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mardi 20 novembre 2007

Trois officiers jugés pour la mort d'élèves africains de Saint-Cyr

Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération - 19/11/07

Le procès de trois officiers de l'armée de terre, poursuivis pour la mort de deux élèves-officiers de Saint-Cyr lors d'un stage en montagne en janvier 2004, s'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille.

Christian Heintz, Pascal Lefebvre, et Christian Le Bras, respectivement directeur d'exercice, chef de stage et officier-montagne au Centre d'instruction et d'entraînement au combat en montagne de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), sont mis en examen pour "homicides involontaires" et "blessures involontaires". Ils encourent jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amendes.

Lors d'un stage d'aguerrissement en montagne, deux élèves africains avaient trouvé la mort:  le Nigérien Laouadi Karimoune et le fils du chef d'état-major des armées du Togo, Kondi Nandja. Avec 90 élèves-officiers, ils participaient à une marche en montagne lorsqu'ils ont été pris dans une tempête de neige. Faute de pouvoir gagner le refuge, les cadres ont décidé de faire bivouaquer les élèves à 2600 mètres d'altitude. Deux sont morts et sept ont été blessés (angelures, hypothermie, etc). Un gendarme du PGHM, qui a participé au secours témoigne: "si on était arrivés avec une heure de plus, le bilan aurait pu être plus tragique", étant donné l'état de dégradation physique des élèves. Selon les parties civiles, les cadres ont commis une série de fautes, en surestimant les forces du groupe et en ne prévenant les secours que plus de trois heures après le premier décès.

Note personnelle: En 2004, cette affaire avait suscité une vive émotion dans l'armée de terre. Je m'étais alors rendu à Coëtquidan, d'où j'avais rapporté un reportage intitulé "Triste Saint-Cyr", paru dans Libération le 17 février 2004. L’article avait été diversement apprécié dans l'armée de terre. On me reprochait de véhiculer des caricatures sur Saint-Cyr. Quelle ne fût pas alors ma surprise lorsque deux généraux très connus  (un responsable de la formation et un autre, retraité, très actif dans le milieu associatif)  me manifestèrent leur sympathie, partageant les réserves (et les doutes) que j'exprimais dans l'article.

Posté par werdna à 00:02 - Armée - Rétroliens [0] - Permalien [#]

CHINE - A Badong, survivre au barrage des Trois-Gorges

LE MONDE | 17.11.07 Badong, envoyé spécial 

Ce qui reste de l'ancien Badong finit là, devant le fleuve où se croisent, dans un concert de cornes de brume, barges chargées à bloc et bateaux de croisière. Dans la nuit qui s'avance, le quartier est quasi désert, et ses derniers habitants glissent comme des ombres sur l'escalier qui menait autrefois à un centre-ville aujourd'hui englouti par la montée des eaux du Yangzi (fleuve Bleu). La vieille épicière assise dans l'obscurité devant sa méchante échoppe est l'une des ultimes rescapées de l'inexorable et prochaine élévation du niveau du fleuve, quand le barrage des Trois-Gorges sera achevé : "Bien sûr, il nous faudra bien partir, sourit-elle, mais on ne sait pas quand. On attend d'avoir l'assurance d'être relogés avant de vider les lieux."

Depuis 2003, quand a débuté le remplissage du réservoir formé par la gigantesque retenue d'eau de 185 m de haut sur le fleuve Bleu, plus d'un million trois cent mille personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers. Et 116 villages ont disparu, sombrant parfois avec des chefs-d'oeuvre de l'histoire plurimillénaire de l'empire du Milieu. Le niveau du fleuve est aujourd'hui plus élevé de 90 m par rapport à son étiage précédent. Il montera d'une vingtaine de mètres supplémentaires à l'automne 2008, au moment de la mise en service définitive du barrage.

Durant des années, le gouvernement a vanté les bienfaits d'un ouvrage destiné à alimenter le centre du pays en électricité, à contrôler les crues dévastatrices du fleuve qui ont coûté la vie à 300 000 personnes au XXe siècle et à assurer une navigation plus aisée.

EROSION DES SOLS - Le discours a évolué depuis : Pékin a fini par admettre que la grandeur du projet avait son revers. Au mois d'octobre, le responsable des Trois-Gorges auprès du Conseil d'Etat, Wang Xiaofeng, a dressé la liste alarmante des conséquences du barrage sur l'environnement : érosion rapide des berges, raréfaction et pollution des eaux d'un réservoir de 39 milliards de mètres cubes qui risque de devenir un égout à ciel ouvert, réduction des terres arables, etc. "On ne peut pas sacrifier notre environnement contre de prospérité à court terme", a prévenu M. Wang.

