mercredi 21 novembre 2007
Nicolas Sarkozy n'est tenté par aucun régime

"Sur le pouvoir d'achat, le gouvernement se contente de poser des rustines"
Propos receuillis par Thoma Bronnec - L'Express 20/11/07
Philippe Askénazy est économiste du travail et chercheur au CNRS.
Le gouvernement et les syndicats n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la mesure du pouvoir d’achat. Qui a raison ?
Les deux ! Si l’on prend un fonctionnaire qui, aujourd’hui, occupe le même poste qu’il y a sept ans, les chiffres des syndicats sont exacts : il a perdu 6% de pouvoir d’achat. Le gouvernement, lui, préfère regarder l’évolution salariale observée entre 2006 et 2007. Là, il y a effectivement une très légère progression du pouvoir d’achat. Mais du coup il ne prend en compte que les fonctionnaires présents ces deux années là, et enlève de son mode de calcul ceux qui sont partis en retraite, ainsi que les nouveaux embauchés. Or ce sont eux qui ont le plus perdu. En termes réels, un nouvel embauché en 2007 gagne moins qu’un nouvel embauché en 2006.
Les syndicats et le gouvernement s'opposent sur l'évolution du pouvoir d'achat des fonctionnaires. Economiste du travail, chercheur au CNRS, Philippe Askénazy tente de démêler le vrai du faux dans cette querelle de chiffres.
Que peut faire le gouvernement pour augmenter le pouvoir d’achat des agents du public ?
L’Etat est coincé. D’un côté, il a fait voter un paquet fiscal qui lui enlève ses dernières marges de manœuvre. De l’autre, il est surpris par l’accélération de l’inflation, qui est sur une tendance de 2,5% alors qu'il tablait plutôt sur 1,5%, et qui rogne encore davantage le pouvoir d’achat. Le gouvernement a revalorisé le point d’indice de 0,8% le 1er février dernier, et ne l’augmentera pas plus en cette fin d’année. Il se contente de poser quelques rustines, comme le paiement des jours de RTT qui n’ont pas été pris, ou alors le versement de primes à la performance. Mais cela ne concerne qu’une partie des fonctionnaires, notamment les cadres de l’administration centrale ou le personnel hospitalier.
Cela signifie-t-il que les inégalités augmentent à l’intérieur même de la fonction publique ?
Faute de revaloriser la valeur du point d’indice, les mesures proposées par le gouvernement sont effectivement plutôt ciblées en direction des fonctionnaires qui se situent en haut de l’échelle. Ceux qui n’ont pas eu de promotion cette année, c’est à dire la moitié des agents, ou ceux qui ne bénéficient pas de RTT, notamment les enseignants, sont les grands perdants des mesures proposées par le gouvernement. Un professeur des écoles, par exemple, a perdu 1% de pouvoir d’achat entre 2006 et 2007, ce qui représente 15 euros par mois en début de carrière.
Un même combat …
Politis par Denis Sieffert 15 novembre 2007
Apparemment, les deux actualités ne sont pas faites pour se rencontrer. L’une est en pleine lumière et conditionne nos vies quotidiennes : c’est évidemment lemouvement de grève entamé ce mercredi dans les transports publics. L’autre est pour l’instant soigneusement tenue hors du champ de l’information : c’est l’amorce d’une mobilisation pour que le nouveau traité européen soit soumis à référendum.
L’une est mûre et fait irruption dans la rue, l’autre en est à ses balbutiements politiques. Mais l’analyse que nous faisons, c’est qu’en dépit des apparences il s’agit d’un même combat. La construction d’une Europe mue exclusivement par des impératifs de gestion et de profit est devenue au fil du temps la matrice de toutes les politiques économiques et sociales. Selon des agendas à peine différents, tous les pays de l’Union passent au même laminoir des contre-réformes libérales. L’alignement sur nos partenaires européens est l’argument majeur de l’augmentation de la durée du travail.
