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vendredi 30 novembre 2007

Emeutes : pourquoi 2007 diffère de 2005, par Luc Bronner

Analyse  LE MONDE | 29.11.07 | 13h28

Face aux violences urbaines dans le Val-d'Oise, le premier réflexe est de comparer les événements de ces derniers jours aux trois semaines d'émeutes que la France a connues en octobre et novembre 2005. Avec une interrogation légitime sur la possibilité que les violences actuelles s'étendent dans le pays. Mais les émeutes de 2007 ne ressemblent pas à celles de 2005, bien que les acteurs (jeunes et policiers, principalement), le cadre (zones urbaines sensibles) et le contexte (difficultés liées à l'emploi, au logement, etc.) soient évidemment identiques.

La première différence, fondamentale, tient à la chronologie. En 2005, les événements survenus à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) avaient été le point de départ, clairement identifié, d'un mouvement national. Pour que la contagion gagne les villes voisines, il avait fallu deux éléments conjugués. D'abord, la mort des deux adolescents - électrocutés après avoir voulu échapper à la police - qui avait provoqué plusieurs nuits de violence à Clichy et à Montfermeil. Ensuite, le tir d'une grenade lacrymogène à proximité de la mosquée de Clichy, qui avait contribué à étendre le mouvement en Seine-Saint-Denis, puis au-delà.

En 2007, quelle que soit l'évolution de la situation dans le Val-d'Oise au cours des prochains jours, Villiers-le-Bel ne constitue pas un point de départ, mais une étape dans une longue dégradation. Car l'erreur, à trop s'interroger sur les risques de reproduction des émeutes de 2005, serait d'oublier l'accumulation d'événements graves intervenus depuis un an dans les quartiers sensibles : des violences urbaines qui témoignent d'une radicalisation chez certains jeunes, très minoritaires mais très actifs ; des violences qui marquent la profondeur de la coupure entre la police et une partie de la population.

La liste des principaux incidents est spectaculaire : agressions de policiers aux Tarterêts (Essonne) et aux Mureaux (Yvelines), en septembre et octobre 2006 ; incendies de bus, notamment à Grigny (Essonne), Marseille ou Trappes (Yvelines), en novembre 2006 ; violences urbaines de Cergy (Val-d'Oise) en juin 2007 ; agressions de pompiers et de policiers, incendies de bâtiments publics à Saint-Dizier (Haute-Marne) en octobre ; violences dans un quartier d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) début novembre. A ces épisodes, il convient d'ajouter l'émeute de la gare du Nord, en mars, même si elle a eu lieu dans Paris.

Ces incidents témoignent - deuxième différence majeure avec 2005 - d'un changement de cibles. Comme en 2005, les émeutiers visent toujours des locaux publics et privés (la maison des jeunes et de la culture et l'office public HLM à Saint-Dizier, par exemple) et continuent de brûler des voitures (44 157 en 2006, contre 45 588 en 2005). Mais ils s'en prennent, plus fréquemment, aux forces de l'ordre, comme le montre le nombre très élevé de policiers blessés en deux nuits à Villiers-le-Bel (plus d'une centaine).

En 2005, en comptabilisant les trois semaines d'émeutes, le ministère de l'intérieur avait recensé 5 143 actes de violences collectives à l'encontre des services de sécurité, de secours et de santé. En 2006, pour une année sans épisode comparable aux émeutes de 2005, il a comptabilisé un peu plus de 5 600 faits, soit près de 10 % de hausse. "Même si le recours à la technique du guet-apens est observé depuis de nombreuses années, dans les cités, la volonté affichée par des délinquants de s'en prendre physiquement aux policiers n'a jamais été aussi affirmée", relève la direction générale de la police nationale dans son étude annuelle sur les violences urbaines, présentée dans le cadre du rapport 2007 de l'Observatoire national de la délinquance (OND).

