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vendredi 23 novembre 2007

Un massacre dans le silence général : l'intégralité du code du travail entièrement remanié sans aucun débat

Par Gérard Filoche inspecteur du travail - vendredi 23 novembre 2007

Le code du travail va être réécrit en quelques heures à l’Assemblée nationale, le 27 novembre et le 4 décembre !

En 2005, une commission de cinq «rédacteurs» avait été mise en place et il était prévu de publier le nouveau code en mai-juin 2006 si la grande mobilisation victorieuse contre le CPE ne l’avait empêché. Au forcing, l’UMP a glissé dans la loi «sur le développement de l’actionnariat salarié», publiée le 30 décembre 2006, l’article 57, renouvelant les délais du 1er janvier au 30 septembre. Puis le ministre Gérard Larcher a annoncé qu’ils allaient le passer avant la présidentielle. Tous les syndicats ont protesté : «Ne faites pas de coup de force, pas à marche forcée !» Mais Larcher, Villepin, Chirac et Sarkozy l’ont imposé quand même, le 7 mars, en Conseil des ministres. On a donc pu, dans ce pays, en dépit de l’opposition totale des syndicats, changer le code du travail de fond en comble

On est, depuis le 1er octobre, dans une zone de non-droit : quel code s’applique, l’ancien ou le nouveau ? La partie réglementaire serait prête le 1er janvier 2008, applicable le 1er mars 2008 au plus tard. La partie législative n’entrerait, semble-t-il, mais c’est contesté, en vigueur qu’à ce moment-là.

Sur le fond, ils n’ont rien simplifié, ils ont complexifié : «Plusieurs mois, voire plusieurs années seront sans doute nécessaires pour que ce nouveau code révèle tous ses secrets», a reconnu Christian Redé, l’un des cinq rédacteurs du «comité d’experts».

Il y avait 271 subdivisions, on en arrive à 1 890. Il y avait 1 891 articles de loi, il y en a 3 652 ! Ils ont déclassé près de 500 lois en décrets modifiables à l’avenir… sans repasser par le Parlement. Ils font s’écrouler toutes les jurisprudences, abrogent des articles clés, restructurent le fond théorique et pratique du code. Tout est modifié. Dans les questions d’hygiène, de santé, de sécurité, les obligations des employeurs sont devenues un élément avec «les obligations des travailleurs» faisant partager les risques et responsabilités avec les salariés – ce qui est un recul décisif d’un siècle !

Certaines catégories de salariés sont externalisées vers d’autres codes : salariés agricoles, assistants maternels, salariés du transport, des mines, de l’éducation, marins, dockers. Les contrats de travail sont de plus en plus précaires avec la permissivité à l’égard du marchandage du prêt de main-d’œuvre : intérim et CDD, salariés détachés, pigistes, indépendants, etc. Les moyens de contrôle de l’inspection du travail sont démantelés, ainsi que les obligations d’information de l’employeur (registres, affichage). On a une quasi-suppression du droit pénal du travail : plus de sanctions prévues en récidive pour les employeurs. Les prud’hommes sont quasi supprimés, le nombre de délégués baisse. La question de la durée du travail est renvoyée à la partie «salaires».

L’apprentissage a été chassé de la partie «contrat de travail» pour être renvoyé à la formation professionnelle. Le droit de grève a été introduit dans la partie «négociation collective» alors que c’est un droit constitutionnel non négociable. L’inspection du travail, indépendante des gouvernements en place du fait de la convention 81 de l’Organisation internationale du travail, a été renvoyée dans la partie «administration du travail».

Tous les professionnels – syndicalistes, inspecteurs du travail, juristes, avocats, magistrats – signent des pétitions, des appels contre ce massacre. Des recours devant le Conseil d’Etat ont été déposés contre cette étrange procédure, alors le gouvernement envisage de passer par l’Assemblée plus tôt que prévu : le 27 novembre en commission. Ce n’est pas un classique débat parlementaire, il s’agit de ratifier une ordonnance. On peut encore rétablir ce qui a été supprimé (nous avons fait le travail, avec quelques inspecteurs du travail, et proposons environ quatre cents modifications pour réintroduire le droit constant).

Le code du travail, c’est le droit le plus intime, le plus quotidien, pour seize millions de salariés du privé, mais aussi le droit le moins connu, le plus contesté, le plus fraudé. C’est la base de l’Etat de droit dans l’entreprise. C’est le seul droit qui protège – trop fragilement – et contribue à fixer le coût de la force de travail de 91 % de la population active.

