mardi 4 décembre 2007
Protestations contre les salaires des dirigeants au groupe le Monde
PARIS (AFP) - 03/12/2007
Plusieurs dizaines de salariés des magazines du groupe Le Monde (Télérama, la Vie...) se sont rassemblés lundi à Paris devant leur entreprise pour protester contre les augmentations salariales envisagées pour les membres du nouveau directoire, a-t-on appris de source syndicale.
Les salariés étaient appelés par l'intersyndicale (Info'Com-CGT, SNJ-CGT, CFDT, SNJ) à un débrayage d'une demi-heure pour que les membres du directoire, élu en juillet, renoncent à des augmentations de salaires alors que le groupe traverse une passe financière délicate.
Le directoire est composé de Pierre Jeantet (président), Bruno Patino (vie-président) et Eric Fottorino (directeur du quotidien)
"Il y avait entre 200 et 250 personnes. On a fait beaucoup de bruit: tout le monde avait amené son sifflet, son tambourin...", a indiqué Luc Le Chatelier, délégué SNJ.
"C'est une protestation de principe. On parle d'un plan social, Le Monde a des déficits colossaux, d'autres titres (du groupe) ne sont pas en bonne santé et, pendant ce temps-là, les patrons veulent être payés comme le grand vizir. C'est un peu indécent", a-t-il expliqué.
Dans un communiqué, les cinq sociétés de personnels présentes au capital du groupe ont indiqué avoir rencontré les trois membres du directoire sur le sujet vendredi en fin d'après-midi.
Lors de cette réunion, ces derniers ont "reconnu qu'il existait une coïncidence difficile à accepter par les personnels au moment où ceux-ci sont appelés collectivement à faire preuve de responsabilité face aux mesures d'économies que le groupe devra prendre", indique le communiqué.
Les dirigeants ont fait savoir qu'ils s'en remettaient au comité des mandataires sociaux, une émanation du conseil de surveillance, pour "réexaminer les propositions de rémunération les concernant", ajoute le communiqué.
On porrait en arriver à douter de l’objectivité des responsables …
Le code du travail, un pavé remodelé, toujours aussi illisible, mais devenu « enrichi » de quelques régressions sociales
Libération mardi 4 décembre 2007 - FRANÇOIS WENZ-DUMAS
Emploi. L’Assemblée examine aujourd’hui les modifications proposées par un projet de loi.
Le code du travail serait-il devenu inapplicable à force de complexité ? C’est en tout cas une complainte patronale récurrente. Il y a trois ans, Ernest-Antoine Seillière, alors président du Medef, avait fait solennellement peser le corps du délit : 1,25 kilo pour 2 400 pages. Un an plus tard, Gérard Larcher, qui venait d’être nommé ministre délégué à l’Emploi, confiait au directeur des Relations du travail, Jean-Denis Combrexelle, le soin de «recodifier» le code du travail «à droit constant», c’est-à-dire sans en modifier le contenu.
La tâche s’est avérée plus difficile que prévu. En mars 2006, une mission d’experts - menée par un haut fonctionnaire, Jean Michel, et composée notamment de juristes comme Philippe Waquet, ancien président de la chambre sociale de la Cour de cassation - remettait son rapport. Le gouvernement préparait alors une ordonnance pour valider les mesures à caractère législatif. Mais les partenaires sociaux, dont Gérard Larcher s’était engagé à respecter l’avis, demandaient début 2007 de retarder sa promulgation, estimant que certaines dispositions nouvelles n’étaient pas «à droit constant» (lire ci-contre).
Cet après-midi, le projet de loi ratifiant cette ordonnance doit être débattu à l’Assemblée nationale. Il a déjà été adopté en première lecture au Sénat en septembre. Les modifications que ce texte apporte au code du travail sont en principe de pure forme, les dérives éventuelles ayant été pointées par les syndicats. Mais à l’arrivée, il n’est pas évident que le code du travail ait gagné en lisibilité. Peut-être, comme le soulignait un jour le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, parce que sur les 2 400 pages qui fixent le droit du travail, à peine plus de 200 énoncent la loi. Le reste est fait de notes précisant la jurisprudence.