"DES CIBLES HUMAINES" La police souligne que les émeutiers tendent à délaisser "les cibles matérielles au profit des cibles humaines". Des élus disent se sentir désormais menacés lorsqu'ils interviennent dans les quartiers, parce qu'ils sont assimilés à des représentants de l'autorité ou de l'Etat. Les pompiers subissent des agressions parfois très violentes (jet de parpaings ou de pierres, par exemple) et ont dû progressivement adapter leurs modes d'intervention. Et les journalistes, qui étaient acceptés sans trop de difficulté en 2005, voire attendus dans l'espoir de pouvoir médiatiser les violences locales, sont aussi devenus des cibles, parce qu'ils sont accusés d'être le relais des voix officielles.

La troisième différence essentielle est l'intention affichée, par les jeunes les plus radicaux, de blesser grièvement, voire de tuer des policiers ou des pompiers. De ce point de vue, l'événement le plus grave de ces derniers mois est probablement la découverte, à Aulnay-sous-Bois, le 3 novembre, d'une bouteille de gaz sur laquelle avaient été scotchées des boîtes de clous. L'objectif des émeutiers, qui réagissaient à un accident impliquant des jeunes poursuivis par la police, était de placer la bouteille dans une poubelle avant de l'enflammer. Le dispositif a certes été qualifié d'artisanal par les experts de la police, qui ont estimé que les risques d'explosion étaient limités. Mais la volonté était de provoquer des dégâts les plus larges possible en recourant à un explosif. L'usage d'armes, à Villiers-le-Bel, s'inscrit dans cette logique : une partie des agresseurs, que la police qualifie de "noyau dur", est montée d'un cran dans la violence.

Villiers-le-Bel n'est donc pas un tournant, mais un révélateur d'une tendance plus ancienne. Là où les émeutes de 2005 comprenaient une dimension ludique (volonté de passer à la télévision, émulation avec les cités voisines, etc.), celles qui se sont produites depuis l'automne 2006 relèvent d'une logique beaucoup plus destructrice. Comme si les deux années passées avaient accru le ressentiment des plus jeunes.

Le plus grave est que tous les acteurs politiques assistent à cette dérive sans savoir quoi faire. Dans ses analyses, le gouvernement a choisi de ne pas remettre en question l'organisation de la police sur le terrain. Il a confié à la secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, Fadela Amara, la mission de porter un nouveau "plan banlieues" qui ne soulève aucun espoir parmi les élus et les responsables associatifs. Dogme contre dogme, la gauche continue, elle, de réclamer le retour à une police de proximité, expérimentée jusqu'en 2002, mais dont rien ne prouve qu'elle serait adaptée aux enjeux actuels. 2007 n'est pas 2005, sauf sur un point : les pouvoirs publics ne savent toujours pas comment réagir.

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La France championne de la productivité horaire

Le travail coûte-t-il si cher en France ? L’INSEE a tenté de répondre à l’éternelle question rengaine du Medef.

Loin de trancher la question, l’INSEE fournit suffisamment de munitions aux deux camps pour faire durer encore ce vieux débat. Si vous êtes de patrons, vous pouvez vous offusquer en notant que la France est le pays de l’Union dont le nombre d’heures travaillées a le plus baissées entre 1996 et 2004. Et se retrouve de fait le dernier de la classe Européenne. Et vous hurlez à la mort car la France arrive en 5ème position (devant l’Allemagne) en matière de coût horaire total en 2004.

Mais si vous êtes syndicaliste, vous répondrez que le coût du travail en France a progressé beaucoup moins vite que la moyenne de l’Union à quinze et bien sûr à vingt-sept (puisque les entrants ont vu leurs salaires progresser fortement).

Mais surtout vous répétez que la France reste, malgré – ou à cause des 35 heures -, la championne de la productivité horaire. Déjà supérieure en 1996 de 11% à la moyenne de l’Union des Quinze, elle était 16,4% au dessus de la moyenne en 2004, devançant ainsi notre partenaire et voisin Allemand.

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La voix de la France fait téléradiophoniques

RAPHAËL GARRIGOS et ISABELLE ROBERTS Libération jeudi 29 novembre 2007

Réforme. Le rapport qui va refonder l’audiovisuel extérieur (TV5, RFI…) est prêt.

