mardi 20 novembre 2007
Promotions en série dans les médias pour les amis de Sarkozy
Raphaëlle Baillot - 20 Minutes, éditions du 20/11/2007 -
TF1, les Echos, le Figaro, attention tournis : la valse des têtes médiatiques s'emballe. Pour commencer, Nicolas Beytout change de job. Le directeur de la rédaction du Figaro part diriger DI Group (le pôle médias du groupe de Bernard Arnault LVMH). « J'ai dit [à la rédaction] que j'allais partir », précise-t-il. DI Group est un gros morceau : en plus de Radio Classique ou de Connaissance des arts, il comprendra bientôt Les Echos... et lorgne sur le Financial Times.
Ce départ entraîne un jeu de dominos au Figaro : ce matin, une réunion chez Dassault, son propriétaire, entérine un nouvel organigramme qui fait prendre du galon à... Etienne Mougeotte. L'ex-n° 2 de TF1, devenu fin juillet directeur du Figaro Magazine, devrait se muer en directeur des rédactions du groupe. Hier, il restait silencieux.
Plus que jamais, cette valse à mille temps se danse dans la salle de bal des habitués de l'Elysée. M. Arnault fut témoin de mariage de M. Sarkozy. M. Beytout figurait sur la short list des invités du Fouquet's le soir du deuxième tour. Vendredi, le président de la République lui-même annonçait à des journalistes des Echos l'arrivée de M. Beytout chez LVMH. Samedi, M. Mougeotte faisait du zèle dans son edito du FigMag : « Continuez à tenir bon, monsieur le président ». « On voit que le cénacle des dirigeants de médias est tout petit, se gausse un connaisseur. Ça montre à quel point on est sur des effets de réseaux. »
D'en bas, les journalistes des rédactions concernées scrutent d'un oeil inquiet ce jeu très entre-soi de chaises éditoriales. « Etienne Mougeotte a le sens de ce qui plaît au lecteur, témoigne une signature du FigMag. Mais avec lui, un sujet sur la collection d'objets d'art d'Alain Delon passe avant tout le reste. Privilégiera-t-il pour tout le groupe le people au détriment de l'actu ? » Au Figaro, M. Beytout, parfois décrit comme « un manager cassant », a beau être honni par certains services, beaucoup lui accordent d'« avoir été un rempart efficace contre les tentatives d'intervention de Dassault ».
Avec ou sans papiers, les enfants ont des droits
Armelle Gardien Libé blog 20/11/07
Par la loi du 9 avril 1996, «le 20 novembre, jour anniversaire de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies de la Convention internationale des droits de l’enfant est reconnu journée nationale des droits de l’enfant».
Une journée nationale pour faire des bilans, alerter l’opinion, mobiliser les énergies poser la première pierre de vastes chantiers, et proclamer, unanimes pour une fois, «Plus jamais ça !».
Les droits de l’enfant affirment de magnifiques principes : l’égalité des chances, le droit d’être nourri, d’être soigné, le droit de vivre en famille, d’être protégé , le droit à l’éducation, le droit de s’exprimer et de participer aux actions qui le concernent. Et d’autres encore.
Déclarations et manifestations, ne manqueront pas, au cours desquelles on pointera les avancées dans la reconnaissance des droits de l’enfant et les progrès à accomplir.
C’est sans doute ce que fera Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, présente en tant que marraine de cette célébration à la mairie d’Asnières (92), commune où vivaient depuis huit ans Monsieur Haddaoui, sa femme et leurs trois enfants (12 ans, 7 ans et 8 mois). M. Haddaoui, débouté de régularisation en 2006, retenu dans la prison pour étrangers de Plaisir, est menacé d’expulsion. Ses enfants privés de leur père, redoutent à chaque minute d’apprendre qu’il a été chassé loin d’eux, au Maroc.
Les enfants de cette famille sans papiers partagent avec quelques dizaines de milliers d’autres enfants une privation extrême de droits. Leur quotidien est tissé de peurs, d’incertitudes. Leurs parents menacés d’expulsion, sont traités en délinquants : menottés, bâillonnés devant leurs enfants, détenus dans des centres loin des villes, ballottés jusqu’à l’insupportable entre menaces et espoirs, et finalement expulsés en catimini, encadrés par un escorte policière, rejetés, abandonnés ailleurs.
