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mercredi 28 novembre 2007

« L'arrestation de Marina Petrella est une entorse grave au droit d'asile »

Le Contre Journal – de Karl Laske 27/11/07

Arrêtée en août dernier et placée sous écrou extraditionnel, Marina Petrella, ancienne des brigades rouges, bénéficiait depuis quinze ans de la politique d'asile des italiens des années de plomb. « Elle est arrivée en France en pleine lumière, après s'être présentée à tous ses procès, et l'asile lui a été offert en toute connaissance de cause », explique Irène Terrel son avocate. La cour d'appel doit examiner le dossier vendredi 30 novembre. Un site de soutien s'est créé.

Pourquoi cette arrestation aujourd'hui après quinze ans de résidence en France?

« Marina Petrella a été arrêtée par hasard. Elle se présentait dans un commissariat de police pour déposer une plainte. Une fiche est sortie. A partir de cette fiche, une procédure d'extradition s'est enclenchée. Elle s'est retrouvée le lendemain sous écrou extraditionnel. Marina Petrella est arrivée en 1993 dans le cadre de la politique d'asile de la France initiée par François Mitterrand. En vertu de laquelle les réfugiés italiens des années de plomb qui arriveraient, tourneraient la page, se signaleraient aux autorités, bénéficieraient d'un asile et ne seraient pas extradés. C'est ce qu'on a appelé la doctrine Mitterrand. Et c'est devenu la politique internationale de la France, au fil des gouvernements, de droite comme de gauche, qui se sont succédés. Jusqu'en août 2002, ces gens ont bénéficié toutes couleurs politiques confondues, d'un asile juridiquement consolidé, puisqu'ils ont obtenu des titres de séjour, en toute connaissance de cause et dans la transparence sur leur situation judiciaire italienne. Ils ont vécu ici au grand jour en signalant aux autorités dès leur arrivée. C'est le cas de Marina Petrella qui est arrivée en 1993, et qui a vécu quinze ans ici, a fondé une famille, a eu un enfant français, une petite fille née en France, un enfant de l'asile. Elle a travaillé comme assistante sociale pour des collectivités territoriales, et s'est particulièrement investie en banlieue dans l'aide des personnes défavorisées.

Et on l'arrête brusquement, au mois d'août 2007, sur une demande d'extradition qui datait de 1994 et que la France n'avait pas exécuté.»

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Pays émergents : la stratégie de l'industrie pharmaceutique est injuste et de plus inefficace

Challenges.fr | 27.11.2007 |

Selon l'ONG Oxfam, en empêchant l'accès des pays pauvres aux médicaments, elle se prive du potentiel de croissance des pays émergents.

Selon Oxfam, elle "a échoué à mettre en place une politique de fixation progressive des prix correspondant au pouvoir d'achat des populations", empêchant ainsi plus de 85% de la population mondiale d'avoir accès aux médicaments.
De plus, les laboratoires mondiaux continuent de “négliger la recherche et le développement relatifs aux maladies affectant majoritairement les populations pauvres" et restent “inflexibles en matière de protection de la propriété intellectuelle, en traînant les pays pauvres devant les tribunaux".
L'organisation déplore cette “stratégie commerciale totalement inefficace vis-à-vis des marchés émergents, en plus d'être moralement inacceptable".

Prix différenciés pour les maladies reconnues
Elle reconnaît que certains groupes proposent des prix différenciés, mais ce phénomène "reste extrêmement limité et ne concerne généralement que des maladies fortement reconnues, tel que le sida".
Illustration, la stratégie du géant français Sanofi-Aventis qui "proposait en Thaïlande son médicament contre les maladies cardiovasculaires Plavix à un prix soixante fois supérieur à celui du Emcure, version générique indienne du médicament".
Le numéro quatre mondial a fini par baisser le prix de 70% devant la menace d'une licence obligatoire, qui permet à un pays d'autoriser la fabrication d'un médicament sans le consentement du titulaire du brevet, conformément à un accord de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

L'industrie pharmaceutique serait en danger, selon une étude de l'organisation humanitaire britannique Oxfam publiée mardi 27 novembre, car elle ne facilite pas l'accès aux médicaments des pays pauvres. En l'empêchant, “elle met en péril son propre avenir", car elle "ne pourra pas profiter du plein potentiel des marchés émergents, pourtant perçus comme la prochaine étape de sa réussite financière".

85% de la population mondiale manque de médicaments

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CHINE - Les "avocats aux pieds nus" réprimés en Chine

LE MONDE | 27.11.07 | SHANGHAÏ CORRESPONDANT

La visite de Nicolas Sarkozy en Chine, dimanche 25, lundi 26 et mardi 27 novembre, intervient alors que le mouvement des droits civiques, et les "avocats aux pieds nus" qui l'animent, traverse une phase particulièrement critique. 

Bien que la réunion du 17e Congrès, période traditionnellement sensible, soit achevée depuis un mois, ce réseau informel de juristes, avocats et militants, qui ont entrepris de défendre, sur le terrain, des cas d'injustices en s'en référant aux lois en vigueur, n'a jamais été en si mauvaise posture.