Ainsi le fameux article L. 122.1, qui fonde le contrat de travail à durée indéterminée (CDI), tient en 12 lignes. Il est suivi de 52 pages en petits caractères citant les jugements qui sanctionnent les interprétations abusives de cet article.
«Des régressions sociales cachées dans la jungle des textes»
Emmanuel Dockès, professeur de droit à l’université Lyon-II :
Emmanuel Dockès est professeur de droit à l’université Lyon-II. Il explique pourquoi la recodification menée par le gouvernement est en fait une «décodification» : un processus qui «consiste à œuvrer en faveur de l’inaccessibilité et de l’absurdité du droit» (1).
En lançant le projet de recodification du droit du travail en 2005, Gérard Larcher avait promis qu’elle se ferait à droit constant. Est-ce le cas ?
Non, ça a même été le moyen de tenter de faire passer des réformes impopulaires. Un exemple sur l’une des grandes revendications du Medef : la rupture du contrat de travail à l’amiable. Dans le code en vigueur, si un employeur se sépare - pour des raisons économiques - d’un salarié, même avec l’accord de celui-ci, il doit suivre les procédures du licenciement économique et consulter le comité d’entreprise. Un principe attaqué par le Medef. Dans le projet de nouveau code, cet article sur la rupture de contrat à l’amiable avait tout simplement disparu. Les auteurs ont présenté cet oubli comme une maladresse. L’article va être réintégré. Mais des «maladresses» comme ça, il en est bien d’autres qui sont passées inaperçues.
Des exemples ?
Après un licenciement économique, un employeur, s’il embauche à nouveau pendant une période donnée, doit proposer le poste en priorité à la personne qu’il vient de licencier. Dans le nouveau code, la règle a été recopiée à l’identique. Mais on l’a glissée dans une section qui concerne les licenciements d’au moins 10 salariés dans une période de trente jours. Ce qui pourrait exclure tous les autres ! On profite ainsi de la jungle des textes pour faire passer quelques petites régressions sociales. Par ailleurs, il n’est pas neutre d’associer dans la même partie les articles sur la rémunération à ceux sur le temps de travail : on présente la réglementation du temps de travail comme un facteur de réduction des salaires. C’est la logique du «travailler plus pour gagner plus». Lier la réduction du temps de travail aux articles sur la santé au travail aurait eu un tout autre sens.
Pourquoi la réécriture du code du travail en est-elle arrivée là ?
C’était un travail de titan, mené principalement par une petite équipe du ministère du Travail, dotée de peu de moyens. Un comité d’experts a été consulté, dont d’importants juristes, mais ils n’ont pas eu de vision globale sur la recodification. Composé d’ajouts successifs au fil des ans, le code actuel est profondément chaotique. C’est un volumineux et infernal objet, presque impossible à mettre en ordre.
Il ne fallait donc pas toucher au code?
La commission qui a travaillé plus d’un an, consulté les syndicats et les employeurs, n’a pas fait que des erreurs : certains passages sont plus clairs. La division d’articles qui faisaient des pages entières en articles plus courts est un indéniable progrès. Mais ce n’est pas en mélangeant et en redistribuant le chaos que l’on peut arriver à quelque chose d’acceptable. Il faut refondre, réécrire un nouveau code, simple et protecteur. Un livre de 200 pages dans un style clair serait un succès de librairie. Ce serait l’intérêt de tous, salariés comme employeurs : beaucoup de ces derniers veulent respecter la loi ! Mais ils n’arrivent pas à lire le code du travail, ne peuvent connaître leurs obligations et se font condamner. Ils trouvent que c’est injuste et ils ont raison.