Même cause, mêmes effets : les cheminots allemands seront en grève comme leurs collègues français. Et ce qu’on appelle bien improprement d’ailleurs l’autonomie des universités (il serait plus juste de parler de « concurrence des universités ») vient de mobiliser les étudiants grecs avant de mettre en émoi les jeunes Français. Deux autres exemples encore, d’une parfaite actualité : la commission de Bruxelles s’oppose, au nom de la libre concurrence, à une aide de l’État aux artisans pêcheurs victimes de la hausse du prix du fioul ; et l’obligation faite à la France d’ouvrir le marché des paris en ligne, véritable boîte de Pandore de blanchiment d’argent sale, de fraudes et d’addiction au jeu.
Bien entendu, ce n’est pas l’Europe en tant qu’espace géopolitique qui impose ces décisions. L’arnaque consiste à nous le faire croire. Le dépassement de la question nationale devrait être a priori une opération neutre qui laisse ouverts les choix politiques. Hélas, nous savons que ce changement d’échelle, dont on devrait se réjouir, a été mis à profit pour imposer un autre partage des richesses marqué principalement par l’affaiblissement, et parfois l’interdiction, des politiques publiques.
Moins d’impôts, donc moins de services publics et moins d’instances de régulation et de redistribution. Tout cela n’a rien à voir avec l’Europe en soi. Mais il se trouve que la construction européenne est de plus en plus l’alibi d’une nouvelle répartition entre le capital et le travail, d’une exaltation de la libre concurrence et de son corollaire, la privatisation.
C’est en grande partie parce qu’ils ont compris cela que les Français et les Néerlandais (les autres n’ont guère eu le loisir de s’exprimer) ont rejeté le traité constitutionnel en 2005. C’est parce que la question européenne détermine nos vies quotidiennes qu’ils ont massivement voté « non ». L’argument principal que nous avions à l’époque employé pour nous y opposer était celui de la démocratie : pas question de se laisser imposer un choix de société tout à fait partisan et infiniment discutable comme s’il s’agissait d’une donnée objective indiscutable. C’est le même argument que nous reprenons aujourd’hui. À cette différence près que, cette fois, nous ne sommes même pas invités à nous prononcer.
Cette régression démocratique va bien avec le personnage Sarkozy. Mais il y a, à propos de l’Europe, une autre arnaque qui, celle-là, est plutôt l’oeuvre de nos socialistes. La question européenne serait pour ainsi dire sans rapport avec l’actualité sociale. Les dirigeants du PS se sont donné le mot pour marteler la même idée : on ne va tout de même pas se diviser sur l’Europe alors que nous avons mieux à faire par ailleurs à combattre la politique de Sarkozy. Ou, variante « royaliste » : nous n’avons pas de temps à perdre à discuter du traité européen alors que les Français attendent que l’on s’exprime sur leur pouvoir d’achat. Ou encore, version Guigou : Sarkozy est contre un référendum, or il a été élu par les Français, nous devons donc nous faire une raison. Superbe tautologie que l’on peut évidemment transposer sur le terrain social : Sarkozy veut la réforme des retraites, il a été élu par les Français... etc. D’ailleurs, selon Ségolène Royal, la grève ne serait pas digne d’un pays moderne. Mais qui donc est visé ? Sarkozy, qui l’a provoquée, ou les grévistes qui la font ? Le discours socialiste illustre notre propos. On ne peut guère soutenir efficacement le mouvement social si l’on acquiesce à un traité européen qui contient explicitement (ou par renvois à des traités antérieurs) les motifs de ses revendications.
Voilà pourquoi il n’y a pas pour nous deux combats, l’un concret et immédiat, et l’autre vaguement idéologique. L’exigence d’un référendum va de pair avec une opposition à ces politiques néolibérales qui font, ces jours-ci, descendre tant de salariés dans la rue.
Divergence Contestation - Le canal de Nantes à Brest doit-il devenir une "rivière naturelle" ?
LE MONDE | 17.11.07
Une première manifestation le 11 novembre, une seconde prévue le 24 novembre à l'écluse de Pont-Triffen, à Cléden-Poher (Finistère) : les défenseurs du canal de Nantes à Brest refusent qu'il soit rendu à l'état de rivière dans sa partie finistérienne, qui représente 80 kilomètres d'eau navigable. Les écluses et déversoirs seraient alors détruits, et les chemins de halage risqueraient de disparaître.