Que dire du droit à la sécurité face aux menaces d’arrestation,au petit jour, à la nécessité de fuir et comme Ivan (12 ans) d’y risquer sa vie ? Que dire des matins où quitter la maison, c’est craindre de ne pas y retrouver le soir le père ou la mère, peut-être emprisonné, embarqués de force.
Que dire du jour où l’un d’eux risque d’être arraché à l’école, aux copains aux profs, comme Armen (7 ans) que la police est venu chercher à l’école Ferdinand-Buisson de Montauban, après avoir arrêté ses parents et sa sœur (8 ans).
Que dire du droit à vivre en famille, lorsqu’on doit, à 10 ans, se cacher des mois durant pour empêcher l’expulsion, changer d’école, passer de famille en famille, et toujours la peur d’être renvoyé dans un pays inconnu, dont on ne parle pas la langue.
Le droit d’être nourri, soigné ? Ce n’était pas pour ce bébé de quatre mois, sevré brutalement, arraché aux soins de sa mère, placé plusieurs jours dans un foyer à 40 km de celle ci et, pour faire bonne mesure, séparé brutalement de son frère, ni pour Sarah (3 ans, Lea (18 mois), maintenues 32 jours en rétention, et finalement expulsées à la dernière minute, par avion spécial.
206 enfants en 2007 selon la Cimade, le plus jeune âgé de 3 semaines, relâché avec ses parents, un soir de grand froid à plusieurs centaines de kilomètres de leur domicile ?
Que dire de la violence à enfant que représentent les interrogatoires au guichet de la préfecture, lorsqu’en dehors de tout cadre réglementaire, l’enfant est questionné pour tenter de débusquer une affirmation présumée douteuse, ou que ses résultats scolaires sont épluchés et serviront de prétexte au refus de régularisation.
Que dire du droit à l’éducation et à construire sa vie quand l’expulsion est en filigrane de chaque année scolaire, au moment ces jeunes sont en pleine construction de leur personnalité ?
La politique du chiffre, c’est aussi cela : violences, maltraitances, privations de droit envers les plus faibles, les enfants des sans droit. Des faits vrais et des pratiques indignes que je défie quiconque de justifier devant ses propres enfants le soir à la table familiale. Assez !
Pour faire baisser la pression, Nicolas Sarkozy s’apprêterait à jouer au père Noël avant l’heure.
Antoine Guiral et Muriel Gremillet Libération mardi 20 novembre 2007
Au septième jour de conflit dans les transports, la mobilisation des fonctionnaires met le pouvoir d’achat au cœur du mouvement social.
La sortie de crise par le pouvoir d’achat. Officiellement, dit-on à l’Élysée, il n’y a aucun lien entre la grève dans les transports et les mesures en faveur du pouvoir d’achat que l’exécutif aimerait annoncer d’ici la fin de la semaine. Mais le chef de l’Etat, qui s’exprime aujourd’hui à Paris devant l’association des maires de France, cherche le moyen de sortir par le haut de son premier conflit social d’envergure.
D’où l’idée de répondre dans l’urgence à cette question du pouvoir d’achat qui constitue la préoccupation n°1 des Français et qui avait été au cœur de la campagne présidentielle sarkozyste (avec le fameux slogan «Travailler plus pour gagner plus»).
Improvisation. Sous une forme qui reste à préciser (intervention télévisée, discours à l’occasion d’un déplacement, entretien dans la presse…), Sarkozy aimerait, jeudi ou vendredi au plus tard, présenter de manière concrète plusieurs mesures susceptibles de redonner de l’argent aux Français. Sa mesure phare sur les heures supplémentaires n’ayant pour l’heure pas produit les effets escomptés, il a demandé à Bercy et à Matignon d’accélérer sur certains textes (exemple des «hot lines») et de lui dégoter d’autres dispositifs rapides à mettre en œuvre.
Cette improvisation présidentielle n’est pas sans contraintes, notamment budgétaires. Car le gouvernement navigue dans des eaux macroéconomiques troubles, entre une croissance molle et des déficits publics difficiles à maîtriser. Au point que les autorités européennes surveillent l’état de la France comme du lait sur le feu.