Yang Maodong (alias Guo Feixiong), l'un des juristes qui s'étaient illustrés lors des événements de Taishi dans le Guangdong en 2005, un village dont la population avait tenté de manière non violente de révoquer par un vote un chef du village corrompu, comme la loi chinoise le permet, a été condamné à Canton, le 14 novembre, à cinq ans de prison. Son crime ? La publication "illégale" d'un livre sur une affaire de corruption à Shenyang (Nord-Est).

A Pékin, le militant Hu Jia, assigné à résidence depuis de longs mois, s'est fait rosser lorsqu'il a tenté de sortir de chez lui, le 9 novembre, pour se rendre à la clinique où sa femme, l'activiste Zeng Jinyan, accouchait.

Gao Zhisheng, l'un des pionniers de la mouvance, plusieurs fois emprisonné et battu, rayé du barreau, est comme "paralysé". On l'a prévenu qu'il en allait de la survie de sa famille.

Dans la région de Shanghaï, Wu Lihong a perdu, début novembre, le seul appel auquel il avait droit dans la mascarade de procès qui a condamné cet écologiste local à quatre ans de prison pour une prétendue "fraude".

Wu Lihong se battait depuis dix ans pour la préservation du lac Taihu. Son épouse a pu le voir pour la première fois vendredi 23 novembre. En revanche, Yuan Weijing, la femme de l'activiste aveugle Chen Guangcheng, embastillé dans le Shandong, n'a pas été autorisée à rendre visite à son mari depuis deux mois.

ENNEMIS DU PEUPLE - Pour les "avocats aux pieds nus", qui n'ont jamais contesté le système politique, cette mise au pas est d'autant plus cynique qu'elle s'effectue par le biais de procès manipulés. Paradoxalement, explique en substance Jean-Philippe Béja, spécialiste des mouvements politiques chinois au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), ce sont les campagnes du gouvernement en faveur du "respect des lois" qui ont encouragé ces hommes, parfois autodidactes, à entrer en action. Décidés à prendre au mot le parti, ils sont convaincus d'une convergence d'intérêts entre leur action et celle des nouveaux dirigeants - le président Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao -, qui proclament leur attention pour les groupes vulnérables de la société.

Depuis quelques mois, les "avocats aux pieds nus" sont ouvertement étiquetés "ennemis du peuple". On voit ressortir les accusations d'agents de l'étranger. Minjian, une publication de l'université Sun Yat-Sen à Canton qui couvrait les combats des militants et des ONG pour un lectorat confidentiel, a été fermée après trois ans d'existence. Dans une longue lettre publiée le 22 novembre sur Internet, Zhai Minglei, son fondateur, a exprimé la "pitié" qu'il ressent pour cette société civile chinoise mort-née. Parce qu'elle est tant menacée, celle-ci a besoin de soutien, comme celui dont a fait montre la chancelière allemande Angela Merkel en rencontrant, lors de sa venue à Pékin, fin août, quatre intellectuels en rupture de banc. Parmi eux figurait le journaliste Li Datong, limogé en 2006, un des observateurs les plus lucides du système.

Avant la visite de M. Sarkozy en Chine, la France a, certes, soumis aux autorités chinoises une liste de personnalités emprisonnées, qui n'a pas été rendue publique. Mais, contrat oblige, le président français a fait le choix de rencontrer essentiellement des officiels et des patrons.

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Le nucléaire n'est pas la bonne solution pour sauver le climat

Greenpeace avec Reuters - 27/11/07

Paris, France - L'Oxford Research Group, un organisme indépendant de réflexion sur les questions de sécurité internationale, estime que la promotion de l'énergie nucléaire comme solution au réchauffement climatique est peu judicieuse et pourrait aboutir à des conséquences extrêmement dangereuses pour la sécurité mondiale.
Dans un rapport intitulé "Energie sûre ? Nucléaire civil, sécurité et réchauffement climatique", l'Oxford Research Group affirme cependant que l'uranium nécessaire à ce processus n'est pas disponible en quantité suffisante sur la planète et que les puissances nucléaires seront donc tentées de retraiter du combustible nucléaire pour obtenir du plutonium.

« Une multiplication des activités de retraitement et le commerce international de matériau à usage militaire qui en résulterait augmenteraient les occasions pour les Etats, les organisations criminelles et les terroristes d'acquérir du matériau à usage militaire » souligne ce rapport. Dans une préface à ce document, l'ancien ministre allemand de l'Environnement et de la Sécurité nucléaire Jürgen Trittin écrit que le développement de l'énergie nucléaire conduira automatiquement à une prolifération menaçant la sécurité internationale.

« L'une des pires idées, largement répandue dans le débat international, est l'appel en faveur d'un développement de l'énergie nucléaire comme moyen de préservation du climat », écrit Trittin. « Cette recommandation est un exemple parfait de lutte contre un risque par le biais d'un risque encore plus élevé. Les risques liés à la prolifération et au terrorisme nucléaire aussi bien par des Etats que par des acteurs non étatiques sont tout simplement incontrôlables ».

