mardi 27 novembre 2007
Dix-huit mois de prison avec sursis pour Pasqua
LIBERATION lundi 26 novembre 2007
L'ancien ministre de l'Intérieur, jugé pour financement illégal de sa campagne aux élections européennes de 1999, a été condamné aujourd'hui par le tribunal correctionnel de Paris.
Charles Pasqua a écopé aujourd'hui de dix-huit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris. Il est poursuivi pour le financement illégal de sa campagne aux élections européennes de1999, abus de confiance et faux. Dans le même dossier, il fait l'objet, en tant qu'ancien ministre, d'une procédure pour corruption passive devant la Cour de justice de la République.
Selon le procureur, Philippe Combettes, le financement illégal est fondé sur «un pacte de corruption» lié à l'autorisation d'exploitation du casino d'Annemasse en Haute-Savoie, délivrée en 1994 par Charles Pasqua, alors ministre de l'Intérieur.
Le représentant du parquet a dénoncé des «conditions anormales» d'autorisation du casino, contre l'avis de l'administration, avec pour contrepartie «la promesse d'un soutien aux activités politiques futures» de Pasqua. L'ancien ministre est accusé d'avoir bénéficié en 1999 de 7,5 millions de francs (1,143 million d'euros) issus de la vente du casino en 1995.
Quatre ans d'emprisonnement ferme ont été requis à l'encontre de l'un des bénéficiaires de la vente, Michel Tomi, un proche de Pasqua, jugé pour «corruption active». Trois peines avec sursis, de six mois à trois ans, ainsi que deux relaxes ont été requises contre les autres prévenus.
Charlie s’en sort encore (quelle surprise !!) et ce sont ses amis qui trinquent.
VISITE EN CHINE Kouchner justifie l'absence de Rama Yade : "L'urgence c'est la Birmanie", pas la Chine
NOUVELOBS.COM | 26.11.2007
Le ministre des Affaires étrangères ne voit pas pourquoi il ne faudrait pas signer de contrats avec Pékin et affirme que "l'urgence en matière de droits de l'Homme c'est la Birmanie, et pas la Chine". Nicola Sarkozy a parlé de cela et demandé mui-même un certain nombre de choses. Et toc !
C'est un peu le petit bout de la lorgnette" que de critiquer l'absence de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme de la délégation française en Chine, a déploré lundi 26 novembre le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, notant que "l'urgence c'est la Birmanie" et non pas la Chine.
"On ne peut pas emmener tout le gouvernement" Quant à l'absence de Rama Yade, "c'est la décision du président de la République" car "on ne peut pas emmener tout le gouvernement", a observé Bernard Kouchner, rappelant qu'"il y a sept ministres" aux côtés de Nicolas Sarkozy. "Le président a choisi un certain nombre de ministres pour des dossiers très importants, qui vont faire du bien à la France, qui a besoin de travail et de rentrée de capitaux".
"Ce n'est pas bien de signer des contrats Airbus, de réacteurs? Tout le monde courtise la Chine et nous, on serait venus simplement pour leur faire des critiques? Ce n'était pas le but de Rama Yade", a-t-il déclaré. "Rama Yada ira la prochaine fois".
La fonction de secrétaire d'Etat aux droits de l'homme "sert à lui faire accomplir d'autres travaux ailleurs: il n'y a pas qu'à cet endroit où les droits de l'homme ne sont pas respectés", a conclu Bernard Kouchner. (AP)
De l’eau dans le gaz entre les femmes ministres ?
A l'Elysée, on avait éludé expliquant qu'il n'était pas possible d'emmener tout le gouvernement à Pékin... Pourtant quatre avions, ça contient du monde... Ainsi, madame Sarkozy mère a été conviée tout comme, le jeune Pierre Sarkozy ou encore Jean-Pierre Raffarin.. ...
