du prix du blé et un quasi-doublement du prix du riz, dit l'institut.
Le rapport présente plusieurs pistes pour améliorer la sécurité alimentaire: investissements dans les technologies agricoles, renforcement du réseau social, avec un soutien particulier aux enfants, suppression des tarifs douaniers...
Même si la hausse des échanges commerciaux, réclamée par de nombreux pays en développement dans les négociations internationales, pourrait apporter des gains économiques, elle ne réduirait pas la pauvreté de manière significative dans nombre de cas, estime le rapport.
"Avec le risque accru de sécheresses et d'inondations découlant de la montée des températures, les pertes de rendements de récoltes sont imminentes", dit le rapport.
L'Afrique est particulièrement vulnérable. "Le nombre de personnes malnutries en Afrique sud-saharienne pourrait tripler entre 1990 et 2080", ajoute-t-il.
L'institut souligne enfin que les petites exploitations agricoles pourraient être de plus en plus mises en difficulté par la mainmise croissante des grands groupes de distribution sur le marché dont les exigences de sécurité et de qualité sont fortes. La demande alimentaire mondiale, entraînée par des géants en pleine expansion comme la Chine et l'Inde, se tourne peu à peu vers des produits de plus haute valeur que sont les légumes, les fruits, la viande ou les produits laitiers.
L’avocat, l’indépendance et la délation
Christian Charrière-Bournazel - bâtonnier désigné de l’ordre des avocats à la cour d’appel de Paris. lundi 3 décembre 2007
L’état de droit dans nos démocraties européennes est en péril. La directive communautaire du 26 octobre 2005 sur la lutte contre le blanchiment – la troisième du genre – oblige tous les avocats sollicités pour aider à l’achat et la vente de biens immeubles ou de fonds de commerce, à l’organisation des apports nécessaires à la création d’une société, à la constitution, la gestion et la direction d’une société à dénoncer leurs clients auprès des autorités financières (Tracfin (1) pour la France), s’ils ont le soupçon que les sommes mobilisées à cette fin au-delà de 8 000 euros peuvent provenir d’une infraction punie d’un an d’emprisonnement. Le tout sans avoir le droit d’en informer le client dénoncé. L’avocat est donc réduit au rôle de délateur, auxiliaire de la police financière et agent d’information des pouvoirs étatiques.
Non seulement la délation est antinomique avec la mission de l’avocat, mais encore ce ne sont plus simplement les fonds provenant du trafic d’êtres humains, du trafic d’armes ou de la drogue qui sont concernés : chaque citoyen qui n’aura pas été scrupuleux pendant toute sa vie et qui aura pu mettre de côté quelque argent dérobé au fisc, dès lors que cette somme sera supérieure à 8 000 euros, sera dénoncé par son avocat au moment où il voudra constituer une société civile familiale pour la maison de ses vieux jours, céder ou acquérir un fonds de commerce.
Que l’avocat ne doive jamais se faire le complice d’un client aux fins d’une opération illégale, c’est une évidence. L’avocat qui manque à son devoir doit être traité comme n’importe quel délinquant et radié du barreau. Personne ne songe à le contester. Lorsqu’un avocat se voit proposer par un client une opération qui lui paraît douteuse, il refuse bien évidemment d’y prêter la main. Sa déontologie lui impose d’être d’une totale vigilance en ce qui concerne l’identité des personnes pour qui il agit, la légalité de l’opération pour laquelle on le sollicite et, autant qu’il le peut, la provenance des fonds qui seront mobilisés pour cette opération. Les maniements d’espèces lui sont interdits, à l’exception de sommes minimes sous le contrôle de son ordre. Quant aux mouvements de fonds par voie bancaire, ils ne peuvent se faire qu’après que les banques elles-mêmes ont vérifié leur provenance et ne peuvent être effectués que par l’intermédiaire de la Carpa (Caisse des règlements pécuniaires des avocats), qui elle-même, comme les banques, est tenue à toutes les vérifications nécessaires pour lutter contre le blanchiment, y compris en signalant les provenances douteuses aux autorités financières. Ainsi, non seulement toute opération de maniement de fonds se trouve-t-elle en amont contrôlée par les banques, à qui la loi impose l’obligation de dénonciation en cas de doute, mais encore l’avocat est-il lui-même tenu par sa déontologie à la plus grande prudence et aux contrôles les plus stricts dans le secret de son cabinet. On prétend ajouter à toutes ces précautions l’obligation pour l’avocat de devenir un dénonciateur.
Il est dans l’histoire des peuples des périodes sombres où l’honneur commande de résister à la loi injuste. J’invite, quoi qu’il puisse m’en coûter, tous les avocats de France à désobéir si, par malheur, la loi de transposition de la directive était votée avant le 15 décembre comme nous en sommes menacés.
Je conjure les parlementaires d’y regarder à deux fois et de refuser de transposer ce texte monstrueux. J’espère, au cas où elle serait votée, qu’au moins soixante d’entre eux saisiront le Conseil constitutionnel.
(1) Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins (cellule française de lutte antiblanchiment, dépendant de Bercy).
Un produit de supermarché sur dix contribue à la déforestation en Indonésie
Communiqué de presse de l’association « Les amis de la Terre » - Extraits…
Une étude récente révèle que la demande agro-alimentaire et cosmétique pour de l'huile de palme, une huile végétale que l'on peut trouver dans un produit sur dix sur les étagères de nos supermarchés, va entraîner l'extinction des orangs-outans par la déforestation. « Le Scandale des singes pour de l'huile », publié par les Amis de la Terre, conclut que, sans une intervention urgente, le commerce de l'huile de palme pourrait causer l'extinction des seuls grands singes d'Asie d'ici 12 ans.
Nous participons tous à cette déforestation sans le savoir ! L'huile de palme est utilisée dans une grande variété de produits, des céréales à la margarine jusqu'aux rouges à lèvres et aux savons. Malgré les alertes des groupes environnementaux au sujet des plantations de palmiers à huile et leur lien avec la destruction de la forêt tropicale, le rapport montre que la plupart des sociétés ne savent même pas d'où vient leur huile de palme. Il indique que près de 90% de l'habitat des orangs-outans en Indonésie et en Malaisie a été détruit. 5 000 orangs-outans meurent de ce fait chaque année.
Les Amis de la Terre et les associations de protection des orangs-outans affirment que l'inaction des sociétés montre qu'on ne peut pas leur faire confiance pour agir de manière responsable. Ils demandent au gouvernement de donner aux dirigeants des sociétés un devoir légal de minimiser leur impact sur l'environnement.
Jean-Philippe Teboul, en charge de la RSEE aux Amis de la Terre, affirme : « le gouvernement français peut influer sur ce problème sous une condition : avoir le courage de sanctionner les entreprises qui encouragent, par leurs pratiques, la destruction d’un des principaux poumons de la planète et la disparition d'une espèce animale. Un compte à rebours est lancé. Si la France se contente de nouvelles mesures d'incitation et d'encouragement, il sera bientôt trop tard. »
Selon Sylvain Angerand, chargé de campagne Forêts pour les Amis de la Terre, « l'orang-outan est en danger à cause de la disparition de son habitat. Aujourd'hui, la plus grande menace est l'expansion incessante des plantations de palmiers à huile. L'huile de palme est le plus grand ennemi de l'orang-outan et de sa survie en milieu naturel. »
