vendredi 30 novembre 2007
Les pays nordiques, les plus généreux dans les dons aux organisations humanitaires
S. Etr. AFP 29/11/07
Les pays du Nord de l’Europe, talonnés par l’Union européenne, viennent en tête des donateurs pour les causes humanitaires. C’est ce qui ressort du rapport de la fondation Dara, basée à Madrid, qui s’est spécialisé dans l’évaluation de cette aide et publia ce matin les résultats de son enquête.
Fondée il y a cinq ans, Dara a rapidement rejoint le pool d’organisations internationales rassemblées afin d’analyser les retombées de l’aide suite au raz de marée qui a touché l’Asie du sud en décembre 2004.
La Suède décroche le tableau d’Honneur des donations, selon le classement de « l’index de la réponse humanitaire » que Dara présente comme étant le premier au niveau mondial. Elle est suivie sur le podium par la Norvège et le Danemark. Les Etats-Unis ne viennent qu’en 16ème place des pays donateurs, juste un peu avant la France (19ème). La Grèce détient la lanterne rouge des pays développés.
En prélude à son rapport, Dara estime que le montant des donations n’est pas suffisant pour répondre à l’aide internationale nécessaire pour venir en aide aux 130 millions de personnes touchées en 2006 par les catastrophes naturelles.
Chirac le "sage" a un devoir de mémoire

Dessin Politis : Délocalisation ...

L’Indonésie a perdu 24 îles
AFP 29/11/07
L’archipel indonésien a perdu ces dernières années 24 îles, en raison de catastrophes naturelles ou d’agressions environnementales, a affirmé jeudi, Freddy Numberi, ministre des Affaires maritimes indonésien. Il a fait cette annonce alors que son pays accueille les deux semaines prochaines à Bali une conférence clé sur le climat.
L’Indonésie, quatrième pays le plus peuplé du monde, est particulièrement menacée par le réchauffement climatique. «Les scientifiques ont prédit que l’Indonésie pourrait perdre au moins 2.000 îles d’ici 2030», a dit Numberi, cité par l’agence officielle Antara.
Il a indiqué que vingt îles dans la province de Riau et dans l’archipel des Mille îles avaient disparu du fait des dommages environnementaux et de l’exploitation humaine.
Quatre autres îles ont été balayées par le tsunami du 26 décembre 2004, qui a fait environ 168.000 morts au nord de Sumatra, a-t-il ajouté. Le nombre total d’îles a donc chuté de 17.504 à 17.480, selon le ministre.
La conférence de Bali, du 3 au 14 décembre, doit permettre de tracer une feuille de route de négociations pour prolonger le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement.
L'ONU dénonce l'inégalité face au réchauffement
LE MONDE | 27.11.07
Inégalités, justice, révolte : ces problèmes sont au coeur du changement climatique, affirme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans son rapport annuel, rendu public le 27 novembre. Axé sur l'impact du réchauffement de la planète et titré "Un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé", il s'appuie sur une documentation fournie.
En le publiant dix jours avant le début de la conférence de Bali sur le climat, les experts onusiens veulent faire entendre "deux groupes d'individus possédant une faible voix sur le plan politique : les pauvres du monde entier et les générations de demain". Ils le font avec des mots qui rompent avec la langue de bois propre aux rapports internationaux.