C’est un droit évolutif, élaboré en cent trente ans, avec des hauts et des bas, minutieusement, sous l’impact des luttes sociales et politiques. Chaque ligne, chaque article, chaque alinéa représente de la sueur et des larmes, des souffrances et des grèves, des victoires et des échecs, produits de toute l’histoire des mouvements sociaux de notre pays. C’est un texte de notre droit qui ne devrait pas être réécrit. Ce qui est effrayant, c’est le silence général, déterminé, étouffant sur une telle affaire. Pas de une. Pas de débat. Pas d’explication. Motus et bouche cousue de tous. Il paraît que c’est «trop compliqué» pour «intéresser les gens» alors que la vie de seize millions de salariés en dépend et qu’ils savent, souvent instinctivement, ce qui va en résulter pour eux : des conditions de travail dégradées, une souffrance accrue, une protection moindre, des salaires bloqués et des droits syndicaux diminués.

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Chômage : la France à la traîne de l’UE

Didier Migaud président (PS) de la commission des finances de l’Assemblée nationale - vendredi 23 nov. 2007

Les difficultés de traitement statistique qui altèrent la portée des annonces gouvernementales en matière d’évolution du taux de chômage ont conduit la commission des finances à souhaiter, en associant la commission des affaires sociales, réfléchir à la définition et à la pertinence des indicateurs économiques et sociaux.

La tendance à la diminution du taux de chômage, réelle depuis quelques années, s’explique surtout par l’évolution démographique plutôt que par le dynamisme des créations d’emplois, qui reste insuffisant. Ainsi, les créations d’emplois nettes dans le secteur marchand ont atteint le chiffre record de 1,75 million entre septembre 1997 et mars 2002 (grâce aux 35 heures !), contre moins de 500 000 de septembre 2003 à juin 2007… Surtout, si la baisse du taux de chômage est incontestablement une bonne nouvelle, cela ne doit pas nous dissuader de vérifier ce qui se passe chez nos voisins de l’Union européenne.

On constate que la France a connu ces dernières années une dégradation de sa place relative au sein de l’UE en matière de taux de chômage. Ainsi en 1997 (source Eurostat), la France connaissait le 18e moins bon taux de chômage, classement globalement stable jusqu’en 2004, date à partir de laquelle la dégradation devient sensible puisqu’en juin 2007 la France se situe à la 25e place sur 27 !

En 2007, seuls deux pays, la Slovaquie et la Pologne, font pire que la France en termes de taux de chômage. Et pour le chômage des jeunes, c’est pire, seule la Grèce fait moins bien que nous. Note de lecture : plus le classement se rapproche de 27, moins la performance est bonne. Ces mauvais résultats, connus par la France depuis quelques années, se reflètent également dans l’évolution du différentiel du taux de chômage entre la France et la moyenne de l’UE 15 (source Eurostat). Alors qu’il atteignait 2 points en 1999, cet écart a été réduit de moitié, à 1,1 en 2002. Depuis, il est remonté, pour atteindre 1,7 point en juin 2007.

Tous ces chiffres sont préoccupants. Ils révèlent que la baisse du taux de chômage en France, surestimée par un traitement statistique contestable et contesté, est surtout le fait des départs à la retraite de la génération du baby-boom et est très inférieure à celles que connaissent tous nos voisins de l’Union européenne.

Cinq années d’une politique libérale menée par l’UMP ont eu pour conséquence de creuser les inégalités sociales, dégrader les conditions de travail et de rendre instables les relations sociales, à coup de CNE/CPE ou autres mesures censées «débloquer» le marché du travail. Cela devrait amener l’actuel gouvernement à plus d’humilité lorsqu’il prétend que la seule façon d’améliorer la situation de l’emploi est d’accentuer la potion libérale en remettant en cause des pans entiers du droit du travail. La solution est dans la création des conditions économiques et sociales de la croissance, qui passent par un équilibre entre politique de l’offre et politique de soutien du pouvoir d’achat du plus grand nombre et de la demande. On en est loin.

Notre pays s’est privé durablement de marges de manœuvre à cause d’un paquet fiscal coûteux et déséquilibré, injuste et inefficace, qui ne permet pas de répondre aux problèmes de compétitivité de notre appareil productif ni aux problèmes de pouvoir d’achat que subissent une grande majorité de nos concitoyens.

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L’intégration scolaire des handicapés toujours en panne

Jacky Durand libération 23/11/07

Fermeture d’établissements spécialisés, diminution des budgets, pénurie d’éducateurs, d’infirmiers, de psychothérapeutes, un cri d’alarme de quatre pages sur la situation des handicapés a été transmis hier au président de la République par un collectif de l’Essonne regroupant associations, parents et personnel spécialisé.

Cette lettre dénonce les difficultés d’application de la loi du 11 février 2005 imposant l’intégration scolaire des handicapés : « Certains (parents) font l’amère expérience que l’inscription en école ordinaire ne garantit pas l’entrée dans la classe, que l’entrée dans le classe ne signifie pas le suivi d’une scolarité de plein droit […] On dit d’ailleurs plutôt ‘’inclusion scolaire’’ pour quelques heures par semaine, voire pour le temps d’une récréation. » 

Cette lettre est accompagnée d’une pétition où le collectif demande notamment que « l’intégration scolaire soit conçue comme une intégration sociale », que « la nature des établissements spécialisés soit préservée et leur nombre augmenté selon les besoins ».