Késako l’audiovisuel extérieur ? En gros, c’est TV5, France 24 et RFI, soit des télés et radio ayant la lourde charge de faire rayonner la France (ou la francophonie) à l’étranger. Et pourquoi une réforme ? Parce que c’est un pataquès : TV5, par exemple, n’est pas française mais francophone, puisqu’elle compte des actionnaires belge, suisse ou encore canadien. France 24, tout en étant publique, est codétenue par TF1 et France-Télévisions. Quant à RFI, c’est encore un autre schéma puisque la station dépend à la fois du ministère des Affaires étrangères et de celui de la Culture.

Bref, cet été, le président décide de donner un coup de balai dans tout ça, et réunit un comité qui, sous l’égide de son conseiller pour l’audiovisuel George-Marc Benamou, auditionne les différents acteurs jusqu’à début novembre.

Mais le tout ne se déroule pas sans heurts, notamment du côté de TV5 et de ses actionnaires francophones, lesquels n’entendent pas servir de porte-voix à Sarkozy. Mais aussi du côté de la France, où les différents ministres concernés, Christine Albanel pour la Culture ou Bernard Kouchner pour les Affaires étrangères, n’apprécient pas de voir Benamou marcher sur leurs plates-bandes. Mais enfin, les 70 pages du rapport sont là.

Holding. La réforme préconisée par le rapport est déjà connue dans ses grandes lignes. A la manière de France Télévisions, serait créée une holding coiffant TV5, France 24 et RFI. Comme sur la télé publique, cette structure aurait un président et un directeur général à la tête des trois sociétés. Une short list de présidentiables devrait être remise en même temps que le rapport : on parle de Pierre Louette, PDG de l’AFP, Pierre Lescure ou encore Emmanuel Hoog, actuel patron de l’INA.

La holding bénéficierait des budgets des trois chaînes, soit 360 millions d’euros. France Télévisions, qui détient aujourd’hui 50 % de France 24, serait tout bonnement éjectée du capital (tandis que TF1 conserverait sa part) puisque ses actions, comme celle des autres sociétés publiques, seraient absorbées par la holding. De même France Télévisions va, selon nos informations, voir sa participation de 75 % dans CFI, un organisme de coopération audiovisuelle avec les pays en voie de développement, réduite à peau de chagrin. TV5 pourrait se voir dotée d’un bouquet de chaînes thématiques (enfants, arts de vivre…) diffusées sur Internet.

«Usine». Une fois les structures juridiques en place, il va falloir faire travailler tout ce beau monde ensemble, et c’est là que ça va commencer à rigoler. On vous passe les détails – déménagements, alignement des salaires… L’idée est, selon le rapport, de créer une «usine de traitement de l’information». Une bien jolie manière de désigner le rapprochement des rédactions de RFI, France 24 et TV5. Les journalistes des différentes entités pourraient, dans un premier temps, contribuer à un site Web commun avant, plus tard, de fournir sons et vidéos aux trois sociétés qui conserveraient la responsabilité de leur politique éditoriale.

Autant dire que c’est pas gagné. Déjà, à RFI, les syndicats redoutent un «démantèlement pur et simple de la station».

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Nourrir 9 milliards d'hommes dans quelques années et leur fournir de l'énergie. On n'a jamais eu autant besoin d'agriculteurs.

Ouest-France 29/11/07 Jean LE DOUAR.

Cette XXIe édition du Space, le salon international de l'élevage a révélé à quel point l'agriculture vit une période charnière, et s'ouvre à des temps nouveaux. De nouvelles opportunités s'offrent à elle, de nouvelles tendances se font jour dont certaines paraissent contradictoires et vont susciter de fortes tensions. Trois signes pour le moins en font foi.

D'abord, le discours du président de la République. Un discours de rupture qui prélude à de grands changements. Le passé se ferme avec ses modèles qui ont fait leur preuve, mais qui sont aujourd'hui à l'épreuve. Et une page blanche s'offre aux agriculteurs. Première tension entre un passé familier et un avenir inconnu. Aussi ce discours est-il lourd d'ambiguïtés.