En juillet le gouvernement a fait voter la loi Tepa (travail emploi pouvoir d’achat): 15 milliards d’euros, dont 6 consacrés à la défiscalisation des heures supplémentaires. Le reste permettant notamment la création d’un bouclier fiscal à 50%. Un «choc de croissance» voulu par le Président, qui a pour léger défaut d’assécher les faibles moyens budgétaires de l’Etat. Pour l’instant, ces mesures ne se traduisent guère en argent supplémentaire pour les salariés.
Prime à la cuve. Même du côté du patronat, on considère la disposition «inefficace», comme le juge Jean-François Bernardin, président de l’assemblée des chambres de commerce et d’industrie, dans une interview à La Croix.
Au moment ou les produits de grande consommation flambent et ou le pétrole crève les plafond, les ministres sont contraints de saupoudrer de nouvelles aides: revalorisation de la prime à la cuve pour ceux qui se chauffent au fioul, revalorisation de l’APL de 3%, possibilité pour certains agents publics de se faire payer un nombre limité de jours de RTT…
Le gros morceau pourrait venir au moment de la mise en œuvre des préconisations de Jacques Attali et de la commission qu’il préside, pour «libérer la croissance.» La réforme de la loi Galland, si elle s’applique, devrait «stimuler le pouvoir d’achat et faire baisser les prix», comme l’explique Frédéric Lefèbvre, secrétaire national de l’UMP chargé de l’économie et député des Hauts-de-Seine. «Le pouvoir d’achat est un sujet politique maintenant», note un député UMP. Difficile de lui donner tort…
Plantu : Réformes

Le Japon prend les empreintes digitales des étrangers
Reuters 20/11/07
NARITA, Japon (Reuters) - Le Japon a commencé à prendre les empreintes digitales de tout visiteur étranger sur son territoire afin de lutter contre le terrorisme, une mesure dénoncée par les organisations des droits de l'homme et certains hommes d'affaires.
"A une époque où le terrorisme est présent partout dans le monde, nous voulons que les étrangers entrant au Japon coopèrent et comprennent qu'il est dans leur intérêt que le Japon soit un pays sûr", a déclaré le directeur du bureau de l'immigration de l'aéroport de Narita, le principal aéroport international desservant Tokyo.
"Le principal objectif est la prévention du terrorisme", a ajouté Hisashi Toshioka.
Pour ses détracteurs, cette mesure reflète les préjugés du pays selon lesquels les actes terroristes sont le fait d'étrangers et ne peuvent être commis par des Japonais eux-mêmes.
"Au Japon, les empreintes digitales sont limitées aux personnes arrêtées pour des crimes, traiter les étrangers de la sorte est donc une grave violation des droits de l'homme", a estimé Mitsuru Namba, de la Fédération des avocats.
"Le gouvernement dit que son objectif est d'empêcher le terrorisme, mais à l'arrière-plan, il y a la discrimination liant étrangers et criminalité", a-t- ajouté.
Certains voyageurs interrogés à l'aéroport de Narita n'ont pas semblé dérangés outre-mesure par ces procédures. Les autorités scannent les empreintes digitales et prennent une photo du visage à l'aide d'un appareil numérique.
Les résidents "spéciaux", d'origine chinoise ou coréenne mais nés au Japon pour la plupart et descendants des victimes du travail forcé dans les années 1930 et 1940 sont exemptés, ainsi que les diplomates et les enfants de moins de 16 ans.
Ce qui semble faire grincer les dents de nombreux visiteurs est l'obligation de recommencer la procédure à chaque fois qu'ils reviennent au Japon.
"Mon mari est japonais. J'ai deux enfants japonais adultes qui travaillent à Tokyo. Je me sens un peu insultée", déclare la Britannique Jennifer Ukawa, âgée de 69 ans.
C'est terrifiant, il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde ! Et qiuelques fois, inconsciemment, nous en faisons partie !