Pour le Parisien, décidément très au fait des coulisses de ce voyage en Chine, l'absence de Rama Yade au côté du chef de l'Etat a une toute autre explication qui n'aurait rien à voir avec la diplomatie. C'est le Quai d'Orsay qui aurait en effet manigancé pour que la benjamine du gouvernement ne soit pas invitée... Rachida Dati aurait usé de son influence (très grande) auprès du président de la République pour que sa rivale n'y soit pas alors qu'elle était bien prévue à l'origine. La garde des Sceaux dont on peut s'interroger sur l'utilité de sa présence en Chine ?réformer la carte judiciaire de Pékin? Supprimer le tribunal des prud'hommes de Canton?- ne voulait pas, semble-t-il, partager la photo avec Rama Yade, l'autre starlette du gouvernement... Autant dire que le droit d'une femme a prévalu sur les droits de l'Homme...
Le champ de ruines du dialogue social
Edito CFE-CGC du 22/11/2007 de Bernard Van Craeynest -Responsable CFE-CGC
Démonstration est faite de l’archaïsme du dialogue social en France ! Et c’est un syndicaliste convaincu qui vous le dit... Quel triste spectacle nous est donné dans le conflit de la SNCF qui se résume, au final, à un affrontement stérile entre une direction décrédibilisée et une CGT arc-boutée sur ses vieux schémas d’opposition systématique.
Aujourd’hui, toute tentative de dialogue constructif n’aboutit qu’à la caricature et à l’échec. Mais enfin, à quoi riment ces faux semblants de discussion ? Nous en sommes à attendre le «feu vert» de la CGT ou de Sud pour faire circuler les trains ! Et l’on voudrait me convaincre que la mise en œuvre du principe d’accord majoritaire éviterait ce genre d’oukases ? Fumisterie !
Le 13 novembre dernier, la CFE-CGC, la CFTC et la CFDT avaient élaboré un projet d’accord positif autour de la réforme des régimes spéciaux à la SNCF. À l’heure où j’écris ces lignes, le 22 novembre, nous ne savons pas ce qui se dessine comme compromis de sortie de crise, mais je suis persuadé que le texte définitif sera très proche de celui que nous avions proposé le 13 novembre dernier. Entre temps, les démonstrations de force et les effets de tribune n’auront servi qu’à gâcher du temps, de l’argent et le moral des Français qui galèrent dans les transports. Les plusieurs centaines de millions d’euros perdus dans cette affaire n’auraient-ils pas été mieux employés à financer le nouveau système de retraite qui, de toutes les façons, va se mettre en place ?
Décidément, il est temps de tourner une page du syndicalisme : l’affrontement pour l’affrontement, le postulat du rapport de force, le chantage à la grève, l’idéologie... tout cela doit être rangé au magasin des accessoires. Le syndicalisme moderne, celui de la CFE-CGC, ne peut se référer qu’au dialogue constructif entre des interlocuteurs résolus, dès le départ, au compromis pragmatique. Passer de l’oukase à la realpolitik, voilà le Rubicon à franchir pour les tenants du progrès social.
Au-delà de la SNCF, bien d’autres négociations s’ouvrent déjà, en particulier dans le cadre de la modernisation du travail. Anticipons-les en nous attaquant dès maintenant à la racine du mal : la perte de confiance entre les parties prenantes du dialogue social devenu champ de ruines. La question est : syndicats, État, employeurs, saurons-nous nous donner suffisamment confiance pour construire ensemble un nouvel édifice social, équilibré ?
Syndicalistes, choisissons la voie du consensus. Employeurs, reconnaissez la valeur du fait syndical bien compris. Politiques, ouvrez vos portes aux négociateurs. Le progrès social ne peut plus se contenter d’être une formule. Faisons-le, maintenant !
Salaires hommes-femmes : l'égalité en 2009 ?
Ouest-France 26/11/07
Depuis dix ans, la parité sur les salaires est en panne. Syndicats et gouvernement étudient aujourd'hui les moyens d'arriver à l'égalité en 2009.
Une femme gagne de 7 % à 11 % de moins qu'un homme, à durée de travail et de formation égales, pour un poste similaire. C'est pire chez les cadres : l'écart atteint 25 %. Plus on monte dans la hiérarchie, plus les inégalités de salaire s'accroissent.