Des risques incontrôlables.
Outre cet aspect, l'extraction et la purification de l'uranium contribuent à l'émission de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, même si les centrales nucléaires en émettent peu elles-mêmes, et il faudrait construire des milliers de réacteurs pour obtenir un effet significatif sur le changement climatique, relève l'Oxford Research Group.

Les énergies renouvelables comme l'éolien, le solaire ou l'hydraulique sont moins polluantes, notamment au regard du danger posé à très long terme par les déchets nucléaires, et moins risquées en terme de sécurité.

Seuls quelques pays, notamment la France, la Grande-Bretagne et le Japon, retraitent actuellement du combustible nucléaire. Une explosion de la demande d'énergie nucléaire pourrait cependant entraîner un brusque développement de ces activités dans le monde et déborder les procédures de contrôle, prévient le rapport de l'Oxford Research Group.

Parallèlement, le réchauffement climatique risque de provoquer des inondations, des famines et d'autres perturbations favorisant l'instabilité politique dans les zones les plus vulnérables.

« C'est exactement ce que nous répétons à longueur de temps : le nucléaire est la mauvaise solution pour lutter contre les changements climatiques. Nous avons d'ailleurs publié un scénario [R]évolution énergétique, qui démontre qu'il est possible de réduire les émissions planétaires de CO2 de 50% d'ici 2050, tout en tenant compte de la croissance économique mondiale. Ce scénario est basé sur la sobriété et l'efficacité énergétique. Il substitue aux énergies fossiles des énergies renouvelables, évite les fausses solutions technologiques et utopiques comme le nucléaire ou le charbon prétendument " propre " mais aussi les technologies de capture et de séquestration de carbone » explique Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace.

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Le Dalaï Lama défie Pékin pour sa succession

AP | 27.11.2007 |

Le Dalaï Lama, chef des bouddhistes tibétains et symbole de la résistance de la région au régime communiste chinois, a annoncé mardi que les Tibétains seraient consultés par référendum avant sa mort sur le maintien du système actuel des lamas.

Pékin a immédiatement condamné cette décision.

"Quand ma condition physique s'affaiblira, il faudra sérieusement penser aux préparatifs (de ce référendum)", a dit le Dalaï Lama, âgé de 72 ans, à un rassemblement de chefs religieux venus du monde entier à Amritsar, dans le nord de l'Inde. Ce jour pourrait être lointain, a-t-il ajouté: "d'après mes visites médicales régulières, j'en ai encore pour quelques décennies!"

Pékin n'a pas accepté cette nouvelle marque d'indépendance du chef religieux en exil. "La déclaration du Dalaï Lama est une violation manifeste de la pratique religieuse et de la procédure historique", a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué faxé à l'Associated Press.

Le Dalaï Lama a expliqué que ce scrutin serait ouvert à toutes les personnes ayant un intérêt dans le bouddhisme tibétain le long de la chaîne de l'Himalaya, en Chine, au Népal, en Inde et jusqu'en Mongolie.

Depuis des siècles, ce sont des moines tibétains qui partent à la recherche de la réincarnation des chefs religieux après la mort de ces lamas -y compris le chef spirituel du Tibet, le Dalaï Lama.

Or depuis que la Chine a décidé en août dernier que le gouvernement communiste et officiellement athée de Pékin était seul autorisé à reconnaître les réincarnations des lamas, les Tibétains craignent encore plus que Pékin ne contrôle la recherche du successeur du Dalaï Lama pour choisir un allié et resserrer son emprise sur le petit territoire himalayen.

Pékin dirige d'une main de fer le Tibet depuis son invasion par les forces communistes en 1951 et accuse les moines bouddhistes à défier la souveraineté chinoise sur le territoire, même si le Dalaï Lama a constamment répété qu'il ne souhaitait pas l'indépendance du pays mais une "autonomie réelle".

Le Dalaï Lama, prix Nobel de la paix 1989, vit en exil avec ses fidèles en Inde depuis 1959 après avoir échappé aux soldats chinois. "Si la population estime que l'institution du dalaï lama est toujours nécessaire, elle sera maintenue", a déclaré le Dalaï Lama mardi à la presse. Dans ce cas, le Dalaï Lama a dit que, soit il se réincarnerait hors de Chine, soit il choisirait son successeur avant de trépasser.

"Le but de la réincarnation est d'accomplir les tâches inachevées dans la vie précédente. Si je meurs alors que nous sommes toujours des réfugiés, logiquement, ma réincarnation se fera hors du Tibet et terminera le travail que j'ai commencé", a-t-il expliqué. "Si je mourais aujourd'hui, la lutte des Tibétains subirait un certain recul mais l'esprit tibétain ne disparaîtra pas avec ma mort", a-t-il assuré.

Sinon, a-t-il affirmé, il existe un précédent de réincarnation reconnue avant la mort de la personne. L'un de ses enseignants, le lama Trogye Trichen, aurait ainsi été reconnu comme le lama réincarné alors que son prédécesseur était toujours vivant !

Posté par werdna à 00:01 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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