Cette modification est envisagée par l'agence de l'eau Loire-Bretagne. Une réflexion liée à la directive européenne sur l'eau, qui demande un retour à "un bon état des eaux" en 2015. La canalisation en serait un obstacle. Un document présenté le 25 septembre en commission géographique, "Vilaine et côtiers bretons", estime que l'activité économique de navigation de plaisance sur cette zone n'est pas suffisante pour permettre un classement en "masse d'eau fortement modifiée" qui justifierait de conserver le canal. Le passage au statut de "masse d'eau naturelle" pourrait donc être proposé, ouvrant la voie à une transformation du canal en rivière. Le document chiffre même le coût de "l'effacement" des écluses.
Le syndicat mixte d'aménagement touristique de l'Aulne et de l'Hyères (Smatah), chargé du canal dans le Finistère, a vivement réagi. "C'est un délire technocratique et une erreur d'analyse. Ce n'est pas le canal qui fait la qualité de l'eau, il faut s'attaquer à l'origine des pollutions", estime Richard Ferrand, son président, conseiller général (PS) de Carhaix.
"Retirer le canal au centre-Bretagne, c'est comme si on retirait la mer au littoral", résume Isabelle Guillerm, vice-présidente du Comité des canaux bretons et gérante d'une base de loisirs à Châteauneuf-du-Faou. D'autres associations se sont émues, ainsi que les conseils généraux du Finistère et des Côtes-d'Armor. Tout comme le conseil régional de Bretagne, qui menace de ne plus prendre en charge, comme il l'envisageait dans le cadre d'un transfert de l'Etat, un canal qui ne serait plus un canal.
Les opposants à la modification mettent en avant la dimension patrimoniale d'un ouvrage commandé par Napoléon Ier, inauguré en 1858 par Napoléon III, et qui court sur 360 kilomètres. Ils soulignent aussi le "tourisme doux" qui s'y est développé. Les amateurs de canoë, de kayak, de navigation, les randonneurs à pied, à vélo, à cheval trouvent du plaisir sur l'eau et les chemins de halage. Chambres d'hôtes, gîtes d'étape et hôtels situés sur les communes qui bordent le canal profitent de cette fréquentation.
La protestation n'est pas unanime. "On peut se demander s'il n'est pas opportun de rendre la rivière plus naturelle ; il y a une perte du pouvoir d'autoépuration", considère Youenn Landrein, président de la Fédération des pêcheurs du Finistère et défenseur des saumons. Une réunion doit valider, le 30 novembre, le document qui servira à la consultation publique. Le président du comité de bassin Loire-Bretagne, Ambroise Guellec, maire (UMP) de Pouldreuzic et député européen, annonce : "J'y proposerai un classement en masse d'eau fortement modifiée."
A l'agence de l'eau Loire-Bretagne, on indique que les travaux d'étude avaient été menés sur la base d'éléments d'appréciation essentiellement économiques. Les réactions locales ont conduit à prendre en compte les questions identitaires et patrimoniales. "L'argumentaire est en cours d'élaboration en vue du classement", indique Eric Müller, chef du service économie et gestion des eaux.
PROTECTION Adolescents en souffrance : 25 recommandations
NOUVELOBS. 20.11.2007
Leur prise en charge médicale et éducative devrait faire l'objet d'un "grand chantier", selon la défenseure des enfants. Dominique Versini, la défenseure des enfants, autorité indépendante chargée de la protection de leurs droits, a remis, mardi 20 novembre, son rapport annuel préconisant 25 recommandations pour une meilleure prise en charge des adolescents en souffrance psychologique.
Dans le texte remis au président de la République et aux parlementaire, Dominique Versini, explique avoir rencontré dans le cadre de son activité de nombreux adolescents "en détresse" "qui se sont souvent heurtés à une multiplicité d'interlocuteurs sans réponse adéquate".