Nourrir les hommes

Le gouvernement rappelle que la première mission de l'agriculteur est de nourrir les hommes. Mais il l'invite aussi à produire de l'énergie. Pourra t-il faire les deux ? Sur quelles terres ? Il lui demande donc de produire plus. Mais avec moins d'engrais et d'intrants. Il l'exhorte à respecter l'environnement. Mais il n'encourage pas clairement les formes alternatives de production, hors quelques mots sur l'élevage à l'herbe. Il promet moins de paperasse, donc sans doute moins de fonctionnaires, mais plus de contrôles aux frontières. Il dit préférer un revenu fondé sur des prix et le marché plutôt que des subventions. Bruxelles le félicite. Mais jusqu'où peut-on descendre dans la réduction des aides à l'agriculture ? Peut-on soumettre un secteur aussi stratégique aux seuls caprices du marché ? Comment payer des fonctions non marchandes, comme l'entretien du paysage et des écosystèmes ?

Trouver la parade

Certes, son libéralisme est tempéré car ce marché sera encadré par de la préférence communautaire, un fonds de risques sanitaires, des assurances récolte, un refus de toute forme de concurrence déloyale. Soit, mais cela suffira t-il et cette assurance récolte le sera t-elle sur fonds publics ou privés ? Le gouvernement français croit aux vertus du marché et pense que celui-ci permettra à l'agriculture de vivre ces tensions et de surmonter ces contradictions. Mais les éleveurs sont-ils prêts ?

Deuxième signe. L'inquiétude sourde liée au renchérissement brutal des matières premières. Chacun sent bien que cette nouvelle donne s'installe pour longtemps, qu'il va falloir faire avec et trouver la parade. Cette nouveauté devrait justement nous alerter et nous instruire sur les limites du marché et les risques inhérents à toute spéculation. Livré à lui-même, le marché élève le prix des céréales à des sommets jamais atteints, et fait chuter le cours du porc gros consommateur de céréales. Autres tensions.

Troisième signe : l'intérêt, sinon l'engouement pour d'autres fonctions, comme la production d'énergie. Il y avait foule, jeudi, pour l'annonce du plan biogaz en Bretagne et Pays de Loire. Et tous les stands consacrés à ce sujet ont été assaillis. L'agriculture sera t-elle capable de répondre à toutes ces attentes de la société ?

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SDF : à part les tentes, que propose t-on ?

Ouest-France 29/11/07

Combien sont-ils à vivre ainsi ? Au moins 15000. Les associations qui se réunissent aujourd’hui et demain, à Paris, veulent bâtir un plan d’aide en dix points qui sera remis à la ministre du Logement, Christine Boutin. : Archives Daniel Fouray

Chaque jour, quelqu'un meurt dans la rue. Que faire ? Camper sur le trottoir ? Hurler ? Les acteurs de l'aide aux sans-abri se réunissent à Paris.

Il y aura la ministre du Logement, Christine Boutin, et le haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch; Augustin Legrand, des Enfants de Don Quichotte; Xavier Emmanuelli, l'urgentiste social; Pierre Saglio, le président d'ATD Quart-Monde. Et des médecins, des sociologues, des philosophes. Une ribambelle de quarante experts venus de Londres, d'Espagne ou du Danemark. Il y aura le ban et l'arrière-ban de celles et ceux à qui la misère est insupportable. Et qui « boxent » quotidiennement contre elle.

Pendant deux jours, ce jeudi et demain vendredi, la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) réunit une grande conférence dite « de consensus » sur les sans-abri, à Paris.

« Assez de courte vue »

Nicole Maestracci, présidente de la Fnars et magistrate, a voulu ce rendez-vous, car les militants au feu du froid en ont « assez des plans hiver. Assez des tentes d'urgence. Assez de la courte vue. On meurt autant en été, dans la rue. Il nous faut écouter tout le monde et parvenir à un programme en dix points pour s'attaquer aux racines de l'exclusion. »

Voilà vingt ans que le « sans-abrisme » mobilise, inquiète et émeut. Se met en veilleuse puis réapparaît. Désespérément. Désespérément car, vingt plus tard, on ne sait vraiment pas grand-chose sur ceux qui vivent dans la rue.