Badong, chef-lieu d'un district de 500 000 âmes, est l'exemple extrême des difficultés à venir : après l'évacuation quasi complète de l'ancienne ville, la plupart des habitants ont été relogés dans une ville nouvelle, plus en hauteur. Mais l'érosion des sols menace aujourd'hui de provoquer des glissements de terrain. Alors, pour conjurer la menace, les autorités de Badong songeraient à prendre une douloureuse décision : déplacer la nouvelle ville plus haut sur les flancs de la montagne... Les habitants devraient être relogés dans la toute nouvelle Badong, une "troisième ville", un quartier plus moderne qui a commencé d'être érigé il y a une dizaine d'années et aligne, sur sa grand-rue, hôtels, restaurants et boutiques de mode qui ont pour nom Chic parisien (en français) ou Marvellous.

"VRAIMENT DANGEREUX ?" - Dans la "seconde ville", certains admettent être au courant de la rumeur d'un plan de déménagement, mais sans savoir au juste ce que l'avenir leur réserve. La jeune patronne d'un restaurant spécialisé dans les soupes de nouilles dit qu'"on avait parlé d'une évacuation en 2008 mais, en fait, on ne sait rien de plus". Elle ajoute, fronçant le sourcil, soudain inquiète : "Vous pensez que ces glissements de terrain sont vraiment dangereux ?" Difficile de répondre : contactés au téléphone, les responsables locaux ont refusé de répondre à nos questions.

Accoudés à un muret dominant le fleuve un peu en hauteur de ce qui reste de la vieille ville, monsieur Wu et son épouse discutent avec animation. M. Wu n'a rien, en soi, contre le barrage des Trois-Gorges. Mais ce qui le met en colère, et il ponctue ses dires de grandes claques du plat de la main sur sa paume droite, c'est que "le deuxième déplacement ne va profiter qu'aux riches qui ont les moyens de se payer de nouveaux appartements" dans la toute nouvelle ville. Sans compter, ajoute-t-il en répétant la vieille antienne des "déplacés des Trois-Gorges", que "les fonctionnaires du district s'en sont mis plein les poches".

ADVERSAIRES D'UNE DES PLUS "GRANDES ÉTAPES DE L'HISTOIRE DE L'HUMANITÉ" Il fait le geste de remplir les siennes en y enfouissant les mains. "Le gouvernement local a reçu 200 millions de yuans 20 millions d'euros pour lutter contre les glissements de terrain", soutient-il. "Mais on ne sait pas comment cet argent a été dépensé. Même chose pour les sommes attribuées aux relogés pour la construction de nouvelles maisons", conclut-il avec une grimace de dégoût.

Sur le plan écologique, Pékin aurait pu écouter plus tôt l'avis de ses experts : une quinzaine d'années avant le début de la construction du projet des Trois-Gorges, en 1994, un rapport officiel avait avancé que "les aspects négatifs de la réalisation outrepassaient les aspects positifs". A la fin des années 1980, le projet fut suspendu. Mais après le tour de vis politique général consécutif à la répression du mouvement de Tiananmen, le premier ministre de l'époque, Li Peng, le remit sur les rails. Soumis peu après au vote des députés de l'Assemblée nationale populaire, le Parlement chinois, l'adoption du projet ne fit, pour une fois, pas l'unanimité : près d'un tiers des législateurs vota "non" ou s'abstint. Et le gouvernement donne aujourd'hui en partie raison aux sceptiques et aux adversaires d'une des plus "grandes étapes de l'histoire de l'humanité", ainsi que l'avait claironné l'ancien président Jiang Zemin.

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Barrage des Trois Gorges au 27 Juillet 07

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VéNéZUELA - La réforme de la Constitution trouble les partisans d'Hugo Chavez

LE MONDE | 19.11.07 | CARACAS ENVOYÉE SPÉCIALE

A Caracas comme dans le reste du pays, le projet de réforme constitutionnelle divise de plus en plus les Vénézuéliens, appelés à se prononcer, par référendum, le 2 décembre. Le président Hugo Chavez et ses partisans défendent un texte qui se veut "une étape dans la transition vers le socialisme".