Plus grave : depuis dix ans, les choses ne s'améliorent plus. Malgré l'élévation du niveau de formation des femmes et leur présence massive dans l'emploi. Or, le président de la République souhaite que « l'égalité salariale entre les femmes et les hommes soit une fois pour toutes atteinte en 2009. » Il y a du pain sur la planche.

Moins de promotions
Pour tenter de tenir ce pari, Xavier Bertrand, ministre du Travail, réunit aujourd'hui les syndicats et le patronat. À eux d'avancer des solutions. Et pas seulement sur les salaires.
Les femmes obtiennent plus difficilement des promotions. Elles travaillent plus souvent à temps partiel que les hommes. Ce sont encore elles qui prennent des congés quand les enfants ou les parents âgés sont malades. Dans les entreprises, les femmes ne jouent pas à armes égales avec les hommes.
Les statistiques du ministère du Travail sont implacables. L'an dernier, sur 24 000 accords d'entreprise signés, 400 seulement évoquaient l'égalité salariale. Depuis 2002, à peine 112 accords dédiés à l'égalité hommes-femmes ont été paraphés. On n'en a compté que 31 en 2006 et 12 cette année !
Or, les entreprises, qui ont une représentation syndicale, ont l'obligation de négocier sur cette égalité professionnelle. « Il n'y a pas une dizaine d'entreprises qui se sont donné les moyens de réduire les écarts de salaire », déplore François Fatoux, de l'Observatoire sur la responsabilité sociale des entreprises.
Amendes pour les entreprises
Depuis plus de trente ans, les lois se sont pourtant succédées. La dernière date de 2006 : elle impose l'égalité salariale. Mais les entreprises traînent toujours les pieds. L'idée du gouvernement est d'instaurer en 2009 une sanction financière pour celles qui n'auraient pas ouvert des négociations pour réduire les écarts. Les sommes récoltées seraient reversées aux entreprises qui avancent dans le bon sens. Le montant de cette taxe n'est pas connu. S'il est trop faible, des entreprises préféreront payer sans rien changer. C'est ce qui se passe déjà avec l'insertion des handicapés.
Un rapport préparant la réunion d'aujourd'hui suggère aussi que les inspecteurs du travail se mobilisent davantage pour contrôler les entreprises récalcitrantes. Autre idée avancée : l'État doit refuser l'extension des accords salariaux de branche ne comportant pas de clauses sur l'égalité salariale.
Enfin, le rapport conseille à l'État de réserver les commandes publiques aux seules entreprises qui s'engagent à respecter la parité salariale. La CGT réclame, comme première étape, une hausse immédiate de 5 % des salaires des femmes.
Ils se battent pour parler français au bureau
Ouest-France 26/11/07 - Christelle GUIBERT.
Le « globish », l'anglais à la sauce business se répand à vitesse grand V dans les entreprises françaises. :
La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, ex-avocate d'affaires à Chicago, a reçu dimanche le Prix 2007 de la Carpette anglaise. Elle rédigeait des notes en anglais à ses collaborateurs du ministère, ce que Le canard enchaîné avait révélé il y a deux mois. Une entorse à la loi Toubon de 1994, qui oblige les entreprises implantées en France à utiliser le français. En 2006, c'est le Conseil constitutionnel qui avait été primé pour avoir jugé « constitutionnel » le protocole de Londres, le texte qui permet à tous les brevets déposés en anglais d'être applicables en France sans traduction.
Ce goût prononcé pour l'anglais commercial dans l'économie française ne date pas d'hier. En 1999, Renault a adopté cette pratique au moment du rapprochement avec Nissan. En 2001, c'est le Medef, le syndicat des patrons, qui trouve plus productif d'instaurer des réunions en langue anglaise. Dans son dernier livre, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, avoue même que le « français n'est pas indispensable » pour l'économie de la francophonie ! Résultat, aujourd'hui, il n'est pas rare d'entendre entre deux bureaux open space (ouverts), « Je te fowarde (fais suivre) ce que je viens de printer (imprimer) ». De quoi révolter Molière et Shakespeare...