Combien sont-ils ? Les chiffres oscillent entre 15 000 et 200 000. Une famille s'abritant dans un taudis vit-elle à l'abri ? Un vrai recensement est impossible à mener. Mais on sait que le Samu social reçoit près de trois millions d'appels chaque année. On sait aussi que 30 % des « non logés » travaillent et sont pauvres. Tous sont en mobilité constante. Une bonne part sont des « invisibles » qui n'ont ni toit, ni droits. Des enfants vivent à la rue.

Voilà pourquoi, durant deux jours, un jury d'honneur va auditionner tous ceux qui, ici ou ailleurs, cherchent des solutions ou en ont trouvé. En décembre, un plan pensé, compact et clair sera remis à Christine Boutin. Pour que « sortir de la rue » soit enfin une vraie affaire d'État.

« Sortir de la rue », au ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durable, 20, avenue de Ségur. Un site Internet présente la conférence de consensus et ses enjeux : http://sans-abri.typepad.fr

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Les spéculateurs font flamber les céréales

Ouest-France 29/11/07 Valérie NOËL et Patrice MOYON.

Le prix du blé et du maïs s'envole. À cause de la météo et des agrocarburants mais aussi des spéculateurs. Enquête sur les mutations de l'agriculture.

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Ils veulent se faire du blé. Et vite. Les fonds d'investissements débarquent sur le marché des céréales. Èté 2007, les marchés financiers sont fébriles, la météo maussade. À Paris, le téléphone sonne dans les bureaux de l'Apca, l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture. Au bout du fil, un financier. « Il m'a demandé de lui dresser un tableau du marché des matières premières agricoles», raconte amusé, Lucien Bourgeois, économiste à l'Apca. Son interlocuteur vient de perdre des sommes considérables dans l'immobilier. Il veut se refaire et vite.

Depuis quelques mois, le marché des céréales flambe. Les fonds spéculatifs se ruent sur l'agriculture. « Le marché s'en trouve déstabilisé », s'inquiète Jean-Marie Gabillaud, président des Coopératives de l'Ouest. « Ces acteurs peuvent faire monter le cours du blé de 25 € la tonne en 24 heures. Ils jouent à la hausse ou à la baisse. Prennent leurs gains. Ce n'est pas sain. »

Banques et fonds spéculatifs sont de plus en plus nombreux à s'intéresser à l'agriculture. ABN Amro, dispose ainsi d'un fonds « petit-déjeuner » dans lequel on retrouve du jus d'orange et des céréales. En France, le Fonds de réserve des retraites s'y est mis lui aussi. Il dispose de 2 à 3% de ses avoirs investis sur les matières premières, agriculture comprise.

Selon plusieurs experts interrogés, cela concernerait 5 % des volumes traités sur Euronext, le marché à terme européen. Ces nouveaux spéculateurs se classent en deux catégories : les gestionnaires « passifs », qui n'opèrent que sur le marché à terme, et les « actifs » plus agressifs. Ces derniers travaillent surtout sur le marché des options, pariant sur des marchés à la hausse ou à la baisse. C'est le cas en Europe de Diapason Commodities. Cette société basée en Suisse est l'une des premières à s'être spécialisée sur le marché des matières premières. Elle gère une enveloppe de 8 milliards de dollars. Son offre: des indices appelés également « paniers » alliant plusieurs produits (céréales et métaux, par exemple) afin de répartir le risque. Diapason achète à un prix donné un contrat portant sur un certain volume de matières premières et le revend avant son échéance. L'objectif est simple : dégager des bénéfices à chaque revente.

La météo des logiciels

Il y a aussi les spéculateurs « actifs ». Schématiquement, ils achètent et ils vendent en permanence sur le marché à terme. Ce qui crée des perturbations dont ils se servent pour faire du profit. Des logiciels intégrant des modèles mathématiques ont même été conçus pour générer des signaux de ventes et d'achats indépendants du contexte de marché. Ces spéculateurs, professionnels aguerris, embauchés spécifiquement par les banques, opèrent souvent de Londres.