"Insuffisances de moyens" - Dans le rapport qu'elle consacre à la question de la prise en charge des adolescents, la défenseure constate des "insuffisances de moyens" qui ont, selon elle, "des conséquences importantes sur le repérage et la prise en charge des adolescents". Ainsi, 800 postes de psychiatres ne sont pas pourvus dans les hôpitaux publics, les infirmiers et médecins scolaires sont trop peu nombreux, les centres médico-psychologiques "saturés" et les structures de post-hospitalisation "complètement insuffisantes". Alors qu'en 2004, l'objectif avait été fixé d'ouvrir une maison des adolescents dans chaque département, 18 seulement "sont ouvertes à ce jour", note également le rapport de Dominique Versini.
25 recommandations - Tout ceci génère "des situations qui (...) paraissent porter atteinte aux droits de l'enfant", constate la défenseure, qui dresse une liste de 25 recommandations.
Dans un premier temps, il faut augmenter les moyens, suggère-t-elle: les centres médicopsychologiques doivent être renforcés afin de réduire les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous. Mme Versini demande aussi que chaque département soit doté de lits d'hôpital réservés aux adolescents en pédopsychiatrie, que les structures de post-hospitalisation soient plus nombreuses et que la France se fixe pour objectif de créer un poste d'infirmière dans chaque établissement scolaire.
Fil santé jeune - Côté prévention, elle souhaite que le numéro vert du "fil santé jeunes" (0800.235.236, de 8h à minuit) soit rendu accessible 24 heures sur 24, que les parents disposent d'un numéro similaire et que tous les professionnels concernés (enseignants, soignants, magistrats) soient formés à la psychologie des adolescents pour leur permettre de repérer les souffrances des jeunes qu'ils côtoient. Elle suggère également de renforcer la prévention contre la consommation d'alcool et de cannabis.
Médiation familiale - Par ailleurs, la défenseure explique que sur les 2.100 demandes traitées par ses services, 37% concernent des conflits familiaux, notamment en raison de séparations "très conflictuelles". Elle préconise de renforcer la médiation familiale qu'il faut peut-être envisager de rendre obligatoire dans certains contextes". Dominique Versini suggère aussi d'améliorer les "espaces-rencontres" qui permettent à certains enfants de continuer à voir leurs parents en dehors de leur domicile.
Mineurs étrangers - Dominique Versini insiste aussi sur la situation des mineurs étrangers, qui représentent pas moins de 16% des cas traités. Elle évoque en particulier "la souffrance psychique des enfants de familles en situation irrégulière" et demande que "des dispositions soient prises pour qu'ils ne séjournent pas en rétention".
Pour elle, les délais imposés pour les demandes de regroupement familial sont également "trop longs" et "nécessitent une accélération". Dominique Versini pointe aussi les diverses "atteintes aux droits fondamentaux" dont sont victimes les "mineurs étrangers isolés", présents en France sans représentant légal. (AP)
Justice sous pression - Moulins : un avocat en grève de la faim hospitalisé
NOUVELOBS | 20.11.2007
Patrice Tachon a arrêté de s'alimenter avec deux de ses confrères et une greffière, jeudi dernier, pour protester contre la fermeture du TGI de la préfecture de l'Allier.
Un des trois avocats du barreau de Moulins, en grève de la faim depuis jeudi pour protester contre la fermeture du TGI de la préfecture de l'Allier, a été hospitalisé, mardi 20 novembre, a fait savoir le bâtonnier, Me Dominique Recoules.
Me Patrice Tachon, 54 ans, a été transporté en ambulance au centre hospitalier de Moulins, a indiqué à l'AFP Me Recoules. "Son taux de glycémie a chuté de moitié, ce qui peut entraîner des complications cérébrales", a-t-il précisé.
"Petit malaise" - L'avocat avait entamé jeudi avec deux autres collègues une grève de la faim pour dénoncer la fermeture du TGI de Moulins, annoncée vendredi par la Garde des Sceaux Rachida Dati à Lyon. Une greffière a commencé vendredi une grève de la faim.