(1) Lire l’article d’Emmanuel Dockès «La décodification du droit du travail», dans la revue Droit Social d’avril 2007.
Les doutes des services de renseignement américains sur le nucléaire iranien se précisent
Philippe Grangereau, correspondant à Washington LIBERATION lundi 3 décembre 2007
Revirement des services de renseignement américains: même s’il le voulait, Téhéran ne serait pas techniquement capable de produire et de retraiter suffisamment de plutonium pour une bombe «avant environ 2015».
Un rapport des 16 agences de renseignement, rendu public lundi, estime que Téhéran, s’il le voulait, ne sera pas techniquement capable de produire et de retraiter suffisamment de plutonium pour une bombe «avant environ 2015».
Mais l’Iran n’aurait plus cette volonté. Son programme d’armement nucléaire a été arrêté fin 2003, affirme le rapport avec «un haut degré de confiance».
«La décision de Téhéran d’arrêter son programme d’armes nucléaires suggère qu’il est moins déterminé à développer des armes nucléaires que nous ne l’avons jugé depuis 2005», lit-on dans cette «estimation nationale de renseignement» (NIE) sur l’Iran. Ce pays, toutefois, «garde au moins ouverte l’option de développer des armes nucléaires».
Les faucons de l’administration américaine, le vice-président Dick Cheney en tête, avaient brandi ces derniers mois la possibilité d’une frappe sur le complexe nucléaire iranien. Le président George W. Bush lui-même avait évoqué à la mi-octobre la possibilité d’une «troisième guerre mondiale» si l’Iran venait à disposer du «savoir nécessaire pour fabriquer une bombe atomique». Alarmiste, le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner avait pour sa part affirmé en septembre à Washington: «Certains experts affirment que 8 à 9 mois sont seulement sont nécessaires (à l’Iran) pour avoir une bombe atomique»…
Beaucoup de militaires américains sont fermement opposés à une attaque. Robert Gates, qui a succédé à Donald Rumsfeld au poste de secrétaire de la Défense, déclarait récemment qu’une attaque contre l’Iran «aurait des effets assez dramatiques».
Un général, James Simmons, soulignait à la mi-novembre qu’il n’y avait pas de «preuves récentes» que l’Iran soit en train de fournir des armes aux insurgés irakiens. Les soupçons d’ingérence militaire de Téhéran en Irak étaient jusqu’alors un contentieux majeur entre Washington et Téhéran. Avec la publication de ce rapport, les néo-conservateurs bellicistes de l’administration Bush, «encore très actifs» selon un diplomate américain, paraissent en perte de vitesse.
Les 16 agences du renseignement américain, dont la CIA, estiment avec «un degré de confiance modéré» qu’au plus tôt, l’Iran serait techniquement capable de produire suffisamment d’uranium hautement enrichi pour une bombe fin 2009, «mais c’est très improbable». «Nous jugeons avec un degré de confiance modéré que l’Iran pourrait être techniquement capable de produire suffisamment d’uranium enrichi pour une bombe pendant la période 2010-2015».
Les Etats-Unis auraient donc largement le temps de voir les choses venir, et de poursuivre la voie diplomatique, que le NIE appuie d’ailleurs avec insistance. L’arrêt du programme nucléaire militaire en 2003 est «principalement» dû «à la pression internationale», ce qui suggère que Téhéran n’est pas engagé dans «une course à la bombe qui ne tiendrait pas compte des coûts politiques, économiques et militaires».
Ils refusent leur pension de la guerre d'Algérie pour la donner à une association humanitaire
Ouest-France 04/12/07 Philippe ECALLE.
Hantés par la « sale » guerre d'Algérie, les anciens soldats Gilles Champain et Bernard Pointecouteau préfèrent reverser leur pension militaire à une association humanitaire. Pour chasser leurs vieux démons. Ils témoignent.