Ils commencent par rappeler la dimension historique du changement climatique en cours, "peut-être la menace la plus grave qui ait jamais pesé sur l'humanité". Mais, alors que "le monde a moins de dix ans pour inverser la situation", le sentiment de l'urgence ne semble pas encore imprégner les sociétés riches et leurs dirigeants. Pourtant, c'est un véritable retournement du sens de l'histoire qui serait en cours, si l'on en croit le PNUD : "Nous assistons en direct à ce qui pourrait s'avérer être le début d'une régression considérable du développement humain. (...) Le changement climatique remet en cause le principe des Lumières selon lequel le progrès humain rendra l'avenir toujours meilleur que le passé."
Le rapport insiste sur l'injustice qui caractérise le déroulement du phénomène. Ainsi un habitant des Etats-Unis émettait, en 2004, 21 tonnes de C02 dans l'atmosphère, un Français, 6 tonnes, un Chinois, 3,8 tonnes, un habitant du Bangladesh ou un Ethiopien, 0,1 tonne. En cas d'échec dans l'effort pour limiter ces émissions, "les 40 % de la population mondiale la plus pauvre, soit environ 2,6 milliards de personnes, seront condamnés à un avenir comportant moins d'opportunités. Le changement climatique accentuera encore les inégalités profondes entre les pays".
"ECOLOGIQUEMENT INSOUTENABLE" Le rapport observe que les montants affectés au Fonds d'aide à l'adaptation aux changements climatiques sont dérisoires (environ 220 millions de dollars), alors même que l'aide globale au développement stagne malgré toutes les promesses. "On ne peut pas laisser les plus pauvres du monde couler ou nager grâce à leurs seules ressources, tandis que les pays riches protègent leurs citoyens derrière les fortifications anti-climat", y lit-on.
Au total, les droits de l'homme sont au coeur de la problématique écologique : "Laisser évoluer cette tragédie serait un échec politique qui mériterait d'être décrit comme "révoltant la conscience de l'humanité", estiment les experts onusiens. Ce serait une violation systématique des droits de l'homme pour les pauvres et les générations futures et un grand pas en arrière pour les valeurs universelles."
Le PNUD appelle donc les pays riches à se fixer un objectif de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre de 80 % en 2050, tandis que celles des pays en développement devraient culminer en 2020 avant de se réduire de 20 % en 2050. Les instruments de marché ne suffiront pas, avance l'organe des Nations unies, qui remet en cause l'idéologie dominante de la croissance : "Il ne pourrait y avoir de démonstration plus claire que celle faite par le climat que la création de richesse économique n'est pas la même chose que le progrès humain. (...) L'une des plus rudes leçons qu'enseigne le changement climatique, c'est que le modèle économique de la croissance et la consommation effrénée des nations riches sont écologiquement insoutenables."
Plusieurs personnalités ont contribué au rapport du PNUD, tel Desmond Tutu, archevêque émérite du Cap (Afrique du Sud), qui souligne les difficultés à "s'adapter" aux effets du changement climatique : "Comment une pauvre agricultrice du Malawi peut-elle s'adapter lorsque des sécheresses plus fréquentes et des pluies réduites limitent la production ?, écrit-il. Peut-être en réduisant l'alimentation déjà insuffisante de son ménage, ou en déscolarisant ses enfants." Pour le Prix Nobel de la Paix 1984, "l'adaptation devient un euphémisme pour l'injustice sociale à l'échelle mondiale. Alors que les citoyens du monde riche sont protégés des dommages, les populations pauvres, vulnérables et affamées, doivent faire face à la dure réalité des changements climatiques dans leur vie quotidienne. (...) Nous nous dirigeons vers un monde caractérisé par un apartheid en matière d'adaptation." Si rien ne change, prévient-il, "la crise conduira au désespoir, à la colère, et fera planer des menaces sur la sécurité collective".
Pancho - Russie