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Yeux d’espions au dessus de la banlieue

KARL LASKER 21/11/07

Des avions espions, c’est le nouveau gadget du ministère de l’Intérieur pour s’assurer de la paix sociale dans les quartiers. Munis d’une caméra infrarouge et sans pilote, ces «yeux» répondent au doux nom d’Elsa, acronyme d’engins légers de surveillance aérienne. Philippe Adam, écrivain et prof de philo à Saint-Denis, a notamment réagi sur le site LesMots SontImportants (www.lmsi.net).

On ne verra pas ces drones au-dessus de Neuilly-sur-Seine ou du XVIIe arrondissement et autres zones où la délinquance financière oeuvre à plein régime.»

Philippe Adam. «Vous vous souvenez des Yeux d’Elsa ? [poème d’Aragon, ndlr]. Aujourd’hui, nous ne sommes pas du tout en 1942. Les yeux d’Elsa ont donc changé de couleur, ils sont notamment passés du rouge banlieue au bleu UMP depuis qu’Elsa est un drone au service des “commissariats du futur”. Les nouveaux yeux d’Elsa, c’est de “l’imagination technologique”, comme nous l’apprend Michèle Alliot-Marie, de l’imagination mise au service de la sécurité des citoyens – autrement dit un petit avion qui vous regarde, sur un rayon de 2 kilomètres, bizarrement expérimenté depuis deux ans en Seine-Saint-Denis, là où se trouvent justement les collèges, les médiathèques, les squares… et les rues Elsa-Triolet. En France, c’est connu, on a le goût des lettres.

La SNCF a son Socrate, l’administration son indicateur Kafka, l’armée avait au Kosovo ses routes Baudelaire et Rimbaud, et les professionnels de la surveillance viennent de se donner leur Elsa, que Thierry Delville, chef des services de technologie de sécurité intérieure, qualifie de “mouette”, ce qui, vu les dimensions de ladite mouette, quand même un mètre de large sur soixante centimètres de long, paraît humble– on serait tenté de lui suggérer “l’albatros”. […] Mais qui décide d’appeler un drone un drone, et qui décide de sa définition? Si, l’on était parti de l’idée qu’un drone est un gendarme aérien et que par nature undrone est discret, Elsa aurait été un gars qui se serait appelé Dédé. Sachant qu’un outil de surveillance comme Elsa coûtera au ministère de l’Intérieur 10 000 euros par tête de mouette, Dédé aurait aussi pu être SDF, une source d’ennuis financiers.

Pour mettre fin aux glissements progressifs de la société de surveillance, pourquoi pas des ZED ( zones exemptes de drones), pour répondre aux ZUT (zones urbaines totalitaires)? Il serait donc utile de savoir quel est le pouvoir exact des maires en la matière pour contrôler le ciel de leur commun.»

«Tout cela ne fera que rajouter de la suspicion contre les citoyens des banlieues déjà soumis à la règle de l’étiquette made in France: ils ne sont pas au bon endroit, donc ne peuvent demander à bénéficier des rentes du système. Rassurons tout de suite les possédants et les héritiers. On ne verra donc pas ces drones au dessus de Neuilly- sur Seine ou du XVIIe arrondissement et autres zones où la délinquance financière oeuvre à plein régime.»

A ce jour, aucun contrôle de l’utilisation du matériel utilisé et des renseignements collectés n’est prévu par un organisme indépendant.»

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Lutte anti piratage sur l'internet : signature probable d'un accord vendredi

PARIS (AFP) - 21/11/2007

Les ayants droit de la musique et du cinéma et les fournisseurs d'accès à l'internet (FAI) devraient signer vendredi un accord dans le cadre de la mission Olivennes sur l'offre culturelle et la lutte contre le piratage sur l'internet, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Le texte prévoit l'installation d'une autorité administrative chargée de superviser la lutte contre le téléchargement, a-t-on précisé. Celle-ci aurait plusieurs missions: d'abord l'envoi de messages d'avertissement aux internautes pirates, suivis en cas de récidive d'une suspension de leur abonnement à l'internet puis, en dernier recours, de sa résiliation. L'autorité pourrait, sous l'autorité d'un juge, enjoindre les FAI à entreprendre des actions pour faire cesser les actes de piratage, sur lesquels elle publierait des statistiques mensuelles. Malgré l'installation de cette autorité, les ayants droit auraient toujours la possibilité de poursuivre en justice les plus gros contrefacteurs.

Par ailleurs, les FAI s'engageraient à travers cet accord à conduire des expérimentations de filtrage des contenus dans l'internet, sans toutefois que ces filtrages soient généralisés. Le texte envisage également la mise en place de systèmes de reconnaissance des fichiers sur les sites internet comme YouTube.