Les Salauds de pauvres relèvent le défi du mal-logement
Mickaël Bosredon - 20 Minutes, édition du 19/11/2007 –
Jacques Deroo espère attirer très vite « le plus de SDF possibles » sur le nouveau campement de tentes qu'il essaie d'installer depuis ce week-end sous le pont d'Austerlitz (13e). S'il veut refaire le « coup » du canal Saint-Martin (10e), ce campement créé de toutes pièces par l'association Les Enfants de Don Quichotte à la fin de l'année dernière ? « Oui, mais en plus grand », espère Jacques Deroo, une « figure » dans le milieu des SDF, auteur d'un livre, Salauds de pauvres (éd. Gutenberg), qui est aussi le nom de son association. Pour l'instant, on en est assez loin. Dans la nuit de samedi à dimanche, sept SDF se sont installés sous le pont. Une trentaine au total était attendue hier soir.
Ce campement sauvage est censé interpeller les pouvoirs publics, et particulièrement la ministre du Logement, Christine Boutin, sur le problème de la prise en charge des SDF.
« Depuis la création d'un village de bungalows pour SDF à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), plus aucun projet n'existe, alors que Mme Boutin nous avait promis une vingtaine de villages de ce type en Ile-de-France. En attendant, il y a 7 000 personnes dans la rue, et des SDF meurent. »
Les pouvoirs publics n'ont pas encore réagi. « J'ai conscience que le pont d'Austerlitz n'est pas un endroit stratégique dans Paris, et que cela peut être un handicap pour se faire entendre. Parce qu’ici, on ne gênera personne, les commerçants ne pourront pas dire, comme au canal Saint-Martin, que la proximité des tentes fait baisser leur chiffre d'affaires. Mais j'espère que l'on sera suffisamment nombreux pour que notre action bénéficie d'un grand écho. »
Sarkozy et les musulmans, une histoire sur le Net
Alice Antheaume 20Minutes du 19/11/2007 –
L’histoire fait du bruit sur le Net. Mercredi dernier, Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles pour «Libération», racontait sur son blog que Nicolas Sarkozy s’était livré à une «véritable diatribe anti-musulmane» devant le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, puis son homologue suédois, Fredrik Reinfeldt. Le post fait mouche et suscite 400 commentaires en ligne, sans compter la vingtaine de ceux qui ont été supprimés, «antisémites ou racistes», justifie Quatremer qui se dit «sidéré» par l’ampleur du buzz. Pourtant, l’histoire reste aux confins de la blogosphère.
Deux jours plus tard, le journaliste écrit, toujours sur son blog, un deuxième post intitulé «comment se fait l’information» pour expliquer notamment par quel biais il a eu vent du discours de Nicolas Sarkozy: les journalistes ne sont pas «invités à assister aux rencontres entre dirigeants: le huis clos est la règle, dit-il. Que ce soit une bilatérale ou un sommet, nous sommes donc obligés de nous contenter de sources soit qui ont assisté à la réunion, soit à qui l’un des participants a raconté la réunion.» Cette fois, deux sources concordantes qui «ne se connaissent pas» ont relaté à Quatremer les propos du président de la République. Pour le correspondant, ce que dit Sarkozy sur «le choc de la civilisation entre l’Orient et l’Occident est dans la droite ligne de ses pensées (...). Ce qui est plus étonnant, c’est la réaction des ministres étrangers un peu bouleversés de découvrir comment Sarkozy peut être agité.»
De la blogosphère aux médias traditionnels
Pourtant, la semaine se passe et aucun journal ne parle de l’événement. La grève des transports ayant pris d’assaut l’actualité, le blog de Quatremer est passé inaperçu. Jusqu’à ce que, ce lundi, «Libération», prenant conscience du nombre de commentaires sur le blog de leur journaliste, publie un article dans ses colonnes. Quatremer y raconte à la première personne son aventure sous l’angle "coulisses de l’information". A ce moment-là, l’affaire quitte la seule sphère d’Internet pour toucher une audience plus grand public et les médias traditionnels s’en emparent.
Pourquoi la teneur des propos de Nicolas Sarkozy n’a pas été publiée plus tôt? «Libération est un journal qui ne connaît pas la censure, répond Jean Quatremer. Mais il n’y avait pas de place dans le quotidien et je n'ai peut-être pas assez insisté auprès de la rédaction à Paris. C’est tout le problème de la lourdeur du papier comparée à la souplesse du Net, où l’on écrit ce qu’on veut quand on veut.» La preuve, s’il en était encore besoin, que le Net n’a pas besoin de papier pour qu’une information soit ébruitée. Même si l’information reste parfois la propriété de quelques heureux connectés.