Mais s'il ne s'agissait que de snobisme ou de tics de traduction automatique, Jean-Loup Cuisiniez, porte-parole du Collectif pour le droit de travailler en français, ne se formaliserait pas. Ce polyglotte - il connaît cinq langues étrangères - parle ici « d'entreprises passées au tout-anglais. Ce sont des logiciels de travail - les patrons comme Madame Parisot disent des outils business intelligence - qu'on ne traduit plus ; des communications, des informations qui ne circulent plus qu'en anglais »... Un autre militant, le député UMP des Yvelines Jacques Myard, a des exemples plus concrets. Plus alarmants aussi : « Ici, c'est le décès d'un employé qu'on annonce en anglais ; là, la délocalisation d'un site »...
Une pratique lourde de conséquences. Elle induit une « discrimination entre les jeunes parfaitement anglophones et les plus anciens moins sûrs de leur anglais », explique Jocelyne Chabert, déléguée syndicale CGT qui a obtenu en 2005 la condamnation de son entreprise, General Electric Medical Systems (Gems). « À des niveaux assez hauts de hiérarchie, certains le vivent comme une honte. »
Les salariés ressentent aussi stress et fatigue intellectuelle « générés par le doute. Est-ce que j'ai bien compris ? Est-ce que j'ai bien traduit les consignes ? »... Parfois, l'erreur ne pardonne pas : à Épinal, des patients ont été irradiés parce que la notice d'utilisation de l'appareil de radiothérapie, écrite en anglais, avait été mal comprise.
À terme, le député Jacques Myard craint aussi « une économie tout anglais; un processus lent qui touche à la structure de la pensée. Il y a de l'idéologie derrière ça. »
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Les bides de la francisation des termes high tech
26/11/2007 17:01 - L'Expansion.com : Adieu les smartphones ! En bon français, il faudra bientôt parler de « terminaux mobiles de poche ». De la causette au filoutage, retour sur dix ans de néologismes très difficilement acceptés.
La Commission de terminologie et de néologie ne se décourage pourtant pas. Malgré un désintérêt cuisant des Français pour ses créations, cette émanation du ministère de la Culture présentait lundi matin à la presse une nouvelle fournée de termes censés remplacer, en bon français, des expressions populaires empruntées à l’anglais. Ainsi, il conviendra par exemple de remplacer l’odieux « smartphone » par l’expression « terminal mobile de poche », qui entretient tout de même la confusion avec le simple téléphone mobile. De même, les nouveaux DVD de haute définition, Blu-ray ou HD DVD, seraient qualifiés de « disques numériques polyvalents ».
« Avec la prolifération des nouveaux termes technologiques, les menus sont de plus en plus copieux et l’urgence de plus en plus grande », souligne Jérôme Trollet, président de la commission qui planche spécifiquement sur la terminologie et les néologismes informatiques. Tous les ans, une cinquantaine d’équivalents sont ainsi décrétés. Mais la procédure, qui demande un passage devant l'Académie française, est longue. Sauf exception, il faut compter entre un an et un an et demi, ce qui laisse souvent le temps aux termes étrangers de s’implanter durablement.
Dès lors, les échecs abondent depuis la première fournée de termes francisés il y a dix ans. Le cookie n’a jamais cédé sa place au témoin de connexion ou au mouchard. L’arrosage reste plus couramment utilisé en jardinerie que pour évoquer le spam. La « causette » ayant échoué pour remplacer le chat, la commission retente sa chance cette année avec « dialogue en ligne ». Le tatouage numérique, jusque dans les rapports ministériels, est délaissé pour le watermarking. Le bloc-notes est quasi inexistant face au blog. Le canular n’évoque en rien le hoax. Même à deux contre un, le filoutage ou le hameçonnage ont perdu leur bataille contre le phishing. Quant à l’ASFI, qui saurait dire qu’il désigne « l’accès sans fil à Internet », autrement dit, le WiFi et le WiMAX ?