Pour développer l'offre légale sur l'internet, les ayants droit de la musique s'engageraient à abandonner les DRM (système de protection des fichiers numériques) sur les catalogues de la production française.

Cet abandon aurait lieu un an au maximum après la mise en place du dispositif d'avertissement et de sanctions progressives envers les internautes pirates. Il ne concernerait que l'achat de chansons ou d'albums à l'unité et non les dispositifs d'achat de musique par abonnement.

Enfin, l'accord propose d'aligner le délai de mise à disposition des films en vidéo à la demande (VOD) sur celui des DVD, soit six mois après la sortie en salle contre sept et demi actuellement.

Certaines de ces mesures nécessiteront des modifications législatives.

Dans un communiqué, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, qui s'est procuré des extraits du texte, a dénoncé mercredi soir "un rapport très dur, potentiellement liberticide, antiéconomique et à contresens de l'histoire numérique". L'association de consommateurs a dénoncé "la surenchère répressive" du rapport, qu'elle juge 'très dur, potentiellement liberticide, antiéconomique et à contresens de l'histoire numérique".

Cette mission sur la lutte contre le téléchargement illicite et pour le développement de l'offre culturelle légale sur l'internet a été confiée par le gouvernement début septembre à Denis Olivennes, PDG de la Fnac, qui a auditionné tous les acteurs du secteur.

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Les maires attendent les municipales et la grande réforme fiscale promise

PARIS (AFP) - 22/11/2007

La proximité des élections municipales et le contexte politique ont pesé sur le congrès de l'Association des maires de France (AMF), qui attendent un renouvellement de leur mandat et la grande réforme de la fiscalité locale que Nicolas Sarkozy est venu leur promettre.

Les précédents rassemblements annuels des maires avaient été l'occasion pour les élus de laisser franchement transparaître leur grogne: sur la fiscalité, le désengagement de l'Etat dans les services publics, ou encore sur la complexité grandissante de la gestion communale liée à l'empilement des compétences.

Les débats de cette 90e édition, marquée par la présence record de quelque 14.000 congressistes, ont été plus feutrés. Sur le fond, pourtant, ces sujets d'inquiétude n'ont pas disparu et les exigences restent fortes. Notamment sur la question de la réforme tant attendue de la fiscalité locale, qui a focalisé une grande partie des discussions.

Le vice-président de l'AMF, Philippe Laurent a résumé la donne jeudi. "D'un côté, le poids des contraintes et des besoins de nos concitoyens, la constante amélioration des services, le désengagement de l'Etat et des services publics qui font progresser les dépenses. De l'autre, des ressources qui, au mieux, stagnent". Résultat: les coûts de fonctionnement des communes augmentent deux fois plus vite que l'inflation.

Pour les maires, à qui François Fillon a redit jeudi que les concours de l'Etat aux collectivités ne dérogeraient pas à la politique de maîtrise des dépenses publiques, il y a urgence à réformer de fond en comble la fiscalité locale. Depuis un an, l'AMF, en liaison avec les deux autres grandes associations d'élus départementaux et régionaux, a beaucoup travaillé sur la question. Une démarche qui a abouti à la rédaction de propositions communes de réforme et sur lesquelles ils entendent désormais négocier avec l'Etat.

Venu s'adresser au congrès mardi -démarche inédite pour un président en début de mandat-, Nicolas Sarkozy leur a indiqué que le message avait été entendu, promettant l'ouverture d'un "Grenelle de la fiscalité locale". Cependant le calendrier et le cadre de ce chantier restent pour l'instant très vagues.

Pour beaucoup d'élus en tout cas, la Conférence des exécutifs mise en place par le gouvernement pour conduire le dialogue entre l'Etat et les collectivités territoriales, qui doit débattre du sujet début 2008, n'y suffira pas. D'autant que les maires souhaitent que cette réforme s'accompagne d'une clarification des rapports Etat-collectivités formalisée dans une loi organique, à laquelle Michèle Alliot-Marie a donné son accord de principe devant le congrès.

En outre, la proposition du chef de l'Etat de confier aux maires la réactualisation des bases locatives "à chaque changement de propriétaire" en a laissé sceptique plus d'un. Certains élus pointant déjà le risque d'une multiplication des contentieux pour inégalité de traitement entre citoyens.

Mais surtout, les maires présents à Paris savent qu'il faudra certainement attendre le résultat des élections municipales de mars avant que les dossiers de fond soient mis sur la table. Un scrutin dont, curieusement, il n'a jamais été question officiellement durant le congrès, même si, dans les couloirs, on ne parlait que de cela.

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Financer les retraites, oui… mais touche pas à mes stock-options !

