Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

vendredi 30 novembre 2007

Sus à La Poste!

CECI est bien une pipe, quoi qu'en ait le peintre Magritte... Et La Poste a du mal à l'avaler. Les services postaux viennent de refuser tout net d'acheminer au tarif préférentiel « Postimpact » le catalogue d'une vente de livres, textes et photos érotiques qui doit avoir lieu à l'Hôtel Drouot le 7 décembre, sous l'égide de la maison Pierre Bergé. Corps du délit: une photo de l'acteur Michel Simon en train de faire une fellation à un travesti, reproduite dans le catalogue, et qui est restée en travers de la gorge du facteur, si l'on ose dire.

Dans un courrier circonstancié daté du 20 novembre, une dame de la Direction du courrier explique que le tarif Postimpact est réservé aux « envois de messages publicitaires» qui ne tombent pas sous le coup du fameux article 227-24 du Code pénal punissant la diffusion de la pornographie. Et de préciser: « En revanche, les envois de nature érotique (ou "de charme") peuvent être affranchis au tarif Postimpact », mais à condition de n'être envoyés qu'à des majeurs et sous pli clos.

Ce qui était bien le cas: il est d'usage que les catalogues de ventes aux enchères, envoyés en nombre aux amateurs et meilleurs clients, se voient appliquer le tarif Postimpact ; et l'expert de cette vente d'" Erotica », Benoît Forgeot, avait pris la précaution de faire ajouter un bandeau de mise en garde à l'intérieur de l'enveloppe close contenant le catalogue...,

Mais la demoiselle de La Poste a trouvé la chose un peu raide et l'a censurée, en invoquant le bon vieux distinguo érotique/porno sans expliquer en quoi il consiste:
« Par conséquent, dans le cas présent, un des visuels (photographie de Michel Simon} ne répond pas à la définition de l'érotisme mais relève bien de la pornographie. »

Comme disait Jean Cocteau, «la pornographie, c'est l'érotisme des autres »... Cette vente va pourtant des textes d'Apollinaire et d'Aragon aux poèmes de Verlaine, en passant par des dessins de Klossowski ou des photos de Man Ray, pieusement collectionnés par l'avocat Emmanuel Pierrat et le libraire Jean-Pierre Faur, qui décident aujourd'hui de s'en défaire.

Les demoiselles du courrier craignaient peut-être que l'on ne rebaptise leur tarif « Porn'impact » ?

D. F.

©" Le Canard enchaîné » - mercredi 28 novembre 2007 -

Posté par OhM_ à 11:46 - Culture - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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