«On s'occupe mieux des SDF que du sort de nos jeunes»
Interview de Dominique Versini, défenseure des enfants, qui remet mardi son rapport sur la souffrance des adolescents.
Recueilli par Laure de Charette 20Minutes du 19/11/2007 -
Le rapport que vous remettez mardi à Nicolas Sarkozy sur la «souffrance psychique des adolescents» est alarmant. 15% des 11-18 ans seraient «multi-fracturés»…
Oui, ce qui veut dire aussi que 85% d’entre eux vont bien! En fait, on remarque surtout que les ados vont mal, et l’expriment, de plus en plus jeune. Il n’est plus rare de constater des comas éthyliques dès l’âge de 12 ans, des «binge drinks» (ndlr : torche-minute, alcoolisation excessive) dès les années collège, alors qu’il y a encore dix ans, cela ne se voyait qu’au lycée. Aujourd’hui, 11% des filles et 6,6% des garçons se scarifient, certains ont des troubles alimentaires et la polyaddiction à l’alcool, au cannabis et au tabac a doublé en dix ans. A chaque fois, on observe une déchirure: la souffrance psychique démarre souvent à l’occasion d’une rupture familiale (divorce, séparation, deuil).
Pour aider ces jeunes en détresse, vous pointez aussi des dysfonctionnements dans l’aide apportée à ces jeunes en détresse.
Oui, moi qui ai passé sept ans à la direction du Samu Social, j’ai le sentiment qu’on s’occupe mieux des SDF que de nos jeunes, parce que leur souffrance est moins visible. Prenez Baptiste, cet ado de 18 ans, qu’on a retrouvé suicidé avec inscrit au creux de sa paume gauche: «Demandez-moi pardon». Il était suicidaire, perdu. Or personne n’a pu l’aider. D’après notre enquête, les jeunes connaissent mal le «Fil Santé Jeunes» (service téléphonique d’aide), qui est de surcroît payant depuis un portable. Seules 18 maisons des ados existent en France, alors qu’il était prévu d’en ouvrir une par département. Et aujourd’hui, il faut six mois d’attente en moyenne pour une consultation médico-psychologique. Les parents aussi demeurent les grands abandonnés, il n’existe aucune ligne d’écoute pour eux.
Dès lors, quelles pistes préconisez-vous?
L’objectif, c’est désormais de prendre en charge les jeunes avant qu’ils ne commettent un acte excessif. Certains médecins me disent qu’il vaut mieux passer un peu de temps avec un jeune qui ne va pas très bien, plutôt que beaucoup de temps avec un jeune qui va très mal. Donc, il faut aller vers eux, pourquoi pas à leur domicile s’il le faut. A Rennes, des médecins ont mis en place un camion mobile avec un cabinet à bord pour aller « à la pêche » aux jeunes en difficulté. Et ça marche! Il faut aussi former les magistrats: les juges aux affaires familiales par exemple doivent apprendre à expliquer leur décision aux enfants avec pédagogie. L’ouverture d’un vaste chantier s’impose.
Infirmières : un silence immaculé et pesant
• Anne Perraut Soliveres • 19/11/07
Lundi 19 novembre de 18 h 30 à 19 h 30, je suis invitée à parler des infirmières sur France Culture dans l'émission Travaux publics, diffusée en direct et en public depuis le café El Sur à Paris.
Or, de nombreuses infirmières contactées ont réclamé l'anonymat. Qu'est-ce qui fait donc si peur aux infirmières pour qu'elles refusent même de témoigner ? Ont-elles dont si peur de prendre conscience de l'invraisemblable mépris dont elles sont l'objet de la part de leur gouvernement ? Mépris de leurs conditions de travail qui s'aggravent à mesure que la pénurie s'installe ? Mépris de leur usure psychique et physique qui les fait abandonner un métier pourtant tellement aimé ? Mépris de leurs conditions de vie et des horaires toujours décalés qui les font vivre à l'écart des autres ? Mépris, enfin, de leurs conditions de salaire qui se sont encore dégradées ?