Il existe pourtant quelques exceptions. On parle ainsi volontiers de navigateur Internet plutôt que de browser, de pirate plutôt que de cracker, de moteur de recherche plutôt que de search engine. De même, le logiciel libre rivalise avec l’Open Source. Généralement, il s’agit d'ailleurs de termes ou d’expressions qui étaient déjà employés avant l’intervention de la commission dont le rôle, dans ce cas, s'est limité à celui d'une simple chambre d’enregistrement. En témoigne l’exemple de l’email. D’abord francisé en « Mél », le message électronique à la française a évolué peu à peu en « courriel » venu du Québec, plus populaire auprès des internautes.
Il n'y aura pas de journalistes «pouvant poser des problèmes» aux JO de Pekin
S.A, d'après AFP 20Minutes du 27/11/2007 –

Ça a au moins le mérite d'être clair. Selon un membre de l'organisation des JO de Pekin, la Chine va effectuer des vérifications préalables sur tous les journalistes étrangers souhaitant être accrédités pour les jeux Olympiques 2008 à Pékin et refusera ceux qui pourraient constituer un risque pour la sécurité.
Plus de 10.000 candidatures de journalistes seront ainsi examinées, selon Yang Minghui, adjoint au responsable du bureau des accréditations des JO. «S'ils ne satisfont pas aux tests, leur demande d'accréditation sera refusée et le processus n'ira pas plus loin».
«Eliminer les personnes pouvant poser des problèmes»
Malgré cela, Yang Minghui a ajouté que le Comité international olympique (CIO) aurait le dernier mot sur les accréditations. Aucune précision n'a été donnée sur les critères de ces vérifications préalables, mais celles-ci seront effectuées afin d'améliorer la sécurité, selon Yang Minghui. «Le but est d'éliminer les personnes qui peuvent poser des problèmes pour la sécurité des Jeux».
Il y a 15 jours, les autorités chinoises avaient déjà annoncé la création d'une base de données concernant les journalistes étrangers destinée en premier lieu «à empêcher de faux reporters d'escroquer les gens en les menaçant de publier des articles nuisibles pour eux».
Comment la Chine pille l'Afrique
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Mardi 27 Novembre 2007 –
Rien n'est plus incontestable que la présence croissante de la Chine en Afrique. Le stock d'investissement chinois est de l'ordre de 6 à 7 milliards de dollars par an, ce qui, à l'échelle du revenu africain, est important. Les Chinois exportent comme partout ailleurs leurs produits manufacturés, et importent des matières premières, du pétrole, du fer, des bois tropicaux (le tiers du bois tropical transformé en Chine vient d'Afrique) des diamants etc.
Les entreprises chinoises captent beaucoup d'appels d'offres en matière de travaux publics. Elles sont très compétitives Pour deux raisons :
D'abord, les Chinois soutiennent systématiquement les Etats, sans leur imposer en contre partie, quoi que ce soit ; contrairement à ce que faisaient les Européens, les Américains et le FMI, avec leurs plans d'ajustement structurel issus du « consensus de Washington ». Ce « consensus de Washington» obligeait, je le rappelle à des comportements libéraux: discipline budgétaire, baisse de la dépense publique, libéralisation financière, libéralisation des échanges, élimination des barrières à l'investissement direct étranger, privatisation des entreprises publiques etc. En clair, les Chinois font des affaires, sans aucune à priori ideologiqu et, du coup, soutiennent systématiquement les Etats en place.
Ensuite, les entreprises chinoises sont compétitives parce qu'elles ne respectent ni l'environnement, ni le social. Elle arrivent clefs en mains en Afrique, embauchent peu ou pas, et ne favorisent pas d'activité locale. De sorte que s'il existe un début d'intégration de l'économie africaine dans l'économie asiatique, c'est toujours de la même manière : l'Afrique fournit la matière première, laquelle bénéficie à une nouvelle puissance.
Impossible de comparer ces investissements chinois en Afrique avec les délocalisations européennes en Chine. Si EADS s'installe en Chine pour y produire les Airbus que va acheter l'Etat chinois, une grande part du bénéfice technologique sera pour le pays d'acceuil.
Dans le commerce trilatéral entre la Chine, le Nord et l'Afrique, c'est celle-ci qui est encore perdante.