Patrice Tachon avait été victime lundi soir d'"un petit malaise", a expliqué Me Recoules, à la suite duquel une prise de sang a été prescrite pour mesurer son taux de glycémie, qui s'est révélé anormalement bas.
Occupation perpétuelle - Les grévistes de la faim sont installés depuis jeudi au TGI de Moulins, qui est occupé nuit et jour par des magistrats, des greffiers et des avocats et où toutes les audiences sont renvoyées. Seules les urgences des permanences sont assurées.
Plusieurs centaines de personnes avaient manifesté samedi après-midi à Moulins pour dénoncer la fermeture du TGI de la préfecture de l'Allier. Avocats et magistrats avaient appris jeudi, à la veille de l'annonce officielle, que le TGI de Moulins allait fermer alors que jusque là, le TGI de Montluçon était menacé de fermeture. (avec AFP)
Les ONG en guerre contre l'"écoblanchiment"
LE MONDE | 20.11.07
Pas question de relâcher la pression à l'issue du Grenelle de l'environnement. Des ONG environnementales ont décidé de relancer le débat sur les dérives publicitaires des marques, coupables à leurs yeux d'abuser des arguments écologiques et de pratiquer ainsi l'"écoblanchiment". Réunies lundi 19 novembre à la mairie du 2e arrondissement de Paris, elles ont reformulé leurs propositions et évoqué les risques de recours judiciaires.
" Lors du Grenelle de l'environnement, il a été décidé d'encadrer plus strictement la publicité au regard du développement durable et de l'environnement, et de faire évoluer la logique d'autorégulation de la publicité vers une logique de corégulation", a rappelé Jacques-Olivier Barthes, du WWF.
Des comités de suivi se réunissent cette semaine pour évoquer la suite à donner à ces lignes de conduite. Les ONG environnementales souhaitent que le renforcement du contrôle publicitaire se fasse sur la base de la norme Iso 14 021 afin que le consommateur soit mieux informé de l'empreinte écologique des produits.
DROIT DE SAISINE - Les associations réclament aussi la création d'un Conseil supérieur de la publicité en lieu et place du Bureau de vérification de la publicité (BVP), émanation de la profession publicitaire. Cette instance serait gérée par un conseil tripartite formé par des représentants des pouvoirs publics, des membres de la profession et des associations. Financé par une taxe prélevée sur les investissements publicitaires, ce conseil aurait en charge le contrôle a priori des campagnes publicitaires diffusées en télévision et par affichage. Il bénéficierait d'un droit de saisine et pourrait sanctionner agences, régies ou annonceurs en cas de manquement avéré.
Cette perspective est bien sûr rejetée par le BVP mais aussi par les annonceurs et certaines agences publicitaires. L'Union des annonceurs (UDA) devrait répliquer début décembre avec la publication de la " charte d'engagements des annonceurs pour une communication responsable".
Certaines entreprises sont attaquées pour publicités mensongères ou trompeuses. L'avocat Alexandre Faro a évoqué le cas de Monsanto, condamné suite à une plainte déposée par l'association Eaux et rivières de Bretagne. L'entreprise a fait appel. Mais aussi la plainte déposée par Eaux de Paris contre la société Cristalline qui avait dénigré dans une publicité l'eau du robinet.
Au niveau européen, les Amis de la Terre ont porté plainte contre Shell aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Belgique et en Allemagne, et un député européen a attaqué Saab en Belgique
Fonction publique - Point de vue - Pourquoi ils en ont assez
SUD-OUEST 20 Novembre 2007
FONCTION PUBLIQUE. --Trois fonctionnaires expliquent leurs revendications et leur participation à la grève d'aujourd'hui. Avec la grève du secteur public, le septième jour de perturbation à la SNCF et le blocage de nombreuses universités, ce mardi s'annonce décisif
Enseignants, infirmières, inspecteurs des impôts, près de 5 millions d'agents de l'Etat, des collectivités territoriales et des hôpitaux sont appelés aujourd'hui à faire grève pendant vingt-quatre heures et à manifester pour leur pouvoir d'achat et leurs effectifs. L'ensemble des syndicats de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CGC, CFTC) demande une hausse des salaires et dénonce les 22 000 suppressions de postes en 2008. Le mouvement devrait être largement suivi. Trois fonctionnaires, issus de l'hôpital, des impôts et de l'Education nationale, expliquent pourquoi ils ont décidé de faire grève aujourd'hui.