27 juin 1959, douar d'Abdel Azziz, Mostaganem. Avec le bataillon des chasseurs portés, Gilles Champain arrive pour une opération de « pacification ». Le p'tit gars de La Bruffière (Vendée), avec d'autres compagnons d'armes, est chargé de fouiller les maisons. Il n'en mène pas large. « Je pousse une porte, personne, une deuxième, personne. Et puis, à la troisième, ça résiste, je la force. » A l'intérieur, un homme, armé jusqu'aux dents, « tremblant de peur, comme moi. Il m'a dit: ' Mon frère, pas tuer moi '. Je lui ai dit d'accord, mais qu'il fallait qu'il mette les mains sur la tête. »
Le soldat Champain l'ignore, mais il vient de faire une très « belle » prise. « C'était un collecteur de fonds. » En clair, quelqu'un chargé de récupérer de l'argent pour financer la rébellion algérienne. Sur lui, l'homme avait une liste des bénéficiaires des fonds, « dont des Européens ». L'homme est emmené. Et le soldat Champain félicité. Un peu plus tard, il sera décoré. « C'était un 14-Juillet. » Cette médaille, s'il pouvait, il la rendrait. « Je la donnerais volontiers à ce prisonnier que j'ai capturé vivant, car lui m'a épargné la mort. »
Près d'un demi-siècle après, les remords rôdent toujours. Pour les chasser, Gilles Champain a décidé, après pas mal de nuits blanches, de rejoindre l'association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (1). Et de rendre publique cette adhésion. Non par forfanterie ou par provocation, « ni pour juger ou condamner », trop conscient des atrocités subies de chaque côté, mais pour soulager sa conscience vis-à-vis de cette Algérie qui ne l'a jamais complètement quitté. Les images se bousculent, les yeux se mouillent à l'évocation de certaines scènes. Celle de ce harki dont il a conservé une photo. « C'était la quille. On s'est dit au revoir. Il m'a demandé de trouver une maison pour sa femme et ses enfants, car il savait qu'on allait lui couper le cou ici. »
Il se souvient aussi, « comme si c'était hier », de ce jeune Algérien, arrêté, puis attaché au mat d'un drapeau tricolore avant d'être torturé puis de nouveau attaché, pour la nuit, au pied du mirador où Gilles Champain montait la garde. « Je l'ai entendu gémir toute la nuit. » Le lendemain, il est froidement exécuté, « d'une balle dans la tête », après qu'il a pu faire sa prière. Gilles Champain avait posé le pied en Algérie depuis 48 heures...
Le souvenir de la torture ne le lâche pas non plus. Car Gilles Champain sera très vite affecté au 2e bureau, ce service chargé d'arracher du renseignement, sans être regardant sur les moyens. « Est-ce qu'on pouvait faire autrement que torturer?», interroge Gilles Champain, conscient d'avoir été pris dans une « nasse » qui l'empêchait de dire non, même s'il a, en de très rares occasions selon lui, su le faire. Par exemple, quand un supérieur lui ordonnera de faire une « corvée de bois », c'est-à-dire exécuter sommairement un prisonnier. « C'était après un interrogatoire.»
Le lendemain, c'est tout de même lui qui enlèvera les menottes du prisonnier, avant qu'un autre soldat français ne le tue froidement. À défaut de pouvoir donner sa médaille à cet Algérien qu'il avait arrêté, Gilles Champain ne veut plus toucher sa pension militaire pour prix « de cette guerre inutile », 246 malheureux euros par semestre qui lui « brûlent » les mains. « Je ne suis pas à l'aise avec cet argent », soupire-t-il.