Jeudi 22 Novembre 2007 – Marianne – Anna Borrel

La taxation des stocks-options aurait pu rapporter trois milliards par an à la Sécurité sociale, mais députés et sénateurs en ont décidé autrement. Des critiques se font entendre au sein même de l'UMP.

Tandis que depuis plus d'une semaine le pays est « bloqué », « paralysé », immobilisé et « pris en otage » pour une réforme des régimes spéciaux qui devrait rapporter 200 millions par an, députés et sénateurs viennent d'adopter une disposition pour renflouer les caisses de la sécurité sociale en taxant les stock-options.

Question : mais pourquoi si peu de publicité autour d'une mesure qui vise à financer, entre autres, les caisses de retraites, sans pour une fois pénaliser les salariés ? Un début de réponse vient sans doute de la timidité de ces nouveaux prélèvements : 2,5% de contributions employeurs à la distribution des stocks-options, et 2,5% de contribution salariée sur la plus-value !

Les calculs les plus optimistes estiment les recettes de cette nouvelle imposition à 200 millions à peine par an. Pas de quoi sauter au plafond, d'autant qu'elle ne s'applique qu'aux stocks-options qui seront distribuées à partir du 16 octobre 2007 et qui ne commenceront donc à rapporter qu'à l'horizon 2012… Dis, c'est encore loin l'équilibre des comptes ? Tais-toi et rame.

De trois milliards à 200 millions
Côté socialiste, évidemment, on pointe cette goutte d'eau dans l'océan des cadeaux faits aux plus riches. Sur la base du fameux rapport de la Cour des comptes rédigé par le très peu gauchiste Philippe Seguin, Alain Vidalies, secrétaire national du PS aux entreprises, continue de réclamer un alignement de la taxation des stock-options sur celle des salaires : « si ce type de revenus était soumis aux mêmes charges sociales que les autres et si toutes les stocks-options étaient imposées, et pas seulement celles émises à partir du 16 octobre, cela rapporterait trois milliards d'euros ! » Pourtant, son parti communique peu sur le sujet… Serait-ce parce que Dominique Strauss-Kahn a, le premier, légiféré en faveur des stocks-options ? Ou, plus simplement, parce que le PS peine à communiquer sur quelque sujet que ce soit ?

Le pouvoir des lobbys
Curieusement, c'est au sein même de la majorité que l'on entend les plus vives critiques sur cette disposition : « On compte environ 100 000 bénéficiaires de stock-options, dénonce le député UMP Yves Bur, mais elles se concentrent surtout dans les mains d'un millier de gens qui sont souvent des grands patrons. J'étais pour qu'on taxe les stock-options déjà distribuées. Il ne me paraît pas anormal que les plus riches et les cadres dirigeants payent un peu pour la sécurité sociale… » Le député du Bas-Rhin se réjouit malgré tout d'avoir « ouvert le débat » et commencé à remettre en cause certaines exonérations fiscales dont bénéficient les plus privilégiés, malgré « quelques réticences » – c'est le moins qu'on puisse dire – du côté de sa majorité. Une chose est sûre, ces trois milliards ne sont pas près de tomber dans les caisses de l'Etat. « Il y a un lobbying très actif de certaines structures en faveur de ces formes de revenus », regrette Yves Bur. Selon que vous serez patron ou cheminot, vous défendrez vos acquis dans la rue ou… dans les couloirs du Sénat !

Lire aussi : Supprimer les stock-options, chiche !

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Georges-Marc Benamou, l'ombre des puissants

LE MONDE | 21.11.07 | par Raphaëlle Bacqué

Depuis six mois qu'il a rejoint l'Elysée, Georges-Marc Benamou déjeune avec des directeurs de théâtre, dîne avec des architectes et peut téléphoner à la direction de France 2 - dont il connaît, en tant qu'ancien producteur, quelques arcanes - pour dire tout le mal qu'il pense d'un présentateur du journal télévisé. A la ville, il traite les puissants comme des amis, les hauts fonctionnaires comme des sous-fifres et le petit personnel comme des valets.

Dès son arrivée sous les dorures du palais présidentiel, il a réclamé du Mobilier national que l'on fasse venir pour son bureau des chaises design "très pop", une compression de César et une toile de Malaval. "Le goût de Pompidou et les manies de Jack Lang", ont souri les fonctionnaires. Benamou est le genre d'homme à qui l'on reproche plus qu'à d'autres sa voiture avec chauffeur, parce qu'il vient de la gauche et traîne derrière lui une réputation de courtisan. Il a des adversaires en pagaille et ne l'ignore pas. "Pour les ennemis, vous n'aurez pas à chercher bien loin..."

