mercredi 28 novembre 2007
UIMM : Gautier-Sauvagnac entendu à la brigade financière
LCI 27/11/07
Sa garde à vue pourrait durer deux jours. Denis Gautier-Sauvagnac, président démissionnaire de l'UIMM (patronat de la métallurgie), est arrivé mardi après-midi à la brigade financière de Paris dans le cadre de l'enquête sur des retraits en liquide suspects des caisses de l'UIMM.
L'enquête a montré que des prélèvements d'espèces d'un montant de 22 millions d'euros avaient été opérés entre 2000 et 2007 sur les comptes de l'organisation patronale.
3 millions versées à des salariés
Denis Gautier-Sauvagnac, dit "DGS", a reconnu avoir effectué ces dernières années des retraits en liquide dans cette caisse de l'ordre de "2 millions d'euros par an" depuis sa prise de fonction en 2000, en précisant que le système existait avant lui.
Les policiers de la brigade financière cherchent à connaître la destination de 17 de ces 22 millions d'euros retirés - 2 millions ont été saisis dans les coffres de l'UIMM et 3 millions versés à des salariés - et à savoir si elle peut être ou non constitutive d'un abus de confiance, relever de la corruption ou du financement de partis politiques.
La piste d'un financement politique a été formellement démentie par Denis Gautier-Sauvagnac. Parmi les autres pistes envisagées par les enquêteurs, celle d'un financement syndical - démentie par ces organisations - semble pour l'heure privilégiée, selon des sources concordantes.
Une pratique ancienne
Le président démissionnaire de l'UIMM a lui même indiqué que ces retraits en liquide avaient contribué principalement "au financement de différents organismes qui font partie de notre vie sociale". Son prédécesseur, Daniel Dewavrin, a expliqué qu'il s'agissait de "fluidifier les relations sociales".
L'UIMM, comme les syndicats de salariés, relève de la loi Waldeck-Rousseau de 1884 qui la dispense de publier ses comptes. Devant les policiers, Denis Gautier-Sauvagnac pourrait se prévaloir de cette loi pour refuser de s'expliquer sur la destination des fonds, selon une source proche de l'organisation patronale.
L'hypothèse d'un enrichissement personnel de DGS a été écartée par les enquêteurs de Tracfin et semble ne pas être privilégiée par les policiers. Pour l'heure, Denis Gautier-Sauvagnac a reconnu qu'une partie des retraits en liquide, estimée par le parquet à trois millions d'euros, a servi à verser à des collaborateurs "un complément de rémunération correspondant à des primes de cabinet". Une pratique ancienne à laquelle il dit avoir mis fin en décembre 2006 mais pour laquelle il pourrait être poursuivi, selon une source judiciaire.
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=295434&pid=7042578
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