Bruxelles. La fronde contre les OGM se développe au niveau européen
par Yves Clarisse REUTERS : lundi 26 novembre 2007
BRUXELLES - Plusieurs Etats membres de l'Union européenne demandent une révision de la procédure d'autorisation des Organismes génétiquement modifiés (OGM), qui aboutit à un feu vert dans presque tous les cas. Les ministres de l'Agriculture des Vingt-Sept se sont réunis à Bruxelles pour débattre de ce dossier qui prend à nouveau de l'ampleur et qui divise l'UE avec des opinions publiques aux sensibilités très disparates.
A l'heure actuelle, les Etats membres doivent approuver de nouvelles autorisations de commercialisation d'OGM à la majorité qualifiée, mais ils ne parviennent que rarement à l'atteindre.
Résultat: la procédure prévoit que Commission a le dernier mot et elle se prononce presque toujours pour une autorisation .
"Il faudrait arrêter cela et nous devrions voir si la procédure fonctionne correctement", a déclaré le ministre allemand de l'Agriculture, Horst Seehofer. En attendant les conclusions de ce débat, il y aurait un moratoire sur les autorisations de culture de variétés OGM.
L'Italie est sur la même longueur d'ondes et le ministre français de l'Agriculture, Michel Barnier, a également abondé dans ce sens lors d'une conférence de presse. "On observe sur cette question une très forte sensibilité de l'opinion publique, beaucoup de débats, beaucoup de peurs", a-t-il expliqué, tout en soulignant qu'il ne veut pas mettre des obstacles aux échanges. "Nous devons mettre en place des procédures qui sont incontestables."
LA COMMISSION DIVISÉE
Lors du "Grenelle de l'environnement", Paris a annoncé le gel de l'utilisation en France du maïs Monsanto 810, le seul maïs autorisé à la culture commerciale au niveau européen, en attendant le vote d'une loi prévue pour le mois de janvier.
La Commission européenne est totalement opposée à cette révision de la procédure d'autorisation et souligne qu'elle prend ses décisions uniquement sur la base des meilleurs avis scientifiques concluant à l'innocuité des OGM mis sur le marché.
Mais l'exécutif européen est lui aussi divisé. Pour la commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, "reporter de nouvelles autorisations aurait des conséquences dramatiques" pour l'Union européenne, déjà confrontée au risque de pénurie dans certaines productions.
"La conséquence est que la production de viande se déplacera vers des pays tiers", a-t-elle dit en soulignant que l'on importerait alors de la viande américaine nourrie avec des OGM qui, parfois, ne sont pas autorisés par l'UE.
Le commissaire à l'Environnement, Stavros Dimas, a quant à lui émis fin octobre des doutes sur certaines variétés d'OGM. A la grande colère de ses homologues, il a estimé que deux types de maïs OGM, le Syngenta Bt-11 et le 1507 produits par Pionneer Hi-Bred International, une filiale de DuPont Co et de Dow AgroSciences, devraient être interdits de commercialisation dans l'UE. Dimas refuse également de donner son feu vert à la commercialisation de semences de pommes de terre OGM.
Le débat est double puisqu'il concerne les risques de dissémination dans l'environnement des OGM cultivés en Europe, soit à des fins commerciales, soit à des fins expérimentales, et les importations de viande des pays tiers nourrie aux OGM.
L'industrie biotechnologique craint les effets d'un tel débat et des moratoires sur l'opinion publique.
Si l'UE devait suivre la revendication allemande, elle risquerait de se heurter aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a une vision libérale de ce dossier.
«Vendre de l’écologie factice, ça ne rapportera pas longtemps» une régulation est-elle possible ?
Recueilli par ALEXANDRA SCHWARTZBROD - lundi 26 novembre 2007
La pub peut-elle être éco-responsable ? Pour le publicitaire Hervé Brossard arrive le temps de la prise de conscience.
Devant l’émergence d’une conscience verte dans le monde développé, la pub ne cesse de brandir l’argument écologique pour mieux vendre ses produits, même les plus polluants. Joliment baptisé «greenwashing», ce phénomène arrive peut-être à son terme.