L'opposition dénonce une "réforme liberticide" qui attribue au chef de l'Etat des pouvoirs renforcés. "Il ne s'agit pas d'une réforme, mais d'une nouvelle Constitution que Chavez veut faire approuver par des moyens anticonstitutionnels", juge Julio Borges du parti Primero Justicia (centre-droit).

Si le "oui" l'emporte, 69 articles de la Constitution seront modifiés. Trente-trois d'entre eux ont été rédigés à huis clos par une commission. Le projet a ensuite été discuté et complété par l'Assemblée nationale, où l'opposition n'est pas représentée à la suite du boycottage des élections législatives de 2005. Réélu haut la main en décembre 2006, M. Chavez se dit assuré de remporter le référendum. "Notre pire ennemi, c'est l'abstention", a-t-il toutefois déclaré.

Les chavistes défendent avec enthousiasme un texte qui élève le "pouvoir populaire" au rang de pouvoir constitutionnel - aux côtés de l'exécutif ou du législatif. La journée de travail de six heures, établie par la nouvelle Constitution, n'est pas faite pour leur déplaire.

Les mesures les plus contestées du projet concernent la définition de l'Etat vénézuélien comme un Etat socialiste et la réélection présidentielle indéfinie - avec un allongement du mandat présidentiel de six à sept ans. La modification de l'article sur la propriété privée et l'élargissement des prérogatives de l'Etat en matière d'expropriation, la suppression de l'indépendance de la banque centrale, la politisation de l'armée et la suppression de la liberté d'information dans le cadre de l'état d'exception inquiètent également nombre de Vénézuéliens.

L'opposition se retrouve à défendre une Constitution qu'elle avait combattue en 1999. "Quel besoin avait Chavez de modifier ce texte progressiste en matière de droits politiques et sociaux ?, demande, sous le couvert de l'anonymat, un fonctionnaire. Les vrais problèmes - la corruption, l'insécurité, le développement de l'appareil productif - ne relèvent pas de la Constitution. Ils exigent des politiques publiques efficaces." Et d'ajouter : "J'ai toujours voté Chavez, mais si je critique, je me fais traiter de laquais de l'impérialisme et je risque ma place."

Les "chavistes critiques" gagnent du terrain. Au sein de l'Assemblée nationale, Ismael Garcia, du parti Podemos (social-démocrate), appelle à voter "non", "tout en continuant à soutenir le gouvernement". Les déclarations du général Raul Baduel, ministre de la défense jusqu'au mois de juin, ont eu encore plus de retentissement : il a comparé la réforme à un "coup d'Etat". Autre défection, l'ex-épouse de M. Chavez, Marisabel Rodriguez, a critiqué un projet qui "profite au président" et "concentre les pouvoirs".

L'historienne Margarita Lopez Maya estime peu probable une défaite de M. Chavez au référendum. "Le chef de l'Etat continue d'incarner l'espoir aux yeux des secteurs les plus défavorisés. L'argent du pétrole lui permet de transférer des fonds importants vers les conseils communaux, qui incarnent le "pouvoir populaire". Et le président bénéficie, sur le terrain, d'un réseau de militants qui mène une campagne efficace", dit-elle.

A en croire les sondages, le "non" progresse. Selon l'institut Hinterlace, 45 % des Vénézuéliens consultés sont contre la réforme, 31 % l'approuvent, 24 % sont indécis. L'abstention, décisive pour le résultat, tendrait à diminuer, 61 % des personnes interrogées ayant manifesté leur intention d'aller voter.

L'opposition est partagée. La droite la plus dure se prononce en faveur de l'abstention, en invoquant la partialité des autorités électorales et judiciaires. Mais la plupart des leaders d'opposition appellent désormais à se rendre aux urnes. Nombre de "chavistes critiques" hésitent à voter "non" aux côtés d'une opposition qu'ils ont longtemps décriée. "Allez savoir ce qu'il faut faire", soupire Alberto Rivas, commerçant.

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Pancho : Avisssssssss

Avertissement_19_11

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Les Indégivrables et Papier de verre

Une_nouvelle_vie_19_11

   papier de verre

Hervé Le Tellier

Ubi bene, ubi patria. Là où tu es bien, là est la patrie.

Les pages roses de la Belgique semblent tournées. Désormais, les Belges défilent, et la Belgique s'effrite.

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