Scandaleux ? Professeur à l'université de Dauphine et responsable de Cyclope, le guide annuel des matières premières, Philippe Chalmain s'en réjouirait presque. « Ils apportent les liquidités - l'argent - dont le marché a besoin. » Aux agriculteurs de ne pas laisser de purs spéculateurs dicter leur loi ( ???).

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Aides aux entreprises : opaques et inefficaces. Un constat sévère de la Cour de Comptes

Ouest-France 29/11/07

La Cour des comptes s'est penchée sur les aides des mairies, départements et des Régions aux entreprises.

Voir le rapport « les aides des collectivités territoriales au développement économique »

« Venez vous installer chez nous, on vous aidera » : censées doper l'économie locale, les aides des collectivités aux entreprises n'apportent pas toujours les retombées escomptées. Au total, 24 Chambres régionales des comptes ont enquêté. Et le bilan est sévère. « Très décevant », résume la Cour des comptes dans son rapport sur les aides versées par les collectivités territoriales aux entreprises depuis 25 ans (6 milliards d'euros en 2004). Leur portée est jugée « très incertaine et peu de collectivités sont en mesure d'en évaluer l'efficacité », souligne Philippe Seguin, le président de la Cour des comptes. Des noms ? Surtout pas. « Ce rapport est volontairement anonyme, explique-t-il. Le but n'est pas de pointer telle ou telle collectivité, mais de demander aux législateurs, au gouvernement, de changer le système ». Il regrette, pour l'heure, que les ministères des Finances et de l'Intérieur « n'aient pas encore répondu à ce rapport ».

Que dit-il ? Trop d'aides et des acteurs trop dispersés, pointe-il d'abord. Et finalement, « une incohérence d'ensemble ». Dans une Région, pas moins d'une centaine d'institutions ou d'organismes interviennent en moyenne. Au fil du temps, tout cela a rendu « plus opaques les dispositifs d'aide au développement économique. » Des dispositifs souvent hors la loi, faisant peu de cas des règles nationales et européennes. Quant aux systèmes d'évaluation et de suivi, ils sont eux aussi cloués au pilori.

Tout ça pour quoi ? « Une portée économique très limitée », répond le rapport. Le seul coût de gestion de ces aides avale pas moins d'un quart des montants versés !

Conçu pour une grande part, il y a 25 ans, le dispositif actuel « ne correspond plus aux préoccupations et exigences des entreprises » aujourd'hui, conclut le rapport. La preuve : les entreprises gagnent davantage en délocalisant leurs emplois hors de France qu'avec les aides publiques existantes.

Que faire ? Repenser entièrement le dispositif, préconise la Cour des comptes. En visant non plus seulement des aides individuelles aux entreprises, mais plus largement l'aide à la croissance de l'économie française.

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Presse - Macadam est revenu sur le pavé

L’Humanité 27 novembre 2007

À l’heure où la presse craque sous l’explosion du numérique, que les journaux gratuits ajoutent à la déprime, un titre refait surface.

« Les vendeurs de Macadam ne tendent pas la main. Et n’attendent pas de pourboire. Ils sont vendeurs colporteurs de presse, fiers de leur métier et de leur journal. » Comment mieux dire l’esprit de ces hommes qui font exister un journal ? Au mois de juin 2006, Macadam avait cessé de paraître. Au mois de novembre, après que l’équipe de Lyon ait cessé de revendre des anciens numéros, le journal a complètement disparu du circuit.

Créé en 1993, sous l’impulsion d’une journaliste du quotidien belge le Soir, Martine Van Den Driessche, c’est un journal solidaire qui, dans les années 1990, a connu le succès en vendant près d’un million d’exemplaires chaque mois, dans toute la France.

grâce à la demande des vendeurs - Aujourd’hui, explique François Fillon (rien à voir avec un premier ministre), trésorier de l’association les Artisans du macadam, coordonnateur de la relance du journal de rue et par ailleurs journaliste à la revue mutualiste Viva, c’est à la demande des vendeurs de l’équipe de Lyon que Macadam a redémarré. « J’ai été contacté par l’équipe, qui m’a fait part de son désarroi à l’approche des fêtes de fin d’année de n’avoir plus rien à vendre. »

Le moment était, pour François Fillon, bien choisi. Aussi a-t-il dit oui à la demande. Macadam a aussitôt été relancé. « De façon presque confidentielle », fait comprendre cet artisan du journal de rue. Grâce aux apports personnels et à des engagements individuels, Macadam a connu un premier tirage en décembre 2006. Puis en janvier, en février, mars, avril… « Les six premiers mois, on a avancé de façon artisanale. On a vivoté comme on a pu », soupire François Fillon.