1. Le pouvoir d'achat « Le salaire, ce n'est tout de même pas rien ! » lance Hélène Lamarche, infirmière à l'hôpital Saint-André de Bordeaux. « Nos revenus à l'hôpital n'augmentent pas, comme dans toute la fonction publique. » Cette infirmière de 47 ans, dix-neuf ans de métier, syndiquée à la CGT, gagne 2 000 euros net par mois, « primes imposables, mais non prises en compte dans le calcul de la retraite, incluses ». Son salaire, ce n'est qu'une donnée du problème. « A cela s'ajoute le coût de la vie, qui s'est envolé. Les trois quarts de mon revenu passent dans le remboursement de la maison. Et l'augmentation du coût de l'alimentation ? Je pense aussi aux agents de service hospitalier ne gagnant pas grand chose en fin de carrière. »
Depuis 2000, les syndicats estiment que les fonctionnaires ont perdu 6 % de pouvoir d'achat. Une étude de l'Insee publiée en juillet dernier est venue les conforter. En 2005, elle évalue à 0,9 % l'amputation du pouvoir d'achat des fonctionnaires. Eric Woerth, ministre du Budget et de la Fonction publique, conteste : « Les fonctionnaires ont eu 3,5 % d'augmentation annuelle en moyenne » si on prend en compte primes, mesures catégorielles et ancienneté.
Un point de vue qui n'est pas partagé par Emmanuel Sallée, 41 ans, professeur d'histoire-géographie au lycée privé Sainte-Marie de Bordeaux-Bastide, membre du Spelc (Syndicat professionnel de l'enseignement libre catholique). « Nous sommes moins payés que dans le public, car nous cotisons plus fortement pour nos retraites auprès d'un organisme privé. Nous demandons une réelle augmentation du point de la fonction publique. »
« On demande une revalorisation de 6 % du point d'indice, à hauteur de notre perte de pouvoir d'achat », précise Pierre Moriousef, inspecteur à la Direction générale des impôts, trente-sept ans de maison, détaché depuis septembre au Snui, le syndicat professionnel des impôts.
2. Les conditions de travail - Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait prévenu que la moitié des fonctionnaires partant à la retraite ne seraient pas remplacés. Avec 22 700 postes de moins annoncés dans le budget 2008, 33 % des postes ne seront pas conservés. Les effectifs sont au coeur des priorités des fonctionnaires : « Moins nombreux, payés plus ? demande Pierre Moriousef. J'attends de voir. La Direction générale des impôts a perdu 1 379 postes entre 2001 et 2008, mais les salaires n'ont pas suivi. On a de plus en plus de mal à faire notre travail correctement. Le service à l'usager en pâtit. Nous craignons aussi pour l'avenir avec la fusion entre le Trésor et les impôts. Avec les économies d'échelle, des suppressions de postes sont à prévoir. »
Hélène Lamarche revient sur le travail à l'hôpital, « de plus en plus difficile » : « La tarification à l'activité qui se met en place va récompenser en personnel et crédits les hôpitaux les plus rentables. Mais nous avons de plus en plus d'activités non rentables, notamment avec des personnes âgées en proportion croissante, ce qui s'accompagne de pathologies lourdes. On nous demande plus de travail, d'effort physique, de solidité psychologique, tout en devant faire face à davantage de stress et de surveillance. Heureusement, on ne nous parle pas encore de suppression de personnel ! »
Du côté de l'Education nationale 11 200 postes de moins en 2008 , le privé pourrait se joindre aux manifestations : « C'est la première fois que je vais faire grève : j'en ai ras le bol ! » s'exclame Emmanuel Sallée. « Au nom de la parité public-privé, nous serons amputés de 1 400 emplois. Cette politique correspond à une logique purement comptable. Il y a aussi, dans le privé, de fortes disparités, des fermetures d'options et de filières. Quatre ou cinq élèves en LV3 d'allemand en première et terminale ? On ferme. Dans ma classe, j'ai 31 élèves. Chez une de mes collègues de Saint-Genès, il existe des classes de terminale de 40. Ce ne sont pas de bonnes conditions pour travailler. »
3. Plus de reconnaissance « Lorsque je vois que le président de la république est augmenté de 150 % alors qu'on nous demande à nous, classes moyennes, de se serrer la ceinture, je trouve cela indécent. C'est même de la provocation ! Les élites sont en décalage avec la France d'en bas », s'indigne Emmanuel Sallée. Un peu de pudeur de la part du gouvernement serait la bienvenue pour les trois fonctionnaires, mais ce qu'ils réclament surtout, c'est une meilleure reconnaissance de leur métier : « On avait promis aux infirmières que leur trois années d'études seraient l'équivalent d'un bac + 3, mais nous sommes toujours payées à hauteur d'un bac + 2. » Les infirmières exigent des salaires en adéquation avec leur formation et leurs responsabilités croissantes.