Il suffit d'aller au ministère de la culture pour trouver ceux qui le vomissent. Ceux-là ne supportent pas que Georges-Marc Benamou se soit approprié le projet de réforme de l'audiovisuel extérieur, qui doit donner une cohérence à RFI, TV5 Monde et France 24. Le rapport doit être rendu public fin novembre. Ils le moquent lorsqu'il revendique la rédaction d'une note refusant une deuxième coupure publicitaire à France Télévision, rédigée par le cabinet de la ministre Christine Albanel. Cette dernière, exaspérée d'apprendre qu'il la débinait dans Paris, a d'ailleurs fini par le convier à déjeuner, le 15 octobre, dans son ministère, pour mettre les choses au point : "Je vous signale que la ministre, c'est moi ! - Je vous assure que je ne brigue pas votre poste..."

Au fond, cela amuserait presque Benamou de constater l'émoi qu'il suscite. Il explique tranquillement : "Il faut au président un nouveau Malraux ou un nouveau Jack Lang. Pour l'instant, il ne l'a pas..." A l'Elysée pourtant, l'ancienne journaliste Catherine Pégard a raflé le poste d'influence : c'est elle qui accompagne le président aux premières et aux vernissages. Au lendemain de l'élection présidentielle, Bernard-Henri Levy avait prévenu son ami : "Si tu es nommé conseiller, ce sera moins pour tes vertus que parce que tu représentes un morceau de la sainte croix mitterrandienne."

Car Benamou, avant d'être sarkozyste, a d'abord été le thuriféraire du vieux président. "J'étais de gauche et subjugué par lui, reconnaît-il. Mais Nicolas et moi sommes de la même génération et nous avons le même amour barrésien de la France."

Né à Saïda en Algérie, Benamou a débarqué à Nice, dans cette France troublée par les accords d'Evian et la décolonisation que sa famille n'a pas comprise. Politiquement, il est flou. Navigue quelques mois entre les comités rouges de la LCR, qui ne sont pas son monde, et les radicaux de gauche, plus souples, mais sans avenir. Sa véritable ambition est de rejoindre Paris. Il est séduisant et inventif. Le voici Rastignac dans la capitale.

Il y croise, en 1979, Bernard-Henri Levy, s'en fait un ami. Puis il rencontre Pierre Bergé, milliardaire, mécène et compagnon d'Yves Saint Laurent. Bergé, en 1981, voulait quitter la France à l'arrivée au pouvoir des socialistes et financer une campagne de reconquête de Raymond Barre. Mais François Mitterrand règne en maître sur la culture. Et voici Bergé séduit. Pourquoi ne pas fonder un journal qui militerait pour la réélection du chef de l'Etat socialiste ? Benamou, à 28 ans, paraît avoir l'étoffe d'un rédacteur en chef. Bernard-Henri Levy fournira les réseaux. Globe naît en 1985.

C'est un mensuel chic et snob, assez typique de la gauche des années 1980. Sa ligne annoncée ? "Glamour" et "politique", pour "ceux qui n'ont plus de complexes à l'égard de la réussite, du fric et de la beauté...". Le journal, financé par Bergé, mais aussi par Elf, au temps où l'entreprise sert de cagnotte au pouvoir politique, est le fer de lance de la "tontonmania" et de SOS-Racisme, dont Benamou et BHL sont cofondateurs. Ils quitteront tous deux l'association en 1991, comme Pierre Bergé, en désaccord avec le pacifisme affiché pendant la guerre du Golfe.

A l'époque, cela n'a pas échappé à Nicolas Sarkozy, ministre du budget et principal conseiller du premier ministre, Edouard Balladur. Georges-Marc Benamou a déjà compris que la gauche ne gagnerait pas l'élection présidentielle de 1995. " Au moment de la crise du CIP (contrat d'insertion professionnelle), en 1994, explique-t-il aujourd'hui, j'ai donné un coup de main à Nicolas en lui présentant des leaders de SOS-Racisme et des mouvements étudiants. Tant qu'à faire, je préférais Balladur à Chirac." Sarkozy est surtout fasciné par la proximité de Benamou avec Mitterrand. Globe a fermé en 1994 mais, tous les samedis, Pierre Bergé emmène le journaliste déjeuner chez Lipp avec le vieux président. Benamou a entrepris de chroniquer les derniers jours du monarque. Le livre, Le Dernier Mitterrand (Plon, réédition Pocket, 2005), fera scandale en s'ouvrant sur l'ultime réveillon de François Mitterrand et de ses courtisans à Latche, autour d'un festin d'ortolans. Tout le problème, pour Benamou, est qu'il a largement arrangé la scène. "Un caprice de la mémoire", dit-il. "Un mensonge honteux, assure Pierre Bergé. Mitterrand était si mal qu'il n'a pu se mettre à table, et les ortolans avaient été servis l'année d'avant." Benamou est mis au ban de la mitterrandie. Seul Jack Lang lui conservera son amitié.

