mardi 27 novembre 2007
Ils se battent pour parler français au bureau
Ouest-France 26/11/07 - Christelle GUIBERT.
Le « globish », l'anglais à la sauce business se répand à vitesse grand V dans les entreprises françaises. :
La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, ex-avocate d'affaires à Chicago, a reçu dimanche le Prix 2007 de la Carpette anglaise. Elle rédigeait des notes en anglais à ses collaborateurs du ministère, ce que Le canard enchaîné avait révélé il y a deux mois. Une entorse à la loi Toubon de 1994, qui oblige les entreprises implantées en France à utiliser le français. En 2006, c'est le Conseil constitutionnel qui avait été primé pour avoir jugé « constitutionnel » le protocole de Londres, le texte qui permet à tous les brevets déposés en anglais d'être applicables en France sans traduction.
Ce goût prononcé pour l'anglais commercial dans l'économie française ne date pas d'hier. En 1999, Renault a adopté cette pratique au moment du rapprochement avec Nissan. En 2001, c'est le Medef, le syndicat des patrons, qui trouve plus productif d'instaurer des réunions en langue anglaise. Dans son dernier livre, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, avoue même que le « français n'est pas indispensable » pour l'économie de la francophonie ! Résultat, aujourd'hui, il n'est pas rare d'entendre entre deux bureaux open space (ouverts), « Je te fowarde (fais suivre) ce que je viens de printer (imprimer) ». De quoi révolter Molière et Shakespeare...
Mais s'il ne s'agissait que de snobisme ou de tics de traduction automatique, Jean-Loup Cuisiniez, porte-parole du Collectif pour le droit de travailler en français, ne se formaliserait pas. Ce polyglotte - il connaît cinq langues étrangères - parle ici « d'entreprises passées au tout-anglais. Ce sont des logiciels de travail - les patrons comme Madame Parisot disent des outils business intelligence - qu'on ne traduit plus ; des communications, des informations qui ne circulent plus qu'en anglais »... Un autre militant, le député UMP des Yvelines Jacques Myard, a des exemples plus concrets. Plus alarmants aussi : « Ici, c'est le décès d'un employé qu'on annonce en anglais ; là, la délocalisation d'un site »...
Une pratique lourde de conséquences. Elle induit une « discrimination entre les jeunes parfaitement anglophones et les plus anciens moins sûrs de leur anglais », explique Jocelyne Chabert, déléguée syndicale CGT qui a obtenu en 2005 la condamnation de son entreprise, General Electric Medical Systems (Gems). « À des niveaux assez hauts de hiérarchie, certains le vivent comme une honte. »
Les salariés ressentent aussi stress et fatigue intellectuelle « générés par le doute. Est-ce que j'ai bien compris ? Est-ce que j'ai bien traduit les consignes ? »... Parfois, l'erreur ne pardonne pas : à Épinal, des patients ont été irradiés parce que la notice d'utilisation de l'appareil de radiothérapie, écrite en anglais, avait été mal comprise.
À terme, le député Jacques Myard craint aussi « une économie tout anglais; un processus lent qui touche à la structure de la pensée. Il y a de l'idéologie derrière ça. »
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Les bides de la francisation des termes high tech
26/11/2007 17:01 - L'Expansion.com : Adieu les smartphones ! En bon français, il faudra bientôt parler de « terminaux mobiles de poche ». De la causette au filoutage, retour sur dix ans de néologismes très difficilement acceptés.
La Commission de terminologie et de néologie ne se décourage pourtant pas. Malgré un désintérêt cuisant des Français pour ses créations, cette émanation du ministère de la Culture présentait lundi matin à la presse une nouvelle fournée de termes censés remplacer, en bon français, des expressions populaires empruntées à l’anglais. Ainsi, il conviendra par exemple de remplacer l’odieux « smartphone » par l’expression « terminal mobile de poche », qui entretient tout de même la confusion avec le simple téléphone mobile. De même, les nouveaux DVD de haute définition, Blu-ray ou HD DVD, seraient qualifiés de « disques numériques polyvalents ».
« Avec la prolifération des nouveaux termes technologiques, les menus sont de plus en plus copieux et l’urgence de plus en plus grande », souligne Jérôme Trollet, président de la commission qui planche spécifiquement sur la terminologie et les néologismes informatiques. Tous les ans, une cinquantaine d’équivalents sont ainsi décrétés. Mais la procédure, qui demande un passage devant l'Académie française, est longue. Sauf exception, il faut compter entre un an et un an et demi, ce qui laisse souvent le temps aux termes étrangers de s’implanter durablement.
Dès lors, les échecs abondent depuis la première fournée de termes francisés il y a dix ans. Le cookie n’a jamais cédé sa place au témoin de connexion ou au mouchard. L’arrosage reste plus couramment utilisé en jardinerie que pour évoquer le spam. La « causette » ayant échoué pour remplacer le chat, la commission retente sa chance cette année avec « dialogue en ligne ». Le tatouage numérique, jusque dans les rapports ministériels, est délaissé pour le watermarking. Le bloc-notes est quasi inexistant face au blog. Le canular n’évoque en rien le hoax. Même à deux contre un, le filoutage ou le hameçonnage ont perdu leur bataille contre le phishing. Quant à l’ASFI, qui saurait dire qu’il désigne « l’accès sans fil à Internet », autrement dit, le WiFi et le WiMAX ?
Il existe pourtant quelques exceptions. On parle ainsi volontiers de navigateur Internet plutôt que de browser, de pirate plutôt que de cracker, de moteur de recherche plutôt que de search engine. De même, le logiciel libre rivalise avec l’Open Source. Généralement, il s’agit d'ailleurs de termes ou d’expressions qui étaient déjà employés avant l’intervention de la commission dont le rôle, dans ce cas, s'est limité à celui d'une simple chambre d’enregistrement. En témoigne l’exemple de l’email. D’abord francisé en « Mél », le message électronique à la française a évolué peu à peu en « courriel » venu du Québec, plus populaire auprès des internautes.
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Je vais bientôt être père et je m’insurge contre la nouvelle campagne « be love » du gouv
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