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dimanche 18 novembre 2007

La Chine saborde la réunion des Six sur le nucléaire iranien

REUTERS : vendredi 16 novembre 2007 par Sophie Walker

Prévue lundi, la réunion des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et de l'Allemagne en vue de l'adoption d'un nouveau train de sanctions condamnant la poursuite du programme nucléaire iranien a été annulée en raison de la défection de la Chine, a-t-on appris vendredi de sources diplomatiques européennes. Pékin a fait savoir que la date arrêtée ne lui convenait pas, a-t-on précisé.

Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne devaient se retrouver le 19 novembre au niveau des directeurs politiques pour examiner le rapport publié jeudi par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et entendre Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne, chargé des discussions sur le dossier nucléaire iranien.

"Je pense que le prétexte de difficultés de déplacement est en partie vrai mais qu'il existe aussi un lien avec la résistance (de la Chine) sur la question plus large des sanctions", a commenté un diplomate européen ayant requis l'anonymat.

INCERTITUDES

Dans son rapport, l'AIEA se félicite des réponses apportées par Téhéran au sujet de ses activités nucléaires passées, mais souligne que d'autres questions essentielles restent en suspens. L'agence souligne en outre que l'Iran a poursuivi son programme d'enrichissement d'uranium, en dépit des injonctions de l'Onu, et note que le nombre de ses centrifugeuses, outils nécessaires à l'enrichissement, a été décuplé en un an.

Aussitôt après la publication de ses conclusions, la Maison blanche a réaffirmé sa détermination à infliger de nouvelles sanctions à l'Iran. L'hostilité de la Chine et de la Russie reste toutefois un obstacle majeur à l'adoption d'une troisième résolution en ce sens au Conseil de sécurité de l'Onu. La France, qui prône elle aussi la fermeté, propose par conséquent que l'UE procède comme les Etats-Unis, en adoptant des mesures de rétorsion unilatérales, mais semble se heurter à l'opposition de l'Allemagne.

Le rapport de l'AIEA "montre que l'Iran, sous la pression de la communauté internationale, a apporté de nouveaux éléments de réponse aux questions de l'AIEA (...) mais que ces réponses demeurent partielles", a souligné lors de son point de presse quotidien Pascale Andréani, porte-parole du Quai d'Orsay. "Des incertitudes importantes demeurent, voire augmentent, en ce qui concerne l'existence de centrifugeuses de nouvelle génération, inconnues jusqu'ici, et auxquelles l'AIEA n'a pas eu accès", a-t-elle ajouté.

Réagissant elles aussi aux conclusions de l'AIEA, les autorités israéliennes, qui n'ont pas hésité à intervenir militairement en 1981 pour priver Saddam Hussein du réacteur "Osirak" de conception française, ont exhorté leurs partenaires à se montrer fermes. "L'Etat d'Israël pense qu'il incombe à la communauté internationale de faire savoir clairement au gouvernement iranien que son programme nucléaire est inacceptable et qu'il soit cesser immédiatement", a déclaré Mark Regev, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

A Téhéran, où on fait une tout autre lecture du rapport de l'AIEA, on juge au contraire qu'il démontre l'honnêteté de la République islamique. "L'Amérique doit présenter ses excuses à la grande Nation iranienne pour avoir menti à l'opinion publique mondiale", a lancé l'ayatollah Ahmad Khatami, membre influent du clergé iranien, s'adressant aux fidèles rassemblés pour la prière du vendredi.

Posté par werdna à 00:02 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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