« Une guerre qui n'est pas à l'honneur d'une partie de l'armée française », considère Bernard Pointecouteau, autre Vendéen appelé à la fin des années cinquante. Il n'a pas tout à fait vécu la même guerre d'Algérie, mais se souvient bien, lui aussi, des conséquences de son « insoumission ». « J'avais refusé de participer au pot pour fêter un ratissage réussi. On avait tué trois hommes. On avait ensuite exhibé leurs cadavres dans les rues pour faire comprendre aux habitants ce qu'ils risquaient. Un mois après, j'étais envoyé dans une section opérationnelle, avec embuscades et tout le reste. » Pour tout ça, les deux soldats préfèrent reverser leurs pensions à cette association qui aide à des opérations de développement et de solidarité, principalement en Algérie. C'est leur façon de faire la paix avec eux-mêmes. Rien de plus.
(1) Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre, Istricou, 81140 Cahuzac-sur-Vère.
Le contrôle technique serre les boulons
Ouest-France 04/12/07 - Pierre PINSON.
En cette période de pouvoir d'achat faiblard, les automobilistes craignent le pire des futures vérifications plus pointues. Pas d'affolement.

Un léger vent de panique soufflait depuis une semaine autour des centres de contrôles techniques automobiles. La raison ? Un changement (durcissement ?) des normes entrant en vigueur le 1er janvier 2008.
Du coup, ces derniers temps, « c'était un peu la frénésie », constate Franck, garagiste dans les Côtes-d'Armor. Des clients, craignant que leurs véhicules ne franchissent pas le nouvel obstacle, se bousculaient au téléphone pour faire avancer la date de ce fameux contrôle « Quelquefois de six mois !... ». D'autant que la rumeur s'accompagnait de bruits de tiroir-caisse.
Moins d'approximations
« Le matin, un client m'a appelé en me disant : alors, maintenant, ça va me coûter 70 € ? » s'étonne encore le gérant de Sécuritest Saint-Méen (Ille-et-Vilaine). « Je ne sais pas d'où sortait ce chiffre. Et puis j'ai eu deux trois, quatre, cinq appels similaires. » Même constat chez Dekra Rennes. Depuis, la clientèle semble s'être calmée.
« On a dit qu'il y aurait des points de contrôle en plus, en fait c'est l'inverse, explique Gervais, un autre homme de l'art. Simplement, leur regroupement se fera différemment ». Explications sous le pont, clé en main.
« Vous voyez, ici, je vérifie s'il n'y a pas de jeu sur différentes pièces. Et je dois signaler si l'une d'elles en présente. À l'avenir, la notion de jeu mineur sur les rotules de direction, par exemple, disparaîtra. Ça sera bon. Ou ça ne passera pas. »
En fait, ce sont surtout les approximations qui vont disparaître des rapports : on ne parlera plus d'une « différence d'usure » entre deux pneus mais d'un « écart de profondeur inférieur à 5 mm »... Et lors de la contre-visite, les quatre pneus seront passés en revue.
Pour certains automobilistes, ces contrôles new-look font craindre de grosses dépenses. D'où la hâte à se faire contrôler avant fin décembre. Une paire d'amortisseurs à changer, avec la main-d'oeuvre ? « Il faut compter 250-300 € ». Mais, tempère Sécuritest, « tous les amortisseurs ne fuient pas ».
Les tarifs (actuellement 50-60 € pour une visite, 15-20 pour une contre-visite) vont certes augmenter.
« Parce que le temps de contrôle par véhicule va passer d'une grosse demi-heure à trois quarts d'heures minimum », précisent les professionnels. Et aussi parce que les 5 300 centres vont devoir se doter des fameux appareils OBD (1 200 € le lecteur). Mais, indique Franck, d'Autosur, dans des proportions raisonnables : « Ici, on ne fait pas payer la contre-visite. En 2008, on augmentera la visite de deux-trois euros et puis voilà ».
Deux ou trois ? promis, juré ?
Monoprix au vert, Borloo privé de cravate…
Le ministre d’Etat ne se rendra à Bali qu’à une « date indéterminée »
Parce que le transport de marchandises représente 20 % du trafic urbain, l’enseigne Monoprix, qui annonce sur son site un engagement pour le développement durable, avait décidé dès juillet d’approvisionner ses magasins parisiens par le rail. Parallèlement, à la Conférence mondiale sur le climat (qui s’ouvre aujourd’hui à Bali sous l’égide de l’ONU), « Le code vestimentaire est d'être relax, de ne porter ni cravate ni veste ». Ce pour éviter des dépenses d’énergie… en climatisation.