Les demandes ont commencé à arriver. Sur les sites Internet et par d’anciens vendeurs de Paris, de l’ouest de la France et puis d’un peu partout. Les gens voyaient que le journal continuait mais ils ne le trouvaient nulle part. « Ce qui nous a poussés au mois de septembre et octobre dernier à vouloir relancer Macadam au niveau national. » Pour cela, explique François Fillon, « on a mobilisé des collègues journalistes, photographes, dessinateurs, pour pouvoir offrir un réel contenu ». Le lancement national date du mois dernier, et Macadam a très rapidement atteint les 10 000 exemplaires.

nouveau format et couleur fluo - Mais comment relancer ce journal, alors qu’à la sortie du métro et des gares il y a tous les gratuits ? Il fallait faire quelque chose de différent. « Ce qui est intéressant, souligne François Fillon, c’est que les vendeurs eux-mêmes ont pris les choses en main. Avec raison, ajoute-t-il, car la formule marche. Du social, c’est la raison d’être du journal, et des jeux. »

« Une moitié de Macadam traite de précarité, de difficulté, de ce que ses vendeurs vivent au quotidien, l’autre moitié réunit sudoku, mots croisés, bande dessinée… Mais, surtout, le journal est passé au format A4 et, à la demande des vendeurs, une couleur fluo pour accrocher le public. Un atelier d’écriture a été mis en place pour que les vendeurs puissent écrire eux-mêmes une partie du journal. »

Fernand Nouvet

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Flicage généralisé des immigrés dans l’administration

Toulouse, correspondant particulier.L’Humanité 27 Novembre 2007

Droits de l’homme . En Haute-Garonne les policiers formeraient les salariés d’organismes sociaux pour détecter les faux papiers. Syndicats et associations dénoncent la chasse aux sans-papiers.

Un terrifiant projet a été concocté au cours de deux réunions tenues les 8 juin et 5 octobre 2007 à la préfecture de Haute-Garonne et auxquelles ont participé PAF, gendarmerie et représentants des services publics et administrations. Deux réunions sous l’égide de la très sarkozyste Dominique Baclé, très mal nommée directrice de la réglementation et des libertés publiques. Celle-ci a rédigé à l’attention du préfet un compte rendu de ces « séances de travail », dans lequel elle détaille un programme taillant en pièces les libertés et particulièrement celles des personnes étrangères et sans papiers.

les sans-papiers en ligne de mire Dans cette missive, la directrice annonce que les services préfectoraux ont d’ores et déjà enclenché un processus pour que la police exerce une « formation » de trois jours et demi auprès des salariés des administrations et organismes sociaux. La police aux frontières (PAF) viendrait apprendre aux agents de l’ANPE, des ASSEDIC, de la Sécurité sociale ou de la Caisse des allocations familiales à reconnaître les faux papiers d’identité, les faux documents. Une démarche qui signifie clairement que les organismes sociaux devraient effectuer des tâches policières.

Dans sa lettre, Dominique Baclé propose d’aller encore plus loin dans le flicage généralisé et de croiser les fichiers informatiques des différents services publics ou administrations, en contournant sans scrupule l’interdiction de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL). Il est également question d’instituer dans tous ces services publics des réseaux de « correspondants » de police. En d’autres termes, des mouchards.