« Le métier d'enseignant est devenu plus difficile, avec des enfants marqués par le zapping, qui veulent de l'innovation en permanence. En vingt ans, le métier a changé. Une réflexion s'est engagée au niveau de l'Etat pour revaloriser la condition enseignante. Mais nous avons des doutes sur l'issue. On ne se sent pas compris », assure Emmanuel Sallée.
L'image des fonctionnaires n'a pas la cote : « On semble à la source de tous les maux ! Si le déficit se creuse, c'est à cause de nous. On nous fait passer pour des feignants, des empêcheurs de réformer. En réalité, nous sommes inquiets pour le statut des fonctionnaires, garants de la neutralité du service public. J'ai peur qu'on ne suive l'exemple de France Télécom. Faire grève n'est pas un plaisir. Nous sommes réellement attachés au service public. Aujourd'hui, c'est notre conscience professionnelle qui nous tient. »
JUSTICE - Martin Hirsch n'est "pas d'accord" avec l'idée d'un ticket modérateur
NOUVELOBS.| 20.11.2007
Interrogé sur la mention par Rachida Dati à l'Assemblée d'une franchise sur l'aide juridictionnelle, le Haut-commissaire aux Solidarités actives a estimé que ce n'était pas "le moment de faire" une telle réforme.
La garde des Sceaux, Rachida Dati, avait évoqué, le 15 novembre à l'Assemblée, les conclusions d'un rapport sénatorial préconisant l'instauration d'un "ticket modérateur justice" à la charge des personnes à bas revenus ayant besoin d'un avocat commis d'office. Elle n'avait pas, pour autant, repris à son compte ces propositions.
"Je ne suis pas d'accord, je ne pense pas que ce soit le moment de le faire, l'idée est passée au travers d'un rapport", a jugé Martin Hirsch, sur RMC Info.
Réactions socialistes - Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale avait fait part de sa "préoccupation" après l'évocation dans l'hémicycle de ce "ticket modérateur justice". "Nous sommes extrêmement préoccupés par ce nouveau projet, visant à instaurer en quelque sorte une justice de classe. Selon que vous serez pauvre ou misérable, vous aurez droit à accéder à un juge ou vous n'y aurez pas droit", avait expliqué le député socialiste de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg. "La formule des franchises fait florès", avait déploré, de son côté, François Hollande.
Hirsch, déjà contre les franchises sanitaires - L'ancien responsable d'Emmaüs s'était déjà opposé à l'instauration de franchises sanitaires, qui seront en vigueur le 1er janvier 2008. Martin Hirsch a rappelé qu'il militait pour l'instauration d'un "bouclier sanitaire" qui permettrait de plafonner les sommes qui restent à la charge des assurés.
"Il faut environ deux ans pour faire le bouclier sanitaire, selon des experts", a-t-il rappelé. "Je voudrais qu'on commence assez rapidement à y réfléchir pour ne pas qu'on me dise dans un an et demi qu'il faut encore deux ans pour le faire", a-t-il souligné.
Pancho : Aveu