Le premier train de fret pour marchandises est arrivé à Paris-Bercy (12e arrondissement) mercredi dernier, en présence de Dominique Bussereau.
Une information passée quelque peu inaperçue (malgré la présence du
Secrétaire d’Etat) tant le voyage présidentiel en Chine et les
informations « plus chaudes », étrangement commentées par le président en ces termes,
ont dominé l'actualité. Un président qui rentrait de Chine et, occupant
à la fois TF1 et France 2 près de cinquante minutes durant, n’a pas vraiment apporté de réponse concrète aux questions posées.
Désormais, donc, Monoprix, présent sur soixante sites sur la capitale, achemine ses marchandises par trains jusqu'à Bercy, puis par dix-huit véhicules de chez Renault au gaz naturel pour véhicules (GNV) dans les magasins de Paris. Cette nouvelle pratique permet d'éviter la circulation de 10 000 camions dans Paris. En accord avec la Charte des bonnes pratiques des transports et des livraisons de marchandises signée par les professionnels et les institutionnels avec la Mairie de Paris.
Selon Autour du bio, ce sont 120 000 tonnes de marchandises qui vont transiter chaque année par Bercy. Arrivés dans cette halle, les produits embarquent ensuite pour les soixante magasins Monoprix et Monop' de Paris. Ce qui devrait permettre d'économiser chaque année 8 000 trajets de camions, 280 tonnes de CO2 et 19 tonnes d'oxyde d'azote, sans compter les réductions significatives de nuisances sonores (les véhicules sont équipés d'un dispositif antibruit).
Par ailleurs, la Mairie de Paris a — dans ses cartons —
cinq autres projets de plates-formes logistiques, à Pyramides (1er),
Magenta (10e), Suzanne-Lenglen (15e), Meyerbeer (9e) et
Saint-Germain-des-Prés (5e), pour centraliser les marchandises et
éviter les transits inutiles. Il est également question de créer « une navette de fret express » entre l'aéroport de Roissy et le site des Halles, en utilisant le réseau RER. Une étude de faisabilité est en cours sur ce projet. Restera à trouver des pompes à GNV…
pour lire Borloo et la suite , cliquer ici, vers le blog Ménilmontant, mais oui madame
Les politiques systématiques de dégrèvement des charges sociales multiplient les smicards
France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Lundi 03 Décembre 2007 –
Les trappes à bas salaires sont l'un des effets pervers de la politique systématique de dégrèvement des charges sociales. Tous les gouvernements qui se succèdent depuis Edouard Balladur, inventeur de la chose, pratiquent les exonérations de charges sociales sur les bas salaires, afin d'inciter à embaucher des emplois peu qualifiés. Et de fait on embauche des salariés peu qualifiés autour du Smic, on crée beaucoup d'emplois mal payés, et d'une certaine manière on déqualifie le travail. On tasse la qualification du travail français vers le bas.
Qui paye la protection sociale ?
Comme ces salariés ont fort heureusement droit à la protection sociale, et que les patrons ne payent pas de cotisations sociales pour eux, il faut bien que ce soient les cotisations sociales sur d'autres catégories qui compensent. Disons que grosso modo ce sont les cadres qui payent une part de la protection sociale des non cadres. De fait, il existe bien une progressivité de la cotisation sociale, due aux dégrèvements de charges concédés aux patrons.
Et, du fait de la forte progressivité des cotisations sociales autour du Smic, un employeur y regarde à deux fois avant d'augmenter un salaire, car le coût du travail augmente proportionnellement plus vite. Conclusion : lorsqu'on est au Smic, on a de grandes chances d'y rester.