Les infirmières se taisent parce qu'elles ont peur de trop en dire, de déplaire à leur hiérarchie de plus en plus coincée par la mise en œuvre de réformes absurdes et démobilisantes. Elles se sentent menacées de partout dans un métier de plus en plus exigeant et dangereux. La hiérarchie est mise en demeure, par un système ubuesque qui ne convainc personne, d'évaluer, évaluer encore et encore, tout, et surtout les personnes, sous le prétexte de mieux les cerner, pour ne pas dire mieux en abuser.
Or, aucune formation continue n'entretient leurs connaissances, ne cherche à les ouvrir, ne les aide à faire face à leurs difficultés grandissantes. Tout est organisé par ailleurs pour les forcer à s'adapter à ces systèmes, qu'elles dénoncent, et qui les obligent à travailler toujours plus vite quand c'est de temps qu'elles voudraient pour mener correctement leurs missions auprès des patients. C'est devenu la seule chose dont on a le temps de parler, le manque de temps pour tout et, bien sûr, pour réfléchir. J'entends quotidiennement les infirmières dont je connais l'engagement, le courage, l'incommensurable bonne volonté se demander ce qu'elles pourraient faire pour échapper à une pression devenue insupportable.
Je crois qu'elles sont en train de prendre conscience que trop c'est trop.
A l'heure où la France des transports continue son mouvement de grève et à la veille du mouvement de la fonction publique, Jean Lebrun s'intéresse, ce soir, au monde médical à partir de la situation du monde hospitalier et plus particulièrement celui des infirmières. Alors qu'en Finlande, 12.800 infirmières menacent de quitter leurs postes ce 19 novembre si les négociations salariales ne peuvent aboutir, qu'en est-il de la situation en France, mais aussi dans les autres pays européens et de l'autre côté de l'Atlantique, au Québec, par exemple ? Pour en débattre Jean Lebrun reçoit plusieurs témoins autour de Anne Perraut Soliveres, auteure de Infirmières, le savoir de la nuit.
Vos témoignages nous intéressent dès à présent... à vos claviers ! Merci.
anne.perraut.soliveres@gmail.com
Les frais bancaires seront plafonnés en cas d’incident de paiement
LIBERATION lundi 19 novembre 2007
Le décret, qui doit entrer en vigueur dans six mois, a été publié au Journal Officiel vendredi. Il prévoit que les frais bancaires ne peuvent excéder 30 euros pour le rejet d’un chèque de moins de 50 euros, et 50 euros pour ceux de plus de 50 euros.
Qui n’a jamais eu a payer des frais bancaires après un chèque rejeté pour cause de compte à découvert ou insuffisamment pourvu ? Si ce genre de désagrément ne va pas disparaître, il sera au moins limité. Vendredi, le décret de plafonnement des frais bancaires en cas d’incident de paiement a été publié au Journal Officiel. Il entrera en vigueur dans six mois.
Application retardée par le lobby bancaire et par Thierry Breton
Ces mesures font partie du projet de loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs qui sera présenté la semaine prochaine à l’Assemblée nationale par la ministre de l’Economie Christine Lagarde et le secrétaire d’Etat à la Consommation et au Tourisme, Luc Chatel. Mais la publication du décret ne s’est pas faite sans entrave. Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, à l’origine du texte de loi, «en février, le texte avait déjà été glissé dans la loi sur le logement. Du coup, les banques hostiles à ce projet n’ont pas vu venir le coup,» explique-t-elle à 20 minutes.
Le lobby bancaire a ensuite cherché à retarder la publication du décret. La secrétaire d’Etat accuse même à mots couverts le ministre de l’Economie de l’époque, Thierry Breton, d’avoir cédé aux pressions du lobby bancaire : «Je sais que le décret était sur le bureau de Thierry Breton. Il n’avait plus qu’à le signer, il ne l’a pas fait. Cela aurait pu durer longtemps. Ce genre de situation est un scandale,» pour Nathalie Kosciusko-Morizet.
Le plan d’action de Christine Lagarde pour l’amélioration des relations banques/clients comprend également la création d’un récapitulatif des frais bancaires qui sera adressé chaque année par les banques à leurs clients ainsi que l’extension de la médiation bancaire à l’ensemble des services bancaires.