Pessin : Police de proximité

jeudi 29 novembre 2007
Selon Sarkozy, «Ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel n'a rien à voir avec une crise sociale»

Carte judiciaire. Aujourd’hui, tous les professionnels de la justice manifestent ensemble.
ONDINE MILLOT Libération jeudi 29 novembre 2007
C’est rare, voire exceptionnel. L’ensemble des professions judiciaires proteste aujourd’hui de concert. Avocats, magistrats, greffiers, fonctionnaires des tribunaux sont dans la rue. Un mouvement d’ampleur qui révèle une forte exaspération. Si le mot d’ordre concerne la réforme de la carte judiciaire (certains exigent son retrait, d’autres sa modification), le désarroi semble plus profond.
En province, des rassemblements sont prévus devant de nombreux tribunaux, ainsi que d’autres actions (renvois d’audience, grève partielle…)
Simultanéité. A Paris, l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) appelle à un rassemblement à partir de 13 h 30 devant l’Assemblée nationale. «Comme l’exécutif refuse de nous entendre, on va devant le législatif», explique Bruno Thouzellier, président de l’USM. Devant l’Assemblée, également, les représentants des avocats (Conférence des bâtonniers et Conseil national des barreaux) ainsi que le syndicat de fonctionnaires C Justice et le Syndicat des greffiers de France. Au même moment se réuniront devant la chancellerie, le Syndicat de la magistrature (SM, à gauche) et les syndicats de fonctionnaires de justice Usaj, CGT et CFDT.
En effet, force est de constater que les opérations séduction tentées par la chancellerie à destination de certains n’ont pas réussi à démobiliser. Ni les avocats (à qui l’on promet pourtant d’intéressantes compensations financières) ni les personnels des services judiciaires (formidable coïncidence, la ministre a appelé personnellement vendredi les responsables syndicaux pour leur annoncer une prime de 120 euros par agent) n’ont renoncé à manifester.
Réexamen. Il semble extrêmement peu probable que la chancellerie accepte de retirer son projet alors qu’elle vient de réussir à boucler, non sans effort et sans casse, son tour de France des annonces de suppressions de tribunaux (178 tribunaux d’instance sur 473, 23 tribunaux de grande instance sur 181, 55 tribunaux de commerce sur 160). Hélène Franco, secrétaire générale du SM, estime qu’«il n’est pas trop tard pour retirer une réforme qui n’en est qu’au stade de l’annonce». D’autres espèrent que la protestation d’aujourd’hui permettra a minima d’obtenir le réexamen d’un certain nombre de décisions «incohérentes».
Mais la contestation va au-delà du thème de la carte. Budget de la justice insuffisant, «conditions de travail dégradées» dans les tribunaux, «autoritarisme» de la garde des Sceaux, notamment vis-à-vis des parquets, conception répressive du droit avec la loi antirécidive ou celle qui prévoit «une peine après la peine» pour les délinquants sexuels… Comme le résume Bruno Thouzellier, de l’USM, aujourd’hui, les manifestants dénoncent avant tout «la manière dont la justice est traitée par le gouvernement».
La colère des prud’hommes
Même méthode, même griefs : la suppression de 63 conseils prud’homaux sur 271, censée être effective d’ici à avril 2008, suscite la colère des syndicats. Bien que la procédure entamée leur accorde trois mois pour «faire connaître leurs observations», tous dénoncent un projet élaboré sans eux aboutissant à «pénaliser les plus modestes». «Ceux qui auront les moyens de faire de longs trajets ou de payer un avocat pour les faire à leur place continueront les recours, les autres abandonneront», résume Michel Besseau, de la CFDT. Le but est de «limiter au maximum le recours au juge en matière sociale», renchérit la CGT, les décisions des conseils des prud’hommes étant largement favorables aux salariés. La chancellerie rétorque qu’il ne s’agit que de regroupements et qu’aucun des 14 610 postes de conseillers prud’homaux ne sera supprimé.
VILLIERS-LE-BEL Sarkozy ne veut pas entendre parler de "crise sociale"
NOUVELOBS.COM | 29.11.2007 | 11:44
"Je réfute toute forme d'angélisme qui vise à trouver en chaque délinquant une victime de la société, en chaque émeute un problème social", déclare le président devant 2.000 policiers et gendarmes.
La nuit a été calme à Villiers-le-Bel Le président Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi 29 novembre que les violences urbaines récentes à Villiers-le-Bel (Val d'Oise) n'avaient "rien à voir avec une crise sociale" mais "tout à voir avec la voyoucratie".
"Nous avons engagé en 2002 (à l'arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur, ndlr) une politique déterminée qui a porté ses fruits mais que nous allons amplifier", a-t-il assuré dans un discours à La Défense, devant près de 2.000 policiers et gendarmes sur les questions de sécurité.
"Je réfute toute forme d'angélisme qui vise à trouver en chaque délinquant une victime de la société, en chaque émeute un problème social", a-t-il martelé.
Selon le chef de l'Etat, "ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel n'a rien à voir avec une crise sociale, ça a tout à voir avec la voyoucratie".
Le chef de l'Etat s'exprimera jeudi à 20h, sur TF1 et France 2 en direct de l'Elysée, pour parler des banlieues et du pouvoir d'achat.
Nuit calme à Villiers-le-Bel La nuit de mercredi à jeudi a été plutôt calme à Villiers-le-Bel. Les forces de l'ordre étaient, comme la veille, déployées en nombre.
Selon la préfecture du Val d'Oise, qui n'a pas fourni d'indication chiffrée, seuls "quelques feux de poubelles et de véhicules" ont été enregistrés depuis la fin de l'après-midi, et trois personnes interpellées.
Dans la commune où des affrontements violents ont suivi, dimanche et lundi, la mort de deux adolescents lors de la collision de leur mini-moto avec une voiture de police, aucun attroupement n'était visible et tous les commerces étaient fermés. Les nombreuses forces de police patrouillaient les rues de la ville, à pied, en camionnettes ou en voitures, particulièrement aux abords des grands ensembles.
Dans le ciel, un hélicoptère de la gendarmerie survolait la ville, éclairant, de temps à autres, un secteur particulier à l'aide d'un puissant projecteur.
Amara prône la fermeté De son côté, la secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville, Fadela Amara, est sortie de son silence. Dans un entretien à Aujourd'hui en France/Le Parisien jeudi 29 novembre, elle affirme qu'il faut être "ferme face à la violence".
"Le respect de la police, c'est très important", ajoute-t-elle. "On est dans la violence urbaine, anarchique, portée par une minorité qui jette l'opprobre sur la majorité". "Cette minorité", estime Fadela Amara, "ce petit noyau dur, utilise le moindre prétexte pour casser, brûler, tout péter dans le quartier".