Autre conséquence, l'augmentation du nombre de salariés payés au Smic, cette politique d'aide systématique aux bas salaires a un deuxième effet pervers : la surqualification. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'y a pas que des gens peu qualifiés qui occupent ces postes eux-mêmes peu qualifiés, mais aussi diplômés, qui les occupent faute de mieux.
« Alternatives économiques » a publié dans son dernier numéro un tableau remarquable fait par Eurostat, l'organisme statistique des communautés européennes, montrant que la France est le pays de l'OCDE comportant le plus de Smicards : 15%. Dans tous les pays riches - Grande Bretagne, Etats-Unis, Pays Bas, Belgique etc - la proportion de Smicards est de 1 à 2% seulement. Du coup la France est un pays égalitaire, mais où les revenus sont concentrés dans le bas de l'échelle, avec un Smic plus faible qu'ailleurs (le Smic français est plus faible que le Smic anglais par exemple). Décidément, la politique d'allègement des charges sociales est à revoir.
Les politiques systématiques de dégrèvement des charges sociales multiplient les smicards
France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Lundi 03 Décembre 2007 –
Les trappes à bas salaires sont l'un des effets pervers de la politique systématique de dégrèvement des charges sociales. Tous les gouvernements qui se succèdent depuis Edouard Balladur, inventeur de la chose, pratiquent les exonérations de charges sociales sur les bas salaires, afin d'inciter à embaucher des emplois peu qualifiés. Et de fait on embauche des salariés peu qualifiés autour du Smic, on crée beaucoup d'emplois mal payés, et d'une certaine manière on déqualifie le travail. On tasse la qualification du travail français vers le bas.
Qui paye la protection sociale ?
Comme ces salariés ont fort heureusement droit à la protection sociale, et que les patrons ne payent pas de cotisations sociales pour eux, il faut bien que ce soient les cotisations sociales sur d'autres catégories qui compensent. Disons que grosso modo ce sont les cadres qui payent une part de la protection sociale des non cadres. De fait, il existe bien une progressivité de la cotisation sociale, due aux dégrèvements de charges concédés aux patrons.
Et, du fait de la forte progressivité des cotisations sociales autour du Smic, un employeur y regarde à deux fois avant d'augmenter un salaire, car le coût du travail augmente proportionnellement plus vite. Conclusion : lorsqu'on est au Smic, on a de grandes chances d'y rester.
Autre conséquence, l'augmentation du nombre de salariés payés au Smic, cette politique d'aide systématique aux bas salaires a un deuxième effet pervers : la surqualification. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'y a pas que des gens peu qualifiés qui occupent ces postes eux-mêmes peu qualifiés, mais aussi diplômés, qui les occupent faute de mieux.
« Alternatives économiques » a publié dans son dernier numéro un tableau remarquable fait par Eurostat, l'organisme statistique des communautés européennes, montrant que la France est le pays de l'OCDE comportant le plus de Smicards : 15%. Dans tous les pays riches - Grande Bretagne, Etats-Unis, Pays Bas, Belgique etc - la proportion de Smicards est de 1 à 2% seulement. Du coup la France est un pays égalitaire, mais où les revenus sont concentrés dans le bas de l'échelle, avec un Smic plus faible qu'ailleurs (le Smic français est plus faible que le Smic anglais par exemple). Décidément, la politique d'allègement des charges sociales est à revoir.
Pouvoir d'achat des fonctionnaires Ouverture de négociations le 17 décembre
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 03.12.07
Le ministre de la fonction publique, Eric Woerth, a annoncé que l'ouverture des négociations sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires aurait lieu le lundi 17 décembre. Lors d'une réunion avec les organisations syndicales, M. Woerth a présenté, lundi 3 décembre, un calendrier et invité les fédérations de fonctionnaires à faire des propositions. Le ministre a précisé que "le point d'indice", qui sert de référence pour le calcul du traitement des fonctionnaires, serait "au cœur de cette discussion", mais qu'il "fallait le doper, y mettre autre chose", en prenant en compte "l'ancienneté par exemple".