La pub en aurait fini avec le «greenwashing» ?
Le «greenwashing», ça sert à vendre plus, peut-être, mais ça ne va pas durer longtemps car les gens commencent à en avoir assez de cet excès. D’autant que la préoccupation environnementale n’est pas un effet de mode, c’est un phénomène de fond. Et vendre de l’écologie factice, ça ne rapportera pas longtemps. C’est pourquoi nous avons décidé de changer d’attitude.
Qu’est-ce qui a provoqué cette prise de conscience ?
La pression des écologistes, il faut bien le reconnaître. Et aussi le fait qu’on n’est plus dans les années 70. Les créatifs sont des citoyens comme les autres qui ont conscience du monde qui les entoure. Si ce n’est pas le cas, au moins, ils ont des enfants qui leur rappellent qu’il faut sauver les espèces en danger et arrêter de polluer la planète ! Il y a une vraie mutation générationnelle. On retrouve cette même prise de conscience dans la lutte contre l’anorexie ou l’obésité, par exemple. Sur ces sujets qui touchent de près la société, nous avons des responsabilités qui doivent nous mener à un vrai changement de mentalité. Quand l’ensemble d’un pays prend des dispositions pour contribuer à l’amélioration de la planète, nous voulons avoir un rôle à jouer et apporter notre contribution.
Les annonceurs sont-ils vraiment sur la même ligne ?
Ce que les annonceurs attendent de nous, c’est que des règles claires et précises soient définies vite. Qu’ils puissent avoir une liste de ce qu’on peut dire et pas dire. Il faut donc que tous les acteurs concernés – publicitaires, annonceurs, associations de consommateurs, écologistes – se rencontrent pour faire ce travail. Je ne veux plus qu’on mette en avant un argument écologique qui ne soit avéré. Il suffit d’un peu de bon sens pour comprendre qu’il est contre-productif de placer un 4 x 4 sur les pelouses du jardin du Luxembourg !
Parmi les mesures envisagées par votre profession, figure l’idée d’un «jury»…
Nous voulons faire évoluer l’autorégulation de notre profession vers la co-régulation. Nous allons donc proposer ces jours-ci une série de mesures au ministère de l’Ecologie. Avec l’idée, en effet, d’un jury composé d’experts indépendants, chargé de traiter les plaintes concernant les campagnes qui contreviendraient aux règles déontologiques qui auront été édictées.
Quand vous parlez d’autorégulation, vous pensez au Bureau de vérification de la publicité (BVP) que les écologistes accusent d’être juge et partie puisqu’il ne comprend que des professionnels de la pub…
Il y a un peu plus d’un an, le BVP a été alerté sur le «greenwashing» et il a commencé à lister les choses à dire ou pas en matière environnementale. C’est le seul en Europe à avoir fait ça. Le Grenelle n’a pas remis en cause le principe de l’autorégulation de notre profession, en revanche il a accepté celui de la co-régulation. Le BVP a proposé un «conseil des parties prenantes» qui comprendrait les ONG, lesquelles énonceraient les fameuses règles déontologiques. En aval, le jury vérifierait que ce qui a été décidé par le conseil a bien été respecté. Si on y arrive, on sera le seul pays d’Europe à avoir un contrôle en amont et en aval.
Comment ça se passe à l’étranger ?
En Angleterre, il n’y a pas de BVP, le contrôle se fait a posteriori. Quand une pub est retoquée, ça fait mal, on appelle ça le «nameshame» (la honte pour l’annonceur). Aux Etats-Unis, on exploite encore à mort le «golden green», le filon vert. La liberté est totale. Al Gore essaye de mettre un peu de déontologie dans tout ça.
Aidons les Tibétains… en attendant qu’il le Tibet soit libre ...
Soleil levant – journal alternatif gratuit en ligne – Nov 2007
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Le Dalaï Lama, lauréat du prix Nobel de la paix 1989, considéré par le gouvernement chinois comme un traître et un séparatiste, a toujours revendiqué : « En ce qui concerne l’avenir du Tibet, j’affirme catégoriquement que je ne recherche pas l’indépendance, je recherche une autonomie significative pour le peuple tibétain au sein de la République populaire de Chine ».