De la gauche, il aimait surtout François Mitterrand. Sans lui, la politique lui paraît sans saveur. Jean-Luc Lagardère, que Bernard-Henri Levy lui a présenté, le nomme en 1997 à la tête de L'Evénement du jeudi. C'est un échec. Il se réfugie dans les livres et les scénarios, presque tous des succès. C'est là que Nicolas Sarkozy vient le chercher, dix ans plus tard, pour l'aider dans sa campagne.

A-t-il abandonné pour autant le journalisme ? En rejoignant l'Elysée, il a démissionné - avec une belle indemnité - de Nice-Matin, où il tenait une chronique. Il a confié les clés de sa société, Siècle production, à son frère Stéphane, qui a signé cet été un nouveau contrat avec France 3. A l'Elysée, personne ne sait tout à fait s'il osera rééditer avec le nouveau chef de l'Etat sa chronique présidentielle d'antan. Il assure que, jusque-là, dans ses carnets, il n'a rien noté.

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Seize pays d'Asie et du Pacifique signent un pacte contre le réchauffement climatique

LEMONDE avec AFP et AP | 21.11.07

     Seize pays d'Asie-Pacifique ont conclu, mercredi 21 novembre, à Singapour, un pacte environnemental dans lequel ils s'engagent à lutter contre le réchauffement climatique. Les signataires réunis dans le cadre de sommets asiatiques annuels sont convenus d'accentuer leurs efforts pour développer des sources alternatives d'énergie, des technologies d'énergie fossile plus propres, et d'améliorer l'efficacité et la maîtrise de l'énergie.

Les signataires vont s'efforcer d'accroître les surfaces vertes dans la région d'au moins 15 millions d'hectares d'ici à 2020. L'ONU a récemment averti que l'exploitation sauvage du bois, largement répandue en Indonésie – qui possède les plus grandes forêts primaires de la région – pourrait conduire à la destruction de près de 98 % des forêts tropicales humides de ce pays d'ici à 2022, menaçant par exemple d'extinction l'espèce en danger des orangs-outangs.

Les seize pays joindront aussi leurs efforts pour le "développement et l'utilisation de l'énergie nucléaire civile", stipule le document. Enfin, les partenaires travailleront pour réduire l'intensité énergétique – une mesure de l'efficacité énergétique d'une économie. Ils ont toutefois renoncé à se fixer pour objectif une baisse de 25 % d'ici à 2030 de cette intensité énergétique.

LE JAPON S'APPRÊTE À LANCER UN PLAN D'AIDE - Par ailleurs, le premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, s'apprête à révéler une initiative majeure pour aider les pays asiatiques, notamment la Chine et l'Inde, à réduire leurs émissions de gaz carbonique, selon l'agence Associated Press.

Les Etats signataires du pacte sont les membres de l'Asean, l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Malaisie, Indonésie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Brunei, Laos, Vietnam, Cambodge, Birmanie) et leurs six partenaires régionaux privilégiés (Chine, Japon, Corée du Sud, Inde, Australie et Nouvelle-Zélande).

L'Indonésie accueillera la prochaine conférence sur le climat à partir du 3 décembre à Bali, pour engager les négociations sur les suites à donner au protocole de Kyoto, dont la première phase d'engagement expire en 2012. Les experts du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique) ont publié samedi à Valence (Espagne) un rapport avertissant très fermement les dirigeants de la planète des risques du réchauffement climatique. Le document évoque les conséquences "soudaines", voire "irréversibles", du réchauffement en cours.

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La déprime du professionnel de santé

LEMONDE.FR | 22.11.07

Par Didier Payen de La Garanderie, les anesthésistes-réanimateurs, hôpital Lariboisière Assistance publique-hôpitaux de Paris, faculté Paris 7-Diderot.

Dans Le Monde daté du 13 novembre 2007, un de mes collègues, chef de service d'orthopédie, pousse un cri d'alarme, d'angoisse, sur l'avenir du système de santé et singulièrement de la chirurgie dans le service public.

Responsable du service d'anesthésie-réanimation dans le même hôpital, je suis mandaté par mes collègues pour nourrir la réflexion à la suite de cet article. La lecture conduit d'abord à reconnaître la véracité de beaucoup des éléments cités, qu'il s'agisse de la formation, de la vie de l'équipe chirurgicale, de la pression financière et du principe de précaution. Mais l'analyse qui en est faite nous semble parfois excessive, en tous cas partiale. Un professionnel est d'abord un citoyen, et à ce titre, il subit mais aussi participe à la vie de la nation. Agent du service public, il doit faire vivre en lui de fortes contradictions : citoyen-payeur d'impôts, il perçoit un salaire, fruit de ces impôts ; titulaire de son poste, donc sécurisé quant à l'avenir de son emploi, il ne doit pas perdre de vue la performance.