Par ailleurs, une deuxième phase de négociations s'ouvrira "sur la progression du pouvoir d'achat", afin de mettre en œuvre les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy : majoration et élargissement des heures supplémentaires, monétisation des RTT. D'autres questions y seront abordées, comme l'intéressement lié aux résultats, c'est-à-dire la rémunération au mérite, ou celle liée à l'évolution des effectifs, soit la redistribution des gains lors de réductions du nombre de postes.
COPIE "RÉVISÉE" Le ministre a aussi souhaité que se tienne chaque année "au printemps une négociation sur les salaires des fonctionnaires", en marge de la préparation du budget de l'année suivante.
Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principal syndicat de fonctionnaires, a estimé que les propositions d'Eric Woerth marquaient une "inflexion du discours" gouvernemental, mais qu'il n'y avait apparemment pas de rattrapage pour 2007, comme le réclament les syndicats. Dans un communiqué commun, les fédérations syndicales relèvent que le gouvernement a "révisé sa copie" mais assurent "maintenir la pression", exigeant une "revalorisation du point d'indice et ce, dès le 1er janvier 2008".
«Un coup de poignard dans les engagements du Grenelle»
Recueilli par Catherine Levesque 20Minutes du 03/12/2007
Trois questions à Alain Chabrolle, vice-président de la Fédération Rhône-Alpes pour la protection de la nature (la plus importante section régionale de France Nature Environnement).
François Fillon a annoncé aujourd’hui lundi l’ouverture, pour 2015, de l’A 45 entre Saint-Etienne et Lyon. Est-ce une surprise?
Pour le moins ! C’est même un gros coup de poignard dans les engagements de l’Etat vis-à-vis du Grenelle. Les différents groupes de travail planchent encore sur la préparation de la loi-cadre, et l’on pensait qu’on resterait dans le gel annoncé de la capacité routière. Entre l’A 89, déjà engagée, et l’A 45, on a l’impression qu’on va nous faire la totale dans la région lyonnaise !
Le Premier ministre estime que le projet ne va pas contre les décisions actées durant le Grenelle. Quel est votre avis ?
Le rapport rendu récemment par les commissaires enquêteurs était certes favorable au projet dans sa conclusion, mais il comportait des réserves contradictoires émises par certains élus et associatifs. C’est d’autant plus rageant que le débat local a été de haut niveau dans la contestation du projet.
Nous avons beaucoup travaillé sur la collecte des avis et la conclusion du rapport avait de bonnes chances de riper au profit de solutions alternatives, comme l’intensification de la liaison ferrée Lyon-Saint-Etienne, moins coûteuses au final que l’A 45, dont le budget très lourd pèsera sur les collectivités locales, donc, in fine, sur le contribuable…
L’Ecole nationale des travaux publics de Vaux-en-Velin a aussi travaillé sur le sujet en interpellant l’Etat sur les alternatives possibles.
Quelles vont être les conséquences sur le terrain ?
Cette autoroute va couper en deux des milieux naturels exceptionnels et des zones agricoles périurbaines remarquables, pour lesquelles on se bat depuis trente ans. Elle va en outre induire une urbanisation linéaire qui va à l’encontre des politiques locales, plutôt favorables à une densification de l’habitat afin d’éviter les coûts connexes. Au-delà du projet, l’absence de concertation dans cette décision va totalement à l’encontre de la gouvernance partagée prônée lors du Grenelle. Il y a matière à s’interroger sur une réelle volonté politique de changer les choses. C’est une énorme déception, qui risque de mettre en porte-à-faux nombre d’associations sur la nécessité de continuer à participer au Grenelle de manière partenariale.
N'oubliez pas la Saint Nicolas
Le peuple français sensible au thème du pouvoir d'achat a déja offert le cadeau.
Bonne fête quand même !