Il a reçu la médaille d’or du Congrès, la plus haute distinction civile américaine -Mère Teresa, Nelson Mandela ont reçu cette distinction-. « Je continuerai à exhorter les dirigeants chinois à accueillir le Dalaï-Lama. Ils trouveront en cet homme bon, un homme de paix et de réconciliation », a déclaré G. W. Bush, premier président des Etats-Unis en exercice à se montrer publiquement à ses côtés. De son côté le Dalaï Lama a exprimé ses inquiétudes concernant le Tibet : « Aujourd’hui beaucoup de gens, à la fois de l’intérieur et de l’extérieur, se sentent profondément préoccupés par les conséquences dues aux changements accélérés. Chaque année, la population chinoise à l’intérieur du Tibet augmente de façon alarmante. Cette augmentation accélérée pose aussi une menace sérieuse sur l’environnement fragile du Tibet. ... Profitons de cette occasion pour lancer un appel aux dirigeants chinois afin qu’ils reconnaissent les problèmes graves au Tibet, les véritables griefs et les ressentiments profonds du peuple tibétain, et qu’ils aient le courage et la sagesse d’aborder ces problèmes de manière réelle, dans un esprit de réconciliation ».
Un rappel A la suite de l’invasion du Tibet par la Chine en 1949, des soulèvements se sont produits en 1959. La répression qui a suivi a entraîné la fuite en Inde de 120 000 Tibétains sous la conduite du Dalaï Lama et la constitution d’un gouvernement en exil. Nehru, Président du gouvernement indien leur a attribué des terres vierges. Certaines sont situées aux confins de l’Himalaya, d’autres dans le sud de l’Inde dans des zones subtropicales particulièrement difficiles. Les premiers arrivants déplacés, de leur environnement montagneux ont défriché des terres forestières. L’environnement tropical, les conditions d’hygiène et le manque d’eau et de nourriture ont occasionné à l’origine une forte mortalité.
L’identité culturelle forte, et les capacités d"organisation sociale et politique des Tibétains, ont permis de maintenir, jusqu’à présent, la cohérence et l’équilibre de la communauté.
La pauvreté n’a pas été synonyme de fatalité, et les familles ont conservé une volonté de penser "à la tibétaine", leur mode de vie. Le « territoire tibétain » a donc été forgé par les Tibétains eux-mêmes, à partir de leurs contingences historiques, politiques et économiques. Dans les camps, la population croît d’environ 6% l’an : le taux de natalité élevé et l’arrivée permanente (bien qu’en phase de ralentissement) de nouveaux exilés du Tibet, sont compensés par une mortalité relativement lourde et des départs permanents vers les villes indiennes. D’autre part, même si des îlots peuvent apparaître surpeuplés, le peuple tibétain est aujourd’hui menacé de disparition.
Pour les Tibétains en exil, la croissance des familles réfugiées hors du Tibet est une des réponses pour perpétuer la nation et l’identité tibétaines. Soulignons que la majorité des tibétains, même si notre lecture occidentale est plus pessimiste, vit encore avec l’espoir d’un retour à moyen terme au pays. Malheureusement l’exode du Tibet continue. Chaque jour, fuyant la tyrannie et l’asservissement de l’occupant, des enfants, des adultes et des vieillards, laïcs ou religieux, arrivent en Inde, dans les camps surpeuplés où les structures d’accueil font défaut. Les associations humanitaires sont nécessaires pour permettre à ces exilés de continuer d’exister et de perpétuer leur culture.
Don et Action pour le Tibet concrétise principalement son action par des parrainages incluant un soutien financier. Après l’examen des dossiers, la bonne utilisation des fonds fait l’objet de contrôles. Pour ce faire, l’Association vérifie le versement effectif des parrainages aux bénéficiaires. Nous encourageons les membres de l’Association à développer les échanges avec leurs correspondants tibétains (courriers, voyages et autres) et à diffuser largement ces informations à leur entourage.