Dans la santé, la contradiction est forte puisqu'il faut travailler moins (trente-cinq heures), être plus performant (augmentation annuelle d'activité), coûter moins cher (déficit de la Sécurité sociale) en intégrant les progrès coûteux, le tout dans une sécurité maximale voire totale. Tous les professionnels de santé sont confrontés à cette équation sans solution, et chacun, dès lors, peut en concevoir une "déprime" vue par le prisme de son exercice. En tant qu'anesthésiste-réanimateur, donc ayant une vision transversale de l'hôpital, de son fonctionnement (nous intervenons partout), il nous apparaît crucial de rétablir certaines vérités, tout du moins de les expliquer point par point.

– Le principe de précaution serait désormais un problème. Oui, il est devenu majeur, car il y avait des progrès à faire en termes de sécurité. Ils ont été faits et sont encore en cours. On ne peut que s'en féliciter. Mais dès lors que ce principe existe (par exemple prévention des risques d'hépatites, de la "vache folle", du sida, etc.), on peut s'attendre à des excès indépendants de la volonté des professionnels de santé, comme le passage au "tout à usage unique", qui a un coût pharamineux.

– Un chef unique ? Lors d'une complication chirurgicale, si le caractère "anormal" et donc inattendu de la complication est objectivé, il faut déterminer les responsabilités entre les acteurs de la "pièce de théâtre chirurgicale". Ce qui suppose une culture des pratiques professionnelles (protocoles comme lors d'un décollage d'avion), une formation permanente (recyclage et mise à jour), et de l'obtention de la preuve de la bonne pratique. Devant cette nécessité, les acteurs chirurgiens et anesthésistes ont forcément des approches différentes, et l'on conçoit mal que le regroupement de toute l'équipe sous la responsabilité du seul chirurgien chef de service ou de pôle [comme le suggérait le professeur Laurent Sedel dans Le Monde], puisse garantir l'objectivité. C'est donc bien l'association de compétences, provenant de services et de spécialités différents qui garantit l'objectivité. A titre d'exemple qui aurait pu être cité, l'hôpital Lariboisière reçoit un grand nombre d'hémorragies du post-partum (saignement grave après l'accouchement), situation parfois dramatique et menaçant la vie d'une maman récente. Le caractère multidisciplinaire de la prise en charge (obstétricien, radiologue interventionnel, anesthésiste-réanimateur, urgentiste du SAMU, biologiste), sans compter l'ensemble des paramédicaux, a permis le succès de cette prise en charge. Le concept d'un chef unique ne s'est jamais imposé pour une meilleure efficience, et serait sans doute un frein. L'évaluation des pratiques médicales est très bien acceptée par les professionnels, à la condition expresse qu'elle ait un contenu et une logique garantis par des auditeurs "du métier".

– L'équipe chirurgicale. La notion d'équipe est effectivement primordiale, mais elle tend à se diluer dans les arcanes d'un droit du travail et de conventions collectives prenant davantage en compte les droits des agents que leurs missions. De plus, la grille des salaires est fixée, quelle que soit la performance de l'agent. Enfin, la motivation d'un agent dans une équipe passe par la reconnaissance de ses tâches et de la qualité de son travail, et les possibilités d'évolution de carrière. Ces points étant absents de notre système, l'usure ne tarde pas à gagner, même les meilleurs. Dès lors, nous ne croyons pas que "redonner le pouvoir aux chirurgiens" soit une solution de progrès. Les anesthésistes-réanimateurs, éclatés dans les différents services de chirurgie, n'auraient plus de référent professionnel, de garant de leur qualité médicale et de leurs conditions de travail. C'est au contraire, en regroupant il y a bien longtemps les anesthésistes en département, que cette spécialité a progressé, qu'elle est devenue attractive pour les plus jeunes. Cette attractivité résulte de la diversité d'exercice (plusieurs types de chirurgies ou de techniques), de la possibilité d'une activité de recherche de bon niveau, d'une convivialité et d'un soutien moral dans les épreuves de cette vie professionnelle à hauts risques.

– L'organisation du travail. On ne peut pas laisser croire à nos compatriotes que les cas bénins "n'intéressent pas" les anesthésistes. On doit plutôt faire comprendre qu'à 17 heures débute la garde de nuit d'urgence anesthésique, et que deux anesthésistes doivent assurer la prise en charge en urgence interventionnelle de tous les patients qui en ont besoin dans l'hôpital. Tout le monde verra bien la nécessité de hiérarchiser ces urgences, pour que le "vital"  passe avant le reste. Au mieux des intérêts du patient. Ce n'est donc pas un choix d'intérêt médical, mais certainement de logique médicale. Bien que ce soit difficile, il faut éviter de voir l'hôpital et l'urgence à travers sa seule spécialité, mais plutôt comme un ensemble de moyens disponibles à mettre en adéquation avec les besoins. Une collégialité des corps de métiers, des responsables de structures, et des administratifs peut seule assurer le succès pour le patient. Autrement dit, le management doit l'emporter sur la notion de pouvoir

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