Pour Jean-François Mignard, responsable en Haute-Garonne de la Ligue des droits de l’homme, « le coeur de cible du dispositif, c’est les étrangers en situation irrégulière. On assiste à une mise en place de la xénophobie d’État ». Selon Jean-François Mignard, l’idée d’un tel dispositif est née au plus haut niveau lors d’une réunion interministérielle (Intérieur et Justice) fin 2006. Pour s’opposer au projet de croisement des fichiers, la Ligue des droits de l’homme va saisir la CNIL.

travailleurs sociaux pas policiers Ces méthodes suscitent aussi un tollé parmi les syndicats. « Nous ne faisons pas partie de la police ! » s’insurge Sylvie Espagnol, déléguée CGT à l’ANPE. Pour elle, « ce qui est dans les dossiers ANPE doit rester à l’ANPE. Et pourquoi ce qui concerne l’ANPE devrait être croisé avec ce qui concerne la Sécurité sociale ? ». Sa collègue, Solange Loses, du même syndicat, ajoute : « Au niveau de l’ANPE, nous ne sommes pas censés demander des papiers d’identité à une personne française ou étrangère. »

Le syndicat SUD de la DDASS voit dans ce dispositif « une chasse aux étrangers sans papiers » et il n’est pas question d’y participer : « Nous sommes des travailleurs sociaux. » À la caisse d’allocations familiales, Marcel Mirouze (CGT) juge qu’« on veut utiliser les organismes sociaux à des fins de délation. C’est dangereux car pour être au service des allocataires, il faut bénéficier de leur confiance ».

Le principal syndicat de policiers exprime lui aussi son opposition. Jocelyn Icart (UNSA police) : « Attribuer du travail de police à des agents des organismes sociaux ? Pas d’accord ! C’est dangereux pour la démocratie. » Pourtant, le « programme » de la préfecture de Haute-Garonne n’est pas une vague menace : il est déjà en vigueur à l’URSSAF où les policiers de la PAF interviennent depuis le mois de juin.

Bruno Vincens

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Le taux de chômage au plus bas en Allemagne depuis 14 ans

REUTERS : jeudi 29 novembre 2007 par Irene Preisinger

Le nombre de demandeurs d'emploi en Allemagne a fortement reculé en novembre, à ses plus bas niveaux depuis plus de dix ans, preuve que le marché de l'emploi résiste bien aux craintes d'un ralentissement de l'économie.

En données corrigées des variations saisonnières, le nombre de demandeurs d'emplois est ressorti en baisse de 53.000 à 3,6 millions, selon les chiffres de l'Office fédéral du travail publiés jeudi.

Trente-cinq économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une décrue moins marquée, de 30.000.

Il s'agit de la 20e baisse mensuelle consécutive du nombre des chômeurs allemands, qui s'établit désormais à son plus bas niveau depuis mai 1995, selon les données de la Bundesbank.

Le taux de chômage CVS, lui, est tombé à 8,6%, son plus bas depuis avril 1993. Ce taux était ressorti à 8,7% en octobre et le marché tablait sur un taux inchangé ce mois-ci.

En données brutes, les effectifs du chômage ont diminué de 55.000 pour revenir à 3,378 millions en novembre, contre 3,410 millions attendus par les économistes, et le taux de chômage a diminué d'un dixième de point à 8,1%.

"La tendance baissière du chômage devrait se poursuivre en 2008", prévoit Alexander Koch, économiste chez UniCredit. "Le recul du chômage devrait toutefois être de moins grande ampleur en moyenne l'an prochain."

Au moment de l'arrivée au pouvoir d'Angela Merkel fin 2005, l'Allemagne comptait près de cinq millions de chômeurs.

Mais les turbulences mondiales sur le marché du crédit, la flambée des cours du pétrole brut et la vigueur de l'euro face au dollar sont autant de risques pesant sur la croissance de la première économie d'Europe.

"Alors que le moral des ménages s'est effrité dernièrement et que les signes d'un ralentissement de l'économie s'intensifient, les risques sont désormais baissiers", met en garde Jennifer McKeown, chez Capital Economics à Londres.

"Plus inquiétant pour la BCE, l'actuelle amélioration du marché du travail pourrait provoquer une augmentation des salaires, ce qui renforcerait les risques haussiers sur l'inflation."

Les gens qui réclament des sous sont inconscients des risques qu'ils font courir aux financiers !

Posté par werdna à 00:02 - Europe - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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